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La première étape de La Solitaire écourtée

Nocolas Troussel sur Financo Trophée BPE 2007
DR

La décision a été prise vers 16h15 et l’avenant annoncé à tous les coureurs à 17h ce dimanche. En raison de la persistance du manque de vent mais surtout de la météo prévue entre le cap Finisterre et Vigo, cette première étape est écourtée. Une ligne d’arrivée va ainsi être installée aux abords du cap Ortegal, devant le port galicien de Carino. Soit une réduction d’environ 130 milles nautiques. Les premiers bateaux devraient couper cette ligne d’arrivée lundi soir. Et il y aura vraisemblablement de gros écarts, déjà, probablement une quinzaine d’heures entre le vainqueur et le dernier.

Rarissime, ce genre de décision n’est facile à prendre pour personne et pose comme on imagine d’importants problèmes d’organisation, de logistique, de communication. Mais en mer, c’est toujours la météo qui décide. Et Richard Silvani, de Météo France est formel : « jusqu’à demain soir, sous l’influence d’un petit minimum dépressionnaire, il devrait y avoir de l’air jusqu’au cap Ortegal, dans l’ordre sud-est, puis ouest-sud-ouest et enfin ouest pour une quinzaine de nœuds jusqu’à cette nouvelle ligne d’arrivée. Le problème, c’est la descente le long des côtes de Galice qui aurait été très problématique, quasiment sans aucun vent, à des vitesses nulles et très aléatoires». A tel point que les premiers concurrents ne seraient pas arrivés à Vigo avant… mercredi et les derniers jeudi, à savoir la date prévue pour le départ de la deuxième étape ! Impossible, à tenir, évidemment.

Nicolas Troussel en tête

Une fois franchie la ligne, les bateaux rallieront au moteur le port de Vigo, d’où partira la deuxième manche à destination de Cherbourg-Octeville. Et nos marins dans tout cela ? Alors que certains commençaient à se rationner en eau, les choses ont évolué dans la flotte. Au ralenti, certes, et dans la pétole, mais elles ont évolué. Au pointage de 16h ce dimanche, Nicolas Troussel (Financo) s’est constitué un matelas intéressant d’une dizaine de milles sur l’étonnant Christian Bos (Région Midi Pyrénées) et de 15 milles sur Frédéric Duthil (Distinxion Automobile). Les sept qui complètent la liste du Top Ten sont entre 20 et 26 milles de Financo. On trouve là et dans l’ordre Christopher Pratt (DCNS 97), Erwan Tabarly (Athema), le Cap Verdien Antonio Pedro Da Cruz (Baiko) qu’on n’avait jamais connu à pareille fête, et encore Jeanne Grégoire (Banque Populaire), Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs) Gildas Morvan (Cercle Vert) et enfin Thomas Rouxel (Défi Mousquetaires), 10e à 26 milles. Voici ceux qui, pour le moment en tous cas, se sont les mieux sortis du « concours de lenteur », décrit ce matin par le leader Nicolas Troussel. Lequel – mais c’était avant de connaître cette décision de réduction de parcours – ne s’emballait pas outre mesure : « j’ai dû tirer les bons bords la nuit dernière et c’est top, mais c’est loin d’être fini ». Au final, dans cet océan d’incertitudes, c’est la pétillante bizuth franco-allemande Isabelle Joschke (par ailleurs très bien placée à la 13e place sur son Synergie) qui trouvait les mots justes, de sa petite voix douce : « je me suis déjà retrouvée dans des situations sans vent comme ça, mais jamais aussi longtemps. Il faut faire abstraction de la notion du temps, car le temps s’est arrêté… » Le chrono, lui, se déclenchera donc demain soir aux abords du cap Ortegal. Il sera doux pour certains et cruel pour d’autres, les derniers ayant plus de 50 milles de déficit.

Vers 16h, le champion de France en titre Nicolas Troussel avait timidement mais enfin démarré, à 6 nœuds, sous spi dans du sud-est qui tournera donc par le sud-ouest d’abord et jusqu’à l’ouest en fin de parcours. Le vainqueur 2006 peut désormais nourrir de légitimes ambitions et faire logiquement figure de favori pour cette première manche de fous à la recherche du vent perdu. Mais on sait trop ce que cette course recèle dans sa mallette à surprises pour en jurer mordicus dès ce soir. Pour les leaders, il reste en théorie une trentaine d’heures de navigation. Pour les autres, un peu plus… Il y aura forcément des insatisfaits, les marins en sont d’éternels. « L’année dernière on pestait parce qu’on avait 45 nœuds de vent, cette année c’est l’inverse » résume un Frédéric Duthil sur qui on peut compter pour attaquer encore et encore. Jusqu’au bout. Et on pourra faire tous les calculs imaginables, la Solitaire ne sera pas jouée à l’issue de cette première étape. Dès la deuxième, ce semi-marathon vers Cherbourg avec ses coefficients de marée de 100 et ses courants formidables du Raz Blanchard, tout pourra être remis en cause. Les rois d’Espagne ne seront pas forcément prophètes chez les vikings de Normandie. Et inversement.

B.M.

Jacques Caraës revient sur les raisons de la décision de réduire le parcours.
« Les raisons sont simples. Avec l’absence de vent, la situation météo est telle que si nous faisions l’ensemble du parcours, les derniers concurrents n’arriveraient pas avant jeudi, jour du départ de la deuxième étape. Avec le Comité et l’ensemble de l’équipe Direction de Course, il nous a semblé bon de réduire ce parcours, et ce à un moment opportun. La ligne d’arrivée sera mouillée dans l’est du Cap d’Ortegal, sans que cette décision n’offre d’avantages aux uns ou aux autres par rapport à une route nord ou sud. A priori, les premiers devraient arriver lundi soir, ils rejoindront ensuite Vigo au moteur. Cette décision a été communiquée aux skippers. Les trois bateaux officiels ainsi que celui de la Marine Nationale s’assurent que tout le monde a bien reçu le message ».

Le texte officiel de la réduction de parcours
Avenant N°4 aux instructions de course – Etape N°1
Agissant en application de l’article 12.2 des Instructions de Course, le Comité de Course et la Direction de Course ont décidé de l’avenant suivant :
Modification du parcours de la 1ère étape :
– les marques n° 1, 2, 3, 4 sont supprimées.
– après la bouée « Radio France », faire route sur la ligne d’arrivée dont la nouvelle définition est décrite ci-dessous.
Ligne d’arrivée :
Zone : Port de Carino (dans l’Est du Cap Ortegal, baie de Santa Marta).
Ligne d’arrivée entre le bateau comité, mouillé par 43°45,01 N et 007°51,04 W, à laisser à tribord, et la Bouée « France Info » (bouée jaune gonflable) mouillée dans le 135°du bateau comité à laisser à bâbord.
Grand Prix GMF Assistance :
Le classement issu du pointage fait par la Direction de Course à 04h30 le lundi 28 juillet 2008 sera utilisé pour le classement du Grand Prix GMF Assistance.
Directives :
Après avoir franchi la ligne d’arrivée, la procédure reste inchangée (déplombage des arbres d’hélices par l’organisation).
Ensuite, les skippers devront faire route en solitaire pour rejoindre directement et au plus tôt le Port de Vigo.
Considérant l’article 21.4.3.b), aucune personne extérieure à l’organisation ne sera autorisée à monter à bord.
Le 27 juillet 2008 à 17h00.

La Présidente du Comité de Course,
Dominique Bérenger.

