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Premier revers pour Chris Dickson

Dickson
DR

La rencontre du Defender et du Challenger of Record est toujours un événement en soi. Aujourd’hui, Alinghi en a été la vedette. L’équipe suisse a mené la course de bout en bout grâce à l’excellent départ réalisé par Ed Baird qui surclasse les Américains dès le coup de canon. A la première marque au vent, Alinghi devance déjà BMW ORACLE Racing de 33 secondes. Chris Dickson et son équipe passeront alors à  l’offensive en tentant des options différentes de leur adversaire, mais sans succès. Les Suisses n’ont commis aucune erreur et sont restés insensibles aux assauts intempestifs des Américains. 21 secondes séparent les deux équipages sur la ligne d’arrivée.
 
Cette défaite est le premier revers subi par BMW ORACLE Racing depuis le début des compétitions. Cela dit, l’objectif déclaré de Chris Dickson n’était pas seulement de remporter des matchs mais aussi d’en apprendre davantage sur son nouveau USA 87. Après de longs bord à bord avec le Defender, le skipper de BMW ORACLE Racing peut être satisfait. Toutes les conditions étaient réunies pour ce comparatif de vitesse grandeur nature.
 
Des régates tactiques et spectaculaires
Comme la veille, les deux flights du jour se sont déroulés dans un contexte de vent faible et oscillant, laissant le jeu ouvert pour les « petites » équipes qui ont créé la surprise. Shosholoza (contre Alinghi), Areva Challenge (contre Luna Rossa), Mascalzone Latino-Capitalia Team (contre les Espagnols) et United Internet Team Germany (contre Emirates Team New Zealand) ont réalisé de superbes matchs, ne laissant aucun répit à leurs adversaires.
Le duel entre Victory et +39 Challenge a été le plus spectaculaire. Les deux équipages se sont livrés un match très physique, enchaînant une cinquantaine de virements pendant les bords de près.
 
Les Français alternent le bon et le moins bon
La prestation d’Areva Challenge a été mitigée. Très impressionnants contre Luna Rossa Challenge (ils ne terminent que 18 secondes dans le tableau arrière des Italiens), ils sont passés à côté de leur confrontation avec Mascalzone Latino – Capitalia Team.  Après un départ en demi-teinte, Peponnet et son équipe écoperont d’une pénalité pour avoir touché la bouée sous le vent. ils perdent là un précieux point.
 
Suspense jusqu’au bout
Du côté des leaders ou des vainqueurs potentiels, mais aussi à tous les échelons du classement, rien n’est joué ce soir. Il faudra attendre les matchs décisifs de mardi,  dernière journée de match racing, pour départager les nombreux ex-aequo et connaître le tableau final de ce Valencia Louis Vuitton Act 10.
C’est lors de cette journée que BMW ORACLE Racing disputera si nécessaire son match de retard contre +39 Challenge.

Résultats provisoires des matchs de lundi
 
Flight 8
1 – Luna Rossa Challenge bat Areva Challenge
2 – Desafío Español 2007 bat United Internet Team Germany
3 – Alinghi bat Team Shosholoza
4 – BMW ORACLE Racing bat China Team
5 – Emirates Team New Zealand bat Mascalzone Latino Capitalia Team
6 – Victory Challenge bat +39 Challenge

 Flight 9
1 – Mascalzone Latino Capitalia Team bat Areva Challenge
2 – Team Shosholoza bat +39 Challenge
3 – United Internet Team Germany bat China Team
4 – Luna Rossa Challenge bat Victory Challenge
5 – Emirates Team New Zealand bat Desafío Español 2007
6 – Alinghi bat BMW ORACLE Racing

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Nouvelle montre et nouvelle boutique Louis Vuitton

Carcelle
Carcelle

Louis Vuitton, le partenaire principal et chronométreur officiel de la 32e America’s Cup, vient d’enrichir sa collection avec une nouvelle montre. Parallèlement, une nouvelle boutique Louis Vuitton vient d’ouvrir à Valencia, au sein du bâtiment Veles e Vents, un des fleurons du Port America’s Cup.

