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Les Sud-Africains « chouchous » à Valence

Shosholoza échauffement
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Aussi touchants que combatifs, les Sud-Africains ont conquis les cœurs. « Shosholoza » signifie « va de l’avant » et est emprunté d’une chanson entonnée autrefois par les mineurs et ceux qui travaillaient dur de leurs mains. « Nous voulons montrer que tous les citoyens sud-africains peuvent travailler et réussir ensemble », annonce fièrement le Capitaine Salvatore Sarno dont le rêve est devenu réalité. Cet italien, patron d’une compagnie de transport maritime, vit depuis 20 ans à Durban. En 2002, il a « une vision » : celle d’emmener cette nation blessée par 40 années d’apartheid, à la conquête de la Coupe de l’America.

Réelles ambitions
Le projet voit le jour en 2004, grâce à l’implication de l’Anglais Paul Standbridge, un ancien du GBR Challenge, et de Ian Ainslie, coach de la Fondation Izivunguvungu, une école pour jeunes marins qui a permis de recruter des régatiers locaux. La moyenne d’age est de 31 ans, alors qu’elle atteint 40 ans chez « Alinghi ». En plus de défendre une noble cause, l’équipage, à 80 % Sud-Africains, montre aujourd’hui un réel potentiel sportif. « Shosholoza » a été le premier défi à disposer dès 2005 d’un bateau nouvelle génération. Cette semaine à Valence, l’équipe a remporté quatre victoires dont une contre le très en forme défi espagnol.  « Nous avons de réelles ambitions sportives », déclare Tim Kröger, qui a participé à la naissance du projet et prépare sa troisième Coupe. « Beaucoup viennent de la voile légère, mais certains n’avaient jamais navigué. Nous avons recruté des marins expérimentés et le groupe a beaucoup progressé ».  La cellule arrière a été renforcée par le skipper Mark Sadler, l’un des meilleurs régatiers sud-africains, et Tommaso Chieffi qui apporte à la barre, l’expérience de cinq Coupe de l’America.
 
Equipe sportive de l’année
 Salomon Dipeere, 25 ans, a grandi près de Johannesburg et découvre l’Europe : « Notre objectif change tous les jours. Au début, nous voulions juste être présents et gagner une ou deux régates, puis on a commencé à viser le milieu du tableau, et maintenant, on rêve même d’aller beaucoup plus loin ! », s’amuse-t-il avant d’ajouter : « Etre ici dépasse le bateau, nous faisons cela pour notre pays ». En Afrique du Sud, « Shosholoza » a été élue « équipe sportive de l’année 2005 », devant le cricket et le rugby. Une belle récompense. « La voile est considérée comme un sport de blanc là-bas, nous montrons que tout le monde a sa place à bord d’un Class America », se félicite Tim Kröger, « ce que nous faisons ici est vraiment fort ». L’année dernière à Trapani, l’équipe a reçu la visite d’Andrew Mlangeni, emprisonné pendant 26 ans avec Nelson Mandela. Il leur avait alors donné le plus beau des encouragements, en déclarant : « Ce que vous réalisez aujourd’hui est tout ce dont j’ai rêvé toute ma vie et pour lequel je me suis tant battu ».
 
Julia Huvé

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Armel Le Cléac´h, le Rhum avec Brit Air

60' Imoca Brit Air Armel Le Cléac'h ex VMI
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Suite à la très concluante première expérience commune dans la Transat AG2R Concarneau/St Barth en avril dernier, lors de laquelle Armel Le Cléac’h et Nicolas Troussel ont mené une partie de la course et se sont classés 5ème, BRIT AIR souhaite soutenir son skipper dans son projet de participation à la Route du Rhum.
Il représentera donc les 1270 salariés de la compagnie sous les couleurs bleue et jaune du fameux logo, triskell et hermine, qu’il arborera sur son monocoque, lors du départ de St Malo, le 29 octobre prochain.

Ce monocoque, plan Finot-Conq mis à l’eau en 1998, anciennement Sodebo, a été racheté par VMI en 2002 et a permis à Sébastien Josse de se classer 5ème au dernier Vendée Globe.

Convoyé ce jour des Sables d’Olonnes à Port la Forêt, le monocoque BRIT AIR sera mis en chantier pour des travaux de gréement et de décoration aux couleurs de la compagnie, avant de prendre le large avec Armel pour sa qualification en vue de la Route du Rhum (environ 1500 milles)

Caractéristiques techniques

Architecte : Groupe Finot-Conq
Maître d’œuvre : Thierry Eluère
Longueur : 18,28 m
Largeur : 5,40 m
Tirant d’eau : 4,50 m
Poids : 8 tonnes
Quille : fixe
Lest : 2,8 tonnes
Matériau : Polyester/Carbone Nomex
Surface de voilure maximum :    – au près : 285 m2
    – au portant : 620 m2

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Philippe Presti, “On joue dans la cour des grands”

