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Un plan Farr et 2 Finot sur le podium de la Transat

Brit Air
DR

Yann Eliès s’adjugeait donc la troisième marche du podium dimanche matin, Generali ayant peiné pour franchir la ligne d’arrivée à 4h00′ 22” UTC, (soit 6h 00′ 22” heure française). En effet, Yann Eliès a dû lever le pied lors des dernières 24 heures de mer car le skipper de Generali avait constaté que sa barre de flèche tribord en haut du mât présentait des faiblesses au point de risquer de se désolidariser. Cet incident aurait pu entraîner le démâtage du monocoque et le Briochin a donc pris ses dispositions pour préserver son gréement en réduisant considérablement la voilure. Ce parcours a été plein d’enseignements pour cet ex-Figariste qui a participé à dix Solitaires : toute une nuit sous spinnaker par plus de vingt-cinq nœuds de vent ; en tête de la course pendant plusieurs heures après le Fastnet ; option un peu trop Nord en compagnie de Michel Desjoyeaux ; plongée vers le Sud-Ouest un peu tardive pour aller chercher la porte des glaces ; stress du démâtage le long des côtes américaines. Le Briochin s’octroie tout de même la meilleure performance sur 24 heures avec 376 miles, soit plus de 15,65 nœuds de moyenne ! Pour sa deuxième expérience en solitaire sur une transat à bord d’un monocoque de 60 pieds, Yann Eliès peut être rassuré avec cette place sur le podium.

Convergence architecturale ?
Mais avec deux plans Finot sur le podium, Armel Le Cléac’h (Brit Air) et Yann Eliès confirment que ces prototypes très puissants sont aussi à l’aise dans les brises modérées, au près comme au reaching ou au portant. Le différentiel par rapport au plan Farr du vainqueur Loïck Peyron (Gitana Eighty) ne semble pas significatif ! C’est d’ailleurs l’un des enseignements de cette treizième édition de The Artemis Transat qui, personne ne le cachait au départ de Plymouth, était aussi pour certains l’occasion de valider les modifications du chantier d’hiver, pour d’autres de se qualifier pour le Vendée Globe, pour tous de faire un bilan plus précis du potentiel de chacun.

Et de ce point de vue, difficile d’en tirer des conclusions claires ! Le seul paramètre qui semble nettement identifié, c’est l’importance capitale du skipper. D’abord de son état physique, Marc Guillemot (Safran) ayant confirmé que le moindre incident corporel enlève rapidement des dizaines de pourcentage d’efficacité sur le pont mais aussi à la table à cartes. Quand chaque décision demande un effort considérable pour manœuvrer, matosser, ballaster, quiller, régler. Ensuite de sa réactivité intellectuelle, Yann Eliès ayant laissé entendre qu’il avait raté le coche quand il a vu Michel Desjoyeaux partir au Sud-Ouest et qu’il n’a pas réagi par manque de lucidité. La moindre petite erreur d’appréciation, pour enclencher une manœuvre ou pour rester en phase avec les rythmes météo fait perdre des dizaines de milles qui sont de plus en plus difficiles de rattraper.

Car les bateaux de la nouvelle génération apparaissent très proches en performances ! Il a fallu plus de dix jours pour que se détache légèrement le vainqueur par rapport à ses concurrents. Et sur une Artemis Transat pour le moins variée en terme de conditions de navigation, cela indique bien que tous les nouveaux bateaux, qu’ils soient conçus par Bruce Farr (Gitana Eighty, BT, PRB, Foncia), par le Groupe Finot (Brit Air, Generali) ou par VPLP-Verdier (Safran) ne semblent pas avoir de « trou » c’est-à-dire de situation défavorable où le différentiel est important, et apparaissent très complets et polyvalents. Du portant mou, du reaching musclé, du vent arrière viril, du travers modéré, du près poussif, puis actif, enfin tonique, de la pétole, des brises instables, de la mer forte ou plate. Tout a été testé sur ce parcours de 2 982 milles ! Et jamais il n’y a eu un bateau qui s’est détaché sensiblement en raison de performances supérieures.

En revanche, le différentiel entre les derniers nés et la génération précédente est clairement identifié : il faut compter un demi nœud contre le vent faible ou soutenu, un à deux nœuds au travers musclé, peu de différence au vent arrière entre les premiers et le groupe des poursuivants sur des bateaux construits entre 1996 (Cervin EnR, Akena Vérandas) et 2000 (Roxy). Mais le facteur connaissance du bateau est un incontestable bonus et c’est bien pour cette raison que les solitaires de The Artemis Transat cumulent les atouts en prévision du Vendée Globe.

