Revenons à la construction du succès en amont de la course.
Certains l’ont bien compris, les possibilités sont nombreuses. Exemple : l’une des difficultés majeures des cadres d’aujourd’hui reste la prise de décisions dans un environnement sans cesse changeant. Ils doivent donc anticiper.
Cette situation ne vous rappelle rien ? Ne serait-il pas intéressant et enrichissant pour eux de connaître les modes de fonctionnement et les stratégies de réaction adoptés par un marin confronté aux mêmes difficultés ? On pourrait ensuite transposer le modèle le plus efficace sur l’autre.
Les employés de PRB qui ont navigué avec Riou avant le Vendée s’en souviennent certainement ! OK, c’était pour le Vendée. Et quand ils verront sur quoi on va traverser, vous croyez pas que vos salariés ou vos clients saisiront l’aspect humain de la chose ? Vous saisissez l’aspect positif pour une entreprise qui, par exemple, cherche à mettre en avant des valeurs humaines malgré sa croissance rapide ?
Par ailleurs, des tas d’analyses démontrent qu’au-delà de la marque et du produit, c’est la « tête » du vendeur que les gens achètent : ce qui démontre encore l’importance du facteur humain dans votre recherche. Pourquoi croyez-vous que quand vous allumez votre Nokia deux mains tendues l’une vers l’autre apparaissent ?
Lors de ses conférences, un gourou américain du business raconte sa rencontre avec « le meilleur vendeur qu’il aie jamais connu ». L’agent immobilier en question a ainsi réussi à le faire parler du bois situé à côté de sa maison lorsqu’il était enfant. Puis il l’a conduit dans une villa avec ces mêmes arbres. Là, il lui a fait visiter la maison et à chaque objection, il ouvrait la fenêtre et le ramenait au jardin. Eh bien, tout spécialiste qu’il était, il l’a achetée, la baraque.
Alors pour ceux qui raisonnent uniquement « argent » : oui, l’investissement peut être rentable, bien sûr qu’il doit être rentable, mais je ne suis pas certain qu’avec l’aspect strictement financier comme seule logique, vous ne passiez pas à côté du meilleur de ce que nous avons à offrir, en termes de retombées justement.
Ici intervient la particularité propre du Mini et peut être son plus gros point fort. Sur les pontons du Vendée Globe, les badauds sont admiratifs mais c’est trop éloigné d’eux pour qu’ils s’y croient vraiment. Alors que sur les quais (tout aussi bondés) de La Rochelle, les « Moi aussi,… » sont au moins aussi nombreux que les « ils sont fous ! ».
Pas d’escales de la Solitaire Afflelou – Le Figaro (juste le National en octobre), pas d’arrêt au stand pour la grande caravane du Tour de France, pas d’étudiants de la course-croisière de l’EDHEC et pas de China Cup, course de monocoques de 60 pieds entre Londres et Shanghaï qui devait faire relâche dans la cité du ponant en mars-avril prochain. Malgré les 60 manifestations programmées en 2006, la rade de Brest n’accueille toujours pas, cette année, d’événement majeur, style grande course océanique ou championnat de niveau international.
Les J 80 à l’honneur Bien sûr, depuis quatre ans, il y a le Grand Prix de l’Ecole Navale, mais hélas, les bateaux restaient dans l’arrière-rade et n’étaient donc pas visibles pour les Brestois. Conscient du problème, l’équipe d’organisation a décidé d’élargir le terrain de jeu des concurrents. Ainsi, les J 80 régateront sur un rond spécifique entre Lanvéoc et le Moulin-Blanc à l’occasion du championnat d’Europe (21 au 28) de la série : pas moins de 60 concurrents sont attendus en rade.
Chacun son National
Les deux autres ronds seront comme d’habitude mouillés devant l’Ecole Navale. Et, comme d’habitude, on y retrouvera les séries fidèles à l’épreuve : Mumm 30 et Open 7.50. D’ailleurs, à cette occasion, les luges de 7.50 et les Open 5.70 disputeront dans les eaux brestoises leur National. A signaler une autre nouveauté pour les Open 7.50 qui se verront proposer un "speed crossing", sorte de rush de vitesse de 12 milles entre Lanvéoc et le port de Commerce de Brest. Quant aux Mumm 30, ils profiteront de ce Grand Prix pour peaufiner les réglages en vue du championnat d’Europe qui se déroulera à la mi-juin à Deauville et, bien sûr, du Tour de France en juillet. Les Speed Feet 18, 747 One Design, First Class 7.5, Open 6.50, Mach 6.50, Django 6.70 seront, eux aussi, au rendez-vous. Tout comme le Bee boat, petit monotype hyper léger à découvrir.
