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Sportives glissades

macif 2009
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Encore vingt-quatre heures de ce régime… Après le près lancinant, les solitaires de la Transat BPE sont partis pour une cavalcade aux allures de largue qui prend parfois des airs de sarabande infernale. Dantesque, épuisant, sont les qualificatifs qui reviennent le plus souvent dans les propos des skippers soumis au régime de la douche écossaise. Aux instants d’euphorie provoqués par une grande glissade à plus de quinze nœuds peut vite succéder un instant d’abattement consécutif à un dérapage incontrôlé… C’est Armel Tripon (Gedimat) qui doit grimper par deux fois dans son mât pour démêler son spinnaker enroulé dans l’étai ; et ce, pendant que le bateau dévale les vagues au vent arrière par trente-cinq nœuds de vent. C’est Nicolas Troussel (Financo) qui doit bondir en catastrophe dans le cockpit alors qu’il se reposait à l’intérieur quand le bateau part en vrac couché par une rafale à plus de cinquante nœuds. C’est encore Franck Le Gal (Lenze) qui, en guise de cadeau d’anniversaire pour ses trente-six ans, doit en pleine nuit effectuer une marche arrière dans le coup de vent pour extraire un bout enroulé dans sa quille. Sans compter toutes les petites misères que l’on ne raconte pas, histoire de ne pas donner prise à la concurrence… Mais de Gildas Morvan (Cercle Vert) à Erwan Tabarly (Athema), tous reconnaissent avoir vécu des heures pas faciles. Et commencent à compter les heures qui les séparent de l’instant où ils pourront ôter la combinaison sèche et se faire un vrai repas chaud sur un bateau enfin à plat. Sans assiette normale pour le navire, pas de fantaisies culinaires…

Rien n’est jamais acquis

A l’ouest Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) et Adrien Hardy (Agir Recouvrement) continuent de tenir la dragée haute au groupe du sud. Au prix parfois d’une navigation musclée : les quelque quatre-vingts milles de latitude qui séparent le leader des méridionaux du moment, changent radicalement la donne. Au nord, le vent est plus puissant, les vagues plus formées. Selon les observations relevées sur place, si toute la flotte navigue dans des conditions pour le moins toniques, le pire est bien pour Adrien et Thierry. Lequel reconnaissait avoir navigué à l’aveugle depuis plus de vingt-quatre heures, privé de connexions Internet qui lui aurait permis de récupérer les fichiers de vent d’une part et les positions de ses adversaires, d’une autre. Quoi qu’il advienne, la trajectoire de Suzuki Automobiles aura le mérite d’une lisibilité et d’une détermination remarquable.
La flotte devrait continuer à descendre vers des latitudes plus clémentes pendant encore deux jours. Dans la journée de dimanche, viendra l’heure des premiers comptes quand il s’agira de commencer à mettre de l’ouest dans sa route. Les hommes du sud bénéficieront-ils d’un régime d’alizé suffisamment puissant pour compenser l’écart de route ? Ceux du nord parviendront-ils à garder une trajectoire au cordeau sans s’engluer dans les calmes de l’anticyclone des Açores ? C’est aussi le charme des courses transatlantique de proposer des scénarios où rien n’est écrit d’avance. L’incertitude du lendemain est parfois le prix à payer pour la liberté de choix d’hier.

Le mot du jour : anticyclone des Açores
Cette zone de hautes pressions qui stationne aux abords de l’archipel du même nom est celle qui génère dans son sud les régimes d’alizés de nord-est qui devraient permettre aux concurrents de descendre vers les Antilles. A l’inverse des basses pressions, les zones anticycloniques sont eu mobiles et s’étalent sur de longues distances. D’où des gradients de pression peu importants qui génèrent des vents relativement faibles à ses abords. C’est toute la problématique à laquelle sont confrontés les concurrents de la transat qui tentent de contourner cette zone de hautes pressions par le sud-est.

Ils ont dit :

Armel Tripon – Gedimat – 9ème au classement de 15h
« J’ai eu quelques soucis en fin de journée. Au moment d’affaler mon spi, en abattant un poil trop, il s’est enroulé autour de l’étai et s’est transformé en paquet de nœuds. Après avoir affalé la grand-voile, j’ai essayé, à deux reprises, de monter en tête de mât, mais je n’ai pas réussi à atteindre le deuxième étage. Finalement, j’ai renvoyé la grand-voile et c’est parti comme ça ; mais j’étais cuit, les bras tétanisés, trempé jusqu’aux os. En plus, j’ai pris 35 milles dans la vue. Là, j’ai remis le génois puis j’ai voulu recharger les batteries en faisant tourner le moteur. Et là, la courroie d’alternateur a explosé. Heureusement j’ai des courroies de rechange, mais ce n’était pas ma journée… Il faut que je vérifie mon spi, mais il a l’air d’être intact et j’ai récupéré toutes mes drisses. Dans mon malheur, je m’en sors bien. »

Nicolas Troussel – Financo – 4ème au classement de 15h
«Cette nuit, il y a eu de l’air et des bons grains, jusqu’à 55 nœuds. J’étais dans ma bannette et quand je suis sorti c’était un peu le bordel. J’ai cassé mon antenne VHF et elle bloque ma girouette, ce qui est plutôt handicapant. J’espère que quand j’empannerai elle se décrochera toute seule. Cette nuit, je l’ai joué tranquille, mais on arrive bientôt dans le rythme anticyclone des Açores. Je fais mon petit bonhomme de chemin et j’essaie de rester au contact des 3 premiers pour pouvoir jouer dans les alizés.»