Philippe Presti
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Pour un baptême du feu, c’est plutôt réussi !
Oui, on prend la seconde place au général derrière BMW Oracle en remportant 9 de nos 11 matches. On bat des grosses pointures comme Alinghi et les Néo-Zélandais, qui étrennaient leur nouveau bateau comme nous et les Américains. Ce sont d’ailleurs les trois nouveaux Class America de la flotte qui font le podium. Cela dit on s’est incliné face aux Espagnols et on aurait pu l’éviter. En conclusion, on est content d’être second car dans les Actes précédents c’était dur de prendre sa place dans le quatre majeur et là indiscutablement on a potentiel de vitesse supérieur, mais aussi déçu de ne pas avoir gagner. C’était à notre portée. On joue dans la cour des grands. C’est redevenu une régate de bateaux à voile…

Faut comprendre que dès que l’écart à l’arrivée dépasse plus de 20 secondes, ce n’est plus une régate de bateaux à voile comme vous dites ?
Ca dépend comment l’écart est créé. Je veux dire que l’an dernier Alinghi mettait le pied sur l’accélérateur et il doublait tout le monde. Là on est revenu à leur niveau. Si on navigue bien, si on prend de bons départs, c’est jouable désormais.

Oui mais Alinghi est un ancien bateau. On peut aussi vous retourner le compliment en notant que ce bateau de la génération passée fait jeu égal avec les nouveaux
Alinghi avait mis la barre très haute ces derniers temps et le fait d’être à niveau, c’est déjà beaucoup. Je crois que nos progrès ne s’arrêtent pas à l’usage du nouveau bateau. Le potentiel d’un Class America se mesure en mètre par minute. La performance à ce niveau c’est un tout. Il faut avoir le potentiel d’aller aussi vite que les autres, sinon mieux, et après il ne faut pas faire de bêtises. Contre BMW Oracle mardi, on est parti en tête mais on n’a pas réussi à conserver l’avantage. Au lieu de passer devant à la bouée au vent, on est passé derrière avec en prime une pénalité à faire. A ce niveau de compétition, c’est quasi irréparable. Je le dis c’est redevenu de la régate de bateau à voile. Avant, la tactique on n’en parlait pas trop.

Pourtant les phases de départ manquaient un peu d’engagement « musclé »
Y avait pas de vent. La régate la plus ventée a été la dernière avec des claques à 10,5 nds.

Moins de vent que prévu ?
On a fait des régates tous les jours. La compétition a eu lieu. Y a rien à dire ! Même si à cette époque de l’année, le comité d’initiative prévoit plutôt 12/14 nds.

Ca fait une différence sur l’eau
Une différence de 1nd en pression de vent, ça fait tout de suite 2 à 3/10ème de vitesse en plus.

Les conditions optima ?
On est pleine charge à 13 nds de vent au près, c’est-à-dire gîté au maximum, mais on n’est pas encore à notre rendement optimal. On va vite mais bas. A 15 nds on va un peu moins vite mais plus haut avec un meilleur VMG.  

Un mot sur BMW Oracle
C’est vrai qu’il vire court et qu’il a un mât très avancé et son bout-dehors… Je ne sais pas exactement comment il est sous l’eau. Moi je ne le trouve pas très gracieux mais il a l’air efficace… Il vire sec, il accélère un peu plus vite mais une fois lancé je ne vois pas de différence comparé aux autres nouveaux bateaux.

Globalement à Valence cette semaine, on a eu l’impression d’assister à un nivellement vers le …
C’est vrai que les gros teams sont au niveau d’Alinghi et que parfois des voiliers d’équipes plus modestes font la nique aux grosses cylindrées. Quand Karol Jablonski garde son calme, il fait de belles choses avec le voilier espagnol. La preuve, il nous a battus. J’ai bien aimé Shosholoza du team Sud-Africain désormais mené dans la cellule arrière par le duo italien Chieffi/Cian. Il y a du sang neuf aussi sur Mascalzone Latino avec Jes Graham Hansen à la barre au départ. Décidément une semaine bien intéressante… L’autre nouveauté par rapport à la dernière Cup en Nouvelle Zélande est qu’on n’a jamais vu 12 équipes en place sur le terrain de jeu 1 ou deux ans avant le Match. « Les petits » s’entraînent beaucoup même entre eux pour les écuries qui n’ont qu’un bateau et on voit la différence. Alinghi est à deux doigts d’être battu par Mascalzone, Nous on est devancé par Desafio Espanol lui-même battu par Team Shosholoza, + 39 a fait plus de la moitié de la régate devant les Kiwis… Ca joue !  
 
Et quel est ton poste dans l’équipe de Francesco de Angelis
Barreur. Je suis à la barre du second bateau lors des entraînements. Pendant l’Acte X, j’observais les régates sur l’eau à la  vidéo et sur les images virtuelles de tout le monde. Mon travail c’est d’aider l’équipe à établir une stratégie au plan tactique notamment sur la phase départ en fonction des adversaires. On ne peut plus se permettre de démarrer moyen et de compter sur la vitesse pour se refaire. Il faut être à 100% du début jusqu’à la fin.    

