Chaque année, le Cercle de la Voile de la Société Nautique de Genève se charge d’organiser au moins une régate officielle en « mer, ou un bras de mer, ou une combinaison des deux ». En effet, pour qu’Alinghi puisse prendre part à la prochaine America’s Cup à Valence en juin 2007, la SNG se doit d’assumer pleinement son rôle de Defending Yacht Club auprès d’ACM – America’s Cup Management.
Dans l’esprit qui régit la longue amitié entre le Yacht Club de Cannes et de la SNG, les organisateurs suisses ont élu, pour la quatrième année consécutive, la Côte d’Azur, l’espace d’un week-end pour ses régates officielles en mer. Rappelons que la SNG et le Yacht Club de Cannes ont signé une convention de jumelage liant les deux clubs en 2005.
Ce seront dix Toucans, sept 12M JI, dix 8M JI et sept 6M JI, représentant au total douze nations, qui se retrouveront au large de Cannes cette année. Un parcours côtier contournant les îles de Lerins est au programme du dimanche. Lundi, chaque série prendra son propre départ tour à tour. L’ensemble des bateaux s’affrontera alors sur un parcours de type « banane », entre deux bouées.
Comme le souhaitait Georges L. Schuyler, père fondateur de la « Coupe », la compétition se doit d’être avant tout un « championnat amical entre les nations ». Tel sera également l’esprit insufflé aux régates cannoises, ouvertes à tous, dans le but perpétuer la tradition telle qu’édictée dans le « Deed of Gift ».
La “Nautique” sur la côte
La Chronique de Capian : du large, du vrai !
Tant que l’on a été à se tirer la bourre, à vue dans le golfe de Gascogne, ce n’était pas trop différent de d’habitude. Mais, une fois la pointe du Portugal et le convoi de cargos qui l’accompagne passés ; quand on s’est retrouvés éparpillés dans la grosse houle qui donne l’impression de se pencher par dessus le balcon quand on est en haut de la pente, avec une ETA à 8 jours, les données ont un peu évolué…
La prise de conscience pour beaucoup d’entre nous s’est effectué précisément lorsque nous avons entendu à la VHF, en substance, à quelques centaines de milles du cap Finisterre :
– « J’ai perdu un safran dans un choc avec un objet flottant, je ne peux plus continuer la course, comment ça se passe, vous venez me remorquer ? »
– « Ici bateau accompagnateur, Non mon gars on viendra pas te remorquer on est là pour assurer la sécurité des personnes, tu n’es pas en danger physique, on va passer te voir et tu vas rentrer au Portugal comme un grand (au près / mer forte), donne-nous ta position exacte. ».
Et, quelques heures plus tard, avec un autre qui avait démâté. « on va venir, t’aider à faire un gréement de fortune si nécessaire et après tu rentres ». Dans la tête, c’est clair. On passe en mode « Il te reste 1000 milles avant Horta et tu dois te débrouiller seul pour aller au bout ». Je peux vous assurer que quand on fait des pirouettes, on est sacrement content de se remettre sur la route sans avoir rien cassé. Il arrive aussi des trucs qui font rire à l’étape, quand un copain avoue (en fin de soirée) que, sous spi bien sûr, son pilote a décroché alors qu’il était à l’intérieur, pantalon aux chevilles au dessus de son seau. La gestion des priorités est parfois tout un art.
Et on a des surprises aussi. Comme le jour où, bien au large, je chantais à la barre à fond sous spi avec le MP3 dans les oreilles. Je tourne la tête : un cargo ! Un gros et tout près en plus.
Je saute sur le 16. Il répond, m’avait pas vu non plus et me dit qu’il va passer à gauche. Cool.
Sauf que regardant devant moi, qu’est ce que je vois ? Une baleine qui va droit sur moi. Là aussi, une qui a l’air bien grosse et bien près. Ah, non pas la baleine ! C’est la première fois que j’ai slalomé entre un cargo et un cétacé. Un peu chaud mais ça aurait sans doute fait une jolie photo.