Ils ont dit (vacations de ce midi, avant la réduction de parcours)

Nicolas Troussel (Financo), leader : « Il y a un tout petit peu d’air, 5 nœuds, c’est pas encore violent, pas encore les grandes vitesses. Est ce que j’avance ? Je suis un peu surpris. Hier soir, j’étais déjà bien placé et dans la nuit, j’ai du tirer les bons bords…C’est dur de trouver du temps pour dormir car le vent bouge beaucoup, il faut être la barre ou sur les réglages. Hier, on a eu beaucoup de changements de voiles à faire et cette nuit encore, des virements de bords. C’était un bon entraînement de manœuvres ! C’est un concours de lenteur. »

Christian Bos, (Région Midi Pyrénées), 2e : « ça fait plaisir en tout cas de prendre la 2e place, j’avais un peu peur la nuit dernière. J’avais l’impression d’être tombé dans un trou. J’ai jamais autant changé de spi et de génois. Nicolas Troussel devant, s’est échappé, ça part par l’avant. Là, on a du 120, 150 (sud-est, ndr) les mieux servis seront les premiers devant. Après ce sera à la queue leu leu si le vent se lève sud-ouest comme prévu. A la météo, ils nous donnent jusqu’à 18 nœuds. Ce sera bien pour se reposer enfin. »

Fred Duthil (Distinxion Automobile), 3e « L’année dernière, on pestait car il y avait 45 nœuds. Cette année c’est l’inverse… et je crois bien que je préfère me prendre des seaux d’eau dans la gueule. Côté nourriture, je n’ai plus que 4 plats préparés mais je ne vais pas mourir de faim. En revanche, il ne faudrait pas que ça dure 2 jours. En liquide, je fais attention à ce que je bois, car je n’ai pas une tripotée de bouteilles d’eau. C’est rare que le vent s’établisse plus de 5 minutes. Ado de 30, refus de 30… il faut être constamment à la barre et à l’écoute. C’est la première fois que je subis une étape aussi éprouvante nerveusement. Hier soir, j’étais dans le tableau arrière de Financo et je n’ai pas fait ce qu’il fallait cette nuit. Je suis un peu énervé car ce gars-là, faut pas trop le laisser partir… »

Thomas Rouxel (Défi Mousquetaires), 10e : « On a eu 48 h éprouvantes, finalement plus moralement que physiquement. C’est dur car j’ai perdu beaucoup de places au début. J’essaye de revenir dans le match, mais je n’ai pas réussi à accrocher le paquet de tête qui nous a collé un caramel dans une risée. C’est dur le petit temps mais en même temps, c’est chacun son tour… donc il faut faire avec. »

Isabelle Joschke (Synergie), 13e et 2e bizuth : « Pour passer le temps, j’écoute un peu de musique et j’apprécie la radio VHF de Jean-Yves Chauve. C’est sympa, ça permet aux coureurs de discuter entre eux. J’écoute, même si je ne suis pas bavarde. Je ne suis plus 1ère bizuth mais les classements intermédiaires ne veulent pas dire grand chose. Faut pas s’emballer. De la même manière qu’il ne faut pas s’affoler si on passe la première bouée en dernier. «

Eric Drouglazet (Luisina), 23e : « Ce n’est pas le petit temps qui me dérange, c’est la pétole, quand c’est la loterie ! Pour le moment, je fais marcher le bateau. Autour de moi j’ai Pietro D’Ali à dix mètres à mon vent, Docteur Valnet, Sopra, et quelques autres… »

Robert Nagy (Theolia), 38e : « Quand tu es devant ça peut être rigolo, quand tu es derrière c’est dur ! C’est une question de chance.. Hier soir, j’étais 40 mètres derrière Jeanne (Grégoire), avec Nicolas Bérenger. Et moi je suis resté posé là, sans pouvoir rien faire ! Je m’attendais à ce qu’il y ait un peu de loterie, mais en même temps, les bons sont devant. Alors il ne faut pas tout attribuer à la loterie. Les riches vont s’enrichir avec la petite dépression. »

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Rebondissements sur la Quebec – Saint-Malo

Victorien Erussard - Skipper de Laiterie Saint-Malo
DR

Multiples collisions…
Lever de rideau sur l’Atlantique. Les bancs de Terre Neuve et le Cap Race sont désormais laissés dans les tableaux arrières, la course prend une nouvelle tournure sur fond de grands espaces hauturiers. Après une semaine de retournements de situation sur le mode de la régate au contact, cette journée de dimanche reste marquée par l’avarie de Laiterie de Saint-Malo. Coup dur pour Victorien Erussard et son jeune équipage, qui ne ménageaient pourtant pas leur peine pour gagner des milles et reprendre du terrain sur l’échappé du golfe du Saint-Laurent.
Sous l’influence d’une dépression bien calée au Nord et qui génère des vents portants dans son Sud, Crêpes Whaou ! mène toujours la danse à belle cadence. Franck-Yves Escoffier et son équipage ont avalé 320 milles sur les dernières 24 heures. Dans leur sillage, Laiterie de Saint Malo avait également passé la surmultipliée. Les équipiers du bord, surmotivés, misaient sur la fougue de leur jeunesse pour tirer le meilleur de leur trimaran de 20 ans d’âge, très à l’aise en haute mer. Preuve était encore faite que la valeur n’attend pas le nombre d’années.

Mais c’était sans compter avec les malheureuses surprises que réserve parfois l’océan. On connaît désormais la suite : Victorien Erussard et ses complices sont contraints de rentrer par leurs propres moyens avec un appendice de fortune. L’Atlantique reste semé de pièges et d’embûches et la liste des collisions avec des cétacés ne cessent de s’allonger. Difficile en effet d’oublier que le catamaran Délirium a lui aussi subi une telle mésaventure qui s’est soldée par un safran bâbord hors d’usage. 600 milles derrière Crêpes Whaou !, Hervé de Carlan et son équipage ferment aujourd’hui la course des multicoques de 50 pieds au large de Cap Race. Ils sont rejoints par le monocoque IMOCA Cervin EnR. Yannick Bestaven et ses hommes sont en effet de retour dans la course après une escale technique de 24 heures dans le Sud de Terre-Neuve pour réparer le palier de safran bâbord endommagé par une rencontre avec une autre baleine…

Class 40 : « Forty…ssimo » !
Chez les 40 pieds qui ont fait leur entrée sur la grande scène océanique, la transat se poursuit sur un tout autre registre. Après une régate côtière aux nombreux rebondissements, place à une course de vitesse dans les plus belles règles de l’art. A fond sous spi ! A bord des 40 pieds, les navigateurs ne font pas mystère de leur satisfaction d’avoir attrapé une brise favorable dans leurs voiles. Après le passage de Saint-Pierre et Miquelon dans un épais voile de brouillard et des vents souvent évanescents, les équipages goûtent aux plaisirs de la glisse. Aux quatre coins de la flotte, les speedomètres affichent deux chiffres et prennent des couleurs dans des conditions qui favorisent les accélérations. Le moral des bords, lui, grimpe aussi en flèche comme en témoigne volontiers Pierre-Yves Bazin à bord de Rêv’86 : « Alors c’est ça le portant en class 40…. ça m’a l’air bien rigolo !  Pour nous c’était notre premier envoi de spi dans petite brise à bord de ce joli bateau, et c’est bien sympa ! Nous filons entre 12 et 16 nœuds : ça nous change et nous donne des conditions de glisse fort agréables. »

Les bancs de Terre-Neuve dépassés, les élèves de sa classe se sont aussitôt éparpillés. Les écarts se creusent désormais et les 17 voiliers se dispersent en latitude. Rompez les rangs sur l’océan ! Aux manettes en tête, les Italiens de Giovanni Soldini (Télécom Italia) impriment toujours le rythme.  Mais ils sont suivis comme leur ombre par le Pogo Structures d’Halvard Mabire, décalé au Nord et qui affiche moins de 2 milles de retard. Revenu en force, ce dernier a avalé 260 milles en 24 heures. Une jolie progression qui donne la mesure du potentiel de ces voiliers aux allures portantes…