Quelle est la suite du programme ?
Régate en flotte à partir de demain (l’Acte XI) et puis dans un mois démarre l’Acte XII. La même chose que l’Acte X, mais cette fois avec demi finale et finale. Et puis rendez-vous l’an prochain avec une course en flotte début avril suivie de la Louis Vuitton Cup de mi-avril à mi-juin pour sélectionner le Challenger qui rencontrera le Defender Alinghi : La Coupe de l’America.

Patrice Carpentier

Classement Act X
1 – BMW Oracle Racing (USA87) – 9/10 – 9
2 – Luna Rossa Challenge (ITA86) – 9/11 – 9
3 – Emirates Team New Zealand (NZL84) – 9/11 – 9
4 – Alinghi (SUI75) – 9/11 – 9
5 – Desafío Español 2007 (ESP65) – 6/11 – 6
6 – Victory Challenge (SWE63) – 6/11 – 6
7 – Mascalzone Latino-Capitalia Team (ITA77) – 5/11 – 5
8 – Team Shosholoza (RSA83) – 4/11 – 4
9 – +39 Challenge (ITA59) – 3/10 – 3
10 – AREVA Challenge (FRA60) – 3/11 – 3
11 – United Internet Team Germany (GER72) – 2/11 – 2
12 – China Team (CHN79) – 0/11 – 0

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Lutte acharnée

BMW Oracle
DR
Un des matchs les plus importants de ce flight 10 était celui opposant Emirates Team New Zealand à Luna Rossa Challenge. Et quel duel ! Les deux équipages terminent leur premier bord pratiquement de concert, avec un léger avantage pour les kiwis qui enroulent en tête avec quelques mètres d’avance. Pendant le bord de spi, Spithill, sous le vent, passe à l’offensive et lofe Emirates Team New Zealand. Le spi de NZL 84 touche alors la barre de flèche des Italiens et explose. Ce faisant, les kiwis écopent d’une pénalité et voient toutes leurs chances de victoire s’effondrer malgré une navigation sans cesse au contact. Dean Barker et son équipe hypothèquent du coup la première place au classement général.

BMW ORACLE s’impose de justesse devant le challenger local
Les Espagnols ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils sont confrontés à plus forts qu’eux. Tombeurs de Luna Rossa Challenge, Karol Jablonski et son équipe auraient pu récidiver avec BMW ORACLE Racing aujourd’hui. La bagarre a été intense pendant toute la régate avec des passages de marque extrêmement serrés. Les Américains ne disposent que de 4 secondes d’avance à la bouée au vent. Si bien que le bord de spi tourne en faveur du Class America vert des Espagnols qui reprend la main à la bouée suivante de… 5 secondes. L’expérience et le sang froid de Dickson et ses compères feront la différence. BMW ORACLE Racing conservera une mince avance, suffisante néanmoins pour remporter ce match (de 25 secondes).

Superbe victoire de Mascalzone Latino face à Shosholoza
Les matchs de classement ont été tout aussi disputés à l’image de +39 Challenge, vainqueur de United Internet Team Germany. Mais c’est Mascalzone Latino-Capitalia Team et Shosholoza qui ont fait le spectacle sur le plan d’eau. Les Italiens de Vasco Vascotto, avec Jes Gram Hansen à la barre, dominent d’abord le départ et la première remontée au vent. 14 secondes les séparent des Sud-Africains à la bouée. Le bord de spi est tellement serré que les deux adversaires passent la porte sous le vent exactement en même temps. Mais l’équipage de Vasco Vascotto commet l’erreur de choisir la bouée de gauche alors que le comité indiquait un changement de parcours suite à une rotation du vent sur la droite. Voilà les Sud-africains qui reprennent l’avantage avec 9 secondes d’avance à la dernière marque de passage. La dernière descente vers l’arrivée sera à l’image du début de course. A 300 mètres de l’arrivée, Mascalzone Latino parvient à doubler son concurrent… et finit par remporter ce match superbe.

Source ACM / C.El

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Sanderson intouchable ?

ABN AMRO 2
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Pour Sébastien Josse, après six jours de course, les jeux sont pourtant pratiquement faits, même si un tassement de la flotte à l’approche de la pointe de l’Angleterre est envisageable avec la nouvelle dépression qui s’annonce sur leur terrain de jeu à l’approche du Cap Lizard. Josse  voit cependant mal comment  Sanderson pourrait être détrôné de sa position de leader alors que ce dernier navigue dans un système météo presque différent.  Mais  il reste encore aujourd’hui de bonnes présomptions pour que Movistar ait tiré la bonne carte. Rendez-vous au Cap Lizard pour le verdict.
 
Jeudi soir ou vendredi matin, les premiers VO 70 devront sans doute lever un peu le pied s’ils veulent préserver leur machine dans les rafales de 45 à 50 nœuds attendues sur zone et arriver sains et saufs à Portsmouth, terme de cette 12ème manche.