Gildas Morvan – Cercle Vert – 7ème au classement de 15h
« Ces dernières 24 heures, c’était un peu l’enfer, le passage du front dans 40 nœuds a été dur. Cette nuit j’ai navigué sous spi, je suis assez content de ma trajectoire, elle est parfaite par rapport à Madère. C’est génial, quand on a une stratégie et qu’on arrive à l’appliquer. La mer est un peu démontée, mon Figaro avance entre 12 et 17 nœuds, ça défile vite et à partir d’aujourd’hui ça va être sympa, on devrait avoir un bel alizé. »

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Départ samedi de l’étape Rio Boston

arrivée ericsson 3
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Le départ sera donné à Rio qui est près de la limite sud des alizés de sud-est  mais la situation au large du Brésil peut compliquer la tâche. Il n’est en effet pas rare d’y rencontrer un vent faible avec des conditions anticycloniques, comme ce fut le cas à la fin de la cinquième étape de la course. Il faudra également tenir compte du courant nord-sud qui sera sans doute difficile à éviter au départ. Ensuite, les navigateurs vont se concentrer sur le passage de Recife car une option tactique s’impose ici. Ils auront le choix entre un raccourci près des côtes ou bien un vent plus régulier au large. L’expérience montre qu’il faudra rester à moins de dix milles de la côte ou bien progresser à plus de 100 milles au large. Ce sera le quatrième passage dans le Pot au noir dans cette édition de la Volvo Ocean Race mais la position de la flotte plus à l’ouest que lors de la descente devrait faciliter cette partie du parcours. Une fois sorti de cette zone de convergence intertropicale, les équipages vont espérer retrouver les alizés avant de s’attaquer au contournement de l’anticyclone des Açores. Sa position va déterminer la régularité et la force des alizés mais parfois ces hautes pressions règnent sur une grande partie de l’Atlantique et se confondent avec l’anticyclone des Bermudes, frustrant les espoirs d’un passage rapide. Ce sera néanmoins la dernière partie du parcours qui pourrait bien être la plus difficile. La flotte devra mettre le cap au nord-ouest et confronter les dépressions qui remontent vers l’Europe. Le printemps est traditionnellement un moment d’instabilité dans cette zone et il ne serait pas surprenant de rencontrer des conditions musclées dans l’Atlantique Nord à cette époque de l’année. Une remontée au vent combinée avec l’influence du Gulf Stream offrirait une fin de parcours sportive. 
Deux bateaux effectueront leur retour à la course samedi à Rio. Après de longues réparations suite aux dégâts subis au large de la Chine, Delta Lloyd et Telefonica Black s’aligneront au départ de cette sixième étape. Les deux équipages et les deux bateaux seront normalement en pleine forme pour s’attaquer à ces 4900 milles mais à bord des autres VO70, des modifications ont également été réalisées avec notamment sur Telefonica Blue une nouvelle garde-robe et de nouveaux safrans.    

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Banque Populaire V endommagé par un OFNI

maxi trimaran banque pop
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Un enthousiasme partagé
Si le séjour espagnol du Team Banque Populaire ne s’est pas soldé par l’opportunité d’établir un nouveau temps de référence sur la Route de la Découverte, l’activité autour du Maxi Trimaran a battu son plein à Puerto Sherry. L’équipage a su en effet enchaîner les navigations au large des côtes ibériques afin non seulement d’éprouver la monture sous toutes les allures mais également d’achever de cimenter le collectif. Entre performance et franche satisfaction, Pascal Bidégorry ne tarit pas d’éloges sur son compagnon de route : «Nous venons d’effectuer une navigation de six jours à bord du Maxi Banque Populaire V, c’est la première fois que nous restions autant de temps sur l’eau et cela nous a permis de faire un parcours intéressant via les Canaries, Madère et Les Açores avant de revenir sur Lorient. Nous éprouvons une grande satisfaction quant à la performance du bateau. Nous avons pu le tester dans une mer formée mais aussi dans du petit temps ou médium léger et cela s’est très bien passé. La progression du bateau va crescendo ce qui est très positif.» 

Au sec pour les vérifications
Le tempérament du Maxi Banque Populaire V semble donc définitivement à la performance et promet de belles choses dans un avenir proche. Rien ne vient ternir le tableau dessiné ces derniers mois par un travail exceptionnel, pas même la « petite découverte » observée à l’issue de cette semaine d’entraînement : « Nous avons heurté un OFNI sur la toute fin de notre parcours entre Cadix et Lorient. Nous ne savons pas ce que c’était. En faisant le tour du bateau lundi, nous nous sommes rendus compte que le flotteur tribord était partiellement endommagé. Dans la perspective du Trophée Jules Verne, nous avons à cœur de ne rien laisser au hasard dans notre préparation. C’est pour cette raison que nous mettrons le bateau au sec dès que possible. Cela n’entame évidemment en rien notre programme d’entraînement et notre campagne de records ». Le retour du Team Banque Populaire sur sa base lorientaise, décidé bien avant le départ de Cadix la semaine dernière, va permettre une intervention rapide sur le flotteur.

