Serpents de mer !
La plupart des marins de l´Oryx Quest n´a jamais navigué dans ces eaux. L´équipage de “Cheyenne”” a notamment croisé deux serpents de mer et reçu la visite d´un bateau de pêche en provenance de l´Iran, dont les hommes étaient sans doute intrigués par la présence ce “”vaisseau spatial”” dans leurs eaux. Les lettres “”US”” dans la grand-voile de “”Cheyenne”” n´ont pas refroidi leur curiosité. Peu après, le maxi-catamaran skippé par Davis Scully a repris de la vitesse, avant de heurter un mammifère marin qui a endommagé la dérive bâbord. Les équipiers l´ont aussitôt démontée pour la réparer.”
“Doha 2006″” file dans l´alizé”
Sous le signe de l´anticyclone
Rivé plus de 12 heures par jour à la barre de son Virbac-Paprec, Jean-Pierre Dick a le temps de penser à plein de chose et, pour tenir le coup, n’hésite pas à pousser la chansonnette. « C’est du grand n’importe quoi. Cela va du cloclo à des standards anglais. Rien de très intellectuel ». En disant cela, celui qui découvre depuis trois ans le monde de la course au large rigole franchement alors que son bateau s’octroie de belles glissades sous l’action du flux d’ouest, 20 à 25 noeuds.
« Je n’ai jamais assisté à une arrivée du Vendée Globe. Le départ, oui, et cela m’avait remué les tripes. Mais une arrivée, non… J’avoue que j’appréhende un peu ». A n’en pas douter, à l’image de Sébastien Josse (VMI), Jean-Pierre fera tout pour être là dans quatre ans. « J’ai un certain goût d’inachevé. Je suis content d’avoir vécu ce Vendée Globe, mais il m’a manqué la régate… ». Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) n’a pas joué non plus la course en tête, mais il livre actuellement toutes ses forces pour essayer de regagner la septième place, perdue peu après le passage de l’équateur. « Depuis le Brésil, il me prend 25 à 30 milles par jour. Si j’avais la voile d’avant qu’il fallait (son solent NDLR), j’aurai d’abord un joli petit matelas d’avance et puis je me serais mis entre la marque et son étrave ». Au lieu de cela, Joé s’apprête à passer à l’ouest de l’archipel des Açores alors que Conrad Humphreys (Hellomoto) opte pour une route plus directe. « Il va y avoir du vent de travers qui va se renforcer puis refuser. Il fait sa petite trajectoire au près serré alors que moi, pour essayer de m’en sortir, j’ai optionné sur des vents plus portants, ce qui m’oblige à faire le tour de la paroisse ». Quelle solution va adopter l’Américain Bruce Schwab (Ocean Planet), actuellement à la hauteur du Cap Vert, pour rejoindre l’arrivée. Il est sans doute trop tôt pour le dire, mais Bruce risque de se faire drôlement secoué d’ici 24 heures. « Une onde d’Est, en provenance du Sahara, va renforcer l’alizé, prévient Sylvain Mondon de Météo France. Le phénomène est fréquent, mais reste encore inexpliqué. Cela se traduit par des lignes de grains orageux, avec 35 à 45 nœuds de vent et une mer forte. Au lieu de voir son baromètre remonter, il va plonger ».
ORANGE II CHERCHE A GAGNER DANS L´EST
Le monde en direct sur les mobiles Orange grâce à la technologie 3G : avant la vacation radio avec le bateau, Julien Billot, Directeur des marchés grand public et professionnels de Orange a exprimé la volonté du groupe de profiter de la technologie 3G pour faire partager au plus grand nombre les exploits de Bruno Peyron et de son équipage engagés dans ce record du tour du monde. Ainsi, les possesseurs de mobile Orange peuvent recevoir en direct ou visionner les images reçues par satellite depuis l´autre côté de la planète.
France – Angleterre
« Je m’appelle Jean Bart et j’ai un britannique à prendre». Joé Seeten (Arcelor Dunkerque), en bon corsaire, est ravi de l’assaut final qui se prépare.
