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Et maintenant l´autoroute de Gascogne

Gildas Morvan - Cercle Vert
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« Ciel couvert, nuit sans étoiles, encore un peu de résidu de mer s’atténuant… dans un vent de secteur sud-ouest d’une douzaine de nœuds, la flotte progresse sous spi, relativement groupée. Gildas Morvan a pris 7 milles d’avance en privilégiant une trajectoire proche de la route directe alors que le peloton est décalé dans l’ouest. » La carte postale de la nuit est signée Jacques Caraës à 5h ce matin, à bord du bateau Direction de course. Tout est dit, ou presque. La bonne nouvelle est que la flotte semble tirée d’affaire : le spectre de la pétole s’est enfin effacé et le fameux cap Finisterre – dont on disait qu’il serait le premier juge de paix de cette deuxième étape vers Cherbourg-Octeville – est dans le tableau arrière.
 
Le vent, plus stable, permet même aux marins solitaires d’enclencher de temps à autre leurs pilotes automatiques pour s’accorder de courtes périodes de repos. Vigilance tout de même, car la flotte frôle le rail des cargos de la pointe nord-ouest de l’Espagne. Il fait doux, légèrement humide sur les Figaro Bénéteau. Au pointage, il y a peu d’écart dans le gros du peloton, avec par exemple les 20 bateaux derrière Cercle Vert qui tiennent en 2,5 milles. Ce peloton est emmené pour l’instant par Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier, 2e), Christopher Pratt (DCNS 97), Frédéric Duthil (Distinxion Automobile), Jeanne Grégoire (Banque Populaire) et Erwan Tabarly (Athema). On trouve dans ce groupe le tenant du classement général Nicolas Troussel (Financo). Son dauphin Christian Bos (Région Midi Pyrénées) est 31e, à 11 miles de Cercle Vert et 2 milles de Financo. Plus à l’est, l’Italien Pietro D’Ali (Mc Louis) et Armel Tripon (Gedimat) sont les deux seuls autres bateaux à se rapprocher de l’idée du meneur Gildas Morvan, mais à une dizaine de milles derrière lui.
 
Rien n’est fait, mais à la vacation du matin le soulagement était le sentiment le mieux partagé : tous les solitaires s’accordaient pour estimer que le vent n’allait maintenant faire que forcir – sans doute jusqu’à une vingtaine de nœuds – ce qui permettra d’allonger la foulée vers la pointe de Bretagne. A bord de Suzuki Automobiles, Thierry Chabagny résumait la situation : « on arrive sous l’influence de la dépression,  comme prévu. On entre sur l’autoroute pour traverser le golfe de Gascogne où on va enfin avaler des milles assez rapidement, ce qui n’a pas été le cas depuis le début de cette Solitaire. »
 
 
Ils ont dit
 
Gildas Morvan (Cercle Vert) : « On a un peu plus de vent que prévu sur les fichiers, on avance bien et on a droit à un peu de vagues, ça glisse et ça surfe un peu. Il y avait un truc à faire un peu à terre, voilà pourquoi je suis ici, maintenant est ce que ça va payer, on verra ça au classement… On a du sud-ouest, pas encore très fort mais après ça devrait aller vite ensuite sur un seul bord jusqu’à Ouessant. »
 
Grégory Gendron (Sopra Group 2) : « Au largue serré sous spi, on essaie de gagner dans le nord chercher le vent plus fort. C’est des belles conditions, c’est sympa le long des côtes de La Corogne. Je me régale, c’est une belle nuit. Je vois des bateaux autour, je dois être au milieu du paquet. L’idée, c’est de ne pas tout de suite faire la route mais de gagner dans le nord pour trouver de la pression. J’ai réussi à faire quelques petites siestes. »

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Prochaine arrivée, prochain multi : demain samedi

Equipage a bord de Groupe Sefico
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« Tris-poursuite »
Il est attendu pour monter sur la deuxième marche du podium. Ce vendredi, tous les indicateurs du trimaran de 50 pieds Imagine sont passés au vert. Il affiche notamment 76 milles d’avance sur son poursuivant. Pour Pierre Antoine et ses complices, le vent de Sud-Ouest qui les propulse vers la ligne diffuse un agréable parfum : ça sent l’écurie devant les étraves ! « On commence à penser à l’arrivée que l’on espère pour demain samedi après-midi ou demain soir. On marche bien, l’allure est rapide et on n’est pas trop mal placé, confirme le skipper. Par rapport à Prince de Bretagne, qui nous fait souffrir depuis plusieurs jours, on est un peu décalé en latitude. Pour l’instant, on le contrôle en vitesse. Actuellement, on a entre 15 et 20 noeuds de sud-ouest, ce qui nous permet de faire à peu près la route directe, mais on espère une petite bascule sud ce soir ou en début de nuit. Ca devrait être du portant jusqu’à la fin et donc être assez rapide… »  Voilà pour l’ambiance. Place donc à la glisse pour conclure avec l’art et la manière cette traversée océanique plutôt rythmée. Le sel de la régate ne rajoute qu’un peu de saveur à la veille de l’arrivée.
A la lecture des fichiers météo, on devine en effet que Prince de Bretagne, positionné plus Nord, tardera à attraper cette bascule dans ses voiles. Hervé Cléris et son équipage risquent donc de souffrir d’un  déficit de vitesse, qui pourrait aller crescendo à mesure qu’Imagine se rapproche des côtes bretonnes. Pour autant, pas question de baisser les armes comme le détaille volontiers le capitaine du troisième trimaran : « On a toujours notre carte à jouer et on peut espérer un coup d’accordéon dans les derniers milles. Dans tous les cas, le moral est très bon. On sait qu’on joue la deuxième place dans les heures qui viennent et que tout est encore possible. La motivation est vraiment intacte ! » Voilà qui donne le ton :  la « tris-poursuite » n’est que plus vive à mesure que les arrivées se profilent à l’horizon.