Une fois le check-up effectué sous la houlette du chantier CDK Technologies, le Maxi Banque Populaire V retrouvera son élément et un équipage affûté pour la suite de la campagne. Celle-ci se matérialisera dans les semaines à venir sous la forme d’un convoyage d’entraînement vers les Etats-Unis avec à suivre un positionnement pour le record de l’Atlantique Nord et un temps de référence que Pascal Bidégorry et ses hommes entendent bien accrocher à leur tableau de chasse.

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Cap au sud et premiers surfs pour les figaristes

adrien Hardy edition 2009
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Sans être encore totalement sortis des esprits des marins, le près et les conditions d’inconfort qui vont avec sont à présent dans leur sillage. Depuis hier après midi, la flotte de la Transat BPE 2009 allonge la foulée et peut enfin voir le compteur dépasser les dix nœuds. Mais la rotation du vent au Nord Ouest entraînant avec elle l’arrivée de la navigation à des allures plus portantes n’a pas non plus définitivement donné des couleurs alizéennes au tableau. Le long des côtes portugaises, la nuit des solitaires n’a pas été de tout repos. Le silence des uns et des autres à l’occasion de la vacation quotidienne est éloquent. Au largue serré, dans des conditions de vent soutenues et instables, renforcées ça et là par des passages de grains, l’heure n’est définitivement pas à la conversation de longue durée. On imagine aisément les figaristes dans leurs combinaisons sèches, concentrés à la limite de l’obsession sur leur conduite de barre et soumis à un régime « lance à incendie » comme le confiait le jeune François Gabart. Cherchant à assurer la trajectoire et à gagner au maximum en cap et en vitesse. Ne rien lâcher et ne surtout pas perdre de vue l’objectif. Dans de telles conditions, le sommeil et l’alimentation deviennent accessoires.
Chaque classement amène avec lui son lot de petits bouleversements et d’évolutions. Il n’est toutefois encore pas question de tirer les conclusions des options engagées après le départ de Belle-Île-en-Mer, ou plutôt de l’échappée belle dans l’Ouest d’un Thierry Chabagny toujours en tête ce matin. Aux commandes depuis deux jours, le finistérien a été le premier des quatorze concurrents à envoyer le spi. Toujours positionné le plus proche de la route directe,  ce dernier risque fort de devoir aller jouer en limite de la bordure anticyclonique et prendre le risque d’un enfermement. Affaire à suivre. Derrière lui, les écarts se creusent et chez les partisans du Sud, 77,4 milles séparent actuellement François Gabart, le plus à l’Ouest d’Eric Drouglazet (Luisina), le plus à l’Est.
En attendant, l’heure est aux sensations de vitesses et les premiers surfs se profilent pour le plus grand plaisir des figaristes. Ce vendredi ne devrait pas connaître de bouleversement majeur d’un point de vue stratégique, chacun s’attachant à affiner sa route. « Ce sera une journée de vitesse ! », lâchait Adrien Hardy ce matin… autant dire que tous sont prêts à affoler les compteurs.
 
Ils ont dit…
 
Adrien Hardy (Agir Recouvrement) – 2ème au classement de 5h00
 
« Ca va. Je ne suis pas très content de moi, j’ai passé pas mal de temps hier après-midi  à bricoler à l’intérieur du bateau à cause d’une voie d’eau. Ce n’est pas très grave, mais les conditions exigeaient d’être à la barre;  du coup c’est mal tombé. Les conditions sont exigeantes, le vent est musclé, très instable entre 30 noeuds à 40 nœuds avec les passages de grains. On est au vent de travers, largue serré.
Ce matin, c’est clair que c’est le bonheur, on avance dans la bonne direction, c’est un peu fatiguant, tout va bien. Hier, j’ai enfin pris le temps de manger un peu. Je suis désormais dans le rythme de la course. Devant ça ne mollit pas vraiment, il faut être tout le temps dessus pour ne pas décrocher, être présent à tous les instants. La journée d’aujourd’hui est assez simple, il faut affiner la trajectoire, ce sera une journée de vitesse. »
 
François Gabart (Espoir Région Bretagne) – 3ème au classement de 5h00
 
« Ca fait plaisir, ça glisse pleine balle. Il y en a qui ont mieux glissé, mais ce n’est pas grave, il y a encore du chemin. Désormais, on est du bon côté de l’anticyclone. Maintenant on est portant, ça fait plaisir
J’ai eu un début de course difficile, au près face à la mer, il fallait être présent sur le bateau car les conditions étaient musclées, elles ne permettaient pas forcement d’être à l’intérieur.
Je suis entre 12 et 15 nœuds tout le temps, c’est pas mal pour un Figaro-Bénéteau. J’ai 28 nœuds de vent et navigue à 130° du réel. Je suis au portant avec les vagues avec moi, cela risque de rester comme ça une partie de la journée.
C’est un peu chaud là, ne raccroche pas…   Je ne vais pas rester très longtemps. J’ai passé une bonne partie de la nuit à la barre avec des vagues à surfer tout le temps, on s’est bien fait rincer, du coup c’est un régal mais j’ai un peu froid ce matin et je ne suis pas sûr de pouvoir me changer aujourd’hui. Je suis resté en ciré et l’eau est encore froide, et cette nuit c’était option lance à incendie. Il n’y a pas vraiment d’endroit pour être au sec. »

