Une course qui emmènera la quarantaine d’inscrits de La Rochelle à La Rochelle sur un parcours de 460 milles validés 500 milles par la Classe Mini. Ce parcours partira de la bouée des Minimes pour aller virer une bouée mouillée au large de Fort Boyard. Il faudra ensuite passer au Nord de l’île de Groix puis laisser l’archipel des Glénans à droite via la Cardinale Sud de la Jument. Une marque de passage au large de Lesconil, la Bouée Cardinale Est de Karek Greis, sera à contourner avant d’entamer la phase de retour vers la ville de départ. Ce port du Finistère situé à l’embouchure de la rivière Le Steir et en face de Loctudy sera donc la marque la plus Nord de ce Mini-Pavois 2005. Le parcours retour sur La Rochelle devra ensuite laisser l’île d’Yeu à droite pour virer la Bouée La Sablaire située au large de Port Joinville pour remonter enfin vers le plateau des Birvideaux (entre Belle-Ile et l’île de Groix). Retour ensuite vers l’île de Ré qu’il faudra laisser à gauche avant de couper la ligne d’arrivée. Un parcours technique et tactique fait d’allers et de retours qui va ouvrir le jeu des options comme la grande remontée entre Fort Boyard et l’île de Groix ou la grande descente de Lesconil à l’île d’Yeu. Un jeu d’autant plus ouvert dans la mesure où les solitaires pourront choisir de laisser les îles de Bretagne Sud à droite ou bien à gauche, de passer au vent ou sous le vent, côté plan d’eau abrité ou non…
Arrivée prévue le mercredi 18 mai…
Côté programme, c’est aujourd’hui la date limite d’arrivée des bateaux et tous seront réunis au ponton 14 du port des Minimes. Demain mercredi débuteront les contrôles de sécurité à bord des Minis 6,50 et vendredi 18h00 sera la date du briefing de départ et de la météo animé par Denis Hugues, directeur de course de cette classique printanière du calendrier Mini 6,50. Pour ce qui est de l’estimation de la date d’arrivée, les premiers sont attendus à La Rochelle pour le mercredi 18 mai 2005, la date de la remise des prix de cette course qualificative pour la Transat 6,50 Charente-Maritime/Bahia étant prévue jeudi 19 mai à 20h00 dans les locaux de la Société des Régates Rochelaises.
J-4 jours avant le Mini-Pavois !
L’effet Cyrano
Un roc, un pic, un cap ou une péninsule : en soufflant sur les reliefs, le vent a tendance à être dévié. Et s’il vient de la mer sur une falaise, il doit s’élever en altitude, créant une molle au vent de la côte, d’autant plus marquée que la brise est faible : c’est une zone tampon ou un « effet Cyrano » lorsque le relief est en pointe car il y a alors contournement de la brise autour du cap, donc rotation importante. Bref, le choix l’aller raser Saint Vincent (où l’Amiral de Tourville vainquit la flotte anglo-hollandaise en 1693) a ses défenseurs et ses opposants. De fait, la situation météo n’est pas très habituelle dans cette zone puisqu’une bulle anticyclonique se positionne devant le détroit de Gibraltar générant normalement un flux d’Ouest faible le long de la côte et des calmes au large. Le problème est que cette bulle va « exploser » dans les heures qui viennent pour laisser place à un léger flux de secteur Sud-Ouest sur le détroit de Gibraltar… Le timing de ce déplacement de situation est difficile à déterminer et c’est bien là le souci des six navigateurs : prendre ce qu’il y a tout de suite et voir après, ou anticiper une évolution et se placer en fonction ?
En tout cas, après plus de 650 milles parcouru depuis le départ de Lorient, la flotte se retrouve dans un mouchoir de poche : 45 milles d’écart entre le premier, Banque Populaire et le dernier, Gitana X ! Et ce malgré une journée de brise portante, une journée de près dans du médium puis dans du vent mollissant… Le tout avec des options radicalement opposées qui finissent par arriver en même temps au même point ! Le cap Saint Vincent redistribue les cartes puisque Franck Cammas est désormais derrière Pascal Bidégorry et Michel Desjoyeaux et il devrait ensuite laisser passer devant ses étraves Frédéric Le Peutrec, ce dernier étant à quelques milles de la pointe, le mieux placer pour le franchir en tête. Et derrière cette « bande des quatre », Armel Le Cléac’h a retrouvé des ailes en naviguant sur son flotteur bâbord et Thierry Duprey du Vorsent est lui aussi à distance raisonnable pour ne pas se faire décrocher.