Ils ont dit
Victorien Erussard (Laiterie de Saint Malo) :
« Nous étions à 22-23 nœuds. J’étais à l’intérieur avec Loïc Escoffier : on avait repris du terrain et des milles sur Crêpes Whaou ! et on discutait de notre stratégie pour les prochaines heures. Loïc Fequet était à la barre. Nous avons senti un choc violent et nous avons été propulsés d’un bon mètre. Personne n’est blessé, mais en nous retournant dans notre sillage nous avons vu une baleine… et le safran ! Et nous n’avons plus vu grand chose parce qu’on a eu du mal à freiner le bateau. Le moral n’est vraiment pas bon. Nous avons installé un safran de secours, mais il a l’air plus adapté pour traverser une baie que l’Atlantique. Je n’ai pas une grande confiance. Nous avons affalé la grand voile et progressons sous ORC que nous réglons pour garder un peu de maniabilité. Nous sommes à 350 milles de Cap Race (Sud Est de Terre-Neuve, ndlr). Il nous faut rentrer par nos propres moyen et nous n’avons plus que 40 litres de diesel et plus que 5 jours de bouffe… »

Hervé de Carlan (Délirium) :
« Le safran bâbord  est définitivement hors service depuis sa rencontre avec un OFNI la nuit précédente. Il était en sursis ; et dès les premières sollicitations au portant, le tiers restant  a été sectionné  au niveau de la flottaison. Donc, plus de safran bâbord et un cata volage à plus de 12/15 nds ! Nous sommes obligés réduire la toile plus tôt, de rester très vigilants à la barre et  d’anticiper toutes  embardées. Tout au moins d’essayer ! Dommage pour cette fortune de mer  qui nous met un peu hors-jeu… »

Halvard Mabire (Pogo Structures) :
« Et bien ça y est, nous sommes en océan ouvert, au portant… Et toujours dans le brouillard. Après cette fantastique régate "à vue"  – c’est bien la première fois que je fais une semaine de régate au contact sans voir les concurrents ! – et en navigation côtière, les fous sont lâchés en plein Atlantique. Première constatation, dès que l’on ne les tient plus ces Class 40, ça s’éparpille ! A croire que l’idée est de ratisser large et d’occuper un maximum de longitude. En regardant les traces après Cap Race, on s’aperçoit qu’il y a de la dispersion, comme si la flotte sortait d’un mauvais tromblon dont le coup serait parti de St Pierre. A bord tout se passe bien : nous sommes contents de trouver un peu de glisse, même si le manque de visibilité donne parfois une atmosphère surréaliste. »

Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais) :
« Depuis notre passage à St Pierre nous fonçons dans la brume, avec 20 à 25 nœuds dans notre dos, sur une mer à peine formée. Un rayon de soleil et ce serait le paradis ! De temps en temps la visi s’améliore, il se met alors à pleuvoir… Tout va bien sur Destination Calais qui plane à haute vitesse vers l’Est. Cette nuit nous avons perdu du temps à cause de notre sous-barbe de bout-dehors dont une épissure a glissé. Nous avons dû refaire une sous-barbe complète et arrêter le bateau  pour la mettre en place : pas évident, mais ça semble tenir… »

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Un air de rien

Départ des Sables d Olonne
DR

Rien, ou presque. Un air aux abonnés absents, parti en vacances du côté de la pointe espagnole, en avant lente vers la flotte qui doit encore patienter dans ce « bouchon » climatique, ce qui provoque un sérieux embouteillage à seulement 80 milles des Sables d’Olonne ! Les écarts entre les concurrents par rapport au but sont donc peu marqués mais en revanche, les différentiels en latitude sont impressionnants : plus de 60 milles de décalage Nord-Sud entre les plus extrêmes ! Les partisans du Nord comme Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) sont à la latitude de Noirmoutier tandis que le plus Sud, Bertrand Delesne (Dan Foss Le Gall) est à la hauteur de Bordeaux ! Mais cela veut-il dire encore quelque chose quand les vitesses sur l’eau oscillent entre 0,5 et 2,3 nœuds ?
 
De l’art de la patience
De fait, les concurrents vont devoir prendre leur mal en patience pour cette deuxième nuit de mer à l’image de leurs collègues de la Solitaire du Figaro, qui sont restés scotchés pendant presque toute la nuit précédente et une bonne partie de ce dimanche… Alors le temps que la dépression orageuse arrive sur la flotte, les solitaires vont une nouvelle fois tenter d’accrocher le moindre souffle d’air pour s’échapper ! Et celui qui arrivera à attraper le premier ce flux de secteur Sud-Est, tournant au Sud puis à l’Ouest lundi après-midi, va rapidement créer l’écart puisque, au fur et à mesure qu’il gagnera vers l’Ouest, il touchera plus de vent…  
 
Sur la carte et au vu des prévisions météorologiques de la nuit prochaine, la position au Sud de la route directe choisie par le leader de la flotte Bertrand Delesne, apparaît payante car il est prévu que la brise revienne par le Sud-Ouest. A contrario, la route très septentrionale de Stéphane Le Diraison semble risquée car à moyen terme, le vent va rester bloqué pendant plusieurs jours au secteur Sud-Ouest à Ouest : il lui sera alors difficile de redescendre sur la route directe ! Bref, à peine une journée de mer et déjà des stratégies très différentes qui pourraient être déterminantes jusqu’aux Açores. Car certains ne pourront plus changer leur fusil d’épaule et il leur faudra assumer ce choix jusqu’à l’arrivée au risque de traverser le plan d’eau, ce qui est quasiment toujours extrêmement pénalisant… Reste que le peloton a préféré jouer la sécurité en choisissant de se caler sur l’orthodromie, histoire d’attendre que tous ces calmes se décantent et peut-être alors, prendre une option plus marquée. La nuit prochaine va être longue et les solitaires devront bien gérer leur sommeil pour garder de l’énergie au petit matin, quand le vent va prendre un peu plus de souffle !  
 
Retour
Le Suisse Mathieu Verrier a été contraint de revenir à Port Olona dans la nuit suite à un problème de pilote automatique. Zygomar est arrivé aux Sables d’Olonne dimanche matin à 3h00 et son skipper cherchait à résoudre ce problème récurent… « J’ai changé mon vérin de pilote NKE il y a une semaine mais je me suis retrouvé en mer avec le même problème : l’huile de l’hydraulique fuit et le pilote ne peut donc plus réagir aux commandes. Je vais voir si je peux de nouveau changer ce vérin aujourd’hui et valider le fonctionnement. Autrement, je serais contraint d’abandonner… », indiquait Mathieu Verrier au PC Course ce dimanche matin. La progression de la flotte n’ayant pas été très rapide la nuit dernière, le skipper suisse ne concédait que quatre-vingt milles ce qui ne serait pas trop pénalisant après une demi-journée de mer : il repartait ce dimanche à 17h50…
 
Drisse
François Champion (Pogoman) a indiqué au bateau accompagnateur Maya qu’il avait des soucis avec sa drisse de génois. Cela ne semble pas le pénaliser pour le moment.
 