 
Que pensez-vous de cette traversée Ouest-Est  de l’Atlantique Nord ?
D’abord qu’elle est très froide. Je m’y attendais depuis mon expérience dans la Transat Anglaise. Mais le froid est vraiment saisissant. Sans doute à cause des vents de nord. Pourtant, nous sommes à la latitude de Sarragosse et de Rome ! Ce n’est pas très très agréable. Mais, ce qui est très étrange ici, c’est l’intensité de la vie rendue possible par les courants chauds du Golf Stream. Dans les mers du sud, il fait vraiment froid et la vie marine est pratiquement réduite à zéro. Ici Il fait froid, peut-être même plus froid que dans le Sud, mais la vie grouille autour de nous. Nous avons vu près de 50 dauphins ces derniers jours. Mais, nous sur le pont, on se caille. Nous avons deux paires de gants, des bonnets, des polaires, des bottes, des cirés… Il y a aussi pas mal d’eau sur le pont. Contrairement à ce que l’on pense, on prend plus d’eau dans la figure quand ces bateaux foncent dans la vague à 20 nœuds au portant, que quand nous sommes à 10 nœuds au près.
 
 
Et la partie d’échecs qui se joue actuellement ?
Je ne vois pas comment Mike Sanderson va pouvoir être inquiété. Peut-être par Ericsson qui est à peu près dans le même système météo et encore. Mais au vu des cartes météo, j’ai du mal à imaginer Movistar en tête au Cap Lizard. C’est possible, comme tout peut l’être sur l’eau. La casse par exemple car on va en prendre plein la figure dans quelques jours à l’arrivée sur la pointe de l’Angleterre. Notre groupe, avec Pirates, Brunel et Brasil 1, est dans une position intermédiaire, mais avec un cran de retard sur ABN AMRO ONE. Et ce cran va être difficile à surmonter. Nous ne bénéficions pas tout à fait des mêmes conditions météo qu’ABN AMRO ONE. Notre groupe est toujours dans les effets de la première dépression qui est en train de mourir sur nous. Eux vont bientôt rencontrer une seconde dépression, très grosse, qui descend le long de la côte ouest de l’Ecosse. Cela peut faire mal. On se prépare à faire le dos rond.
 
L’équipage va bien ?
Oui, nous sommes gelés mais en pleine forme. Et très motivés. Contrairement à l’étape précédente, nous n’avons rien cassé pour l’instant. Mais il va falloir rester vigilants avec ce qui nous attend devant. La dépression qui arrive est vraiment grosse et la mer va sûrement se former. Les secousses risquent d’être dangereuses pour nos bateaux. Mais notre équipage de « jeunes » est devenu très à l’aise dans la brafougne, plus que dans le petit temps. En un mot, plus à l’aise dans la bagarre que dans la négociation. Moins patients sans doute que les vieux de la vielle. Cela tombe bien. Dès jeudi soir ils vont être servis ! Sinon, je suis épaté par leurs progrès. Ils font vraiment un super boulot et s’améliorent d’étape en étape. Et toujours dans une super ambiance et avec beaucoup d’enthousiasme.
 
L’enjeu de cette étape ?
Il est clair pour tous, ce sont les deux places restantes sur le podium à l’arrivée à Göteborg. ABN AMRO ONE est intouchable, mais on peut encore se battre avec Pirates, Brasil 1, Movistar et même Ericsson qui fait une superbe manche en ce moment. On a parlé de record de traversée ou des 24h sur cette étape. Pour moi, ce n’est pas la priorité. C’est possible, vu les conditions météo, mais ce n’est pas l’enjeu du moment. A chaque jour suffit sa peine. Pour l’instant, on se concentre sur la seule chose importante, « aller vite, au bon moment et au bon endroit ».  Et croyez moi, c’est pas facile.
 
Potin du large… Un mot sur Dee Caffari, la jeune navigatrice anglaise qui bouclera son tour du monde à l’envers dans quelques jours ?
C’est amusant, on est parti presque en même temps d’Europe, nous le 12 novembre 2005 d’Espagne et elle le 21 d’Angleterre, et nous arrivons pratiquement ensemble en Angleterre. Nous, après un tour du monde qui compte de longues escales et elle en solo, non stop, contre les vents dominants. Les gens ne se rendent pas vraiment compte de ce que c’est de faire le tour du monde à l’envers. Ce que vient de faire Dee est un vrai exploit. Plus de 170 jours en mer dans ces conditions. Chapeau bas.
 
Source ABN AMRO

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ABN AMRO ONE a percuté une baleine cette nuit…