Devant, tout seul, Jean-Pierre s’amuse sans s’amuser :
« nous, on titille les voiles, on travaille les trajectoires. On en a pour une semaine à se mettre dessus, à se battre comme des chiens ». Tous deux seront cette nuit à la latitude des îles Canaries. Tous deux naviguent actuellement sur des trajectoires légèrement différentes pour se positionner face à l’anticyclone des Açores. Joé laisse glisser et se trouve donc plus haut en latitude, tout en étant sous le vent de son adversaire. Si bien que c’est Conrad Humphreys (Hellomoto) qui se trouve plus proche de l’arrivée en terme de distance au but. Un décalage de 110 milles qui aura forcément son importance dans les jours qui viennent.
« L’Anticyclone a tendance à se positionner entre les Açores et le Portugal. Le jeu est d’aller chercher le point de corde à l’ouest pour le contourner au mieux, explique Sylvain Mondon de Météo France. Mais ce point ne sera pas aussi haut que celui que Jean-Pierre Dick a été obligé de chercher. Je pense qu’ils pourront suivre une trajectoire proche de celle empruntée par Vincent Riou ». Rappelons que tout deux connaissent des handicaps. Conrad est obligé de naviguer avec la quille dans l’axe, un gros handicap qui mine le régatier qu’il est. Joé est lui privé de son Solent, un handicap conséquent, mais également de son genaker de brise.
Match racing dans l’Indien
Les hautes pressions dans lesquelles évoluent actuellement les deux leaders ne rendent pas justice à leur potentiel, et pour tout dire frustrent les équipages. Depuis 36 heures, on assiste à une bataille rangée entre Doha 2006 et Geronimo, avec de nombreux changements à la place de premier : dans la pétole, personne n’est décidé à lâcher quoi que ce soit, et l’on imagine aisément la tension nerveuse qui règne de part et d’autre. La faute à qui, ou plutôt à quoi ? Une vilaine dorsale anticyclonique s’est mise en travers de la route des géants, qui subissent de surcroît un soleil de plomb. Comme l’écrivait dans un message Olivier de Kersauson : « les conditions ont été imprévisibles sur les derniers 500 milles. Pour se constituer une avance significative, il faudrait prendre une option radicale, mais naturellement cela pourrait bien avoir pour conséquence… une avance significative pour la concurrence. Dans de telles conditions, la donne peut changer du tout au tout en 20 milles ».
Ellen plus forte que les garçons
Coups de bluesMener en solitaire ce trimaran de 23 mètres avec un mât qui culmine à 30 mètres, à 16 noeuds de moyenne autour de la planète est époustouflant. Le contraste entre le gabarit modeste d’Ellen et la démesure de sa machine et des voiles ( 373 m2 de voilure maxi) interpelle. Ceux qui l’ont cotoyée sont fascinés par son extraordinaire volonté, sa capacité à se surpasser. Au long de ce Tour du monde qui n’a pas été une partie de plaisir , elle a connu de gros coups de blues. Ellen s’y attendait et ne les a pas dissimulés lors des vacations avec son équipe à terre. Mais sa force, c’est une capacité extraordinaire à se remotiver. Elle ne baisse jamais les bras. ” Autant elle monte très haut dans l’enthousiasme autant elle peut aussi plonger dès qu’un truc coince. Mais elle remonte très vite. Elle a une détermination hors du commun “” dit à son propos Alain Gautier qui l’a souvent embarquée sur son trimaran Foncia.”
Sébastien Josse, 5e du Vendée Globe
C’est en voyant des images du Vendée Globe d’Alain Gautier (92-93) que Sébastien Josse, à tout juste 18 ans, s’est dit qu’il participerait aussi un jour à cette formidable aventure. Les grands surfs des Océans du Sud l’ont impressionné à la télévision, mais c’est la réalité de ces lieux qui l’attire. Douze ans plus tard, son rêve a pris forme. Mais Sébastien Josse ne s’est pas contenté de participer. A bord d’un bateau assez ancien (1998) avec une quille fixe, “Jojo“ en a surpris plus d’un. Dans la première moitié du parcours, le benjamin de cette édition n’a jamais quitté la tête de la flotte, réalisant une course splendide. Il est l’une des grandes révélations de ce Vendée Globe. Malheureusement, le 23 décembre, au sud de la Nouvelle-Zélande, un growler en travers de son chemin a littéralement stoppé les ardeurs de Sébastien. La régate était terminée, pas l’aventure du Vendée Globe… Avec un bateau amoindri, Josse a entamé un autre challenge ; celui de terminer ce Vendée Globe le mieux possible. Figariste averti, codétenteur du Trophée Jules Verne sur Orange I de 2002 à 2004, le skipper de VMI est à l’aise sur tous les supports. A presque 30 ans, Sébastien Josse est le chef de file de la nouvelle génération de navigateur.
