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Route du Rhum. Arrivée d’Arthur Le Vaillant, 6e en Ultime

Arthur Le Vaillant, skipper de l'Ultim 32/23 Mieux, 6e de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe 2022 Arnaud Pilpré / RDR2022

Arthur Le Vaillant est arrivé à Pointe-à-Pitre et prend la sixième place en Ultime. Une belle performance pour le skipper qui a pris le bateau au dernier moment et qui s’était donné comme objectif de finir. Pari réussi.

Il aura mis 10 jours 1heure 26minutes 51secondes pour effectuer les 3542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre à la vitesse de 14.67 noeuds sur l’orthodromie soit 3 jours 5 heures de plus que Gitana. Manifestement heureux de poser le pied à Pointe à Pitre, Arthur Le Vaillant a atteint son objectif.
« Voilà, le contrat est rempli et je suis très heureux d’être avec vous. Je remercie ceux qui ont cru en nous, en moi, qui nous ont fait confiance sur ce projet où rien n’était gagné d’avance. Je suis très heureux d’avoir réussi à amener ce bateau jusqu’ici et et je pense d’une belle manière.
Oui, j’étais heureux en mer, je ne navigue pas assez en fait, je passe beaucoup trop de temps à monter des projets et organiser des choses. Là, en mer, c’était magique. C’est même trop court ! Ces bateaux sont trop rapides, il va falloir les ralentir un peu ou bien aller faire des tours du monde avec, ils sont taillés pour ça. Les skippers de devant sont incroyables. Ils arrivent à naviguer aussi vite en solitaire qu’ils le feraient en équipage j’ai l’impression. C’est dingue, ils ont réussi à passer des caps. Ils se sont beaucoup entrainé et ont beaucoup travaillé, ils vivent dans un autre monde.
C’était sympa de pouvoir passer un peu de temps avec Francis (Joyon) et Yves (Le Blévec) à la pointe de Bretagne et dans les premiers jours de course. Après, on n’avait pas tous les mêmes objectifs. Le mien était d’amener le bateau à bon port et j’ai du composer pour qu’il arrive en bon état et moi aussi. J’ai essayé de ne pas me faire peur. Ça m’est arrivé de ne pas être très serein lorsque tu as des claques à 30/35 noeuds et que tu es tout dessus avec des bascules de 50 degrés. J’avais surtout peur de ne pas arriver à finir. On a passé deux fronts et j’ai dosé au maximum pour ne pas mettre en péril le bateau, j’ai un peu bricolé mais dans l’ensemble, ça s’est très très bien passé.
Autour de la Guadeloupe, je suis resté bien bloqué sous Basse terre comme il ya quatre ans. Mes routeurs Pep Costa, Tom Dolan et Tanguy Leglatin voulaient que j’aille au large mais j’avais peur car il ya beaucoup de filet. Et puis ça m’a permis de voir cette belle côte de Basse Terre, c’était un joli moment ce matin avec des lumières superbes et ces gros nuages qui descendaient des montagnes
».

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Route du Rhum. Belle solidarité en Class40 avec Mikael Mergui. Son récit.

Aurélien Ducroz sur Crosscall et Amélie Grasi sur La Boulangère ont pu rejoindre La Corogne après cinq jours passés sous gréement de fortune suite à leurs démâtage. Ils ont du faire face à des conditions de mer et de vent particulièrement musclées. En panne de gasoil, ils ont pu compter sur l’aide d’un autre concurrent en Class40 Mikael Mergui sur Centrakor avant lui-même d’abandonner.

