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La chronique de Capian – Une saison en Mini

Capian - Matthieu Girolet
DR

L’objectif était de faire les qualifications pour la Transat 6.50 2007, soit 1000 milles en course et le parcours 1000 milles solo. Avec la course des Lions, la Mini Solo et la Mini Max, cela fait 1100 (les 700 de l’Odyssée, pour moi, comptent pour du beurre, assez salé d’ailleurs – ndlr : Capian avait démâté).
Et la qualif solo est validée. Avec une victoire en prime, ça commence à prendre forme !

Sur l’eau, cette saison s’est clôturée par une 4ème place à la Mini Max. Dans la tête, comme pour tous ceux qui partiront dans deux ans, elle s’est terminée avec la Transat, dont nous avons déjà évoqué l’intérêt d’un suivi attentif pour les prétendants. Dans les faits, rien ne s’est arrêté et la course contre la montre continue pour être au départ dans deux ans dans les meilleures conditions.  Avec juste l’impression que les mois vont être de plus en plus courts. Au menu, ce sont donc toujours navigations avec un podium à Novembre à Hyères. Et le proverbial salon nautique, avec ses allées débordantes de partenaires potentiels !

Si une saison autour de trois bouées peut déjà être mouvementée, ma première saison « au large » m’a réservé bien des surprises. Elle a été carrément riche en aventures et enseignements :

D’abord, on est tout seul, à bord bien sûr, mais aussi pour tout le reste, et ça l’air de rien mais au niveau gestion logistique et préparation, avant et après les navigations, ça change tout. Ce qui en équipage prend deux aller-retour à la voiture en prend 10 et ne se fait plus en un tournemain. Au final c’est en fatigue et stress supplémentaire que cela se chiffre.

Sur l’aspect seul à bord, on envisage surtout l’aspect technique. Mais c’est aussi personne pour te passer le sel que tu as oublié dedans, aller faire le tour d’horizon à ta place quand les 20’ sont écoulées ou prendre la météo quand tu es tout vert devant ton seau.

Et pour les manœuvres ?
Alors là c’est passage obligé par des chronologies écrites et bien rodées sans quoi… gare ! Un exemple : empannage à deux dans de l’air : bout dehors dans l’axe,  les deux bastaques aux winches, l’un reprend la future au vent et passe la GV, l’autre garde le cap et choque l’ancienne, puis on empanne le spi. Facile !

Et tout seul ? Pareil !
Bout dehors dans l’axe, point d’écoute de spi du bon côté de l’étai, tu reprends écoute GV et bastaque sous le vent alternativement pendant que tu barres (seulement la bastaque quand c’est encore possible, ce qui ramène la GV avec). Donc tu te retrouves GV dans l’axe, à souquer la bastaque qui sera au vent avant de pouvoir choquer l’autre et passer le spi. Faciii…. Caramba, encore raté! Flap, Flapp, Flappp. Tiens-toi, lâche la barre qui sert plus à rien,finis ta bastaque (priorité = mât !), choque l’autre la (GV passe), décroche – raccroche ta longe de harnais qui est toute emberlificotée et passe le spi (dans le meilleur des cas il n’a pas fait de nœud).

Quelques sessions sont nécessaires pour que cela passe (à peu près) bien.
Vous comprenez mieux pourquoi au début (au moins) pour empanner quand ça pulse on affale le spi et le renvoie sur l’autre bord. Cela va faire rire les pros mais ils ont bien du y passer. En tout cas c’est ce que je me dis quand je suis vraiment en vrac et que j’aurais honte qu’on me voie !

Saison d’apprentissage, donc. Apprentissage du double, du solo, du bateau, du format des courses Mini. Cela fait beaucoup, mais c’est aussi toute la richesse du « Mini » que j’ai découverte. Avec en bonus la formidable cohésion qui existe réellement entre les coureurs.

Ainsi à part bien évidemment certains moments bien particuliers où je me suis vraiment demandé ce que je pouvais bien faire là, je ne regrette absolument pas de m’être engagé dans ce projet.
De comment faire parler de son projet à remplacer un moteur de vérin de pilote, en passant par préparer ses réponses aux objections des sponsors prospectés  et paramétrer le pilote ; voici quelques unes des compétences qu’il faut que l’apprenti coureur au large en solitaire parvienne à acquérir.

Cheminement qui fait que quel que soit le classement au final, mon sentiment est vraiment celui que j’aurai énormément grandi, mûri…ou tout autre mot qui veut aussi dire se réaliser en vivant son rêve.
Et qui donne une vraie saveur à la boutade « passe ta Mini d’abord ! » Parmi les apprentissages, il y a aussi eu celui de la météo à l’échelle 500 milles et non plus à celle banane ou côtier. Et c’est plus du tout pareil.

Déjà, combien de fois en suivant le Vendée Globe avec les cartes météo j’ai fait le mauvais choix alors que sur l’eau ils faisaient le bon, eux ? Ensuite, construire une stratégie avec Monaco radio qui crachote dans le poste c’est très différent d’imprimer « Yfébô.com » avant d’aller sur l’eau pour l’après-midi. Plusieurs coureurs disent n‘avoir privilégié que la vitesse durant les courses.
Certains, encore, disent que sur un long bord (plusieurs dizaines de milles) il faut de toute façon privilégier la vitesse sur la route, puisque d’ici la fin du bord le vent aura changé.

Au delà du bluff de pontons, la clé semble être dans la capacité à  avoir un œil réellement critique sur les évènements et de réapprendre à lever la tête. Du sens marin, quoi ! Ca tombe bien, c’est pile ce que la classe veut promouvoir.

Dans un tout autre domaine et bien avant de mettre les pieds sur mon Super Câlin,  j’avais lu un article où il était écrit à peu près: « vous penserez, dormirez, mangerez , vivrez mini, au péril de votre couple ». On ne le fait pas exprès mais, c’est vrai ! Aussi , mention particulière à toutes celles (ou ceux) qui supportent les absences, l’angoisse d’être à la maison sans nouvelles (et oui, par exemple, quand on n’y connaît rien au bateau et que la première course se termine en hélico, ensuite on appréhende un peu).