Yves Carcelle, le Président et Directeur Général de Louis Vuitton, s’est rendu à Valencia pour assister au Louis Vuitton Act 10 qui ouvre la saison de compétition 2006. Il a rencontré la presse dimanche matin et évoqué la longue implication de Louis Vuitton dans l’America’s Cup, depuis la création de la Louis Vuitton Cup – épreuve éliminatoire des challengers – en 1983.

“Aujourd’hui, tous les départements de notre société rendent hommage à la Louis Vuitton Cup et à l’America’s Cup à travers d’élégants produits. Nous avons une ligne de cuir, des lunettes de soleil très techniques, des chaussures de pont et désormais des montres. Nous avons lancé la série ‘Regatta’ il y a deux ans. Cette semaine, place à la nouvelle ‘Lovely Cup’, une montre de sport féminine. ”

Cette montre ‘Lovely Cup’ est déjà un succès à Valencia. Deux de ces pièces ont déjà été vendues samedi dans la boutique du Port America’s Cup.

L’histoire du superbe partenariat entre Louis Vuitton et l’America’s Cup remonte à 25 ans. Mr Carcelle a déclaré que les deux entités partageaient les mêmes valeurs d’élégance, de technologie et de poursuite de l’excellence.

“Les grandes marques de luxe ont une histoire et une des raisons pour lesquelles nous réussissons, est que nous sommes créatifs, tout en étant respectueux de notre histoire. Il est naturel que les marques de luxe soient attirées par l’America’s Cup, le plus vieux trophée sportif du monde. Nous ne sommes pas ici pour développer notre marque mais pour créer une marque d’émotion. L’esprit de l’America’s Cup nous en donne l’occasion »

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BMW ORACLE Racing prend la tête

BMW Oracle
DR

Luna Rossa vient à bout du Defender
Les défaites d’Alinghi sont assez rares pour être notées. Ce soir, le Defender est devancé au classement pour la première fois depuis l’Acte 2 de Valencia en octobre 2004. Déjà malmené vendredi face à Mascalzone Latino-Capitalia Team, le Defender a succombé samedi aux assauts de James Spithill, le barreur de Luna Rossa Challenge, aussi agressif que bien inspiré lors d’un match électrique du flight 5.

L’équipe Suisse, au maximum de ses capacités à bord d’un Class America de génération 2002-2003 est logiquement ‘rattrapée’ par ses adversaires dont la courbe de progression reste importante.  « J’ai de la peine à croire que les nouveaux bateaux n’iront pas plus vite et ce serait une grave erreur pour nous d’être serein dans ce domaine » nous expliquait il y a quelques mois Luc Dubois, le responsable des performances du team suisse. Démonstration aujourd’hui.

Pour les Italiens de Luna Rossa, la conséquence de ce sursaut d’orgueil après leur défaite de la veille contre les Espagnols est plutôt rassurante.

BMW ORACLE Racing prend la tête
L’autre événement de la journée est la victoire de BMW ORACLE Racing sur Emirates Team New Zealand. La bagarre entre les deux adversaires a d’abord  été superbe et l’on retiendra un passage épique à la première marque au vent où BMW ORACLE Racing embarquera son adversaire au-delà de la bouée. Au portant, les kiwis prennent ensuite les devants grâce à une tactique judicieuse,  jusqu’à ce que leur spi explose, annihilant ainsi tous leurs espoirs.
Cette victoire propulse Chris Dickson et son équipe en tête du classement.

Si le vent d’Est capricieux qui s’est écroulé en fin de journée, n’avait pas obligé le comité de course à annuler leur match face à +39 Challenge, ils finiraient ce soir avec 6 points dans leur escarcelle.

Le réveil de Shosholoza
La frustration des Sud-africains après deux journées sans résultat n’est plus qu’un souvenir. Samedi, Shosholoza a créé la sensation en battant Areva Challenge sur le fil mais surtout en dominant le Desafío Español 2007. Ces deux matchs n’ont pourtant pas été de tout repos pour le nouveau barreur Tommaso Chieffi et son jeune skipper Mark Sadler. Menés par les Français pendant les trois quarts de la régate, ils profiteront d’une erreur tactique de ces derniers pour les coiffer de14 secondes sur la ligne. Contre les Espagnols, ils domineront de bout en bout, mais de peu.

