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Les faveurs de la météo à Douarnenez

Grand Prix Petit Navire Douarnenez Dragon
DR

Joli, serré en Dragon
La première course de Dragon a été rondement menée par deux équipages, l’un allemand, l’autre français. C’est finalement PUK (GER 1042), déjà bien inspiré hier, qui remportait la manche, d’une courte étrave, devant Q-TI-TOO (FRA 362) des trois Dragonistes d’Arcachon. Deux frères et un cousin qui ont bien failli gagner s’ils n’avaient pas fait une toute petite erreur à la dernière minute. « S’il avait viré sous PUK, il l’aurait gagnée » expliquait Henry Bacchini.
De six nœuds en fin de matinée, le vent est monté à 11 nœuds pour la seconde course de la journée. « C’était très serré, l’équipage estonien (EST 11 Sailaway) a mené la flotte une bonne partie de la course, mais c’est finalement l’Irlandais 204, Seabird de O’Donoghue qui a passé la ligne le premier » poursuivait Henry Bacchini, le sémillant président du comité de course. Seabird (IRL 204) deuxième tandis que PUK, le vainqueur de la course précédente, se classait quant à lui troisième. Quant à l’Estonien, c’est finalement en quatrième position qu’il figurait.

Classements provisoires Dragon

1ère course
1 – PUK (GER 1042)
2 – Q-Ti-TOO (FRA 362)
3 – Linnea (SWE 338)
2ème course
1 – Seabird (IRL 204)
2 – African Queen (DEN 375)
3 – PUK (GER 1042)
 
Classement général Dragons – après 4 manches et avant Jury
1 – PUK (Ger 1042)
2 – RED OCTOBER (RUS 44)
3 – RAT-PACK (FIN 50)
4 – SEABIRD (IRL 204)
5 – SUNFLOWER (RUS 35)
6 – AR YOULEG II (FRA 365)

Les IRC investissent la baie de Hyères

Imagine
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Le classement général à l’issue des trois premiers parcours bananes laisse déjà entrevoir sans ambiguité les postulants aux podiums, et ce dans chacune des trois classes IRC. Les écarts très ténus au classement général ne laissant guère de places aux errements, c’est le couteau entre les dents que les régatiers de la semaine de Porquerolles s’élançaient peu après 11 heures vers Brégançon et le cap Bénat…

Tensions aux départs
Il est décidément écrit que Porquerolles se gagne désormais au culot et à la prise de risque mesurée. Témoins les trois départs du jour, dans les trois classes IRC en lice, qui faisaient tous l’objet de rappels individuels tant était palpable la volonté des tacticiens de s’emparer d’emblée des parties les plus exposées du plan d’eau. Fuyant Porquerolles et le dévent des Mèdes, c’est vers le coeur de la baie, tribord amure et sur une mer parfaitement lisse que les principaux protagonistes choisissaient de plonger. Commençait alors l’infernale sarabande des virements de bord au contact, chaque skipper cherchant alternativement à provoquer ou fuir l’engagement avec un rival trop, ou pas assez proche. Le fond oriental de la baie et son cap Bénat était à ce rythme rapidement atteint, et dès 13 heures, après une splendide envolée de virements de bord sous le fort de Brégançon, les premiers IRC viraient la bouée de Bénat et envoyaient le spi pour un long bord de portant cap à l’ouest.

"Imagine" comme dans un songe…
Bien que dernier à s’élancer ce matin peu avant midi et dans le sillage des IRC 2 et 3, les grands IRC 1 ont eu tôt fait de revenir au contact de la flotte et de prendre dès le bord de près l’ascendant sur les unités moins puissantes. "Imagine" a passé toute la flotte en revue passé le cap des Mèdes. Beau et racé, le prototype signé Luca Brenta sait aussi aller vite aux mains de l’équipage exercé mis sur pied par le sociétaire du YC de la Grande motte Gilles Argelliès. Premier à débouler devant Brégançon et à enrouler la bouée de Bénat, le fin voilier argenté ne cessait tout au long du long "run" de portant d’augmenter les écarts avec ses poursuivants. Trajectoires claires et rectilignes lui permettaient de réduire au minimum les empannages et de se présenter premier entre Porquerolles et Giens. Alors que le vent tombait légèrement, "Imagine" pouvait avaler d’un seul bord la dernière ligne droite face au vent et couper la ligne mouillée devant l’entrée du petit port de Porquerolles, pendant que son principal adversaire du jour, le Grand Soleil "Lady First" du Marseillais Jean-Pierre Dreau en finissait à peine de sa longue glissade sous spi. Grand animateur de la journée d’hier, Jean Marie Gennari plaçait son Vismara 46 "Bella Donna" en 4ème position et sauvait sa journée en s’octroyant la première place du général. Le triomphe des coques italiennes était complet dans cette classe des grands IRC 1, triomphe seulement atténué par la présence en 3ème position du voilier "made in Australia", le Sydney 46 Adrenaline de Gilles Engel. L’IMX 45 "Follow Me" des Tropéziens d’Alexandre Korniloff, en jouant la régularité, se placent  en embuscade avec une seconde place au général.

