Le briefing des skippers, à huis clos, vient de se terminer à Cherbourg-Octeville. On partira bien ce vendredi, à 18h. Et ce sera bien pour une grande étape : 501 milles. Mais on ne va plus à l’île de Man. Un fort coup de vent prévu pour mardi eut été en effet dangereux pour la flotte des 46 solitaires encore en course. « Nous étions devant un cas de figure un peu complexe, une dépression creuse d’été dont on maîtrise mal les déplacements », explique Jacques Caraës « celle-ci générant des vents de sud-ouest forts à très forts, aurait posé des problèmes mardi dans le canal St George au retour de l’île de Man et il aurait sans doute fallu neutraliser la course en Irlande. J’ai donc tranché et préféré définir un autre parcours, sportivement intéressant, qui reste une grosse étape et permet à tout le monde d’être à l’abri dans l’Aber Wrac’h avant le passage du coup de vent. Même si vous imaginez bien que nous aurions préféré faire cette grande étape à laquelle nous pensons depuis si longtemps, il ne faut pas aller contre la nature et toujours dans le sens de la sécurité. Nous ne sommes pas là pour faire les jeux du cirque. C’est la nature qui dicte sa loi. Et l’étape, avec ses 501 milles sera une belle étape, sportivement intéressante, avec du jeu ».
300 milles de louvoyage pour entame
Le nouveau parcours défini est le suivant : les marins iront virer la bouée météorologique Brittany Buoy, 250 milles dans l’ouest de la pointe Bretagne ( soit environ 300 milles de près depuis Cherbourg-Octeville), puis descendront sur l’Occidentale de Sein avant de revenir sur l’Aber Wrac’h, via une route libre à la pointe du Finistère. Un parcours technique, sportif, dans du vent soutenu… et propre à créer des écarts. Pour aller chercher Brittany Buoy, les skippers seront au près, dans 15 à 20 nœuds sur le départ puis 30 à 35 nœuds de flux d’ouest-sud-ouest, mollissant ensuite. Au louvoyage donc. Ensuite, après ce long parcours de près, ils devront mettre le cap au sud-est pour aller chercher l’Occidentale de Sein, puis finiront au portant en revenant vers l‘Aber Wrac’h. Sans marque de parcours à la pointe de Bretagne, ils auront le choix de passer par l’extérieur d’Ouessant, dans le Fromveur ou bien encore par le chenal du Four. Les marques de parcours (avenant n°12) sont : 1) bouée Brittany Buoy à laisser à bâbord ; 2) Bouée Occidentale de Sein à laisser à bâbord ; 3) phare du Four à laisser à tribord ; 4) bouée Basse Paupian à laisser à tribord ; 5) Bouée La Petite Fourche à tribord ; 6) Bouée Libenter (atterrissage Aber Wrac’h) à tribord.
Pour résumer à la hache, c’est un gigantesque parcours banane qui attend les solitaires, dont le ‘dog leg’ serait le bord entre Brittany Boy et occidentale de Sein. Une étape où il y aura forcément du jeu et donc des écarts potentiels… « D’après nos routages, le vainqueur devrait arriver à l’Aber Wrac’h lundi 11 août et le dernier avoir 18 heures de retard maximum. De toute façon, les retardataires seront à l’abri avant que le plus fort du coup de vent ne soit sur nous », estime Jacques Caraës. Ce n’est plus une étape historiquement longue, mais cela reste une grosse étape, très technique et sportive pour décider du sort de cette 39e Solitaire.
A 16h ce vendredi, après avoir réajusté leurs météos et routages, les premiers skippers sortent du port pour se rendre sur la zone de départ, dans la grande rade. Pendant ce temps, à l’Aber Wrac’h’, les habitants sont déjà à pied d’œuvre, mobilisés pour l’accueil anticipé des bateaux et du public. Ils promettent « une grande semaine de fête ». On peut leur faire confiance. Dans ce magnifique Finistère des Abers, on ne plaisante ni avec la mer ni avec les réjouissances. Et sur l’eau comme à terre, on n’a qu’une parole.
« Cette étape est énorme, tellement énorme que le classement peut encore être bouleversé ». Par ces propos, Jeanne Grégoire (Banque Populaire) se fait la porte-parole des concurrents les plus avides de résultat, qui entrevoient dans cet épique périple une occasion inespérée de faire basculer un classement général pour l’heure verrouillé par le leader Nicolas Troussel (Financo). Malheureusement, l’un d’entre-eux, Pietro D’Ali (Mc Louis) ne sera pas au départ : il souffre depuis la première étape d’une conjonctivite virale qui n’a fait qu’empirer jusqu’à Cherbourg-Octeville. Le skipper italien, trop handicapé, a décidé de jeter l’éponge.
Six jours dans les pièges de la régate côtière Pour les autres, au regard de cette ultime confrontation sous forme d’immense parcours banane en mer d’Irlande, les deux premières manches font presque figure d’amuse-gueule. Il reste la moitié des milles à courir et autant de jours à se bagarrer en mer. Car cette troisième étape est exceptionnelle à plusieurs titres : c’est la plus longue jamais tracée par les organisateurs de La Solitaire : 825 milles. C’est celle qui emmènera les concurrents le plus au nord, autour de l’Ile de Man, par 54 degrés de latitude, soit presque aussi nord que le cap Horn est sud ! Pour les navigateurs, la première difficulté réside dans la durée de course, soit 5 à 6 jours de mer. A celle-ci s’ajoute les pièges de la navigation côtière, dans un « couloir » délimité par l’Angleterre d’un côté et l’Irlande de l’autre. Un corridor jalonné de caps, de bancs de sables, de courants et soumis bien entendu, au trafic maritime.
Si une grande majorité de marins connaît déjà la mer d’Irlande, peu sont ceux qui se sont déjà aventurés aussi haut. Aujourd’hui, chacun recherchait donc « l’indic » idéal, capable de leur fournir les meilleurs tuyaux. Laurent Gouezigoux (Boistech) a fait appel à son ancien entraîneur Tanguy Lagadeuc, patron pêcheur à Dahouet, qui connaît très bien les parages. Le britannique Nigel King, concurrent l’année dernière, a également été sollicité par les coureurs du Centre de la Rochelle tels Didier Bouillard (Medevent), Frédéric Rivet (Bureau-Center) et Gérald Veniard (Macif), pour délivrer quelques précieux secrets concernant l’Ile de Man. Quant à Andy Greenwood (Imtech), il fera figure de local de l’étape, avec à son actif plusieurs courses convoyages dans le secteur.
270 milles sous spi dans la brise La météo, elle, promet un début d’étape tonique avec un départ au près dans 15 à 18 nœuds de nord-ouest pour sortir de la Manche, fraîchissant la première nuit autour de 20 à 25 nœuds. Samedi au petit matin, alors que les solitaires devraient ferrailler dans les parages des Scilly (archipel situé à l’ouest de la Cornouaille), ils subiront le plus fort du front avec 35 nœuds dans les rafales. La bonne nouvelle est que ce vent va basculer au sud-ouest. Très vite, les écoutes seront choquées et les spis vont sortir des sacs pour une belle cavalcade de 270 milles en mer d’Irlande, en direction d’une bouée sous le vent de 53 km de long – l’Ile de Man –. Le retour devrait quant à lui s’effectuer au louvoyage pour un finish au portant à l’Aber Wrac’h. Voilà pour le scénario prévu à long terme.