La difficulté reste toutefois devant : comment traverser la baie de Cadix jusqu’à Gibraltar ? Il y a probablement un effet thermique sur la pointe Sud du Portugal mais avec le soleil qui va se coucher, le vent synoptique va reprendre ses droits… et ils semblent bien faibles. Les gennakers vont fleurir mais les vitesses ne vont pas aller crescendo, du moins pour la nuit. A moins que la bulle du détroit ne daigne se résorber plus vite que prévue. Le point de 19h00 devrait nous éclairer sur la véritable hiérarchie après ce cap… de la peine.
Retour au galop pour Foncia
« La casse du foil est désormais oubliée. On fait avec et cela n’enlève rien à notre motivation. Au contraire ! Nous avons perdu quelques milles cette nuit sur la tête de la course. Je pense que nous sommes restés plus longtemps dans la pétole (pas de vent) que les autres, après le passage d’un front orageux. Celui-ci a d’ailleurs été très chaud à bord de FONCIA. Le vent est passé de 10 à 40 nœuds en 2 minutes. Une bonne leçon pour l´apprentissage du multicoque en vue de la Transat Jacques Vabre (notamment pour le passage du pot au noir). La nuit s’est ensuite bien passée. Nous avons doublé un concurrent, Gitana 10. Ca fait très plaisir, mais on compte bien ne pas en rester là… La météo va être très complexe jusqu’au passage de Gibraltar (prévu demain) avec des vents faibles. Dans un premier temps, cela devrait nous permettre de reprendre quelques milles aux concurrents en gardant du vent plus longtemps qu’eux. Dans un deuxième temps, nous allons observer la stratégie des copains dans la pétole pour essayer de ne pas faire les mêmes erreurs. Et dans un 3e temps, nous allons passer à l’attaque ! » rigole Armel.
L’organisation à bord de FONCIA
« Sinon tout va bien à bord. Nous avons pris notre rythme de course avec 2 personnes sur le pont en permanence (une à la barre et l’autre au réglage des voiles), une personne en veille (s’il y a besoin de manœuvrer), 2 personnes à dormir et le navigateur qui a un régime particulier. Nicolas est en effet hors quart. Il étudie en permanence l’évolution de la météo et la position des concurrents afin d’établir notre stratégie (il reçoit des cartes météo sur l’ordinateur du bord via satellite). Il se repose quand il veut ou quand il peut ! Sinon, tous les jours, Thierry fait le tour du bateau pour checker le matériel. Hier après-midi, il est retourné à l’intérieur du flotteur tribord. Tout est ok à ce niveau là : il n’y a pas de voie d’eau. Dernier point très important, on mange très bien à bord de FONCIA. On réchauffe au bain marie des plats préparés, comme Bilou (Roland Jourdain) le faisait pendant le Vendée Globe. C’est mieux que le lyophilisé et surtout très important pour le moral ! », précise le skipper de FONCIA.
Equipage : Armel Le Cléac’h (skipper), Nicolas Troussel, Thierry Chabagny, Ronan Le Goff, Thierry Briend, (navigateur) et Damian Foxall.