"Tchin Tchin" enfonce le clou…
Classe la plus représentée avec 31 concurrents, la catégorie des IRC 3 est aussi celle qui offre depuis deux jours la bagarre la plus âpre de cette 10ème Semaine de Porquerolles. Une bagarre à laquelle la domination du A 35 "Tchin Tchin" de Jean Claude Bertrand (La Napoule) ne rend guère justice tant sur l’eau, les écarts demeurent minimes. Alain Fédensieu, brillant second du jour avec son A 35 "William B." ne dit pas autre chose, qui doit à un marquage un peu trop serré la perte de la course du jour… L’ancien champion du monde de 420 Alain Chourgnoz est lui aussi au combat sur son A 35 "Ville de Toulon". Il n’a rien pu faire aujourd’hui devant l’insolente réussite des sociétaires de La Napoule, bons sur les départs, malins dans les anticipations au près, et redoutablement efficaces au portant. Premiers ce soir au général, les hommes de Bertrand peuvent continuer à sourire. Ils disposent d’une jolie marge sur Fédensieu (William B.) et Laout (Kick) en bagarre pour la seconde place.

Brenta 55, l’élégance froide et racée d’un superyacht
Luca Brenta dessine certains Wally, voiliers Hi Tech et futuristes aux lignes épurées, mêlant harmonieusement carbone et teck, pour une navigation dédiée au plaisir et à l’élégance. Le Brenta 55 "Imagine" de Gilles Argellies présent à Porquerolles reprend tous ces critères qu’il décline avec bonheur au sein de la jauge IRC. facile à manoeuvrer selon l’esprit "Wally", il se caractérise par son cockpit généreux, très dégagé derrière les deux barres à roue, et son pont très épuré. Spi asymétrique sur petit bout dehors et génois à faible recouvrement assurent au voilier de belles performances à toutes les allures. et pour preuve, cette incontestable victoire du jour en temps réel lors du parcours côtier…

Sauve qui peut !

Financo transat AG2R
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Sauve qui peut ! Choix mûrement réfléchi ou réadaptation soudaine à l’évolution de la situation, la flotte a mis cap au sud. Mais c’est bien l’anticyclone qui se promène sur l’Atlantique qui sépare un camp de l’autre. Au premier rang des bataillons sudistes, Luc Poupon et Ronan Guérin (Solar Inox) espèrent encaisser les dividendes d’une stratégie engagée sans ambages dès le passage de la porte de Porto Santo : « On a pris une option sud dès Madère. Nous allons jusqu’au bout de notre décision. On ne manque de rien. Le premier bateau que l’on devrait croiser, devrait être Cercle Vert. » Même sérénité à bord de SNEF Cliptol Sport où Jean-Paul Mouren espère une arrivée groupée en baie de Gustavia, « pour le panache… Il y a un beau suspense. C’est un vaste jeu de Monopoly dans lequel on ne peut pas faire de pronostic. » On le voit, les tenants de l’option sud ont repris du poil de la bête. Jusqu’à Eric Péron sur Concarneau Saint-Barth qui, fort de son option radicale, se voit, pourquoi pas, finir en tête de cette Transat AG2R de tous les dangers.
 
Autre musique au nord…
Injoignable aujourd’hui, l’équipage de Financo, tel Ulysses Grant, continue de mener ses troupes avec pugnacité. Même si Erwan Tabarly à bord d’Athéma témoignait que la donne s’était sensiblement modifiée depuis quelques heures : «On a des vents d’ouest qui permettent de faire du sud–sud-ouest tribord amure. Il va falloir savoir où se positionner pour la suite des évènements. Nous sommes partis pour rester sur une option nord. Hier matin, nous avons fait notre choix. Maintenant, on doit s’y maintenir et trouver une porte de sortie sans trop perdre de terrain. La route est barrée un peu partout. » Avant d’ajouter, calme et fair-play, « pour l’instant, ce n’est pas la grande sérénité. Tout est incertain. On croit en notre option, mais nous avons tout de même quelques doutes». Les autres généraux du nord, de peur de voir se rééditer la tristement célèbre bataille de Frédéricksburg, optaient plutôt pour un silence radio des plus convenus.

Salut dans la fuite
Et puis, il y a les autres : ceux qui, à l’instar de Cercle Vert, Suzuki Automobiles, Banque Populaire, Sopra Group ou Lenze, avaient anticipé les changements à venir. Ils ne sont pas, pour autant, sortis d’affaire : la ligne de démarcation matérialisée par une dorsale anticyclonique n’est pas des plus aisées à franchir et certains craignent d’y laisser des plumes. Notamment ceux qui partaient avec un handicap plus ou moins conséquent sur la tête de flotte. « Il faudrait que l’anticyclone arrive avant Noël. L’analyse n’est pas très simple. On quitte le nord. On s’en va ! Il y a une sorte de bombe qui a explosé en haut. On se barre au plus vite pour avoir du vent. On va continuer comme ça jusqu’à ce que les fichiers évoluent» : Bertrand Castelnerac, sur KPMG était bien conscient qu’il était temps de changer de stratégie même s’il reconnaissait avoir peur d’y venir un peu tard. Moins de réserve à bord de Banque Populaire où Nicolas Lunven dégageait une grande quiétude : « On est content d’être là où on est. Dimanche soir va être déterminant. On pourrait avoir un vent portant avec des alizés nous propulsant à Saint Barth’ ». Entre popote et marche du bateau, la vie semblait belle à bord de Banque Populaire.
Vérité d’un jour, mensonge du lendemain. Ce vendredi est optimiste pour les tenants de l’option sud. Mais gare ! Il serait étonnant que les nordistes acceptent sans broncher qu’un quarteron de rebelles tente de réécrire l’histoire.

