Tous les réglages les plus fins étaient de rigueur en cette fin d’après midi dans la baie de Chesapeake pour accomplir le parcours de cette régate « Inshore ». Grand soleil et petite brise de 12 nœuds étaient au départ, pour assister à une bataille ou les points acquis peuvent changer l’ordre du classement. Miss USA à bord de « Pirates des Caraïbes » à vécu les passages de bouées et batailles d’empannages sans merci de Paul Cayard et John Kostecki pour la troisième et seconde place, sous le regard de milliers de bateaux suiveurs.
Movistar emporte une magnifique victoire, et 3.5 points, en 2 heures, 21 minutes et 32 secondes sur un parcours raccourci par le comité, faute de vent.
Ces petits airs ne sont pas les conditions idéales pour les deux ABN AMRO qui préfèrent les brises un peu plus musclées rencontrées sur l’ensemble des mers du globe.
Sur le bateau des Kids il a fallu tenir tête à Ericsson pour préserver la place de quatrième, mais un vent trop faible et un empannage difficile ont eu raison de leurs efforts sur le dernier bord. La cinquième place leur apporte 1.5 point qui permet de garder le contact au général avec Movistar et Pirates.
ABN One est le grand perdant de la journée avec une 6 ème place qui rapporte 1 point.
BRUNEL redémarre la course après de nombreuses modifications, sa véritable mise en route est attendue pour la prochaine bataille fixée au le 7 Mai à 13 heures direction New York.
Résutlat de la régate « Inshore » :
1 MOVISTAR 3.5 pts
2 BRASIL 1 3 pts
3 PIRATES DES CARAIBES 2.5 pts
4 ERICSSON 2pts
5 ABNAMRO TWO 1.5 pts
6 ABN AMRO ONE 1 pts
7 BRUNEL 0.5 pts
CLASSEMENT GENERAL :
1 ABN AMRO ONE 63.5 pts
2 MOVISTAR 43.5 pts
3 PIRATES DES CARAIBES 41.5 pts
4 ABN AMRO TWO 41 pts
5 BRASIL 1 37 pts
6 ERICSSON 30.5 pts
7 BRUNEL 0.5 pts
Movistar remporte la première régate “inshore” à Baltimore
Well done Kito !
Six marins, cinq français dont une femme plus un Italien ont cueilli les lauriers de la gloire ce midi à Gustavia, le port de Saint Barthélemy. Après la formidable victoire du Groupe Bel aux couleurs de la vache qui rit de Kito de Pavant et Pietro D’Ali, Dominic Vittet et Lionel Lemonchois sur ATAO Audio System ont pris la deuxième place, 18 minutes « plus tard ». Jeanne Grégoire et Gérald Véniard sur leur Banque Populaire ont concrétisé leur superbe parcours, eux aussi, en parvenant à conserver la troisième place pour moins de … 4 minutes d’avance sur le Veolia de Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias.
Ces quatre premiers bateaux sont arrivés en moins d’une heure au terme de presque 20 jours de course ! Longtemps considérés comme vainqueurs potentiels après leur grande option au sud sur l’atlantique, les tenants du titre Armel le Cléac’h et Nicolas Troussel (Brit Air) ont pris la cinquième place, Corentin Douguet et Thierry Chabagny (E.Leclerc-Bouygues Telecom) la sixième. A 14h07 heure française, six bateaux sont déjà arrivés aux pontons de Gustavia.
Temps de course des six premiers :
– 1er- Kito de Pavant et Pietro D’Ali (Groupe Bel), vainqueurs à 11h57’30 (heure française), les 3710 milles en 19 jours, 22 heures, 24 minutes et 30 secondes à la moyenne théorique de 7,76 nœuds.
– 2e – Dominic Vittet et Lionel Lemonchois (ATAO Audio System) . A 18 minutes du vainqueur, en 19 j. 22h. 42mn et 30 sec. Moyenne : 7,75 nœuds.
– 3e – Jeanne Grégoire et Gérald Véniard (Banque Populaire). A 51 minutes et 25 secondes du vainqueur, en 19j. 23 h 15 mn et 55 sec. Moyenne : 7,74 nœuds.