ABN AMRO 1 bute dans la vague
DR

« Il fait très froid sur le pont et nous sommes dans le brouillard pratiquement depuis le départ. Quand on finit nos quarts, nous n’avons qu’une hâte c’est de retrouver nos duvets en laine polaire et profiter au maximum de notre temps de récupération. Aujourd’hui, nous avons rencontré une baleine. J’étais à la barre depuis une heure, quand un remous suspect a attiré mon attention. Quelques minutes plus tard un autre remous, avec cette fois l’imposante queue du mammifère marin frappant la surface de l’eau à environ 300 mètres du bateau. J’ai alerté Jan et Crusty, sur le pont avec moi, afin qu’ils profitent du spectacle, mais l’animal n’a pas refait surface. Peu après, je pouvais voir des espèces d’auréoles d’eau lisse et sentir cette odeur de poisson, caractéristiques de la respiration des baleines… Cinq minutes plus tard nous avons percuté l’animal, passant de 12 à 5 nœuds. Le bateau a été complètement secoué. En me retournant après le choc, j’ai vu un morceau de dérive flotter dans notre sillage. Plus tard, nous nous sommes aperçu que la baleine avait même laissée des morceaux de peau dans les filières du bateau ! Occupé a éponger les fonds, Dave était appuyé contre le boîtier de dérive lorsque le choc a eu lieu, il m’a expliqué sa peur, pensant d’abord que nous touchions le fond (en pleine mer), puis que nous venions de passer sur la chaîne d’un cargo que nous n’aurions pas vu dans le brouillard…Il a pu entendre le bruit du carbone se rompre sous le choc. Heureusement, nous transportons une dérive de rechange depuis le début de la course, en une vingtaine de minutes cette dernière remplaçait la dérive cassée. Voila, côté course, nous sommes dernier. Les options sont radicalement différentes. Le reste de la flotte semble avoir privilégier le gain sur la route directe, tandis que notre navigateur Stan Honey pense au placement pour les prochains jours…. Les prochaines 24 heures vont être intéressantes !

Des options différentes
Après trois jours et demi de course dans les eaux glaciales qui longent la côte nord-est des Etats-Unis, les concurrents, qui viennent d’entamer leur traversée de l’Atlantique à la hauteur de la pointe nord de la Nouvelle-Ecosse, peinent toujours à se départager. Mais les classements intermédiaires donnés toutes les 6 heures, calculés par rapport au but, ne sont pas la préoccupation majeure des équipages pour l’instant. L’heure est à l’option.
 
Prendre une route plus courte et risquer de se trouver en difficulté avec les effets de la dépression qui se trouve actuellement au milieu de l’Atlantique, ou, comme ABN AMRO ONE, partir au sud, allonger sa route, mais (si cela marche) être en position de force pour négocier la météo des jours à venir. Un cavalier seul que peut se permettre Sanderson et de son équipage grâce à un trésor de guerre confortable au classement général provisoire après les 11 manches disputées. Les positions d’Ericsson et de Brunel montrent que l’option Sud pourrait être également la solution retenue chez les Suédois et les Australiens.
 
Chez quatre autres concurrents, une telle témérité n’est pas vraiment de mise. Quatre candidats pour deux places sur le podium à Göteborg, cela en fait deux de trop. Chez Brasil 1, Pirates, ABN AMRO TWO et Movistar, la guerre est déclarée car rien n’est encore joué entre eux.
 
Entre eux, le marquage semble être donc de règle. Même si, sur cette étape, Movistar, parti avec deux heures de pénalité de New York, peine à rattraper son handicap. L’équipage espagnol pourrait être acculé à prendre certains risques afin d’arriver en bonne position au Cap Lizard, premier stand de distribution de points de cette étape de 3 500 milles qui devrait s’achever vers le 24 mai à Portsmouth au sud de l’Angleterre.
 
La progression au près le long des côtes du Maine, puis de la Nouvelle-Ecosse, à quelques encablures des grands bancs de Terre-Neuve, a été particulièrement dure à cause du froid intense et de la mer difficile qui règnent dans cette zone de navigation réputée comme un cimetière à bateaux. Mais le vent vient (enfin) de tourner au Nord et la flotte a retrouvé de la vitesse et un peu de confort.  Un peu de répit avant de se retrouver à nouveau dans quelques jours dans des conditions de navigation périlleuses.

CLASSEMENT GENERAL provisoire après 11 manches :
 
1 – ABN AMRO ONE                           70.5 pts
2 – PIRATES DES CARAIBES          47.5 pts
3 – MOVISTAR                                     47    pts
4 – BRASIL 1                                        42    pts (tiebreack sur ABN AMRO TWO)
5 – ABN AMRO TWO                          42    pts
6 – ERICSSON                                    30.5 pts
7 – BRUNEL                                          2.5   pts

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Groupama 2 vainqueur

Groupama 2 - Franck Cammas
DR

C’est par une brise de secteur Est à Sud Est 8-12 nœuds que Groupama 2 s’est présenté dans la baie des Anges ce lundi après-midi, soit moins de sept jours pour parcourir les 2 075 milles entre Londres et les Alpes Maritimes à 12,67 nœuds de moyenne. Ce temps de course marque bien la diversité des conditions météorologiques rencontrées sur la Tamise, en Mer du Nord, en Manche, en Atlantique et en Méditerranée…

Alternance de petits airs et de brises modérées, coups de frein et accélérations, cette première épreuve hauturière ouvrant le nouveau Championnat Multi Cup Café Ambassador a surtout été marquée par le duel permanent entre Groupama 2 et Banque Populaire IV qui n’ont jamais eu plus d’une dizaine d milles d’écart depuis l’Angleterre !  Pascal Bidégorry et son équipage (Banque Populaire IV) devraient franchir la ligne d’arrivée à Nice avec moins d’une demie heure de retard, soit vers 14h40.

