Vincent Riou parti en qualification le 4 août dernier, a rallié Port La Forêt cette nuit avec 3 100 milles au compteur contre 3 500 milles exigés par le règlement du Vendée Globe. Une raison à cela : le skipper a dû faire face durant son parcours à une nouvelle malchance en Atlantique. Cette fois, c’est un choc avec un container qui a endommagé PRB. Alors qu’il naviguait vent de travers à 15 nœuds dans un vent de 35 nœuds le lundi 11 août au soir, le monocoque vendéen a heurté un container que Vincent a pu apercevoir dans la vague d’étrave une fois le choc passé … C’est la dérive qui a souffert de cette rencontre avec le bloc d’acier de plusieurs tonnes. Elle est cassée au 2/3 et a entrainé une destruction partielle du puits de dérive dans sa partie basse, le tout générant une voie d’eau. Pour Vincent, l’intégrité de son bateau prime avant toute chose et avec cette nouvelle avarie, il n’était pas question pour lui de tenter à tout prix de se qualifier. Il a donc pris la sage décision dès les dégâts analysés de faire route directe vers Port La Forêt tout en informant la direction de course et l’organisation du Vendée Globe de sa situation. En maitrisant la gîte du bateau, la voie d’eau ne présentait aucun risque supplémentaire pour Vincent et pour PRB.
C’est donc cette nuit à 2 heures du matin que PRB est arrivé dans son port d’attache. Comme demandé par l’organisation du Vendée Globe, Vincent repartira terminer sa qualification avant le 18 octobre soit 400 milles en solo. Dès cet après-midi, le bateau a été sorti de l’eau. Comme prévu initialement, il va passer plusieurs semaines en chantier. A la job list classique (carénage de l’ensemble du bateau, antifouling de quille, révision de l’étanchéité de la casquette avec changements des hublots de cockpit, changement des câbles du gréement, check mécanique) s’ajoute donc le travail sur le puits de dérive. Un nouvel espar va également entrer en construction au Crain à La Rochelle. PRB sera remis à l’eau le 5 septembre, Vincent pourra alors valider son parcours de qualification. Le sort s’acharne mais ne plombe pas pour autant un Vincent Riou que l’on connaît solide. Mieux, le marin de Loctudy positive en se disant qu’au moins, avant de partir sur le Vendée Globe, il aura effectué de nombreux milles en solo sur son monocoque, l’équivalent d’un tiers d’un tour du monde !
Ca va pulser ! Car si les premiers cent milles vont dérouler à vitesse modérée, la suite se présente sous des auspices plus musclés : une dépression va rattraper la flotte dès samedi soir et générer des vents d’Ouest de plus de trente nœuds avant d’entrer dans le golfe de Gascogne. Mais pour s’assurer que les perturbations de l’archipel des Açores ne vont pas freiner la progression, les Mini devraient rapidement faire route au Nord-Est après être sortis du canal entre les îles de Faïal et de Sao Jorge. Avec une dizaine de nœuds de secteur Nord, les solitaires ont donc commencé par un long bord de près sous grand voile haute et foc solent et sur une mer belle.
Une sinusoïde comme trajectoire Sous spinnaker dès la nuit tombée, la flotte des Mini va donc rentrer progressivement dans le match. Car au vu des prévisions météorologiques sur une semaine, les routages indiquent qu’il faudrait se décaler le plus vite possible des Açores pour attraper le flux d’Ouest qui passera sur le 40°30 Nord à soixante milles environ de Horta dès vendredi matin. Le rythme va s’accélérer alors avec quinze nœuds d’Ouest pendant toute la journée, puis une légère rotation au secteur Nord-Ouest devrait permettre aux solitaires d’incurver leur route vers le cap Finisterre avant de remonter progressivement en laissant passer dans leur Nord dimanche, une dépression assez creuse et vivace. Cette perturbation est à éviter car la pointe espagnole va compresser le flux pour le porter à plus de trente-cinq nœuds avec une mer forte. Mais normalement, les premiers solitaires seront encore à une centaine de milles de la péninsule ibérique, ce qui les empêchera de se faire trop brasser dimanche midi, au plus fort du coup de vent. La suite sera beaucoup plus paisible puisque l’anticyclone des Açores va se régénérer dès lundi après cette dépression, en s’étendant vers l’Europe et logiquement, c’est dans un régime modéré de secteur Nord-Ouest d’une quinzaine de nœuds que la flotte terminera cette deuxième étape dans le golfe de Gascogne.