En parlant de rencontres, L’autre Super-Câlin en course avait un safran amoureux qui s’est barré avec sa dulcinée (une tortue, sans doute) à plus de mille milles du bord.
Je l’ai trouvé sous voilure très réduite, ballotté par la houle, en train d’essayer d’étancher la voie d’eau de son tableau ouvert. La course semblait cuite pour lui.
Un navire accompagnateur prévenu devait arriver et son équipage l’aiderait bien mieux que moi.
J’ai repris ma route et renvoyé peu à peu de la toile pour reprendre ma course. Le laissant, certes entre de bonnes mains, mais petit point s’éloignant sur l’horizon. Cela restera pour moi une des images les plus marquantes de cette course. Les jours suivant je n’ai cessé de vérifier les miens de safrans, sortant du bateau au moindre bruit suspect.
Quand à Dominique, Il a réparé et fini le parcours sur une seule patte, et classé. Je lui tire mon chapeau. Alors, effectivement, quand tout se passe bien, on reste dans une logique de performance et on ne parle que de course (déjà bien exigeante). Mais la frontière est bien mince entre cette course et d’autres trajectoires bien moins évidentes. Et c’est pour cela que la course au large et le mini (VHF et BLU only) en particulier sont et resteront des aventures, quoi qu’on en dise.
Matthieu Girolet
Francis Joyon, soutenu par IDEC Groupe, révèle les mensurations de son nouveau géant
Le point sur une machine exceptionnelle :
«Je reste fidèle à ma philosophie, prévient Francis, IDEC est donc un bateau simple.» En guise de préambule, le premier homme à avoir effectué un tour du monde en solo en moins de 80 jours (72 jours et 22 heures) rappelle qu’il privilégie la fiabilité et le bon sens, ce que confirment Nigel Irens et Benoît Cabaret, architectes du nouveau trimaran. «Francis n’est pas un homme de gadgets, il veut un bateau à son image, c’est-à-dire solide, puissant et sans fioritures. La forme définitive d’IDEC remplit ces critères.»
Un géant de 30m à l’assaut des grands records en solitaire
Avec ses 29,70 mètres de coque centrale, 24,50 mètres de flotteurs et une largeur de 16,50 mètres, la monture représente pour Francis «le meilleur compromis entre la recherche de puissance et ma capacité à gérer ce que j’aurai sous la main… et je suis d’ores et déjà certain qu’IDEC me réclamera plus de vigilance et d’anticipation que son prédécesseur ! En termes d’équilibre, le fait d’avoir pu allonger l’étrave de coque centrale tout en lui donnant du volume permet d’envisager les allures portantes avec une relative sérénité : on retarde l’enfournement, qui est le principal point noir des longs surfs dans le sud.» Dans cette même optique, le plan de voilure du trimaran a été reculé, de manière à obtenir un bateau naturellement « cabré », afin de dégager l’étrave.
En termes de surface de toile, le gain par rapport à l’ancien IDEC est de l’ordre de 10%, mais le gros changement intervient dans la répartition, car il s’agit cette fois de s’appuyer sur des voiles d’avant plus généreuses. Naturellement, ce surplus de puissance est associé à une perte de poids générale importante, puisqu’un gain de près de 5 tonnes a pu être réalisé ! «IDEC doit sortir à environ 11 tonnes en ordre de marche contre 16 pour l’ancien bateau… le bond en performance sera important !» Ce qui implique naturellement un travail spécifique sur l’ergonomie et le plan de pont, car cette fois, le navire est fait pour un solitaire, ce qui était loin d’être le cas auparavant ! «Mon cockpit est fermé par le bras arrière, note le skipper, et j’ai conçu une bulle de protection afin de disposer d’un poste de veille. Elle me protègera aussi partiellement à la barre, et j’y ai ramené un maximum de manœuvres.»