Aurélien Ducroz a rallié le port de La Corogne jeudi et raconte. « Je suis tellement content d’arriver ! Quel calvaire ! Ces cinq jours ont été très longs et très compliqués à gérer mais cette fois, ça y est, je suis à quai ! Je suis bon pour un sérieux mal de terre après autant de temps passé à me faire lessiver à la dérive ! », a relaté le skipper du Class40 Crosscall, visiblement soulagé après ce long périple en mode « bouchon ». « Ces derniers jours, le stress a été permanent. Le fait d’être privé de moteur et donc de ne plus être manœuvrant a généré beaucoup de stress, en particulier lors de la traversée du rail des cargos au large du cap Finisterre hier, puis peu avant l’atterrissage en Espagne ce matin », a détaillé le Chamoniard dont l’épilogue, dans cette 12e édition de La Route du Rhum – Destination Guadeloupe, n’est, certes, par celui qu’il avait espéré, mais qui restera un fait marquant de sa carrière et de son histoire commune avec Crosscall. « Dans mon malheur, j’ai finalement eu la chance inouïe que Mikaël Mergui, l’un de mes concurrents de la Class40 alors en escale à La Corogne à la suite de soucis techniques, reçoive l’autorisation de la Direction de course de nous porter assistance, à Amélie Grassi et à moi. Accompagné de nos préparateurs respectifs, il nous a rejoint à la mi-journée afin de nous livrer en gasoil, simplifiant du même coup nos derniers milles de galère », a relaté Aurélien, forcément touché cette belle solidarité propre aux gens de la mer.

Mikael Mergui, le skipper de Centrakor a annoncé son abandon vendredi après-midi alors que ses batteries ne fonctionnaient plus. Le marin d’Hyères, qui avait connu plusieurs problèmes techniques, n’avait pourtant pas ménagé ses efforts afin de poursuivre l’aventure.
Amateur aguerri et autodidacte de la course au large, Mikael Mergui parlait de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe comme « d’un sacré rêve de gosse ». Pendant plusieurs mois, il s’était évertué à donner corps à ce rêve avant le grand départ. Pourtant, rien ne lui a été épargné techniquement. Mikael avait dû faire une première escale à Camaret après avoir heurté une bouée lors de la 1ère journée de course.

Après avoir repris sa progression, il a dû s’arrêter à La Corogne suite à des dégâts provoqués lors d’un passage de front. Pendant quatre jours, le skipper de Centrakor s’est évertué à réparer. jeudi il est venu prêter main forte à Amélie Grassi (La Boulangère Bio) et Aurélien Ducroz (Crosscall) qui étaient en difficulté à l’approche des côtes espagnoles.

Bien décidé à repartir, Mikael a largué les amarres ce vendredi matin. Néanmoins, il a dû faire face à des problèmes de batteries. N’ayant plus d’instruments à bord et de pilote automatique, le bateau s’est couché dans des grains à 30 nœuds. « Sans batterie donc sans pilote et sans cartographie, ce n’était pas raisonnable de continuer » explique-t-on dans son entourage. Mikael a donc été contraint de signifier sa décision d’abandonner à la Direction de Course et de faire à nouveau route vers le port de La Corogne. Il raconte comment il a aidé Aurélien et Amélie.

” Tu serais OK, pour nous aider à apporter des bidons de gazoil pour Amelie et Aurelien??”
Ça c est passé un peu comme ça…un appel de Gianluca..
J ai dit , oui, tout de suite… Je savais que les équipes de la Boulangere et de crosscall avaient fait des tentatives: sans succès…
Les 2 bateaux derivaient comme des bouchons, vers les cotes.
Ils m ont présenté le déroulé des opérations.Il fallait que ça soit safe et cadré…
Après avoir averti le comité de course: on est parti.
Pour trouver Amélie Grassi – Navigatrice , son AIS fonctionnait et au bout d ‘ une heure de navigation, on etait sur zone…
On a affalé la Gv, on a fait le tour du bateau avec pour seul voile: un génois.
Et le processus à commencé…
Les équipes techniques ( Charles, Gianluca et Jonathan) avaient accroché à un fil de spectra ( fil très léger et extrêmement solide) à une balle ….
Le but etait de lancer la balle à bord,puis dans un 2eme temps, d’accrocher à ce fil de spectra un cordage plus epais…
Quand le cordage plus epais avait été récupéré sur le bateau à ravitailler, il suffisait de le mettre sur un winch…
Et ainsi par la force du winch, remonter le bidon de 20L de gasoil…
Évidemment, on s est pris un gros grain, au moment de la première manœuvre…
Quand le premier ravito a été posé, on a cherché Aurelien Ducroz – Crosscall Sailing Team ..
Un peu plus dur!
Car, ce dernier n ‘ avait pas d ais, Aurelien nous transmettait ses coordonnées par le téléphone.
Il y avait de la mer… et finalement on a vu le bateau noir !
La manœuvre était presque rodée… Un seul tir de balle : un joueur de hand cet Aurelien!!
Ensuite on a fait une petite sécu entre les 2 bateaux jusqu’au port..
Et tout le monde m a donné un coup de main pour mes dernières réparations…
Ce soir j’avoue être ” rincé”… 8 jours se sont écoulés depuis le départ… Ressenti : bcp plus..