– 4e – Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias (Veolia). A 55 minutes et 5 secondes du vainqueur, en 19j. 23 h 19 mn et 35 sec. Moyenne : 7,74 nœuds.
– 5e – Armel Le Cléac’h et Nicolas Troussel (Brit Air). A 1 heure, 15 minutes et 44 secondes du vainqueur, en 19j. 23 h 40 mn et 35 sec. Moyenne : 7,74 nœuds.
– 6e – Corentin Douguet et Thierry Chabagny (E.Leclerc-Bouygues Telecom). A 2 heures, 9 minutes et 30 secondes du vainqueur, en 20 jours et 34 minutes. Moyenne : 7,72 noeuds
Premiers mots des vainqueurs :
Kito de Pavant (Groupe Bel), vainqueur : « c’est incroyable… j’en ai pleuré»
On n’en peut plus mais ça fait chaud au cœur… J’en ai pleuré tout à l’heure sur les derniers bords de près, peut-être que ça faisait du bien aussi d’avoir enfin du vent dans le visage… Depuis deux jours on ne dort pas, derrière ça revenait, ça revenait, ça revenait… D’ailleurs ils sont là, on les voit arriver, c’est incroyable, incroyable… Se battre comme ça… Notre seule particularité c’est de venir du Sud Pietro et moi, mais ça ne change pas grand-chose, on est tous des copains à terre et très contents de naviguer les uns contre les autres. La course a été difficile, on est parti sous spi et arrivés sous spi, le génois il est tout neuf ! Et dans ces conditions tout au vent portant, les vitesses sont similaires, tous les bateaux vont vite. Il y a eu des tas d’options, des écarts très importants et au final tous les bateaux ou presque vont arriver le même jour, je crois que ce n’est jamais arrivé… On a stressé jusqu’au bout… Hier soir on s’est retrouvé freinés sous un nuage, une vingtaine de dauphins sont venus jouer avec nous et quand on est sortis du grain… on a vu une voile, deux voiles, trois voiles… On s’est dit c’est pas possible, ça va pas le faire… et puis si, finalement ! »
Pietro D’Ali (Groupe Bel) : « une super course, du bon travail »
« C’est grand ! C’était une super course, avec Kito on a un super feeling tous les deux, on a la même approche et on n’a eu aucun problème pour communiquer en anglais. C’était à la fois stressant ce finish aussi indécis. Je crois qu’on a fait du bon travail, en parvenant à rester toujours, toujours dans le groupe de tête. »
Dominic Vittet (ATAO Audio System), 2e : « un combat psychologique extraordinaire”
« Avec Kito et Pietro, ça a été un combat psychologique extraordinaire. Nous étions je pense les deux seuls bateaux à avoir la même idée depuis longtemps, à être convaincus que le finish allait se faire dans du vent de sud-est et tout le combat était d’être le plus au nord possible. Nous pensions avoir gagné ce combat du nord… et puis merde, ils (Groupe Bel) y étaient allés encore plus que nous. C’était un super moment, quand on voit toutes les routes si différentes et tous qui pensions avoir raison et on se retrouve au final dans un mouchoir de poche, à se battre comme des chiffonniers, l’écoute à la main, à gagner mètre par mètre…On est content d’être là car on s’est bougé, la douceur des îles se mérite ! »
Lionel Lemonchois (ATAO Audio System), 2e : « Kito et Pietro étaient trop forts »
« Ça c’est de la belle bagarre ! Kito et Pietro étaient trop forts, ils ont été super, super bons… Ils la méritent ! On aurait préféré que ce soit nous bien sûr et on a forcément un peu les boules de ne pas avoir gagné, j’aurais bien aimé remporter cette Transat AG2R une deuxième fois… tant pis, je serai obligé de revenir ! »
Jeanne Grégoire (Banque Populaire, 3e) : « mon premier podium en Figaro»
"Je ne réalise pas… On était dans le coup tous le temps, on a toujours fait notre route… Je ne pensais pas que d’avoir fait du match race avec des copines en Figaro, cela m’aurait servi un jour pour une arrivée de Transat AG2R. C’est mon premier podium en Figaro. Faire 3e derrière des gens comme ça, c’est énorme. On en avait rêvé bien sûr et on a pris des risques car on aurait très pu faire 15e.. Il fallait un Rital, un Sudiste, des vieux… il manquait une fille (rires) ! On a été en tête un peu le week-end dernier, mais ce n’est jamais gagné. On a eu peur jusqu’au bout de finir 4e, alors on préfère cette place là !»