Enfin, bref, même si elles (ils) comprennent que c’est réaliser un rêve et donc une opportunité fantastique, bla, bla, bla…, je comprends bien que tout cela soit parfois résumé en « il est jamais là et quand il est là, il est déjà reparti. ». Alors, pas facile à gérer.

Si le Mini vous tente, prenez cela en compte. Si, Si ! Je connais quelqu’un qui a retrouvé la maison vide au retour de qualif et un autre qui a été prié d’aller faire sécher ses bottes et son spi ailleurs.
Ils ont tous les deux des Pogo.  Tant et si bien que quand l’un d’entre nous annonce que chez lui ça chauffe, la boutade consacrée est désormais « Pourtant t’as pas un Pogo, toi ? »

Allez, à plus, on m’attend !  (j’espère).

Matthieu Girolet

Une étape à hauts risques

Volvo Ocean Race - ABN AMRO
DR

La brise de 40 nœuds qui avait présidé, le 26 décembre dernier, à la régate in-shore de Cape Town, donnait aux équipages, si besoin était, un avant goût de ce qu’ils allaient devoir affronter pendant la quinzaine de jours que devrait durer cette seconde étape de large. Une route longue de 6 100 milles, avec deux points de passage obligés, créditeurs de points pour le classement général, les Iles Kerguelen et Eclipse Island au Sud-Ouest de l’Australie, avec une ETA à Melbourne vers le 19 janvier.

Les mers du Sud ont très largement participé à la construction du mythe de cette course autour du monde, principalement lors de ses premières éditions, lorsqu’elle s’appelait la "Whitbread ». En effet, à sa création en 1973, personne ne s’y était encore aventuré en course, sur des voiliers modernes. Trois hommes n’en étaient pas revenus.
 
Si le froid, les vagues gigantesques, les icebergs, les risques d’hommes projetés à la mer sont fortement inscrits dans les esprits, naviguer en équipage sous ces latitudes extrêmes reste une expérience unique qui marque à jamais les marins qui ont eu le privilège de participer à cette épopée maritime.
 
 
Sidney Gavignet – ABN AMRO ONE – Leader du classement général provisoire
 
Comment abordez-vous une étape dans les mers du Sud ?
 
Sidney : Avant de rentrer dans l’Océan Indien, on est inquiets, car les bateaux sont très  durs et exigeants, et l’eau va forcément être froide. Mais on est très bien préparés, donc on va faire les choses calmement et ne pas prendre de risques avec le matériel ou les hommes. Cela devrait donc bien se passer. Par contre, il y a beaucoup de glaces annoncées sur notre route. Apparemment le réchauffement de la planète doit bien exister car à chaque fois que l’on passe les glaces sont de plus en plus hautes en latitude. D’un côté, moi, j’aime bien voir des icebergs, car un tour du monde sans voir de glaçons, c’est dommage. Mais, d’un autre côté, on va tellement vite maintenant que le moindre bout de glaçon qu’on heurterait serait fatal. C’est donc un sentiment un peu mitigé…
 
Sébastien Josse – ABN AMRO TWO – 3ème  du classement général provisoire
 
C’est la première fois que certains de vos équipiers vont affronter ces mers du Sud, est-ce que cela vous met un peu plus de pression en tant que chef de bord ?
 
Sébastien : C’est vrai, c’est la première pour certains d’entre eux. Mais j’ai déjà fait un briefing pour leur expliquer comment cela pouvait se passer. C’est sûr que je vais faire très attention à la façon dont on va mener le bateau. Mais après, c’est toujours la première fois pour quelqu’un. Avant, c’était la première fois pour Paul Cayard avec Team EF dans la Whitbread 97-98 (vainqueur), pour Neal McDonald en 2001-2002 sur Assa Abloy (2ème), et ils s’en sont très bien sortis. Pour tous les navigateurs qui sont ici, cela a été une première fois un jour, donc il ne faut pas non plus en faire une montagne. Mes équipiers savent tous très bien naviguer. Ils l’ont prouvé dans la première étape off-shore et dans les deux régates in-shore. Tout particulièrement dans l’in-shore de Cape Town, le 26 décembre dernier qui s’est disputé dans des vents très soutenus.  Je ne m’en fais pas trop pour leurs réactions dans les mers du Sud. A bord, il y a une bonne ambiance, ce sont des bons marins et ils ont tous la tête bien solide et c’est cela qui est le plus important.
 
Vous n’allez donc pas changer votre manière de diriger le bateau ?
 
Sébastien : Non. On ne va rien changer. On va faire comme d’habitude. Je pense que c’est mieux, car plus il y a changements, et moins cela marche.

Source ABN AMRO

Riou, Breton de l´année

Portrait Vincent Riou 2005
DR

Derrière Riou, en revanche, les places ont été beaucoup plus disputées. C’est finalement Christophe Le Mével qui monte sur la deuxième marche du podium. Sa victoire dans une étape du Tour d’Italie, la première d’un Français depuis vingt ans, a pesé dans la balance. Quant au troisième, il s’agit du joueur de tennis briochin Marc Gicquel, licencié au Patton de Rennes. Surprenant ? Pas tant que ça : nº 11 national, il approche peu à peu de la 100 e place mondiale.
Vincent Riou n’est ni très expansif ni très bavard, mais c’est un grand marin. Il ne parle pas pour ne rien dire, c’est tout. « Je ne suis pas extraverti, je garde mes émotions pour moi et les miens », disait Vincent Riou à son arrivée aux Sables-d’Olonne, en février dernier. Après 87 jours, 10 h 47’ 55’’ et une bagarre sans merci contre Jean Le Cam, le Bigouden venait de réaliser un coup de maître pour son coup d’essai dans le Vendée Globe. Dans le sillage de Michel Desjoyeaux, qu’il avait rencontré sur la Solitaire du Figaro 1998 avant de devenir son second, Vincent Riou, discret et calme, a démontré sur le Vendée Globe qu’il n’en est pas moins tenace et compétiteur.