C’est donc une route ondulatoire qui semble la plus optimale pour parcourir ces 1 270 milles et dès mercredi soir 20 août, les leaders pourraient être en approche de la ligne d’arrivée aux Sables d’Olonne… Mais en ce jeudi à 15h02, c’est le départ qui a été donné devant Horta, un départ où presque toute la flotte s’est présenté bâbord amures sous grand voile haute et foc solent dans un vent de Nord dix nœuds sur une mer plate. Des conditions idéales donc pour aller parer la pointe de Horta et viser le Nord de Sao Jorge, sous un ciel couvert. Après quelques minutes de course, Damien Guillou (Demi-Clé), Rémy Cardona (La Solidarité Mutualiste) et Charlie Dalin (Antalis) menaient la flotte avec Francisco Lobato (Looking for…) aux basques tandis que Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) prenait un départ prudent avec un ris dans la grand voile et quelques longueurs de marge. Ainsi, à part peut-être un petit contre bord aux abords de Sao Jorge ce soir, c’est au portant jusqu’aux Sables d’Olonne que cette deuxième étape s’annonce. De la glisse, enfin !
Après une première journée bloquée par le mauvais temps, les concurrents du Raid Bleu Normandie ont pu enfin prendre la mer ce matin. Si les prévisions météorologiques annonçaient un vent régulier de sud-ouest à ouest, la réalité du terrain a montré aux concurrents que la prévision était encore loin d’être une science exacte. Un vent de sud-est à sud, variable en force et direction les attendait sur un parcours qui devait les emmener jusqu’à l’embouchure des canaux de Carentan et d’Isigny, pour ensuite virer les îles Saint-Marcouf et revenir sur Saint-Vaast la Hougue. Une deuxième boucle plus courte était prévue, mais le comité de course, au vu des conditions erratiques a prudemment réduit l’épreuve dès le premier passage.
Les leaders se sont succédé sur cette épreuve. Si le duo Bruno Girault – Serge Paly prenait le meilleur départ, c’est rapidement le duo Jérémie Lagarrigue – Yann Riou, suivi de Gurvan Bontemps et Matthieu Marfaing qui imposait sa marque de fabrique sur la descente vers Carentan. Dès lors, on pouvait croire que la messe était dite. Mais le vent d’ouest qui s’établissait sur la zone redistribuait les cartes, puisque le duo Girault – Paly reprenait la tête en approche des îles Saint-Marcouf. On assistait alors à un spectacle plus conforme aux habitudes de la Formule 18 : un long bord de reaching où la vitesse devenait à nouveau un argument de vente. A ce petit jeu, c’est finalement l’équipage d’ICOM – FRA 004, Gurvan Bontemps – Matthieu Marfaing qui reprenait l’avantage et s’imposait de moins de trois minutes sur une manche qui avait vu à certains moments des écarts entre concurrents de plus de deux milles nautiques.
Une chose est d’ores et déjà certaine : le Raid Bleu Normandie est un succès grand public. Ce sont aujourd’hui, plusieurs milliers de spectateurs qui sont passés dans le Village du développement durable sur le port de Saint-Vaast la Hougue. Informations régulières sur l’épreuve, sonorisation du village avec commentaires en direct des passages de marque, les spectateurs ont pu vivre la course en direct et suivre l’événement tout en participant aux animations proposées sur les différents stands. Demain, les conditions météorologiques devraient être plus stables et autoriser peut-être la tenue de plusieurs manches. De quoi permettre à Thibault Vauchel-Camus, grand battu du jour puisqu’arrivé en 12ème position de démontrer qu’il vaut mieux que ce classement. Preuve en est, s’il en fallait, que le niveau sportif du Raid Bleu Normandie est toujours aussi élevé…
Voilà déjà plus de huit mois que Lionel Lemonchois et ses hommes sillonnent les océans du globe à bord de Gitana 13. Ce matin, ils ont une nouvelle fois largué les amarres et repris la mer. Devant les étraves du maxi-catamaran de 33 mètres s’annonce un septième et dernier chronomètre à battre pour clore une campagne de records déjà riche en enseignements et en découvertes.
Après la Route de l’Or, dont ils détiennent le nouveau record en 43 jours 3 minutes 18 secondes depuis février dernier, c’est à une nouvelle route mythique que s’attaquent les marins du Gitana Team : la Route du Thé. Cette voie commerciale prestigieuse a vu les plus grands clippers du XIXème siècle se livrer bataille sur son parcours sélectif : A commencer par la descente au près en Mer de Chine puis en Mer de Java, avant l’entrée dans l’Océan Indien ; un océan tumultueux auquel l’équipage de Lionel Lemonchois tournera le dos sitôt le Cap de Bonne-Espérance (pointe sud-est de l’Afrique) laissé à tribord. Dès lors, les dix marins débuteront la longue remontée de l’Océan Atlantique et son lot de surprises. Durant les quarante jours de mer qu’il s’est fixé comme objectif, l’équipage du maxi-catamaran armé par le Baron Benjamin de Rothschild, aura la chance d’emprunter une route peu connue des marins contemporains. Car, à ce jour, aucun maxi de la G Class ne s’est aventuré dans ces contrées ; le record étant depuis 1990, la propriété du navigateur français Philippe Monnet.
