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Premier tiers de course et choix à faire

Jourdain Véolia
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C’est un peu tôt pour payer ses impôts, mais chaque solitaire a déjà mis son écot dans la tirelire de l’océan Indien : même le leader Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) a indiqué le week-end dernier, qu’il avait cumulé un gennaker à l’eau et un grand vrac… Tous ou presque sont passés par une figure libre qui coûte très cher en termes de temps, mais surtout au niveau physique et mental, et même certains comme Dee Caffari (Aviva) ou Vincent Riou (PRB) se sont légèrement blessés, la première au genou, le second au pied. La taxe de séjour dans les mers du Sud est plus ou moins lourde et il y en a encore pour trois semaines à ce rythme ! Mais à l’occasion d’un ralentissement passager consécutif au passage d’une dorsale anticyclonique, le tempo a légèrement changé car les tentatives successives d’appuyer sur l’accélérateur dès le départ des Sables d’Olonne (Peyron, Josse, Eliès, Dick, Desjoyeaux, Stamm…), n’ont pas toutes porté leurs fruits et ont surtout eu pour conséquence, un affaiblissement physique général et probablement passager.

Prendre l’ascendant dans la descente

En cherchant à prendre l’ascendant à différents stades de ce premier tiers du parcours, certains solitaires ont tiré sur la ficelle de la forme physique ! Or le moral est toujours plus sensible quand l’état de fatigue, le froid, le gris du ciel, l’humidité constante, la veille dans le cockpit et les difficiles déplacements sur le pont, deviennent une constante… Sans que le rythme ne soit fondamentalement ralenti, l’ambiance n’est plus à la prise de risque, à l’envie de faire le break, à la volonté de marquer son territoire. Priorité à la remise en forme tout en conservant des vitesses suffisantes pour ne pas se faire décrocher, ni trop inquiéter. Et surtout, il y a une donnée très importante à prendre en compte dès ce soir : le passage des Kerguelen ! Il faut rester très vigilant, donc très anticipateur pour affiner la trajectoire et ne pas se retrouver coincé dans le passage finalement assez étroit (230 milles) entre l’archipel austral et l’île Heard (marque de parcours à laisser à tribord).

Car dans ces contrées, ce ne sont pas les dévents des reliefs qui gênent (a contrario des Canaries ou du Cap Vert), mais le plateau continental qui déborde largement (150 milles au Nord des Kerguelen, 80 milles au Sud) et génère une mer très chaotique, anarchique, imprévisible. Or pour passer dans ce " couloir " peu recommandable, il va falloir descendre sous le 50° Sud… Ou alors, bifurquer la nuit prochaine pour contourner l’archipel par le Nord : un léger rallongement de la route (environ 50 milles), mais une solution plus " safe ", loin des risques de glace, moins pointue car plus ouverte en termes de choix stratégiques.

Dispersion ou regroupement ?

Or en ce mardi après-midi, à un peu plus de 800 milles de ces abords redoutables, le choix doit impérativement se faire avant demain mercredi matin… Au risque de se retrouver piégé, à enclencher des empannages dans la brise sur une mer démontée, à tirer un bord catastrophique dans une bascule trop prompte ou trop tardive, à descendre encore plus Sud que la latitude de l’île Heard (53°S) pour profiter d’une rotation de la brise. Toutes choses qui peuvent se transformer très rapidement en vrac par 5°C, en fatigue supplémentaire, en avarie ! Or en ce mardi après-midi, seul Yann Eliès (Generali) semble se maintenir sur une route Nord. Au sein du groupe de tête, Sébastien Josse (BT) replonge au Sud-Est pour aller contrôler le leader, Jean-Pierre Dick et Roland Jourdain (Veolia Environnement), le plus au Sud.

Les dix premiers sont modérément rapides dans un flux de secteur Nord-Ouest entre 15 et 20 nœuds, alors que leurs quatre poursuivants ont remis du charbon grâce à un front générant du Sud-Ouest 20-25 nœuds : Marc Guillemot (Safran), Dominique Wavre (Temenos II), Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) et Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) ont tout intérêt à pousser leur machine pour profiter de cette situation très éphémère. Le gain ne devrait pas dépasser une cinquantaine de milles d’ici le milieu de la semaine, mais c’est toujours bon à prendre quand les " chassés " ont un petit coup de mou, mou de vent, de forme, voire de mental… Ce premier tiers du parcours laisse donc prévoir une suite tout aussi exaltante !