Source Foncia
LE LONG DU PORTUGAL
L’option à terre prise par Franck Cammas n’a duré qu’un temps : le vent ayant basculé du Sud au Sud-Ouest après le passage d’un front orageux violent, le peloton est en passe de laisser Franck Cammas loin derrière son sillage. Le choix de se décaler vers l’Ouest après le cap Finisterre était donc le bon : Michel Desjoyeaux et Pascal Bidégorry sont ceux qui ont le mieux tirer leur épingle du jeu, suivis par Frédéric Le Peutrec. En fait, la dépression à l’Ouest de la péninsule ibérique ne s’est pas déplacée énormément ces dernières 24 heures et il fallait donc aller chercher la bascule du vent au large, venir à elle plutôt que de l’attendre. C’est le choix de toute la flotte à l’exception de Groupama-2 qui risque ce mardi matin de sérieusement rétrograder : obligé de serrer plus le vent, le trimaran sera moins rapide, devra tirer un bord au large pour éviter la terre et va donc perdre énormément de terrain. La première place obligatoirement, mais plus certainement le trimaran vert va se repositionner quatrième si tout va bien, sixième probablement … Lourde sanction ! Mais au final, la flotte restant groupée, la note ne sera pas trop salée. Du côté du Gitana Team, la nuit a été chaude avec le passage d’un front orageux actif qui a généré des éclairs, du tonnerre, des pluies diluviennes, des bascules de vent et des rafales violentes. De quoi animer une soirée à la manœuvre… « Avant le coucher du soleil, nous avons eu droit à notre front orageux. Là aussi, que c’est beau, ces nuances de noirs, de gris, puis tout blanc une fois dedans, avec une pluie dense et lourde, avec éclairs et tonnerre en prime. Le problème, avec ces trucs là, c’est qu’on ne sait jamais à quelle sauce on va être mangé… du vent, beaucoup de vent, pas de vent. Là, hormis un petit quart d’heure à 15 noeuds, c’était pas de vent du tout. Envoi du code 0, virements de bord à répétition, voilà de quoi occuper un équipage. » indiquait Nicolas Raynaud sur Gitana X par mail. Les écarts étant minimes après une journée et demi de course, l’entrée en Méditerranée va être importante : elle devrait avoir lieu la nuit prochaine. « Nous sommes encore dans le match, les écarts sont faibles même si Géant nous a mis cinquante milles cette nuit alors que nous étions proches. Nous avons eu du mal à passer la ligne de grains… On est resté collé sous un nuage. Mais toute la flotte va se regrouper de nouveau à Gibraltar. Nous naviguons ce matin dans du Sud-Ouest 10 nœuds à 80° du vent et nous marchons à 17-20 nœuds sur une mer belle. Ce ne sont pas les meilleures conditions pour le bateau mais il a bien progressé par rapport à l’année dernière. Nous sommes bien dans le rythme tout en gérant les temps de sommeil. La brise devrait mollir en arrivant sur le cap Saint Vincent sous cinq nœuds de vent puis, en entrant dans la baie de Cadix, le vent va devenir portant et faible… Cela s’annonce un peu dur avant Gibraltar ! » expliquait Erwan Le Roux sur Gitana X ce mardi matin. Source Gitana
C´est du brutal
Les quelques mails reçus cette nuit sont sans équivoque : « nous avons eu un passage de grain orageux en fin de journée assez violent : changement de vent de 10 à 35-40 nœuds et bascule de 50° en deux minutes. » pour Foncia, « passage d´un grain en fin d´après-midi, vents violents et de directions surprenantes, alternants avec calme complet. » pour Géant ; « avant le coucher du soleil, nous avons eu droit à un front orageux, avec une pluie dense et lourde, avec éclairs et tonnerre en prime. Le problème, avec ces trucs là, c´est qu´on ne sait jamais à quelle sauce on va être mangé… » pour Gitana X.
Bref, tout le monde a eu son lot de manœuvres dans l’urgence pour enfin virer de bord et débouler de nouveau à près de vingt nœuds au débridé. Et un premier bilan peut être tirer des options de lundi après le cap Finisterre : si Groupama-2 est encore en tête au pointage de 4h00 (heure française), il ne va pas le rester longtemps… Le choix de « l’extérieur » a payé puisque les écarts de plus de 30 milles de lundi soir ont fondu dans la nuit. Pascal Bidégorry et Michel Desjoyeaux sont quasiment à la même distance au but que Franck Cammas, mais comme celui-ci est plus proche de Lisbonne, il va devoir se recaler en bâbord amure pour ne pas buter sur les côtes, et donc il va perdre son leadership dans les prochaines heures.
La question est de savoir combien ce contre-bord va lui coûter : au minimum la tête de la flotte, et au moins trois places… si ce n’est plus !
Car le grand bénéficiaire de l’option Ouest est bien Géant qui navigue à vue avec Banque Populaire et les deux trimarans sont les plus rapides et les plus au vent de la flotte. Frédéric Le Peutrec est légèrement décalé derrière sur une route identique, suivi par le duo Thierry Duprey-Armel Le Cléac’h à touche-touche. Mais Foncia navigue désormais sur le bon flotteur, celui qui a encore un foil et il pourrait donc rapidement « avaler » Gitana X.