Leurs changements opérés pour cette saison (nouvelle cellule arrière et modifications importantes sur le bateau) semblent avoir enfin porté leurs fruits.

Le classement à mi-parcours de ce Valencia Louis Vuitton Act 10 est le reflet de la montée en puissance de plusieurs syndicats : les Suédois de Victory Challenge et le Desafío Español 2007 notamment. Samedi soir, sept équipes se tiennent en deux points !

Résultats provisoires et tableau de classement

Flight 5        
1 – +39 Challenge  bat China Team
DELTA 01 :36
2 – BMW ORACLE Racing bat Emirates Team New Zealand
DELTA 00:47
3 – Victory Challenge bat United Internet Team Germany
DELTA 00:48
4 – Team Shosholoza bat Areva Challenge
DELTA 00:14
5 – Luna Rossa Challenge bat Alinghi
DELTA 00:34
6 – Desafío Español 2007 bat Mascalzone Latino Capitalia Team
DELTA 00:40

Flight 6
1 – Emirates Team New Zealand bat China Team
DELTA  07:07
2 – BMW ORACLE Racing vs+39 Challenge
Course annulée
3 – Victory Challenge bat Mascalzone Latino Capitalia Team
DELTA 01:53
4 – Team Shosholoza bat Desafío Español 2007
DELTA 00:33
5  – Alinghi bat Areva Challenge
DELTA 02:18
6 – Luna Rossa Challenge bat United Internet Team Germany
DELTA 05:07

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ABN AMRO ONE ne lâche rien !

Arrivée mellbourne
DR

Les concurrents n’en ont donc pas encore fini avec des conditions de course difficiles. Seule la fièvre due aux enjeux décisifs de cette étape pour le classement général fait monter la température à bord des 7 engagés. Après 48h de course, les concurrents n’arrivent toujours  pas à se départager et naviguent à vue pour la plupart.

Seul, Movistar, qui a pris le départ de cette 12ème manche avec deux heures de pénalité pour avoir bénéficier d’une aide technique extérieure, peine à combler son retard, et accuse au pointage de 11h (Paris) de samedi un retard de 38 milles sur le leader ABN AMRO ONE.

Si ABN AMRO ONE fait une nouvelle fois montre de sa grande  maîtrise du débat  en ce début d’étape et ne lâche rien à ses adversaires, malgré sa confortable avance au général,  rien n’est encore joué. Sanderson et son équipage savent qu’ils doivent s’attendre à des attaques en règle sur cette manche décisive.

Pour Pirates des Caraïbes, ABN AMRO TWO, Movistar et Brasil 1, l’argent et le bronze de cette Volvo Ocean Race 2005-2006 sont encore à portée de main. Tout dépendra de l’ordre de passage à la porte à points située au Cap Lizard et de l’ordre d’arrivée à Portsmouth,  terme de cette étape de  3 500 milles.

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Trois routes se dessinent …

Banque Populaire - Pascal Bidegorry
DR

Pour les deux premiers, la régate au contact et à vue continue. Et de plus belle. Ce dimanche au petit jour, honneur à l’équipage de Pascal Bidégorry, passé à près d’un mille devant, au nez et aux étraves de Franck Cammas et les siens. Si rien ne parvient pour l’heure à départager les deux multicoques au potentiel de vitesse sensiblement équivalent au près dans des conditions modérées, Géant a de nouveau pris la tangente pour tracer son sillon sur d’autres chemins méditerranéens. L’équipage de Michel Desjoyeaux est, lui, passé par le grand intérieur, entre la côte est espagnole, au large de Valence, et Ibiza. Résultat : il accuse ce matin un retard de 64 milles sur cette route la plus courte sur le papier.

A l’Est, du nouveau
Et puis il y a la troisième voie, celle choisie par les deux Gitana. Le Onze et le Douze ont pris le grand extérieur, à l’Est et au large, portés par l’espoir d’attraper dans leurs voiles un flux d’Est plus établi. Sur ces chemins détournés, ils ont pris du retard. Toutefois, dans la régate dans la régate entre les deux bateaux frères, petit chamboulement : le trimaran de Thierry Duprey a, ce dimanche matin, croisé devant. Il pointe désormais en quatrième position, à 98 milles de la tête de flotte. Sa bonne vitesse de 17 nœuds, au sud d’Ibiza, lui permettra peut-être de combler une partie de cet écart. Ce qui peut faire la satisfaction de l’un doit, en revanche, franchement agacer l’autre. Gitana 11, désormais cinquième, accuse en effet un retard qui s’est multiplié par trois dans la nuit. Il progresse à 110 milles des leaders.