Aujourd’hui, par vidéo conférence, j’ai participé à une conférence de presse qui se tenait à Washington, avec 200 personnes. À Melbourne, étaient présents Glenn Bourke, président de la Volvo Race, Richard Masson, membre de l’équipage d’Ericsson, et un des kids d’ABN AMRO two, George Peet. Ce fût l’occasion de remettre à leur place quelques idées erronées concernant cette course.
Le fait est qu’à travers le prisme médias, ou par manque d’une information précise, une fausse image de la course a circulé dans certains cercles. Aujourd’hui, on a reçu le bon message : ces bateaux, technologiquement avancés permettent de battre les records des 24 h (563 milles)… que les médias sont bien contents de relayer. Deux choses surviennent lorsqu’on progresse au fil de l’épreuve : 1. les navigateurs apprennent à mieux maîtriser les limites 2. on améliore la fiabilité de l’équipement.
Autre chose : cet événement apporte beaucoup plus à la communauté des navigateurs qu’aucun autre dans notre sport. La quille basculante est une technologie intelligente. Cela permet d’avoir un bateau léger (donc plus rapide) et très stable. Dans dix ans, cette technologie sera le standard pour l’industrie maritime, de course et de croisière. L’America’s Cup, par exemple, dépense 100 millions de dollars sur une technologie ancienne et passera à la quille pivotante à l’avenir.
Je suis très heureux de participer à ce changement…d’être au sommet de la vague. Je ne pense pas qu’il y ait de danger réel de catastrophe. Si c’était le cas, je ne mettrais pas mon équipage en péril. Il y a encore une chance que des choses cassent, et cela limitera la vitesse de course. Mais ces problèmes sont de moins en moins nombreux plus on navigue. On trouvera les points faibles au fur et à mesure. Le futur est clair…Regardez ABN AMRO One! C’est seulement la deuxième génération de bateau et il tourne super bien. En juin, ce moment désagréable ne sera même plus un vague écho sur l’écran du radar. Si la vie était toujours une croisière, ça ne vaudrait pas le coup. Nous avons besoin de défis pour avoir l’impression de conquérir quelque chose.
Je suis fier d’être le skipper de Black Pearl, je suis fier de développer cette technologie et je suis honoré d’avoir de superbes sponsors comme Disney et Pescanova. Je ne voudrais pas être assis derrière un bureau à critiquer les gens qui sont plein de bonne volonté pour « creuser profond dans une terre nouvelle. »
Si je ne m’abuse, il n’y a pas beaucoup d’endroits sur la terre ou de jours fériés portant le nom de gens qui sont restés chez eux à critiquer Christophe Colomb.
Derrière les Françaises, les Australiennes Vogl/Flatscher maintiennent la pression avec un point d’écart. Pour les hommes, le classement ne change pas. Asher et Willis (GBR) conservent la première place devant deux équipages français : les tandems des frères Bonnaud (à un point derrière) et Charbonnier/Bausset.
En Star, Szabo/Monroe (USA) ont raflé la première place aux Aussies Murray/Palfrey. Murray et son acolyte passent à la troisième place derrière les champions du monde français Rohart et Rambeau. En Tornado, Olivier Backes et Paul Ambroise Sevestre montent sur la troisième marche du podium derrière les Américains Daniel/Rodriguez et Lovell/Ogletree.
En Neil Pryde RS :X, Nicolas Huguet reste le second du Britannique Dempsey (médaille de bronze à Athènes). Dempsey a quand même eu du fil à retordre avec le Français. Le manager de l’équipe britannique commente d’ailleurs : « Dempsey a mené, du début à la fin, dans la première course mais il a eu un peu plus de mal lors de la seconde. »
BMW ORACLE Racing, le meilleur Challenger de la 32ème Coupe de l’America, est de retour à Valence, en Espagne, pour préparer le lancement de la saison de voile 2006. Dans le Port America’s Cup, l’équipe finalise sa nouvelle base, se prépare aux régates qui auront lieu au printemps prochain et accueille de nouveaux talents parmi ses membres d’équipage, tandis que la construction de son premier bateau de course nouvelle génération se poursuit à Anacortes, dans l’état de Washington, aux Etats-Unis.