L’avenir des multicoques 50′ open « C’est clair qu’aujourd’hui, il y a de vraies perspectives qui s’ouvrent pour les multicoques de 50’. Yves Le Blevec est en train de construire un nouveau bateau, le notre reste compétitif et nous envisageons de réaliser un nouveau prototype. » Depuis le temps que Franck-Yves Escoffier se bat pour la reconnaissance de cette classe de multicoques océaniques accessibles à des prix raisonnables, il semble bien que l’horizon sportif s’ouvre. « J’accepte cette idée d’avoir été un défricheur… Même si ce n’était pas toujours facile à porter de se trouver catalogué d’emblée comme vainqueur avant même d’avoir pris le départ d’une course. » Un propos corroboré par Pierre Antoine et Hervé Cléris qui voient dans cette Transat Québec Saint-Malo l’opportunité de partir sur un nouveau bateau dans cette catégorie. Vainqueur du classement FICO, Christophe Bullens ne pouvait que renchérir lui qui avouait envisager de continuer dans le monde de la course au large, mais plutôt sur trois pattes. Un nouveau concurrent pour Franck-Yves Escoffier ?
La Class 40 en plein essor Même son de cloche chez les concurrents de la Class 40 : Jacques Fournier, Président de la classe tenait à souligner combien cette série attirait aujourd’hui de compétiteurs de profil notoirement différents : le podium de cette transatlantique en témoigne. Halvard Mabire, vainqueur de la course dispose d’un palmarès long comme un jour sans vent, Oliver Krauss, son dauphin a longuement pratiqué la régate en monotype du Tour de France à la Voile au circuit Figaro, quand le troisième, Tanguy de la Motte combine ses talents d’architectes avec une expérience conséquente sur le circuit Mini-Transat. Ce que tous tenaient à souligner, c’est combien il fallait préserver le caractère ouvert et fraternel de cette classe. « Nous sommes tous venus à Québec par la mer », rappelait ainsi Tanguy. « Quand il s’agit de faire les derniers bricolages avant de s’élancer en course, cela devient naturel de se prêter des outils, d’échanger des tuyaux. Cela crée un état d’esprit particulier, une véritable ambiance de camaraderie… » Et Halvard Mabire de surenchérir : « On retrouve sur cette classe la même fraicheur qu’il y avait dans le monde de la course au large avant que les impératifs économiques ne prenne parfois le pas sur le plaisir de naviguer. » Et Oliver Krauss d’enfoncer le clou : « Cette Transat était aussi l’occasion de naviguer en équipage. Etre longtemps en mer à plusieurs dans un espace serré est aussi une excellente occasion d’apprendre sur les autres, mais aussi sur soi… ».
A Saint-Malo, avec l’arrivée du catamaran Délirium d’Hervé de Carlan, l’ensemble de la flotte est maintenant réunie à l’exception de Team Saint-Malo, toujours en mer. Class 40, monocoques FICO et multicoques s’exposent aux regards des badauds dans le Bassin Vauban. Une chose est sûre, la Transat Québec Saint-Malo a amorcé un virage lors de cette édition 2008. Une ligne droite s’ouvre, il suffit de rester dans l’axe.
Vieux loups de mer, jeunes ministes ou figaristes, ces dernières semaines, ils ont tiré leurs premiers bords dans la Class40, notamment lors de la Québec Saint Malo 2008. Une transat qu’ils qualifient tous de « passionnante », « très disputée », à bord de bateaux « performants et sûrs », jouant « à armes égales », le tout dans une « très bonne ambiance, solidaire et sincère ».
Ça ne s’invente pas, il suffit de les écouter… Marins expérimentés ou jeunes régatiers, ils sont tous agréablement surpris, indéniablement séduits par la « formule » Class40.
Interviews :
Que pensez-vous des performances techniques des Class40 : concurrence avec les 50 pieds, surfs à 23,80 nœuds… une remontée du Saint Laurent plus une transat en 13 jours…?
Halvard Mabire : « Je n’en pense que du bien ! Ce sont des bateaux très intéressants. On a fait notamment 346 milles en 24 h ! Ça parle. On a essuyé des dépressions dans une mer pas évidente : les bateaux sont très marins. Sur l’eau c’est fantastique ! Bien sûr, il y a plus fun comme bateau, mais ce n’est pas ça l’important. Ce qui compte, c’est qu’il y ait à la fois un bon niveau et une flotte conséquente. 18 bateaux au départ, c’est rare en course au large. Du coup, la course devient passionnante ! Ce sont des bateaux qui sont tous différents mais qui sont très proches en performances. Par exemple, si on prend les 4 premiers de cette Québec Saint Malo, on a 4 architectes différents, 4 constructeurs différents, pourtant on s’est battus à armes égales ! C’est fabuleux. Je pense que l’on est beaucoup plus proches de l’équité que sur certaines monotypies. » Oliver Krauss : « J’ai fait du 60 pieds et du Figaro, là on est entre deux. Ce n’est pas un bateau trop puissant, trop extrême comme les 60 pieds, où les charges sont énormes. On peut donc naviguer en bon marin, c’est-à-dire qu’il faut être attentif à ne pas trop charger le bateau, le choix des combinaisons de voile est super important, et c’est d’ailleurs là un grand intérêt des Class40, mais on peut aussi attaquer : c’est un bon apprentissage pour le 60 pieds. »
Sam Manuard : « Le bateau est intéressant, il est très puissant, on fait de bonnes moyennes. Ils ne sont pas forcément très vifs, très réactifs, il n’y a pas d’excès, mais ce sont de bons bateaux de large, costauds, sûrs et perfomants. »
A votre avis, les carènes, les grééments vont-ils encore évoluer ?
Oliver Krauss : « Les bateaux ne devraient pas évoluer énormément, grâce à la jauge. Ça évite l’escalade technique et financière. Les quilles pendulaires sont interdites. Les mâts carbone, les ballastes sont autorisés, mais c’est très limité sur beaucoup de choses. »
Sam Manuard : « Non, il n’y aura pas d’évolutions conceptuelles des bateaux. La jauge Class40 est conçue pour ça. En revanche, beaucoup de bateaux sont améliorables en termes d’aménagements intérieurs, de plans de pont, d’ergonomie, etc. Cela n’empêche pas forcément l’escalade de budget mais le gros avantage c’est que même avec un petit budget et/ou un bateau de série on reste compétitif face aux prototypes. »
Comment est l’ambiance en Class40 ?