40 pieds : la classe ! 
Ce duel entre multicoques pourrait néanmoins être perturbé, en tout cas ponctué, par le dénouement de la bataille de haute lutte qui oppose les deux Class 40, Pogo Structures et Mistral Loisirs. Depuis bientôt 24 heures, Halvard Mabire et ses deux complices ont pris l’avantage sur le quatuor d’Oliver Krauss et creusent leur avance à mesure qu’ils se rapprochent de Saint-Malo. Au classement de 15 heures, Pogo Structures affiche près de 18 milles d’avance et caracole à 14 nœuds de moyenne. Toujours flashé jusqu’à 18 nœuds dans les pointes, l’équipage tire toute la mesure de leur Pogo 40.  Dans les deux cockpits, aucun ne lâche rien. A ce rythme, ces deux voiliers menacent même de voler la vedette au troisième trimaran de 50 pieds et au premier monocoque FICO, An Ocean of Smiles (Christophe Bullens). Une avance sur les autres catégories d’engagées qui augure des arrivées hautes en couleur et saveur dès dimanche, dans la nuit ou au petit matin. Comme quoi, la Class 40, dynamique et pleine de belles surprises, n’a certainement pas fini de faire des vagues… et faire parler d’elle.

Pour les poursuivants, la course continue au gré et au rythme des bulles sans vent, qui ont encalminé les partisans d’une route Nord, à l’image d’Appart City (Yvan Noblet) et Beluga Shipping (Boris Hermann), qui affichent des vitesses vertigineuses de moins d’un nœud ! Le malheur des uns faisant toujours le bonheur des autres, gageons que Prévoir Vie (Benoît Parnaudeau) saura en tirer profit. Le voilà à quelques milles de la 5ème place, dans le sillage des quatre premiers – Pogo Structures, Mistral Loisirs, Télécom Italia (Giovanni Soldini) et Novedia Group (Tanguy Delamotte) – qui n’ont pas fini de se chamailler les honneurs et l’ordre du podium. La journée de dimanche s’annonce animée au regard des arrivées de cette flotte de 40 pieds, décidément très en vogue sur la crête des vagues…

Démâtage de Groupe Sefico
Coup dur pour Philippe Vallée et son équipage. Lancé sur une route Sud et fort d’une très belle remontée de la 17è à la 9è place, le Pogo 40 Groupe Sefico a démâté ce vendredi matin.
A bord, la déception est immense après tous les efforts fournis pour recoller au milieu du peloton. Philippe Vallée, Eric Caiveau, Gildas Abgrall et Thomas Duhamel, qui n’ont pas été blessés, ont hissé un gréement de fortune avec les éléments de gréement récupérés (la bôme notamment). " Nous avons démâté, la course s’arrête là pour nous. Nous étions au portant 140° du vent, cap au 80, avec un vent de 18 nœuds. Nous marchions à 10 – 12 nœuds quand le hauban tribord a cédé, raconte Philippe Vallée. Nous allons rentrer aux Sables d’Olonne, le port d’attache du bateau…" Il envisage 10 jours pour arriver.

Ils ont dit

Yvan Noblet, Appart City : " On garde le moral, mais on est tanqué. On est dans une bulle qui descend avec nous à 1,5 noeud. Et le sud, c’est précisément là où on va pour essayer d’attraper le bon flux de sud-ouest dont bénéficie le reste de la flotte qui avance. On pensait pouvoir passer à côté cette nuit mais on n’a pas réussi à s’échapper donc on est coincé, sans vent. En plus, il y a de la vague. Résultat, non seulement on se fait un peu bastringuer dans tous les sens mais en plus on n’avance pas du tout. Pour couronner le tout, il fait gris ! Nul ! (rires) Ce n’est donc pas gagné. On peut très bien resté planté pendant une vingtaine d’heures. Pour autant, on reste concentré sur la marche du bateau.  "
 
Georges Leblanc, Port de Québec : " On a heurté un OFNI, ce qui a provoqué une voie d’eau importante à environ quatre mètres de l’étrave. Pour la sécurité de l’équipage, j’ai décidé de rebrousser chemin plutôt que de poursuivre vers l’Europe. La situation est sous contrôle. Personne n’est en péril. De l’eau rentre dans le bateau mais grâce à des pompes que l’on a installées, on réussi à la contenir raisonnablement pour pouvoir rejoindre St Jean de Terre-Neuve dans des conditions correctes. On se situe à un peu moins de 600 milles de la côte est de Terre-Neuve, il nous reste donc un bon bout de chemin à faire mais pour l’instant la météo est favorable. Notre abandon est évidemment une grosse déception, mais il faut l’accepter. "

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Franck-Yves Escoffier remporte la 7e Transat Quebec Saint-Malo

Arrivee de Crepes Whaou ! Vainqueur de la Transat Quebec Saint-Malo
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Partis le 20 juillet dernier, à bord du plus récent des trimarans de 50 pieds, ils mènent la flotte depuis le premier jour et n’ont eu de cesse de creuser une avance confortable de plus de 500 milles nautiques sur les plus proches poursuivants. Grand animateur de la course, le Malouin récidive en équipage au chapitre du succès, après sa première victoire en 2004 : il fait le doublé ! Déjà triple vainqueur de la Route du Rhum (1998, 2002 et 2006), double vainqueur de la Transat Jacques Vabre (2005 et 2007), le marin-pêcheur ajoute ainsi, aux pieds des remparts de sa cité corsaire, une ligne de plus à son palmarès, déjà le plus étoffé dans cette catégorie de bateaux…

L’équipage en bref
L’équipage de Franck-Yves Escoffier est composé de deux navigateurs professionnels aux palmarès déjà éloquents, épaulés par deux plaisanciers avertis.
Franck-Yves Escoffier, skipper, marin-pêcheur, armateur, 50 ans
Yves Le Blévec, navigateur, 42 ans
Bertrand Chambert-Loir, directeur du développement de Whaou !
Christophe Aillet, directeur général de Pain Concept

Le trimaran Crêpes Whaou ! en bref
Class’50 Open
Mis à l’eau : avril 2005
Basé à Saint-Malo
Longueur : 15,24 m2
Largeur : 14,55 m
Tirant d’air : 23, 80 m
Nombre de voiles : 7
Surface de Grand-voile : 105 m2
Surface du Gennaker : 140 m2
Poids en charge : 4,2 tonnes
Architecte : Van Peteghem – Lauriot Prévost
Constructeur : CDK

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Le leader fait demi-tour !