Selon les prévisions météorologiques, Gitana 13 devrait faire face dans les premiers jours de course, à un vent médium de Sud-Ouest à Ouest oscillant. Le près est donc au menu de ce début de parcours, qui conduira les hommes du Gitana Team non loin des côtes vietnamiennes avant de se rapprocher des rivages malaisiens et indonésiens : « Notre première partie de parcours, jusqu’à l’Océan Indien, ne sera pas forcément très rapide. Jusqu’au Sud du Vietnam, l’anémomètre ne devrait guère dépasser les 10-15 nœuds, mais le vent, qui adonnera progressivement, nous permettra d’accélérer à l’approche de la Mer de Java. Il ne devrait pas y avoir de grandes surprises météorologiques sur ces premiers milles, mais l’équipage devra rester vigilant. Nous avons pu constater lors de nos précédents records que la Mer de Chine pouvait nous réserver de nombreuses rencontres (bateaux de pêche et filets dérivants en pagaille). De plus, tout au long de notre descente vers l’Indien, nous allons croiser des chapelets d’îles … la terre ne sera jamais bien loin » nous confiait Lionel Lemonchois ce matin, quelques minutes avant de gagner la ligne de départ.
Dans un vent très difficile à lire, nos représentants ont vécu des hauts et des bas. Mais au total la journée aura été moins faste à nos couleurs que les précédentes comme en témoigne, notamment, l’absence de manches remportées. Normal aussi dans des séries où les manches s’additionnant, chacune devient plus âpre et disputée et où les erreurs en cours de régate deviennent plus dures à remonter. Du coup, la performance de Guillaume Florent en Finn, passé de la 14ème place à la première marque au vent, à la 4ème sur la ligne d’arrivée, est encore plus remarquable. A 3 manches de sa Medal race (le 16 août), le français a encore un peu plus marqué son territoire en consolidant sa 3ème place au général : il reprend 3 points au second (plus qu’à 5 points) et renvoie son poursuivant immédiat à 9 points !
Autre régatier satisfait à l’arrivée : Jean-Baptiste Bernaz qui, comme dans la première manche hier, a démontré lui aussi une belle capacité à remonter la flotte : 25ème à la deuxième marque, il remonte à la 12ème place (une bonne place dans une série de 43 bateaux) et se classe 6ème au classement général provisoire. Plus dure a été la journée de Sarah Steyaert en Laser radial qui, 21ème, n’a pu combler l’handicap d’un départ en 2ème rideau. Rien de dramatique cependant pour la française (si ce n’est qu’elle perd un joker) à qui on peut faire confiance pour revenir encore plus déterminée demain sur la ligne de départ.
En 470 hommes, Nicolas Charbonnier et Olivier Bausset reconnaissaient à l’arrivée leur mauvaise lecture du vent aujourd’hui (les 470 naviguaient sur le rond A, le plus proche de la côte) et notaient que « cela aurait pu être pire ». 6ème et 18ème, ils sont toujours 2ème au classement général. Chez les filles, Ingrid Petitjean et Gwendolyn Lemaître, 17ème et 9ème des manches du jour, rétrogradent à la 12ème place au général et comptent sur leur journée de repos de demain pour se remettre sur une « bonne dynamique ».
Les trois manches de Manu Dyen et Yann Rocherieux en 49er, malgré de beaux départs, sont en deçà également de leurs espérances (11, 13 et 14) et les renvoient à la 11ème place dans une série qui a vu les américains gagner aujourd’hui les trois manches. Il reste six manches – plus d’un tiers de leur championnat – à Manu et Yann pour remonter au classement avant la Medal race. Les deux hommes n’ont en tous les cas rien abdiqué. Pas plus que notre équipage de Yngling composé d’Anne le Helley, Julie Gerecht et Catherine Lepesant, 10ème de la manche et 9 au général, même si les écarts se sont légèrement creusés aujourd’hui. Demain Laser hommes et femmes, Finn, 49er et Yngling seront rejoints sur l’eau par les planchistes tandis que les 470 seront, eux, au repos.
L’ensemble des coureurs a sollicité les organisateurs pour prendre en compte le fait que l’escale a été trop courte pour que les skippers puissent réparer et se préparer dans de bonnes conditions à la deuxième étape des Sables-Les Açores-Les Sables. Deux bateaux étaient en effet ce mardi après-midi sous les sangles pour des avaries majeures puisque Pierre Rolland (D2-Marée Haute) a constaté une faiblesse structurelle au niveau de la fixation arrière du bulbe, problème facilement résoluble en démontant le lest. C’est ce qu’a effectué l’architecte afin de renforcer par une plaque de stratification le bord de fuite de la quille et cette intervention devrait s’achever mercredi matin. Quant à Sébastien Picault (Kickers), il a aussi dû mettre au sec son prototype pour régler un petit problème de fuite au niveau du puits de dérive et effectuer une stratification sur son mât aile. Là encore, le solitaire devrait en terminer mercredi.