50 Dragon à la Coupe Internationale de Bretagne
Une cinquantaine de Dragon sont en lice depuis ce samedi pour la Coupe Internationale de Bretagne, prélude au Grand Prix Petit Navire Dragon qui débutera le 3 mai.
Un temps idéal pour les Open 7,50
Du côté des Open 7,50, 9 bateaux sont venus naviguer sur le Grand Prix Petit Navire. Parmi eux, Marc Guillemot, le président de la classe Open 7,50. «La baie de Douarnenez est un endroit fabuleux, nous y venons souvent en multi pour le défi et moi, je suis toujours ému de revenir parce que c’est ici que j’ai commencé à naviguer en Optimist à 6 ans ». Marc Guillemot est en pleine préparation de son projet de 60 pieds Open (Safran) actuellement en construction. « Venir ici est important parce qu’il ne faut pas s’éloigner de la mer. L’Open 7,50 est un bateau très toilé et léger, aux réglages fins et tactiques. Nous n’avons pas été très bons au Spi Ouest France, mais nous espérons nous refaire une petite santé, ici. J’ai un équipage de jeunes, qui était en 7,50 avec Franck Cammas sur le Spi ; L’important pour moi c’est de naviguer en régates quand on prépare des campagnes comme le Rhum ou le Vendée Globe, il ne faut jamais cesser de s’entraîner, quelque soit le support».
C’était un temps idéal pour ces petites bombes, qui, lancées sous spi, avec moins de 10 petits nœuds de vent, atteignent des vitesses incroyables en quelques minutes. Trois manches ont été courues.
Grand Prix Petit Navire Windsurf : pas glisse en mer, de la glisse à terre.
Après un premier briefing à 13h30, le comité de course a tenté de lancer deux départs en fin soirée pensant profiter du thermique de fin de soirée. Avec une marée basse à 12h48 à Douarnenez, le soleil a en effet rapidement réchauffé les eaux de la baie. Pas suffisamment cependant pour permettre aux 68 inscrits de disputer une première manche.
Pendant ce temps, plage des Sables Blancs, les plus jeunes ont pu fabriquer leurs propres Skimboard sous l’œil attentif et passionné de Bernard Ficatier. Ce professeur de charpente navale au lycée professionnel de Jean Moulin à Plouhinec a décidé de déplacer un atelier de fabrication de Skimboard sur la plage. Le principe de cette planche est simple. Lorsqu’elle est lancée au bord de la plage, une fine pellicule d’eau s’accumule entre sa surface et le sable et permet la glisse. « L’idée est de proposer aux plus jeunes une activité manuelle en rapport avec le Grand Prix Petit Navire Windsurf. » Le matin, par groupe de 10, les enfants commencent par coller deux lamelles de contreplaqué entre elles. Ces deux éléments sont ensuite définitivement scellés sous l’effet de la chaleur et d’une pompe à vide. L’après-midi, chaque enfant découpe son propre Skim en fonction d’un gabarit préétabli avant de le décorer. « Plus la planche de Skim sera petite, plus elle sera légère et glissante mais également technique. Il faut trouver le juste milieu » Après cinq à six heures d’un travail de fabrication, de décoration et une bonne journée de séchage, le Skimboard est fin prêt à glisser sur l’eau. Le 8 mai, à la fin du Grand Prix Petit Navire Kitesurf, un jury composé des membres du club de surf douarneniste Riskladenn, qui expose également des photos et diffuse des vidéos sous le chapiteau des Sables Blancs, désignera le plus bel ouvrage. Une remise des prix très symbolique tant les enfants semblent plus intéressés par le processus de fabrication. « C’est aussi une belle manière de montrer aux plus jeunes, qu’avec un brin d’imagination, on peut se faire plaisir sans dépenser un centime » conclut Bernard Ficatier.