Ils ont dit:

Bertrand Castelnerac, 10ème au classement de 17h
« Il faudrait que l’anticyclone arrive avant Noël. L’analyse n’est pas très simple. On quitte le nord. On s’en va ! Il y a une sorte de bombe qui a explosé en haut. On se barre au plus vite pour avoir du vent. On va continuer comme ça jusqu’à ce que les fichiers évoluent. Hier nous avons eu une réponse importante. Le fait d’être deux permet de mesurer les risques, d’avoir un dialogue, deux avis. C’est intéressant. Pour l’instant c’est le pilote qui bosse. Tout le monde se croise. Le jeu n’est pas encore fait. Il y aura un moment où nous commencerons à avoir des problèmes en terme de nourriture, de fringues propres … On fait attention à tout. Surtout au bateau ! »

Eric Péron, 22ème au classement de 17h
« On a passé une bonne nuit au taquet. Nous ne sommes pas mécontents d’être là où nous sommes. Après Madère, il y avait différentes possibilités. Si on choisissait l’option sud, il ne fallait pas le faire à moitié. Rien n’est perdu, même si au classement on parait loin. Cela fait 5 – 6 jours que nous ne mettons plus de cirés. J’ai passé la nuit en short. On est chanceux. C’est pour ça que nous avons choisi cette route. Miguel aime bien le chaud. Dans le sud il n’y a que des bateaux dont le nom commence par un « s ». Nous c’est « Saint Barthélemy », donc le sud. Les Bretons et les Anglais vont au nord. J’ai un Antillais à bord, donc on va au sud. Pour le moment nous n’avons pas d’ETA. On arrivera en tête mais je ne sais pas quel jour ! Solar Inox et SNEF sont dans la même option que nous. Ils ont traversé la bulle anticyclonique. Ca me chagrine un peu, car ils ont un petit avantage. Mais les gens de Saint Barth’ disent que notre arrivée va être du jamais vu. On a de la chance car notre projet a vraiment été soutenu. C’est un projet qui n’a pas eu encore d’équivalence dans ce milieu. L’investissement des deux collectivités est grandiose ! »

Luc Poupon, 18ème au classement de 17h
« On a pris une option sud dés les début à Madère. Nous allons jusqu’au bout de notre décision. On ne manque de rien. Il n’y a pas de soucis d’eau ou de carburant. Nous avons un peu de vent en ce moment et pensons toucher l’alizé demain. On prévoit d’arriver vers le 12 -13 à Saint Barth’. Ca dépendra des conditions de chacun. Le premier bateau que l’on devrait croiser sera Jean Le Cam sur Cercle Vert. Il ne faut pas oublier Jean-Paul Mouren qui n’est pas loin. J’espère que nous allons continuer comme ça jusqu’à la fin. Dans 48 heures nous en saurons beaucoup plus ! »

10 Imoca en Prologue à The Transat

Generali
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Le prologue, long d’environ 160 milles, devrait en effet débuter samedi soir, mais la décision finale n’interviendra que demain vendredi lorsque le scénario météo sera plus précis. Les skippers courront en compagnie d’un équipage.
Yann Eliès, qui a couru le Grand Prix Petit Navire à bord de Generali, déclarait hier : « Cela fait 10 jours que nous sommes en confrontation avec nos rivaux, que ce soit en solitaire dans le cadre du stage à Port la Forêt ou en équipage à Douarnenez, où nous avons tiré sur le bateau à 100%. Le niveau de performance et la fiabilité qu’on a pu constater me permettent de dire que j’ai un bateau capable de gagner cette course, mais je sais également que c’est un parcours extrêmement difficile, comme l’ascension d’un sommet par sa face nord. J’ai beaucoup travaillé avec Jean-Yves Bernot sur la stratégie et la météo, et je m’attends à un combat. Je devrais partir samedi soir vers Plymouth, je voudrais avoir du vent pour cette traversée, car il me reste un spi de brise à tester. »

Le grand écart

SUZUKI
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Il reste les deux tiers des 2660 milles à parcourir depuis Madère et les écarts se creusent encore. La flotte de la 9ème Transat AG2R s’éparpille toujours plus, les options se radicalisent. En mai, elle fait ce qui lui plaît…
 
« L’imagination au pouvoir »
A croire que la flotte des Figaro Bénéteau en direction de Saint-Barth a fait sien d’un des slogans de Mai 68. Sur la route des tropiques, entre dépression et bulle anticyclonique, chacun trace son propre sillon et bien malin qui peut dire qui l’emportera à Saint Barth. La faute à une situation météo qui, si elle n’a rien de singulier, n’en a pas moins son pareil pour susciter l’originalité et les extrêmes.
 
La tête au Nord dans les vents contraires
Commençons par les extrêmes. Au Nord et en tête : un petit groupe de quatre bateaux reste résolument cramponné à son option (Financo, Athema, Défi Mousquetaires, Atlantik FT). Il progresse contre des vents contraires sous l’influence d’un système dépressionnaire. Les marins ont enfilé les bottes et les cirés, les bateaux naviguent penchés au près, ils font cap à l’Ouest. Aux dires des navigateurs, à moins qu’ils n’infléchissent leur route Sud, ils en ont pour cinq jours à ce régime-là. Ils conservent l’avantage au classement sur une route qui les rapproche du but.
 