« Après des vacances bien méritées, nous sommes tous prêts à reprendre du service » a déclaré Chris Dickson, responsable de l’équipe et skipper sur BMW ORACLE Racing. « La 32ème Coupe de l’America prendra fin dans dix-huit mois, il nous appartient donc de tirer le meilleur parti de chacun des jours dont nous disposons. Cette année est capitale pour nous. Installés dans notre nouvelle base, nous allons inaugurer le premier bateau de notre nouvelle ligne de bateaux de course, et poursuivrons sa mise au point tout en débutant la conception d’un second bateau. Dans le même temps, nous continuerons à naviguer sur le terrain de course pour faire évolution notre équipage et toujours améliorer nos performances. Trois régates préliminaires seront disputées à Valence et notre calendrier de match racing est quant à lui complet. Cette année sera un bon baromètre pour évaluer notre position en vue de 2007. »
L’équipage BMW ORACLE Racing Chris Dickson et le tacticien Bertrand Pacé ne perdent pas un instant pour participer à des courses. La saison 2006 démarre cette semaine en Nouvelle Zélande avec la Auckland Match Racing Cup. Chris Dickson et Bertrand Pacé dirigeront chacun des membres de l’équipe BMW ORACLE Racing pendant ce match racing de 1ère classe (Grade 1). Chris Dickson naviguera aux côtés de Paul Westlake, Robbie Naismith, Kazuhiko Sofuku et Jamie Gale. Bertrand Pacé fera équipe avec Rod Dawson, Brad Webb, Zach Hurst et Sean Clarkson.
Lors de son inscription à Valence en février, l’équipe accueillera le match‑racer à la réputation internationale, Sten Mohr, qui rejoindra la cellule arrière. Le Néo‑Zélandais Morgan Trubovich, l’Australien Nick Partridge et l’Américain John Ziskind feront également partie des nouvelles recrues. Le Néo‑Zélandais Paul Wallbank devient le préparateur physique de l’équipe.
Au printemps, à Valence, l’équipe participera à des entraînements à deux bateaux avant de disputer les trois régates préliminaires à la Coupe de l’America, les Actes Louis Vuitton 10, 11 et 12. La première régate aura lieu le 11 mai, sur le plan d’eau de Valence. « Comme nous reprenons notre programme de tests et d’entraînements à deux bateaux, il nous faut deux équipages complets » a annoncé Chris Dickson. « Et nous devions encore recruter quelques membres pour compléter nos équipes. Sten Mohr viendra donc renforcer notre cellule arrière. »
Sten Mohr, match‑racer chevronné originaire du Danemark, se place souvent en tête, sinon dans les premières places du classement de match racing mondial de la Fédération Internationale de Voile (ISAF), et il a récemment navigué au sein du syndicat Victory Challenge. Morgan Trubovich, âgé de 33 ans et originaire d’Auckland en Nouvelle‑Zélande, rejoint l’équipe en tant que régleur. Il participera à sa quatrième Coupe de l’America (après avoir participé au sein du Team New Zealand en 1995, d’AmericaOne en 2000 et de Stars & Stripes en 2003). Nick Partridge, 30 ans, a largement participé au programme de tests à deux bateaux de BMW ORACLE Racing, organisé à Valence en 2005. Ayant fait partie de l’équipe victorieuse de la course Fastnet 2005 sur Maximus, Nick Partridge rejoint l’équipage sur le pont avant. John Ziskind, membre de l’équipe Oracle BMW Racing lors de la compétition 2002-2003, a réintégré l’équipe à la fin de la saison 2005 et naviguera cette année au poste de régleur. Ancien champion mondial de match racing, l’Américain participera à sa troisième Coupe de l’America. Paul Wallbank, 33 ans, est un célèbre entraîneur de boxe d’Auckland et également un ancien partenaire d’entraînement du prétendant au titre mondial poids lourd néo-zélandais « Tuaman ». Nouveau bateau La construction du nouveau bateau se poursuit pendant l’hiver, dans des locaux situés à Anacortes, ville de l’état de Washington aux États-Unis. Membres de BMW ORACLE Racing, Mark Turner, Mark Somerville et Tim Smyth supervisent la construction du premier bateau de course nouvelle génération de l’équipe accompagnés des ingénieurs de BMW, qui se sont rendus sur place, et qui apportent à cette équipe d’ingénieurs basée à Seattle, leur expertise dans le domaine de l’automobile ainsi que leur savoir-faire technique. La quille du bateau est fabriquée dans l’usine BMW d’Eisenach, en Allemagne. Le bateau sera inauguré au printemps, à une date qui n’est pas encore fixée.