C’est encore loin Boston ?
Evidemm ent, lorsque les premiers sont arrivés, les conditions de navigation ne sont plus tout à fait les mêmes pour leurs poursuivants. Avec plus de 300 milles d’écart, c’est une journée minimum de décalage météorologique, et comme en sus, cette Artemis Transat a décidemment un visage bien différent des habitudes d’un Atlantique Nord, le paysage est totalement incongru ! En ce dimanche, Marc Guillemot décrivait un lac Léman entre Boston et la Nouvelle-écosse sous le soleil et sur une mer plate où le trafic maritime s’intensifiait.

Même décor pour Arnaud Boissières (Akena Vérandas) et Yannick Bestaven (Cervin EnR) qui observaient une atmosphère presque irréelle de souffle absent en surface et léger en altitude, en tout cas suffisant pour avancer à vitesse réduite mais constante. Pour Samantha Davies, l’environnement était presque identique mais Roxy progressait bien vers l’arrivée en attendant une bascule franche du vent au Sud-Ouest en se renforçant. A ce rythme, Safran devrait arriver dans la nuit de dimanche à lundi (heure française), puis Sam Davies lundi soir suivie par Yannick et Arnaud, Dee Caffari (Aviva) étant plutôt prévue pour mardi et Steve White (Spirit of Weymouth) pour mercredi.

Classement du dimanche 25 mai à 14h00 (heure française)
1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) le samedi 24 mai à 3h15’35” UTC en 12j 11h 45′ 35 (redressement de 2h30 du Jury inclus)
2- Armel Le Cléac’h (Brit Air) en 12j 19h 28′ 40” à 7h 43′ 05” du premier
3- Yann Eliès (Generali) en 13j 15h 00′ 22” à 1j 3h 14′ 47” du premier
4- Marc Guillemot (Safran) à 164 milles de l’arrivée
5- Samantha Davies (Roxy) à 329 milles
6- Yannick Bestaven (Cervin EnR) à 377 milles
7- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 385 milles
8- Dee Caffari (Aviva) à 435 milles
9- Steve White (Spirit of Weymouth) à 567 milles
Abandon- Vincent Riou (PRB)
Abandon- Unai Basurko (Pakea Biskaia 2009)
Abandon- Sébastien Josse (BT)
Abandon- Michel Desjoyeaux (Foncia)

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Yann Eliès (Generali) complète le podium de la Transat anglaise 2008

Podium de The Transat 2008
DR

Yann Eliès : « Stressante cette arrivée ! ça a traîné et puis surtout, j’avais ma barre de flèche haute tribord qui partait en quenouille… L’axe fait un angle et je m’en suis rendu compte avant-hier soir. J’ai dû prendre deux ris et mettre la trinquette… Et puis finalement, j’ai dû tirer des bords comme au Figaro ! Une arrivée tout en douceur. Je n’avais pas trop la pression derrière mais tout de même. Cette troisième place, il ne fallait pas qu’elle m’échappe ! C’est important de faire un podium sur The Artemis Transat… J’aurais voulu être plus proche de Loïck et Armel. C’était un bonheur d’être tout seul sur ce bateau, surtout pendant le black-out. Je me souviens du bord du spinnaker avec trente nœuds de vent ! Je ne pensais pas que c’était possible de tenir autant de toile… grand voile haute et grand spi. Et de même sur un reaching musclé et le dernier coup de baston à la fin. Ca tape mais ça passe. Ce n’est pas toujours facile de trouver le bon compromis… Sur cette transat, il ne fallait pas être premier, sauf à la fin ! Et on a fait chaud jusqu’à l’arrivée à Boston. On a tout eu : du mou, du fort, du près, du portant… Techniquement, j’ai eu pas mal de soucis, mais en terme de performance, c’est nickel : on a rien à envier aux plans Farr ! Maintenant, ce sont les hommes qui font la différence. J’ai un petit coup de mou à cause du stress du mât à l’arrivée… Mais ça passe vite, une transat ! J’ai une super chance de naviguer sur ces bateaux-là… »

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Appart City abandonne

Appart City
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Alors que le leader des Class40, Giovanni Soldini sur Telecom Italia, touchait des vents de 20 à 30 noeuds,  voir  40 noeuds en rafales vendredi, le reste de la flotte remontait péniblement au près dans le but de passer la porte des Glaces, située au sud de la Nouvelle-Ecosse.