Source Multicup 60

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Deauville attend les monotypes

Tour de France à la Voile
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A ce jour, 75 équipages se sont inscrits dans les classes ouvertes ; prés de la moitié sont des équipages internationaux venant de toute l’Europe et même des Etats-Unis et  de l’Australie,représentant 10 nationalités et répondant ainsi à l’ambition de l’événement d’accueil des séries internationales de haut niveau.

En Mumm 30, ou une trentaine d’équipages sont attendus, le Championnat d’Europe réunira les équipages du circuit Français se préparant au Tour de France à la Voile et des équipages internationaux se déplaçant pour l’occasion et venant d’Angleterre, d’Allemagne,de Hollande, de Croatie, des USA…

Pour les Melges 24,la Semaine de Deauville, National Open de la série, sera la première étape de la construction d’un nouveau rendez-vous international dédié à l’Europe du Nord ; 20 à 25 équipages sont prévus, dans une année marquée par la préparation du Championnat du Monde en août prochain à Hyères.

Les J Boats ont répondu à l’appel et devraient représenter 30 à 40 équipages ; le J 80 en plein développement en Baie de Seine, le J 105 avec une forte mobilisation de la classe anglaise, et le J 109 dont c’est la première Coupe Européenne.

Enfin deux autres classes, les 747 OD, à forte implantation en Normandie, et la classe des 40 pieds ( Beneteau 40.7, IMX 40, Dufour 40…) compléteront les séries.

L’événement suscite par ailleurs une forte mobilisation des clubs Normands avec l’appui de la Ligue Basse-Normandie et du Comité Départemental du Calvados de la FF.Voile: le Deauville Yacht Club, la Société des Régates du Havre, la société des Régates de Caen-Ouistreham.

Le Royal Southern Yacht Club de Hamble apporte son appui par la présence de son « race manager » Tony Lovell et par la mise en place des arbitres anglais qui représentent la moitié des membres du comité de course. Enfin la SNSM offre également le concours de ses stations de Honfleur, de la Touques et de Dives sur Mer.

L’engagement déterminant des collectivités,la Ville de Deauville, le Département du Calvados, la Région Basse-Normandie, et de la CCI du Pays d’Auge a permis le lancement de l’événement appuyé par des partenaires médias de premier plan (Ouest-France, France Bleu Haute et Basse-Normandie, Voiles et Voiliers).

De nombreuses entreprises appuient également cette première édition de la Deauville International Week : Audi Audera qui présentera le Q7 dernier né de la gamme Audi, Champagne G.H. Mumm, Musto, North Sails, Orange, La SNIP qui met en place les vedettes de la gamme Targa, Maxsea, Honfleur Traiteur,le Golf de Deauville Saint-Gatien.

Enfin saluons les premiers arrivés déjà à flot au Port de Deauville : les hollandais du Mumm 30 Triple P et les J 105 français GARZETTE et JOUJOU EXTRA venus spécialement de Bretagne Sud.

Source : Deauville International Week

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Le tiercé gagnant

In board / Groupama
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C’est par une brise de secteur Est à Sud Est 8-12 nœuds que Groupama 2 s’est présenté dans la baie des Anges ce lundi après-midi, soit moins de sept jours pour parcourir les 2 075 milles entre Londres et les Alpes Maritimes à 12,67 nœuds de moyenne. Ce temps de course marque bien la diversité des conditions météorologiques rencontrées sur la Tamise, en Mer du Nord, en Manche, en Atlantique et en Méditerranée… Alternance de petits airs et de brises modérées, coups de frein et accélérations, cette première épreuve hauturière ouvrant le nouveau Championnat Multi Cup Café Ambassador a surtout été marquée par le duel permanent entre Groupama 2 et Banque Populaire IV qui n’ont jamais eu plus d’une dizaine de milles d’écart depuis l’Angleterre !

Pascal Bidégorry et ses cinq hommes d’équipage s’adjugent donc la seconde place de la course Londres-Alpes Maritimes avec une demie heure de retard : un différentiel en temps de trois millièmes ! Et rien n’était écrit avant les îles du Levant et même dans la baie de Saint-Tropez, car les deux trimarans n’ont pas cessé de se disputer la première place. Choisissant approximativement les mêmes routes depuis le départ de Londres, Groupama 2 et Banque Populaire IV se sont retrouvés maintes fois au contact. Moins qu’à vue : à quelques mètres l’un de l’autre… Mais dans les conditions météorologiques finales, soit du petit temps au près, contre le vent sur une mer plate, le dernier-né des multicoques avait un très léger avantage. Franck Cammas et son équipage en ont profité, ont pris la tête le long des côtes varoises, puis ont contrôlé leur concurrent jusqu’à Antibes, avant de s’échapper définitivement.

Des écarts infimes à l’échelle du parcours
Mais l’écart à l’arrivée à Nice confirme bien que ce duel au sommet n’avait pas d’issue claire avant ce lundi matin… Banque Populaire IV aura réalisé un très beau parcours mais n’aura pas réussi à faire le doublé : Pascal Bidégorry avait en effet remporté, ici à Nice, l’IB Group Challenge entre Lorient et les Alpes Maritimes l’an passé au mois de mai.