Nouvelle base sur le site de classe mondiale La construction de la nouvelle base nautique de l’équipe BMW ORACLE Racing, dans le Port America’s Cup, à Valence, est sur le point de s’achever. L’inauguration officielle de la base n’a pas encore été annoncée, mais devrait avoir lieu au printemps prochain. Dès que la base sera terminée, l’équipe accueillera avec plaisir son public au sein de ce centre interactif et novateur. Alors que les activités internationales de l’équipe sont en cours dans différents endroits du monde, les 125 membres de l’équipe basée à Valence se mettront tous au travail sur cette base dès que les opérations seront entièrement lancées au printemps prochain.
Depuis le mois d’août dernier, les quelques 85 bateaux de la Transquadra attendent le retour de leur capitaine et équipier. La Marina de Lugar de Baixo (Madère) commence doucement à voir ses pontons s’animer. Les marins débarquent avec voiles réparées, pilotes et autres bricoles pour remettrent « à neuf » leur bateau avant le départ et avant la traversée de l’Atlantique tant attendue.
Le 31 juillet dernier, 86 bateaux et près de 150 marins ont pris le départ – de Saint Nazaire – de la 5ème édition de la Transquadra. Cette transat réservée aux amateurs âgés de plus de 40 ans se courent en double ou en solitaire.
La 1ère étape a rallié Saint Nazaire à Porto Santo – Portugal (1100 milles). La 2ème étape a rallié, le 13 août 2005, Porto Santo à Madère (40 milles) La 3ème étape ralliera, le 29 janvier 2006, Madère au Marin – Martinique (2 700 milles)
Au classement de la 1ère étape et les hommes qui seront à suivre et à battre sur la deuxième étape sont : – en double, l’équipage Xavier Fraud/Jean-Baptiste Robert sur « Pour Ecomores» – cagnard 201 – un Sprint 108 (vainqueur de la Transquadra 2002) – en simple par Philippe Massu sur « Equipages Center » – cagnard 25 – un JPK
La météo au large de Madère…..Un avis de coup de vent pour mercredi et jeudi (Nord Ouest assez fort) avec pluie, un beau temps est prévu pour dimanche (Est –Sud/Est 15 nœud) qui serait le temps idéal.
Ingrid Petitjean et Nadège Douroux ont remporté la première régate en 470 devançant les équipages Maxwell/Manard (USA), Bassadone/Clark (GBR) et les treize autres engagés. Les deux françaises poursuivent donc sur leur lancée, après avoir été en tête de classement ISAF depuis 2 ans. Elles viennent également de remporter le championnat nord-américain qui se déroulait à Miami. Chez les hommes en 470, l’équipage des frères Bonnaud et Charbonnier/Bausset se placent respectivement aux deuxième et troisième places. Asher/Willis (GBR) empochent la première manche.
De même, les français défendent bien leurs chances en Star. Xavier Rohart/Pascal Rambeau (doubles champions du monde, champions du monde en titre et médaillés de bronze à Athènes) et Philippe Presti/Jean-Philippe Saliou se placent sur le podium respectivement en deuxième et troisième positions, devant 66 autres bateaux. L’équipage australien Murray/Palfrey a été le seul à résister aux français. Nicolas Huguet (2ème du championnat du monde de Race Board 2005) détient lui, la seconde place chez les Neil Pryde devant Benitez (ARG) et derrière Dempsey (GBR). Pour la FFV, la Rolex Miami OCR est l’occasion de qualifier deux équipages par série pour le championnat du monde ISAF. L’Autriche accueillera cet évènement en mai prochain.