Cammas toujours devant
e qui est rassurant, c’est que tout le monde a beau avoir les mêmes informations météorologiques, personne ne suit le même chemin et en sus, la réalité diffère parfois de la prévision… Bref, les routages au départ de Lorient indiquaient qu’il pouvait y avoir une option au cap Finisterre, mais elle semblait se résumer à être plus ou moins proche de la côte. Ensuite, toute la flotte devait faire du près vers le large (bâbord amure) dans un vent tournant au Sud en mollissant. Mais voilà, si le schéma est juste dans la mesure où cinq trimarans partent bien vers l’Ouest au près dans une brise de Sud encore un peu instable, il y avait un petit couloir non loin des côtes portugaises où le vent oscillait plus et permettait de profiter des bascules pour raccourcir la route.Franck Cammas et son navigateur Franck Proffit ont bénéficié de la brèche pour s’ouvrir un passage en alternant les bords au gré des sautes de vent… et ont ainsi repris la tête de la flotte en restant les plus à l’Est. Certes, le différentiel distance par rapport au but reste faible face à Pascal Bidégorry et même par rapport au reste du peloton, finalement très groupé après une journée de course pourtant très animée dans le golfe de Gascogne : les multicoques ont déboulé parfois à plus de trente nœuds dans une nuit noire jusqu’à la latitude du cap Finisterre où le vent a commencé à tourner de l’Est au Sud en mollissant de 25 à 15 nœuds.De fait, les positions et les caps-vitesses des bateaux montrent des choix stratégiques très différents : Michel Desjoyeaux et son navigateur Vincent Riou ont délibérément laissé courir pour se décaler franchement dans l’Ouest afin de toucher une bascule du vent au Sud Ouest qui leur permettrait de virer de bord plus tôt et de parer le cap Saint Vincent d’un seul bord, en jouant « l’extérieur ». Deux extrêmes donc entre Géant et Groupama-2 puisque le décalage en longitude atteint 2°, soit près de 100 milles ! Le reste de la flotte est en position intermédiaire et peut encore « choisir son camp ».En tout cas, le rythme est donné depuis le départ de Lorient dimanche 15h00 avec plus de 430 milles parcourus en 24 heures, soit plus de 17 nœuds de moyenne… Les trimarans devraient donc atteindre le cap Saint Vincent mardi après-midi et Gibraltar dans la nuit suivante. Faut-il déjà avancer les billets pour Nice ? Attendons encore jusqu’à jeudi car la Méditerranée semble bien vouloir créer des surprises… Du genre vents contraires et musclés dans le détroit de Sicile.
VDH reprend du service
Dimanche soir, Jean-Luc a largué les amarres du port des Sables d’Olonne, direction le sud de l’Angleterre. Après de brèves escales sur le parcours de ralliement, ADRIEN va se positionner mercredi à Cherbourg. Il devrait quitter la cité normande en début d’après-midi pour gagner Ventnor (île de Wight), la ligne de départ retenue par Jean-Luc Van den Heede et le météorologue Pierre Lasnier de Météomer pour aborder ce parcours de 1 800 milles dans des conditions optimums. Il faudra entre 6 et 7 h pour couvrir la distance de 60 milles qui séparent Cherbourg de Ventnor et c’est donc mercredi en fin d’après-midi/début de soirée que Jean-Luc et Adrien devraient s’élancer pour cette tentative de record. Les prévisions météo actuelles et pour les jours suivants confirment une forte brise bien établie d’Est/ Est-Sud- Est, de force 5 à 6 en moyenne. Des conditions qui vont inciter le skipper d’Adrien à choisir de faire le tour par l’Est, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Après le passage du Pas de Calais, ADRIEN va donc remonter la Mer du Nord jusqu’au parallèle 63° Nord pour atteindre la pointe de l’archipel des Shetland, (pour rappel, le Cap Horn est par 56° Sud) avant de redescendre sur la Mer d’Irlande puis entrer à nouveau en Manche. Jean Luc Van den Heede « Après le record le plus long de la planète, le tour du monde à l’envers (d’ouest en est), je me suis attaqué à la traversée la plus courte homologuée par le WSSRC (World Speed Sailing Record Council), Cowes-Dinard. Ensuite, j’ai regardé ce qui était un peu l’intermédiaire ! J’ai trouvé qu’Adrien était bien adapté au Tour des Iles Britanniques car la Mer d’Irlande et le passage au Nord des Iles Shetland pouvaient