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Enfin au portant

chabagny 2009
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Autant dire que nul n’est tenu à la même lecture du plan d’eau. Au nord, Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) poursuit son chemin solitaire quand Gérald Véniard (Macif), calé sur une route intermédiaire se verrait bien à la place du skipper de Nevez. Plus au sud, Gildas Morvan (Cercle Vert) continue de mener la danse, poursuivi comme son ombre par un Armel Tripon (Gedimat) au mieux de sa forme. A croire que l’école de la Mini-Transat apprend à s’endurcir le cuir et se tanner le moral : d’un Erwan Tabarly (Athema) revenu en quatrième position, à Isabelle Joschke (Synergie) ou bien encore Adrien Hardy (Agir Recouvrement), nul ne se plaint des conditions météorologiques qui ont obligé les navigateurs à adopter la position du dahu.
Mais les heures à venir pourraient être décisives : les adeptes de la route nord, Chabagny, Véniard, Hardy ont tous enclenché la surmultiplié. Naviguant tous à près de 10 nœuds de moyenne, on peut supposer qu’ils ont ouvert l’angle suffisamment pour envoyer un spi de brise qui permet enfin de faire décoller l’étrave. Corollaire de l‘opération : les solitaires vont devoir rester rivés à leur barre, à négocier les vagues quand de l’autre main, ils n’auront de cesse de jouer sur l‘écoute de spinnaker pour trouver l’efficacité maximum et surtout éviter que le bateau ne parte au lof. Choquer, border, la vie des solitaires se trouve rythmée par un tempo incessant qui n’autorise plus la moindre approximation. Reste à savoir si ce gain sera suffisant pour combler le retard pris sur la route du sud. Au classement de 16h, la différence de vitesse était de plus de trois nœuds entre ceux qui pouvaient profiter du vent adonnant pour envoyer le spi et les autres.

Empirisme et informatique

Certains sont loin de ces considérations tactiques et psychologiques. Devoir résoudre certaines basses contingences matérielles influe aussi tant sur le moral que sur la marche du bateau. Ainsi Yannig Livory (CINT 56) cumule depuis quelques jours les petites avaries qui, si elles ne remettent pas en cause l’intégrité du bateau, modifient sensiblement l’environnement du navigateur. Téléphone satellite intermittent ne permettant pas de recevoir les fichiers météo, souci de bombonne de gaz entraînant l’obligation de manger froid, le navigateur lorientais redécouvre les vertus des navigations à l’ancienne où l’observation des systèmes nuageux, de l’orientation des vents et de la courbe du baromètre n’avait pas encore été détrônée par l’informatique de bord. Aux figures théoriques de Monsieur Buys-Ballot ont succédé les fichiers grib : ce que les navigateurs ont perdu en poésie, ils l’ont incontestablement gagné en efficacité. Il suffirait de voir les trajectoires au cordeau de certains leaders, en comparaison d’une route aux zigzags parfois hésitants de Yannig pour comprendre que le temps des baladins est bel et bien révolu. Il en est un autre qui évolue ainsi à l’aveuglette depuis plusieurs jours, c’est Gérald Véniard. Le navigateur rochelais a pourtant tranché pour des solutions pour le moins radicales, usant de toute sa science de la météorologie pour aller chercher la bascule attendue sous un front. Une trajectoire limpide qui lui permet de figurer en seconde position au classement de 15 heures. Comme quoi, intuition et empirisme peuvent parfois suppléer avec efficacité les froides logiques informatiques.

Le mot du jour : reaching
Cet anglicisme désigne en fait les allures de largue, celles où l’on peut choquer les écoutes sans pour autant s’autoriser encore la perspective de naviguer à plat. Entre 70° et 110° du vent en moyenne, le reaching fait la part belle à la puissance du bateau. Souvent rapide, c’est une allure qui demande une attention constante et une grande vigilance, notamment dès que l’on hisse le spinnaker.

Ils ont dit :

Yannig Livory – Cint 56 – 12ème au classement de 15h
« J’ai eu un premier problème, c’est le plombage qui s’est mis dans la bouteille de gaz au niveau du joint donc je n’ai plus de gaz. Et croyez moi, le «lyophal » froid ce n’est vraiment pas bon! Autrement vu que le téléphone ne marche plus, je n’ai ni la météo, ni la position des autres bateaux ; donc je navigue vraiment à l’aveugle. J’ai l’impression d’être en pleine découverte, comme Christophe Colomb ! Je ne sais pas où sont les autres ; je ne sais pas si je suis devant ou derrière. »

Gérald Véniard – Macif – 2ème au classement de 15h
« Moi, je pense que Thierry Chabagny a fait le bon choix, si j’avais pu, j’aurais fait comme lui. Je suis tout de même content de ma position, mais je n’ai pas non plus inventé le fil à couper l’eau chaude! Il y avait un front à aller chercher, j’y suis allé à temps mais il n’y a rien de définitif à tout ça. Vu de l’intérieur, sachez qu’il n’y a pas grand-chose qui fonctionne comme je le voudrais, mais je suis super content d’être là. Je me repose, je fais des petites siestes en m’accrochant bien à la bannette. Demain, on devrait pouvoir envoyer un spi. Mais c’est une allure assez serrée encore pour quelques jours ; donc ça va continuer à mouiller fort, mais comme on n’a pas trop le choix, on va attaquer ! »

Adrien Hardy – Agir Recouvrement – 7ème au classement de 15h
« C’est très physique, chaque déplacement est un gros effort qui demande beaucoup d’énergie. Le bateau tape vraiment beaucoup, heureusement que le Figaro Bénéteau est un bateau costaud. Vivement que le bateau soit à plat, que je puisse me faire de bons petits plats ! »