Pourquoi choisis-tu cette année de participer au circuit Figaro ? Jean-Pierre Dick. "C’est un choix logique par rapport aux objectifs majeurs que sont mes futures participations à la Route du Rhum et au Vendée Globe. Pour être performant sur ces deux épreuves, il faut un bon bateau. Virbac-Paprec 1 a montré ses qualités et le n°2 sera dans cette lignée. Il faut aussi que le marin soit parfaitement entraîné en solitaire pour régater au contact avec d’autres bateaux, accepter de perdre du terrain, prendre vite des décisions, ou encore gérer son sommeil en situation de stress… Autant de situations que l’on retrouve en monocoque de 60 pieds et notamment de plus en plus sur le Vendée Globe. Le Figaro est donc une excellente école et les meilleurs marins du circuit IMOCA sont passés par là.
Comment vas-tu te préparer à la Solitaire du Figaro ? N’as-tu pas peur des contre-performances ? JPD. " Je vais m’entraîner au centre de Port la Forêt en février et en mars, et participer à deux régates majeures avant la Solitaire du Figaro : la Transat AG2R et la Solo Méditerranée. Je ferai la course en double (ndrl : Transat AG2R) avec Bruno Jourdren qui est un excellent régatier avec une connaissance parfaite de ce type de bateau. Il va énormément m’apporter. Malgré cela, je sais que cela va être difficile car c’est nouveau pour moi. Je suis un bizuth ! Mais au bout du compte, je vais encore apprendre plein de choses utiles pour le 60 pieds. Elles font aussi partie de l’apprentissage et j’y vais sans me mettre trop la pression.
Ne trouves-tu pas ta démarche atypique ? C’est sûr que de faire sa première Solitaire du Figaro après un Vendée Globe, c’est atypique ! Cela montre qu’il faut sans cesse se remettre en question et travailler. Mes deux victoires dans la Transat Jacques Vabre m’encouragent à mettre l’accent sur le solitaire. Je pense que j’ai une belle carte à jouer sur la prochaine Route du Rhum. Je mets donc tous les atouts de mon côté !
Programme Figaro Bénéteau Virbac-Paprec > Transat AG2R (Concarneau / Saint Barthelemy) avec Bruno Jourdren / Départ le 9 avril. > Solo Méditerranée en solitaire / 1er au 18 juin 2006 > Solitaire du Figaro (Cherbourg, Santander / Esp., Saint-Gilles Croix de Vie, Dingle / Irl. et Concarneau) / 31 juillet au 30 août)
Monoque 60 pieds Virbac-Paprec > Route du Rhum (Saint-Malo / Point-à-Pitre) / Départ le 20 octobre
Ian Munslow, parfois fantasque mais toujours fonceur, mène ses projets en y investissant toute son énergie. Doté d’un fort tempérament, ce touche-à-tout original attend aujourd’hui son nouveau jouet : un Class 40’ construit à partir des moules de pont et de coque de Jonahtan Crinion, un anglo-canadien qui devrait participer à la route du rhum 2006. Le 40 pieds de Munslow a été conçu par Owen-Clarke design. En construction à Cape Town (Afrique du Sud) chez Jaz Marine, il doit normalement sortir des chantiers le 28 juin 2006. Financé par Benton Property ltd, le projet du marin britannique a en ligne de mire la Route du Rhum 2006, départ prévu le 29 octobre 2006. Un pas important pour Ian, jusqu’ici habitué à "bricoler" avec les moyens du bord.
Le programme, entre la sortie de chantier et octobre 2006, sera donc serré… Munslow compte d’abord ramener son bateau en Europe pour la promotion de son sponsor. Ce parcours lui permettra aussi d’ajouter des milles à son compteur, nécessité pour se qualifier à la Route du Rhum et connaître le bateau basé à Dublin. Il compte aussi s’attaquer au record du tour d’Irlande détenu par Michel Kleinjans.