Gros écarts, gros espoirs
A l’opposé et de l’autre côté du plan d’eau, un groupe de six dissidents acharnés a tout misé sur le Sud. (Solarinox, SNEF-Cliptol Sport, Sojasun, Concarneau-St Barth, Axa Atout Cœur pour Aides et Sablières Palvadeau) naviguent dans un vent de Nord-Ouest sur la route du soleil. Si ce flux qu’il a attrapé dans ses voiles n’est pas encore l’alizé, il en a la couleur et la saveur. Seule ombre à ce tableau de rêve : les bateaux se sont considérablement écartés de la route directe. Les voilà relégués dans les bas du classement avec l’espoir d’attraper sans plus attendre le souffle salvateur dans leurs voiles pour remonter. Risquée, osée, leur route reste cohérente. D’après les routages, les milles perdus (environ 320 pour Solarinox et SNEF Cliptol Sport) peuvent encore se rattraper. Leur route  pourrait payer. En tout cas, ces échappés qui naviguent entre doutes et espoirs commencent à y croire…
 
Offensives vers le Sud
Entre ces deux extrêmes, c’est le flou artistique le plus total sur une route médiane très étendue du Nord au Sud. Les équipages qui progressent dans ces environs appliquent sur l’eau les vers du poète latin Ovide : «Tenez-vous prudemment entre les deux extrêmes. Marchez au milieu : c’est le plus sûr des systèmes.» C’est l’énoncé du juste milieu, de la mesure face à la démesure, un parti pris alors que l’incertitude persiste sur l’échiquier de l’Atlantique. Dans des vents contraires et aux abords d’une dorsale anticyclonique, ils affinent leur trajectoire.
 
A l’image de Cercle Vert (10ème à 115 milles), Suzuki Automobiles et Gedimat descendent en latitude et dans les classements. Encore nordiste hier, ce dernier a mis le cap au Sud quitte à perdre des milles et du terrain. Au contact de Financo, il accuse ce matin 36 milles de retard. Mais cette fois, ça y est, il est parti à la pêche aux alizés qui, d’après les fichiers météo, commencent à s’établir. Tous s’accordent à dire que la journée de demain sera cruciale et apportera des débuts de réponses sur les stratégies et les itinéraires de chacun.
 
A mi-parcours, la route est encore longue jusqu’à Saint Barth.  Seule certitude : celui et ceux qui s’échapperont, aux extrêmes ou sur une route plus médiane, n’auront manqué ni d’inspiration, ni de conviction…
 
Ils ont dit…

SUZUKI AUTOMOBILES– Corentin Douguet (9ème au classement de 5h)
« Actuellement nous naviguons au près avec 20 nœuds, c’est donc moyennement agréable…. Nous avons été trompés sur la marchandise : normalement si on fait la Transat AG2R c’est pour naviguer sous spi en t-shirt et là on est au près et en bottes ! Maintenant nous sommes direction plein Sud, mais nous ne sommes pas les seuls. Notre objectif : aller chercher du portant. Mais, bon… il ne s’attrape pas comme ça le portant, il ne tombe pas du ciel ! Avant de le toucher il va falloir traverser une dorsale anticyclonique. A présent, on ne navigue pas vers les Antilles. Mais, je suis sûr que cette option n’est pas mal, surtout quand je vois le duo Tripon/ Vittet (Gedimat) qui fait comme nous. Il n’est pas mauvais en météo, c’est un signe. Cercle Vert aussi est bien placé, il est descendu un peu plus tôt. Enfin en tout cas, je suis content de notre positionnement sur le plan d’eau. On saura d’ici 2/3 jours si on pris une bonne décision. Non, la vie à bord n’a pas changé pour autant, c’est juste moins agréable. Ca secoue à la barre et ça secoue dans la bannette aussi. Il est vrai que ça commence à tirer sur les bonhommes… il va bien falloir tenir le coup ! »
 
SOLARINOX – Ronan Guérin – (19ème au classement de 5h)
« Nous au moins, on a les étoiles et on n’est pas au près ! Depuis que l’on a quitté Madère, les routages ne bougent presque pas donc c’est rassurant… Nous devrions bifurquer vers St Barth demain, et commencer à toucher les alizés. Nous avons pris une option Sud, tout simplement parce que nous avons passé Porto Santo plus tard que les premiers. Nous avions des fichiers différents qui nous disaient que la circulation dans le Nord n’était pas optimum. Mais on ne peut pas dire que nous soyons sûrs à 100% de notre option, ça on le saura à St Barth… Mais on a confiance, quoi qu’il arrive on sait que ça ne se jouera à pas beaucoup. En fait il y a 2 stratégies. Soit on gagne du terrain au début et on en perd sur la fin, comme ceux du Nord, pour qui la fin du parcours risque d’être très dure. Soit on perd du terrain au début, comme nous, pour en gagner sur la fin. Pour moi on a toujours la possibilité de rattraper les écarts…. Et puis les conditions sont tops ! On a du soleil la journée, les nuits sont de plus en plus chaudes, c’est très agréable. Là, on vient de passer une nuit anticyclonique, mais c’est normal, c’est la transition avant de toucher les alizés. On a du vent de Nord-Ouest pas très fort, moins de 10 nœuds, qui va tourner en vent de Nord-Est puis finir en vent d’Est. Je pense qu’on devrait pouvoir toucher 25 nœuds. Mouren (SNEF Cliptol Sport) est juste derrière, on navigue à vue depuis hier. »