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Une météo capricieuse

francois gabart transat BPE 09
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D’un point de vue strictement terrien… mieux vaut être au sud ! A écouter les récits de la nuit d’un Thierry Chabagny ou d’Armel Tripon (Gedimat), le tableau dépeint par le premier laisse imaginer des moments particulièrement difficiles dans la quête de vents plus favorables. 25 nœuds de moyenne, des rafales à 39-40 nœuds, une nuit humide, un bateau qui cogne sans arrêt et une alimentation réduite au strict minimum, tel est le quotidien actuel du leader de la flotte. En troisième position, le ton de la voix du skipper de Gedimat  traduit une toute autre ambiance qui sans être totalement détendue, semble teintée d’un peu plus de confort. Mais chez tous, une idée fixe, un graal leur permet d’accepter le ballottage incessant, l’absence de sommeil, l’humidité permanente et une alimentation laissée au second plan. Dans quelques heures, les solitaires pourraient « lâcher les écoutes » et abandonner comme un méchant souvenir les longues heures passées à la barre, au près, donnant à la mise en route de la Transat BPE des allures de chemin de croix. Mais il leur faudra encore attendre pour conjuguer leur quotidien de marins sur un mode portant…

Pour l’heure, le front attendu et recherché par les concurrents est arrivé sous une forme particulière en n’étant pas en phase avec la rotation espérée. C’est dans la matinée que cette dernière devrait permettre aux premiers de « souffler » un peu et de virer de bord. Mais cette évolution météorologique ne livrera pas forcément la réponse attendue aux questions qui se posent depuis l’échappée nordiste de Thierry Chabagny. Le finistérien le disait ainsi lui-même à l’occasion de la vacation matinale ; « il faudra peut-être attendre la fin de la course pour connaître le résultat de cette option… ». Suspense quand tu nous tiens…
 
Ils ont dit:

Thierry Chabagny – (Suzuki Automobiles) – 1er au classement de 5h
 
« La nuit est assez musclée car ici on a rarement en dessous de 25 nœuds de vent et j’ai eu des rafales à 39/40 donc les manœuvres s’imposent. C’est humide aussi, on prend de bons paquets sur la figure. Au moment où on se parle ça cogne pas mal à l’intérieur. Le vent a pas mal tourné dans ce secteur donc la mer n’est pas très rangée, il y a une houle un peu de travers.  Côté repos, c’est un peu le régime de la Solitaire, c’est à dire que tu dors par petites tranches de 20 minutes. Pour mo, à part la deuxième nuit qui n’était pas trop mal, depuis le début c’est  régime sec. Il est temps que ça se calme un peu parce que ça risque d’être un peu plus long qu’une étape du Figaro ! Le front de vent je l’ai passé, mais comme ça arrive souvent dans certaines dépressions, là il est n’est pas en phase avec la rotation de vent, ce n’est pas franc, c’est-à-dire que j’ai passé le front mais le vent n’a toujours pas  tourné.
Je ne suis pas parti pour faire une route complètement nord, je vais finir par croiser les autres et là on verra ce que ça donnera. Mais si ça se trouve on n’aura le résultat qu’à la fin de la course. J’ai mangé un peu mais je pense que je suis tout de même un peu sous-alimenté par rapport à d’habitude, je suis à un seul vrai repas par jour. Mais l’estomac n’en demande pas beaucoup plus, on est encore dans la mise en route, il faut que l’organisme s’habitue petit à petit ».
 
Gérald Véniard – (Macif) – 2ème au classement de 5h
 
« Ca va mais je n’arrive pas à télécharger d’emails et de fichiers météo depuis deux jours donc je n’ai pas de nouvelles ! Je ne sais pas où sont les autres. Les conditions de navigation ce n’est pas les vacances ! Mais ça va passer. A priori je suis passé de l’autre côté du front, mais je n’ai pas encore touché la bascule. J’en ai touché une première, mais elle ne me permet pas d’ouvrir les voiles. J’ai 20 nœuds ça a bien baissé car j’ai eu jusqu’à 33 nœuds cette nuit. La mer est assez désordonnée, il ne fait pas très chaud et c’est toujours aussi humide ! J’ai fait deux repas chauds depuis le départ, sinon je grignote. Et pour ce qui est de dormir, moi je dors beaucoup. Donc ça va bien, d’autant que je sais que ces conditions ne vont pas durer ! Dans 4 heures maxi ça se calmera. Quand on verra les milles défiler vers le sud ça va faire beaucoup de bien ! »
 
Armel Tripon – (Gedimat) – 3ème au classement de 5h
 
« Je vais bien même si je suis un peu fatigué. D’autant que quelque chose s’est renversé et que c’est la patinoire dans le bateau. Je ne peux pas me déplacer sans finir sur les fesses ! Cette nuit on a eu du vent de Sud Ouest jusqu’à 33 nœuds, avec un peu de mer. La bascule ne se faisait pas en fait, c’était un peu long. Ca a eu lieu il y a une petite heure à peine, et là ça a bien molli, je suis au près sous génois et grand voile haute. Mais ce n’est pas encore le Nord Ouest qu’on attend. Il est long à venir, on se décale un peu dans l’ouest pour aller le rechercher. J’essaie de rester lucide pour prendre les bonnes décisions, pour moi c’est le plus difficile à faire. Je dors bien et je mange bien.  J’ai même ouvert le foie gras que m’avait offert mon sponsor pour fêter le dégolfage!»
 