A la barre de PRB, le monocoque qui avait mené quatre ans auparavant Michel Desjoyeaux au sommet du Globe, il a décroché là sa première victoire en solitaire. Joli coup. « De ma vie de marin, je n’ai jamais eu un tel accueil. Si tu n’as pas connu ça, tu n’as rien connu », lancera-t-il en posant sac à terre aux Sables-d’Olonne, le 2 février. Originaire de Loctudy, Vincent Riou est né avec de l’iode dans les veines. Dès 7-8 ans, comme tout bon Breton du bord de mer, il démarre sur Optimist dans le club nautique de sa commune. Déjà solitaire dans l’âme à 15 ans, Vincent se dirige vers le Laser plutôt que vers le 420. Il y fera ses premières armes en compétition. Et puis, un jour, il se retrouve aux Glénan où il va rester et même y devenir chef de base. A 19 ans, le Loctudiste décide d’arrêter ses études. Et comme dans toute belle histoire, il y a de belles rencontres qui vont changer sa vie. Un matin de 1995, il croise la route de Jacques Pichavant, patron du chantier naval de Pont-l’Abbé. Ce dernier va le prendre sous sa coupe et lui donner les bonnes bases de ce milieu. Très vite, le Loctudiste va se montrer un grand technicien. En 2000, c’est le « Professeur » Desjoyeaux qui lui fera confiance en l’associant à son projet de monocoque 60 pieds, PRB. Ce même bateau, revu et corrigé, le mènera à la victoire sur la grande boucle. Un canot qu’il connaît sur le bout des doigts et pour cause.
A 33 ans, arrivé sans faire de vague ni de bruit, Vincent Riou vient donc de connaître la « tempête » d’une victoire aux Sables-d’Olonne et toutes les sollicitations que cela implique. Mais comme il le dit humblement : « C’est vrai que les gens me reconnaissent plus souvent qu’avant. Mais je vis tellement retiré que, pour ma vie de tous les jours, ça n’a rien changé ». Sauf que sur son CV, il a pu ajouter une ligne très importante : vainqueur du Vendée Globe 2004-2005. Et ça, ça fait toute la différence. Ce solitaire n’est pas pour autant égoïste. Pour preuve, quand il ne sillonne pas toutes les mers du monde, il est équipier sur la vedette de la SNSM de Loctudy. Un skipper au service des marins. Il aime tellement la mer et la compétition qu’il se prend même au jeu sur des Caravelle : « C’est le bateau sur lequel je faisais la sécurité quand j’étais aux Glénan ! Je n’avais jamais fait de régate sur cet engin, mais ce n’est pas facile de le faire marcher ! », précise-t-il. C’est sûr que par rapport à un 60 pieds Open de haute technologie… Puisqu’on vous dit qu’il n’a pas changé ! Cela ne l’empêchera pas de tenter en 2008 d’être le premier à gagner le Vendée Globe deux fois de rang. Et, cette fois-ci, sur un bateau tout neuf.

Source Le Télégramme

Vas-y Coco !

Coco Beach Race
DR

L’événement a généré un véritable engouement sur l’île : 25 bateaux inscrits dans deux classements les HC 16, 17 bateaux et les Inter séries, 8 bateaux dont quatre F18.
A noter la présence de deux nacra F18 flambant neuf du team Siréna ainsi que la présence d’un SL 16 (bateau retenu ISAF* comme série mondiale jeune). Dix skippers de renom sont venus partager avec beaucoup de convivialité et de disponibilité leur passion avec les locaux. Quelques privilégiés ont pu naviguer à leur coté, les autres se sont mesurés à eux sur l’eau (ce qui reste tout autant exceptionnel) : Christine Briand (2ème édition), Franck Cammas (2ème édition), Bruno Jourdren (2ème édition), Daniel Souben (2ème édition), Charles Caudrelier, Eric Drouglazet, Marc Guessard, Yvan Bourgnon, Erwan Tabarly et Jimmy Pahun.
Trois clubs de voiles (Club Nautique de St Paul, Nauti Club LaLeu et le Club Nautique de Bourbon) ont accueilli la flotte de catamarans par des animations musicales rythmées au son du Séga Maloya traditionnel de l’île, et ont organisé des soirées de gala ou le punch, carri poisson et rougail saucisse étaient offert à profusion.

Afin de faire connaître l’île intense au skippers professionnels invités, l’organisation leur a proposé différentes activités qui seront gravées dans leur mémoires : baptême d’ULM au dessus du cirque de Mafate, Canyoning à Cilaos, Plongée sous marine devant le lagon de l’hermitage, Golf, surf et virée nocturne… Cette troisième édition du Challenge Coco-Beach Hewlett Parckard a atteint sont objectif : « Mettre en place quatre jours de sport et de fête où les meilleurs skippers professionnels du moment, se sont mesuré aux Réunionnais passionnés dans un cadre tropical ».
Pour cette troisième édition, les skippers invités étaient « tirés au sort » pour l’attribution de leur bateau et de leur équipier Réunionnais. Daniel Souben remporte le Trophée Challenge Coco-Beach pour la deuxième année consécutive. Pour l’aider dans cette victoire « EL PROFESSOR, surnom donné par les Réunionnais » faisait équipe à Robain Guidon, jeune Réunionnais de 13 ans du Club Nautique de St Paul.

Toujours dans le classement Hobie Cat 16, Franck Cammas, accompagné de Joël Marguier, président du Club nautique de St Leu terminent troisièmes à un point du couple Aurélien Coquemont et Leatitia Bourmault (Réunionnais) déjà deuxième du classement général l’an dernier. Dans la catégorie inter série, l’équipage Réunionnais F.Garsault et B.Dejean ont littéralement survolé leur classement en remportant l’intégralité des manches sur leur nouveau nacra F18. L’équipage C. Tortrotau et M. Marfaint, deuxième du classement général inter série ont quant à eux remporté la manche postlogue, où des changements de bateaux et d’équipages ont eu lieu. Sur le Hobie Cat Tiger jaune, Franck Cammas et Charles Caudrelier ont remplacé l’équipage M Azzolin et JL Bernard et sur le Tiger Blanc, l’équipage vainqueur de la précédente édition Daniel Souben et C Hamon ont essayé de défendre leur titre. Le Challenge Coco-Beach Hewellet Parckard 2005, s’est terminé par la traditionnelle remise des prix dans les locaux de la Mairie de St Paul, en compagnie des élus aux sports, et pour clôturer le séjour des skippers invités, l’organisation les a emmené le lendemain pour une journée cannyoning dans le cirque de Cilaos.