Les jeux sont faits, rien ne va plus

Financo transat AG2R
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Les jeux sont faits, rien ne va plus… Fini le temps des états d’âme, des tergiversations. Pour l’essentiel de la flotte, les tandems de cette Transat AG2R ont choisi leur camp. Et bien malin qui pourra prédire qui aura raison. Pour l’heure, il s’agit de faire avancer la machine au mieux, de se préserver, de compter les réserves d’eau et de nourriture dans l’optique d’une arrivée dont l’échéance semble se repousser. Les classements à venir devraient entretenir le suspense et réserver quelques belles montées d’adrénaline aux équipages quelque soit leur classement. Mais tous le disent : il y a du jeu, de l’incertitude et c’est follement amusant.

En queue de peloton comme aux avant-postes, on suppute, on évalue. Chacun mesure ses chances, qu’il s’agisse d’accrocher un podium ou d’avoir la satisfaction morale de revenir sur les adversaires immédiats. Et plus on est extrême, plus le risque est gros.
Les sudistes tout d’abord : reconnaissons le ; plusieurs d’entre eux ont fait ce choix par défaut, par goût du jeu, compte tenu de leur classement au passage de Madère. Liz Wardley sur Sojasun l’avouait bien volontiers. Sans un résultat en deçà de ses espérances à Porto Santo, elle ne serait peut-être pas partie sur une option radicale comme ses collègues de Concarneau Saint-Barth : « Je fais des routages 4 fois par jours. Le fichier m’indique 15 jours pour arriver à Saint Barth. On a pris à manger pour 22 jours. Je flippe un peu. » Même constatation à bord d’AXA Atout cœur pour Erik Nigon : « Nous avons du sud est d’une douzaine de nœuds, ça nous fait un avant goût des alizés. Il faut que l’on tienne à 6-7 nœuds de moyenne afin de toucher l’alizé au bon moment et faire de bons surfs. Après ce sera l’autoroute. On s’est un peu dispersé. C’est le jeu. Tant que l’on a du vent, on a le moral ! » En ce jour du seigneur, on en viendrait presque à invoquer les mânes divines pour voir l’alizé s’installer.

Purgatoire sur la route nord
Les tenants de la route nord savent, quant à eux, à quoi s’attendre… Allures de près, vents forts, mer hachée. Les promesses d’alizés sont rangées dans le placard aux oubliettes et la route qui les attend est loin d’être un long chemin pavé de pétales de roses. « Si nous faisons l’option nord complète, cela veut dire six jours de près. On nous dit tout le temps qu’il y a des alizés et qu’à la fin ça va être super. On nous a trompés sur la marchandise… Tout le monde a encore sa chance. On ne peut pas dire qu’une option est meilleure qu’une autre. Ca change souvent. C’est très ouvert. Cela ne fait que pimenter la course ! » témoignait Erwan Tabarly à bord d’Athéma. Même son de cloche pour Armel Tripon à bord de Gedimat : « Nous avons eu la bascule de vent que nous attendions. On est tous sur les mêmes routes en parallèle. On va chercher la première dépression qui s’approche. On se retrouve à nouveau penché. On marche à quatre pattes avec les cirés. La cadence est assez élevée. Il n’y a pas beaucoup de répit. C’est génial. Le changement de rythme est assez sympa.» Les heures à venir pour les gens du nord risquent d’être d’autant plus pénibles que le chemin du sud semble provisoirement fermé. Et qu’il n’est rien de plus détestable pour un régatier que de voir le champ de ses possibles se fermer. C’est ce qu’exprimait un Jean Le Cam en grande forme sur Cercle Vert : « Pour ceux qui sont dans le Nord, ça ne va pas être l’autoroute des vacances. Ils vont dans le dur. Il y a des trucs, c’est des non-choix. C’est-à-dire quelque chose que tu ne veux pas forcément faire, mais tu n’as plus le choix. Ca peut t’emmener dans une situation où tu ne peux plus revenir. » Visiblement, le tandem Morvan – Le Cam considérait quant à lui, qu’ils étaient toujours maîtres de leur destin. La grâce divine a ses limites.

Ils ont dit :
LENZE – Franck Le Gal (12ème au classement de 11h)
«Nous avons touché le vent attendu. On a une bonne vitesse. Les fichiers montrent une opportunité pour nous. On va rallonger un peu la route pour toucher quelque chose qui devrait payer. On n’est pas arrivé. Nous avons encore les vivres nécessaires mais ça va être un peu short en eau. On ne devrait pas mourir de faim. Nous analysons les fichiers qui viennent de tomber. Le danger peut venir du Sud.. L’anticyclone se décale et ouvre une porte. Alors qu’hier les fichiers indiquaient une molle. Nous sommes contents qu’il y ait du jeu. C’était plein vent arrière pour Madère. Le jeu était hyper stratégique. Depuis la porte, les options sont diverses et la flotte bien étalée. Pen Duick a bien joué sur l’emplacement de cette porte ! »