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Route du Rhum. Erwan Le Roux : “Elle s’annonce dingue cette fin de parcours !”

Alors qu’ils sont attendus à la Tête à l’Anglais, au nord de la Guadeloupe, aux alentours de 6 heures (heure de Paris) la nuit prochaine, Erwan Le Roux et Quentin Vlamynck ne sont plus séparés que par 16 milles au pointage de midi. A peine une heure en Ocean Fifty.

« Arkema commence à contrôler. Il faut garder un œil sur Primonial mais en principe, il devrait aborder le tour de l’île avec entre 80 et 100 milles de retard sur nous. Si cela se confirme, on devrait être à l’abri d’un éventuel retour de sa part », a commenté le skipper de Koesio qui, plus que jamais, peut nourrir des rêves de victoire dans cette 12e Route du Rhum – Destination Guadeloupe. « Elle s’annonce dingue, cette fin de parcours ! Je pense que très vite après la Tête à l’Anglais, on va rattraper Quentin et se retrouver à vue. Ça promet une arrivée complètement folle. Tous les espoirs sont permis. On a notre chance. En tous les cas, moi j’y crois ! », a assuré le Trinitain qui continue de mettre son adversaire sous pression.

Après avoir réalisé un très joli coup en empannant un peu dans le nord de son rival hier, Erwan joue la carte psychologique, ce samedi. « Je vais envoyer une petite vidéo à Quentin. Un petit teaser, pour rigoler, parce qu’on est aussi là pour ça ! », a indiqué le navigateur, manifestement en grande forme. « Je n’ai pas eu de grains la nuit dernière. J’en ai profité pour dormir un peu. Je vais continuer de me reposer aujourd’hui pour vraiment être à l’attaque la nuit prochaine », a ajouté Erwan qui pousse aussi fort que possible et continue d’ajuster au mieux son atterrissage sur la Guadeloupe.

« Le vent est a priori un peu plus gauche que prévu. Il y a donc encore quelques empannages à placer. C’est un peu tactique mais Erwan gère bien l’histoire. Il est dans de bonnes dispositions pour ce rush final. Mentalement, il a clairement l’ascendant sur Quentin », a assuré Yann Eliès qui l’a accompagné tout au long de la course au cœur de la cellule routage et performance du team. « A présent, c’est Jean-Yves Bernot qui prend le relai. Tout va se jouer sur les 60 derniers milles autour de l’île Papillon et Erwan à toutes ses chances de signer le doublé ». Le suspense reste donc entier. GO ERWAN !

Source : service presse

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Route du Rhum. Problème de foil pour Boris Herrmann

Boris Herrmann, skipper de l’IMOCA Malizia – Seaexplorer a découvert un problème technique au niveau de la cale de foil de son bateau lors du 10e jour de course. Le marin est déterminé à continuer la course jusqu’à la ligne d’arrivée. Ayant décidé avec son équipe de ne plus utiliser ses foils, il naviguera cependant de manière moins compétitive.

Ce vendredi, Boris Herrmann, skipper de Team Malizia, a découvert un problème avec la cale de foil à bord de son voilier Malizia – Seaexplorer qui le contraint à poursuivre la Route du Rhum – Destination Guadeloupe 2022 sans utiliser ses foils.
À l’intérieur du puit de foil tribord, trois boulons métalliques qui maintiennent ensemble le haut de la cale de foil ont commencé à se déformer et à se désolidariser. Comme le skipper ne peut pas effectuer cette réparation seul et en mer, il a décidé avec son équipe de ne pas risquer de causer des dommages supplémentaires, et d’ainsi ne plus utiliser les foils du bateau jusqu’à ce qu’il franchisse la ligne d’arrivée. Boris Herrmann est déterminé à terminer la course ce qu’il fera donc à un rythme plus lent.
Évidemment, c’est décevant de ne plus être en mode de course mais le moral est bon car je vais finir la régate, être un concurrent au classement final et me qualifier ainsi pour le Vendée Globe 2024-25, qui est notre objectif ultime. Trouver ces problèmes fait partie du jeu lorsqu’on construit un nouveau bateau et qu’on le fiabilise. L’équipe et moi-même sommes plutôt content d’avoir trouvé le problème maintenant et non pas plus tard, ou pendant The Ocean Race par exemple. Nous avons construit un beau bateau qui a jusqu’à présent montré de très bonnes performances, avec des surfs à 27 nœuds et des vitesses moyennes de 20 nœuds, ce qui n’était pas possible avec notre bateau précédent dans ces conditions de mer. En tant qu’équipe, nous allons profiter du reste de la traversée de l’Atlantique et continuer à partager cette aventure. Je vais naviguer les 700 derniers milles aussi efficacement que possible sans utiliser les foils, presque comme un ancien bateau !