En 2ème position, Thierry Bouchard, a effectué un très bon bord après avoir passé la porte des Glaces : « Pour le moment, tout va bien » rapporta, le skipper de Mistral Loisirs – Pole Sante ELIOR, ce matin lors de la vacation. " J’ai réussi à franchir la porte des Glaces juste avant que le vent n’augmente, me permettant ainsi d’être sur un bon bord pour accueillir ces 30 noeuds de vent."  En direction de la porte des Glaces, 40 degrés nord, la flotte se battait contre un vent sud-ouest qui ne cessait d’augmenter d’un nœud toutes les demi-heures. Thierry Bouchard est passé en 2ème position cette après-midi, à 4 milles devant Boris Herrmann (Beluga Racer) et à 93 milles derrière Giovani Soldinni. « Je vais effectuer route vers le nord le plus rapidement possible afin de garder un œil sur Giovani et Boris. » et rajoute « Aujourd’hui le vent s’est stabilisé, je vais donc en profiter pour me reposer vu qu’il ne va pas y avoir beaucoup de manœuvres à faire aujourd’hui. »

Le plus heureux des Class40, ce matin était Simon Clarke, qui a réalisé de très bonnes pointes de vitesse au cours de la nuit et ce matin à bord de Clarke Offshore Racing :  « L’option du sud était un bon choix tactique, vu que les vents sont principalement sud. » raconte très simplement Simon Clarke un peu plus tôt. Entre hier après-midi et ce matin, Clarke a enregistré la moyenne la plus rapide. Vendredi matin, il faisait route derrière Louis Duc Groupe Royer et était à 94 milles du leader. La position de Duc était plus au nord ce qui signifiait pour lui une descente vers la porte des glaces au près alors Clarke qui avait décidé d’attaquer sous le 40ème était plus rapide. Résultat la distance s’est réduite à 65 milles ce matin. «  c’était un bord chaotique » raconte Simon « et je me suis vraiment battu pour le faire car il y avait plein de courant, j’étais constamment à réajuster mes réglages du fait du vent qui ne cessait d’augmenter mais également du fort courent sud-est. « je ne pouvais trouver pire » rajout Simon Clarke.

Cette après-midi, Clarke offshore Racing est à 42 milles de Louis Duc :  « Je suis derrière Groupe Royer et peut être Groupe Partouche qui n’a pas encore passé la Ica Gate, je pense que nous allons être proche durant les jours à venir » Alors que Simon parlait, Christophe Coatnoan coupait la porte des Glaces. « Mon objectif est d’avancer le plus rapidement possible afin de rattraper les autres. » Clarke Offshore Racing est complètement prêts pour subir des conditions difficiles  « Je n’ai pas eu l’occasion de faire un check complet mais il n’y a aucun bruit étrange »  affirme-t-il de façon joyeuse. « Le bateau est vraiment bien constitué, je pense qu’il est assez souple pour résister. » Simon Clarke a travaillé sur de nombreux projets de course au large ainsi que sur la construction de certains bateaux «  je pense que si le bateau avait été plus rigide, il n’aurait pas tenu le coup. »

Avant que le vent ne tombe la nuit dernière, Miranda Merron sur 40 Degrees naviguait dans des vents de 40 nœuds :  « Pas question d’utiliser le tourmentin » expliqua-t-elle au PC course ce matin. « Je suis vraiment fière d’avoir passé la Ice Gate avant ce front, c’était devenu primordial. » Miranda, tout en préparant son petit-déjeuner,  raconte « le vent est actuellement de 12-13 nœuds, je viens de dormir un demi-heure mais qui m’a paru une éternité, cela m’a requinqué. » Repartant vers le nord, les conditions changent :  « l’air est beaucoup plus froid, j’ai rajouté des épaisseurs, je bois du thé et me prépare des repas chaud. » Après la tempête, son Class40 est en bon état : « il n’y a aucuns gros dégâts, je suis fière du bateau. » Alors que les Class40 apprenaient l’abandon par la direction de course, durant la tempête, de Yvan Noblet, ils étaient tous désolé pour lui tel que le dit Miranda « Je suis vraiment désolé d’apprendre cela. C’est vraiment dommage, il a effectué une très belle course, et était dans le groupe de tête »

Ce matin, 40Degres était en 5ème position, en tête d’un petit groupe séparé de 11 milles : comprenant Alex Bennett sur Fujifilm (6ème) et Benoit Parnaudeau (7ème). «  Je n’arrive pas à croire que Alex Bennett est toujours à côté de moi après 14 jours en mer, et que Ben a rejoint le groupe, c’est génial. »

Pour Halvard Mabire sur Custo Pol, les dernières 24 heures n’ont pas été glorieuses. Vendredi aux alentours de midi, Halvard était sur le point de passer la porte des Glaces côté est, en 7ème position juste devant Alex Bennet sur Fujifilm (8ème).  Cependant Alex Bennett, a effectué un bord tribord amûre pour passer la ‘Ice Gate’. Halvard Mabire raconte l’histoire :  « Après croisé Fujifilm hier, je suis rentré dans le front et j’ai pris 45 noeuds dans la figure ce qui m’a pas mal freiné en fait, et m’a fait perdre du terrain, contrairement à Alex qui est reparti de plus belle." Cet après-midi Alex Bennet se situe à XX milles de Custo Pol. Halvard Mabire affirme qu’il commence à fatigué mais qu’il ne va pouvoir se reposer tout de suite vu que différents points sur son bateau nécessitent encore un peu de travail. « Je suis toujours en phase de découverte avec mon bateau, je le connaîtrais une fois arrivé. »  