TETRAKTYS – Pascal Desmaret (15ème au classement de 11h)
« Aujourd’hui c’est l’anniversaire de Bert. Il a 25 ans. On va ouvrir une bouteille et entamer l’apéro. Le jour du départ, j’avais acheté une bonne bouteille de pinard et du saucisson. Cela changera du lyophilisé. On a eu deux belles journées de navigation après Madère. On a viré de bord ce matin vers le sud. Nous avons beaucoup de doute au niveau de la stratégie. Mais l’ambiance est bonne, même lorsque l’on fait des bourdes. Dans les manœuvres, nous parlons anglais. Mais nos conversations courantes sont en français ! »

NIVEA Athlètes du Monde – Jean Galfione (Abandon)
« Cela va mieux depuis que l’on est rentré des Canaries. Nous n’étions plus très lucides, et avions une grande fatigue. On a préféré opter pour une solution sage et s’arrêter là. Depuis, on a bien dormi.
Pour moi, c’était l’aventure, la découverte de plein de situations. J’appréhendais. On a peu dormi. Nous étions tout de suite dans le rouge. On a eu du mal à trouver notre équilibre. Tout devenait compliqué. On tombait. On trébuchait. Nous n’avons pas voulu prendre de risque. Moralement, ce n’était pas facile. C’est vrai que je suis novice dans ce milieu. La décision de s’arrêter a été prise avec du temps. Au début, nous voulions continuer. Je n’étais pas lucide. A tel point que j’étais prêt à continuer tout seul. C’était n’importe quoi. Nous avions atteint nos limites. Je faisais des hallucinations. Mon manque d’expérience était flagrant. Peut être que si nous avions touché les alizés plus tôt, le moral aurait été meilleur. La décision s’est prise à deux.
Par rapport à ma vie d’avant, c’est totalement différent. Nous passions nos journées à préparer notre condition physique. Et nous dormions pour ça. J’étais cocooné. Huit mois ne suffisent pas pour faire de quelqu’un un vrai coureur au large. Je ne suis pas effondré car dans ma carrière d’athlète, j’ai connu des échecs et les échecs servent à se construire. Il y a des étapes de formation. Je tiens à préciser que Gilles est un grand navigateur. Il s’est démené pour faire avancer le bateau. Je garde aussi de très belles images en tête. Un matin, nous sortions de la pétole et j’ai aperçu deux grosses baleines. Nous avons plein de beau moment de surf au portant avec la musique de U2 à fond. Par rapport au projet Athlètes du Monde, cela nous a rapproché des jeunes. Ca leur a montré que même nous, nous pouvions avoir des échecs.»

Première journée du Grand Prix Petit Navire Dragon

Grand Prix Navire Dragon 2008
DR

Ouverture en deux actes
On ne se lasse pas de cette baie de Douarnenez. Quel que soit le temps, elle se pare de couleurs indicibles et quand le thème est au noir et blanc, comme ce matin, c’est d’un camaïeu de gris qu’elle s’habille… Un belle scène pour accueillir les Dragon du Grand Prix Petit Navire, idéale toile de fond hollywoodienne sur laquelle projeter les images des 81 spis multicolores…
Le rôle principal du premier acte a été interprété en russe. De la première réplique à la dernière, Georgy Shaiduko sur son Red October, a tenu les feux de la rampe. Beau départ, en tête dès le lever de rideau, le Dragon RUS 44 a dominé la flotte de bout en bout. L’Allemand Philip Dohse sur Puk (GER 1042) et le Britannique Quentin Strauss sur Gorgeous Worgeous (GRB 723) ont respectivement tenu le second et le troisième rôle. Ils n’ont pas joué les figurants, mais le trio français, Bruno Peyron, Jimmy Pahun et Sébastien Audigane, malgré une deuxième place à l’issue du troisième bord, s’est laissé distancer et Ar Guellan (FRA 360) s’est classé 7ème et premier Français de la flotte sur cette course.

Un gros grain a cueilli les concurrents au cours de la deuxième course. A gros grain, grosse bascule et grand bazar sur le plan d’eau. Une partie des coureurs, sans y prendre garde, s’est laissée entraîner par le vent et s’est retrouvée sous spi, totalement hors cadre… Formidable cacophonie spectaculaire, beaucoup moins appréciée sur le plan de la performance. Et c’est une nouvelle fois un équipage russe, le Sunflower (Rus 35) de Victor Fogelson, qui a imprimé sa marque pour la dernière course du jour. «Le Fin 50 Rat Pack de Dahlman et Henriksen qui finit deuxième, a bien failli l’emporter. Ce qui ne m’étonne pas du tout » explique le président Henry Bacchini, «quand il y a du Trafalgar, avec des vents dans tous les sens, il n’est jamais mal placé. Les premiers ont vraiment bien su s’adapter aux conditions changeantes du plan d’eau de Douarnenez ». Le troisième à franchir la ligne d’arrivée, UKR 8, T Bunker, n’était pas mené par un inconnu. En effet, il s’agit de Evgeniy Braslavets, le médaillé olympique en 470 à Atlanta… Louis Urvois est le premier Français de cette deuxième course sur Ar Youleg II (FRA 365). Il s’est classé cinquième.