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Route du Rhum. Jérémie Beyou : “L’écart est rattrapable, c’est loin d’être fini !

A 1000 milles de l’arrivée, Jérémie Beyou sur son nouvel Imoca Charal 2 évolue à la 3e place et sait qu’il peut encore se passer plein de choses.

Le week-end dernier et en début de semaine, le skipper a pourtant eu à résister à des conditions particulièrement virulentes. « Ce sont des conditions que j’avais déjà rencontré mais jamais avec ce bateau puisqu’on l’a mis à l’eau l’été dernier, explique-t-il. Forcément, il y a toujours des doutes, de l’appréhension à ‘tirer dessus’. Lors des passages de front, j’ai vraiment essayé de faire attention, d’avoir une attitude protectrice ». Jérémie reconnaît « de petites frayeurs », ces moments où « tu te demandes si ça ne va pas casser ».

« Ce sont des bateaux qui vont très vite avec beaucoup de charge, on est toujours à la limite ». Pourtant, le breton a tenu bon et a pu atteindre les alizés, ces vents porteurs qui mènent vers les Antilles. Les alizés promettent toujours un grand coup d’accélérateur sauf lorsqu’ils sont mal établis. Ce qui a été le cas ces dernières heures : il faut donc composer avec des variations de vent, des grains, des zones de ‘molles’. Une phase périlleuse, d’autant que tout compte à l’heure où les cinq premiers se tiennent dans un rayon de moins de 80 milles.

« Ce n’est pas une situation évidente, confiait Jérémie ce vendredi midi. C’est très instable pour trouver le bon flux, pour garder des vitesses constantes ». Jeudi vers midi, il s’est « fait coincer » par un énorme grain. Conséquence : Charlie Dalin (APIVIA) et Thomas Ruyant (LinkedOut) ont pris 20 milles d’avance.

Jérémie n’est pas du genre à manier la langue de bois. « C’est pas de chance de m’être fait coincer dans ce grain hier, ça m’a mis un coup de pompe ». Après une nuit où il a pu dormir un peu, il est reparti d’attaque. Et ça se voit : le skipper de Charal 2 a repris 20 milles sur les deux premiers en bataillant sans relâche aux côtés de Kevin Escoffier (Holcim-PRB) et Paul Meilhat (Biotherm). En somme, Jérémie est loin d’avoir relâché la pression, bien au contraire.

« L’écart est rattrapable, c’est loin d’être fini », prévient-il. On pense notamment au tour de la Guadeloupe qui est toujours très piégeux et peut bouleverser la hiérarchie. Jérémie conclut, comme une promesse : « il peut encore se passer plein de choses ! »

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Route du Rhum. Du match jusqu’à l’arrivée !

Erwan Le Roux - Koesio - Ocean Fifty © LE ROUX Erwan / Koesio

Alors qu’Arthur Le Vaillant est en approche de l’arrivée pour une 6e place en Ultime, de belles batailles continuent dans les autre classes. En Ocean Fifty, les premiers sont attendus ce dimanche et les Imoca lundi. Une fin de course pas simple où les concurrents continuent d’enchaîner les manœuvres et tentent de se frayer le meilleur chemin vers la Région Guadeloupe au gré des grains et des incessantes petites oscillations du vent.