Météo
Un anticyclone de 1018 hPa centré sur le Nord-Ouest de la France, s’affaisse en se décalant vers le Nord tandis qu’une dépression 1011 hPa au large du golfe de Gascogne se décale rapidement vers le Nord-Est et qu’une dorsale s’étirant des Açores au Sud du Portugal remonte lentement vers le cap Finisterre. La dépression 1011 hPa par 44° Nord-13° Ouest est attendue à minuit par 46° Nord et 9° Ouest avec une forte activité orageuse associée : averses, grains, rafales, foudre sont au programme pour lundi… Une seconde dorsale est en formation en s’étirant des Açores au large de l’Irlande lundi et une nouvelle perturbation arrive de l’Ouest en se positionnant le long du 15° Ouest, lundi à minuit avec des vents associés atteignant 25 nœuds. Une autre dépression se creuse mardi midi par 46° Nord et 19° Ouest générant un flux de secteur Ouest à Sud-Ouest de 20 à 25 nœuds.
 
Classement des prototypes dimanche à 14h30
1-Etienne Bertrand (Senor Blue) à 1 196 milles de l’arrivée
2-Thomas Ruyant (Faber France) à 1 mille du leader
3-Jaime Mumbru (Ulysses 65) à 1 M
4-Jordan Staale (Stormy) à 1,1 M
5-Pierre Rolland (D2-Marée Haute) à 2,6 M …
 
Classement des voiliers de série dimanche à 14h30
1-Bertrand Delesne (Dan Foss Le Gall) à 1 195 milles de l’arrivée
2-Sébastien Marsset (Association Véole) à 0,6 milles du leader
3-Rémy Cardona (La Solidarité Mutualiste) à 1,7 M
4-Brice Aqué (Ville de Gardanne-CNTL) à 2,3 M
5-Francisco Lobato (Looking for …) à 2,5 M …

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Troussel aux commandes dans les calmes du golfe de Gascogne

Financo transat AG2R
DR

« Nuit de douceur, ciel écumé de nuages sur une mer magique, presque lisse. Nos valeureux solitaires essaient de faire accrocher leur spi au moindre filet d’air, mais en vain. Le tableau est de toute beauté, mais je doute que nos marins se soucient de ce joli spectacle » nous informait cette nuit la Direction de Course en mer. Pour les concurrents, certes, l’heure n’est pas à la contemplation. Certains, comme Gildas Morvan ou Gérald Veniard profitent de cette deuxième nuit au train d’escargot pour s’octroyer quelques siestes réparatrices. D’autres, comme Corentin Douguet, n’osent pas s’assoupir de peur de rater un signe d’Eole et de voir les petits camardes s’échapper dans un souffle.
Aux premières heures de l’aube, ce grand calme blanc avait cédé la place à quelques risées venues du large. Les spis déjà dégonflés comme de vieux ballons de baudruche retrouvaient leur sac au profit du génois… retour à des allures de près, mais toujours sur un mode piano. La journée de dimanche s’annonce encore mollassonne.
 
Au milieu du golfe de Gascogne, la flotte s’est à nouveau étalée sur un axe nord-ouest /sud-est de 50 milles et automatiquement, les écarts entre les concurrents se sont creusés sur le tableau de pointage, en fonction de la proximité des uns et des autres avec la route directe.
Une tendance se dessine néanmoins : c’est plutôt au nord de la directissime que les marins trouvent leur salut. Nicolas Troussel (Financo) mène actuellement un petit peloton composé de Christian Bos (Région Midi Pyrénées), Frédéric Duthil (Distinxion Automobile), Christopher Pratt (DCNS 97), Erwan Tabarly (Athema) et Nicolas Berenger (Koné Ascenseurs). Cette météo de demoiselles semble aussi sourire aux dames. Jeanne Grégoire (Banque Populaire) pointe en effet en 7e position à 5,9 milles du leader, tandis que le premier bizuth n’est autre qu’Isabelle Joschke (Synergie), 10e derrière Jean Paul Mouren et Gildas Morvan (Cercle Vert).
 
Quant à nos méridionaux Armel Tripon et Christophe Lebas, ils attendent toujours l’hypothétique arrivée d’un vent de sud qui sauverait leur option.
 
Philosophes ou résignés, la plupart des navigateurs ont d’ailleurs arrêté de se perdre en hypothèses et conjectures quant à la météo à venir et évitent de trop s’éloigner de la route. « On fait du mieux possible, on fait avec ce qu’on a » est le leitmotiv du matin. Le chemin est encore long : encore 290 milles pour atteindre le Cap Finisterre et 337 milles d’ici la ligne d’arrivée à Vigo, terme de cette première étape dont l’échéance s’éloigne d’heure en heure.

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Départ de la Mini Les Sables – Les Açores – Les Sables

Départ des Sables d Olonne
DR

Il a fallu patienter un peu pour que la brise daigne s’installer ce samedi midi et c’est finalement à 13h33 que le Comité de Course envoyait la flotte des Mini pour un parcours côtier d’environ six milles avant de s’élancer vers le grand large. Et deux voiliers qui connaissaient des problèmes techniques avant même de partir du ponton de Port Olona pouvaient ainsi être à l’heure : Maxence Desfeux (Matmut) résolvait un souci d’antenne VHF tandis que Pierre-Yves Lautrou (Altaïde Moovement) repassait une drisse de grand voile défaillante. Et au coup de canon, les solitaires étaient agglutinés près du bateau Comité pour bénéficier d’un peu plus de pression, le vent de Sud ne dépassant pas alors les cinq nœuds…
 
La bonne pointure…
Les prévisions annonçaient une rotation progressive de la brise au secteur Sud-Ouest puis Ouest en se renforçant à une dizaine de nœuds. La jeune Marine Feuerstein (C20) prenait le meilleur départ en milieu de ligne, mais c’est finalement Sébastien Picault (Kickers) qui était le mieux placé au vent de la flotte : il prolongeait son bord longtemps pour aller chercher la bouée de dégagement alors que ses poursuivants se dispersaient déjà sur le plan d’eau avec Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) qui partait sur l’autre côté pour se dégager et profiter de la bascule lente vers la droite. Et à la première marque, il virait avec une longueur d’avance sur Henry-Paul Schipman (Maisons de l’avenir-Urbatys) qui devançait de peu Sébastien Picault… suivi par les deux premiers voiliers de série, le Pogo-2 Solent de Sébastien Rogues et le Tip Top Cachaca de Benoît Sineau. Le peloton restait tout de même assez groupé pour un premier bord de spinnaker dans un vent qui se stabilisait à huit nœuds.  
 
Le duel en tête entre Sébastien Picault et Stéphane Le Diraison était de toute beauté pour le gain du leadership, et Kickers finissait par prendre le meilleur pour empanner vers la bouée mouillée devant Les Sables d’Olonne… Ce bord de spi devenait de plus en plus serré, au point que certains solitaires préféraient affaler le spi afin de parer une marque indiquant des hauts-fonds. Sébastien Picault était l’un des rares à conserver la toile et maintenait ainsi son avance sur son dauphin lorsqu’il fallut repartir au près, contre une brise déjà installée au secteur Sud-Ouest à Ouest. Le Dingo de Sébatien Marsset (Association Véole) était le premier voilier de série à contourner la marque, en quatrième position au scratch ! Les écarts n’étaient pas si importants pour ce dernier passage (une heure) et les Mini pouvaient enfin piquer vers le large : ils devraient toutefois passer une première nuit assez lente car les prévisions indiquent qu’un grand calme va couvrir le golfe de Gascogne ce samedi soir avant qu’un léger flux de secteur Sud ne reprennent le dessus dans l’après-midi de dimanche.  
 
Retour : Sébastien Rogues (Solent) a été contraint de revenir au port pour réparer son compas électronique de pilote : il repartait à 16h30.  
 
Départ : Guy Bernardin était en charge du coup de canon libérateur ce samedi 26 juillet à 13h33. Le navigateur, pionnier du premier Vendée Globe, est tout juste revenu le 1er juillet d’un tour du monde sur une réplique du Spray II, le voilier de Joshua Slocum !
 