Les Sables - Les Açores - Les Sables
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Les hommes fatiguent mais le matériel aussi : après plus de cinq jours de vents contraires et de mer hachée, les abandons se succèdent sur cette première étape entre Les Sables d’Olonne et Horta (Açores). Le dernier en date est tout simplement l’animateur de cette première partie de ce parcours de 1 270 milles : au large du cap Finisterre, Faber France connaît des problèmes de fixation d’étai et de pilote qui ont contraint Thomas Ruyant à jeter l’éponge. Et du côté des voiliers de série, c’est Amaury François (Groupe Qualitel) qui fait aussi route vers Les Sables d’Olonne depuis ce midi… Ce sont donc vingt et un solitaires qui n’iront pas jusqu’aux Açores !  
 
Coup sur coup
 
Il faut dire que la situation n’est pas du tout celle prévue le jour du départ et que l’Atlantique est particulièrement mouvementé depuis le week-end dernier : déjà trois coups de vent à l’actif des solitaires et ce n’est pas fini, à moins de plonger vers le Sud-Ouest à l’occasion d’une bascule temporaire du vent à l’Ouest, comme en ce jeudi après-midi. Mais si cette option est encore possible ce jeudi, elle sera beaucoup plus difficile à prendre les jours prochains avec le retour du vent au secteur Sud-Ouest, surtout pour ceux qui naviguent au Nord de la latitude du cap Finisterre ! Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) par 47° Nord a pu virer de bord, mais cela ne devrait pas durer plus d’une demie-journée puisque, là haut, le vent va aussi retourner au Sud-Ouest ! Pour le groupe du centre où bataillent l’Américain Jesse Naimark Rowse (Reality) et l’Espagnol Joël Miro Garcia (Indena), leur position est moins délicate mais eux aussi auront du mal à grappiller des milles dans le Sud…  
 
Reste le gros du peloton qui faisait le dos rond ce jeudi midi avec plus de trente nœuds de vent d’Ouest sur une mer forte : désormais emmenés par Pierre-Yves Lautrou (Altaïde Moovement) devenu le leader toutes catégories, et suivi à dix milles par le futur voilier de série de Pierre Rolland (D2-Marée Haute), les Minis peuvent enfin tirer un bord vers le Sud-Ouest… Mais il faudrait qu’ils le prolongent au moins jusqu’à la latitude de Porto pour être assurés de quitter ce flux continu de perturbations qui circulent sur l’Atlantique. Pour enfin naviguer sur la bordure Nord de l’anticyclone des Açores !
 
Car plus les solitaires arriveront à descendre, plus ils bénéficieront d’une brise stable et modérée, et d’une mer régulière et moins formée. Il n’en reste pas moins que le trajet est encore long et fastidieux jusqu’à l’arrivée de la première étape à Horta, pas prévue avant mardi ou mercredi… En effet, une fois ces vents contraires enfin passés à la fin du week-end, ce sont de petits airs qui sont annoncés sur l’archipel açorien ! Rien ne sera épargné au vingt-neuf skippers encore en course…  

Classement des prototypes le jeudi 31 juillet à 12h
1-Pierre Rolland (D2-Marée Haute) à 796 milles de l’arrivée
2-Sébastien Stéphant (Déphémèrides) à 7,1 milles du leader
3-Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) à 21,6 M
4-Sébastien Picault (Kickers) à 22,8 M
5-Marine Feuerstein (C20) à 29,5 M

Classement des voiliers de série le jeudi 31 juillet à 12h
1-Pierre-Yves Lautrou (Altaïde Moovement) à 787 milles de l’arrivée
2-Francisco Lobato (Looking for…) à 15,2 milles du leader
3-Fabien Sellier (Yemaya) à 15,3 M
4-Charlie Dalin (Antalis) à 18,5 M
5-Benoît Sineau (Cachaca) à 20,6 M

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“Vuarnet for Hood”.

Hood/Vuarnet
Hood/Vuarnet

Hood Yachting Gear annonce une nouvelle coopération avec les lunettes Vuarnet. Afin de compléter sa gamme de produits, Hood Yachting Gear souhaitait proposer des lunettes solaires spécialement conçues pour la pratique nautique et vient de trouver en Vuarnet un partenaire idéal pour cela.

Trois modèles de lunettes de soleil sont désormais disponibles, en trois couleurs et spécialement étudiés pour les sports nautiques grâce aux verres Nautilux. Cette collection, griffée "Vuarnet for Hood", est disponible chez les revendeurs officiels Hood Yachting Gear.

Source : Hood Yachting Gear
www.hoodyachtinggear.com

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Les Sables – Les Açores : Route directe

Les Sables - Les Açores - Les Sables
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Le début de cette deuxième étape n’a pas été tendre pour les Mini : après les calmes du lendemain du départ, après les orages du début de semaine, après les vents contraires de mardi, la brise permet enfin de tirer tout droit vers le but à près de six nœuds de moyenne. La situation n’est pas pour autant confortable car au large du cap Finisterre, les vagues ont eu le temps de se former et le passage d’un front a encore été l’occasion de prendre des ris, de subir des averses, d’affronter des vents soutenus ce mercredi après-midi. Mais heureusement, une pause est en vue jeudi midi avec une rotation de la brise au secteur Ouest, voir Nord-Ouest : cela permettra de gagner encore dans le Sud-Ouest, ce qui calmera nettement et la mer, et le vent pour les jours suivants…  
 
Grand écart !
 