24 milles séparent ce samedi matin Arkema et Koesio, les deux premiers Ocean Fifty qui ne se lâchent plus. Les dernières longueurs s’annoncent sous haute-tension pour les deux marins, ce qui n’est évidemment pas pour déplaire aux observateurs. « C’est un peu énervant d’avoir Erwan sur les talons d’autant que la météo est compliquée. Depuis quelques heures, les grains sont très réguliers. Toutes les demi-heures, il y en a un qui passe. Ça rajoute beaucoup de manœuvres. La navigation dans les alizés n’est vraiment pas simple. J’essaie de me reposer tant bien que mal et surtout, je contrôle mon adversaire. Pas question de le laisser partir dans un coin », a commenté Quentin Vlamynck qui compte ainsi conserver l’avantage d’ici à l’atterrissage sur la Guadeloupe, mais qui redoute naturellement le tour de l’île prévu dans la journée de demain. « La trajectoire est assez claire pour rejoindre les Antilles. Dans la matinée, on va empanner et filer plein sud vers la pointe nord de Grande Terre. Ensuite, il faudra être patient et faire gaffe. Il va y avoir du match jusqu’à l’arrivée. Ces dernières 30 heures, il va falloir y aller à fond ! », a complété le skipper d’Arkema qui rêve plus que jamais de la victoire à Pointe-à-Pitre, mais qui va devoir contenir les attaques de son rival jusque dans les derniers milles.

19/11/22 – 05h12 : Vacation / Ocean 50 – Quentin Vlamynck / Arkema – © 6ème Sens

Si le jeu est serré en Ocean Fifty, il l’est tout autant du côté des IMOCA où, en tête de flotte, Thomas Ruyant (LinkedOut) et Charlie Dalin (Apivia) se rendent coup pour coup avec un léger avantage pour le nordiste qui compte, ce matin, un bonus de quinze milles sur son principal concurrent et un matelas de 70 milles sur la paire Jérémie Beyou (Charal) – Kévin Escoffier (Holcim – PRB), en embuscade. « Ça continue de tirer des bords. Une chose est sûre : on va être au point sur les empannages en arrivant à Pointe-à-Pitre ! », a plaisanté Beyou lors de la vacation matinale. Comme les autres, ce dernier tente de se frayer la meilleure trajectoire possible vers les Caraïbes mais l’exercice reste complexe, à l’image des jours précédents. « On essaie de trouver le bon chemin dans les alizés mais ils sont très changeants. Ils sont montés d’un cran en termes d’intensité, mais ils ne sont toujours pas super stables. On joue à prendre les petites bascules, les petites accélérations, les nuages… Il y a de quoi faire ! », a relaté le skipper de Charal qui continue de rivaliser dans le trio de tête et joue des coudes, ce matin, avec Kévin Escoffier. « Je suis à vue avec lui. Je viens d’empanner, il a suivi. Il est à une petite dizaine de milles. C’est stimulant mais ça oblige à pousser fort pour essayer de le distancer », a ajouté le marin de la baie de Morlaix tout de suite très à l’aise lorsque le vent devient un peu plus consistant. « Dans le medium, j’ai du mal à trouver la vitesse mais ça va mieux à mesure que la brise rentre. Le bateau devient plus facile », a concédé Jérémie Beyou qui compose, dans l’immédiat, avec un flux oscillant entre 16 et 18 nœuds sur une mer relativement désordonnée, mais qui s’attend à un renforcement du vent dans les prochaines heures. « Il va falloir continuer de faire attention au bateau car il ne faudrait pas tout gâcher en faisant une bêtise, en tirant trop dessus ou en réglant mal le mât, notamment lors du dernier bord tout droit, demain, qui s’annonce capital. En attendant, il reste un peu de travail, avec des derniers recalages à faire. Ça n’a rien d’évident », a terminé le navigateur.