En ce qui concerne la suite.
Après la tempête de la nuit dernière, une zone peu ventée les attends. Giovanni Soldini touche actuellement un vent léger (5 nœuds sud-ouest) diminuant considérablement sa vitesse.  Il est possible que le leader Italien reste piégé tout au long de la nuit. Plus au sud Mistral Loisirs – Pole Sante ELIOR et Beluga Racer naviguent dans un vent de 15 noeuds, qu’ils devraient garder jusqu’à demain matin, réduisant ainsi l’écart qui les sépare de Telecom Italia. Pour le reste de la flotte, le vent deviendrait plus faible en fin d’après-midi. Il reste environ 700 milles avant que le leader franchisse l’arrivée, avec tous types de conditions météo.

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Peyron vainqueur, Le Cléac’h deuxième

Loick Peyron
DR

Loïck Peyron a remporté avec brio sa troisième transat en solitaire sur l’Atlantique Nord après ses succès sur son trimaran Fujicolor en 1992 et 1996. En tête dès les premiers milles, le vainqueur de The Artemis Transat s’est fait dépasser au large du Fastnet, mais est toujours resté dans le quarteron de tête, pour porter son coup final après la porte des glaces. Et bien qu’il se soit détourné pour porter assistance à Vincent Riou, il a maintenu plus de trente milles d’écart face à son plus tenace concurrent, Armel Le Cléac’h : le jeune skipper est arrivé deuxième, 7 heures 43 minutes 05 secondes après le vainqueur (inclus les 2h30 de redressement).

Loïck Peyron avait franchi la ligne d’arrivée à Boston à 3h15’35” UTC ce samedi matin. Après 12 jours 14 heures 15 minutes et 35 secondes de mer mais le temps officiel de Loïck Peyron, après déduction de son temps de « redressement » (2h30) accordé par le Jury International, est de 12 jours 11 heures 45 minutes et 35 secondes. Loïck Peyron s’adjuge le Prix Omega en améliorant aussi le temps de référence sur ce parcours mythique (détenu auparavant par Mike Golding en 2004 avec 12 jours 15 heures 18 minutes et 8 secondes) de 3 heures 32 minutes et 33 secondes. En fait, le skipper de Gitana Eighty a parcouru sur l’eau 3 185 milles (soit 203 milles de plus que la route la plus directe) à une vitesse moyenne sur l’eau de 10,68 nœuds.

Armel deuxième à Boston.
Le podium de The Artemis Transat en monocoque Imoca aura été déterminé dans la même journée puisque Armel Le Cléac’h (Brit Air) est arrivé à 8h 28’40” UTC (10h 28′ 40” heure française). Le jeune skipper (31 ans le jour du départ de Plymouth) a toujours été en embuscade depuis les premiers milles et était même pointé en tête le lendemain du coup de canon ! Pour sa deuxième transat en solitaire sur un monocoque de 60 pieds, Armel Le Cléac’h confirme qu’il fera partie des favoris au départ du Vendée Globe en novembre prochain. Et surtout, il démontre que son plan Finot est un redoutable bateau qui n’a rien à envier aux plans Farr de dernière génération.
Particulièrement à l’aise dans la brise, Brit Air n’a jamais été handicapé lorsque le vent a sensiblement molli, ce qui a été bien des fois le cas sur cette Artemis Transat !

Commentaires en mer
Arnaud Boissières (Akena Vérandas) ce samedi midi
« Hier, je suis parti un peu trop Sud : j’ai perdu du terrain mais côté conditions, ça a ét 3; terrible ! Des éclairs et beaucoup de vent. Et maintenant, je suis dans le sillage de mes deux camarades, Sam et Yannick ! Mais il reste 500 milles et l’écart n’est pas énorme. En plus, ce qui va se passer à l’air compliqué pour finir. Cette nuit, il a fait super froid ! Et il y a de timides apparitions du soleil, façon breton. En fin de nuit, j’ai tapé un truc et mon safran s’est relevé : ça m’a stressé. J’ai abattu en grand mais je ne sais pas s’il y a un impact. Trois alarmes à suivre : après le safran, mes batteries et l’activ’écho ! »