être très musclés… En plus, c’est un record toutes catégories. En solitaire, seuls deux monocoques, selon le WSSRC, ont établi des temps homologués. Je n’ai pas fait de travaux importants depuis mon retour du tour du monde à part un check up complet du bateau, quelques réparations mineures et de nouvelles voiles en Cuben (grande voile et génois) ». Le parcours Chaque auteur d’une tentative a le choix de la date, du sens de rotation ainsi que de trois points de départ, avec pour obligation que la ligne de départ coïncide avec celle de l’arrivée. Que l’on parte du Cap Lizard, de Ventnor (Ile de Wight) ou de Ramsgate (Douvres), le parcours comprend obligatoirement le passage au large de façade Atlantique de l’Irlande, de laisser l’île isolée de St Kilda (au large des Iles Hébrides) et les Iles Shetland au Nord de l’Ecosse à l’intérieur de la boucle. Soit une navigation de près de 1 800 m qui impose de naviguer dans quatre mers différentes, La Manche, l’Atlantique, la Mer d’Irlande et la Mer du Nord. Les difficultés de navigation de ce parcours sont multiples avec les dangers du rail de trafic maritime de la Manche, les sautes d’humeur de la Mer d’Irlande, l’hostilité et les plateformes de la Mer du Nord. Le record enregistré officiellement sur ce parcours par le WSSRC: Catégorie : en solitaire – sans escale – vaisseau toutes catégories2004 : Michel Kleinjans (BEL) sur Roaring Forty – Monocoque – 11j 12h 26m 48s. Source service de presse VDH
Au cap Finisterre…
25 nœuds, 28 nœuds, 30 nœuds, 33 nœuds… les vitesses s’affolent sur les compteurs ! Car après un départ dans une brise modérée de secteur Ouest, le vent a progressivement tourné à l’Est en se renforçant 15 puis 20 nœuds. Et en s’approchant des côtes espagnoles, l’effet Venturi augmente encore la brise qui frôlait les 25-30 nœuds ce lundi matin à 4h00. Erwan Le Roux à bord de Gitana X : « Nous sommes au large de La Corogne après une première nuit fort sympathique sous grand voile haute et gennaker à grande vitesse. Après Groix, le vent a tourné doucement vers le Nord puis vers l’Est en se renforçant : nous avons dépassé Michel Desjoyeaux qui nous a repassé ensuite mais nous nous sommes rapprochés de la tête de la flotte puisque nous avons vu Franck Cammas avant la nuit envoyer le premier son gennaker. Le vent forcit un peu à l’approche du cap Finisterre et nous avançons à près de trente nœuds dans une brise d’Est de 25 à 28 nœuds. Nous sommes contents de notre position à seulement une quinzaine de milles de Michel Desjoyeaux que nous avons croisé dimanche soir avant la nuit. Nous avons opté pour une route un peu plus à l’Ouest que les leaders, ce qui nous a fait perdre un peu de terrain par rapport au but mais c’est une volonté de ne pas se rapprocher trop des côtes pour mieux aborder la bascule de vent annoncée. Le vent doit passer au Sud-Est en mollissant en début d’après-midi. Tout va bien à bord : nous sommes trois sur le pont et trois en repos. » La situation est donc favorable pour l’équipage de Thierry Duprey du Vorsent qui a réussi à tenir le tempo très élevé que les leaders ont imposé dès le coup de canon donné dimanche à 15h00. Et du côté de Gitana 11, la situation était excellente avant le lever du jour : Frédéric Le Peutrec et son équipage progressaient à près de trente nœuds à environ 70 milles du cap Finisterre qu’ils devaient donc apercevoir vers au lever du jour mais il n’a pas été possible de rentrer en contact avec le trimaran pour en savoir plus. La situation météorologique va radicalement changer ce lundi midi puisqu’une dépression peu active au large des côtes ibériques s’approche lentement du continent en générant des vents de secteur Sud. Les vitesses vont donc sensiblement chuter et les premières options vont être prises : se caler un peu au large (30 milles) pour bénéficier plus longtemps du vent portant et aborder la bascule de la brise par l’Ouest, ou couper au plus court le long des côtes pour espérer moins de mer et un zeste de brise thermique avant l’arrivée de la perturbation. Cette première phase de transition est importante car elle peut créer des décalages sensibles entre les bateaux.Source Gitana
Avarie sur Foncia