Continuer d’y croire

Même constat du côté d’Antoine Carpentier (Redman) en Class40, pourtant situé bien plus au nord. « C’est très instable en force et en direction depuis quelques jours. Même à quelques milles d’écart, on n’a pas forcément les mêmes vents. Chacun fait avec ce qu’il a », a commenté le vainqueur en titre de la Transat Jacques Vabre, alors pointé en 5e position avec un écart au leader, Yoann Richomme (Paprec Arkea), qui ne cesse de s’accentuer, pour lui comme pour les autres. « Ça fait mal de le voir se barrer comme ça. On est un peu impuissant. J’ai tout essayé aujourd’hui, avec plein de combinaisons de voiles différentes. Je me suis bien pris la tête mais le fait est qu’il y a plus de pression devant », a expliqué le marin. « C’est un peu frustrant d’être dans cette situation où la course semble nous échapper », a ajouté Antoine Carpentier. D’ici à l’arrivée, les perspectives de recoller au score ne sont pas flagrantes même si tout reste toujours possible. C’est d’autant plus vrai que sur les 1 400 milles qu’ils restent à parcourir, la vitesse va primer sur la stratégie. « Comme on est très nord, on va rester en bâbord amure jusqu’à l’arrivée. On est sur un long bord un peu tout droit qui va durer quatre jours, tantôt sous spi, tantôt sous gennaker en fonction des petites variations du vent. Dans ce contexte, le but est de faire marcher le bateau le plus rapidement possible, en espérant que ça s’effondre un peu devant et qu’on puisse revenir. Les fichiers ne sont pas exacts et si ça se trouve, demain ou après-demain, ce sera à notre tour d’avoir plus d’air !», a conclu le skipper de Redman.

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Golden Globe Race. Tapio Lehtinen en sécurité récupéré par Kirsten Neuschäfer

Suita au naufrage de son bateau qui a coulé vendredi Tapio Lehtinen (Asteria) a été récupéré par un autre concurrent Kirsten Neuschäfer (Minnehaha) et est désormais en sécurité. La Sud-Africaine est arrivée sur site, ce samedi matin. “J’ai essayé d’aller aussi vite que j’ai pu pour le récupérer. ” Le Finlandais est maintenant à bord du navire marchand, le Darya Gayatri.
A 0805 TU Kirsten a appelé le CMT GGR et a confirmé qu’elle avait récupéré Tapio de son radeau puis effectué son transfert sur le DARYA GAYATRI. Tapio est en forme, à bord du vraquier. Kirsten, soulagée a repris la course.

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Route du Rhum. Thibaut Vauchel-Camus raconte son chavirage et le sauvetage de son bateau

Thibaut Vauchel-Camus et son voilier Solidaires En Peloton – ARSEP sont arrivés mardi 15 novembre à Ponta Delgada. Suite à son chavirage samedi dernier, alors qu’il était en tête de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, dans la catégorie des Ocean Fifty, Thibaut, aidé par l’équipage du bateau de sauvetage le Mérida, a sauvé son trimaran de 50 pieds et a réussi à le remorquer jusqu’aux Açores. Le récit.

« Je sortais d’un front tonique de façon impeccable. Nous avions eu jusqu’à 35 à 38 nœuds en rafales. J’étais en tête de la course. Tout allait bien. Le vent avait un peu baissé et la mer était moins forte. J’évoluais avec un ris dans la grand-voile, sous trinquette et avec la dérive un peu relevée. À un moment donné, le bateau a gîté un peu plus vite par la combinaison d’une rafale et d’une vague qui a ralenti le bateau. J’ai immédiatement choqué le chariot de grand voile… qui se bloque et ne choque pas… Je reprends alors la main sur la barre en arrêtant le pilote automatique pour lofer en grand mais le bateau est déjà trop haut et ne tourne pas, c’est le point de non retour. Le mât touche l’eau et le bateau part à l’envers. Je m’accroche solidement à la queue de malet proche de mon poste de barre. Le mât finit par casser, le bateau accélère sa bascule et Je tombe dans l’eau de 2-3 mètres. Je n’y passe que quelques secondes, je me dégage et arrive à grimper rapidement de l’autre côté. Je m’engouffre dans la trappe de survie de la coque centrale. Je vais bien physiquement et n’ai aucune blessure. Je suis en sécurité.

Je prends mon bidon de survie où il y a mon téléphone satellite et appelle la direction de course afin d’avertir de ma situation et rassurer tout le monde sur mon état physique et les conditions dans lesquelles je vais être pour les heures à venir. J’allume ma balise Yellowbrick afin d’avoir un pointage de ma position toutes les 30 minutes. J’ai aussi à l’esprit que le Mérida, le bateau de sauvetage d’Adrien Hardy, n’est pas loin. Avec mon équipe à terre, l’opération d’assistance s’organise. J’accuse le coup ensuite dans un confort relatif mais je suis au sec et je peux m’alimenter. Le Mérida fait route sur ma position et j’échange régulièrement avec la direction de course et mon équipe à terre. Le bateau de secours arrive sur zone à l’aube dimanche et ce sont de véritables pros qui prennent les choses en main ! Après 7 heures d’opérations, avec un système de bouée gonflable et après avoir rempli l’un des flotteurs d’eau, ils parviennent à redresser Solidaires En Peloton – ARSEP. Magistral !