Et à seulement deux heures et trente minutes, c’était au tour de Michel Desjoyeaux d’en finir avec ce beau parcours, très diversifié " météorologiquement " parlant, et surtout très ouvert, puisque Géant était revenu (et a même devancé) les deux leaders lors de la traversée du golfe de Cadix. Légèrement moins véloce dans le petit temps au près, Michel Desjoyeaux avait ensuite choisi de se démarquer au passage des Baléares, et sa tentative n’a pas été loin d’être fructueuse… Il ne s’en est fallu que de quelques heures !

Quant aux deux Gitana, Frédéric Le Peutrec a effectué un beau retour par sa route au large entre les Baléares et Porquerolles et Gitana 11 ne devrait s’incliner que d’une heure de demie face à Géant. Et Gitana 12 devrait lui succéder sur la ligne d’arrivée à Nice lui aussi une heure et demie plus tard, soit vers 18-19h. Le seul grand perdant de ce parcours de 2 075 milles est bien Antoine Koch et son jeune équipage qui ont été harcelés par une météo contraire et Sopra Group ne devrait pas atteindre la Côte d’Azur avant mercredi soir.

Classement de la course Londres-Alpes Maritimes :

1-Franck Cammas (Groupama 2) en 6j 21h 03’ 04’’

2-Pascal Bidégorry (Banque Populaire IV) en 6j 21h 26’ 36’’ à 23 minutes 32 secondes du leader.

3-Michel Desjoyeaux (Géant) en 6j 23h 33’ 22’’ à 2 heures 30 minutes et 22 secondes du leader.

4-Frédéric Le Peutrec (Gitana 11) à 15 milles de l’arrivée à 17h

5-Thierry Duprey du Vorsent (Gitana 12) à 25 milles de l’arrivée à 17h

6-Antoine Koch (Sopra Group) à 630 milles de l’arrivée à 17h

Ils ont dit :

Franck Cammas (Groupama 2) :

" On a vécu une très belle course, très dense. Et nerveusement très dure aussi. D’être bord à fond tout le temps, ça fatigue un peu. J’avais du mal à aller dormir alors que je voyais la tête de Bidégorry tout près ! Plus sérieusement, j’ai du mal à ne pas lâcher si est un bateau est proche. Ce duel a été aussi exigeant, qu’enrichissant. Quand on rate une manœuvre, ou quand on règle mal le bateau et qu’on navigue tout seul, on s’en rend moins compte. Mais, on s’est bien battus contre les " petits jeunes " animés d’une belle rage de vaincre. La moyenne d’âge à bord de Groupama 2 était plus élevée, cela prouve que j’étais très, très bien entouré. Nous sommes tous très contents… Je suis très accrocheur sur l’eau et j’ai du mal à lâcher le morceau. Pascal est comme moi. Il a vraiment très bien navigué, bravo. "

Pascal Bidégorry (Banque Populaire IV) :

" Je suis bien sûr un peu déçu de ne pas avoir gagné. Mais je suis très content de la prestation de Banque Populaire IV. Je ne pensais pas qu’il tiendrait la dragée haute à Groupama 2 comme il l’a fait. Nous avons bien travaillé cet hiver. Je suis content aussi de notre petit groupe de six, nous avons fait du bon boulot et ça va crescendo. Les conditions de la fin ont un peu avantagé Groupama 2, mais nous sommes battus jusqu’au bout. Je n’ai aucun regret et j’espère que nous pourrons disputer les prochaines épreuves dans plus de vent…

Nous sommes effectivement très accrocheurs tous les deux. Franck est aussi quelqu’un de très méticuleux tant dans la mise au point du bateau que dans la manière de le faire marcher. J’ai beaucoup appris avec lui (Pascal était équipier-navigateur à bord de Groupama, ndlr). Aujourd’hui, je lui dois beaucoup. Nous avons, c’est sûr, la même façon de naviguer : il faut que la course soit belle et que le bateau termine à bon port avec tout le monde à bord.  "

Michel Desjoyeaux (Géant) :

"  On a eu un peu de tout en matière de météo. On s’est fait un peu secouer aussi. On a eu beaucoup de boulot, des options à prendre et de sacrés camarades de jeu. Bref, on a eu tous les ingrédients qui font une belle régate. La fin de la course depuis le passage de Gibraltar, a été bien animée et remplie d’occupations avec des écarts en Méditerranée qui se font et se défont. J’avais à mes côtés des équipiers enthousiastes et motivés, ils n’ont jamais baissé les bras, même quand on reculait dans le classement. Tout ça fait que nous avons disputé une très belle course depuis le départ de Londres. Aussi sympathique que le soleil qui nous accueille ici à Nice ! "

Charles Caudrelier, navigateur à bord de Banque Populaire IV :

" Nous avons les mêmes infos et les mêmes logiciels pour travailler. Ensuite, c’est vrai, qu’on se regardait un peu et qu’on se marquait. Par ailleurs, sur cette course ponctuée par une alternance de système météo différents et de conditions très variées, on a sans doute aussi privilégié la route la plus courte et les bords favorables. A bord de Banque Populaire IV, il nous fallait parfois choisir un parcours plus engagé pour compenser le petit déficit de vitesse qu’on pouvait avoir. Ce n’était pas toujours très simple d’ailleurs ! "