Munslow abandonne donc le circuit Mini, après quatre ans passés dans cette catégorie (en 2004, il nous disait plancher sur un projet de multicoque 6.50 pour faire passer la vitesse supérieure à la Classe Mini !). À l’origine, il souhaitait acquérir un Open 50 mais aucun bateau n’était disponible à un prix raisonnable. Il a ensuite découvert l’engouement suscité par les 40 pieds, nouveaux venus dans la Route du Rhum. Le skipper britannique peut en témoigner : « Au fur et à mesure, les nouveaux 40 pieds sont devenus de plus en plus populaires. Je ne sais pas exactement combien il y en aura mais ce sera une course disputée. D’ailleurs, avant de faire construire, j’ai cherché un bateau et je n’en ai pas trouvé car ils étaient très demandés. Je pense que la Class 40 a trouvé un créneau dans la course au large et l’avenir promet d’être riche. »
La classe 40 a été initiée en France voici deux ans, suite à un éditorial de Patrice Carpentier dans Course Au Large. L’objectif initial ? La limitation des coûts pour favoriser la participation de petits budgets et augmenter ainsi le nombre de navigateurs sponsorisés ou non. La Class 40 se distingue des Open 40, qui ne sont pas limités en terme d’équipement. Les Open 40 peuvent par exemple être équipés de quille pivotante et de pont et coque en carbone.
L’antichambre des 60 pieds et du Vendée Globe ? Pour Ian Munslow peut-être, mais « il y a un saut à franchir. S’il y a une opportunité plus tard je la saisirai peut être»
Matthieu Cotinat
NB : Ian Munslow a disputé deux Mini Transat, et a bouclé un tour du monde l’an dernier aux côtés de Tony Bullimore sur Daedalus dans le cadre de l’Oryx Quest.
Cela a été une vraie course poursuite pour arriver à rattraper votre frère siamois ?
Oui, une très belle course. Il a fallu travailler très dur car les gars d’ABN AMRO ONE sont partis avec un petit coup d’accordéon météo dès le 4ème jour de course, et il a fallu travailler dur pour revenir et même les dépasser un moment, à 1 500 milles avant l’arrivée. C’était une étape difficile, dans les mers du sud avec du froid, des vents de 30-35 nœuds mais un record des 24h à la clé.
563 milles, c’est assez inimaginable en monocoque. Qu’en pensez-vous ?
C’est sûr que cela ressemble plus à une journée moyenne de multicoque. 23.5noeuds, cela ne s’était jamais vu en monocoque. On s’était arrêté en 60 pieds à 19 nœuds et des poussières. Donc être 4 nœuds plus rapide que les 60 pieds Open, confirme que les VO 70 sont une nouvelle génération de monocoque et je pense qu’il y a encore le moyen d’améliorer ce record d’une dizaine de milles.
Quels sont les souvenirs que vous gardez de cet Océan Indien. Des bons, des mauvais ?
Que des bons souvenirs. Nous sommes une équipe des « jeunes » avec un âge moyen de 26 ans. On a le bateau d’entraînement du Team ABN AMRO, donc on est là pour donner notre maximum et faire le mieux possible. Et s’il y a un résultat, tant mieux. Sinon, au niveau des sensations, avec ce record de 24h à plus de 23 nœuds, ce sont des souvenirs inimaginables, avec le bateau qui vole sur l’eau. C’était très humide mais cela a été des sensations qu’on ne retrouve sur aucun autre bateau, peut-être sur des dériveurs, sur un 5O5. Mais là, le bateau, il fait 23 m ! Sinon, mes bons souvenirs c’est la vie à bord, le sourire des équipiers quoiqu’ils fassent, même dans des conditions dures. Tout cela n’a été que des bons moments. Il y a eu des instants difficiles à cause des conditions météo, mais pas de mauvais moments.
Côté météo, le vent a-t-il été particulièrement fort sur cette étape ?
Non cela n’a pas été des conditions démentielles. 35-38 nœuds a été le maximum que nous ayons eu. Nous avons eu juste une dépression un petit peu creuse avec 35 et 40 nœuds, mais avec une mer bien formée et une bonne position par rapport à la dépression. En plus, avec ses VO 70, nous avons l’avantage d’aller vite et de rester en avance des dépressions, on ne se rapproche jamais du centre, donc la mer est toujours très maniable. Dans cette course, avec ces bateaux, on approche de la philosophie des multicoques, quand Bruno Peyron dit qu’avec Orange, il arrive à attraper le train des dépressions. Dans cette course, c’est un petit peu pareil, on arrive à rester 4 à 5 jours en avant de la dépression. Cela change la manière de naviguer.
Les sensations sont donc très différentes de celles que vous avez eu sur votre Open 60 pendant le dernier Vendée Globe ?