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Nanni Diesel tient son cap.

Nanni Diesel
Nanni Diesel

Dans un contexte économique et sectoriel particulièrement difficile, Nanni Diesel maintient pour ce dernier exercice 2008, sa part de marché avec un chiffre d’affaires qui s’établit à 30,2 millions d’euros et un résultat opérationnel à l’équilibre.
 
Pour cette année 2009, l’activité de Nanni Diesel devrait enregistrer une légère progression, soit réaliser un chiffre d’affaires de 31,1 millions d’euros, grâce aux investissements réalisés et aux développements en cours  (4,8 millions d’euros sur les exercices  2008 & 2009).

Les principaux indicateurs :
Chiffre d’affaires 2008 : 30,2 millions d’euros
Chiffre d’affaires 2009 (prév.) : 31,1 millions d’euros

Résultat brut d’exploitation (en % du CA) 2008 : 1,7%
Résultat brut d’exploitation (en % du CA) 2009 (prév.) : 2,3%

Investissements 2008 : 2,7 millions d’euros
dont Site industriel : 1,7 et R&D produits : 1
Investissements 2009 (prév.) : 2,1 millions d’euros
dont Site industriel : 0,6 et R&D produits : 1,5

Ces deux exercices 2008 & 2009, Nanni Diesel a choisi de consolider son activité par les investissements industriels, de recherche et de développement entrepris.
 
A ce jour, Nanni Diesel confirme son objectif à moyen terme : doubler son chiffre d’affaires dans les cinq ans à venir, et passer le cap des 60 millions d’euros en 2013.

Source : Nanni Diesel
www.nannidiesel.com

 

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Cap à l’Ouest vers la bascule

thierry chabagny BPE 2009
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Visiblement, il faudra encore attendre avant de retrouver des ambiances sèches. Depuis maintenant plus de deux jours, les solitaires de la Transat BPE sont soumis au régime du perce-vague. Escalader les crêtes, anticiper l’instant où l’étrave va retomber mettant à mal le gréement et la vitesse du bateau ; trouver le bon compromis entre cap et vitesse dans des conditions qui, si elles n’ont rien de dramatiques, usent bonhomme et matériel. La tentation est grande alors, de mettre un peu de sud dans son cap, de tenter de gagner au plus vite en latitude pour espérer accrocher les alizés. Mais pour les durs au mal, le salut passe peut-être par l’ouest. En acceptant de se faire balloter par une mer de plus en plus formée, les tenants de cette option tablent sur une arrivée du front froid salvateur qui annoncera derrière la bascule des vents au secteur nord-ouest à nord. Mais les conditions attendues ne peuvent pas encore faire espérer un air de vacances : les skippers vont devoir négocier des vents plus portants mais toujours très forts et une mer en conséquence. Ce ne sera plus le rythme lancinant des allures de près, mais une folle cavalcade où la conduite du bateau tient plus du rodéo sur un taureau sauvage que d’une longue glissade sans embuche. Un temps où il faut savoir trouver le bon rythme entre tempérament d’attaquant et préservation du bonhomme. Où il faudra compter avec les déferlantes qui attaquent le franc-bord, les à-coups dans la barre et les inévitables départs au lof. Autant dire, que le temps des bons petits plats chauds, des siestes réparatrices au soleil et des heures de lecture n’est pas encore venu.

Face nord ou sud ?

A peine plus de 25 milles séparent le premier et le dixième au classement général, quand l’écart latéral entre Thierry Chabagny, le plus au nord et François Gabart (Espoir région Bretagne), le plus au sud, atteint déjà 150 milles. Autant dire que dans ces conditions, bien malin qui pourra prétendre avoir raison. Même s’ils disposent d’outils similaires (fichiers de vent, logiciels de routage), on voit bien que l’intuition et la sensibilité du navigateur peuvent amener des choix radicalement différents. Et c’est peut-être ce qui fait le charme de ces courses océaniques. Le marquage à la culotte laisse souvent place à des options radicales où chacun à tour de rôle peut prétendre jouer à qui perd gagne… Pour l’heure, les hommes du sud gardent la main même si les classements, calculés par rapport à l’orthodromie, donnent encore l’avantage aux hommes du nord. Mais pour peu que les Chabagny, Véniard, Hardy (Agir Recouvrement) et Livory (CINT 56) touchent la bascule plus tôt et tout peut être chamboulé. Dans le langage des solitaires du circuit Figaro Bénéteau, prendre une « Troussel » signifie qu’on a laissé s’échapper un concurrent isolé dans une option radicale. Mais jusque là, le détenteur du brevet a toujours joué la carte du sud… La bande des quatre larrons partis à l’assaut du front froid, aimeraient bien à leur tour pouvoir revendiquer la paternité d’une formule aussi efficace en passant par la face nord. Les mythes ne sont-ils pas édifiés pour être, un jour, battus en brèche ?


Le mot du jour : Cap Finisterre
A la sortie du golfe de Gascogne, le cap Finisterre marque une véritable frontière. Prolongement des monts cantabriques, le cap culmine à plus de 600 mètres de hauteur. C’est surtout une zone où les vents ont tendance à se renforcer du fait des effets venturi, où la mer est souvent désordonnée du fait des phénomènes de réfraction de la houle et des courants. D’où la légitime prudence des navigateurs qui, dès que les conditions se durcissent préfèrent prendre un large tour.