Nous faisons alors route vers les Açores, le trimaran en remorque et à l’endroit, dans des conditions maniables, avant que la météo ne se gâte à nouveau.

Je tiens à remercier profondément l’équipage du Mérida, mon équipe, mes partenaires et mes supporters… Ils m’ont permis de sauver mon bateau et de lui promettre un avenir !

Depuis notre arrivée mardi matin à Ponta Delgada, Sao Miguel, nous avons monté un gréement de fortune efficace et tenté de récupérer tout ce qui était récupérable à un point tel que je me suis presque posé la question de terminer la course ! C’était un travail remarquable !

Nous avons encore pas mal de choses à faire à bord mais nous serons prêts pour un convoyage retour vers la France bientôt. En attendant, je reprends mes esprits et je me rendrai en Guadeloupe en fin de semaine afin de voir mes proches, mes partenaires, les guadeloupéens et fermer la boucle de cet épisode difficile. Ma Route du Rhum 2022 est finie mais je rebondis et mes pensées se tournent vers l’avenir. »

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Golden Globe Race. Tapio Lehtinen a activé sa balise de détresse, son bateau a coulé

Tapio Lehtinen Gaia 36 ASTERIA

Le skipper Tapio Lehtinen a activé la PLB de son radeau de sauvetage, indiquant un probable abandon du navire à 460 milles nautiques au sud-est de Port Elizabeth en Afrique du Sud, alors qu’il participait à la Golden Globe Race.

L’équipe de crise de la GGR aux Sables d’Olonne et le fondateur et président de la course, Don McIntyre en Afrique du Sud, se sont coordonnés avec le MRCC Cap Town et le CROSS Griz-Nez en France. Le radeau de sauvetage contient une radio VHF et un GPS. Le MRCC Cape Town a contacté les navires de commerce à proximité afin qu’ils se déroutent vers sa position, le navire le plus proche étant à 250 milles.

Les participants à la GGR, Kirsten Neuschäfer et Abhilash Tomy, respectivement à 105 et 170 miles à son SSW, ont été informés de la position de sa PLB. Abhilash a été le premier à recevoir le message et à se dérouter vers Tapio.

À 09h22 TU, Tapio a activé la balise d’urgence YB3 de suivi par satellite et d’envoi de SMS qui fait partie du grab-bag d’urgence, et à 1002 TU a accusé réception manuellement du message envoyé par l’équipe de crise GGR, indiquant qu’il était valide et avait emporté le grab-bag avec lui

Ce sac contient de la nourriture, de l’eau et plusieurs équipements de sécurité essentiels, notamment un GPS, un transpondeur SAR, un second EPIRB 406 et une radio portable SMDSM avec batterie longue durée.

Chaque participant à la GGR 2022 dispose de deux unités de suivi/messagerie YB3. Crédit photo : Nora Havel / GGR2022
Tapio a depuis contacté l’équipe de crise expliquant que le yacht avait coulé par la poupe, l’eau envahissant le voilier au niveau du pont en 5 minutes. Il a enfilé sa combinaison de survie, et a embarqué dans le radeau, mais n’a pas de lunettes, il lui est donc difficile d’envoyer et lire les messages.

Son dernier message nous dit à 1105 UTC :

J’AI SALUÉ ASTERIA UNE DERNIÈRE FOIS, DEBOUT DANS LE RADEAU, ALORS QU’IL SOMBRAIT.

Les conditions dans la zone de Tapio sont gérables avec des vents légers et une houle de 2,5 mètres. Avec Kirsten maintenant en route et à moins de 100 milles, l’équipe GGR a libéré Abhilash de l’opération de sauvetage. Kirsten est au moteur et devrait avoir des vents favorables plus tard dans la journée pour être sur zone le samedi 19 novembre dans la matinée. Les prévisions suggèrent des conditions modérées au cours des deux prochains jours.