Mise à l’eau en juin 2007
IDEC effectuera sa période de mise au point à l’été, et Francis entend bien être prêt à s’élancer autour du globe dès les premiers frimas de la fin d’automne. Objectif : la reconquête de son record du tour du monde en solitaire, ravi en 2005 par Ellen MacArthur. «Bien sûr, il fait avant tout battre le chrono actuel, mais j’avoue que si on pouvait passer sous la barre des 70 jours, cela me plairait ! », s’enthousiasme le marin. Les architectes estiment pour leur part qu’à météo égale, « on peut envisager un gain de l’ordre de 3 jours par rapport au record existant. » L’aventure continue…
Les caractéristiques du trimaran IDEC
• Lht : 29.70 m
• longueur flotteurs : 24.5 m
• largeur : 16.5 m
• Poids : 11t
• Surface de voilure au près : 350 m2
• Surface de voilure au portant : 520 m2
• Hauteur de mât : 32 m
• Architectes : Nigel Irens / Benoît Cabaret
• Chantier : Marsaudon Composites / Lorient
• Construction : verre – epoxy sous infusion
Saint Trop´ et le Dragon
Le dragon est un bateau à part. Cet élégant petit quillard, particulièrement exigent et sensible aux réglages, a toujours réuni dans son sillage des membres du gotha international comme des médaillés olympiques, des transfuges de l’America’s Cup ou des ténors de la course au large. Né en 1928 en Scandinavie sur des plans du Norvégien Johan Anker, la construction du Dragon a bien évolué depuis. Au bois ont succédé le polyester et la fibre de verre. Mais l’application de règles de construction strictes et de contrôles ont abouti à ce miracle que les gabarits sont restés inchangés. Deux classes ont été créées. Et les magnifiques coques en bois aux formes d’un autre temps ne sont pas désavantagées. L’intensité des compétitions est donc garantie.
Trois journées de régates dans le golfe
Pour assurer le bon déroulement de cette nouvelle coupe, la Société Nautique de Saint-Tropez a mis sur pieds un programme de régate sur mesure, destiné à répondre parfaitement à la demande des concurrents. Tout d’abord, les équipages participeront le mercredi à un parcours côtier en guise d’entraînement. Puis, pendant trois jours et sur neuf courses maximum, ils croiseront l’étrave pour tenter de remporter la toute première édition de Dragon Saint-Tropez.
Une compétition qui fait la part belle au talent, à l’esprit sportif et à l’ingéniosité des coureurs sur des parcours simples, techniques et spectaculaires : des aller-retours dans le lit du vent dits parcours « bananes ».
15 pays représentés
Grâce au soutien de l’Association Française de la Série Internationale des Dragon (AFSID) – dont l’ancien président, Julien Desmet, est un fervent partisan de l’épreuve tropézienne – et celui de Cannes Dragon International qui ont soutenu le projet dès le départ, cette première édition annonce un plateau particulièrement international avec 15 pays représentés. Outre les équipages britanniques de Chris Dicker (qui fut Président du Comité d’Organisation des festivités et des régates du 75ème anniversaire) ou de Martin Payne (vainqueur de l’édition 2006 de Ski-Voile) les Français seront également présents en force comme Louis Urvois ou Xavier Rouget Luchaire, véritables piliers de la série.
Programme
Lundi 9, Mardi 10, Mercredi 11 : Accueil, mises à l’eau et contrôle
Mercredi 11 : Régate d’entraînement, parcours côtier, (cocktail d’accueil)
Jeudi 12, Vendredi 13 (repas des équipages au village), Samedi 14 : Régates dans le golfe
Samedi 14 : remise des prix, 16 heures 30
Source Dragon Saint-Tropez
Kervilor Vanek et l’Akilaria au Grand Pavois.
Akilaria, le dernier-né de la Class´40 sera au Grand Pavois de La Rochelle.
Avant leur départ pour la Route du Rhum-La Banque Postale 2006, les deux premiers Akilaria, Atao Audio System et Résidence Terrain seront présents avec leurs skippers Dominic Vittet et David Lefevre cette semaine au Grand Pavois.