L’équipage craignait en effet que le flotteur soit sérieusement endommagé. Résultat : pas de fissures et de délaminage dans le flotteur, pas de voie d’eau mais le foil* tribord arraché juste sous le flotteur et donc complètement inutilisable pour la suite. FONCIA a ensuite repris sa course mais l’équipage doit dorénavant lever le pied en bâbord amure quand il navigue à plus de 15 nœuds car sans cet appendice, qui permet de soulever le flotteur, le risque de « planter » le bateau dans la vague est important. Après discussion avec Alain Gautier, Armel Le Cléac’h ne fera pas escale. Pour sa 1ère course au large, le jeune skipper est évidemment déçu car tout se passait bien à bord. Auteur d’un départ prudent, le trimaran FONCIA avait doublé 3 concurrents avant l’incident et se trouvait dans le sillage de Groupama. La météo est calme pour les prochains jours avec des « coups » tactiques à jouer, le « chacal » n’a pas dit son dernier mot… « A bord, l’ambiance est excellente malgré l’incident de cette nuit. C’est maintenant derrière nous et on ne va certainement pas baisser les bras. C’est sûr qu’on est déçu car on faisait un très beau début de course. On est parti prudemment mais après l’île de Groix on a doublé les bateaux un par un pour se retrouver dans le sillage de Groupama avec une vitesse identique. Vers minuit, le vent a tourné et on a empanné. J’étais à la barre quand on a entendu un grand bruit. On a stoppé le bateau pour voir les dégâts. Le foil s’est cassé net sous le flotteur avec le choc. Comme on voyait pas mal de morceaux de carbone à la sortie du puits de foil, Thierry (Briend) est allé à l’intérieur du flotteur pour voir s’il n’y avait pas de fissures. A première vue, il n’y a rien, on était soulagé. On va quand même faire un deuxième check dans l’après-midi quand le vent va faiblir. On va désormais lever le pied en bâbord amure quand on ira vite. Heureusement, les prévisions météo semblent être de notre côté avec du vent modéré à venir et surtout pas mal de tribord amure (vent venant de la droite) à faire. La route est longue et on n’a pas dit notre dernier mot ! » , explique d’une voix claire et déterminée Armel Le Cléac’h.Source Trimaran Foncia
Rémy Arnaud, vainqueur du National Melges 2005 !
La dernière journée du National 2005 de Melges24 a démarré sous un soleil radieux, avec un plan d’eau redevenu fort calme, privilégiant les amateurs de petit temps. Une première manche, courue dans un vent faible très variable, voit la victoire du Suisse Jean-Marc Monnard (POIZON ROUGE) devant l’anglais Quentin Strauss (TEAM GILL) et le Rochelais Maxime Paul (BIG SHIP/SRR). Le Baulois Rémy Arnaud ne finit que septième de la manche, mais cela ne suffit pas à lui faire perdre sa place de leader. Une seconde manche est alors lancée, mais elle est finalement annulée.
La remise des prix réunit ensuite bien des heureux : les concurrents généreusement récompensés grâce notamment au sponsor CHALLENGE PARTNER&PARTNERS; heureux le président de la Classe Melges, Denis Infante, suite à un beau championnat 2005, avec de nouveaux entrants dans la classe ; heureux les Rochelais, qui ont démontré combien leur plan d’eau est propice à l’organisation de beaux événements de voile, et à qui on souhaite une réponse positive du CIO en faveur de Paris 2012 dans 59 jours…
Pour Rémy Arnaud, ce titre est une agréable surprise, à l’occasion d’ailleurs d’un anniversaire, puisqu’il navigue en Melges depuis la Semaine de La Rochelle 2002. Issu du dériveur, régatier en IRC puis en Requin, Rémy a découvert le plaisir de la monotypie sportive à niveau international sur le J24, pendant cinq années. Il a ensuite décidé de passer au Melges24, support sur lequel lui et son équipage (tous membres du club APCC Voile Sportive) ont travaillé depuis 3 années pour arriver aujourd’hui à cette belle récompense. Une satisfaction également pour son sponsor (également partenaire professionnel), le fabricant de fibres hollandais DYNEEMA. Vitesse et très bonne tactique ont été la clé de ce succès, selon Rémy et puis « une mayonnaise qui a bien pris » dit en synthèse le Baulois. Des projets pour 2005, avec l’Européen à Torquay, en Septembre prochain, le Championnat de France à Hyères en Novembre et bien sûr le Mondial 2006 à Hyères également. Bon vent, donc !


