Franck Proffit, navigateur à bord de Groupama 2 :

" Nous avons traversé beaucoup de bassins en termes de météo et nous avons traversé plusieurs zones favorables au regroupement de la flotte. A Ouessant, au cap Saint Vincent ou encore dans le détroit de Gibraltar, nous avons, à chaque fois, perdu l’avance que nous avions. Ensuite, le fait que la course se termine au contact, ce n’est pas très étonnant. En Méditerranée, il vaut mieux pour le choix des options, adopter une gestion plutôt sage. "

Lionel Lemonchois, régleur sur Groupama 2 :

" Ce n’est pas mal de gagner à nouveau ! (L’année dernière, Lionel a remporté la course Lorient-Nice à bord de Banque Populaire IV, ndlr) J’ai beaucoup de chance, je crois, de pouvoir intégrer des équipages aussi performants et de naviguer à bord de bateaux aussi exceptionnels. "

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L´Empire du milieu s´éveille à l´America.

China Team à Valence 2006
DR

 L’équipe est née en mars 2005, du rapprochement entre l’homme d’affaire Wang Shao Yong, diplômé de Harvard, aujourd’hui dans le top 10 des entrepreneurs chinois, et le trio De Lesquen-Gellusseau-Mas, à la tête du défi français en 2000 et 2003. China Team, aussi prononcé Djong Gouo Djé Tué, littéralement « l’équipe de l’empire du milieu », a fait son entrée dans la compétition en juin dernier. Depuis, le budget tarde à décoller. Le matériel fatigue et la base sur le port America’s Cup ne sera livrée qu’en août. Mais l’équipe franco-chinoise  vit à Valence une aventure bien différente de celle de ses voisins  fortunés. 

La quête de l’Aiguière d’argent a toujours révélé des pays émergeants.  Lorsqu’en 1851, la goélette américaine vient chiper la « Coupe des  Cents Guinées » aux anglais, l’Europe découvre la jeune puissance  outre Atlantique. L’Océanie reprendra le flambeau 132 ans plus tard, avec la victoire australienne. L’Asie entrera en scène en 1992 avec le premier syndicat nippon. Le Japon occupe alors le 3 e rang industriel mondial. Et en 1995, le petit poucet néo-zélandais écrasera le colosse américain à San Diego. A l’heure où l’économie mondiale retient son souffle devant l’éveil du dragon chinois, l’arrivée du géant communiste dans l’un des événements phares du capitalisme occidental illustre une nouvelle fois le rôle de l’America’s Cup, au delà du sport.

Dans ce pays où les marinas et les chantiers poussent comme des champignons (noirs), la fédération de voile chinoise ne regroupe que  600 adhérents ! Intéresser la Chine à ce sport constitue donc un sacré défi. A l’Est de la grande muraille, la Coupe a déjà eu sa première
heure de gloire. En février, une émission de variété, présentant l’événement aux côtés des plus grandes stars du pays, a réuni 235 millions de téléspectateurs !

En prévision des J.O 2008 à Pékin, la « Chinese Yachting Association » (CYA) met le paquet. Des sportifs ont été recrutés au quatre coins du pays pour former l’équipe olympique de voile. C’est le cas de Whang Jue, 22 ans. En sport étude rugby à Shanghai, la fédération l’a recruté en 2002 pour préparer les Jeux en Laser. « Je n’étais jamais monté sur un bateau, cela m’a paru simple à manier, même si la technique de la régate est plus compliquée. » Il participera aux sélections du China Team organisés cet hiver, à Hong Kong puis Shenzhen : « Dès le premier jour, j’ai su que je voulais aller à Valence pour la Coupe » même s’il a du mal à l’expliquer, sinon "pour le défi sportif sûrement ».

Cinq chinois et deux singapouriens, issus en majorité de la voile légère, régatent à bord de l’ex-FRA 79, aujourd’hui CHN 79. Deux  traducteurs, l’un français, l’autre chinois, jouent au quotidien le trait d’union. Hubert Lemonnier, diplômé en commerce international à Shanghai, juge que « la différence majeure entre ces deux cultures réside dans le rapport à la hiérarchie. Les Chinois respectent les ordres, là où les français contesteraient. Ils apprennent vite, mais  ne laissent pas de place à l’interprétation personnelle, donc à l’initiative. » Pierre Mas, directeur sportif et barreur, considère lui que la difficulté reste avant tout sportive : « Ce n’est pas un problème de culture, ils écoutent, reproduisent ce qu’on leur montre mais ne comprennent pas la régate sur ces bateaux et cela nous prendra du temps. »

En juillet, un nouveau défi attend l’équipe. La construction du tout premier Class America chinois débutera à 200 kilomètres de Hong Kong. Obligation du règlement, les concurrents doivent faire naître leur bateau dans leur pays d’origine avant de rejoindre l’Espagne. C’est la  première fois qu’un bateau en carbone de cette taille sera construit  en Chine. 
 
Julia Huvé

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