Halvard Mabire : « Le gros atout de cette classe c’est que l’on court avec des bateaux de 2008 dans une ambiance de 1998 ! Le côté convivial est extraordinaire. On retrouve un vrai état d’esprit de coureurs au large, solidaires, sincères. C’est une classe qui se vit ! » Oliver Krauss : « L’ambiance est très bien, très sympa. C’est un peu moins professionnel que les Figaro ou les 60 pieds, mais ce sont des bons vivants. Et il y a eu de bonnes bagarres sur l’eau ! » Sam Manuard : « C’est très convivial. Il y a du niveau sur l’eau, mais c’est très hétérogène. Sur cette Québec Saint Malo, les écarts ont clairement été générés par la météo, pas vraiment par la vitesse des bateaux. La stratégie a été un facteur important de réussite sur cette transat. Maintenant, il est évident que l’on est toujours plus à l’aise pour réfléchir lorsque l’on va vite !… »
A la lumière de vos expériences respectives, quel avenir voyez-vous pour la Class40 ? Halvard Mabire : « C’est une classe d’avenir, car elle est accessible à des particuliers au niveau financier et technique : on n’a pas besoin d’avoir une armada de préparateurs ! C’est aussi une classe accessible aux sponsors avec un budget de 300 000 euros par saison, on a de quoi faire quelque chose de très bien. C’est une classe qui va s’imposer ! Elle est accessible financièrement et elle est internationale. Et puis, il n’y a pas de prise de tête : tu fais vraiment du bateau, simplement, sans lourdeurs financières et techniques excessives. C’est un bateau qui te rend l’amour que tu lui portes !… et c’est pour ça que ça va perdurer ! » Oliver Krauss : « il faut que la classe ait sa propre course. Il lui faut des retombées medias propres et importantes. C’est à mon sens les conditions nécessaires à son succès. »
Sam Manuard : « A mon sens, la Class40 est vouée à bon avenir car il y a notamment un gros intérêt manifesté à l’étranger : une flotte se crée en Italie, aux Etats-Unis aussi. La taille du bateau est intéressante, elle permet de faire une transat sereinement et de participer à de beaux événements comme la Route du Rhum, la Transat Jacques Vabre, la Québec Saint Malo : c’est super excitant comme courses, et ça ne va pas s’arrêter là ! »
Lors de son arrivée à Saint Malo, Giovanni Soldini déclarait : « En Class 40, tu n’as pas la pression liée à des intérêts financiers énormes. On boit des verres ensemble, on s’échange nos trucs et astuces. On n’est pas envahi par des enjeux commerciaux déraisonnables… Et pourtant, le niveau est incroyablement bon : les écarts sont faibles, les courses passionnantes.»
Laissons donc parler l’avenir, mais il semble bien cependant que course après course, saison après saison, la Class40 reste d’une part fidèle à son credo de départ (équité, bonne atmosphère, programme de course attractif) tout en progressant et en faisant des émules parmi de jeunes talents comme de plus grands marins, en France comme à l’étranger. Elle reste aussi et surtout une classe de marins passionnés et expérimentés qui vivent et partagent le large avec plaisir, simplement, sportivement.
Le prochain rendez-vous des Class40 est dans 15 jours avec les 1000 Milles Brittany Ferries, une course en double au départ de… Saint Malo ! Le Morbihan Mondial 40 terminera la saison 2008, du 26 au 28 septembre à La Trinité Sur Mer.
Pour aller plus loin…
La Class40 : www.class40.com Créée en 2004 avec pour objectif de permettre aux régatiers amateurs expérimentés d’accéder à la course au large, cette classe de voiliers de 40 pieds (12,18 m) connaît un succés grandissant. 2006 : 54 adhérents et 25 Class40 sur la Route du Rhum, soit 1/3 de la flotte. 2007 : 129 adhérents et 30 Class40 sur la Transat Jacques Vabre. 2008 : avant le gros de la saison déjà 85 adhérents dont un tiers hors France (Italie, Allemagne, Grande Betagne, USA, Espagne, Norvège), 11 solitaires sur The Artemis Transat animateurs de trois semaines de bagarre au couteau. Chaque année, le calendrier des courses s’étoffe, notamment d’épreuves dédiées : Marblehead-Halifax et Les 1000 Milles Britany Ferries en 2008 ; La Route du Chocolat et Les Sables-Madère en 2009. Une jauge stabilisée en 2008, pour 4 ans. 16 architectes et 18 chantiers impliqués dans la conception-construction de Class40, en France et à l’étranger.
Calendrier 2008 Class40 Grand Prix Petit Navire – équipage -25 avril au 29 avril (coef. 1*) The Artemis Transat – solitaire – départ de Plymouth le 11 mai (coef. 6) Marblehead – Halifax – double ou équipage – départ de Marblehead le 8 juin (coef. 1) Québec – Saint Malo – équipage – départ de Québec le 20 juillet 2008 (coef. 4) 1000 Milles Brittany Ferries – double – départ de St Malo 23 août (coef. 2) Morbihan Mondial 40 – équipage – du 26 au 28 septembre à La Trinité Sur Mer (coef. 2)
* Coefficients déterminants le classement annuel international de la Class40.
Architectes concepteurs de Class40 Axel de Beaufort – Luc Bouvet – Réjean Desgagné – Groupe Finot – O. Gouard / Y. Pascal – Marc Lombard – François Lucas – Sam Manuard – Julien Marin – Owen Clarke Design – Olivier Philippot – Jérome Renous – Rogers Yacht Design – Pierre Rolland – Jacques Valer – Guillaume Verdier
Chantiers constructeurs de Class40 Cap Carros – CMI Bangkok – Composite creations – Ecole supérieure du bois – Forcier/D’Amiro – FR Nautisme – Geronimo Naval Design – Jaz Marine – JPK – Jumbo Composites – Lion-Yacht Construction – MC-TEC – Sabrosa Compétition 72 – Sailing Concept – Sea Ventures – Structures – et des constructions amateurs.
C’est enfin la fin ! Après douze jours de mer pour les leaders, la ligne d’arrivée devrait être en vue dès jeudi midi et c’est très certainement un voilier de série qui va la franchir en tête… Le gain de cette première étape devrait en effet se jouer entre le Portugais Francisco Lobato (Looking for…) et le Méditerranéen Jérôme Lecuna (I feel good) qui étaient en fin de journée mercredi à la même distance du but et se voyaient entre eux, avec Pierre Rolland dans leur sillage… Mais ce dernier semble avoir des problèmes techniques car il était un nœud moins rapide que ses deux concurrents ces dernières heures. A cent milles du but, le vent sur l’archipel est plutôt mou (autour de cinq nœuds) et s’il était encore de secteur Est à Nord-Est mercredi, il devrait tourner au Sud cette nuit puis au Sud-Ouest jeudi matin. Le trio va donc devoir tirer des bords dans le canal entre Sao Jorge et Faïal, ce qui pourrait bien créer des écarts en raison des effets de relief (îles très hautes) et des courants de marée (jusqu’à deux nœuds entre Pico et Faïal). Terre à l’horizon !
C’est donc un grand soulagement qui doit souffler sur la flotte après ces jours sans fin contre le vent, mais cette belle journée de mercredi s’achève avec une bulle anticyclonique qui a largué sa nasse au Nord des Açores ! Alors que les vitesses avaient dépassé les sept nœuds en route directe vers Faïal toute la nuit dernière et toute la matinée de mercredi, celles-ci ont sérieusement baissé en fin d’après-midi quand la brise est tombée à moins de cinq nœuds en basculant à l’Est… Se retrouvant vent arrière, du moins pour les Mini positionnés les plus au Sud, la progression sous spinnaker a chuté mais cela ne devrait pas durer puisque c’est au près (encore !) que les solitaires vont achever cette première étape. De nouveau, une dépression passe au large des Açores mais elle aura au moins l’avantage de générer une brise de Sud- Ouest d’une douzaine de nœuds. Certes il faudra louvoyer mais le deuxième groupe de bateaux qui concède plus de cent milles aux leaders, va pouvoir être assuré de finir avec seulement une journée de retard. Les vingt-six solitaires encore en course devraient donc être tous au port avant le week-end.