DBo. (Source Coco Beach)

Un calendrier 2006 chargé !

Dee Caffari départ 20 novembre
DR

Il y a des séries qui montent et d’autres qui plongent… Du côté des monotypes en France, l’heure est à la stagnation mais la venue du Championnat du Monde de Melges 24 à Hyères et du Mondial Yngling à La Rochelle devrait booster ces deux séries relativement peu prisées par les Hexagonaux. Les Mumm-30 ont heureusement le Tour de France à la Voile pour survivre malgré un titre mondial remporté à la Trinité/mer en 2004 car sans la grande boucle, le programme aurait du mal à s’étaler sur l’année. Pour les anciennes classes comme le First Class 8, le Surprise, le J-24 et même le Fun, le Corsaire, le Muscadet… la vie suit son cours en regroupant les flottes ou en se déplaçant en été.
En IRC en revanche, l’entrée des Etats-Unis au sein de cette jauge créée en 1983 est un véritable turbo : plus de 7 000 certificats ont été délivrés dans le monde en 2005 pour faire courir autant les prototypes que les voiliers de course croisière ! Et ça marche puisque les grands rassemblements ne font que s’étoffer avec des unités de plus en plus grandes et des confrontations de plus en plus chaudes. Attendus avec impatience, l’affrontement entre les trois nouveaux 35 pieds de Bénéteau (First 34.7, plan Farr), d’Archambault (A-35, plan Joubert-Nivelt) et de X-Yachts (X-35, plan Jeppesen). Des premiers résultats en course lors du Spi Ouest France en particulier, va se dessiner le parcours de ces racers proches de la monotypie. D’ailleurs, il faut noter que les rendez-vous dédiés aux voiliers à « armes égales » se multiplient à l’image de la Primo Cup (3-5 février et 10-12 février) qui ouvre les hostilités : après le Grand Prix de l’Ecole Navale, voici la Deauville Week réservée aux Melges 24, aux Mumm-30, aux J-Boats et aux 40 et 45 pieds. Côté IRC, le Challenge Atlantique est un excellent révélateur de régularité aux avant-postes : il faut participer au maximum d’épreuves entre le Spi Ouest France, l’Obelix Trophy, la Semaine de La Rochelle, le Grand Prix du Crouesty, l’Atlantique Le Télégramme… Du déplacement en perspective ! A vos sticks…

Les grandes dates IRC-IMS 2006 :
8-9 avril : Championnat IRC du YCF (Saint-Tropez)
13-17 avril : Spi Ouest France (La Trinité/mer)
14-17 avril : SNIM (Marseille)
15-17 avril : Grand Prix IRC Manche Ouest (Saint-Malo)
28 avril-1 mai : Obelix Trophy (Bénodet)
29-30 avril : Dinard-Jersey-Dinard (Dinard)
5-7 mai : Antipolis (Antibes)
20-27 mai : La Barquera (Saint-Nazaire)
25-28 mai : Semaine Internationale (La Rochelle)
2-5 juin : Grand Prix du Crouesty (Le Crouesty)
17-21 juin : Semaine du Record SNSM (Saint-Nazaire)
24-25 juin : Tour des Minquiers (Saint-Malo)
4-7 juillet : Grand Prix de Brest (Brest)
6-21 juillet : Pornic-Bayona (Pornic)
9 juillet : Dinard-Hamble (Dinard)
23-30 juillet : Mediterranean Trophy (Corse)
28-30 juillet : Coupe du Prince des Asturies (Arcachon)
11-14 août : Branle-Bas de régate (Saint-Malo)
21-26 août : Le Triangle (Dinard)
2-3 septembre : Eté Indien (Saint-Malo)
15-17 septembre : Atlantique Télégramme (Lorient)
30 septembre-8 octobre : Voiles de Saint-Tropez (Saint-Tropez)
19-22 octobre : Tour de Corse (Bonifacio)

Les grandes dates des courses internationales et du RORC :
9-12 mars : Acura Race Week (Miami)
13-17 avril : Ruta de la Sal (Barcelone)
14-28 avril : Round Ireland Race (Dublin)
13 avril : China Sea Race (Hong Kong)
23 avril : Roma per Due (Rome)
29 avril : Cervantes Trophy (Cowes)
30 avril-6 mai : Semaine d’Antigua (Caraïbes)
12 mai : De Guingand Bowl Race (Cowes)
14-28 mai : Semaine de Porquerolles (Hyères)
25 mai : Dover Strait race (Ostende)
26 mai : North Sea Race (Harwich)
26-27 mai : The Storm Trysail (Block Island)
28 mai-4 juin : European IMS Championship (Punta Ala)
5-10 juin : Sardinia Cup (Porto Cervo)
9-11 juin : New York Annual Regatta (New York)
11-17 juin : Giraglia Race (St Tropez)
16 juin : Morgan Cup Race (Cowes)
17-18 juin : Bol d’Or (Genève)
18 juin : Tour de l’île de Wight (Cowes)
22-24 juin : Tropheo Alfonso XIII (Baléares)
24 juin-18 juillet : Skippers d’Islande (Paimpol)
25 juin-2 juillet : Commodore’s Cup (Cowes)
6 juillet : Roma-Giraglia (Rome)
13-15 juillet : Cowes-Dinard (Cowes)
15-21 juillet : Cork Week (Cork)
21 juillet : Channel Race (Cowes)
23 juillet-20 août : Dinartica (Dinard-Lofoten)
29 juillet-5 août : Cowes Week (Cowes)
29 juillet-6 août : Copa del Rey (Palma)
4-13 août : IMS World Championship (Neustadt-Allemagne)
7 août : Round Britain & Ireland Race (Cowes)
2-3 septembre : Delta Race (Breskens)
4-9 septembre : Maxi Yacht Rolex Cup (Porto Cervo)
8 septembre : Cherbourg Race (Cherbourg)
20-28 octobre : Middle Sea Race (Malte)
22 octobre : Velux 5 Oceans (Bilbao-Espagne)
29 octobre : Route du Rhum (Saint Malo-Pointe à Pitre)
26 décembre : Rolex Sydney-Hobart (Sydney)