Les douze travaux d’escale D’autres skippers avaient aussi des problèmes de gréement à résoudre à l’image du second voilier de série de Jérôme Lecuna (I feel good) qui attendait un bas hauban, d’électronique comme Pierre-Yves Lautrou (Altaïde Moovement), de barre tel Arnaud Vasseur (Nat’Che), de batteries ou de groupe électrogène comme Marine Feuerstein (C20). Or un préparateur venu de Bretagne amenait dans ses bagages beaucoup du matériel nécessaire à la réparation de ces avaries et un problème de correspondance à Lisbonne l’avait retardé d’une journée : il n’a pu commencer à livrer et à intervenir que ce mardi après-midi… La décision de retarder d’une journée supplémentaire le départ de cette deuxième étape est aussi en relation avec les prévisions météorologiques qui sont annoncées musclées mais portantes, ce qui va sensiblement raccourcir le temps du parcours et cela ne devrait donc pas modifier le programme prévu à l’arrivée aux Sables d’Olonne. Les skippers n’ont donc pas eu trop de temps pour profiter de l’escale à Horta car à l’exception des douze premiers arrivés entre jeudi soir et vendredi matin, les solitaires n’ont eu que quatre jours pour réparer leurs avaries, se reposer, refaire un avitaillement et analyser la météo à venir pour les cinq premiers jours de course. Car cette deuxième étape de 1 270 milles s’annonce tout aussi dure que la première : après un départ jeudi 14 août à 15h00 (heure française), les vingt-six solitaires vont pouvoir sortir de l’archipel par le Nord-Est entre Faïal et Sao Jorge dans un flux d’Ouest qui va virer lentement au secteur Nord-Ouest d’une douzaine de nœuds. Ce régime devrait perdurer jusqu’au vendredi après-midi où la brise va revenir à l’Ouest en forcissant à une vingtaine de nœuds avant l’arrivée d’une dépression dimanche provoquant un renforcement temporaire au passage d’un front. Enfin, le Comité de Protestation a eu à juger plusieurs cas qui ne modifient pas sensiblement le classement général de la première étape : ces délibérations concernaient essentiellement des déplombages de bidon de survie et des problèmes d’identification à la radio VHF lors de l’arrivée.
Classement des voiliers de série de la première étape à Horta 1- Francisco Lobato (Looking for…) jeudi à 22h08’49 en 12j 08h 35’ 49’’ 2- Jérôme Lecuna (I feel good) jeudi à 23h55’29 en 12j 10h 22’ 29’’ 3- Charlie Dalin (Antalis) vendredi à 6h02’05’’ en 12j 16h 29’ 05’’ 4- Fabien Sellier (Yemaya) vendredi à 6h03’11’’ en 12j 16h 50’ 11’’ (*) 5- Oliver Bond (Base Camp) vendredi à 6h44’30’’ en 12j 17h 11’ 30’’ 6- Benoît Sineau (Cachaca) vendredi à 7h17’35’’ en 12j 18h 29’ 35’’ (*) 7- Damien Guillou (Demi-Clé) vendredi à 8h21’29’’ en 12j 18h 48’ 29’’ 8- Pierre-Yves Lautrou (Altaïde Moovement) vendredi à 10h56’58’’ en 12j 21h 53’ 58’’ (*) 9- Riccardo Apolloni (Ma vie pour Mapei) vendredi à 16h55’38’’ en 13j 03h 22’ 38’’ 10- François Champion (Pogoman) vendredi à 20h37’54’’ en 13j 07h 04’ 11- Mathis Prochasson (Manu Poki) samedi 2h12’50’’ en 13j 12h 39’ 50’’ 12- Rémy Cardona (La Solidarité Mutualiste) samedi à 9h14’05’’ en 13j 19h 41’ 05’’ 13- Sandrine Bertho (Hamtaro) samedi à 15h 01’ 51’ en 14j 01h 33’ 51’’ (*) 14- Joël Miro Gracia (Indena) samedi à 15h 40’ 58’’ en 14j 02h 08’ 58’ 15- Norbert Maibaum (Coconut Run) samedi à 19h 06’ 50’’ en 14j 04h 33’ 50’’ 16- Luc Le Pape (Lop Lop) samedi à 22h 39’03’’ en 14j 09h 06’ 03’’ 17- Rémy Andréan (Soleto) dimanche à 15h 34’ en 15j 02h 02’ 32’’
Classement des prototypes de la première étape à Horta 1- Pierre Rolland (D2-Marée Haute) jeudi à 22h53’45 en 12j 09h 25’ 45’’ (*) 2- Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) vendredi à 9h32’32 en 12j 20h 04’ 32’’ (*) 3- Sébastien Stéphant (Déphémèrides) vendredi à 10h40’36’’ en 12j 21h 07’ 36’’ 4- Arnaud Vasseur (Nat’Che) vendredi à 17h23’42’’ en 13j 3h 50’ 42’’ 5- Marine Feuerstein (C20) vendredi à 19h37’54’’ en 13j 5h 28’26’’ 6- Fabrice Germond (Stratus) samedi à 22h 24’ 42’’ en 14j 8h 51’ 42’’ 7- Jordan Staale (Stormy) samedi à 22h 42’ 30’’ en 14j 9h 24’ 30’’ (*) 8- Sébastien Picault (Kickers) samedi à 22h 39’ 24’’ en 14j 14h 21’ 21’’ (*) 9-Maxence Desfeux (Matmut) dimanche à 7h34’ en 14j 21h 01’ 42’’ (*)