Le Class´40 Akilaria signé Lombard.
Dernier-né de la Class´40, l´Akilaria réussit un très bon compromis : entre course et croisière sportive, il allie puissance à la facilité de navigation.
L´Akilaria surprend par sa carène aux lignes tendues et sobres caractérisée par un bouchain assez marqué. Fabriqué en sandwich, il offre légèreté et raideur. Sur plans Lombard, ce 40´ décline les bonnes idées des plus récents Open 60´ : roof effilé avec casquette de protection, plan de pont esthétique et ergonomique, grand cockpit ouvert et profond, grand voile à corne pour la stabilité au près et le gain en cap…
Construit par MC Tec, jeune chantier qui a mis la barre très haut sur le plan technique, l´Akilaria est commercialisé en exclusivité par Kervilor Vanek, le chantier de la Trinité sur Mer, qui recevra 4 nouvelles unités d´ici la fin de l´année.
Plus d´infos : www.kervilor-vanek.com
Grands noms à La Réunion
Le concept du Challenge Kréol Beach HP est unique puisque son fonctionnement n’existe nulle part ailleurs. La mixité des équipages et le mélange de compétences entre skippers professionnels et amateurs font la particularité de cette compétition. A chacun sa qualité pour être le premier à franchir la ligne d’arrivée ! Les réunionnais auront tout le plaisir de faire découvrir les subtilités de l’Océan Indien à nos navigateurs professionnels.
Ces marins d’exception régateront sur une mer bleu turquoise où la température de l’eau dépasse les 29°C. A cette féerie des lagons, s’ajoute des paysages de rêves et une ambiance typiquement « tropical ».
Dix grands skippers dont 2 femmes feront le voyage jusqu’aux DOM-TOM. Parmi eux, on retrouve Franck Cammas, Bruno Jourdren, Yvan Bourgnon et Eric Drouglazet, habitués du Challenge Kréol Beach HP, ils n’ont pu résister au plaisir d’y participer de nouveau. Sans oublier : Anne Liardet, Jeanne Grégoire, Marc Thiercelin, Loick Peyron, Thibault Vauchel Camus et Thomas Sellier qui participent à leur 1er Challenge Kréol Beach HP. Le team Nacra fera également le déplacement avec trois de ces meilleurs coureurs.
Pour cette 4ème édition, les skippers ne viendront pas seuls puisque leurs catamarans respectifs feront le déplacement jusqu’à l’île de la Réunion. Exception faite pour certains skippers qui auront le plaisir de naviguer sur des nouveaux Nacra F18 mis à disposition par Sirena .Une chance d’autant plus grande pour les 10 heureux qui auront le plaisir de s’élancer le 16 décembre skippés par un de nos 10 navigateurs professionnels.
Les jeunes compétiteurs réunionnais ne sont pas oubliés puisque Sirena leurs fournira un SL 16 afin qu’ils puissent concourir aux côtés de nos grands champions. Le Hobie Cat 16 avec ou sans spi et la X série complète ce tableau d’honneur afin d’offrir au public une réelle diversité au sein de cette manifestation.
Cet événement ne pourrait avoir lieu sans la participation de nos partenaires. Pour la deuxième année consécutive, Hewlett Packard est notre partenaire principal. De plus, des entreprises locales comme ECORE, distributeur de SSangYong et Hyundai, se joignent au Challenge Kréol Beach HP depuis plusieurs éditions.
Pendant ces 5 jours de course, le public toujours plus nombreux, profite d’un spectacle exceptionnel le long de la côte ouest de la Réunion ainsi que des nombreuses activités mises en place à cette occasion : baptême de kayak, baptême de voile, concert, projection vidéo de régates… Le cirque Cilaos ajoutera une touche d’exotisme à cette fête de la voile sur l’île. La réunion et son tourisme vert seront à l’honneur toute au long de cette semaine.