Les grandes dates en monotype :
4-5 mars : Coupe de France des Etudiants (La Trinité/mer)
31 mars-2 avril : Massilia Mono Cup (Marseille)
24 avril – 8 mai : GP Petit Navire (Douarnenez)
4-8 mai : Grand Prix Atlantique Mumm-30 (La Baule)
25-28 mai : Trophée des Lycées (La Trinité/mer)
25-28 mai : Grand Prix de l’Ecole Navale (Lanvéoc-Poulmic)
23-28 mai : Championnat d’Europe de J-80 (Brest)
7-11 juin : Deauville Week (Deauville)
7-11 juin : Européen Mumm-30 (Deauville)
29 juin-2 juillet : X-Gold Cup (La Trinité/mer)
29 juin-29 juillet : Tour de France à la Voile (Dunkerque-Hyères)
1-8 juillet : Mondial Yngling (La Rochelle)
6-11 août : National Corsaire (La Rochelle)
9-13 août : Internationaux de France Match Race (La Baule)
23 août-1 septembre : Mondial Melges 24 (Hyères)
Dernière semaine d’août : Gold Cup Dragon (Douarnenez)
6-9 septembre : Mondial Farr-40 (Newport)
7-17 septembre : Route des Îles Mumm-30 (Marseille-Corse)
28 septembre-1 octobre : Championnat de France Habitable (Le Crouesty)

Le circuit Mini
29 avril-4 mai : Select 650 (Pornichet)
26-28 mai : Trophée Marie-Agnès Péron (Douarnenez)
3-4 juin : Mini Solo (Port Camargue)
3-10 juin : Mini-Fastnet (Douarnenez)
1-9 juillet : Mini Max (Port Camargue)
10-23 juillet : Open Demi-Clé (Locmiquélic)
22-30 juillet : Mini Med (Port Camargue)
30 juillet-27 août : Route des Açores (Bretagne Sud)
29 septembre-1 octobre : Challenge Mini (Quiberon)
19-24 octobre : Mini Barcelona (Barcelone)

Le circuit Figaro
9-28 avril : Transat Ag2r (Concarneau-Saint Barthélemy)
1-18 juin : Solo Méditerranée (Port Camargue-Porquerolles)
25 juin-8 juillet : L’Odysée (Cannes-Istanbul)
1-30 août : Solitaire Afflelou-Le Figaro (Cherbourg-Santender-St Gilles-Dingle-Concarneau)
23 septembre-1 octobre : Course des Falaises (Le Havre)

Les rendez-vous de tradition
20-25 avril : Antigua Classic Yacht Regatta (Caraïbes)
11-14 mai : Voiles Latines (St Tropez)
22-28 mai : Régates Impériales (Ajaccio)
31 mai-4 juin : Voiles d’Antibes (Antibes)
14-18 juin : Voiles du Vieux Port (Marseille)
7-9 juillet : Toutes Voiles Dehors (Pontrieux)
13-15 juillet : Régates de Ploumanac’h (Perros Guirec)
14-16 juillet : Voiles Classiques (La Trinité/mer)
23 juillet : Grandes Régates (Port Navalo)
27-31 juillet : Douarnenez 200- (Douarnenez)
24-30 septembre : Régates Royales (Cannes)
1 octobre : Coupe d’Automne YCF (Cannes-St Tropez)
2-8 octobre : Voiles de Saint-Tropez (St Tropez)

Runs & vitesse
WE du 14 juillet : Défi Petit Navire (Douarnenez)

DBo.

Une année record

Bruno Peyron - Orange II
DR

Incontestablement, les conditions météorologiques ont été souvent favorables pour améliorer les temps établis précédemment. Mais il y a aussi la tendance à construire des voiliers spécifiquement dédiés à la vitesse et de plus en plus grand à l’image d’Orange-2, le plus grand des catamarans de course du monde après Cheyenne (ex-PlayStation). Ces deux paramètres semblent essentiels pour viser des temps canon : les prévisions météorologiques sont de plus en plus fines et la notion de mauvais temps devient presque obsolète puisqu’il est possible de se détourner pour éviter le pire (sauf lors de quelques passages obligés comme le cap Horn) et le petit temps devient presque inexistant au vu des performances de ces engins avec moins de huit nœuds de vent apparent. D’autre part, le fait de pouvoir réaliser des voiliers de plus en plus grands (à l’image de Mari Cha IV, d’Alfa Romeo, de Wild Oats XI, d’Orange-2 ou de Groupama-3) ne peut que permettre d’aller plus vite. Surtout lorsqu’on constate que les bateaux à taille définie comme les 60 pieds Open monocoques ou multicoques, vont encore plus vite qu’il y a seulement cinq ans. A l’image des trimarans Orma qui frisent les 33 nœuds de moyenne sur plus de cinq milles ou des monocoques Imoca qui allongent à près de 20 nœuds de moyenne par jour…

Records de vitesse :

Record de vitesse absolu sur 500 mètres :
Finian Maynard (planche à voile) : 48,70 nœuds (avril 05)
Record de vitesse absolu sur un mille (homme) :
Finian Maynard (planche à voile) : 39,97 nœuds (octobre 05)
Record de vitesse absolu sur un mille (femme) :
Valérie Ghibaudo (planche à voile) : 33,69 nœuds (octobre 05)
Distance en 24 heures (monocoque, en équipage) :
Mike Sanderson – ABN-AMRO Two : 546,14 milles (27 novembre 05)
Distance en 24 heures (multicoque, en solitaire) :
Francis Joyon – IDEC : 542,7 nœuds (2 juillet 05)

Records océaniques :