Maire : Louis Guédon, député-maire des Sables d’Olonne, était présent sur l’eau pour suivre les premiers bords des Mini devant la plage en compagnie de plusieurs conseillers municipaux et de personnalités sablaises.  
 
Météo : Peu de gradient dans le golfe de Gascogne, un front orageux qui traîne au large des côtes espagnoles, une dépression qui devrait couper la route des Mini au passage du cap Finisterre, un anticyclone des Açores qui s’affaisse sous la pression d’un train de perturbations atlantiques : la navigation vers Horta s’annonce complexe et très variée… La brise va ainsi devenir beaucoup plus variable pour la première nuit en mer en s’orientant à l’Est avant l’arrivée d’une petite dépression orageuse au large du cap Finisterre qui va générer des vents de Sud-Est d’une dizaine de nœuds puis d’Ouest quinze nœuds lundi au lever du jour… Et pour la suite, les quarante-neuf solitaires vont devoir composer avec un flux de secteur Sud-Ouest à Ouest jusqu’aux Açores… Douze jours de mer ne semblent pas de trop pour atteindre l’arrivée à Horta !
 
Classement à la bouée des Sables d’Olonne
1-Sébastien Picault (Kickers) à 14h50
2-Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie)
3-Pierre Brasseur (Région Nord Pas de Calais-Ripolin)
4-Sébastien Marsset (Association Véole) 1er série
5-Jesse Naimark Rowse (Reality)
6-Francisco Lobato (Looking for…) 2ème série
7-Henry-Paul Schipman (Maisons de l’avenir-Urbatys)
8-Charlie Dalin (Antalis) 3ème série
9-Benoît Sineau (Cacahca) 4ème série
10-Thomas Ruyant (Faber France)

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En avant vers l Ocean

40 Degrees
DR

Une dépression au Nord
En tête, il caracole toujours et ne lâche rien ou si peu de l’avance glanée dans les eaux du golfe Saint-Laurent. A 1 725 milles de l’arrivée, fort de 280 milles accumulés sur son plus proche poursuivant, Crêpes Whaou ! poursuit sur sa lancée et file dans des conditions favorables à de belles moyennes. « Nous sommes sortis des bancs de Terre-Neuve et nous en avons fini avec la brume. Nous avons retrouvé de la visibilité et le soleil fait son apparition, raconte Franck-Yves Escoffier. Le bateau glisse bien à 16-18 nœuds. Nous faisons quelques pointes à 20-21 nœuds, c’est sympa. Nous tirons des bords au portant. Une dépression se creuse au Nord sur l’Atlantique, au-dessus de nous et nous allons jouer avec l’adonnante. Nous espérons descendre avec jusqu’à Saint-Malo. Ce ne sera pas la tempête et c’est tant mieux. Nous toucherons du 25 nœuds au maximum et nous pouvons faire des journée à 400 milles… » Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes en Atlantique Nord !
 
4 multis et un monocoque en Atlantique
Au large de cap Race, au Sud Est de Terre-Neuve, les équipiers de Laiterie de Saint Malo ont aussi retrouvé le sourire. Victorien Erussard et les siens, qui ont laissé depuis hier un peu avant minuit Saint-Pierre et Miquelon dans leurs tableaux arrières, ont accéléré. Ils ne boudent évidemment pas leur plaisir de goûter à l’ivresse de la vitesse après un début de course au ralenti. Ce samedi après-midi après 1100 milles parcourus, quatre multicoques de 50 pieds ont désormais rejoint l’Atlantique. Seul Délirium d’Hervé de Carlan progresse encore dans les eaux du détroit de Cabot.
 
Dans le camp des monocoques FICO et suite à l’escale technique du 60 pieds IMOCA Cervin EnR (Yannick Bestaven) sur la côte Sud de Terre-Neuve, An Ocean of Smiles progresse au coeur de Saint-Pierre et Miquelon. L’équipage de Christophe Bullens navigue de conserve avec les leaders de la Class 40, qui saluent aussi ce samedi après midi l’archipel français.
 
Les 40 pieds au coeur de Saint-Pierre et Miquelon
Pour les 40 pieds qui progressent toujours sur le mode de la régate au contact dans la brume épaisse, un nouveau et « nième » départ vient d’être donné. Dans des vents portants qui permettent à tous d’ouvrir enfin les voiles, tous les coups tactiques sont de nouveau permis. Au classement de 15 heures, l’imperturbable Giovanni Soldini mène toujours la danse à bord de Télécom Italia. Les écarts se sont un peu creusés au Sud des bancs de Terre Neuve dans un vent encore instable en force au gré des côtes qui ferment au Nord le vaste golfe du Saint-Laurent. 5 milles en arrière, le trio de Pogo Structures ne baisse pas la garde dans des conditions propices à de nouveaux rebondissements comme en témoigne Halvard Mabire : « Le passage de Saint Pierre et Miquelon, on y est : en plein dedans ! Mais, c’est bien dommage de nous faire passer par là et d’avoir un brouillard pire qu’à couper au couteau. D’ailleurs, il doit rendre le vent un peu fou et nous avons toujours des conditions un peu bizarres. Le brouillard c’est bien quand ça se lève, tu as vraiment l’impression de recouvrer la vue. Nous sommes toujours au taquet, comme depuis le départ. Nous avons la satisfaction d’être au contact. Depuis le début de la course, il y a toujours des mistoufles, des coups à jouer… On ne peut pas dire que ce sont les chevaux de bois : nous naviguons dans un drôle de manège ! » Le Normand est suivi par Mistral Loisirs (Oliver Krauss) et Novedia Group (Tanguy De Lamotte) qui complètent le quarté de tête. Pour ces leaders, les grands espaces océaniques ne sont plus qu’à une jetée de milles. Place bientôt à la grande traversée. Vivement dimanche !

 
Ils ont dit

Erwan Thiboumery (Laiterie de Saint-Malo) : Que du bonheur !
« Nous sommes toujours dans la brume épaisse, mais nous marchons super bien. Nous frisons les 20 nœuds, c’est top : le bateau glisse à merveille, nous sommes sous gennaker et grand voile pleine. Nous sommes en train de passer cap Race (pointe Sud Est de Terre Neuve, ndlr). On essaye de bien se reposer pour vite reprendre la barre : c’est un vrai plaisir de barrer dans ces conditions. Que du bonheur ! Nous naviguons au maximum du potentiel du bateau. La chasse à la « Crêpe » est bien ouverte… »
 
Giovanni Soldini (Telecom Italia) :
« Nous sommes à deux milles du chenal entre Saint-Pierre-et-Miquelon ce samedi matin. Il est difficile de voir où on est parce que nous sommes enveloppés dans un brouillard à couper au couteau et nous sommes à un demi mille de la terre. Sinon, la mer est plate et nous avançons avec seulement un nœud de vitesse, qui n’est pas un sentiment très agréable. Nous serons beaucoup plus à l’aise une fois que nous aurons atteint l’océan. Pour le moment, notre objectif est de franchir le chenal et passer la marque… »
 
François Angoulvant (Fermiers de Loué-Sarthe) :
« Nous avons enfin arrêté de faire du près, et ce n’est pas désagréable. Nous sommes passés très près de cap Anguille et de cap Ray, où nous avons eu droit à des éclaircies qui nous ont offert des paysages carrément spectaculaires. Nous sommes de retour dans le brouillard, qui a tout l’air d’être une spécialité locale. C’est assez hallucinant, alors qu’on attaque le 6ème jour de course, de progresser toujours aussi groupés. Nous avons un peu de retard sur les premiers : on est dessus, à fond sur les réglages ! Nous progressons vent de travers assez abattu, sous gennaker et grand voile. Nous progressons à 9 nœuds, dans 10-15 nœuds de vent assez stable. On espère que le brouillard va se lever, c’est usant à force d’autant que tout est trempé. On n’y voit rien et nous avons une petite pensée pour tous ceux qui venaient pêcher dans ces environs  sans électronique et outils d’aide à la navigation… »
 