Coupe Internationale de Bretagne (dragon)
Résultats de la première manche avant jury :
1 – Rat Pack (DALHMAN Henrik) ;
2 – Danish Blue (JENSEN Pol Hoj) ;
3 – Ar Youleg (URVOIS Louis)
Grand Prix Petit Navire Open 7,50
Résultats des deux manches avant jury :
1ère manche
1 – Ouest Job (Christophe Letourneur) ;
2 – Coïncidences (Christian Saumard) ;
3 – Démarches Marketing (François Girod).
2ème manche :
1 – Adonnante.com (Nicolas GROLEAU);
2 – Safran (Marc GUILLEMOT);
3 – Zig Zag Junior (Florence RAILLARD)
3ème manche
1 – Coïncidences (Christian Saumard) ;
2 – Safran (Marc GUILLEMOT);
3 – Ouest Job (Christophe Letourneur) ;
Incroyable suspense…
On ne pouvait rêver scénario plus hitchcockien, mais ce suspense pourrait tourner au supplice pour les courreurs, après 19 jours de mer. Imaginez : à moins de 300 milles de l’arrivée, soit 1 jour et demi, les deux premiers sont exactement à équidistance de Saint-Barth. « C’est chaud ! » s’est exclamé ce matin Jeanne Grégoire (3e à 12 milles sur Banque Populaire). « Il faut espérer qu’il n’y ait pas de gros hold-up sur la fin, mais que la logique de la Transat soit respectée » a-t-elle ajouté. Au classement de 4h00, Banque Populaire était talonné à 0,2 mille derrière par les deux équilibristes, Dominic Vittet et Lionel Lemonchois (Atao Audio System). Depuis maintenant plus de deux semaines, ces deux-là naviguent sur un fil avec la peur au ventre de déchirer leur dernier spi léger. « On ne sait pas qui va gagner, a murmuré Nicolas Troussel (1er ex-æquo sur Brit Air) à peine réveillé. J’ai l’impression qu’on va se retrouver bord à bord à la pointe des Colombiers. Ça va être serré jusqu’au bout. » Seul Kito de Pavant (1er ex-æquo sur Groupe Bel) semblait beaucoup plus serein. « Ça va le faire ! On est bien là où il faut. Je pense qu’on est en train de tirer les marrons du feu ! » Si personne ne sait qui va couper la ligne en premier samedi soir à Gustavia, une chose est sûre : le vent mollit à l’approche des îles et permet à la flotte de se resserrer. Les cinq premiers se tiennent désormais dans un mouchoir de poche de 16 milles. Il peut encore se passer bien des choses en 36 heures de course. 36 heures haletantes avant de savoir si Armel Le Cleac’h et Nicolas Troussel vont se succéder à eux-mêmes ou bien si un nouvel équipage va inscrire son nom au palmarès de la Transat AG2R.
Carnet de Bord
Parfois, il suffit d’une rencontre, d’un coup de téléphone pour réaliser la dimension des choses. Sam nous conte l’anecdote du jour :
« Ce matin, je me suis retrouvé, au réveil d’une petite sieste, au téléphone avec le mythique David Douillet pour une opération Brossard au Centre Commercial Atlantis de Nantes…
Au delà du contraste de situations entre nous (privilégiés) qui sommes au milieu de nulle part en plein Atlantique et un supermarché plein d’agitation où l’on s’active à consommer. C’était un peu surréaliste ! Cela m’a fait prendre conscience que ce que nous réalisons à bord n’est pas uniquement dans le vain espoir de satisfaire notre propre désir de compétiteur. Nous participons également à un effort commun, celui de Brossard en particulier. Et de sentir que derrière ça, il y a des hommes et des femmes qui cravachent à longueur d’année pour finalement ce même objectif commun. C’est motivant.
Pour nous qui nous arrachons sur l’Atlantique de façon intensive mais brève; cela ne dure que 3 semaines après tout. Et bien Fred et moi nous envoyons, à notre tour, toutes nos félicitations pour les efforts accomplis au quotidien et dans la longueur par tous les employés de nos partenaires !