Erwan Tabarly (Athema), 4e au général provisoire : « j’ai navigué propre » «Dure, cette étape. On a fait 300 milles de près. C’était une sacrée bouée de dégagement… J’ai du dormir 2 ou 3 heures sur cette dernière étape. On n’a pas eu des conditions où l’on pouvait facilement mettre le pilote pour aller se reposer. Mais c’était la dernière. L’objectif était de tout donner. Ca ne servait à rien de garder des forces. Je ne sais pas ce qui me manque pour gagner une étape. Ca viendra. Je n’ai jamais été très loin. Peut-être que je n’ai pas été assez extrême… Ce qui me caractérise, c’est que je suis toujours régulier. Il faut peut-être prendre un peu plus de risques… Mais bon, c’est à double tranchant. C’est une façon de naviguer. J’ai la médaille en chocolat… j’aurais été super heureux de faire 3e, mais je suis content de la façon dont j’ai navigué, c’est le principal. Je me sens bien sur le bateau, j’ai fait des options qui me paraissaient correctes, je me suis bien amusé et j’ai navigué propre. »
François Gabart (Espoir Région Bretagne), 1er bizuth, 17e de La Solitaire : « Je suis bien adapté à cette épreuve » « 17e… c’est pas mal même si je ne m’étais pas fixé d’objectif sur cette course, estimant qu’en tant que bizuth, il était difficile d’être régulier pendant 4 semaines. Et j’avais raison. Car j’ai fait une deuxième étape nulle. Mais j’avais accepté l’idée de faire des erreurs. Par contre, à côté, j’ai fait deux belles étapes au cours desquelles j’ai toujours remonté des places. Je suis assez fier de ça. J’ai appris beaucoup de choses et j’ai pris confiance en moi. Je sais que je suis capable de bien naviguer. C’est prometteur pour la suite, je sais que j’ai le potentiel pour bien marcher en bateau à voile et je sais maintenant que je suis bien adapté à cette épreuve. L’exercice du solo est un jeu qui me correspond à merveille, même si parfois c’est un jeu bête, pas très rigolo. Sur la 3e étape, par exemple, je me suis carrément mis en mode guerrier, pendant deux jours. Je ne pensais pas pouvoir tenir comme ça. J’ai découvert des choses sur moi en terme de volonté, de capacité à me battre. » Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs), 7e au général: « On pourrait être dans le canal St Georges à se faire rincer… vu le vent qu’il y a, on est mieux à terre (rires)! Septième au général, c’est bien, c’est ma meilleure Solitaire du Figaro ; Je suis vraiment très content d’entrer dans les 10 premiers, de faire cette place de 7… même si je ne suis qu’à 9 minutes de la 5e place de Jeanne (Grégoire). C’est un gros progrès par rapport aux années précédentes, et c’est toute la magie de ce sport de finir à quelques minutes les uns des autres au bout de 230 heures de course. On va vraiment au bout de nous mêmes : hier dans le chenal de l’Aber Wrac’h, j’étais encore à bloc de chez à bloc, la tête dans l’eau pour surveiller les algues et ne rien lâcher, et je sais que Christopher (Pratt) et Jeanne (Grégoire) ont fait pareil, il faut se battre, encore et toujours jusqu’à la ligne. Comme on a tous les mêmes bateaux, très comparables en vitesse, il faut tout donner. Physiquement et moralement, cette édition était très dure… la pétole et la baston au près, ce sont vraiment les conditions les plus exigeantes, c’était vraiment difficile… Maintenant je vais passer l’hiver à essayer de trouver le secret pour gagner, car c’est vrai que claquer une étape me ferait du bien, maintenant. »
Jacques Caraës, directeur de course: « Voilà deux éditions où on n’a pas trop de chance, avec des systèmes dépressionnaires qui nous empêchent de faire les parcours initialement prévus, mais on s’adapte à chaque fois et on s’en sort, ça c’est une très belle satisfaction. Je suis vraiment heureux d’avoir tout le monde au bercail, d’avoir réussi à rentrer l’ensemble de la flotte à l’abri avant ce coup de vent qui nous passe dessus en ce moment. Je pense que tout le monde est content d’être à terre aujourd’hui. Sur le niveau des coureurs, c’est clair que cette Solitaire tire vers le haut. Quand on regarde le podium, on voit qu’il y a à la fois beaucoup d’expérience et beaucoup de talent. Ils ne sont pas là par hasard… Je suis vraiment étonné aussi par les bizuths, dont les trois premiers François Gabart, Adrien Hardy et Isabelle Joschke qui ont des qualités exceptionnelles. Mais il n’y a pas de secret chez eux non plus : ce sont des marins qui s’entraînent dur tout l’hiver dans des centres d’entraînement performants, ils sont en forme, ils bossent à l’année pour progresser. Ces trois là sont de futurs champions, c’est évident. L’année prochaine ? Je pense que nous reviendrons vers une édition à quatre étapes, mais je ne peux pas en dire plus pour le moment ».