Ils ont dit :

Nicolas Troussel – Financo – 8ème au classement de 15h
« Ça va, on est encore au près mais ça va se terminer un jour! C’est humide et ça gigote dans tous les sens, donc on commence à avoir hâte que ça se termine. Voir les côtes de Galice, ça me rappelle de bons souvenirs de l’été dernier, en particulier une des étapes du Figaro. En tous cas la mise en jambe a été assez musclée, ça n’a pas été facile. Même si le Figaro Bénéteau est un bon bateau, on n’est pas forcément confortable et l’intérieur est exigu. Mais on est tous dans le même bateau ! Ca va faire du bien de sécher un peu. J’ai hâte de changer mes chaussettes ! Vivement la vie des alizés. »

Thierry Chabagny – Suzuki Automobiles – 2ème au classement de 15h
« Cette option, je l’avais envisagée avant le départ selon la façon dont tous les phénomènes allaient se configurer. Le danger avec mon option c’est de se retrouver collé. Il faut que j’essaie de ne pas m’arrêter trop près de l’anticyclone des Açores. Mais attention, la course ce n’est pas que les choix stratégiques, c’est aussi faire marcher le bateau parce qu’il n’y a pas que le vent, il faut gérer les vagues et son repos aussi. Non, je ne tente pas une Troussel par le nord : une Troussel, c’est toujours par le sud. C’est peut être une Chabagny, par le nord… On verra si ça marche. »

François Gabart – Espoir Région Bretagne – 9ème au classement de 15h
« Mon option prise près du cap Finisterre semble bien marcher D’autant que le début de course à Belle-Ile a été difficile puisque j’ai perdu 4 a 6 milles dès les premières heures. Mais finalement j’ai fait un bon dégolfage, c’est mon premier et je suis content que ça se soit bien passé, c’est satisfaisant. En tous cas, quand on a Erwan Tabarly ou Gildas Morvan pas très loin, c’est rassurant Je suis ravi d’être là, très content de ce début de Transat. Je suis aussi ravi d’aller plus loin qu’une étape du Figaro et de pouvoir continuer après le golfe. »

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800 milles pour se préparer à la Mini

depart mini transat 6.50 2007
DR

 
16 étrangers de 11 nationalités.
La Classe Mini attire toujours autant de coureurs internationaux. Cette année, la course fait le plein. Au départ, sur les 59 inscrits, 16 sont étrangers de 11 nationalités différentes : deux anglais avec Oliver Bond et Keith Willis ; un américain avec Chris Tutmark ; un Nouveau Zélandais avec Conrad Colman ; une brésilienne avec Izabel Pimentel ; une espagnole avec Anna Corbella ; un écossais avec Ross Turner ; un norvégien avec Staale Jordan ; deux néerlandais avec Ysbrand Endt et Robert Rosen Jacobson ; trois italiens avec Riccardo Apolloni, Luca Del Zozzo et Giancarlo Pedote ; un allemand avec Jorg Riechers et deux représentants de l’Afrique du Sud avec Matt Trautman et Craig Horsfield.
 
43 français, des « anciens » et des « nouveaux » qui viennent de toute la France…
Côté français, on retrouvera des noms connus du circuit Mini dont Xavier Haize, Pierre-Yves Lautrou, Fabien Desprès, Stéphane Le Diraison, Thomas Ruyant, Pierre Brasseur et Véronique Loisel… Beaucoup de nouveaux à suivre de près tels que : en catégorie prototypes Romain Bouchet, Nicolas Boidevezi et Antoine Rioux (de Nouvelle Calédonie) ; en série Cécile Hoffart, Pierre Leboucher ou encore Amaury François…
Forte de son succès, la Classe Mini compte également des coureurs de toute la France. À noter la présence en force de Paris et de la Région Parisienne avec 14 participants détrônant ainsi la région Bretagne, toujours très représentée avec 11 participants, suivie par la Charente-Maritime avec 6 coureurs, 2 pour les Pays de Loire, 2 pour le Centre, 2 pour la Normandie, 2 pour le Nord, 2 de Picardie, 1 pour le Languedoc Roussillon et 1 de Midi Pyrénées.
 
30 prototypes et 29 bateaux de série                 
Côté bateaux, le Mini Pavois sera l’occasion de voir des nouveautés très attendues comme le Nacira 6,50 et le Dingo 2. Cette nouvelle génération pourra se confronter à la très expérimentée et reconnue deuxième génération des Pogo 2 sur plan Finot (Chantier Structures) et au Tip Top de Sam Manuard (Bepox). Côtés prototypes, on retrouvera l’ancien Plan Finot d’Isabelle Joschke skippé par Thomas Ruyant. Pierre Brasseur naviguera sur Région Nord Pas de Calais/Ripolin, anciennement Bretagne Lapins. Rappelons que ce bateau avait terminé 2e de la précédente édition de La Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50 aux mains de David Sineau. On découvrira aussi Henri Paul Schipman du Cabinet Lombard sur un prototype 2008, évolutif du bateau vainqueur d’Yves Le Blévec dont il était l’architecte. Un Mini Pavois qui promet d’être intense et qui pourrait donner le ton de la future Transatlantique en solitaire de septembre.
 
Rencontrez les futurs skippers de La Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50 dès le 2 mai prochain…
Le Mini Pavois sera l’occasion de rencontrer 39 skippers sur la centaine de pré inscrits à La Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50 2009. Parmi eux, 22 sont d’ores et déjà qualifiés. Pour tous, le Mini Pavois reste une course essentielle du calendrier Mini, une préparation idéale et surtout la première confrontation de l’année entre « anciens » et « nouveaux », prototypes et séries.
 