Enfin, tout en arrière, la « longue route » continue aussi pour Sopra Group, qui se présente enfin aux colonnes d’Hercule marquant l’entrée de la Méditerranée. Mais, l’équipage d’Antoine Koch n’en a pas fini avec les galères météo : après la pétole dans la baie de Cadix qui l’a freiné une bonne journée, place à des vents contraires de 40 nœuds. Au près, sur une mer mal pavée dans le détroit de Gibraltar, le trimaran rouge progresse très laborieusement…

Classement de ce matin :
1 Banque Populaire
2 Groupama 2 à 0.90 milles
3 Géant à 63.60 milles
4 Gitana 12 à 97.80 milles
5 Gitana 11 à 109.80 milles
6 Sopra Group à 492.10 milles

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Une journée espagnole …

ESP 65
DR

ESP 88, le premier Class America espagnol pour la 32e America’s Cup, a été baptisé et mis à l’eau aujourd’hui sur la base du Desafío Español à Valencia, en présence de sa Majesté Juan Carlos. Le Roi d’Espagne a ensuite rejoint l’équipage d’ESP 65 pour le premier match du jour facilement remporté par ses sujets face à China Team. Les néo-Chinois de Pierre Mas, distancés de plus d’une minute à la première marque, ont abandonné dans le bord de vent arrière suivant à cause d’un winch cassé.

Le deuxième match a moins bien commencé pour les Ibères avec une pénalité dans la phase de pré-départ. Mais ESP 65 a rapidement pris les devants pour contourner toutes les bouées en tête. Grâce à un spi déchiré sur Luna Rossa dans le premier portant, l’avance s’est suffisamment creusée pour se débarrasser de la pénalité dans le deuxième bord de près. Cette victoire espagnole avec un bateau de la dernière génération face à un Class America flambant neuf va obliger les Italiens à se remettre en question. Car l’équipage de Francesco de Angelis et James Spithill ne semble pas disposer d’un avantage en vitesse. C’est d’ailleurs la première défaite d’un des trois nouveaux Class America.

Pour Alinghi, BMW ORACLE Racing et Emirates Team New Zealand, la journée n’a pas tourné à la promenade de santé, malgré leurs deux victoires chacun. Alinghi s’est même fait très peur face à Mascalzone Latino – Capitalia Team dans le match le plus serré de ce vendredi – victoire suisse de seulement 8 secondes ! D’autant qu’à la fin du premier tour, ce sont les Italiens qui menaient de 25 secondes.

Si on peut parler d’une journée espagnole, ce n’était en revanche pas du tout celle des Italiens. Outre la défaite d’une courte longueur de Mascalzone contre Alinghi et celle de Luna Rossa contre le Desafío, la troisième équipe italienne, +39 Challenge, s’est illustrée par ses fautes. Trois en une seule journée ! Dont deux d’un coup face à Alinghi dans la phase de pré-départ. Iain Percy, le barreur d’ITA 59, pouvait difficilement faire pire.

Pour les Français d’Areva Challenge, la journée noire est passée. Face à BMW ORACLE Racing et Emirates Team New Zealand, la différence de performance entre les bateaux était flagrante. Les Français de Thierry Peponnet n’ont pas pu résister longtemps à chaque fois. Mais la journée de samedi ne sera pas beaucoup plus facile pour Areva Challenge face à Shosholoza et Alinghi.

En effet, l’équipe émergente de ce Valencia Louis Vuitton Act 10 est le Team Shosholoza. Malgré leurs quatre défaites en quatre matchs, les Sud-Africains ont fait preuve d’une belle progression depuis la fin de l’année dernière. RSA 83, le premier Class America de la nouvelle génération, a été largement modifié cet hiver, et l’arrivée de trois vétérans de la Coupe dans la cellule arrière – Tommaso Chieffi, Dee Smith et Paolo Cian – a redonné confiance à l’équipage. Leur match du jour contre United Internet Team Germany était l’un des plus disputés. Dans leur première rencontre, les Sud-Africains se sont malheureusement tiré une balle dans le pied en volant le départ. Mais la vitesse du bateau et les progrès de l’équipage peuvent leur faire espérer des jours meilleurs.