Source Challenge Kreol Beach
Mean Machine sur la Volvo
De Ridder, qui dirige les campagnes de Mean Machine depuis 20 ans, a hâte de relever ce nouveau défi de la Volvo Ocean Race. "Ce n’est pas vraiment une vie s’il n’y a pas de défi. La voile sportive est ma passion," expliqua de Ridder. "Je pense que le mélange de ces deux éléments, la voile et un nouveau défi, me donne le dynamisme, qu’il faut pour retrouver le vrai plaisir avec une ambiance à la fois exigeante et passionnante. Cela me permettra aussi de réunir ma passion et toute mon expérience en tant qu’homme d’affaires. Je reste convaincu que ces ingrédients forment une combinaison gagnante pour permettre à Mean Machine de bien réussir lors de la prochaine Volvo Ocean Race."
"Nous avons l’objectif de réunir le budget nécessaire afin de travailler avec la meilleure équipe d’architectes, le meilleur projet de développement du bateau et la meilleure équipe technique. Nous ne voulons pas un équipage de « rock stars »; nous voulons simplement les meilleurs. Même le Real Madrid avec toutes ces stars n’est pas parvenu à ramener les trophées l’année dernière, parce qu’ils n’avaient pas réussi à bâtir une équipe forte et solide." Ray Davies, le vétéran de la Volvo Ocean Race et de la Coupe de l’America, un barreur tenu en haute estime et un tacticien sur le circuit de la voile internationale, était nommé skipper, tandis que Dirk de Ridder occupera la double fonction de chef de quart et directeur du projet.
Davies et Dirk de Ridder ont déjà travaillé ensemble en tant qu’équipiers à bord de Merit Cup, qui a obtenu la deuxième place dans la Whitbread 97-98 et également sur Illbruck, le vainqueur de la Volvo Ocean Race 2001-02. De Ridder faisait aussi partie de l’équipage de Pirates of The Caribbean en 2005-06. Davies (membre de l’équipage actuel de la Emirates Team Nouvelle Zélande pour la Coupe de l’America), ajouta: "La possibilité de développer plus largement la culture et l’identité de Mean Machine est vraiment intéressante. J’ai beaucoup appris en travaillant sur des projets, qui ont bien réussi et je sais ce qu’il faudra faire. J’ai hâte de m’attaquer à ce nouveau grand projet de Mean Machine et de me retrouver sur le Volvo 70’ Open avec une équipe qui va s’investir à 100% pour gagner."
Glenn Bourke, le PDG de la Volvo Ocean Race était heureux d’apprendre la confirmation de la participation de Mean Machine, suite à l’annonce la semaine dernière qu’Ericsson sera de nouveau sur la ligne de départ après leur campagne en 2005-06. Bourke a déclaré: "Nous sommes ravis qu’un syndicat géré par un marin du calibre de Peter de Ridder va participer à la Volvo Ocean Race. Peter nous apporte une riche expérience de la course à haut niveau et je suis sûr que Mean Machine sera un adversaire de taille pour les concurrents dans la Volvo Ocean Race. La participation de Peter fait suite à une longue histoire remarquable de la part des hollandais dans cette course".
"Avec l’annonce faite aujourd’hui, la confirmation d’Ericsson, et les nouvelles inscriptions attendues au cours des prochaines semaines, il est évident que la Volvo Ocean Race 2008-09 est en bonne santé." Le départ de la Volvo Ocean Race 2008-09 aura lieu dans le port espagnol d’Alicante pendant l’automne 2008.
Source Volvo Ocean Race, traduction Jeremy Payne
White Stuff à Carnac, GP Covers au général
Au terme de 10 courses harassantes, courues dans des conditions de vents variées mais relativement soutenues les deux premiers jours, 13 skiffs se sont finalement affrontés dans la magnifique baie de Quiberon qui n’a pas failli à sa réputation. Accueillis le premiers jour par une belle brise soufflant aux alentours des 15 nœuds, les équipages européens se sont affrontés sur des parcours banane relativement longs. Obligés de maintenir l’intense effort physique qu’exigent ces bolides pendant près d’une heure à chacune des trois manches de ce vendredi, les compétiteurs ont dû une nouvelle fois subir la domination de GP Covers, vainqueur des deux premières confrontations du Grand Prix.