Côté sport, nous avançons bien ce matin. La bonne nouvelle, c’est que nous avons réussi à récupérer notre 8ème place sur Delta Dore. On s’accroche dur pour essayer de rattraper E.Leclerc/Bouygues Telecom. Sinon, les grains capricieux et ultra ventés des derniers jours ne sont plus d’actualité. Maintenant c’est de nouveau ciel bleu et soleil écrasant. Nous consommons notre « trop plein » d’eau en douches ! Le bonheur. Il reste environ 36 heures de course…on tient le bon bout. »
L’arrivée des premiers concurrents est prévue demain dans l’après-midi après une lutte probablement acharnée digne d’un Match Racing autour de St Barthélémy. Brossard est toujours en 8ème position.
Thomas Coville rejoint Ellen MacArthur
Après quelque 3000 milles (5556 km) parcourus et sept nouveaux temps records établis dans le cadre de l’Asian Record Circuit, il est temps pour le trimaran d’Ellen MacArthur de quitter la métropole très animée de Hong Kong pour mettre le cap au Sud vers un autre pays et une autre culture : la Malaisie. Cette étape de l’Asian Record Circuit est divisée en cinq parties. Elle débutera ce dimanche (30 avril 2006) avec une tentative de record autour de l’île de Hong Kong et se terminera à Terengganu, sur la côte Est de la Malaisie. L’arrivée est estimée au 8 mai prochain, mais elle dépendra évidemment de la stabilité des vents dans ce bassin de navigation qui comprend notamment la zone de convergence intertropicale entre l’hémisphère nord et l’hémisphère sud, plus connue sous le nom de Pot au Noir.
Plus de 1300 milles (2407 km) séparent Hong Kong de Terengganu. Avec ses trois waypoints, cette étape en cinq parties est l’une des plus longues de l’Asian Record Circuit. Une fois la tentative de record autour de l’île de Hong Kong terminée, l’équipage mettra le cap sur la dernière ville chinoise de la tournée : la cité balnéaire de Sanya. Sanya est l’un des points les plus sud de l’île de Hainan, elle-même située à l’extrémité sud-est de la Chine. Cette ville marque la fin du circuit chinois qui avait débuté avec l’arrivée du trimaran dans le nord-est du pays, à Dalian, le 1er avril dernier. “Nous avons vu des choses incroyables et rencontré des gens formidables sur notre route, confie Ellen. Maintenant nous sommes impatients de mettre le cap au sud pour découvrir de nouvelles cultures et vivre de nouvelles aventures. Nous avons entendu dire que Terengganu était un endroit très joli et très calme. Nous avons hâte de goûter à l’exotisme de ce port, avec son cadre maritime exceptionnel et sa gastronomie très réputée !”
Sur cette prochaine étape, composée en fait en 5 petites étapes à part entières, l’équipage du trimaran est quelque peu différent de la première partie du parcours. Le navigateur français Thomas Coville rejoint Ellen MacArthur en tant que co-skipper pour l’ensemble de l’épreuve entre Hong Kong et Terengganu. Elaine Chua, seule navigatrice asiatique à avoir participé et terminé la Mini Transat, qui avait rejoint l’équipage à Shanghai, reste à bord jusqu’à la fin du circuit. Elle avait remplacé Shaun Weng, seul navigateur chinois à avoir réalisé un tour du monde en solitaire, et équipier à bord du trimaran de Yokohama au Japon, jusque Shanghai. L’un des objectifs de cette tournée est en effet d’offrir à des marins issus d’Asie la chance de courir à bord du trimaran, et pour Elaine, qui s’oriente vers des projets de navigation en solitaire plus ambitieux, cette aventure est un véritable plaisir. Le reste de l’équipage reste inchangé, avec Charles Darbyshire, Erwan Lemeilleur et bien sûr le Boat Captain Loik Gallon. Ellen participera quant à elle à la première et à la dernière partie de cette longue étape entre Hong Kong et Terengganu.
Un faisceau elliptique de 140° !