Toujours sur sa route Nord, Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) commence à rétrograder dans le classement et comme à la latitude de Brest, la brise est installée pour plusieurs jours au secteur Ouest à Sud-Ouest, le solitaire ne pourra pas redescendre (au risque de croiser derrière toute la flotte !) avant dimanche… Le choix de cette route septentrionale pris dès le soir du départ ne semble donc pas concluant et le skipper est particulièrement courageux d’affronter depuis deux jours et pour encore trois autres jours, une météo particulièrement exécrable et contraire ! S’il arrive sans connaître d’avarie à Horta, il pourra être sûr que son prototype est définitivement fiabilisé…  
 
Les leaders sont en fait sur la route directe à environ 70 milles dans le Nord-Ouest du cap Finisterre et il est probable qu’ils vont chercher à glisser dès que possible plus au Sud pour éviter le train de perturbation qui circule sur le 45° Nord. Pierre-Yves Lautrou (Altaïde Moovement) chez les voiliers de série et Thomas Ruyant (Faber France) parmi les prototypes, sont à la même distance du but et ont tous les deux fait le break par rapport à leurs poursuivants. Ils ont en effet relégué leur dauphin à plus de quinze milles (Pierre Rolland sur D2-Marée Haute pour les prototypes et le Britannique Oliver Bond sur Base Camp chez les voiliers de série) tandis que le gros du peloton concède déjà plus de vingt milles… Et les derniers encore en course affichent plus de cent milles de retard !  
 
Bref, la flotte est très dispersée et en longitude, et en latitude, et cela ne devrait pas se réduire dans les prochains jours, au contraire ! Enfin, deux autres solitaires ont jeté l’éponge ce mercredi : Cécile Hoffart (Toud’Suite) et Bertrand Delesne (Dan Foss Le Gall) font route vers Les Sables d’Olonne… Cette première étape est donc particulièrement sélective et ceux qui arriveront au bout auront plus que mériter une escale pour se reposer. Car une semaine de près, à se faire secouer comme un shaker dans un voilier de 6,50 mètres trempé, face à un environnement hostile (creux de trois mètres, mer chaotique, vent en rafales…) avec des manœuvres à répétition tant de jour que de nuit, a de quoi laminer les motivations les plus intenses. Sans compter que les corps sont aussi extrêmement sollicités et qu’il est très difficile de cumuler du repos dans ces conditions de mer et de vent.  
 
Classement des prototypes du mercredi 30 juillet à 13h30
1-Thomas Ruyant (Faber France) à 891 milles de l’arrivée
2-Pierre Rolland (D2-Marée Haute) à 16,5 milles du leader
3-Sébastien Stéphant (Déphémèrides) à 23,8 M
4-Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) à 30,8 M
5-Arnaud Vasseur (Nat’Che) à 38,2 M
 
Classement des voiliers de série du mercredi 30 juillet à 13h30
1-Pierre-Yves Lautrou (Altaïde Moovement) à 892 milles de l’arrivée
2-Oliver Bond (Base Camp) à 17,6 milles du leader
3-Fabien Sellier (Yemaya) à 20,1 M
4-Charlie Dalin (Antalis) à 20,8 M
5-Damien Guillou (Demi-Clé) à 21,1 M
 
Abandons et retours au port
– Benoît Amalric (n°486 : Tchao) abandon aux Sables d’Olonne, pilote
– Pierre Brasseur (n°348 : Région Nord Pas de Calais-Ripolin) abandon aux Sables d’Olonne, ballasts
– Brice Aqué (n°671 : Ville de Gardanne-CNTL) abandon aux Sables d’Olonne, barre de flèche
– Jean-Christophe Lagrange (n°676 : Zoukati) abandon aux Sables d’Olonne  
– Guillaume Le Brec (n°612 : Galanz) abandon à Lorient
– Sébastien Rogues (n°552 : Solent) abandon à Lorient
– Nicolas Charmet (n°625 : La Ligue contre le cancer) abandon à Lorient, safran défaillant
– Antoine Debled (n°455 : Régions Job) abandon à  Lorient, abordage
-Jaime Mumbru (n°385 : Ulysses 65) abandon à Gijon, dérive cassée
 
– Stefano Paltrinieri (n°459 : Ok Baby) en approche de Lorient
– Louis Mauffret (n°629 : Solidaires) en route vers Les Sables d’Olonne
– Etienne Bertrand (n°719 : Senior Blue) en route vers Les Sables d’Olonne
– Anne Dupureur (n°477 : Zot’Che) en route vers Les Sables d’Olonne
– Henry-Paul Schipman (n°716 : Maisons de l’avenir-Urbatys) en route vers Les Sables d’Olonne
– Sébastien Marsset (n°517 : Association Véole) en route vers Les Sables d’Olonne
– Giancarlo Pedote (n°626 : Prysmian) en route vers Les Sables d’Olonne
– Cécile Hoffart (n°685 : Toud’Suite) en route vers Les Sables d’Olonne  
– Bertrand Delesne (n°569 : Dan Foss Le Gall) en route vers Les Sables d’Olonne

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Arrivée de Crêpes Whaou ce soir à Saint-Malo

Franck-Yves Escoffier - Crepes Whaou
DR

C’est où la sortie ? À 1450 milles de l’arrivée et à plus de 430 milles du premier Class 40, l’équipage de 40 Degrees, 7è au classement de 17 heures, ne fait pas mystère de son impatience. Marre de cette dorsale anticyclonique qui n’en finit pas d’étendre les mailles de ses isobares favorisant des calmes persistants et des zones sans vent. Aux côtés de Peter Harding, Miranda Merron témoigne : « Les dernières 24 heures ont été particulièrement frustrantes. Nous essayons de traverser la dorsale pour retrouver du vent devant. Elle nous a rattrapés et depuis quelques heures, le vent brille par son absence. Nous venons seulement de redémarrer. » Les vitesses sont là et parlent d’elles-mêmes. 4-5-6 nœuds de moyenne sur les dernières heures, les équipages de l’arrière n’ont que leur souffle de leur exaspération pour gonfler leurs voiles et accélérer sur la route quand les premiers s’efforcent, eux, de lever le pied dans le flux musclé de Nord-Ouest qui les propulse devant. Et c’est sans compter avec l’enseigne du près à laquelle sont logés les bateaux les plus en arrière à l’image de Fermiers de Loué-Sarthe (François Angoulvant), qui ferme la marche des Class 40 à 500 milles des premiers.