Le MRRC Cape Town communique avec le navire marchand DARYA GAYATRI à destination de Singapour, et lui a demandé de se dérouter et porter assistance. Le navire est actuellement à 250 milles au nord-ouest de Tapio, avec une ETA le 19 novembre à 1200 TU.

Nos pensées vont à Tapio, sa famille et ses amis pendant cette période difficile. Le centre de coordination des secours maritimes d’Afrique du Sud fait un excellent travail de coordination des efforts de sauvetage. Tapio est un marin expérimenté qui a fait ses preuves, bien préparé à ces conditions. Nous remercions tout le monde pour leurs messages de soutien à Tapio et à ceux qui participent actuellement à son sauvetage.” indiquait Don Mc Intyre

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Route du Rhum. Thomas Ruyant prend la tête en Imoca !

Thomas Ruyant - LinkedOut - Imoca © Pierre Bouras

La fin de course en Imoca s’annonce intense. Thomas Ruyant à bord de son LinkedOut devance ce vendredi Charlie Dalin sur Apivia. Un tournant sur cette course.

Le passage de l’anticyclone des Açores a joué un mauvais tour à Charlie Dalin qui a vu revenir ses concurrents directs dont Thomas Ruyant qui a joué parfaitement un décalage plus à l’ouest et qui ce matin pointe en tête à une allure portante où son bateau s’annonce aussi rapide qu’Apivia. Il met un terme, au moins pour l’heure, à 8 jours de domination de Charlie Dalin et son Apivia à grands foils. Depuis son entrée dans un couloir alizéen instable et en voie d’établissement, le skipper Nordiste trouve les angles et la pression de vent favoris de son plan Verdier. Il s’attache depuis à “nourrir la bête”, à appliquer à chaque instant, à chaque oscillation l’exact réglage de ses voiles et de ses appendices pour tirer la quintessence de sa monture. Il applique en cela les mille et une idées développées lors et depuis la Transat Jacques Vabre, avec son équipe technique mais aussi son complice lors de la victoire l’an passé en Martinique, Morgan Lagravière. La supériorité d’Apivia, flagrante en début de course aux allures de près dans du vent faible à médium, est ainsi mise à mal, et les deux plans Verdier sont partis pour un duel au couteau qui pourrait bien ne trouver sa conclusion qu’aux abords immédiats de la ligne de Pointe-à-Pitre. 1 100 milles les séparent de cette échéance. 1 100 milles d’un alizé tortueux, pavé de mauvais grains qui viennent comme à plaisir brouiller le plus soigneux des réglages, contraignant les solitaires à une adaptation constante de l’assiette du bateau et de l’harmonie des combinaisons de voilure. Thomas y trouve une forme de jubilation, heureux de pouvoir appliquer sa méthode et cette symbiose construite depuis 3 ans avec son foiler.

Physique, épuisante, la course tient aussi toutes ses promesses de défi tactique, l’alizé imposant un rythme d’empannage à placer à bon escient, tant la proximité et la qualité des adversaires ne tolèrent aucune approximation. C’est donc aussi sur l’écran de l’ordinateur que se joue plus que jamais la performance. Et comme si toutes ces composantes ne suffisaient pas, Thomas ne manque pas d’inclure dans son analyse stratégique la menace des autres poursuivants. Si un trou est désormais fait, de plus de 120 milles avec les étonnants Justine Mettraux et Maxime Sorel, la menace de Jérémie Beyou, Kevin Escoffier et Paul Meilhat continue de mobiliser l’attention du Dunkerquois. Les foulées s’allongent et ce sont désormais plus de 340 milles que les solitaires de tête avalent chaque 24 heures. Un rythme appelé à s’élever, pour envisager une arrivée sur l’île papillon lundi prochain dans la journée…

Derrière Kevin Escoffier, Jérémie Beyou et Paul Meilhat sont encore en embuscade. “Il y a une part de roulette russe dans ces parages avec les passages de grains ! Il faut être opportuniste et chanceux. Je suis dans le bon paquet.” soulignait Kevin Escoffier.

18/11/22 – 05h39 : Vacation / IMOCA – Kevin Escoffier / Holcim – PRB – © 6ème Sens

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