Pourquoi une lampe électrique n’éclairerait-elle pas ce que notre champ de vision peut voir ? Fort de ce constat, Coleman innove en proposant une nouvelle gamme d’éclairage électrique, baptisée Widebeam TM, équipée d’un faisceau puissant et extra large. La conception de ces lampes permet de projeter un faisceau elliptique de 140° qui correspond parfaitement à notre champ de vision. L’agrandissement du faisceau est ainsi de plus de 50 % par rapport à celui d’une lampe classique.
Pour optimiser au mieux les besoins de chacun, les Widebeam TM Coleman se déclinent en lampe torche, lampe frontale et projecteur 2 en 1.
Prochaine confrontation samedi à Baltimore
Cette étape entre Rio et Baltimore, longue de 5 000 milles a marqué le retour dans le match de deux poids lourds de cette édition 2005-2006, Movistar et Pirates des Caraïbes, qui semblent en avoir définitivement fini avec leurs problèmes techniques et leurs avaries à répétition. L’intérêt de la course s’en trouve renouvelé, même si le sans-faute de ABN AMRO ONE jusqu’à maintenant laisse la concurrence un peu KO.
Du côté de Sébastien Josse, les choses bougent un peu avec cette dernière manche en demi-teinte puisque ABN ARMO TWO fermait la marche de cette 9ème manche, perdant par la même occasion sa place de second au classement général, au profit de Movistar.
Alors que les navigants prenaient quelques jours de break, les équipes techniques étaient à pied d’œuvre pour préparer les VO 70 en vue de la prochaine confrontation, la régate in shore de Baltimore, programmée le samedi 29 avril à 19h (heure Paris).
Cette 10ème confrontation devrait se dérouler dans les tous petits airs de la Baie de Baltimore, avec en prime des effets de courants à ne pas sous-estimer.
Sidney Gavignet : « Notre avance au classement général est certes confortable, mais rien n’est encore gagné. Nous avons 22,5 points d’avance sur Movistar, mais il reste encore 8 occasions de marquer des points jusqu’à Göteborg : trois in-shore, un point de passage et quatre étapes. La victoire finale peut donc encore mathématiquement nous échapper. Dans le pire des cas, si nous démâtions dans la prochaine étape, le pit stop de New York ne nous permettrait pas de réparer et nous manquerions en très peu de temps 3 occasions de marquer, à New York, au Cap Lizard et à Portsmouth. De quoi laisser nos adversaires faire le plein. Donc pour nous, pas questions de baisser notre garde. Notre objectif depuis le départ est clair. Nous voulons gagner cette Volvo Ocean Race. Et nous mettons toutes nos chances de notre côté pour achever cet object. A Portsmouth, nous ferons un point. Si tout se passe bien, peut-être pourrons–nous alors commencer à souffler un peu, mais pour l’instant, pas question. Nous sommes à fond comme nous l’étions au départ de Vigo… Mais il faut être objectif, notre avance reste importante.»
Sébastien Josse : « On nous demande si nous avons été déçus de notre arrivée en dernière position à Baltimore. Ce que je retiens, c’est surtout que nous sommes arrivés 3 heures après Ericsson. Ce qui n’est pas si mal, quand on connaît la valeur de cet équipage. Je n’ai pas à rougir de cette performance. Nous avons perdu notre seconde place au général pour un petit point, mais ce que je vois aussi, c’est que nous sommes bien encadrés au Général. Bekking devant à 1 point et Cayard derrière à 0.5 point. Ce n’est pas si mal pour des « petits jeunes » après 9 manches. Mais il faut reconnaître que ces deux équipages arrivent vraiment sur leur terrain de jeu : la régate, la course de contact. Là, leur expérience, notamment sur la Coupe, joue vraiment. Ils ont une concentration que notre équipage n’a pas par manque d’expérience. Sur la dernière étape, nous avons très bien marché dans la première partie et puis, nous nous sommes déconcentrés et nous n’avons jamais pu revenir. C’est aussi une question de maturité et/ou de rigueur. Mais notre détermination à finir sur le podium à Göteborg est intacte. Le moral de l’équipage de ABN AMRO TWO est excellent et progresse d’étape en étape. Il faudrait