Mais entre les douze premiers skippers, les écarts sont inférieurs à cinquante milles et en atterrissant sur les îles de Graciosa et de Sao Jorge, nombreux vont être les Mini qui vont batailler à vue pour les vingt derniers milles. Pour le podium, il semble à moins de 24 heures du dénouement, que les places sont acquises mais l’ordre d’arrivée est encore très incertain. Le Portugais Francisco Lobato a l’avantage d’avoir déjà remporté cette première étape il y a deux ans mais Jérôme Lecuna a depuis le départ des Sables d’Olonne, démontré une grande aisance tactique avec sa route plutôt directe depuis le cap Finisterre. Reste le Britannique Oliver Bond (Base Camp) qui avait aussi bien joué en privilégiant l’option Nord mais non seulement il semble plus englué dans les petits airs que ses concurrents plus au Sud, mais en sus, la bascule attendue va l’obliger à tirer des bords plus longtemps… Sera-t-il rattrapé par un groupe très compact qui comprend pas moins de six Mini après plus de mille milles et onze jours de mer ! Fabien Sellier (Yemaya) a lui aussi à son actif l’expérience du parcours en 2006, mais il faut compter sur l’Italien Riccardo Apolloni (Ma vie pour Mapei), Benoît Sineau (Cachaca), Charlie Dalin (Antalis), Damien Guillou (Demi-Clé) et le prototype de Sébastien Stéphant (Déphémèrides).
De barre en bar…
Cette dernière nuit en mer ne va donc pas être de tout repos pour les solitaires qui vont tout faire pour se démarquer et grappiller des places : il faudra raison garder… et les yeux ouverts aussi ! Pour ne pas se faire prendre par les courants de marée aux abords des îles, pour ne pas tomber dans un dévent sous une falaise, pour ne pas choisir un mauvais bord quand le vent va basculer, pour ne pas baisser les bras quand la brise risque de mollir. Mais surtout, il ne faudra pas passer entre Sao Jorge et Pico, même si sur la carte marine, cela peut paraître plus court : il n’y a pratiquement jamais de vent sous le volcan de Pico… Alors après ces interminables heures de barre, ce déficit probable en nourriture, cette fatigue accumulée au bout de douze jours de mer, les solitaires pourront enfin poser pied à terre et raconter leur course au coin du bar qui les attend à Horta… Classement des voiliers de série mercredi 6 août à 16h30 1-Francisco Lobato (Looking for…) à 107,4 milles de l’arrivée 2-Jérôme Lecuna (I feel good) à 0,8 mille du leader 3-Oliver Bond (Base Camp) à 15,5 M 4-Fabien Sellier (Yemaya) à 26,8 M 5-Riccardo Apolloni (Ma vie pour Mapei) à 29,8 M Classement des prototypes mercredi 6 août à 16h30 1-Pierre Rolland (D2-Marée Haute) à 114 milles de l’arrivée 2-Sébastien Stéphant (Déphémèrides) à 30,7 milles du leader 3-Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) à 41,1 M 4-Arnaud Vasseur (Nat’Che) à 49,8 M 5-Marine Feuerstein (C20) à 70 M
Victorien vient d’amarrer Laiterie de Saint-Malo au ponton d’honneur. Il ne fait pas mystère des émotions et des sentiments qui l’envahissent et savoure, avec ses trois complices de la glisse, ce grand moment de bonheur : « Cette arrivée, c’est beaucoup d’émotions : plus même que pour ma première Route du Rhum. Je n’en reviens toujours pas que nous y soyons parvenus, c’était un peu chaud ! Quand nous avons eu le choc avec la baleine, à 300 milles dans l’Est de Terre-Neuve, tout s’est écroulé. Nous étions venus avec l’idée de faire un podium. A ce moment-là, nous allions vraiment à « donf’ » même s’il nous restait encore un peu de marge : en tout cas, on reprenait des milles. Merci à tous ceux qui nous ont soutenus et pour cet accueil, on dirait presque qu’on a gagné ! » Il est 11h30 et le bassin Vauban est en liesse. C’est le retour de ces jeunes et fougueux messieurs de Saint-Malo. Ils ont relevé le challenge un peu fou de ramener à bon port un trimaran de 13,60 mètres privé d’appareil à gouverner et de parcourir quelques 2000 milles sous haute tension. Oui, comme Franck-Yves Escoffier, grand vainqueur à bord de Crêpes Whaou !, ils décrochent une belle victoire : celle ne pas avoir abandonné et de surtout pas baissé les bras malgré cette avarie majeure.
270 milles en 24 heures sans safran Tout a débuté le 27 juillet dernier à 300 milles dans l’Est de Terre-Neuve. Lancé à pleine vitesse et à pleine puissance aux trousses de Crêpes Whaou !, le trimaran Laiterie de Saint-Malo est brusquement freiné dans sa progression, suite à la collision avec une baleine. Le choc provoque la perte du safran, le seul dont est équipé ce trimaran. On connaît désormais la suite : Victorien et les siens ont, vaille que vaille, traversé dans des conditions de vent portant plutôt musclées. Les chiffres sont là et parlent d’eux-mêmes : 10 jours de mer sans safran, 2100 milles parcourus environ (1631 milles en route directe), 270 milles avalés sur 24 heures… Incontestablement, l’équipage a fait contre mauvaise fortune preuve de bon sens marin. Les voiles en ciseaux, les traînards, des coups de barre improvisés aux winches : les quatre compères n’ont manqué ni de conviction, ni d’inspiration pour ramener ce trimaran à bon port. « Dans le petit temps, il n’est pas aussi rapide que les multicoques de dernière génération, mais dans la brise il tire profit de son tempérament marin. Nous avons parcouru 460 milles au début de la traversée de l’Atlantique », confie Loïc Escoffier. Et d’ajouter : « Mais là où il nous a vraiment surpris, c’est une fois la casse du safran survenue. Nous avons fait des pointes à 22 nœuds, nous n’étions pas forcément très rassurés, mais jamais nous avons eu peur de chavirer. »
Une aventure humaine Ces 10 jours de mer sans safran et cette 7ème Transat Québec-Saint Malo resteront longtemps amarrés dans les mémoires salées de ces jeunes marins, accueillis comme des héros à Saint-Malo. Nous laisserons le mot de la fin à Erwan Thibouméry : « Nous avons bien fait les choses. Le bateau est là, je suis content de voir son mât au bassin Vauban, de l’avoir rapatrié ici. Nous avons disputé une course qui s’est transformée en une aventure humaine. Nous avons vécu une formidable expérience… » Tout est dit !
13 Class 40 à bon port
Ils avaient promis de régater au couteau jusqu’au bout. Les petits airs qui ont sévi la nuit dernière le long des côtes aux abords des Héaux de Bréhat ont favorisé des arrivées serrées à toute petite cadence : façon Figaro en somme ! Cinq Class 40, de Beluga Racer (Boris Herrmann) à Appart City (Yvan Noblet), en passant dans l’ordre par Techneau (Gilles Dutoit), Rev’86 (Alain Grinda) et L’Esprit Large-Talmont Saint Hilaire (Jean-Edouard Criquioche), ont ainsi coupé à tour de rôle la ligne en un peu plus d’une heure et demie. Plus tard dans la matinée, le rythme s’est accéléré pour accueillir Groupe Partouche (Christophe Coatnoan) et SAIPEM-Leadership in Safety (Gwenc’hlan Catherine) qui occupent respectivement la 12è et 13è place du classement Class 40.