A noter que l’un des équipages français, Dirastarc’h (FRA 355) le bateau de Yann Kersalé, avait à son bord un quatrième équipier, Marin Louarn. Pour atteindre le poids maximum de 283 kilos, Tanguy Ravach a fait appel à son neveu, un beau bébé de 14 ans et surtout de 75 kilos… Il est le plus jeune Dragoniste en course. Rappelons que le doyen de l’épreuve, Yves Thézé, 87 printemps, court avec un seul équipier, Jérôme Laurier sur Coq Rouge IX (FRA 329).

Classements provisoires des deux courses Dragon
1ère course
RUS 44 (Red October)
GER 1042 (PUK)
GBR 723 (Georgeous Worgeous)

2ème course
RUS 35 (Sunflower)
FIN 50 (Rad Pack)
UKR 8 (T Bunker)

Top départ de la 10ème Semaine de Porquerolles

Porquerolles 08
DR

Sélection naturelle
Faible en début de procédure, avec 8 petits noeuds relevés sur la ligne de départ, le vent, comme à l’accoutumé en ce coin de Méditerranée, prenait d’heure en heure un peu plus de muscle pour atteindre rapidement les 15 à 16 noeuds, et s’établir à plus de 22 noeuds en fin de 3ème manche. L’excitation et le taux d’adrénaline des coureurs montaient à l’unisson et dès les premiers des trois départs du jour, le ton, très vif, était donné entre des concurrents bien décidés à disputer dès les premiers bords les places les plus dégagées du plan d’eau ; cris, intimidations, jeux des priorités… toute la panoplie des manoeuvres autorisées étaient exploitées pour partir dégagé et avec du vent frais vers Porquerolles et le plus fort du régime d’ouest en cours d’établissement. Le très élégant plan Farr Vismara de 46 pieds "Bella Donna"  à Jean-Marie Gennari se montrait efficace tout au long de la journée. Il prenait régulièrement le meilleur sur les habitués des podiums Porquerollais, Charles Métenier et son redouté A 40 "Geranium Killer", le Grand Soleil "Lady First" à Jean-Pierre Dréau, ou "Follow me", l’IMX 45 d’Alexandre Korniloff. En s’octroyant la troisième course du jour, Gilles Argellies et son magnifique Brenta 55 "Imagine" reste au contact d’un groupe décidément bien homogène.

Tension chez les IRC3
Flotte la plus considérable en terme de nombre d’engagés, 31, les voiliers jaugés en IRC 3 offraient dans le sillage des grandes unités, le spectacle rare de régates nerveuses et au contact. Des lignes de départ âprement disputées, au "dog legs" de dégagement sous la presqu’île de Giens, jusqu’au dernier grand bord de largue intelligemment mouillé avant la ligne d’arrivée par le Comité de course, c’est dans un même élan, au plus près des tableaux arrières, que ces jolis voiliers de moins de 13 mètres, "habillés" des voiles les plus HI-Techs, se sont déchirés pour les manches du jour. Et là encore, les grands habitués du plan d’eau, les marseillais Yvon Laout et Alain Fédensieu en tête se sont attachés à naviguer juste, impeccablement réglés et avec toujours la bonne mesure d’audace et d’agressivité. "On a connu quelques départs très chauds" raconte Fédensieu, visiblement heureux d’une journée en tous points exceptionnelle."Notre voilier (A 35 "William B") n’est pas encore au max de ses possibilités de vitesse. Nous allons y remédier ce soir en revoyant nos réglages de mât. Cette journée a été fantastique tant sur le plan des conditions que sur le plan tactique, avec un jeu très ouvert au gré des bascules de vent. Le classement provisoire traduit bien ce soir le faible écart qui sépare les principaux protagonistes de chaque classe…"

Kaya maître chez lui.
Deux victoires lors des deux premières courses, et voilà le Hyérois Philippe Saint André déjà bien campé sur la plus haute marche du podium des IRC 2. Son J 122 "Kaya" prend un ascendant psychologique certain sur ses deux protagonistes les plus virulents, le First 40,7 "Sayann 2" à Cyril Baillie et le X 43 Shamballa du Marseillais Frédéric Dupeyron. mais là encore, et à l’image du spectacle proposé par chaque classe, les écarts les plus minimes ont été relevés à chaque passage, à chaque changement d’allure et à chaque franchissement de lignes. Comme le soulignait hier en amont des débats le régatier Alain Fédensieu, "Chaque année voit le niveau des courses à Porquerolles s’élever et surtout, se resserrer…" Les vainqueurs du jour sont prévenus, les régates de la Semaine de Porquerolles ne toléreront aucun relâchement d’ici dimanche !

Les X Yachts ; la classe invitée la plus représentée…
Avec 20 voiliers venus des 4 coins de la Méditerranée, les X Yachts font honneur à leur statut de Classe invitée. Jamais la Classe invitée à Porquerolles n’avait en 10 ans présenté autant de bateau. Une volonté fortement soulignée par Antoine Sézérat, Directeur général de X Yachts France, heureux de trouver à Porquerolles l’adéquation recherchée entre régates d’un vrai niveau sportif, et la légitime exigence des proriétaires de venir évoluer dans le cadre d’un grand rassemblement sportif annuel. "Porquerolles a une vraie identité sportive" explique Sézérat. "La grande famille des "X" Français a naturellement plaisir à se rassembler autour d’un objectif commun d’exposition dans un cadre compétitif reconnu. La culture de la performance provient de la genèse même de ces bateaux danois créés par les frères Jeppesen. Notre souhait est de proposer aux amoureux des "X Yachts" des rendez vous pérennes de qualité". Dernier né de la gamme, le X 34 "satisfacxion" récemment présenté à Paris n’est malheureusement pas prêt pour concourir à Porquerolles.