juste que nous restions concentrés 90% du temps au lieu de 60%. C’est toujours un peu difficile d’allier une bonne ambiance à bord et une concentration maximum. Nous y tendons mais nous avons encore à progresser. Avoir Yves Le Blevec à bord sur la dernière étape a été super, car il a apporté ce mélange de décontraction et de rigueur, proche de l’ambiance d’Orange. C’était un regard intéressant pour les équipiers d’ABN AMRO TWO. La lutte pour les places d’honneur va être un peu plus difficile, mais le sport va y gagne. La régate in shore de Baltimore va se disputer dans des vents peu soutenus, ce qui ne devrait pas être le cas de l’étape Annapolis – New York. Bref, il reste du pain sur la planche et nous avons le moral pour y faire face. C’est vrai qu’il n’est pas facile d’avoir une complète confiance en soi devant la qualité de nos adversaires, mais pour l’instant, nous n’avons pas à rougir de la prestation de notre équipage de jeunes talents, très loin d’avoir le pedigree des autres équipages. »
Brunel :
Le VO 70, skippé par Grant Wharington a rallié le Port de Baltimore pour être au départ de l’in shore de samedi. Brunel qui a été soumis à 12 jours de chantier intensif en Australie revient avec quelques changements majeurs, dont des doubles safrans et des nouvelles voiles. Reste que ce team doit passer quelques contrôles de jauge avant de pouvoir rejoindre la flotte des concurrents de la Volvo Ocean Race.
Pascal Bidégorry, skipper du trimaran Banque Populaire
L’hiver a été studieux ?
Sur le bateau, nous avons principalement changé le mât et la dérive. Le mât pour gagner du poids (environ 70 kg), comme l’avait fait nos camarades de jeu l’an passé et la dérive, pour optimiser encore ce qu’on a pu observer l’an dernier.
Y a pas eu de surchauffe ? Dans les autres écuries non plus ?
Pas de surchauffe chez nous, mais de quoi s’occuper et ailleurs je ne sais pas trop : faudrait leur demander. Si… Je sais quand même que sur le Gitana XI (l’ex-Belgacom), ils ont refait le fond de la coque centrale (comme Géant l’an passé, ndlr). Gitana XII (ex-Bonduelle), acquis fin 2005 par l’écurie du baron Benjamin de Rotschild, a été modifié et rénové au niveau du gréement et des appendices…
Vous naviguez depuis quand sur le Banque Populaire dans sa configuration 2006 ?
Il a été mis à l’eau le deuxième week-end de mars à Lorient où nous avons notre base, et on a bien navigué depuis. Plus que nos concurrents.
Toujours seul ?
Non la semaine dernière, on a suivi un stage d’entraînement à Port La Forêt à 5 bateaux.
Des surprises durant ce « warm up » ?
Oui. J’ai trouvé que Sopra, le plan Lombard fabriqué à l’origine pour Philippe Monnet et repris cette année par Antoine Koch, faisait bonne figure face à des engins maintenus au goût du jour.
Six bateaux au programme de la saison, c’est pas beaucoup !
Comme l’an dernier… A la différence que Sopra remplace Foncia (mais sera absent des Grands Prix, ndlr) ! Ce qui ne nous a pas empêché d’avoir de belles régates. L’important est d’avoir une homogénéité dans la flotte. Sur le papier, c’est mieux d’être douze, mais si c’est toujours les 2/3 même bateaux qui occupent le devant de la scène, les partenaires n’y trouvent pas forcément leur compte.
L’an dernier Groupama était quasiment imbattable en Grand Prix. Ca va être rebelote en 2007 ?
Ce bateau, le plus récent de la flotte, possède des avantages intrinsèques au niveau du dessin de ses coques. Je crains qu’il soit de nouveau difficile à prendre autour de trois bouées. Mais nous verrons bien.
Et quand vous ne faites pas de trimaran, vous naviguez sur quoi ?
Le programme de la Multi Cup est bien chargé. Entre les compétitions et les convoyages, je ne pense pas être de retour à la maison avant la fin juillet. Donc je ne me vois pas courir sur d’autres supports. Cet hiver pendant que le bateau était en chantier, j’ai fait du Mumm 30 à La Rochelle avec mes amis aquitains qui vont participer au TFV, histoire de naviguer au contact, de faire des départs… Je devais faire le Spi mais il y avait du travail sur le trimaran.