Benoit Parnaudeau (Prévoir Vie) : « Un nouveau départ »
« Nous étions avec Halvard Mabire et nous avons cassé la drisse de grand Voile. Cela nous a coûté quelques milles. Nous avons à présent une dizaine de noeuds de vent et nous naviguons travers au vent, à 8 ou 9 noeuds de vitesse, à environ 10 milles de Saint Pierre et Miquelon. On a choisi de rester au Sud de la flotte car on attendait du vent de Sud-Ouest. l’archipel va constituer un nouveau départ, une semaine après Québec. L’Atlantique approche et on rentrer dans le vif du sujet. C’est la première fois que je navigue dans ces parages et je suis un peu frustré par le brouillard qui nous empêche de profiter des paysages… »

Oliver Krauss (Mistral Loisirs) : Vivement le large
« La brume est toujours aussi épaisse et nous venons de tomber dans la pétole après une belle nuit. On se bagarre pour trouver un peu d’air et passer Saint Pierre et Miquelon. Ca ressemble un peu à une Solitaire du Figaro avec beaucoup de bateaux au contact. Il y a eu déjà beaucoup de revirements de situation depuis Québec. On attend impatiemment du vent plus musclé les jours prochains. Cela va accélérer et nous en sommes très contents. Il faut être vigilant car cette fois, cela va repartir par devant, les premiers à toucher du vent fort vont prendre un bel avantage. On en a un peu marre des courants, des dévents, des phénomènes côtiers… On attend le large et l’Atlantique avec impatience, pour avoir enfin du vent frais, pas perturbé… »

Georges Leblanc (Port de Québec) : « Tannés du près ! »
« Tout va bien à bord. Nous naviguons sous Terre Neuve à bonne vitesse. C’est bon d’avoir un peu de portant car nous étions un peu "tannés" de naviguer au près dans le brouillard. Nous nous situons à 130 milles de Saint Pierre et Miquelon et si le vent tient au Sud Ouest, nous devrions allonger la foulée et passer l’archipel dans la nuit (heure française). Tout le monde à bord est de bonne humeur et heureux d’être là. Nous déplorons bien sûr l’avarie de Cervin EnR et espérons qu’il va vite rejoindre la course… »

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Première nuit de « calmasse » au large de la Rochelle

Erwan Tabarly - Athema
DR

Aussi calmes sur les ondes de la VHF que l’état de la mer, les voici donc, étalés comme un grand éventail, à une vingtaine de milles au large de l’Ile d’Oléron. Vincent Biarnes, en tête vendredi soir à la bouée Radio France, mène toujours ce bal de lenteur, débuté sous spi, plein vent arrière, avant de se poursuivre au près, vers trois heures ce matin, à tirer des bords sur la route, dans un vent de 5 nœuds, fraîchissant légèrement. A bord de Côtes d’Armor, Vincent, qui vit cette année sa deuxième participation à La Solitaire, se réjouissait de ce contexte tactique et n’était pas mécontent de son placement. Dans son sillage, il retrouve ses poursuivants de la veille, dont Gildas Morvan (Cercle Vert), Frédéric Duthil (Distinxion Automobile), Nicolas Troussel (Financo), Erwan Tabarly (Athema), Eric Peron (L’Esprit d’Equipe), amis aussi Christian Bos (Région Midi Pyrénées) pointé ce matin en 3e position.
 
« Mon principal adversaire, ce sera la pétole » déclarait il y a quelques jours Eric Drouglazet. « Car dans ces conditions, ce n’est pas avec 10 bateaux que tu te bagarres, mais 40 ! ». Les faits donnent raison au skipper de Luisina (actuel 11e), puisque la flotte se tient en moins de 6 milles en distance au but. Mais peu importe les comptes, car plus du double, en écart latéral, sépare le leader – un des concurrents situés les plus au nord de la route directe – et Christophe Lebas (Lola), le plus au sud, légendaire adepte des options extrêmes.
 
Dans l’obscurité et les petits airs, le jeu consiste parfois à surveiller visuellement ses petits camardes et rester au contact du groupe pour maintenir le niveau de pression et de motivation nécessaires à la bonne marche du bateau (rappelons que si les coureurs sont informés deux fois par jour de leur classement, ils ne connaissent pas la position géographique exacte de leurs adversaires). Ce jeu-là devrait perdurer encore plusieurs heures, avec des vents faibles et erratiques une bonne partie de la journée de samedi.

 
Vincent Biarnes (Côtes d’Armor) : « Le début de course s’est bien passé. Il y a très peu de vent. Je suis content de ma position, je me suis un peu détaché du groupe et je vais suivre mes options. Aujourd’hui, le vent devrait rentrer un peu et cela va être intéressant tactiquement. Actuellement, on a 5-6 nœuds et on est à peu près sur le route directe, on va remettre les spis dans quelques heures ».
 
Erwan Tabarly (Athema) : « Ca va bien. Ce n’est pas facile un départ dans la molle, mais je me suis un peu refait après la première heure de course. Pour l’instant, on vient de récupérer un peu de vent, il y a quelques options qui se dessinent sur le plan d’eau, mais il est un peu tôt pour savoir par où ca va passer. Actuellement, je suis au près avec 7-8 nœuds. Depuis 30 minutes, je suis sous pilote et j’en profite pour me reposer ».
 
Grégory Gendron (Sopra Group 2) : « Il y a pas beaucoup de vent, ca se passe bien, belle nuit où j’ai pas mal manœuvré : spi-génois, génois-spi. C’est dur de faire avancer le bateau et c’est également dur pour les nerfs, je n’ai pas encore dormi. Je vois le gros du paquet à 3/4 milles devant moi ».

Les trois premiers :

1 Tabarly Erwan – Athema
2 Morvan Gildas – Cercle Vert   
3 Biarnès Vincent – Côtes d’Armor

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Vent de liberté Porte de Versaille…

Nautic
Nautic

De profondes mutations sont en route dans le monde de la plaisance : la préservation des océans et des rivières est devenue au fil des ans une préoccupation majeure et légitime, petit à petit, révolution numérique aidant, les sources d’informations sont devenues multiformes pour les plaisanciers, … Enfin, les demandes sont de plus en plus pressantes de pouvoir disposer de lieux de rencontres et d’échanges car la mer est un univers qui échappe encore au formatage d’une bonne part de nos habitudes.
Ce sont toutes ces mutations sociales que le Nautic a voulu prendre à bras le corps.

PLEIN LA VUE
Le salon fait sa Télé à lui, Canal Nautic. Près de 40 écrans répartis sur les plus de 160 000 m2 d’exposition, avec quatre écrans géants, diffuseront les programmes quotidiens de l’événement, des émissions produites sur places et les sujets toujours spectaculaires du monde de la Mer.  Cette TV diffusera aussi les meilleures images du concours NauticOfilm, première compétition d’images numériques amateur.

PRESERVATION DE L’ENVIRONNEMENT
C’est aujourd’hui un enjeu majeur pour les décennies à venir. En application de ces principes, le Nautic a choisi de réduire de 50 tonnes sa consommation de papier. Suppression des catalogues, installations de bornes interactives, communication directe avec le public sont autant de manières de décliner les objectifs de bonne conduite écologique. Et d’améliorer considérablement  l’information vers les visiteurs. C’est dans le même ordre d’idée que va être lancé un prix récompensant la meilleure initiative en matière de développement durable en régions. Actions individuelles et projets collectifs seront primés séparément.