Trophée Jules Verne (multicoque, en équipage) :
Bruno Peyron – Orange 2 : 50j 16h 20’ 04’’ (mars 05)
Tour du monde (multicoque, en solitaire) :
Ellen MacArthur – Castorama : 71j 14h 18’ 33’’ (février 05)
Tour du monde (monocoque, en solitaire) :
Vincent Riou – PRB : 87j 10h 47’ 55’’ (février 05)
Trans-Atlantique New York-cap Lizard (multicoque, en solitaire) :
Francis Joyon – IDEC : 6j 04h 01’ 37’’ (juillet 05)
Trans-Pacifique Los Angeles-Honolulu (multicoque, en équipage) :
Olivier de Kersauson – Geronimo : 4j 19h 31’ 37’’ (novembre 05)
Route de la Découverte Cadix-San Salvador (multicoque, en solitaire) :
Thomas Coville – Sodebo : 10j 11h 05’ 46’’ (juillet 05)
Sydney-Tahiti (multicoque, en équipage) :
Olivier de Kersauson – Geronimo : 13j 08h 25’ 56’’ (août 05)
Miami-New York (multicoque, en solitaire) :
Thomas Coville – Sodebo : 3j 05h 00’ 12’’ (juillet 05)
Tour de l’Australie (multicoque, en équipage) :
Olivier de Kersauson – Geronimo : 17j 12h 57’ 05’’ (juillet 05)
Tour de l’Irlande (monocoque, en équipage) :
Jean-Pierre Chomette – City Jet Solune : 2j 09h 41’ 06’’ (mai 05)
Tour de l’Irlande (monocoque, en solitaire) :
Michel Kleinjans – Roaring Forty : 4j 01h 53’ 29’’ (octobre 05)
Tour des îles britanniques (monocoque, en solitaire) :
Jean-Luc van den Heede – Adrien : 7j 08h 47’ (mai 05)
Trans-Atlantique Dakar-Guadeloupe (catamaran de 20 pieds) :
Andrea Gancia & Matteo Miceli : 13j 13h 58’ 27’’ (janvier 05)

Temps de référence en course :

Sjælland Rundt (Danemark : 269 milles) :
Stève Ravussin – Stars & Stripes : 13h 21’ 08’’ soit 20,14 nœuds (juillet 05)
Transat Jacques Vabre Le Havre-San Salvador (trimarans Orma : 5 190 milles) :
Pascal Bidégorry & Lionel Lemonchois – Banque Populaire : 14 jours 01 heure 46 minutes 29 secondes soit 15,37 nœuds (novembre 05)
Transat Jacques Vabre Le Havre-San Salvador (multicoques 50 pieds : 4 340 milles) :
Franck-Yves & Kevin Escoffier – Crêpes Whaou ! : 12 jours 06 heures 13 minutes 59 secondes soit 14,75 nœuds
Sydney-Hobart (Australie : 628 milles) :
Marks Richards – Wild Oats XI : 1j 18h 40’ 10’’ soit 14,7 noeuds (décembre 05)
Trans-Pacifique (Los Angeles-Honolulu : 2 224 milles) :
Hasso Platner – Morning Glory : 6j 16h 04’ 11’’ soit 13,9 nœuds (juillet 05)
Transat Jacques Vabre Le Havre-San Salvador (monocoques Imoca : 4 340 milles) :
Jean-Pierre Dick & Loïck Peyron –Virbac Paprec : 13 jours 09 heures 19 minutes 02 secondes soit 13,51 nœuds (novembre 05)
New York Yacht Club Trans-Atlantique Race (New York-cap Lizard : 2 925 milles) :
Robert Miller – Mari Cha IV : 9j 15h 55’ 23’’ soit 12,77 noeuds (juin 05)
Vendée Globe (Les Sables d’Olonne-Les Sables d’Olonne : 21 760 milles) :
Vincent Riou – PRB : 87j 10h 47’ 55’’ soit 10,36 nœuds (février 05)

DBo. (Source WSSRC)

Alinghi, la force tranquille

Alinghi
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Si les onze challengers de la 32e America’s Cup pensaient qu’Alinghi allait s’étioler après une saison 2004 en demi-teinte (où le Defender a terminé troisième derrière Emirates Team New Zealand et BMW Oracle Racing) et après la perte de son skipper Russell Coutts (vainqueur de trois America’s Cup), la domination suisse lors de la saison 2005 s’est chargée de remettre les pendules à l’heure.
« C’est juste une question de temps passé sur l’eau » expliquait Ed Baird, le barreur pour les épreuves de Trapani. « En 2004, l’équipe n’a pas eu beaucoup de temps avant les compétitions. Désormais, nous sommes sur l’eau dès que nous le pouvons. Si vous faites ça, vous progressez. Vous améliorez votre équipement et vous vous améliorez aussi. »
L’Américain a été un des trois barreurs d’Alinghi lors de ces Louis Vuitton Acts de 2005. Après le départ de Russell Coutts, l’équipe a divisé les temps de barre de façon égale entre Peter Holmberg (Valencia), Jochen Schueman (Malmö-Skåne) et Ed Baird (Trapani). Le partage fait partie des objectifs d’Alinghi afin de concevoir au moins deux équipages aguerris, capables de défendre la Coupe. Car à l’issue de la dernière régate en flotte de 2007 (soit le dernier Louis Vuitton Act), le Defender se retrouve seul pour s’entraîner, tandis que les challengers continuent d’affûter leurs armes pendant la Louis Vuitton Cup. Le problème le plus ennuyeux que va rencontrer l’équipe est de trouver à tous ces talents une place à bord pendant l’America’s Cup… Mais c’est un souci que de nombreuses équipes souhaiteraient avoir ! « Je pense que nous pouvons encore progresser » a déclaré Ernesto Bertarelli, le patron du Defender suisse. « Nous avons testé de nombreuses personnes à bord. Nous les avons mélangées avec les barreurs et nous sommes dans un processus de progression. Je ne dirais pas que nous sommes à notre meilleur niveau. Ce qui est satisfaisant, c’est de voir qu’à chaque fois que nous allons sur l’eau pour régater, nous apprenons quelque chose. C’est la méthode que nous devons appliquer pour réussir en 2007. »