Ils ont dit :
Alain Fédensieu (William B) : "on ne voit que des sourires ce soir sur les pontons, preuve que cette première journée a tenu toutes ses promesses, avec du vent et du soleil, et des régates très disputées…"

Nathalie Peberel, Président du Comité de course : "On a senti une certaine tension lors des départs, avec quelques "frictions" entre bateaux. puis, lorsque le vent est monté, les coureurs se sont donnés plus de marge et les phases de départ ont été de toute beauté. Le vent d’Ouest est idéal pour investir toute la surface du plan d’eau entre Hyères et Porquerolles, y compris lorsqu’il a fallu, avec le fraîchissement du vent, rallonger le parcours vers la presqu’île de Giens."

Classement général provisoire après 3 manches (avant décision du jury) :

IRC 1
Geranium Killer (A40) / Metenier charles
Follow Me (IMX45) / Korniloff Alexandre
Bella Donna (VISMARA46) / Gennari Jean-Marie

IRC 2
1 – Kaya (J122) / Saint-André Philippe
2 – Sayann 2 (First 40.7) / Baillie Cyril
3 – Shambala (X43) / Dupeyron frederic

IRC 3
1 – Tchin Tchin (A35) / Bertrand Jean-Claude
2 – Kick (Bavaria 38) / Laout Yvon
3 – Ville de Toulon (A35) / Chourgnoz alian

Un brin de près…

Cercle Vert
DR

La météo de la Transat AG2R 2008 a le chic de ne pas respecter les conventions, de défier les us et coutumes. D’abord, elle prive la flotte d’alizé, ensuite elle sert une jolie dépression le 1er mai. La fête du travail au près sur la route des tropiques, voilà qui oblige les marins à tirer des bords et à négocier la moindre bascule de vent. Fini les longues glissades sous spi, place à une progression plus laborieuse et plus humide. « Deux fois la route, trois fois la peine », dit le dicton. Il va sans dire que les quelques extrémistes du Sud, refusant de se plier à ces conditions, ne connaissent pas aujourd’hui l’influence de cette dépression. Eux le près ? « Pas vu, pas pris ! » Ils en sont loin, ils progressent encore à 280-300 milles de la tête de flotte. Notons néanmoins que Solarinox et SNEF-Cliptol Sport ont désormais infléchi leur route et mettent le cap à l’Ouest.

Les écarts se resserrent
Pour les autres, les écarts se resserrent déjà. Cercle Vert et Mousquetaires, forts de leur décalage en latitude, ont déjà repris une douzaine de milles sur la tête de flotte. Plus en arrière aussi, dans le sillage du groupe qui progresse dans les environs de l’orthodromie, les affaires reprennent. KPMG se hisse ainsi à la 11ème place et n’accuse plus que 92 milles de retard sur les premiers. La navigation précise d’Elodie Riou et Bertrand Castelnerac porte ses fruits.

Bataille de bords à tirer
Pourtant, Financo, menacé hier par les autres nordistes ne lâche rien. En vrais patrons, Nicolas Troussel et Christopher Pratt concèdent un peu de terrain, mais tiennent tête ! À l’aube, ils mènent leurs troupes forts de 3 petits milles symboliques. Disons qu’ils ont l’art de la négociation. Céder un peu pour reprendre ensuite ? Dans son tableau arrière, Cercle Vert ne l’entend pas ainsi. Gagner un peu avant de reprendre beaucoup. Place à une bataille de bords à tirer. Avec l’arrivée de la dépression, un vent de contestation semble souffler sur la flotte. Une chose est sûre : dans les jours qui viennent, l’honneur sera dans le près… Le vent de 10-15 nœuds doit forcir au cours de la journée. Il sera plus soutenu au Nord.

Beuchat : un kit pour les marins.

Beuchat
Beuchat

La société Beuchat International, fabricant français de matériel de plongée sous-marine, vient de sortir un Kit Plaisance ou Boat Diving System.

Il s’agit d’un kit d’intervention permettant d’effectuer des contrôles ou des petites réparations sur les coques des bateaux. Il est composé d’un harnais en toile réglable, d’une bouteille de 2 litres, d’un détendeur à deux étages et d’un manomètre de contrôle. Un masque et un tuba complètent la panoplie et rendent possibles les interventions au niveau de la surface et en faible profondeur. Le tout fourni dans une petite valise de protection.

La bouteille de 2 litres gonflée à 230 bars permet de respirer environ 5 minutes à une profondeur maximale de 10 mètres. Le manomètre relié au premier étage du détendeur permet de s’assurer du bon remplissage de la bouteille avant l’intervention et est utilisé comme appareil de contrôle du niveau d’air restant disponible à tout moment pendant l’immersion.

Très utile pour des interventions telles que la vérification de l’état d’une crépine, le déblocage d’une hélice, la libération d’une ancre bloquée par une roche sur une profondeur inférieure à 10 mètres ou la fixation d’une anode sur un arbre.

Source Beuchat
www.beuchat.fr

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