Marc Guillemot (Safran) ce samedi midi
« C’est un bord génial sur une mer plate, le long des côtes de la Nouvelle-écosse, à une trentaine de milles du rivage. Il y a treize nœuds de vent de Nord-Ouest mais ça devrait mollir un peu dans l’après-midi : ce n’est pas très mouvementé. Je suis en forme même s’il y a encore de la douleur aux côtes. Ce sera oublié dans une semaine mais je ne suis plus gêné dans les manœuvres à part pour le matossage. C’est super pour Loïck qui a fait un très beau parcours. Il attaque le Vendée Globe avec deux victoires en solo, c’est superbe ! Et pour Armel, bravo. »

Yannick Bestaven (Cervin EnR) ce samedi midi
« Le vent est changeant et je fais route presque directe sur Boston. C’est une journée un peu plus reposante qui s’annonce. Car la nuit a été dure : quand il faut transférer l’eau des ballasts et virer de bord par trente nœuds de vent, c’est rock & roll ! Et j’ai dû en faire plusieurs dans la nuit. Dans une manœuvre un peu scabreuse, le « tracker » (positionneur) est tombé à l’eau. Le virement de bord peut te faire perdre beaucoup de milles et j’en ai raté deux cette nuit ! Mais ça y est : le vent est devenu raisonnable. Je vais pouvoir ranger le bateau, vérifier le matériel et continuer à mettre la pression sur Samantha. La cinquième place, c’est notre grade à nous, bateaux de l’ancienne génération ! Mais ça me rassure pour la suite parce que nos trois monocoques ont fait une belle traversée de l’Atlantique. »

Sébastien Josse (BT)
« Je suis content d’être arrivé à Lorient ce samedi matin à 7h15 (heure française). Maintenant, nous allons pouvoir commencer notre préparation pour le Vendée Globe. Je sais que BT est un bon bateau. J’ai appris énormément de choses pendant cette course et je vais pouvoir utiliser toutes ces nouvelles connaissances pour améliorer BT. Mon objectif est de passer autant de temps que possible en mer. Je veux également naviguer avec l’équipe et j’espère faire un peu d’entraînement à Port La Forêt avec la concurrence. L’Artemis Transat a été une dure leçon et nous a malheureusement rappelé que peu importe le niveau de préparation, tout peut arriver. Alors, le mieux que tu puisses faire, c’est d’être au départ du Vendée Globe avec la meilleure préparation qui soit. Et c’est ce que nous avons l’intention de faire ! »

Classement du samedi 24 mai à 16h00 (heure française)
1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) le samedi 24 mai à 3h15’35” UTC en 12j 11h 45′ 35 (redressement de 2h30 du Jury inclus)
2- Armel Le Cléac’h (Brit Air) en 12j 19h 28′ 40” à 7h 43′ 05” du premier
3- Yann Eliès (Generali) à 79 milles de l’arrivée
4- Marc Guillemot (Safran) à 308 milles
5- Samantha Davies (Roxy) à 428 milles
6- Yannick Bestaven (Cervin EnR) à 440 milles
7- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 467 milles
8- Dee Caffari (Aviva) à 521 milles
9- Steve White (Spirit of Weymouth) à 663 milles
Abandon- Vincent Riou (PRB)
Abandon- Unai Basurko (Pakea Biskaia 2009)
Abandon- Sébastien Josse (BT)
Abandon- Michel Desjoyeaux (Foncia)

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Risque de démâtage pour Yann Eliès

generali
DR

En mode convoyage…
Yann, à l’occasion d’une inspection de routine à la tombée de la nuit dernière, a constaté l’angle curieux présenté par cette barre de flèche. Une observation plus précise lui a révélé que la fixation de la barre de flèche sur le mât était en train de céder. Yann a alors réagi très vite et avec le sang froid d’un marin d’expérience, prenant un, puis deux ris dans la grand voile, soulageant les ballasts et s’écartant du lit du vent. Inquiet, il a même durant quelques heures, viré de bord afin de présenter au vent toujours soutenu de la nuit dernière, 15 à 20 noeuds, son flanc bâbord et soulager ainsi les efforts sur l’espar endommagé.