Résultats provisoires et tableau de classement
Flight 3
1 BMW ORACLE Racing bat United Internet Team Germany
DELTA 02:10
2 Victory Challenge bat Team Shosholoza
DELTA 02:19
3 Emirates Team New Zealand bat Areva Challenge
DELTA 01:29
4 Luna Rossa Challenge bat +39 Challenge
DELTA 01:08
5 Desafío Español 2007 bat China Team
DELTA DNF
6 Alinghi bat Mascalzone Latino – Capitalia Team
DELTA 00:08

Flight 4
1 Emirates Team New Zealand bat Victory Challenge
DELTA 01:39
2 United Internet Team Germany bat Team Shosholoza
DELTA 00:21
3 BMW ORACLE Racing bat Areva Challenge
DELTA 01:09
4 Alinghi bat +39 Challenge
DELTA 01:16
5 Mascalzone Latino – Capitalia Team bat China Team
DELTA 02:05
6 Desafío Español 2007 bat Luna Rossa Challenge
DELTA 00:34

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Réduction de parcours : route directe vers Nice

Géant - Michel Desjoyeaux
DR

Franck Cammas (Groupama 2) aura donc perdu le leadership à la mi-parcours à la suite d’une traversée du golfe de Cadix plus difficile pour les leaders que pour leurs poursuivants. Les premiers avaient choisi la route directe entre le cap Saint Vincent et Gibraltar ; les autres ont préféré gagner un peu dans le Sud pour une trajectoire en « cuillère ». La deuxième option a été payante puisque Michel Desjoyeaux (Géant) a rejoint le duo. Et derrière, les deux Gitana sont aussi revenus dans le match, le Onze à moins de trente milles, le Douze à soixante. Un écart qui change tout par rapport à jeudi puisque ces cinq équipages n’en sont qu’à la « mi parcours » (1 300 milles effectués) et qui, avec du près violent entre les colonnes d’Hercule (détroit de Gibraltar) et du vent contraire soutenu (20 nœuds) entre les côtes espagnoles et marocaines, va pouvoir être remis en cause pendant tout la journée au minimum…

Mi temps ou mi parcours ?
En fait, au vu des fichiers météorologiques des prochains jours, la direction de course a préféré shunter le passage entre les îles Baléares puis la marque à virer devant Trapani (Sicile). En effet, la brise s’annonce plutôt faible ce week-end en Méditerranée et ce nouveau parcours permet aux coureurs un plus large choix stratégique puisqu’ils sont libres de laisser les îles Baléares à bâbord ou à tribord. Sur le papier, la route intérieure côté Espagne est plus courte, mais la voie extérieure semble plus rapide… Ainsi après un peu moins de quatre jours de course (ce vendredi à 16h09), les trimarans auront donc parcouru 1 300 milles à une vitesse moyenne supérieure à quatorze nœuds et ce nouveau tracé réduit à 2 075 milles (au lieu de 2 645 milles), laisse entendre que les premiers multicoques arriveraient mardi après-midi à Nice, soit dans quatre autres jours… Avec une Méditerranée qui va d’abord être violente à Gibraltar, puis agitée jusqu’à Almeria avec un flux d’Est établi à 15-20 nœuds au large, 10 nœuds de Sud Est à la côte, puis mollissant sensiblement à moins de dix nœuds et contraire pour monter jusqu’aux Baléares, les bouleversements au classement sont loin d’être finis… Seul Antoine Koch et son équipage (Sopra Group) ont peu de chance de revenir au contact car le vent ne leur est pas assez favorable pour combler plus de 300 milles d’écart avant l’arrivée. Mais qui sait ce que réserve Eole dans la Grande Bleue ?