BIENVENUE À BORD
On n’est jamais mieux informé que par ceux qui pratiquent au quotidien l’activité. Pour cette édition 2008, le Nautic proposera au coeur du salon un nouvel espace d’information où des conseillers experts pourront renseigner et orienter le visiteur en fonction de ses attentes : comment s’inscrire à une école de voile ou mieux gérer les déchets, comment financer une nouvelle acquisition ou partir naviguer cet hiver, toutes les questions doivent trouver une réponse dans ce portail universel animé par de véritables « Nautic coaches ».

LA SCÈNE NAUTIC
Ecran géant, défilés, débats, conférences de presse, projections : la Scène du Nautic sera un espace qui permettra de se tenir au courant de l’actualité maritime, de rencontrer des skippers, des personnalités de la mer… Véritable forum du Nautisme, la Scène Nautic accueillera aussi les émissions audiovisuelles en direct : plateaux radios et télévisions.

A visiter du vendredi 5 décembre au dimanche 14 décembre 2008 – Ouverture au public le samedi 6 décembre 2008.

Source : Nautic
www.salonnautiqueparis.com

 

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Manque d’air pour le départ de la Solitaire

Depart Solitaire 2008
DR

Panne de vent. Ciel bas, mer d’huile et pas un souffle dans le Perthuis d’Antioche à 13h. Le Comité n’a pas eu d’autre choix que retarder la procédure pour finalement lancer le départ à 14h19, sous un ciel gris et des ondées scélérates. Dans moins de 5 nœuds de vent, c’était comme prévu complexe dès l’entame pour les 50 marins de cette 39e édition. En milieu de ligne, Corentin Douguet (E.Leclerc Mobile) semblait avoir pris un des meilleurs départs, alors que trois bateaux devaient réparer pour avoir coupé la ligne prématurément : ceux d’Eric Drouglazet (Luisina), Romain Attanasio (DCNS 62) et Laurent Gouezigoux (Boistech).

Les premiers bords de près vers la bouée de dégagement étaient déjà une épreuve, tant il était difficile de faire progresser les monotypes… au ralenti, pour ne pas dire à l’arrêt. La preuve : il a fallu près de 55 minutes aux premiers pour couvrir les deux milles séparant la ligne de départ de cette première marque de parcours. Pour l’anecdote, à cette moyenne Vigo serait à 10 jours de mer… heureusement qu’on devrait accélérer cette nuit !

Pellecuer et Mouren en tête

Reste que c’est un trio de Méditerranéens qui a le mieux tiré son épingle du jeu sur cette toute première partie d’étape : vainqueurs ensemble au printemps de la Transat ag2R en double et adversaires aujourd’hui, le Montpelliérain Laurent Pellecuer (Docteur Valnet Aromathérapie) et le Marseillais Jean-Paul Mouren (M@rseillentreprises), doyen de la course (22e participation !) s’adjugeaient les tous premiers lauriers. Ils ont viré la bouée de dégagement respectivement 1er et 2e, devant un autre homme du sud : Christopher Pratt (DCNS 97). Ces trois-là ont tiré les meilleurs bords et ont eu la réussite nécessaire dans le premier louvoyage. Ils pouvaient alors s’attaquer aux 8 milles restants pour s’extraire du perthuis, franchir la bouée Radio France et enfin route vers l’Espagne. Dans le bon wagon aux avant-postes, on retrouvait en 4e position le décidément très étonnant bizuth François Gabart (Espoir Région Bretagne), Corentin Douguet (E.Leclerc Mobile 5e), Franck Legal (Lenze, 6e), Alexis Loison (All Mer Ineo GDF Suez, 7e), Armel Tripon, (Gedimat, 8e), Thomas Rouxel (Défi Mousquetaires, 9e) et Antoine Koch (Sopra Group 1) qui clôturait ce premier Top Ten.

Météo tordue

Des écarts se sont déjà créés lors de cette première heure de course : 6 minutes de retard à partir du 11e concurrent et plus de 10 minutes à partir du 20e, ce qui est impressionnant en Figaro au bout d’à peine 60 minutes de course. Ce n’est heureusement que le tout début des 450 milles vers l’Espagne et il va se passer beaucoup, beaucoup de choses d’ici l’arrivée à Vigo, prévue lundi. Mais les solitaires détestent prendre le moindre retard, eux qui savent mieux que personne que cette course s’est déjà jouée pour 13 secondes. Aussi, si personne n’est évidemment éliminé d’entrée, certains se voient déjà contraints de cravacher pour recoller. Les occasions ne manqueront pas, tant il va y avoir des coups à faire… et encore beaucoup d’aléatoire pour cause de météo pas très bonne fille. Richard Silvani, de Météo France, explique : « il n’y aura que des vents très faibles jusqu’à la nuit, mais on peut espérer une dizaine de nœuds de ouest-sud-ouest à partir de 23h. Demain matin samedi, les bateaux auront droit à une dizaine d’heures de nord-nord-ouest à 10-15 nœuds avant que l’anticyclone ne se reforme. Pétole de nouveau et bascule à l’est, quasi vent arrière, pour une dizaine de nœuds. Dimanche, le vent devrait s’orienter sud-est puis sud-sud-ouest, quand fraîchira une dépression sur le cap Finisterre pouvant générer des vents de 25 à 30 nœuds. Puis, ce sera très mou sur la fin après le passage d’une nouvelle dorsale… » Un programme copieux, donc, dont une des clés sera le positionnement dans le golfe de Gascogne en fonction de l’arrivée de la dépression sur le cap Finisterre. Entre autres…

A 16h30, c’était toujours la croix et la bannière pour faire avancer les bateaux et les leaders ne se voyaient pas sortir du Perthuis avant 19h pour aller enfin s’attaquer à ce fameux golfe de Gascogne. La première nuit risque d’être longue.

BM

Ils ont dit… après la bouée de dégagement :

Laurent Pellecuer (Docteur Valnet Aromathérapie), en tête à la bouée de dégagement : « Je suis content d’être passé en tête à la bouée de dégagement dans la mollasse et le courant avec Jean Paul Mouren (avec qui il a gagné cette année la Transat AG2R, ndr). Là, c’est pas très rigolo, il n’y a pas d’air du tout. Nous sommes plusieurs bateaux parallèles dérivant lentement vers la pointe de Chassiron. Je vais me faire doubler de partout. Le vent ne commencera à rentrer que lorsque nous aurons passé cette bulle anticyclonique orageuse. Je ne nous vois pas à la bouée Radio France avant 19h ce soir.»

Christopher Pratt (DCNS 97), 3e à la bouée de dégagement : « Le vent sur le parcours ? Je crois qu’on a eu 4 nœuds au maximum. Là, actuellement, on a 1 nœud ! Il est certain que c’est bien de prendre un bon départ, mais les écarts sont insignifiants. Avec cette pétole, ce sera au petit bonheur la chance. Il faudra être patient en attendant le vent. Cette nuit, on devrait passer dans une petite dépression un peu molle, avec du sud-sud-ouest puis du nord-ouest. On verra bien à quelle sauce on sera mangé ».

Adrien Hardy (Agir Recouvrement), 36e à la bouée de dégagement : « Les débuts en douceur, ce n’est pas forcément le plus facile. Je pense même que ce sera fatiguant. Pour l’instant, il y a zéro vent ! Mon premier départ de Figaro était assez émouvant avec mes partenaires et du monde sur l’eau pour m’encourager. Si j’appréhende la première nuit en mer ? Non, au contraire, j’ai hâte d’être seul. C’est à ce moment là que je me dirai vraiment : c’est parti ! Cette première nuit sera super importante, il faudra être opportuniste. Sur cette étape, rien n’est écrit.»