Nicolas Lunven (Foncia), 18e au général : « je prends des notes …» « Même si il y a une pointe d’amertume et de déception dans les étapes 2 et 3, il y a quand même du positif qu’il ne faut pas oublier. Pour ma deuxième participation à La Solitaire, pouvoir faire jeu égal avec des garçons comme Nicolas Bérenger, Fred Duthil ou Erwan Tabarly, ce n’est pas mal. J’ai réussi à tirer mon épingle du jeu à côté d’eux et c’est un point satisfaisant. Néanmoins, il sera nécessaire de faire un bilan de cette Solitaire, afin notamment d’identifier la cause de mes problèmes au portant. C’est quelque chose de plus difficile à comprendre, à analyser… Il y a du travail en perspective. Par rapport à l’année dernière, j’ai le sentiment d’avoir déjà pris conscience de tous les points qu’il va falloir améliorer pour la prochaine fois. Au lendemain de l’arrivée, je suis déjà en train de me projeter dans l’avenir et je passe mon temps à prendre des notes ! » Jean-Charles Monnet (Degrémont Suez Environnement), 29e au général « L’objectif était de faire dans les 20, 25e et je n’en suis pas si loin. Ceci dit, je n’ai pas très bien navigué, j’ai des progrès à faire, notamment dans le tout petit temps qui m’a fait péter les plombs sur la première étape. J’ai pris beaucoup de plaisir malgré tout, dommage qu’on n’ait pas pu aller à l’île de Man, je m’y étais préparé, mais il faut bien faire avec la météo, on n’a pas le choix. J’ai bien progressé en gestion du bateau et du bonhomme, maintenant il faut que je trouve la bonne carburation dans la pétole. Il va falloir revenir l’an prochain ! »
Armel Tripon (Gedimat) 24e au général : « j’aurais bien fait une 4e étape ! » « Dommage qu’il n’y ait pas une quatrième étape, parce que je serai vraiment prêt à repartir tant je me sens bien sur le bateau et dans la compétition. Pour moi, il y a un monde entre l’an dernier et cette année : j’ai progressé sur beaucoup de paramètres, à commencer par celui de ne plus refuser le combat avec les meilleurs. Je ne prends plus d’options suicidaires et je suis dans le match avec les bons. Sans mon erreur à Molène que je paie très cher, sans doute 10 places au général, le bilan comptable serait meilleur, mais ce qui est réellement important, c’est la progression, le niveau d’exigence auquel je suis arrivé et qu’il faut encore optimiser. Les Troussel, Morvan, Duthil sont à ce niveau d’exigence extrême sans lequel tu ne peux réussir. J’en suis proche mais il fat encore travailler.»
Jean-Pierre Nicol (Gavottes), 27e au général : « Il y a de l’espoir » « C’est une Solitaire du Figaro très positive pour moi. Je suis encore un peu juste dans quelques compartiments notamment en vitesse, mais j’ai souvent fait jeu égal avec les ténors du circuit. Si on m’avait dit au départ de l’épreuve que j’allais terminer deux fois dans les 20 premiers, j’aurais signé immédiatement. Je me suis rendu compte que j’avais les capacités . Stratégiquement, tactiquement et dans la navigation, j’ai fait de gros progrès. Avec un peu plus d’entraînement, de préparation technique, je pense pouvoir jouer avec les 5 premiers, vraiment ! Il y a de l’espoir. »
Vincent Biarnes (Côtes d’Armor), 13e au général : « pas si mal… » « J’avais vraiment à cœur de finir sur une belle étape. C’est chose faite et j’en suis ravi. Je fais mieux que l’an passé et même si l’objectif de départ n’est pas vraiment rempli, je reste assez content de ce que j’ai fait. Treizième au général, ce n’est pas si mal pour une deuxième Solitaire. Et puis, la course était vraiment particulière cette année. Entre les conditions météo pour le moins tordues, les écarts de temps impressionnants, les modifications de parcours et le trafic maritime plus qu’intense auquel on a dû faire face, nos nerfs ont été mis à rude épreuve ! ».
Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles), 10e au général : « bien soutenu » « Ce que je retiens surtout, c’est la confiance de mon partenaire. Ils ont été formidables, toujours à me soutenir avec juste les regards ou les mots tout simples qui font du bien. Mine de rien, c’est la première fois que cela m’arrive dans ma carrière. Je savais que c’était essentiel, mais cela se révèle encore plus capital que je ne le pensais ». Jeanne Grégoire (Banque Populaire) 5e au général : « je me sens très figariste » « C’est top. Je suis hyper contente de terminer 5e, je me suis régalée, je me suis fait super plaisir sur l’eau, ce qui était le but. L’année dernière, si je n’avais pas chaviré j’aurais aussi fini dans les 10 au général; mais j’avais navigué en dents de scie, je m’en sortais bien au final, sur des petits coups à la fin. Cette année, c’était différent, j’étais toujours dans le match, je tentais des trucs… J’ai eu l’impression de me faire confiance. Mais je me dis quand même que c’est dur pour une fille d’aller gagner La Solitaire, il faut bien se rendre à l’évidence. Je ne sais pas pourquoi. Mine de rien, le bord de largue qu’on s’est fait hier, lorsque tu prends la barre à 5h du matin et que tu la lâches le soir en arrivant au ponton… entre temps, t’as fait que mouliner… Hier, c’est la première fois que j’arrive à tenir un bord de largue avec les mecs. Voilà. En fait, je me sens très figariste. Je fais partie des figaristes ! Pour une fois, je suis contente et fière de moi. Hier au ponton, je ne savais pas que j’avais réussi à passer Christopher et Nico, les larmes sont montée parce que 5e, ce n’est qu’à deux places du podium. Même si ce podium est loin en temps. »
Pas le temps de souffler et chez les Laser radial, le dériveur solitaire des filles, Sarah Steyaert, après un retour impressionnant dans la 1ère manche (de 22ème à la première marque à 11ème sur la ligne), revient irrésistiblement au portant sur la paraguayenne alors en tête pour s’adjuger la manche avec classe et avec ça, la 3ème place au général ! Cela débute donc bien en Laser pour les deux benjamins de l’équipe (21 ans tous les deux) et cela se poursuit parfaitement en 470 hommes où Nicolas Charbonnier et Olivier Bausset ont offert, magistralement, la 3ème manche de la journée au camp tricolore… 8ème de la première, ils sont ce soir 2ème du général. Question rapidité, Julien Bontemps est dans le tempo. 4ème et 5ème des deux manches du jour, notre représentant masculin est 4ème ce soir d’un classement dont la plus mauvaise manche n’est pas enlevée ce qui promet encore mieux pour la suite s’il poursuit sur ce rythme. Plus difficile a été la journée des 470 filles avec une 16ème place dans la manche 3 que contrebalance difficilement leur 8ème place dans la suivante. Rien encore de problématique (demain leur plus mauvaise manche sera enlevée) mais une alerte que la marseillaise et la bretonne sauront sans aucun doute analyser. Enfin, Faustine Merret a pris le départ ce matin avec le poids d’une disqualification survenue hier soir suit au dépôt très tardif d’une réclamation de la part de l’espagnole Marina Alabau (cf point sur les RS :X plus loin) qui aura sans doute été aussi difficile à vivre sur le plan psychologique que comptable. Dans deux manches de petit temps qui favorisaient les risques de contact, on peut supposer que la brestoise n’aura pas enroulée les marques l’esprit aussi dégagée que nécessaire. Elle effectue malgré tout une remontée notable dans la première manche en passant de la 16ème à la 10ème place et termine 6ème de la 2ème. « La journée la plus dure est passée » pense son entraîneur Pascal Chaullet. Demain les planches sont au repos et retour des Yngling, Finn et 49er où nos représentants sont tous encore dans le coup pour le podium.