Venant d’un homme dont l’équipe a remporté cinq des six épreuves cette année, ces propos ont de quoi inquiéter challengers. Quoiqu’il en soit, la réalité sur le plan d’eau n’est pas aussi simple. En tant que groupe, les challengers se sont améliorés à chaque compétition de match racing, pour finir par combler le fossé. Rappelons qu’à Trapani, Emirates Team New Zealand, Luna Rossa Challenge, BMW Oracle Racing et Alinghi ont tous fini à égalité de point (9 victoires contre 2 défaites) en match racing. Alinghi a certes bénéficié du système de partage des ex-aequo, mais ne peut en aucun cas s’endormir sur ses lauriers.
Ernesto Bertarelli, dont le rôle est aussi d’assurer le succès de la 32e America’s Cup en tant qu’événement, se réjouissait d’ailleurs de participer à des régates aussi serrées, même s’il doit certainement espérer des victoires plus facile pour 2007. « Ce qui est surprenant et plaisant (si l’on regarde l’événement lui-même), c’est que la hiérarchie n’est pas aussi solide et établie que le craignaient certains. Nous avons terminé avec quatre bateaux à égalité. Quatre équipes de niveau presque équivalent. Si on regarde les régates en flotte (le résultat), nous avons gagné d’une seconde, donc c’est très serré. Il en faut peu pour tomber du mauvais côté de l’équation. Une poignée de petites équipes a fait preuve d’un très bon potentiel. Les Suédois à Valencia par exemple ; les Espagnols sont forts et Shosholoza qui est parti de nulle part commence à marquer des points. Je suis plutôt content de voir que tant de petites équipes montrent un tel potentiel. »

Après Trapani, Alinghi a conclu sa saison avec l’inauguration de sa nouvelle base à Valencia où l’équipage s’est installé, quittant ainsi les infrastructures temporaires du Club Nautico. Les navigants se sont un peu entraînés à Valencia mais sont désormais en vacance jusqu’au mois de février, entre deux compétitions internationales. « Nous allons avoir des moments plus tranquilles pendant la période la plus froide de l’hiver, mais nous allons continuer à discuter et à nous réunir pour planifier l’année prochaine. Nous avons de nouveaux équipements à gérer et à intégrer dans notre programme. » a confirmé Ed Baird.
Ces "équipements" comprennent au moins un nouveau bateau, même si l’équipe ne promet pas de régater avec l’année prochaine. SUI-75 a gagné tant de courses en 2005 qu’il n’y a pas urgence à régater avec un nouveau bateau et à dévoiler tous ses secrets. Alinghi va plutôt continuer à chercher comment aller plus vite en Class America. Il y a toujours quelque chose à améliorer, telle est la philosophie de l’équipe. « Nous devons mesurer tous les aspects qui permettent de gagner une course sur ces bateaux et tenter de progresser dans le moindre détail. Les départs, le matériel, les virements, les empannages, l’envoi des spinnakers, les voiles, le gréement… C’est tout le « package » qui peut être amélioré. Nous devons regarder cela et revenir avec des idées. » C’est la méthode suisse pour défendre l’America’s Cup.

DBo. (Source AMC)

Trois fois vainqueur !

Wild Oats XI
DR

Recordman de l’épreuve et par là même, vainqueur en temps réel, le trente mètres de Bob Oatley mené par Mark Richards s’est aussi adjugé la victoire en temps compensé… C’est la première fois de l’histoire de la Sydney-Hobart, créée en 1945, qu’un voilier remporte tous les titres. A l’exception bien entendu de la première édition gagnée par Rani, le bateau mené par le capitaine John Illingworth qui avait mis six jours quatorze heures vingt deux minutes pour atteindre Hobart. Son temps de référence n’avait tenu qu’une année et depuis, il n’avait été amélioré que neuf fois en soixante éditions !

Wild Oats XI s’impose donc sur tous les tableaux avec le temps canon de un jour, dix huit heures, quarante minutes et dix secondes pour parcourir les 628 milles entre Sydney et Hobart. Les conditions météorologiques n’ont pourtant pas été totalement favorables puisque le départ s’est effectué dans de petit airs et que le plan Reichel & Pugh a dû terminer la course dans la rivière Derwent sous foc seul suite à un problème de latte de grand voile prise dans le pataras.
Le seul bateau qui pouvait encore inquiété Wild Oats XI était le plus vieux de la flotte, Ray White Koomooloo, vainqueur toutes classes en 1968 mais encore à plus de cent milles de la capitale de la Tasmanie à 18h40 (heure locale) ce jeudi. Quarante et un équipages étaient d’ailleurs encore en mer à cette heure alors que seuls quatre abandons étaient déclarés, un cas extrêmement rare sur cette épreuve. Il faut dire que la météo a été plutôt clémente le long des côtes de la Nouvelle Galles du Sud puis un peu plus musclée mais portante à l’approche du détroit de Bass et le long de la Tasmanie, avec une mer toujours maniable a contrario de la précédente édition, particulièrement dévastatrice…

Lancé moins d’un mois avant le départ de la course, Wild Oats XI a eu du mal à terminer sa préparation. Son sister-ship Alfa Romeo a, quant à lui, eu une période d’adaptation au grand large de plus de quatre mois et, en toute logique, s’imposait comme le grand favori de l’épreuve. Si le lancement de Wild Oats XI est intervenu très tard dans la saison, Bob Oatley n’est pas sans expérience dans le domaine des voiliers à quilles pendulaires. Propriétaire de trois monocoques utilisant cette technologie, la campagne de Oatley, pour cette 61ème édition de la Rolex Sydney Hobart, était tout à fait maîtrisée. La victoire de Wild Oats XI s’est construite lors de la première nuit : positionné derrière Alfa Romeo, Richards et ses hommes ont rapidement tiré un bord vers la côte, là où le vent thermique lui permettait de creuser un léger écart. Alfa Romeo, plus au large, n’a pu que constater l’inévitable échappée de Wild Oats XI qui, du même coup, prenait le commandement de la flotte pour ne plus la lâcher. Embarqué à bord comme porte bonheur, le chapeau de Peter Kurts, légende de la Rolex Sydney Hobart qui s’est éteint l’année dernière à bord de son voilier Love & War, a très certainement porté bonheur aux hommes de Wild Oats. C’est coiffé de ce grand chapeau blanc que Mark Richards franchissait la ligne d’arrivée en grand vainqueur : un bel hommage !