Source Multicup 60′

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Bidégorry passe à la caisse

Banque Populaire - Pascal Bidegorry
DR

Le rythme a totalement changé en moins d’une demi journée puisque d’une phase animée à près de trente nœuds de moyenne le long des côtes portugaises, les trimarans sont passés à un tempo plus délicat, le près dans une brise modérée. Les vitesses ont donc chuté à treize nœuds et surtout, d’une route quasi obligatoire dans l’Ouest de la péninsule ibérique, il faut désormais tirer des bords entre Maroc et Espagne. Non seulement, la nuit dernière a été l’occasion pour les poursuivants de Franck Cammas (Groupama 2) et de Pascal Bidégorry (Banque Populaire IV) de refaire tout ou partie de leur retard (jusqu’à 140 milles gagnés en douze heures !) mais maintenant, il faut gérer les bascules de vent et les effets de côte jusqu’à l’arrivée à Nice.

Avec le changement de parcours décidé par la direction de course, les navigateurs ont finalement plus de champ pour s’exprimer. En effet, la route initiale imposait de passer entre les îles de Majorque et d’Ibiza (Baléares) avant de piquer sur la Sicile. Dorénavant, les trimarans ont pour objectif l’arrivée à Nice, soit toute la Méditerranée Ouest comme terrain de jeu. Les 700 milles qui restent à effectuer sont donc limités par les côtes espagnoles à bâbord mais totalement ouverts sur tribord. Aucune obligation de respecter les îles Baléares, donc deux options majeures : passer à l’intérieur de l’archipel, route la plus courte mais d’après les fichiers météo peu ventée ces jours prochains, ou prendre le large dans un flux d’Est plus ou moins établi.

Demain est un autre jour…

Les écarts importants acquis ces derniers jours par les leaders ont été réduits à néant par une nuit peu ventée dans le golfe de Cadix alors que leurs poursuivants, en s’écartant de la côte, ont avancé très vite. Bilan : Michel Desjoyeaux (Géant) est revenu dans le trio de tête, et les deux Gitana sont en embuscade… Seul Sopra Group est décroché et Antoine Koch a peu de chance de rattraper son retard, surtout sur un parcours réduit.

Caractérisée par ses humeurs changeantes, la Méditerranée risque d’être fort longue à traverser ! Pour l’instant, le vent d’Est 10-20 nœuds va rester installé au moins jusqu’à la pointe d’Almeria (à plus de 200 milles des étraves) avant de s’orienter au Nord Est (donc toujours contraire) au moins jusqu’à Ibiza en faiblissant progressivement, jusqu’au calmes. La route directe ne semble pas la meilleure et à des vitesses de rapprochement vers Nice certainement inférieur à 12 nœuds, cette deuxième partie du parcours s’annonce longue et pleine de surprises… On sait que la Grande Bleue a l’habitude de créer des différentiels importants en terme de brise, tant en force qu’en direction, surtout dans la bande côtière des trente milles. Avec en sus les îles Baléares à négocier, la hiérarchie sera en ballottage jusqu’à la côte d’azur !

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Ellen MacArthur établit le dernier record de l’Asian Record Circuit

Ellen MacArthur - Castorama
DR

Après huit longues semaines, le chronomètre s’est enfin arrêté lorsque Castorama a franchi la ligne d’arrivée au large de Singapour aujourd’hui à 9h47m46s GMT, à l’issue du 13e et dernier record de l’Asian Record Circuit. L’étape de 280 milles de Terengganu, en Malaisie, jusque Singapour a été complétée en 1 jour, 23 heures 9 minutes et 8 secondes. Pour ce tout premier circuit de records en Asie, Ellen MacArthur et son équipage international ont parcouru au total 4500 milles via 8 pays différents dont le Japon, la Corée du Sud, la Chine, Taiwan, le Vietnam, la Thaïlande, la Malaisie et Singapour. Ellen MacArthur était accompagnée sur ce circuit d’un équipage de quatre personnes composé en alternance du navigateur chinois Shaun Weng, de la navigatrice singapourienne Elaine Chua, du skipper français Thomas Coville, et des équipiers habituels Loik Gallon, Erwan Lemeilleur et Charles Darbyshire. L’Asian Record Circuit a débuté le 25 mars dernier.  En huit semaines, Ellen MacArthur et son équipage ont établi 13 nouveaux records, soit un temps total de course de 24 jours, 0 heure, 40 minutes et 15 secondes. Le team a fait escale dans huit grands ports d’Asie, notamment Dalian, Qingdao (port d’accueil des Jeux Olympiques en 2008), Shanghai et Hong Kong en Chine continentale, et a partagé ce projet avec les journalistes et le public de chacune de ces escales en participant à des conférences dans des écoles, des entreprises et différents organismes.