Cet après-midi, on attend encore Fermiers de Loué-Sarthe (François Angoulvant) dont la progression est freinée dans les courants contraires. La nuit prochaine sera elle – sauf coup de mistoufle ou sautes d’humeur d’Eole – celle de Khat 7 (Eric Galmard). Enfin demain dans la matinée, Destination Calais, freiné par une avarie de safran doit fermer la ligne des 40 pieds. A la mi-journée ce mercredi, alors que Pierre-Yves Chatelin et son équipage étaient en approche des Sept Iles au large de la côte Nord du Finistère, à la faveur d’une accalmie, ils se sont rendus compte qu’ils avaient perdu la moitié de leur safran bâbord… et il y a de cela plusieurs jours. « Nous espérons quand même être à Saint-Malo entre cette nuit et demain matin, merci de nous laisser un peu de vent pour une arrivée qui aura une saveur particulière : le moins que l’on puisse dire étant que nous n’avons pas été très chanceux comme dise nos amis Québecois ! », confie le capitaine calaisien.
Une belle aventure est sur le point de se terminer, pas toujours facile : les bris de matériel, les aléas météo, l’humidité permanente… mais bientôt ne resteront que les beaux et bons moments. De ceux que seuls l’océan sait offrir… Notons que sur les 18 Class 40 engagés, la flotte ne déplore que deux abandons : celui des Entreprises Lorraines (Patrice Carpentier), victime d’un échouage dans les eaux piégeuses du fleuve Saint-Laurent, et celui de Groupe Sefico (Philippe Vallée), qui a démâté et qui progresse actuellement à un peu plus de 500 milles de côtes françaises sous gréement de fortune….
Récapitulatif sur les dernières arrivées 7 – Beluga Racer (Boris Herrmann) à 05 h 10 mn 10 sec Temps de course : 16 j 12 h 10 mn 10 sec Vitesse moyenne : 7.20 nœuds 8 – Techneau (Gilles Dutoit) à 05 h 31 mn 58 sec Temps de course : 16 j 12 h 31 mn 58 sec Vitesse moyenne : 7.2 nœuds 9 – Rev’86 (Alain Grinda) à 05 h 33 mn 42 sec Temps de course : 16 j 12 h 33 mn 42 sec Vitesse moyenne : 7.199 nœuds 10 – L’Esprit Large-Talmont St Hilaire (Jean-Edouard Criquioche) à 06 h 18 mn 21 sec Temps de course : 16 j 13 h 18 mn 21 sec Vitesse moyenne : 7.18 nœuds 11 – Appart City (Yvan Noblet) à 06 h 44 mn 54 sec Temps de course : 16j 13 h 44 mn et 54 sec Vitesse moyenne : 7,17 nœuds 12- Groupe Partouche (Christophe Coatnoan) à 09h 45 mn et 38 sec Temps de course : 16 j 16 h 45 mn 38 sec Vitesse moyenne : 7,12 nœuds 13 – SAIPEM- Leadership in Safety à 10 h 52 mn et 15 sec Temps de course : 16 j 17 h 52 mn et 15 sec Vitesse moyenne : 7,10 nœuds
Ils ont dit Alain Grinda (Rêv’ 86 ): « Cette course a été pour nous un excellent moyen de découvrir le bateau. Nous n’avions à notre actif que le convoyage aller jusqu’à Québec. Sinon, nous avions notre vécu de régatier alémanique. La découverte de la haute mer était pour nous une révélation. D’avoir pu se bagarrer jusqu’au bout avec d’autres équipages a été très enrichissant. Avec un final haletant, puisque quelques minutes à peine nous séparent de Techneau, à notre désavantage, mais bon… »
Gilles Dutoit (Techneau) : « C’était notre première grande course océanique. On était cinq à bord, ce qui peut paraître beaucoup. Mais, c’est ce même équipage qui naviguait ensemble en 747 One Design. On n’allait pas en laisser un sur le carreau ! Le Pogo 40 est un bateau fantastique. Comme les autres on a fait notre petit jeu de pointes de vitesse.»
Boris Herrmann (Beluga Racer) : « Nous étions de loin l’équipage le plus jeune de cette Transat avec 23 ans de moyenne d’âge. On a beaucoup appris et nous n’avons qu’une envie, c’est de revenir et d’améliorer notre classement sur une prochaine course.»
Jean-Edouard Criquioche (Esprit Large – Talmont Saint-Hilaire) : « L’historie de cet équipage est une chaîne d’amitié. Nous étions déjà quatre quand nous avons su que Lionel qui courrait habituellement contre nous avait été lâché par son partenaire. Comme il n’était pas question qu’il reste à terre, il est venu en cinquième. Notre crainte, c’était que nous avions cinq leaders à bord. Mais chacun a su rester à l’écoute des autres et du coup, ça a très bien fonctionné… »
Philippe Vallée (Groupe Sefico) : « Nous sommes maintenant 523 milles de Port Olona, nous naviguons à 6 noeuds avec le vent pile par l’arrière. La journée d’hier nous a proposé des conditions fort agréables avec un vent d’ouest de 25 noeuds et du soleil. Cela nous a permis de faire sécher les cirés, le bateau et de nous laver. Joie de courte durée, dès cette nuit l’humidité a repris ses droits et la grisaille également. Je croyais en novice de la course au large que la Transat Québec- Saint Malo c’était en été. Je crois que j’ai mal lu le dépliant de l’agence de voyage ! En dehors de ces contingences météorologiques, le moral est toujours intact, la table est toujours aussi bonne, et nous espérons arriver dans le week-end aux Sables d’Olonne. Cela arrangerait bien nos affaires car nous reprenons tous les quatre le travail lundi 11 août. Un grand bonjour au soleil si vous l’apercevez, et dites lui de venir faire un tour au 46°33 N et 14°27 O. »
Le maxi-catamaran aux couleurs du Groupe LCF Rothschild a été remis à l’eau hier, mardi 5 août, à Hong-Kong. Après plus d’un mois de mise à terre et près de quinze jours de chantier, Gitana 13 est fin prêt pour l’ultime défi de sa campagne de records 2008 : la Route du Thé ; 15 000 milles à parcourir de Hong-Kong à Londres, en passant par le Détroit de la Sonde puis en laissant le Cap de Bonne Espérance à tribord. Un parcours atypique sur lequel Lionel Lemonchois et ses neuf hommes d’équipage s’élanceront dans les prochains jours.
Partis de New York le 16 janvier dernier, les hommes du maxi-catamaran armé par le Baron Benjamin de Rothschild s’apprêtent à reprendre le chemin du « Vieux Continent ». A l’image de leur premier record entre New York et San Francisco – la Route de l’Or -, les hommes du Gitana Team s’élanceront dans les prochains jours sur les traces des clippers du XIXème siècle, dont le plus célèbre d’entre eux fut le Cutty Sark. Une route mythique longue de 15 000 milles nautiques, où les attendent une multitude de conditions climatiques et pas moins de deux changements d’hémisphères. Sitôt les amarres larguées de Hong-Kong, les hommes de Lionel Lemonchois débuteront la traversée de la Mer de Chine méridionale puis de la Mer de Java. Puis Gitana 13 fera son entrée dans l’Océan Indien et mettra le cap vers Bonne Espérance, le promontoire situé à la pointe Sud-Ouest de l’Afrique. Ce cap dans leur sillage, les dix marins débuteront la remontée de l’Océan Atlantique, avant de regagner La Manche et l’entrée de la Tamise. Quel programme ! Si le temps de référence sur lequel s’appuieront les hommes de Gitana 13 est celui de Philippe Monnet, établi en 1990 – 67 jours 10 heures 26 minutes -, Lionel Lemonchois se fixe un parcours d’une quarantaine de jours. Il faut cependant noter que le maxi-catamaran aux couleurs du Groupe LCF Rothschild sera le premier voilier de la G Class à s’attaquer à ce record historique.