Au front !
En tête, les premiers Class 40 et les poursuivants de Crêpes Whaou ! sont mangés à une toute autre sauce météo. Tous au front, au propre comme au figuré. Dans la nuit, les équipages ont essuyé une belle tempête, une baston comme ils disent dans le jargon. Une mer démontée, des vents déchaînés, place à des conditions musclées qui font le bonheur des gros bras de la brise et des équipages entraînés à en découdre en bordure de dépression. À 1000 milles de Saint-Malo, les jeunes de Mistral Loisirs (Oliver Krauss), rompus à cet exercice de haute voltige impriment toujours le rythme dans des conditions qui appellent à la prudence et la vigilance. Gare aux sorties de route et gare aussi au trio de Pogo Structures, qui gratte du terrain et ne lâche certainement pas le morceau. La fine équipe d’Halvard Mabire affiche encore un joli 15 nœuds de moyenne et rapproche son étrave du premier. Les prochaines heures et l’évolution de la dépression promettent encore de malmener les équipages sommés de faire le dos rond…

De leurs côtés, les multicoques connaissent aussi des heures difficiles dans ces conditions propices aux départs à l’abattée et autres figures de style. Tous font le dos rond en attendant que le vent calme ses ardeurs, que la mer temporise sa fureur. «  On est presque à sec de toile. Depuis deux heures maintenant, on porte seulement la trinquette. On a eu pas mal de vent cette nuit, et ce matin ça s’est vraiment renforcé : on a autour de 40 noeuds et une mer très grosse. Total : on fait le dos rond !  Prince de Bretagne se fait tout petit et attend que ça passe avant de renvoyer de la toile. Mais, ce n’est pas d’actualité car pour l’instant, c’est vraiment méchant ! »  raconte Hervé Cléris. Et de poursuivre : « Maintenant qu’on est passé sous la barre des 1000 milles pour atteindre l’arrivée, on aimerait bien avoir de belles conditions. On a plus qu’un objectif, c’est doubler Imagine parce qu’on en est capable. On ne va pas lâcher le morceau… » Vivement que la course reprenne ses droits !

Notons au passage la jolie navigation du premier monocoque FICO, An Ocean of Smiles, le seul à avoir accroché le train de la dépression et qui lutte avec les premiers Class 40. Christophe Bullens et son équipage progressent en effet à égal distance de l’arrivée d’Oliver Krauss et sa bande. Au cœur de la baston, gageons qu’ils réduisent la toile en attendant des vents meilleurs. Une course dans la course est désormais ouverte entre ces monocoques qui bataillent par catégories interposées….

Crêpes Whaou ! : RDV jeudi à 14 heures
Enfin, difficile de l’oublier. En tête, Crêpes Whaou ! poursuit seul vers l’arrivée et la victoire qu’il doit décrocher dans moins de 24 heures. En avant de la dépression et dans toutes autres conditions, Franck-Yves Escoffier et son équipage n’ont plus que 340 milles à parcourir au classement de 15 heures. « On va très vite. On a fait vraiment de très bonnes moyennes depuis le milieu de nuit. On marche régulièrement à 20 noeuds. Les conditions actuelles sont optimums, d’autant qu’une belle houle nous permet de gagner 15 à 20% de vitesse dans les surfs », témoigne le capitaine du bord. Avec ses trois co-équipiers, il est attendu en début d’après-midi sur la ligne d’arrivée au large de la cité corsaire…


> Multicoques 50 pieds Open

Eric Sorel (Forget Formation) : «  On a tout affalé. On a 35-40 noeuds de vent et des creux de 4 à 5 mètres donc on ne porte qu’une voile d’avant et on attend que ça se calme. On espère une amélioration probablement vers 16 ou 17 heures cet après-midi. En attendant, on se fait secouer. Point positif : il fait beau, le soleil pointe le bout de son nez. »

Loïc Escoffier (Laiterie de Saint-Malo) : « On a tout affalé cette nuit quand le vent est monté à plus de 35 nœuds. Le bateau est parti à l’abattée dans une vague. Sans safran, on s’est mis en fuite. Cela offre quand même des sensations bizarres de ne pas contrôler le bateau. Là, nous avons l’ORC déroulé, bordé et nous sommes tous à l’intérieur. On attend que ça se passe, le vent et la mer nous poussent. Cela doit mollir vers 20H TU ce soir. On espère alors pouvoir renvoyer de la toile et refaire les réglages qu’ils nous ont permis de faire des belles moyennes malgré cette avarie. »

> Class 40

Oliver Krauss (Mistral Loisirs) : « Nous avons essuyé quelques grains très forts. Depuis quelques heures, nous avons réduit la toile. Nous avons un peu ralenti, mais nous ne voulons pas prendre le risque de casser. Nous n’avons pas de spi tempête comme les Italiens. Nous avons un belle nuit avec des surfs à 18 nœuds, et le vent a commencé à rentrer plus fort au lever du jour. Nous avons eu jusqu’à 40-45 nœuds. C’était un peu chaud car la mer est très mauvaise, elle est croisée dans tous les sens. On s’est attaché. On espère que les autres (Télécom Italia et Novedia Group) ne vont pas trop revenir. Demain, dans l’après-midi, nous aurons deux options possibles. On verra bien… »

Giovanni Soldini (Télécom Italia) : « Ca va vite et c’est mouillé ! Nous avons passé la nuit sous spi dans des conditions soutenues. Nous espérons que le vent ne va pas trop forcir dans les prochaines heures. Demain, nous aurons des conditions différentes. Je ne suis ni optimiste, ni pessimiste. Nous avons repris un peu de terrain cette nuit et nous verrons bien. Mais 55 milles de retard, cela fait déjà pas mal, même si la route est encore longue jusqu’à l’arrivée et qu’il peut se passer encore plein de choses… »