Les nouveaux records :
1. Yokohama-Jeju Island 5j 11h 10m 51s (906 milles)
 2. Jeju Island-Dalian 1j 15h 57m 28s (418 milles)      
 3. The Manchu Record (Yokohama – Dalian) 7j 3h 8m 19s (1324 milles)
 4. The Marco Polo Record (Dalian – Qingdao) 1j 0h 2m 53s (265 milles)
 5. The Cotton Record (Qingdao – Shanghai) 1j 5h 25m 33s (308 milles)
 6. The Old Tea Record (Shanghai – Taipei) 3j 0h 1m 55s (580 milles)
 7. The Colonial Record (Taipei – Hong Kong) 2j 16h 46m 37s (465 milles)
 8. Hong Kong – Sanya (Hainan Island) – 1j 22h 53m 25s (354 milles)
 9. Sanya – Nha Trang (Vietnam) – 2j 1h 37m 45s (360 milles)
 10. Nha Trang – Tumpai (Thailande) – 2j 17h 55m 14s (570 milles)
 11. Tumpai – Terengganu (Malaisie) – 0j 5h 39m 26s (75 milles)
 12. The Jade record (Hong Kong – Malaisie) 7j 0 5m 50s (1350 milles)
 13. Terengganu – Singapour 1j 23h 9m 8s (280 milles)

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Nigel Irens, l´artiste du Devon

Nigel Irens Francis Joyon
DR

Après Ellen, aujourd’hui Francis et, on dit, d’autres navigateurs à venir, vous voilà la coqueluche des chasseurs de records océaniques en solitaire. Pourquoi ?
C’est peu être en raison de mon côté artiste ou intuitif ? Je m’explique : dans l’architecture navale, il y a un côté artistique/empirique et un côté scientifique. Moi je suis plutôt du premier côté. Le scientifique a besoin de bases de données pour produire des analyses et c’est pour ça que je travaille avec Benoît Cabaret qui est un ingénieur. Mais quand il n’y a pas de base de solides bases de données, comme cela existe en 60 pieds ORMA, et donc là où il faut une bonne dose de scientifique pour faire la différence, l’artiste que je suis trouve plus matière à s’exprimer. J’aime concevoir plus qu’analyser et j’aime défricher. Lors d’un récent dîner à Londres organisé par le Royal Institut of Naval Architecture, on m’a convié à faire un discours sur mon métier. Le débat oscillait entre le « feeling » et la science. Et pour expliquer ma position, j’ai employé une expression française,  « au pif », en posant le doigt sur mon nez…

C’est vrai que vous continuez à faire des maquettes en bois des bateaux ?
Tout à fait. C’est bon pour le feeling !

Parlons des bateaux de record en solitaire. Un bolide Orma de 60 pieds ne peut pas convenir ?
Ah non pas du tout. Ils sont trop vulnérables en haute mer.

Vous voulez dire qu’ils sont trop dangereux ?
C’est aux skippers qu’il faut poser la question. Personnellement, je pense qu’un bateau dont la longueur est limitée, ce n’est pas terrible au large. La stabilité longitudinale est précaire.  

Vous préférez le 4 x 4 à la Formule 1 en haute mer ?
On peut le dire comme ça. A la réserve que les moyennes établies par Ellen sur son trimaran (long de 23 m, ndlr) dans le Grand Sud sont quand même éloquentes. Votre « Formule 1 » serait un peu « paumée » dans de telles conditions. Par mer plate je suis d’accord que le bateau d’Ellen est moins compétitif surtout au près, mais dans la grosse mer sa longueur et sa géométrie légèrement cabrée contribuent à plus de sécurité et à singulièrement reculer les risques de chavirage.

De toute façon on navigue souvent le pied sur la pédale de frein à bord de ces multicoques
Oui mais c’est pas toujours possible. Quand vous êtes surpris par un grain au débridé, il n’y a guère d’échappatoire. On ne peut pas descendre la grand-voile, on peut pas toujours lofer et encore moins à abattre. Le frein ne marche plus !