Pour ce septième et dernier record de la campagne 2008, le skipper de Gitana 13 accueille à son bord quatre nouveaux venus. Laurent Mermod, Ronan Guérin et Pascal Blouin feront ainsi leurs premiers pas aux côtés de Lionel Lemonchois. Pour le quatrième équipier, Ronan Le Goff, les choses sont un peu différentes. Fidèle équipier du Gitana Team, Ronan n’a pu se libérer avant la Route du Thé mais c’est avec plaisir qu’il rejoint à Hong-Kong un voilier et un équipage familier.
A ces quatre marins s’ajouteront le noyau dur – Léopold Lucet, David Boileau, Ludovic Aglaor, Olivier Wroczynski, Dominic Vittet, ce qui portera à dix l’équipage de Gitana 13 sur ce nouveau chrono.
Une révision générale La pause estivale de Gitana 13 a permis à l’équipe de passer en revue le maxi-catamaran. L’opération la plus importante de ce chantier aura été le changement du gréement courant ; un principe de précaution au vu du nombre de milles parcourus et de ceux restant à parcourir. Les bords d’attaque et les bords de fuite des safrans et de la dérive, endommagés en Mer de Chine lors des trop nombreuses rencontres avec les filets de pêche dérivants, ont été refaits à neuf. Enfin, un check-up complet des winchs, poulies et autres pièces d’accastillage a été effectué … Tout cela dans l’ambiance humide et chaude de Hong-Kong, où le thermomètre a atteint les 38°C à l’ombre.
L’équipage de Gitana 13 sera au complet à compter du 9 août. Dès lors, ce sont les caprices de la météo qui dicteront le départ du maxi-catamaran de 33 mètres.
Depuis ses bureaux toulousains de Météo France, Sylvain Mondon sera, comme à son habitude, le 11ème homme de ce record. Il nous commentait les scénarii de départ envisagés à ce jour : « Nous travaillons actuellement sur deux cas de figure de départ. La première éventualité voudrait que Lionel Lemonchois et son équipage tentent de partir en dehors des périodes de tempêtes tropicales – rappelons qu’à cette époque de l’année, ces tempêtes se succèdent dans le secteur et sont au nombre de une minimum par semaine. Cette première configuration obligerait le maxi-catamaran à s’élancer au près dans un flux de Sud-Ouest. La deuxième hypothèse serait au contraire de profiter du passage d’une tempête tropicale pour accrocher un vent de Nord-Est et filer au portant dans des conditions musclées. Pour que ce scénario se réalise, il faudrait que cette tempête vienne des Philippines et remonte vers Taïwan. »
Equipage de Gitana 13 sur la Route du Thé Lionel Lemonchois (Skipper) Dominic Vittet (navigateur) / Ludovic Aglaor / Pascal Blouin / David Boileau / Léopold Lucet / Ronan Le Goff / Olivier Wroczynski / Ronan Guérin / Laurent Mermod
Les records de Gitana 13 Route de l’Or (New York – San Francisco, via le Cap Horn) : en 43 jours 3 minutes 18 secondes (février 2008) Traversée du Pacifique Nord (San Francisco – Yokohama) : en 11 jours 12 minutes 55 secondes (avril 2008) Yokohama – Dalian : 3 jours 20 heures 19 minutes et 11 secondes Dalian – Qingdao : 23 heures 50 minutes et 20 secondes Qingdao – Taiwan : 3 jours 52 minutes et 15 secondes Taipei – Hong-Kong : 1 jour 58 minutes 27 secondes
Encore un passage difficile la nuit dernière lorsque la brise de Sud-Ouest s’est mise à souffler à plus de vingt-cinq nœuds avec l’arrivée d’un front froid passé sur les Açores lundi après-midi. Et il a encore fallu à bord des Mini, matosser tout le matériel sur le côté bâbord, réduire une nouvelle fois la voilure, remettre le ciré et même la polaire car la pluie s’est aussi invitée, sans compter que la mer s’est une nouvelle fois bosselée… Bref, les solitaires commencent à en avoir assez de ces conditions de navigation toujours contraires, toujours dures, toujours humides, toujours aussi lentes sur la route directe vers l’arrivée !
Il faut dire que la situation estivale sur l’Atlantique Nord a rarement été aussi perturbée avec une succession ininterrompue de dépressions très basses en latitude, ce qui a généré un flux constant de secteur Sud-Ouest avec quelques passages à l’Ouest depuis maintenant plus de deux semaines entre les Açores et le golfe de Gascogne. Les concurrents de la Solitaire du Figaro comme ceux de la Transquadra, sans parler des vacanciers des côtes bretonnes et vendéennes, en savent quelque chose, eux qui voient arriver par le large ces fronts pluvieux et ventés ! Sortir du tunnel
En ce onzième jour de mer, les skippers ont enfin un espoir céleste que le shaker perpétuel laisse place à de bonnes glissades sous un zéphyr septentrional… Derrière les averses du front qui a balayé les Açores lundi et qui va atterrir sur l’Europe demain, perce un ciel dégagé, un soleil radieux, une brise portante, une mer plus veloutée, une pression en hausse et des températures tropicales ! De quoi régénérer les batteries internes des organismes fatigués par tant de secousses océanes, tant de douches marines et éoliennes, tant de souffles méphitiques venus des profondeurs de cyclones mexicains (Edouard en ce moment !). Cette pause va aussi permettre de mieux s’alimenter même si les réserves touchent à leur fin car la plupart des solitaires ont compté sur une douzaine de jours de provisions et il reste encore deux jours aux leaders avant d’atterrir, et peut-être quatre pour les retardataires… A peine le pied posé sur la marina de Horta, célèbre pour ses souvenirs picturaux laissés par les marins du monde, les skippers vont se précipiter vers le premier repas venu…
Mais avant, il faut sortir de ce marasme climatique et ce sont les plus au Nord qui ont touché en premier la bascule de 180° au passage du front : de Sud-Ouest 20-25 nœuds, le vent est passé au Nord à Nord- Ouest quinze nœuds en quelques heures… Le tourmentin a été remplacé par le grand spinnaker ou le gennaker… Le premier à allonger la foulée fut Oliver Bond (Base Camp) qui a vu sa vitesse monter jusqu’à plus de huit nœuds ce mardi matin : le Britannique était en effet resté sur le 42° après le cap Finisterre et après avoir le plus souffert dans les brises contraires, il va logiquement remonter très sensiblement au classement général ! Puis ce fut Jérôme Lecuna (I feel good), désormais en tête des voiliers de série, qui naviguait un peu plus au Sud que l’Anglais (41° Nord). Enfin le leader au scratch, Pierre Rolland (D2-Marée Haute) a pu franchir ce front ce mardi après-midi et prendre la poudre d’escampette vers Horta… Un front, une bascule, un calme…
Derrière, le peloton a dû patienter quelques heures de plus pour que le front passe et que les hautes pressions reviennent baigner le terrain de jeu : les plus au Nord ont donc aussi démarré plus tôt et le resserrement de la flotte est sensible ce mardi après-midi, avec dix voiliers en moins de quarante milles. Le final dans les îles s’annonce donc extrêmement serrer entre une douzaine de Mini qui vont embouquer le canal entre Sao Jorge et Faïal probablement jeudi après-midi… Pierre Rolland semble toutefois en passe de maintenir son avance mais derrière, la hiérarchie va certainement être profondément redistribuée entre les skippers de série venus du Nord et ceux arrivant par l’Est tels Damien Guillou (Demi-Clé), Fabien Sellier (Yemaya), Benoît Sineau (Cachaca), Charlie Dalin (Antalis) ou Pierre-Yves Lautrou ( Altaïde Moovement) qui sont regroupés avec les prototypes de Sébastien Stéphant (Déphémèrides) et de Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie).