Au petit matin, et à la faveur d’un sérieux ralentissement du vent, il a repris une route directe vers Boston, à petite allure, 5 à 6 noeuds, sous deux ris et solent. "Je suis désormais en mode "convoyage" avoue-t-il visiblement tendu "Je n’ai qu’une idée en tête, rallier Boston avec le mât sur le pont. J’ai passé une drisse en tête de mât de façon à le retenir en cas de chute." La bonne nouvelle du jour est bien entendu constituée par les conditions clémentes qui baignent les abords de la capitale du Massachusett. "Le vent va adonner davantage encore en mollissant. Je m’attends à naviguer au ralenti cette nuit devant Boston, et si tout va bien, je ferai mon passage de ligne demain matin…"

A 85 milles de l’arrivée
Yann était cet après-midi à 15 heures françaises situé à 85 milles de l’arrivée, par 42’34 degrés de latitude Nord et 69’01 Ouest. Il progressait à environ 6 noeuds sur une mer assagie. "Je suis allé à l’avant, j’ai parlé à mon bateau gentiment et j’ai prié pour que le mât tienne…" Au plus fort du stress, le Briochin conserve son sens de l’humour. Privé de sommeil, il est tout entier à l’écoute de son Generali. Son deuxième pilote automatique ayant, s’en est presque anecdotique, également lâché, c’est en marin naviguant "à l’ancienne" qu’Eliès, il en est convaincu, va franchir la ligne d’arrivée demain matin… En marin aguerri, Yann a contacté son équipe technique à terre qui met tout en oeuvre pour aider Yann dans son diagnostic et envisager les éventuelles réparations.

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Les 12 mJI à l’épreuve du vent

La Twelve
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Les visages des marins revenus prématurément au port irradiaient pourtant de bonheur ; "Ce sont des conditions de rêve que jamais on ne rencontre "résumait Louis Hecky, numéro Un à bord du Challenge Twelve de William Borel. "Il est très rare en effet que nous naviguions ainsi en limite de tolérance de ces bateaux fabuleux qui ne peuvent prendre de ris dans la grand voile et qui ne régatent donc jamais au delà de 24 noeuds de vent." C’est pourtant très exactement la force qu’annonçait la direction de course peu après 11 heures ce matin au moment de lancer un nouveau parcours banane entre l’entrée du port de Porquerolles et les Mèdes. Le vent d’Est avait levé un fort clapôt et c’est une manche très sportive qui attendait les marins des 4 voiliers en lice. South Australia à Jacques Fauroux, intouchable hier dans le petit temps, trouvait sur la ligne des adversaires particulièrement remontés et bien décidés à profiter de la brise établi pour le pousser dans ses derniers retranchements. Le décor ainsi planté, Challenge Twelve, auteur d’un somptueux départ s’emparait d’emblée de la gauche du plan d’eau. Ikra et le rutilant Kookaburra III partaient eux résolument vers Porquerolles. Profitant du vent frais, Borel prenait quelques longueurs avant que la magie de South Australia n’opère de nouveau ; Un bord de près somptueux le précipitait en tête à la bouée au vent. Bien à plat sur l’eau malgré le clapôt, il s’envolait irrésistiblement pour signer une victoire de brise très prisée des marins. "Ces bateaux sont non seulement superbes sur l’eau" souligne Heckly, "mais ce sont aussi des bateaux "d’hommes", terriblement physiques. Dans la brise et sur houle formée, cela relève du rodéo". 14 à 16 hommes d’équipage ne sont pas de trop, malgré l’exiguïté des ponts, pour envoyer et récupérer les immenses voiles d’avant. Ballets tout en élégance, les régates de 12 Metre prennent aussi toute leur saveur sportive quand commence la danse des équipages à chaque virement ou empannages. C’est l’un des attraits de ce rassemblement Porquerollais, offrir d’intenses régates au contact sur des parcours réduits favorables aux manoeuvres et à la stratégie, et qui laissant à des marins souvent issus de la Coupe de l’America, tout le loisir de s’exprimer au plus haut niveau….
4 manches ont déjà été validées dans cette Twelve Cup. La domination de South Australia est complète, dans tous les régimes de vent et à toutes les allures.

11H15 – Quatrième course
1 – KA 8 – South Australia / Jacques Fauroux
2 – KA 10 – Challenge Twelve / William Borel
3 – K3 – IKRA / De Rosny Olivier
DNF – KA 15 – Kookaburra III / Trehard Christian

Classement général après 4 courses
1 – KA 8 – South Australia / Jacques Fauroux
2 – KA 10 – Challenge Twelve / William Borel
3 – KA 15 – Kookaburra III / Trehard Christian
4 – K3 – IKRA / De Rosny Olivier

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Victoire historique de Loick Peyron

Victoire de Loick Peyron
DR

Cette victoire marque une nouvelle étape dans la carrière fantastique de ce marin : il est désormais le seul à cumuler trois succès sur cette épreuve légendaire qui a débuté en 1960 et avait couronné par deux fois Eric Tabarly (1964 et 1976) et Loïck Peyron (1992 et 1996) ! Gitana Eighty a parcouru les 2 982 milles de The Artemis Transat en 12 jours 11 heures 45 minutes 35 secondes, ce temps de course incluant pas la déduction de 2h30 accordée par le Jury International en raison du détournement de Loïck Peyron pour porter assistance à Vincent Riou. Une moyenne par rapport à l’orthodromie (route directe) de 9,938 nœuds. Il améliore donc de près de quatre heures, le temps de référence établi en 2004 par Mike Golding en 12 jours 15 heures 18 minutes et 8 secondes !

