Cap Martinique. Delemazure et Weil (Project Rescue Ocean), premier duo à Fort-de-France !

Les arrivées s’enchaînent dans la baie de Fort-de-France ce week-end. Alexandre Delemazure et Emmanuel Weil (Project Rescue Ocean) ont été les premiers en double à franchir la ligne d’arrivée de la Cap-Martinique. Les deux skippers à bord de leur Figaro 2 ont mis 19 jours 23 heures 38 minutes et 46 secondes pour parcourir les 3 800 milles du parcours séparant La Trinité-sur-Mer (Morbihan) de Fort-de-France (Martinique). Ludovic Gérard et Nicolas Brossay (Solenn for Pure Ocean) 2e sont arrivés quelques heures après suivis par Quentin et Vianney Froment – aka les Shaka Bros en Figaro 2.

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Alexandre Ozon (Trophée Estuaire Rose) vainqueur en solo
« Cette course est un peu plus longue que la Transquadra. Il faut un bateau mieux préparé. Celle-ci, c’est une mini Route du Rhum. Le climat est quand même plus cool en mai qu’au mois de novembre et c’est pour ça qu’on était plusieurs à vouloir y participer. C’est un nouveau format et c’est d’une traite. Ce que j’adore, c’est les surfs à fond, les gerbes d’eau partout. C’est ce qui me fait kiffer. Je porte les couleurs d’Estuaire Rose. C’est une association dont je suis proche et qui accompagne des familles et des femmes touchées par le cancer du sein. La dernière fois, j’avais réussi à collecter 1 euro par mille parcouru et j’espère remettre ça en place aujourd’hui. J’adore la Martinique. Si je pouvais y vivre 6 mois tous les ans, ça ne me dérangerait pas. J’ai toujours aimé la mer, depuis que je suis tout petit. Et comme c’est compliqué de monter des équipages, je navigue en solo et j’adore ça. On fait ce qu’on veut en solitaire. »

Jean-Pierre Kelbert (SNSM Morbihan) :2e en solo
« Ça s’est super bien passé. J’ai fait une ou deux petites boulettes mais Alex n’en a pas fait. Le deuxième jour, j’ai mal géré le passage au Cap Finistere. Je n’ai pas changé les voiles à temps et j’ai eu un peu de casse sur le bateau. J’ai dû lever le pied un moment. J’ai perdu 25 milles et c’est ce qu’il me manque à la fin. A ce moment-là, je me suis dit que ça n’était pas grave, que je les rattraperai. Mais à la fin, la victoire se joue là-dessus. J’avais déjà fait des transats mais jamais aussi longues. J’avais déjà fait du double. Mais en solo, c’est plus engagé. On ne compte que sur soi. On a eu beaucoup de mer croisée donc ça n’est pas toujours simple. Ce ne sont pas des bateaux aussi faciles que ça finalement. Il y a des moments où l’on ne peut pas laisser le bateau faire sa vie tout seul. Il y a des nuits où l’on ne dort absolument pas. Pour dormir il faut accepter de mettre un cran en-dessous pour la performance. On n’a pas le choix, on est debout aux écoutes, à la barre, aux réglages. C’est exigeant mais c’est ça qu’on est venu chercher. Je suis passé tout près du rocher du Diamant, dans la nuit noire. Je ne le voyais pas mais, une fois toutes les lumières éteintes, je l’ai vu juste devant moi. Voir apparaître cette masse, de nuit, c’est génial. Je n’ai eu aucun vrai pépin sur le bateau. Maintenant, je rêve de voir des amis, voire ma femme et profiter. »