Dominique Wavre 4e du Vendée Globe
A 49 ans, Dominique Wavre est l’un des navigateurs solitaires les plus expérimentés. Après quatre Withbread (course autour du monde en équipage avec étapes) et un Vendée Globe, le skipper suisse s’est engagé, au départ de ce Vendée Globe, dans son sixième tour du monde. Aussi à l’aise en équipage qu’en solitaire, Dominique Wavre compte également quatre participations à la Solitaire du Figaro – dont deux deuxièmes places en 1990 et 1997. Malgré un financement tardif pour cette édition, Dominique et son équipe ont réussi à optimiser le monocoque 60 pieds avec lequel le skipper suisse avait fini 5e du Vendée Globe 2000-01.
Oryx Quest. 50 % de la flotte by Multiplast !
Le premier, Doha 2006, skippé par l´Anglais Brian Thompson, n´est autre que l´ex catamaran Club Med, vainqueur de The Race 2001 et premier des trois catamarans sister ships qui ont trusté le podium de l´épreuve (Innovation Explorer 2e / Team Adventure 3e). Le second est le trimaran de 34 m Geronimo skippé par le Français Olivier de Kersauson et actuel détenteur du Trophée Jules Verne. Des références que ces deux unités auront à défendre âprement pendant environ une cinquantaine de jours, contre une rude concurrence. Tout d´abord Cheyenne, auteur du record absolu autour du Monde (58 jours) et dans une moindre mesure avec le plus petit des engagés – Deadelus / 30 m – ex détenteur du Trophée Jules Verne aux mains de Peter Blake sous le patronyme d´Enza.
Cependant, Brian Thompson est confiant dans son bateau avec lequel il a été il y a peu l´ex détenteur de plusieurs records : celui des 24 heures (694,78 milles), désormais détenu par le maxi catamaran Orange II (706,2 milles), autre maxi multicoque de 37 mètres construit par Multiplast en 2003 et dessiné par le Gilles Ollier Design Team ; puis ceux du Tour des Iles Britanniques et Cowes / Dinard. Brian Thompson : "…c´est un bateau étonnant, je pense que nous avons de grandes chances de gagner…". Une appréciation qui prend toute sa valeur quand l´on sait que le skipper anglais a été longtemps chef de quart ! sur Cheyenne…
Quant à Olivier de Kersauson, son Geronimo n´a refait escale chez Multiplast que pour sa dernière évolution à l´automne dernier, la mise en place des systèmes de basculement de son mât. Il est d´ailleurs le premier maxi multicoque à être équipé de ce système.
Ellen MacArthur nouvelle reine des océans
Conte de fée anglais
L´histoire de cette nouvelle héroïne des océans est un vrai conte de fées qui a commencé au milieu des moutons dans le Derbyshire, un petit coin d´Angleterre bien loin des yachts clubs huppés. Là, grandit une petite fille qui épanchait sa soif d´embruns à coup de rasades de récits hauturiers ( Sir Francis Chichester) et sucrait la cantine de l´école pour économiser trois pounds six cents et s´acheter son premier dériveur de huit pieds ( 2, 4 m). Elle en collectionnera trois. Dans cet itinéraire salé, il y a encore l´influence d´une grand mère à la forte personnalité, Nan qui a encouragé Ellen sur ce chemin de la mer.
Longtemps, l´univers maritime d´Ellen se limita aux rives boueuses d´un étang avant qu´elle ne rejoigne Hull, la côte Est du pays, et se lance plus tard dans son premier Tour de Grande Bretagne en solitaire ( 1995). Un an plus tard, elle franchit la Manche sans billet retour et s´installe en France pour préparer à la dure la Mini-Transat. Elle vivait dans une "cabane" de chantier à Locmariaquer. Dans cette première traversée de l´Atlantique en solitaire, Ellen termine 17e et découvre le plaisir de se battre seule en mer. En 1998 , elle enchaîne avec la Route du Rhum à la barre d´un 50 pieds armé par un groupe d´envergure européen qui a trouvé une perle et va lui donner les moyens de ses ambitions.


