Tanguy De Lamotte (Novedia Group) : « Ca se passe plutôt pas mal, nous avons pas mal tartiné cette nuit. Ca allait vraiment vite et nous avons progressé pile sur la route. On a serré un peu les fesses aussi, nous avons eu jusqu’à 38 nœuds et il faisait nuit noire. Nous nous sommes tous les trois relayés à la barre. Cet après-midi, cela risque de forcir un peu, mais nous sommes prêts ! Nous ne sommes pas très loin de Giovanni Soldini et nous allons batailler avec lui pour l’arrivée. Un peu plus Sud, Mistral Loisirs et Pogo Structures semblent être au meilleur endroit pour le vent. Au dernier classement, on a vu que Télécom Italia était un peu revenu sur les deux premiers. Est-ce que cela va passer ? On va regarder ça. Ce qui est sûr, c’est qu’on va avoir du vent portant jusqu’à l’arrivée, et ça c’est pas mal ! »
 
Pierre-Marie Bazin (Rêv’ 86) : « Comme beaucoup, on s’est fait empétoler et à présent, on a du mal avec les fichiers météo. On a un peu plus d’air que prévu, ce qui est plutôt bien, mais il n’est pas forcément dans la bonne direction. Du coup, on avance au près. On a 17 noeuds de vent et on espère se situer un peu plus au Sud que le reste de la flotte compte-tenu de l’arrivée d’une nouvelle dépression en fin d’après-midi. Le hic, c’est qu’on a l’électronique en vrac et qu’on n’a plus de pilote à bord. Heureusement, on est quatre ! En tous les cas, nous espérons prendre de bonnes sensations la nuit prochaine et surtout être un peu plus opportunistes que les autres pour recoller au peloton. »
 
Manuel Castilla (Appart City) : « Hier, ça a été laborieux, on a eu peur de ne pas réussir à passer la dorsale et de se retrouver sur un tapis roulant qu’on aurait pris à l’envers. Finalement, ça s’est bien passé et on a retrouvé du vent. Actuellement, on a environ 20 noeuds de Nord-Ouest et on marche à 14 noeuds de moyenne. Ca se passe bien, même si nous sommes assez frustrés de ne pas avoir réussi à accrocher le même wagon que De Lamotte (Novedia Group – SET Environnement) alors qu’on est passé au même endroit. Demain, le vent va passer à l’Ouest. On aura un empannage à faire et un flux de Sud-Ouest à accrocher avec peut-être une dorsale, mais ce n’est pas sûr. En tous les cas, on aimerait bien la 5e place. »
 
Jacques Fournier (Esprit Large-Talmont Saint Hilaire) : « Nous suivons une route Sud et on espère qu’elle va nous conduire à la bonne porte pour sortir de ce marécage. On a pas mal tergiversé sur l’option à prendre. Nous sommes cinq solitaires à bord et nous nous sommes concertés. Nous avons pris une décision collective. Nous sommes privés de grand spi et  nous avons choisi la route la plus adaptée à notre jeu de voiles. Nous sommes satisfaits, même si nous savons que cela va être chaud et qu’il va falloir se battre dans des vents beaucoup plus forts dans quelques heures… »

François Angoulvant  (Fermiers de Loué-Sarthe) : « Une transat au portant ? Depuis le début globalement, c’est du près et encore du près ! Et en plus quand il n’ y a plus de brouillard, il pleut ! Vivement l’été ! Depuis hier, on navigue au près dans 15/17 noeuds de vent de secteur Sud-Est. Pluie continue depuis plus de 24h. Si ce n’est la météo qui devient de plus en plus insupportable, tout va bien à bord de Fermiers de Loué-Sarthe… »

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Enormes écarts sur la première étape

Troussel Cap Ortegal 2008
DR

Les classements sont tombés et ils sont effectivement cruels, pour tout le monde ou presque. Un peu à l’image de 2006, quand Troussel, déjà, avait assommé la flotte avec des écarts similaires à st Gilles-Croix-de-Vie. C’était déjà sur une traversée du golfe de Gascogne dans le petit temps, mais dans l’autre sens – à l’époque 2h d’avance sur Chabagny, 7h sur Armel Le Cléach et 8h au minimum sur tous les autres. Cette fois, le skipper de Financo engrange plus de 5h30 de capital sur son dauphin Christian Bos (Région Midi Pyrénées), 6h30 sur le 3e Frédéric Duthil (Distinxion Automobile) et grosso modo de 7h30 à 8h sur les sept autres qui ont réussi à se hisser dans le Top Ten.

Bravo les bizuths !