Dès le 2 mai, l’équipe de GPO vous accueillera Ponton 14 au Port des Minimes de La Rochelle. Vous pourrez rencontrer les skippers, découvrir les bateaux et, pourquoi pas, naviguer à leurs côtés. N’hésitez pas à nous faire savoir à l’aide du coupon joint si vous souhaitez assister au départ et si vous avez besoin de renseignements pour l’hébergement, les horaires de train, mais aussi pour les interviews, photos, etc…
 
Agenda et ETA du Mini Pavois…
– Samedi 2 mai 2009 : Présence des bateaux au ponton 14        
– Mercredi 6 mai à 14h00 : Départ de la Rochelle                      
– Jeudi 7 mai dans la nuit : ETA à Gijon (Espagne)                                
– Lundi 11 mai à 15h00 : Re-départ de Gijon (Espagne)             
– Jeudi 14 mai pour les premiers : ETA à La Rochelle                                        
– Dimanche 17 mai à 15h00 : Remise des prix à la Société des Régates Rochelaises (SRR)    

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Les sudistes reviennent fort

Erwan Tabarly / Athema
DR

Après trois jours de course, les organismes s’acclimatent peu à peu aux conditions de vie en mer et à la solitude et pour certains, le bonheur est même dans le près. C’est le cas d’Erwan Tabarly qui qualifiait ce matin ses conditions de navigations de « près agréable »… du jamais vu de mémoire de figariste ! Il faut dire qu’après une journée de mardi passée dans un « shaker », les marins goûtent ce matin une légère accalmie du côté de l’état de la mer. Dans la nuit, le vent s’est progressivement orienté au Sud Ouest et les 15 à 20 nœuds qui soufflent actuellement au Nord Est de la péninsule ibérique offrent un léger répit aux concurrents de la Transat BPE. Mais qu’on ne s’y méprenne pas, l’heure n’est pas non plus au laisser-aller dans la douceur espagnole. Les environs de La Corogne sont en effet bien connus des marins pour être une zone de trafic maritime intense et les nombreux cargos et pêcheurs qui croisent n’incitent pas au repos. Les sens sont en alerte et le sommeil attendra pour beaucoup.

Au classement de 5 heures ce mercredi, si Gildas Morvan pointe toujours aux avant-postes, derrière certains comme Erwan Tabarly (Athema), Armel Tripon (Gedimat) et François Gabart (Espoir Région Bretagne) ont logiquement réduit l’écart et font partie des heureux de ce premier acte. Pour d’autres, à l’image d’Adrien Hardy (Agir Recouvrement) ou Isabelle Joschke (Synergie) l’addition de l’escapade occidentale pourrait être un peu salée. Isolé ce matin dans le Nord, Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) occupe toujours la deuxième position mais reste aussi le plus proche de la route directe. Les prochains classements pourraient livrer quelques nouvelles évolutions.
Mais quoi qu’il en soit, la messe est bien loin d’être dite sur cette Transat BPE édition 2009. Le cap Finisterre était un premier passage intermédiaire et il sacre le skipper de Cercle Vert, auteur d’un début de course d’une rare efficacité. Mais ses concurrents le savent bien, le prochain coup à jouer se profile déjà et ce sera pour la nuit prochaine avec la négociation annoncée d’un nouveau front. Amis stratèges, à vos fichiers…
 
Ils ont dit…
 
Gildas Morvan – (Cercle Vert) – 1er au classement de 5h
 
« Ca y est, on est arrivé sur le cap Finisterre. Il a fallu tirer des bords le long de l’Espagne. Il faut être vigilent car il y a beaucoup de trafic par là, donc on ne peut pas beaucoup dormir. Le manque de sommeil fait qu’on est moins lucide sur le vent et les choix. Il faut faire attention. Là je dors 20 minutes par ci, 20 minutes par là mais dès qu’on sera cap au large j’irai dormir plus longtemps donc ça ira. Demain arrivera le passage du front au large du cap Finisterre, on ira en bâbord chercher le Nord Ouest du bord.
Oui, je suis assez content de ce que j’ai fait pour le moment puisque je suis en tête ! Mais il y a encore du jeu pour la suite.
Hier la mer c’était l’enfer ! Ca cognait fort, mais là le vent a molli donc c’est beaucoup plus agréable. J’ai mangé un lyophilisé chaud hier soir, je mange tout ce qu’il faut, il faut juste que j’arrive à dormir maintenant. »
 
Erwan Tabarly – (Athema) – 3ème au classement de 5h
 
« Je viens de prendre le classement, c’est pas mal, je suis à 3 milles de Cercle Vert donc ça va. Je suis dans le coup, mais ce n’est pas fini. Le prochain coup à bien négocier ce sera pour ce soir ou demain matin, disons la prochaine nuit, avec un nouveau passage de front. Soit on ira au large, soit on restera près des côtes. On verra. Je ne reste jamais très longtemps sur la météo mais j’y vais souvent. Il y a pas mal de trafic, il y a des pêcheurs et beaucoup de bateaux donc il faut faire attention, mais bon je dormais quand même il y a une demi-heure et là je vais aller faire une petite sieste à nouveau. Je me suis fait un petit plat chaud tout à l’heure quand le vent a molli à l’approche de La Corogne. »

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