Peut-on dire que le nouveau Idec est un B & Q Castorama en plus grand, au prétexte que Francis est quand même nettement plus costaud physiquement qu’Ellen ?
Je ne suis pas autorisé à vous donner les dimensions d’Idec, mais il sera effectivement un peu plus grand que B & Q.

Au lancement de B & Q, vous expliquiez vous être inspiré du Fleury Michon VIII, (long de 23 m aussi) le dernier trimaran que vous avez fait (en 1986) avant que ne soit imposée la longueur de 60 pieds. Où situez-vous Idec ?
FM VIII était effectivement typé pour le débridé, mais B & Q encore plus. Je situerai Idec entre les deux conceptuellement.

Quelles leçons avez-vous tiré du périple d’Ellen ?
Je dirais en premier : le bateau n’a pas cassé. Donc on peut se poser la question : est-ce que nous sommes justes comme il faut au niveau structure ou sur échantillonnés ? Il faut se souvenir qu’à l’époque, le temps à battre autour du globe était de 92 jours et donc il « suffisait » de ne pas casser. C’était la priorité. On avait ainsi toutes les bonnes raisons de ne pas faire un bateau extrême pour Ellen. Maintenant on en sait plus et inévitablement, quelque soit l’architecte ou le skipper, on va pousser plus loin. D’autant que le record est désormais à 71 jours et 14 heures.

Ca fait plus de 20 ans, vous avez dessiné une formidable machine de vitesse océanique : le catamaran Formule Tag… Et depuis vous n’avez fait que des trimarans. Pourquoi ?
C’est dû à la limitation de la longueur à 60 pieds. Plus précisément concernant la navigation en solitaire, un catamaran de taille conventionnelle présente un gros point faible : la forme très brutale de la courbe de stabilité. Soit on est du bon côté, soit on va chavirer. Sur les très grands bateaux à équipage de la taille d’Orange, c’est moins pénalisant car ils sont stables. Et le cata peut trouver son avantage comparé à un grand trimaran surpuissant.

Pour résumer, la solution cata a des arguments au-delà de 30 m de long ?
Oui, on pourrait le dire de cette façon.

Revenons à Idec construit en infusion. C’est un peu un retour en arrière techniquement parlant ?
Techniquement, on peut le penser ainsi, mais économiquement c’est très avantageux. Et puis le constructeur Marsaudon a bien perfectionné son infusion. Le delta en poids pour la seule structure serait de 15% comparé à du pré imprégné. Ce qui ramené au poids de l’ensemble du bateau prêt à naviguer demeure acceptable.

Pas de Nomex non plus ?
Idec est en sandwich mousse/carbone. Le bateau d’Ellen est en mousse également : c’est quand même plus fiable que la combinaison carbone/Nomex telle qu’employée sur les 60 pieds ORMA. Moi je suis favorable à un peu de souplesse : ça peut-être l’âme ou la peau. L’ancien Formule Tag était en tissu pré imprégné (une première à l’époque, ndlr) mais la peau était en Kevlar. Le Fuji de 1990 était en carbone avec de la mousse Airex…

On dit qu’un bateau similaire à celui de Francis Joyon est en construction de l’autre côté de la planète pour un skipper français ?
C’est exact, mais je ne peux pas m’étendre sur le sujet. Par contre la comparaison des deux bateaux va être passionnante. Au départ nous avons proposé le même avant-projet aux deux skippers et chacun a tellement influencé le design que ça se termine avec deux bateaux assez différents sur un concept de base identique. Un bateau simple (Idec) pour un « marin à l’ancienne » et un produit plus technique et aussi plus coûteux de l’autre côté.

Vous avez été consulté pour le nouveau grand projet de Banque Populaire ?
Pas encore, mais on espère bien (le 60 pieds BP IV de la Multi Cup est un plan Irens, ndlr). Et là il s’agirait  d’un bateau de record en équipage donc plus grand. Un nouveau challenge !

Ca vous plaît vraiment ces bateaux de records océaniques ?
Oui j’aime bien. La composante « artistique/feeling » est plus forte pour ce genre de projets. C’est plus mon territoire…

Propos recueillis par Patrice Carpentier

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