Parmi eux, mention spéciale aux deux premiers bizuths François Gabart (Espoir Région Bretagne) et Adrien Hardy (Agir Recouvrement) qui réalisent l’authentique exploit de se hisser aux 6e et 7e place, à 4 minutes et 20 secondes l’un de l’autre. Il n‘y a bien que pour eux qu’on compte les secondes ! Outre le podium, seuls Erwan Tabarly (Athema, 4e) et Jeanne Grégoire (Banque Populaire, 5e) ont échappé à leur boulimie juvénile. « Je n’aurais pas rêvé mieux » estime Gabart, « ça met en confiance » répond Hardy. Chapeau, les bleus, leur match dans le match est lui aussi superbe, très haut perché au général. Et leur performance d’autant plus criante lorsqu’on considère que le troisième débutant dans l’épreuve, le jeune britannique Andy Greenwood (Imtech), est crédité de la 36e place, soit 30 places et plus de trois heures derrière François Gabart.
Mais si Nicolas Troussel était « intouchable » comme dit Christian Bos, qu’il a « largement mérité sa victoire » selon Frédéric Duthil et Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs, 9e), il ne faut pas se méprendre : tous se sont très bien battus, sont allés au bout d’eux-mêmes. Tous ont traqué comme des déments la risée, la bonne trajectoire, le bon changement de voile, la bonne vitesse, repoussé le sommeil. Le problème est que, pour une fois, une bonne place n’équivaut pas à un bon classement. La Solitaire est une course au temps, pas aux points. Ainsi, d’ordinaire Christopher Pratt (DCNS 97), Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs) et Gildas Morvan (Cercle Vert) pourraient se satisfaire tranquillement de leurs respectives 8e, 9e et 10e places. Tout le problème est que ce rang est aujourd’hui à plus ou moins 8 heures du vainqueur… On dirait presque qu’il y a eu deux courses, que 49 bateaux se tiennent dans des écarts plus ou moins « normaux » (encore que).
Pour résumer, grosso modo les 10 premiers sont dans des écarts compris entre 5h30 et 8h, on accuse entre 8h et 9h du 10e au 15e. Entre 9h et 10h de retard, du 16e au 30e, on retrouve beaucoup de favoris comme Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles), Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier), Eric Drouglazet (Luisina) ou encore Corentin Douguet (E.leclerc Mobile) et Antoine Koch (Sopra Group 1). A partir du 36e, on est à 11h et plus de déficit. La pétole suivie du près, sur la fin, a été impitoyable. Est-on pour autant dans la même situation qu’en 2006, quand Nicolas Troussel avait gagné La Solitaire dès la 2e étape ? Oui et non. Oui si l’on considère qu’il ne reste – comme il a deux ans – que deux étapes. Non quand on regarde de plus près leur profil, des monstres jamais courues sur la solitaire : celle vers Cherbourg-Octeville, d’abord, qui s’élancera jeudi à 16h, comporte trois passages à niveaux qui peuvent être dévastateurs dans des coefficients de marée de 90 à 100. Selon les positionnements, l’un peut très bien passer et l’autre voir la barrière se refermer devant lui sans pouvoir rien faire (impossible de lutter contre des courants qui peuvent être supérieurs à 10 nœuds). Donc il y a du temps à reprendre ici, sans parler de la troisième et dernière étape qui sera la plus longue jamais courue avec ses 825 milles. Finalement, c’est Erwan Tabarly, 4e, qui résume le mieux la situation : « tout est encore possible. Tant que la course n’est pas finie, il y a de l’espoir… même si les chances sont minces. »

BM

Ils ont dit

François Gabart (Espoir Région Bretagne), 6e et 1er bizuth de la première étape
« Je suis content. Avec Adrien (Hardy, le 2e bizuth), on se dit qu’on fait partie du bon paquet. Je découvre les joies du Figaro ! On a tout donné pendant trois jours, et on n’a pas vu le temps passer. On a eu beaucoup de molle, c’était assez compliqué et usant à gérer car il faut être sur le bateau, sinon on recule. C’est fatigant, mais je suis bien content de l’avoir fait et d’être là. Je suis un peu crevé. En fin d’après-midi, je commençais à faire les conneries de la fatigue. Dans les derniers virements de bords, je m’emmêlais complètement les pinceaux. Pourtant, je ne l’ai pas vue venir. J’avais réussi à trouver mon petit rythme de course. La partie mentale était super importante. On a vécu beaucoup de situations différentes en peu de temps, on a eu la pluie, le soleil, le petit temps…et jusqu’à 30 nœuds à la fin. Quant à ma place, si on m’avait dit ça il y a quelques jours, j’aurais signé tout de suite. C’est vraiment super, je ne pensais pas que j’aurais pu faire 6e pour ma première étape. On ne pouvait pas rêver mieux pour un début. »

Adrien Hardy (Agir Recouvrement), 7e de l’étape et 2e bizuth
« C’était un peu dur dur, comme pour tout le monde, mais ça m’a carrément plu. Dès le début, au sémaphore de Chassiron, j’étais dans le coup. Après, il y a eu des moments plus durs où j’ai du repasser à la 15 ou 20e place. Je pense avoir été un des bateaux les plus nord. C’était un peu difficile d’être dans cette position, car j’ai vraiment navigué tout seul. Les premiers feux de bateaux que j’ai vu, c’était en arrivant. Mais j’ai cru en mon option, je n’ai rien lâché. J’ai pu dormir régulièrement tout au long de la course, car c’était une étape où il fallait avoir la tête et les idées claires. Pour moi, l’objectif était de faire dans les 15 premiers donc, résultat atteint. Des mecs comme nous qui débutent peuvent finir devant et les cadors derrière, c’est plutôt sympa. Après, je sais qu’on peu prendre des bâches. Mais cela met quand même en confiance. Ce sera important d’arriver tôt à Vigo pour se reposer. Pour moi, la deuxième étape, c’est déjà parti, je suis de nouveau en course ! »

Erwan Tarbarly (Athema), 4 e à 7h26.
« Je suis content d’être arrivé. Il était temps que ça se termine. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il y a beaucoup d’écart avec le premier. Je n’ai pas fait de très bons bords en approche de la côte espagnole. Je savais que ça allait être difficile car la pétole était annoncée, mais je ne pensais pas que ça allait faire autant d’écarts. De là à ce qu’un seul bateau se détache de toute la flotte…. D’autant qu’à un moment, il était à 3 ou 400 m de nous ! Il nous a pris 5 milles alors qu’on était à vue pendant la nuit, c’est difficile à accepter. Mais je suis quand même content de cette étape parce que je me suis battu aux avant-postes. C’était l’objectif. Avec l’avance de Nico (Troussel), on peut presque dire, sauf miracle qu’il a le Figaro gagné. Mais tout est encore possible. Tant que la course n’est pas finie, il y a de l’espoir même si les chances sont minces. »

Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs), 9e à 7h51
« A 300 m de l’arrivée, je me suis pris le seul filet de pêche de la baie ! J’ai perdu 2 places, du temps, c’est le truc le plus énervant qui puisse t’arriver quand tu as passé 4 jours et 4 nuits à te battre pour gagner un demi mètre. Je me suis battu comme un chien jusqu’au bout ! C’était une super étape, très, très difficile moralement, très difficile techniquement, mais je me suis régalé du début à la fin. Je suis fracassé parce que j’ai eu des problèmes d’électricité avec mon pilote qui ne marchait que par intermittence et m’a valu quelques ‘vracs’ dans la brise. Nous n’aurons pas beaucoup de temps pour nous reposer avant le départ de la 2e étape. Cela avantagera les skippers les mieux préparés. Comme je pense faire partie des mecs qui s’entraînent et bossent le plus pendant l’année avec mes copains bretons et méditerranéens, c’est plutôt positif. Même si ce n’est pas très drôle de se dire que le Figaro est un peu foutu pour cette année, j’essaie de penser qu’il reste encore deux grosses étapes avec beaucoup de choses à faire. Il va falloir raisonner comme ça sinon, la motivation va être dure à trouver. Mais Nico a super bien navigué il a été bon, il mérite largement cette victoire. »

Franck Le Gal (Lenze), 14e à 8h51
« On en a bien bavé. Je suis content d’en finir car ça a été très laborieux. Ca m’a rappelé cette étape en 2006 quand Nico a mis 7 heures à tout le monde aux Birvideaux (l’année où Troussel a remporté la Solitaire, ndr). C’est un peu la même. D’un point de vue comptable, ce n’est pas une bonne opération pour nous, c’est sûr. Mais malgré tout, je suis content. Je n’ai pas lâché l’affaire. Je me suis arraché comme jamais depuis que je fais du Figaro et les 48 premières heures dans la pétole noire, c’était vraiment l’enfer. C’est le point positif de l’histoire. J’ai très peu dormi, j’étais tout le temps l’écoute à la main. Mais à choisir, je préfère le près dans la brise, ça tape, ça bouge, ça vit, c’est du bateau quoi ! Maintenant, il n’y a plus qu’à attaquer ce foutu convoyage. Je suis trempé, le bateau est en vrac, je n’ai plus que du ‘lyophal’ à manger, c’est un peu la misère. »

Antoine Koch (Sopra Group 1), 15e à 9h05
« Ca a été une étape très complète avec beaucoup de petit temps et de la baston au près pour finir. Tout le monde était au contact. Je suis resté à vue de Drouglazet et Véniard pendant 4 jours. Je ne me suis pas senti mal à l’aise en vitesse et je m’en suis toujours bien sorti dans mon paquet. Mais ce n’était peut-être pas le bon paquet. Le plan d’eau était difficile à lire, il fallait pas mal d’opportunisme, mais pour moi, c’est encourageant pour la suite. Côté sommeil, je me suis bien débrouillé. C’est l’expérience du Figaro qui rentre, mais je crois que je vais m’écrouler pendant le convoyage vers Vigo. »

Jean-Pierre Nicol (Gavottes), 46e à 14h29
« C’était interminable, aussi bien à cause de la pétole que l’arrivée sur le cap Ortegal, où on n’a pas arrêté de tirer des bords. C’était la correction. Je crois bien que Nico Troussel a déjà gagné cette Solitaire. Cela fait mal, mais il reste encore deux belles étapes. Et on va continuer à pendre du plaisir… »

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Les Espagnols redeviennent Challenger officiel !

Ernesto Bertarelli
DR

La Chambre d’Appel de la Cour Suprême de New York vient de rendre son jugement ce mardi en faveur de la Société Nautique de Genève. Elle rétablit ainsi le Club Náutico Español de Vela (CNEV) comme Challenger of Record légitime pour la 33e America’s Cup. Le Golden Gate Yacht Club (GGYC) perd ainsi ce statut de Challenger Officiel (également conquis en justice) qui avait amené à l’éventualité d’un Dog match à deux multicoques, Américains contre Suisses. Patatras ! La prochaine Coupe de l’America pourrait donc bien redevenir une épreuve classique, comme a aussitôt réagi Ernesto Bertarelli, le président d’Alinghi : "Nous sommes ravis de ce résultat. Nous pouvons maintenant continuer notre projet d’événement ouvert à plusieurs challengers. La décision de la cour prouve le bien fondé de nos actions et nous permet de replacer l’America’s Cup sur l’eau.”
Lucien Masmejan, principal avocat de la SNG a déclaré : “Après une année de litige face au Golden Gate Yacht Club, nous sommes très heureux que la Chambre d’Appel ait jugé sans fondement leurs accusations contre l’organisation de la 33e America’s Cup par la SNG. Les actions du Golden Gate Yacht Club ont fait perdre beaucoup de temps, d’efforts et d’argent et nous espérons maintenant qu’ils ne feront pas appel. Nous devons désormais évaluer si des ajustements sont nécessaires suite au temps perdu par les initiatives abusives du GGYC.”

Le GGYC "surpris et déçu"

La première réaction côté américain a été celle de Tom Ehman, le porte parole du Folden Gate Yacht Club : « Nous sommes surpris et déçus par ce jugement. Nous allons maintenant nous interroger sur nos droits et considérer nos différentes options ». Et le GGYC annonce qu’il va "attentivement évaluer les implications consécutives au jugement" avant de décider des prochaines étapes. L’affaire n’est pas forcément finie, donc… mais elle vient de connaître un bien retentissant rebondissement quand on sait à quel point, jusqu’ici, nous étions proches de ce fameux duel en multicoques entre Alinghi et BMW Oracle.

La décision :
La décision de la Chambre d’Appel est la suivante : "… Les ordonnances de la Cour Suprême (Juge Herman Cahn) rendues le 18 mars 2008 et le 13 mai 2008, qui prononçaient, entre autres, la non-validité du challenge du CNEV et le statut de Challenger of Record du GGYC, doivent être inverties, par la loi, avec dépens. Le CNEV est déclaré Challenger of Record, et, pour se conformer au Deed of Gift qui précise que le Defender doit avoir au moins 10 mois pour se préparer, la période de 10 mois commencera à l’expédition de cette ordonnance.”

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