Oui, tout est différent. Dans la Volvo, le bateau est poussé à 100%, 24h sur 24 pendant toute une étape (entre 15 et 24 jours), avec des escales possibles pour réparer le bateau. Sur le Vendée Globe, c’est une course de 3 mois en solitaire sans escale, donc si on casse quelque chose, c’est fini. C’est donc deux philosophies, deux courses différentes. Donc des sensations différentes. La Volvo, c’est à fond, à fond tout le temps. Qu’est-ce qu’il faut pour battre les deux ABN AMRO, qui ont eu un choix architectural différent des autres concurrents ?
Le problème, entre guillemets, de la flotte, c’est que les autres bateaux ont été construits et donc mis à l’eau très tard. Si ABN AMRO s’en sort bien, c’est aussi parce que les bateaux ont beaucoup navigué avant le départ. C’est surtout notre cas, car ABN AMRO TWO, qui est le bateau «laboratoire » du team, et a été mis à l’eau en janvier 2005. Nous aussi nous avons cassé plein de choses dans notre système de quille et dans la structure des bateaux, mais c’était longtemps avant le départ de la course. Les autres syndicats, à l’exception de Movistar, payent leur arrivée tardive dans cette course. Donc ils cassent ces pièces pendant l’épreuve et non pas avant. Je pense qu’une fois que les plans Farr des autres teams seront réparés, le niveau va revenir. Je pense qu’à partir de Rio, on va naviguer avec les mêmes potentiels de bateau. Au départ, on a navigué 5 jours à vue avec Paul Cayard, ce qui prouve que le potentiel des bateaux est très très proches, mais c’est certain que nous avons l’avantage d’avoir des bateaux plus fiables. Donc vous restez prudents sur la suite de la course. Rien n’est joué.
Bien sûr qu’il ne faut pas les négliger. Surtout que les bateaux du Team ABN sont typés très puissants, très off-shore. Ces deux premières étapes sont celles qui nous correspondent le mieux avec les deux prochaines. Nos deux VO 70 ont été dessinés pour cela. Mais la Volvo finit au mois de juin, en Suède en mer du nord, après un retour en Atlantique, dans des vents sans doute un peu plus légers, qui donneront peut-être un petit avantage aux plans Farr.
Certains disent qu’avec les bateaux de la Volvo, la barre des 600 milles en 24h peut être atteinte ?
Oui. Il suffit d’avoir la bonne dépression en Mer du Nord, avec le Gulf-stream et deux trois nœuds de courant qui nous pousse, et les 600 milles en 24h sont accessibles. Pendant notre récent record, on a fait 24.8 nœuds de moyenne pendant 6 heures. Après, ce n’est que l’état de la mer qui limite la vitesse du bateau. Dès que les vagues sont trop grosses, la progression est trop saccadée. Alors que quand la mer est plate, avec 25-30 nœuds de vent, et le bon d’angle d’attaque, le bateau vole au-dessus de l’eau et cela suffit pour aller vite. Donc, dans le Pacifique et dans l’Atlantique Nord, je pense que ce sont les deux endroits du globe, où le record des 600 milles par jour est possible.
Sinon, pour conclure, pas trop fatigué ?
Non. C’est l’avantage des courses en équipage. Nous avons des roulements, avec des chefs de quart qui sont là pour assumer la marche du bateau pendant leur quart. Mais en tant que skipper, je reste un peu sur le mode « Vendée Globe », c’est à dire en alerte 24h/24h. Dès que le bateau s’arrête ou quand il se passe quelque chose que je trouve bizarre, je vais voir sur le pont et quand je suis à l’intérieur, je suis sans arrêt entrain de regarder les cadrans. Avec le navigateur Simon Fisher, nous avons toutes les responsabilités des changements de voile et de la tactique, donc on ne peut jamais être complètement « Off ». Notre équipage fonctionne très bien, avec beaucoup d’enthousiasme, chacun étant convaincu d’avoir une opportunité extraordinaire à saisir. Nous étions 10 au départ de Vigo, le 12 novembre dernier et se seront les mêmes qui prendront le départ de la prochaine étape. En plus tout le monde est en pleine forme. Je pense que cela tient beaucoup à notre façon de naviguer qui est assez décontractée, sans à coup, sans pression particulière, fun et toujours enthousiaste.