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En rangs serrés vers les bancs de Terre-Neuve

Soldini Telecom Italia
DR

Une chose est sûre, la quête des grands espaces maritimes n’a rien d’une sinécure sur cette édition 2008 de la Transat Québec Saint-Malo. Certes, dans les  derniers milles du Golfe Saint-Laurent, en approche de la porte de Saint-Pierre et Miquelon, les équipages commencent à « sentir » le large… Après la pétole d’hier, Eole a enfin daigné offrir un flux de Sud-Ouest qui permet à tous d’ouvrir (légèrement) les voiles et d’accélérer sur une mer courte et mal pavée, en direction de la porte d’accès à l’océan. Mais pour l’heure, c’est toujours sur le mode d’une régate en baie, au près débridé, que la plupart des équipages tracent leur sillon.

Class 40 : à vue dans la brume
Toujours au contact et à vue les uns des autres, rien – pas même la brume qui n’a de cesse de jeter son voile sur la flotte – ne semble pouvoir départager les Class 40. Au classement de 15h, ce vendredi, ce dernier révèle que les 10 premiers bateaux de cette catégorie progressent désormais dans un mouchoir de 8 milles. Du fidèle leader, Télécom Italia (Giovanni Soldini) d’une régularité à toute épreuve aux avant-postes, à la lanterne rouge Groupe Sefico (Philippe Vallée), toute la flotte s’étend désormais sur 60 milles après 5 jours de course.
Pour ne rien gâcher, le vent est de retour sur le plan d’eau. La pétole persistante d’hier est un vieux souvenir. Place à un flux de Sud-Ouest qui, si les prévisions se confirment, doit continuer à adonner. Ce schéma météo ferait alors le bonheur du groupe mené par les Italiens qui pourraient continuer à tirer profit de leur décalage au Sud.

Mais c’est sans compter avec Novedia Group, qui reste décidément un grand animateur de la course. De retour à une place d’honneur, Tanguy De Lamotte et les siens suivent le premier comme son ombre. Ils restent bien accrochés en embuscade – à 0,3 mille de son tableau arrière ! – comme en témoigne le dernier message du bord adressé par l’architecte-navigateur Sam Manuard : « Bonjour la terre, ici la planète penchée !  Nous sommes au près dans une mer très hachée. Ça secoue pas mal, ça cogne ! Nous sommes au contact de Gio (Giovanni Soldini), c’est très stimulant. Halvard (Mabire) n’est pas loin derrière. On attend une rotation à droite pour pouvoir passer la pointe Sud-Ouest de Terre-Neuve. Si elle arrive dans les prochaines heures, c’est tout bon ! Tout va bien à bord, grosse motiv’ ! »
Voilà qui donne le ton en attendant Saint-Pierre et Miquelon. Les premiers, qui devraient parader groupés dans le détroit large de 3 milles entre les deux îles, sont attendus demain vers 9 heures (heure française)…

FICO : Percé et cétacé
Chez les plus grands monocoques, la journée reste marquée par la mésaventure du 60 pieds IMOCA Cervin EnR, qui a percuté, hier sur les coups de 23 heures, un cétacé. Yannick Bestaven et son équipage déplorent un palier de safran arraché, provoquant une importante voie d’eau. Le monocoque aux couleurs des Energies Renouvelables a rejoint cet après-midi Port aux Basques à la pointe Sud Ouest de Terre-Neuve avec l’objectif de réparer au plus vite.
De son côté, Port de Québec de Georges Leblanc a doublé la marque de Percé à 01h55 heure française (soit dans l’après-midi hier en Gaspésie). Il progresse actuellement dans le Nord-Ouest des îles de la Madeleine. Le 60 pieds An Ocean of Smiles de Christophe Bullens devrait mener prochainement la danse. Au classement de 15 heures, ce vendredi, il pointe entre en plein milieu du détroit de Cabot entre la Nouvelle Ecosse et Terre-Neuve…

Ils ont dit
Franck-Yves Escoffier (Crêpes Whaou !) : « Majestueux ! »
« Nous sommes encore sous l’influence des bancs de Terre-Neuve : dans une brume à couper au couteau, nous  progressons désormais sur la houle de l’Atlantique et dans un vent de 13 nœuds. Nous gardons les yeux rivés sur le radar pour contrôler les cargos et les navires que nous croisons. Notre passage à Saint-Pierre et Miquelon a été majestueux. Nous avons profité d’une visibilité comme il doit y en avoir 60 jours par an sous ces latitudes. Quand nous sommes rentrés dans les deux îles, nous avons trouvé un vrai comité d’accueil avec des bateaux d’école de voile, des pêcheurs, des Zodiac… J’ai même pensé à nous arrêter, cela m’a traversé l’esprit. Mais on ne serait jamais reparti ! A présent, nous profitons de conditions vraiment agréables pour glisser : nous progressons à 12 nœuds dans 12-13 nœuds de vent. C’est une belle récompense après le Saint-Laurent difficile à négocier. Nous avons un bateau plus rapide et cet effet élastique n’est pas étonnant. Chez les 40 pieds, où les différents bateaux sont plus homogènes en termes de vitesse, cela reste plus serré… »

Victorien Erussard (Laiterie de Saint-Malo) : Vivement l’acte 2…
« Aïe, aïe, aïe… ça fait mal, très mal ! Je peux vous dire que j’ai les nerfs, les gars aussi ! Depuis 24 heures, nous naviguons dans du vent très faible en tirant des bords. Cette nuit a été très éprouvante car nous sommes rentrés dans une bulle, une grosse bulle bien pénible. Vitesse moyenne : 3 noeuds et pas sur le bon cap. Ce qui est navrant, c’est que l’on est obligé de passer dans cette zone sans vent pour atteindre Saint-Pierre et Miquelon. De surcroît, pour couronner le tout, d’après nos fichiers météo, il n’y a que nous sur toute la flotte à subir de cette façon. Le « baron rouge », lui, est passé et va accroître son avance sur nous. Et les autres, les autres, « grrrrrrr » ! Et ben, ils vont revenir sur nous avec du vent et en route directe. On ne mérite pas ça car on est taquet de chez taquet… Dans 10 heures, nous devrions retrouver quelques noeuds de vent qui vont nous permettre de repartir et quitter ces bancs de Terre-Neuve peu scrupuleux. L’acte 2, la traversée de l’Atlantique, avec en prévision un vent portant de 15 à 20 noeuds. La récompense après ces premiers jours d’une Québec Saint-Malo bien particulière. »

 Miranda Merron (40 Degrees) : « Une course incroyable ! »
« Nous avons eu une nuit assez agitée. Maintenant, il fait gris, mais les conditions sont plus calmes. Nous pouvons voir deux bateaux : Appart’City et Destination Calais, je pense. J’aurais préféré être un peu plus à droite sur le plan d’eau, mais c’est une course fantastique entre les Class 40. Tous les bateaux naviguent bien et les positions changent tout le temps. Nous avons été chanceux d’avoir ce genre de course incroyable dès le début. Tout le monde est heureux ici. Nous avons tous adoré le Saint-Laurent et le paysage était spectaculaire. Aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup de vent, mais ça ne nous empêche pas d’avancer. Le vent léger a été bon pour nous en fait. Pour le moment, nous allons essayer de rester sur le bon côté de la flotte avant de monter sur les montagnes russes de l’Atlantique !"

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