Loïck Peyron à son arrivée au ponton à Rowes Wharf, Boston, USA :

«Par rapport à mes deux victoires en multicoque, celle-ci est pas mal !  On a les mêmes fichiers météo que les trimarans, les mêmes outils pour les traiter, les mêmes polaires à peu de choses près et à peu près le même cursus (on se connaît tous) : on fait presque la même chose ! C’est du Figaro à l’échelle océanique.

Le bon entraînement a eu lieu lors de la transat Ecover-BtoB au retour du Brésil cet hiver. Mais le fait d’enfoncer un peu plus le clou. Ca ne veut pas dire qu’il y a de la supériorité, vraiment pas ! Ce sont seulement de petits détails, des bidules, des casses des autres. Là, il n’y a pas photo mais au départ, on était treize avec plus de la moitié capables de gagner. On a bien vu que le classement a changé constamment au début de la course. Les placements sont primordiaux maintenant.

Le principe du black-out était sympa, même si le moment n’était peut-être pas le plus intéressant, mais j’ai quand même virer pour me recaler, comme Vincent d’ailleurs. Cela n’a pas servi à grand-chose en terme de progression mais cela m’a permis de m’économiser.

Les plans Farr marchent décidément très bien. Ce n’est en plus jamais le même qui gagne : PRB, Foncia, Paprec, Gitana ! Cela montre que ce sont des bateaux conçus par Bruce Farr avec les équipes qui ont travaillé dessus, qui ne sont paradoxalement pas extrêmes. Ce sont des bateaux complets avec de petites différences. J’ai eu l’occasion d’en parler avec Vincent : c’était très sympa car il y a plein de subtilités sur nos navires. Le cabinet américain dessine de très belles carènes mais après, il faut une grosse équipe technique pour finaliser car les architectes ne font jamais des bateaux complets, il faut un peu d’expérience derrière.

 Il y a un peu de boulot sur le bateau mais globalement ça va : je dois retourner en France. Je suis pilote de chasse en Suisse, il faut que je sois rentré avant le Bol d’Or !

J’aime bien être devant, mais ce n’est pas facile d’y rester ! Ce n’est pas gênant de ne pas être devant au milieu du parcours, je l’ai souvent constaté. Et particulièrement sur cette transat. J’avais déjà fait ça en multicoque : je suis assez milieu, centriste. Pas Bayrou mais !

Quand on accumule quelques années de navigation, on a moins de pression et c’est plus agréable et on fait moins de bêtises.

Le Vendée Globe ? Je suis à peu près dans le coup, mais il y a du monde et il y a plein de paramètres. Mais si ça peut faire mal à d’autres solitaires, ce n’est pas plus mal ! C’est affreux, le sport. Armel ? Il ne m’a pas lâché.

Vincent ? Il est adorable. C’est une situation très particulière : tu sais que tu es observé. Il a appris plein de choses sur moi et sur mon bateau ! On a partagé des choses puisque nous avons approximativement les mêmes bateaux. C’est ça qui est marrant. Mais c’est une expérience étonnante. »

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Gill a entièrement remis au goût du jour sa gamme de bottes en caoutchouc avec de nouveaux modèles ‘Hautes Yachting’, ‘Hautes Croisière’ et ‘Basses Croisière’, tous fabriqués en caoutchouc 100% naturel très résistant.

Les bottes Hautes Yachting ont une nouvelle semelle extérieure conçue en exclusivité pour Gill. Cette semelle est souple, elle ne laisse pas de trace et comporte des canaux de drainage qui offrent une  excellente adhérence dans toutes les conditions et sur toutes les surfaces. L’enveloppe autour de la semelle assure une durée de vie supérieure.

Chaque modèle de bottes est doté d’une doublure en polyester qui sèche rapidement et d’une semelle intérieure ultra-légère et amovible avec une excellente voûte plantaire pour plus de confort. Les bottes sont renforcées au niveau du talon, du coup de pied et des orteils pour protéger les pieds des pièces d’accastillage du pont. Pour éviter que l’eau ne pénètre par le haut, les bottes sont également pourvues d’une partie resserrable autour de la jambe.

Les modèles Croisière sont disponibles en versions basses ou hautes. Elles possèdent des semelles anti-déparantes à structure rasoir avec des semelles intérieures amovibles et une doublure en polyester à séchage rapide. Les bottes Basses Croisière ont également un renfort en caoutchouc sur la partie supérieure pour éviter les frottements sur le tibia.