L’événement 2006 reste le Rhum. Comment vous le sentez ?
A priori, on serait une douzaine de 60 pieds au départ ! Ce qui est une bonne nouvelle.
Et parmi eux Steve Ravussin sur votre ancien bateau !
Oui, c’est sympa. J’ai couru une Transat Jacques Vabre avec Lalou Roucayrol sur ce bateau. Quand Banque Populaire m’a choisi comme skipper, on a racheté Bayer et le plan Lombard a été loué sur le circuit scandinave. Qu’il revienne sur le Rhum aux couleurs d’Orange est une bonne nouvelle. Je suis content pour Steve.
L’issue du Rhum apparaît déterminante pour l’avenir du multicoque ORMA.
Sans aucun doute. Si seulement deux des douze bateaux arrivent à la Guadeloupe (référence à l’hécatombe du dernier Rhum dans les rangs de l’ORMA, ndlr), je crois qu’on pourra tourner la page ! Si au contraire ça se passe bien, que le Rhum recrée une bonne dynamique et que la Multi Cup dispose d’un partenaire durable… Alors on pourra continuer.
C’est en tout cas la volonté de Banque Populaire actuellement.
Absolument !
Propos recueillis par Patrice Carpentier
Calendrier Multi Cup
– 8 mai : départ de la course Londres-Alpes Maritimes
– 20-21 mai : Trophée Alpes Maritimes (Nice)
– 2-4 juin : Grand Prix d’Italie (Trapani-Sicile)
– 23-25 juin : Grand Prix de Marseille Métropole
– 14-16 juillet : Grand Prix du Portugal (Portimao-Algarve)
– 8-10 septembre : Grand Prix du port de Fécamp
– 29 octobre : départ de la Route du Rhum (Saint Malo-Pointe à Pitre)
Les projets de 60′ d’Ellen
"Nous sommes actuellement en discussion avec plusieurs cabinets d’architecture navale pour concevoir les deux nouveaux IMOCA 60, explique Neil Graham, directeur du team technique. Les deux 60 pieds devront être optimisés pour les marathons du Championnat du Monde IMOCA, c’est à dire la Barcelona World Race 2007 et le Vendée Globe 2008. Choisir le bon architecte est l’une des décisions les plus importantes du projet. C’est aussi l’une des plus difficiles ! Vu de loin, assis dans son fauteuil, cela paraît simple, il suffit de trouver l’architecte le plus talentueux et dont le palmarès est le plus impressionnant. En réalité, cette décision est bien plus complexe. Tous les cabinets d’architectes que nous avons contactés sont capables de concevoir un bateau gagnant. Mais ce qui fait vraiment la différence, ce sont les rapports entre l’architecte et le team. S’il ne s’entend pas avec l’équipe, ou vice-versa, cela se ressent sur le résultat final".
"Nous avons également commencé notre Programme de Recherches et de Développement, poursuit Neil Graham. Nous étudions de près chaque détail du bateau, des systèmes mécaniques jusqu’aux voiles en passant par la conception des appendices. Nous bénéficions évidemment de l’expérience des précédentes campagnes avec Kingfisher/Skandia (IMOCA 60) et Castorama (trimaran de 75 pieds). Les enseignements tirés du précédent projet de 60 pieds sont inestimables et s’appliquent directement aux deux nouveaux bateaux. Le lien est un peu moins évident avec nos campagnes en multicoques, mais certains aspects technologiques, notamment les systèmes électroniques, les outils de communication, les instruments de navigation et les pilotes automatiques, conviennent aussi parfaitement au nouveau projet".
Mais l’un des éléments fondamentaux du design est de savoir pour qui les bateaux seront conçus. Kingfisher avait été imaginé sur mesure pour la taille et la force physique d’Ellen, puis re-ajusté pour Nick Moloney sur le dernier Vendée Globe. L’Offshore Challenges Sailing Team, dont font partie Ellen et Nick, recherche donc activement les skippers qui rejoindront le programme de courses en équipage réduit et en solitaire.


