A moins de 300 milles du but, il leur faudra toutefois négocier une bulle anticyclonique pendant une demie-journée dans la nuit de mercredi à jeudi, un calme qui va de nouveau ralentir le rythme et qui annonce une nouvelle bascule… au Sud-Ouest ! C’est donc encore au près que les solitaires vont naviguer dans l’archipel pour terminer cette première étape de 1 270 milles, et il faudra alors s’attendre à ce que le final soit délicat entre les îles où le courant de marée n’est pas négligeable ces jours-ci… Quoi qu’en soit le classement à Horta, les vingt-six solitaires qui ont peiné durant deux semaines pour atteindre les Açores auront plus que mérité un peu de repos et une escale qui sera malheureusement bien brève pour profiter des charmes volcaniques et floraux de Faïal. Classement des prototypes du mardi 5 août à 15h00 1-Pierre Rolland (D2-Marée Haute) à 270 milles de l’arrivée 2-Sébastien Stéphant (Déphémèrides) à 29 milles du leaader 3-Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) à 44 M 4-Arnaud Vasseur (Nat’Che) à 56 M 5-Marine Feuerstein (C20) à 80 M
Classement des voiliers de série du mardi 5 août à 15h00 1-Jérôme Lecuna (I feel good) à 271 milles de l’arrivée 2-Oliver Bond (Base Camp) à 14 milles du leader 3-Francisco Lobato (Looking for…) à 18,5 M 4-Daien Guillou (Demi-Clé) à 27 M 5-Fabien Sellier (Yemaya) à 32 M
Il y a des jours comme ça où tout s’annonce bien. A l’horizon de ce 16ème jour de course, l’arrivée de Benoît Parnaudeau annonce « grand beau » à terre. Avec ses deux complices aux qualités complémentaires – Laurent Nevo pour la barre, Quentin Monegier pour la « bricole » – le skipper rochelais, plus habitué au solitaire, ne boude certainement pas son plaisir à l’issue de son aventure humaine vécue sur la grande houle de l’Atlantique Nord. A 8h28, Prévoir Vie coupe la ligne après 3 165 milles parcourus. Le soleil est de la partie et réchauffe le cœur des marins après une traversée en pleine grisaille dans le brouillard toujours de mise.
Benoît Parnaudeau : Vive l’équipage !
« Notre arrivée était superbe. Les couleurs du lever du soleil dans la baie de Saint-Malo avec ses cailloux et juste un peu de vent pour nous faire avancer. C’était très beau », raconte Benoît au pied de son joli 40 pieds amarré sur le ponton de ses prédécesseurs. Venu tout droit du circuit Mini en passant par un tour du monde en solitaire lors du Vendée Globe 2004-05, Benoît Parnaudeau est depuis deux ans un fidèle de la Class 40. Connu pour allier des talents de marin, le sens de l’humour et le goût du partage, « Ben » compte parmi les figures les plus sympathiques de la course au large. Partisan d’un commerce équitable, militant pour un nautisme respectueux de l’environnement, Benoît navigue pour le plaisir et court pour des valeurs.
Ce marin bien sous tous rapports a donc été accueilli comme il se doit par le grand vainqueur en Class 40, Halvard Mabire. « Nous étions dans le groupe de tête et les quatre premiers se sont échappés tandis que nous avons été bloqués par une dorsale. La course continuait, il nous a fallu faire attention aux bateaux de derrière qui auraient pu revenir. Heureusement, nous étions relativement bien placés pour la suite du parcours jusqu’à l’arrivée », précise Ben. Et d’ajouter : « J’avais fait des convoyages en équipage mais jamais de course. C’est une autre façon de voir la navigation, de régler le bateau, de faire la route,… C’est très enrichissant et évidemment, ça donne envie de recommencer. Nos bateaux s’y prêtent. »
Retrousser la Manche
Plus tard, l’heure était venue pour le team britannique de 40 Degrees d’en terminer avec cette transatlantique d’Ouest en Est sur l’Atlantique par la face Nord au départ du fleuve Saint-Laurent réputé pour ses pièges et ses embûches. A 17 heures, Peter Harding et son équipage mixte (Miranda Merron, Freddie Hall et Alex Sizer) pointent à 10 milles de l’arrivée. Mais Eole n’a pas fini de leur jouer des tours. Flashé à deux nœuds contre le courant, 40 Degrees doit alors patienter quelques heures avant de couper la ligne pour se classer 6ème.
Dans leur sillage progresse une jolie clique d’autres concurrents engagés dans une régate au couteau après 3000 milles de course et attendus pour animer les pontons de la cité corsaire de leurs récits aussi relevés que salés.
Dès potron minet, Alain Grinda plante le décor depuis le bord de Rêv’ 86 : « Nous sommes à la pointe Bretagne, il nous reste un petit 130 milles à parcourir et Techneau est là et bien là, juste à notre vent ! Et ça va être dur pour nous puisqu’on essaye de résister depuis un moment avec notre vieux gennaker qui est plus petit. L’absence de notre grand spi qui a explosé il y a quatre jours risque de nous pénaliser (on ne voulait pas qu’ils l’apprennent afin de ne pas les motiver d’avantage). Au menu du jour à bord, c’est tactique, vitesse et régate dans la baie. Bref, verdict sur la ligne… » Ca se passe comme ça la Class 40 ! Au classement de 15 heures, quatre 40 pieds ont fait leur entrée en Manche. Bienvenue à Beluga Racer (Boris Herrmann), Rev’86 (Alain Grinda), Appart City (Yvan Noblet) et L’Esprit Large-Talmont Saint Hilaire (Jean-Edouard Criquioche), qui continuent d’en découdre dans un flux de Sud-Ouest perturbé sur l’Est Bretagne par une petite dépression qui se forme sur le golfe de Gascogne. Le vent refusant promet d’ores et déjà de ralentir leur arrivée. Et de mettre leurs nerfs à rude épreuve pour rallier Saint-Malo.