La journée de samedi marquait cependant le retour tonitruant des Anglais de White Stuff. Impressionnant de maîtrise, Mason Woodworth, Dav Brown et Simon Hamilton trustaient les trois manches, courues dans un vent de terre (nord/ouest) oscillant entre 15 et 17 nœuds. « Les conditions de navigation n’étaient pas évident car à mesure que nous nous rapprochions de la plage – pour atteindre la bouée de près mouillée près du bord pour plus de spectacle, ndlr -, les variations en force et en direction étaient vraiment perturbantes. C’est là cependant que nous avons creusé l’écart en maintenant notre vitesse pendant que les autres équipages ralentissaient.
Et c’est effectivement bien ce qui impressionne chez ces Anglais revenus à la compétition après plusieurs années d’absence. « Nous sommes très contents de nos voiles, très puissantes. Elles sont cependant vraiment exigeantes, c’est pourquoi nous avons passé beaucoup de temps à nous entraîner, pour optimiser les réglages qu’impose ce nouveau type de gréement. Equipés d’une GV à corne, (qui se répand progressivement au sein de la flotte), les Britanniques parviennent à naviguer très proprement, veillant à maintenir en permanence l’équilibre, pourtant très instable, de leur 18 pieds.
A la lutte avec les autres Danois du Circuit, Jesper Broendum, Jesper Holst et Martin Friderichsen sur Ler Ole et les Allemands de Water Protect (Werner Gieser), Phillip Nocke et Max Friedrich, de plus en plus performants, Mason Woodworth et ses équipiers ont affiché jusqu’à la fin du Grand Prix une belle domination, creusant au fur et à mesure de chaque manche, un écart impressionnant.
La dernière journée, ce dimanche, confirmait cette forte impression. Les Anglais, semblant avoir parfaitement trouvé leur rythme ne concédait qu’une seconde place derrière Ler Ole sur les quatre manches courues. Dans une faible brise (8 nœuds) de sud virant progressivement à l’ouest pour forcir à 12 nœuds, l’équipage de White Stuff se détachaient largement une fois de plus et terminait la compétition avec 10 points d’avance sur le deuxième (Ler Ole).
Le Grand Prix de Carnac, cinquième et dernière manche du circuit européen 2006, sacre donc des Anglais à l’impressionnante marge de progression. Ils s’imposent devant deux équipages danois, respectivement Ler Ole, GP Covers, le prometteur équipage allemand Water Protect et les Suisses de UTI (anciennement Exel), toujours présents aux avants-postes. Pour obtenir le classement final européen, il suffisait juste de réorganiser un peu le podium et de faire monter sur la première marche Flemming Clausen et ses hommes, devant les Anglais de White Stuff et leurs compatriotes de Ler Ole. Les Français de Groupe Sefico se classent cette année 10èmes (et 9èmes à Carnac)
Ce dernier rassemblement était logiquement l’occasion de préparer la saison 2007. Même si rien n’est encore arrêté, il est quasiment acquit que les équipages retourneront deux fois en Italie, au Lac de Garde et de Côme, pour deux épreuves consécutives, permettant de limiter les frais organisationnels de cette classe amateur. Se succèderaient ensuite selon le même principe l’épreuve d’Allemagne à Travemünde et une nouvelle destination danoise à déterminer. La saison se clôturerait une nouvelle fois en septembre à Carnac… A l’année prochaine !