Source Gill Marine
www.gillmarine.com
www.interdist.fr

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Contender : une 5ème orientation de fibres.

Contender
Contender

Contender Sailcloth a mis au point le MAXX², un laminé dont la technologie est brevetée et présente une solution unique aux propriétaires de bateaux ainsi qu’aux voileries. Le MAXX² est le seul laminé au monde à proposer 5 fibres déposées asymétriquement sur tout le tissu et dans des angles bien définis. 22 années d’expérience dans la conception et la fabrication de tissu à voile ont permis à Contender de développer un laminé unique, contenant des fibres dans toutes les zones d’efforts, en fonction de la forme des voiles. Avec des fibres déposées sur ces cinq angles clés, lorsque les tensions changent, par exemple en bordant les voiles ou en raison du cintre de mât, il y a toujours une fibre présente sous charge dans cette orientation ; ceci permet d’assurer une haute performance et un allongement minimal.

Pour les voileries, cette conception de laminés est importante car elle permet d’être utilisée en coupe horizontale plutôt qu’en coupe orientée ; cela permet rapidité et simplicité pour la fabrication d’une voile performante. Pour les propriétaires de bateaux, le MAXX² est facile à manipuler et d’une excellente tenue. Autre avantage important, les fibres sèches sont encapsulées à l’intérieur du composite souple. Ceci signifie qu’elles ne se détériorent pas quand elles sont manipulées, pliées, ou bien dans des manœuvres de prises de ris. De ce fait, elles résistent mieux en maintenant la forme des voiles plus longtemps. Les nombreuses fibres orientées réduisent les risques de déchirure ou de poinçonnement.

Le MAXX² est disponible en trois versions correspondant aux différentes nécessités d’utilisation : pour les régatiers privilégiant la performance, le Maxx Film/Film est un composite de fibres Twaron et Twaron Black ® .
Ce tissu est destiné à donner la meilleure efficacité en compétition, pour un poids minimal. Pour les classes ou types de bateaux où l’utilisation de la fibre aramide est interdite, Contender Sailcloth a développé une version Maxx Pen Film/Film. Maxx Club Racer est un tissu avec un film mylar d’un côté et un taffetas polyester de l’autre côté. Cela donne un tissu d’un poids moyen avec une meilleure longévité tout en apportant la performance attendue. Pour la course croisière et pour ceux qui désirent des voiles d’un bel aspect, mais qui attendent  une longévité de plusieurs années, le Maxx Voyager a été développé avec un taffetas polyester des deux côtés. Cela donne des voiles extrêmement fiables, également faciles à manipuler à l’enroulement ou lors de la prise de ris.

Le nouveau MAXX² , avec cinq orientations de fibres , est une évolution de la gamme MAXX utilisée avec succès et adoptée par de nombreuses voileries et propriétaires de bateaux. C’est un composite performant ayant une bonne longévité, stable et d’un prix abordable.

La société Contender Sailcloth, fondée en 1986 et dont le siège est aux Pays-Bas, est actuellement l’un des principaux fournisseurs mondiaux de tissu à voile. Ce fabriquant a été  le principal fournisseur des tissus pour spinnakers de la plupart des concurrents de la Coupe America, y compris pour le vainqueur de l’édition 2007. De nombreux bateaux de course croisière, de régate ou de croisière ont choisi les tissus Contender pour leur performance et leur tenue dans le temps.

Source : Contender Sailcloth
www.contendersailcloth.com

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Première journée de la Twelve à Porquerolles

Challenge Twelve
DR

Peu de vent, mais des équipages motivés pour faire honneur aux voiliers de légende sous leur responsabilité le temps d’un beau week-end Porquerollais. Bien orienté à l’Est Sud Est, un léger souffle pour environ 5 noeuds facilitait le mouillage d’un parcours de type "banane" juste à l’entrée du petit port de Porquerolles. Le décor ainsi planté, les quatre 12 Metre retrouvaient leurs instincts de chasseur de vent dans le sillage d’un South Australia décidément intouchable dans les petits airs, Ikra, malgré d’excellents départs payaient vite le poids de ses ans. William Borel et son Challenge Twelve magnifiquement rénové l’an passé, et malgré un équipage parfaitement rôdé subissait la loi de South Australia mais livrait cependant un superbe duel à Kookaburra III. Les trois régates du jour livrent ainsi un verdict à chaque fois similaire, South Australia tenant à distance Challenge Twelve, Kookaburra III, Ikra fermant la marche.

La météo annoncée pour demain samedi va permettre aux voiliers plus lourds car plus anciens de se mettre en évidence. 20 à 25 noeuds de Sud Est sont annoncés, la limite pour ces voiliers fins et exigeants conçus pour encaisser jusqu’à un maximum de 25 noeuds.

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