La nuit et la journée de demain s’annoncent donc sous haute « affluence » aux abords de la ligne. Des Class 40 bien sûr doivent en finir avec leur course vécue comme une aventure autant humaine que sportive. Tout comme Laiterie de Saint-Malo, le trimaran de 50 pieds de Victorien Erussard qui a avalé la quasi totalité de l’Atlantique Nord sans safran. Victorien et ses jeunes complices sont attendus de pied ferme, probablement dans l’après-midi. Leur retour au pays pourrait même faire trembler les remparts. Et chavirer la cité corsaire…
En bref Arrivée de Cervin EnR Yannick Bestaven et ses trois hommes ont franchi la ligne d’arrivée ce mardi 5 août à 15h42’51’’ (heure française). L’équipage du 60’ pieds IMOCA a donc effectué le parcours en 15j 22h 12’ 51’’ à la moyenne de 7,47 nœuds. Une performance d’autant plus remarquable que Yannick et ses complices ont dû effectuer un arrêt de près de 48 heures pour réparer à Port aux Basques (Sud de Terre-Neuve) suite à une collision avec un cétacé dans le golfe du Saint-Laurent.
Ils ont dit Victorien Erussard (Laiterie de Saint-Malo) : « Nous tenons le bon bout, mais ce n’est pas facile. Nous faisons actuellement le tour des Scilly par le Nord, ce n’est pas très motivant. Nous avons du mal à remonter contre le vent, ça ira mieux demain quand la mer se sera un peu calmé. Nous envisageons arriver dans la matinée au large de Saint-Malo. Nous installerons alors le safran que nous avons fabriqué. Nous espérons arriver dans le courant de l’après-midi. Mais c’est sûr, nous allons la franchir cette ligne d’arrivée. Nous n’avons pas parcouru 2000 milles, avec les zigzags, pour ne pas la passer… »
Philippe Vallée (Groupe Sefico) : « Nous naviguons sous gréement de fortune, c’est-à-dire la bôme rallongée du bout- dehors le tout solidement haubané. Sur ce mât de fortune, nous avons la grand voile de cap, le foc de cap et la trinquette que nous avons récupéré de la casse du mât.Nous faisons une route directe au 85 c’est-à-dire vers Port Olona. Nous avançons au gré des nuages et des grains à des vitesses colossales de 5 à 7 noeuds. Nous parcourons donc entre 100 et 150 milles par tranche de 24 heures. Nous avons "un peu" de gasoil, qui nous permettra si il n’y avait plus de vent de parcourir environ 200 milles nautiques à une vitesse d’environ 5 noeuds sauf vent contraire.
Denis Douillez (Saint-Malo Team) : « Nous n’avons pas de mauvaises conditions, mais nous sommes au près, et ce n’est pas très sympa. Ces conditions ne nous aide pas à recoller au peloton de queue, on espère arriver avant la clôture de la course. Hier, on a fait un petit inventaire : cela devrait aller même si c’est sur qu’il ne restera pas grand choses à l’arrivée. Heureusement, j’ai plus l’habitude de trop prévoir ! Le bateau va bien, la réparation que nous avons faite à Matane (en Gaspésie, ndlr) tient bien le coup… »
Rien ne va plus mais les jeux ne sont pas encore faits ! En ce lundi (dixième jour de course !), les Mini ne sont pas encore en phase d’atterrissage sur l’archipel des Açores… La route est définitivement longue pour cette première étape qui alterne des conditions météorologiques pour le moins variées. Et sur l’eau, les solitaires commencent à peiner et les bateaux à fatiguer, ce qui ne facilite pas les décisions stratégiques quand le vent oscille entre le Sud-Ouest et le Nord-Est. Et c’est à l’occasion d’un changement de brise que le vétéran de la Mini Transat, Pierre Rolland (D2-Marée Haute) a pris la poudre d’escampette ! Car dimanche soir, alors qu’il naviguait au contact de six autres Mini, l’architecte skipper a pris la résolution de repartir vers le Nord-Ouest lorsqu’une première petite bascule du vent s’est faite connaître sur le plan d’eau. Une option en deux temps, puisque Pierre Rolland revenait sur le groupe de tête avant de franchement se démarquer vers minuit en repartant plein Ouest quand le vent s’est de nouveau établi au Sud-Ouest : une dépression passe en effet sur les Açores en bousculant une nouvelle fois la situation sur la zone de course !
Si avant le départ des Sables d’Olonne, les solitaires avaient programmé une première étape d’au moins dix jours et pour certains de douze jours, il faut se rendre à l’évidence que c’est normalement près de treize jours qui seront nécessaires avant que le premier Mini n’arrive à Horta ! Et pour les derniers, heureusement que le vent va (enfin !) tourner au secteur Nord voir Nord-Est après le passage du front mardi en soirée… Fini le près, terminé les bords, achevé le louvoyage : les solitaires vont pouvoir allonger la foulée au vent de travers voir au largue dans une brise d’une quinzaine de nœuds. De quoi faire route directe vers l’arrivée à plus de sept nœuds de moyenne. Mais il ne faudra pas que les bateaux traînent trop longtemps en mer car le vent va ensuite repasser au secteur… Sud en fin de semaine !
Un Bond en avant…
De fait, le grand perdant de la nuit dernière est Pierre-Yves Lautrou (Altaïde Moovement) qui était leader depuis le lendemain du départ et qui a plongé à la neuvième place au scratch ce lundi après-midi ! Avec plus de quarante milles de retard sur le premier… L’autre déficitaire nocturne est Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) qui a encore plus insisté sur le bord vers le Sud et se retrouve à plus de 70 milles de Pierre Rolland, une perte sèche de près de 50 milles en une journée ! A contrario, les deux grands bénéficiaires de ce changement de situation météorologique sont les deux persévérants qui n’ont pas hésité à continuer de louvoyer sur une route Nord quand le peloton plongeait dans la dorsale anticyclonique. Jérôme Lecuna (I feel good) et le Britannique Oliver Bond (Base Camp) sont respectivement 65 milles et 170 milles plus au Nord que le leader et affrontent donc toujours un flux de Sud-Ouest soutenu à plus de vingt nœuds.
C’est toutefois passager car derrière le front froid qui va balayer la flotte des Mini mardi midi, une grande bascule est annoncée : le vent va tourner de 180° en quelques heures et les plus septentrionaux vont descendre très vite vers l’archipel. Il va donc y avoir des écarts qui vont se creuser très rapidement quand les leaders vont débouler sous spinnaker derrière le front, tandis que le peloton va encore faire le dos rond face à un vent de Sud-Ouest en avant du front ! Le deuxième groupe qui navigue à plus de cent milles du premier, subit les mêmes conditions mais il est probable que le différentiel ne soit pas sensiblement augmenté ces jours prochains. A moins de 400 milles de l’arrivée, le vainqueur de cette première étape entre Les Sables d’Olonne et Horta est donc attendu jeudi matin et le dernier avec une journée et demie de retard. Soit treize jours et quinze jours de mer pour parcourir 1 270 milles ! Dur, dur…
Classement des prototypes le lundi 4 août à 14h30 1-Pierre Rolland (D2-Marée Haute) à 394 milles de l’arrivée 2-Sébastien Stéphant (Déphémèrides) à 39,6 milles du leader 3-Arnaud Vasseur (Nat’Che) à 65,6 M 4-Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) à 70,7 M 5-Marine Feuerstein (C20) à 77,3 M
Classement des voiliers de série le lundi 4 août à 14h30 1-Jérôme Lecuna (I feel good) à 401 milles de l’arrivée 2-Oliver Bond (Base Camp) à 13 milles du leader 3-Damien Guillou (Demi-Clé) à 18 M 4-Francisco Lobato (Looking for…) à 22 M 5-Fabien Sellier (Yemaya) à 29 M