DBo. (Source Rolex)

L´analyse de Sébastien Josse

Départ de Cape Town
DR

« Pour cette seconde régate in-shore, nous n’avons pas pris un super départ, mais nous sommes partis du bon côté du plan d’eau avec une vitesse correcte, ce qui est très important sur ce type de parcours. Dans ces conditions musclées, nous avons cherché à naviguer correctement et calmement en préservant le matériel et le bateau. Nous ne sommes partis qu’une fois au lof mais sans gravité. Dans le sillage de ABN AMRO One, les places n’ont pas cessé d’évoluer mais nous n’avons jamais lâché prise, même si cela n’a pas toujours été très confortable.
L’équipage
d’ABN ARMO Two a toujours été, comme d’habitude, au taquet… Après cette belle troisième place, nous avons un super moral car nous avons encore engrangé de précieux points qui nous permettent de prendre la troisième place au classement général provisoire, à un demi point de Brasil 1. Nous avons aussi mis encore un peu plus de champ vis à vis de certains grands favoris. C’est excellent pour le moral à une semaine du départ de la troisième étape. Au cours de cette régate, nous avons constaté que ABN AMRO Two, qui est un VO-70 de la première génération, mis à l’eau en janvier 2005, est très compétitif par rapport aux plans Farr, même dans ces régates in-shore. Il est cependant de plus en plus évident qu’ABN AMRO One est un cran au-dessus de tout le monde. Surtout quand ils naviguent très vite et très bien, comme ils l’ont fait à Cape Town… »

Classement de l’in-shore à Cape Town :
1. TEAM ABN AMRO ONE, Mike Sanderson (NZL) 15h:31.44
2.Movistar, Bouwe Bekking (NED) 15:38.24
3.TEAM ABN AMRO TWO, Sebastien Josse (FRA) 15:41.26
4. Brasil 1, Torben Grael (BRA) 15:41.56
5. Pirates of the Caribbean, Paul Cayard (USA) 15:42.49
6. Ericsson Racing Team Neal McDonald (GBR) 15:54.32
7. ING Real Estate Brunel, Grant Wharington/Barney Walker (AUS) – 15:55.22

Classement général provisoire :
1. TEAM ABN AMRO ONE, Mike Sanderson (NZL) 15 pts
2. Brasil 1, Torben Grael (BRA) 12.5 pts
3. TEAM ABN AMRO TWO, Sebastien Josse (FRA) 12 pts
4. Ericsson Racing Team Neal McDonald (GBR) 11.5 pts
5. Movistar, Bouwe Bekking (NED) 6 pts
6. Pirates of the Caribbean, Paul Cayard (USA) 5 pts
6. ING Real Estate Brunel, Grant Wharington (AUS) 5 pts

DBo. (Source ABN-AMRO)

La totale ?

Wild Oats XI
DR

Wild Oats XI a donc avalé à la moyenne de 14,7 nœuds, les 628 milles du parcours entre Sydney et Hobart malgré des conditions au départ peu ventées. Mais avec trente mètres de long, le plan Reichel & Pugh a de la ressource, surtout lorsque la brise est revenue par derrière, quinze nœuds d’abord dans le détroit de Bass, puis 25 nœuds aux abords de la Tasmanie pour finir avec plus de 40 nœuds au cap Raoul… Un jour, dix-huit heures, quarante minutes et dix secondes, voilà donc le nouveau temps de référence établi lors de cette 61ème édition ! Soit environ une heure de mieux que Nokia en 1999 en finissant sous foc seul, la grand voile de Wild Oats XI ayant été endommagée dans la rivière de Derwent lorsque le pataras s’est pris dans une latte au moment d’un virement de bord, ce qui n’empêchait pas le Maxi-Boat d’achever sa course à plus de douze nœuds…

« Nous avons réalisé une course presque parfaite. Le fait est que nous n’avons eu de problèmes que lors des dix derniers milles, mais c’est la loi de l’océan…. Nous avons touché trois fois des poissons lunes et il y avait du sang partout derrière le bateau. Nous avons percuté aussi un requin, ce qui a projeté Gary Wiseman hors de la barre ! » indiquait Mark Richards, le barreur-skipper de Wild Oats XI à l’arrivée. Les vents forts ont donc soufflé sur la zone de course dans la nuit de mardi à mercredi comme prévu et le Maxi-Boat terminait l’épreuve avec 34 nœuds de vent de Nord Ouest. Le propriétaire Bob Oatley n’était pas à bord mais a tenu à venir à Hobart pour féliciter son équipage et brandir le Trophée JJ. Illingworth, sur lequel son nom sera gravé. Rappelons que Wild Oats XI n’a été mis à l’eau il y a seulement quelques semaines alors que son sistership, Alfa Romeo navigue depuis quatre mois. Mais le nouveau Maxi-Boat est le troisième du genre possédant une quille pendulaire, ce qui a raccourci sa mise au point. « Nous n’avons pas eu à faire d’ajustements après la mise à l’eau et de toutes façons, nous n’avions pas beaucoup de temps de mise au point. Nous n’avons fait que cinq régates dans la baie de Sydney mais nous avions entièrement confiance dans le bateau. »

Alfa Romeo terminait la course avec un peu plus d’une heure d’écart car il semble que Wild Oats XI (pourtant son sistership) soit légèrement plus performant au portant tandis que le Maxi-Boat de Neville Crichton est un peu plus à l’aise au près. Suivaient ensuite Skandia, Konica Minolta et AAPT, les trios autres géants de cette Rolex Sydney-Hobart. Ce mercredi matin (heure française), il semble que sur 83 voiliers en course (seulement deux abandons : Conergy et Sirromet Life Style Wine), seul Chieftain et Living Doll pourraient inquiéter Wild Oats XI pour le classement en temps compensé. Il faudra attendre une dizaine d’heures pour être fixé mais au vu des conditions météorologiques actuelles au large de la Tasmanie, il semble peu probable que ces deux 50 pieds qui naviguent à une dizaine de nœuds, puissent compenser leur handicap.

Classement en temps réel à Hobart :
1-Wild Oats XI (Bob Oatley) 1j 18h 40’ 10’’
2-Alfa Romeo (Neville Crichton) 1j 19h 56’ 31’’
3-Skandia (Grant Warington) 2j 00h 25’ 57’’
4-Konica Minolta (Stewart Thwaites) 2j 01h 26’ 41’’
5-AAPT (Sean Langman) 2j 04h 22’ 11’’

DBo. (Source Rolex)

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