Elles ont été marquées par deux victoires françaises – les filles du 470 Ingrid Petitjean et Gwendolyn Lemaître ont ouvert leurs JO de cette manière et Julien Bontemps en Planche a été impérial dans sa 2ème régate – et deux podiums provisoires au général : la 1ère place de Nicolas Charbonnier et Olivier Bausset en 470 hommes grâce à leur régularité aux avant-postes (6 et 3) et la 3ème de Guillaume Florent en Finn, plus parlante puisque survenue après trois journées et un cumul de points qui ne tient plus compte de la plus mauvais manche (enlevée à partir de cinq manches disputées, ndr). 4ème et 6ème aujourd’hui, le nordiste vire donc en bonne position à mi-parcours de ses JO et impressionne de plus en plus par sa régularité et son intelligence de course. En planche, nos deux représentants ont connu un scénario comparable : dans sa première manche, Julien a du réparer une pénalité puis est tombé ce qui explique sa 13ème place ; dans la seconde des RS :X femmes, Faustine Merret a connu les mêmes soucis mais en ordre inverse (chute puis plus tard réparation de faute) ce qui l’a reléguée à la 8ème place sur la ligne d’arrivée. Si la 1ère place de Julien dans la manche suivante rattrape l’ensemble et le propulse à la 6ème au général, Faustine, 7ème de la première manche, parle d’une dure première journée d’autant que dans le même temps la chinoise Jian Yin, sa dauphine à Athènes, a fait un sans faute. Sa 7ème place au classement n’a cependant rien d’alarmant sur un championnat où la résistance physique pourrait être prédominante. Autre point positif : les observateurs ont pu apprécier sa vitesse au portant qui lui a, à chaque fois, permise de remonter des adversaires. En 49er, Manu Dyen et Yann Rocherieux atteignent leur journée de repos à la 6ème place du général (5ème, 12 et 13ème aujourd’hui) dans une série qui « brasse » beaucoup (entendez où les classements de chaque manche évoluent vite) comme en témoigne la journée catastrophique des britanniques (14,15,15), leader hier et seulement 9ème ce soir. Repos demain aussi pour notre équipage de Yngling, 5 et 10ème des manches du jour, qui se classe pour le moment 8ème au général. Si demain 49er, Finn et Yngling sont en repos, entrent par contre dans la danse les Laser hommes et femmes avec Jean-Baptiste Bernaz et notre championne du monde 2008, Sarah Steyaert.
Le premier sentiment ? Je suis heureux… et fatigué ! J’attendais cette victoire. Après les écarts creusés lors de la première étape, les deux autres m’ont paru un peu longues ! C’est l’aboutissement de tant d’années de travail, tant d’années de bateau…
As tu douté, quand tu es parti au nord ? Forcément, un peu. J’ai fait une bêtise en faisant le tour d’Aurigny à l’envers. C’était éprouvant de faire la course un peu à l’arrière des autres, il a fallu que je m’accroche pour tenter de rester au contact. Quand on est derrière on peut toujours gamberger un peu, d’autant que j’ai cassé du matériel, ma girouette, et du coup je n’avais plus de pilote en mode vent. Il a fallu barrer tout le temps. Cette dernière étape était extrêmement dure : 300 milles de près, 150 milles de portant… ça s’est fait dans la difficulté, mais après la bouée, la météo était avec moi : sous spi je savais que je ne pouvais pas perdre beaucoup, que mon matelas de 6 heures d’avance devait suffire, sauf casse évidemment.
Quel bilan sportif tires-tu de cette édition ? J’étais moins bien sur cette étape-là, c’est vrai, mais faire premier et deuxième sur les deux premières étapes, c’est tout de même exceptionnel je pense. Je ne suis pas quelqu’un qui extériorise énormément, mais je ressens une grande joie à l’intérieur. D’ailleurs, je crois que je ne réalise pas bien encore. C’est ma troisième grande victoire avec Financo (deux solitaires et un Trophée BPE, NDR)… et je ne m’en lasse pas ! (rires)
Réalises-tu que tu n’es plus qu’à une victoire de marins légendaires comme Le Cam, Desjoyeaux, Poupon ? Ce sont vous, les journalistes, qui êtes juges de cela. Moi je ne me pose pas de questions. J’espère juste prouver que j’ai ma place ici et continuer à bien naviguer, à me faire plaisir sur l’eau. Je ne vais pas m’enflammer et continuer à faire ce que j’aime. Là, j’ai juste envie d’ôter mon ciré, m’asseoir, et me dire qu’on a fait du bon boulot, qu’on a atteint l’objectif, puisque cette Solitaire était l’objectif principal de la saison.
Qu’est-ce qui a fait la différence, à ton avis ? Je ne sais pas. C’est un tout. Une bonne préparation, minutieuse jusque dans des petits détails qu’on pourrait trouver ridicules… et qui ne le sont pas. Et la confiance en soi. Je sais que j’ose tirer des bords où les autres n’iront pas. Je me sens vraiment très serein. C’est peut-être là que ça s’est joué.
Le prochain rêve de Nicolas Troussel, c’est quoi ? Le Vendée Globe. J’espère que j’ai prouvé à beaucoup de gens que je suis capable de faire ce tour du monde et j’ai hâte de monter un projet pour être au départ dans quatre ans. Les rêves évoluent : avant je rêvais de faire La Solitaire… et maintenant j’ai un peu de mal à réaliser que je l’ai gagnée deux fois. Mais je reviendrai dès l’année prochaine, évidemment, j’aime trop cette course !