Résultats Carnac :
1 – WHITE STUFF 10 pts
2 – LER OLE 21 pts
3 – GP COVERS 22 pts
4 – WET PROTECT 36 pts
5 – UTI 40 pts
Résultats circuit européen 2006 :
1 – GP Covers 80 pts
2 – WHITE STUFF 57 pts
3 – LER OLE 51 pts
4 – WET PROTECT 50 pts
5 – BASE 1 45 pts
Alain Gautier roi du Lac
Dimanche sous une pluie diluvienne, les huit bateaux ont repris le large pour disputer les deux dernières manches comptant pour le Grand Prix Beau-Rivage Palace. En fin de matinée, la première course se déroule dans de très faibles conditions de vent. CADENCE, de Jean-François Demole tire son épingle du jeu et remporte la manche, devant ALINGHI d’Ernesto Bertarelli et OKALYS, de Nicolas Grange. Très proche au classement général, ces derniers jouent au chat et à la souris depuis le début de la saison. Les bateaux étant totalement identiques, la prise de risque doit être maximum si l’on veut devancer son adversaire.
Une fois le vent d’ouest établi, la dernière manche promet d’être superbe. Malheureusement, ALINGHI et JULIUS BAER se présentent très tôt sur la ligne de départ. Un peu trop tôt même puisque les deux bateaux se retrouvent disqualifiés pour avoir mordu la ligne avant le coup de canon du comité de course. Malgré le rappel individuel proclamé, les deux bateaux continuent la course alors que la procédure voudrait qu’ils rachètent leur faute en effectuant une pénalité. Chaque bateau doit savoir s’il a passé la ligne en avance ou pas. Il est laissé à chaque équipage le soin de juger de son erreur. A chacun de prendre le risque de rebrousser chemin ou pas.
Avec 10 nœuds de vent réel à la bouée au vent, les multicoques filent à une vitesse de près de 15 nœuds au portant. Superbe spectacle depuis les rives que de voir ces véritables oiseaux ailés voler sur les flots. Très vite, FONCIA et OKALYS prennent le large. Il est intéressant de noter à quel point l’équipage d’Alain Gautier a progressé de course en course et ce, peu de temps après leurs premiers entraînements réguliers qui date du début de la saison seulement. Il ne leur manquait plus qu’une victoire pour accéder au podium et revenir sur OKALYS et ALINGHI, favoris au classement général. « A la barre d’un Décision 35, on ne peut pas se permettre d’assurer ou de marquer les autres bateaux. Il faut être à fond. Et tout le temps. ». Cette philosophie, Alain Gautier et son équipage l’ont bien comprise. A bord de FONCIA, il n’y a pas de place pour la demi-mesure. Les français concluent le week-end par une superbe victoire lors de la dernière manche courue dans l’après midi et Alain raconte : «On avait bien démarré vendredi avec une place de 3ème. Ce matin, nous étions dans le match également mais nous commettons une grosse erreur à l’empannage qui nous coûte bêtement deux places. Sur la dernière course, le vent monte et on s’est arraché pour finalement terminer premiers. Une belle fin de Grand Prix dans 12 à 14 nœuds de vent avec de belles bagarres. Et surtout pour nous, une très belle progression au général puisque nous accédons à la 3ème place. C’est incroyable, nous ne pouvions rêver mieux ! Sans jamais régresser dès le départ, nous visons faire un beau podium au championnat ». Il sera également intéressant comment Alain Gautier va gérer sa fin de saison en D35, à moins de six semaines du départ de la Route du Rhum à laquelle il participe à bord de son trimaran de 60 pieds.
Désormais avec cinq points d’écart, OKALYS et ALINGHI se tiennent dans un mouchoir de poche. « Nous sommes dans la même position que l’an passé. Tout peut se jouer à la dernière manche. Tans mieux pour le championnat, mais pour nous, ce n’est pas encore dans la poche», s’exprime Nicolas Grange, président de l’AMC – Association des multicoques de compétition. Malgré leur léger avantage, tout est encore possible. L’Open Cadillac, dernier rendez-vous de la saison, se tiendra à Versoix durant le week-end du 30 septembre.
Dernière manche du Challenge Julius Baer : OPEN CADILLAC les 30 septembre et 1er octobre prochain
Source Challenge Julius Baër


