Classement du mardi 9 décembre à 16h00 :
1- Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 16 300,9 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 30,7 milles du leader
3- Sébastien Josse (BT) à 31,3 milles
4- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 50,4 milles
5- Mike Golding (Ecover 3) à 75,9 milles

Sélection internationale :
12- Dominique Wavre (Temenos II) à 308,9 milles
13- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 548,7 milles
14- Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) à 588,3 milles
15- Samantha Davies (Roxy) à 597,8 milles
16- Dee Caffari (Aviva) à 758 milles

Francis Joyon et Lionel Lemonchois Champions des Records 2008

Gitana13routedelor
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 Records en solitaire :  Francis Joyon maître du monde
 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes pour faire le tour de la planète par les trois caps en solitaire… Francis Joyon a mis tout le monde d’accord cet hiver avec son exploit achevé le 20 janvier dernier à Brest. Il améliore de plus de deux semaines complètes le chrono d’Ellen MacArthur ! Un exploit immense, sans précédent, le maxi trimaran IDEC s’offrant même le luxe d’exploser tous les temps de passage intermédiaires absolus et d’aller quasiment aussi vite qu’un maxi en équipage, ne rendant par exemple que… 59 minutes à Orange II sur la traversée de l’Indien ! Francis Joyon a également marqué des points tout récemment, en novembre 2008, en ramenant sous les 10 jours le record de la Route de la Découverte entre Cadix et San Salvador (Bahamas), établi finalement à 9 jours, 20 heures et 35 minutes, malgré une originale route Nord, très coûteuse en milles parcourus sur l’eau et en manœuvres pour sauter d’un système météo à l’autre. Mais c’est bien son exploit planétaire qui lui offre logiquement le titre de Champion du Monde des Records 2008.

 Le challenger : Thomas Coville.
 Sur ce terrain des records en solitaire, Francis Joyon n’a pour l’instant (outre le chrono évidemment !) qu’un seul adversaire à sa mesure : Thomas Coville. Avec son maxi-trimaran Sodeb’O, un peu plus long mais très comparable à IDEC, Thomas a échoué sur casse de flotteur dans sa tentative autour du monde l’hiver dernier… mais il a tout de même amélioré deux fois le record des 24 heures (628,5 milles en attente d’homologation…) qu’il détient donc, ainsi que celui de l’Atlantique Nord, « descendu » à 5 jours 19 heures 30 minutes et 40 secondes. En outre, il n’a échappé à personne que Thomas Coville est précisément en train d’essayer d’améliorer le record du tour du monde en ce moment même… De son côté, Francis Joyon fourbit ses armes pour tenter de reprendre les Record sur l’Atlantique Nord et les 24 heures dès le printemps prochain. Le duel entre ces deux marins est titanesque !

 Records en équipage : la belle campagne de Lionel Lemonchois
Il ne s’est certes pas attaqué au Trophée Jules Verne – ce n’était pas le programme du bateau – n’empêche que Lionel Lemonchois, déjà recordman de la Route du Rhum, a signé une superbe campagne de records en équipage à bord du maxi catamaran Gitana 13. Une grande aventure faite de routes historiques à travers l’Atlantique et le Pacifique, qui l’a vu remettre au goût du jour des chronos mythiques comme la « Route de l’Or » et la « Route du Thé ». Avec des navigations parfois épiques, comme entre New York et San Francisco par le cap Horn quand il a fallu se mettre plusieurs jours à l’abri des énormes tempêtes du Sud, l’équipage de Gitana 13 a réussi une année comme dans les récits maritimes, chargée d’histoire et emprunte d’émotions en tous genres. A noter que Gitana 13 a battu la bagatelle de sept temps de référence en 2008, dont 4 comptant pour le Championnat du Monde des Records…. Chapeau, les artistes !

 Gare aux trimarans géants Groupama et Banque Populaire en 2009
Comme sur le tour du monde solitaire, il y eut cette année une tentative en équipage à l’assaut du Trophée Jules Verne. Le Groupama 3 de Franck Cammas a tenté l’aventure des célèbres 50 jours de l’Orange II de Bruno Peyron, avec le destin que l’on sait : abandon sur casse et chavirage au large de la Nouvelle-Zélande. Mais l’année 2009 va être extraordinaire, avec le duel annoncé entre le grand trimaran vert – heureusement récupéré et réparé – et l’énorme Banque Populaire V de Pascal Bidégorry, le plus grand multicoque océanique du monde (40 mètres), baptisé cet automne à Nantes et qui va commencer doucement sa campagne de records en 2009. Dans un an, l’hiver prochain, les deux monstres se livreront un duel sans pitié autour de la planète et ce sera forcément passionnant !
 Pourraient-ils être rejoints par d’autres équipages ? C’est tout sauf impossible : on ne sait pas par exemple quelle vocation exacte ont les deux « sisterships » (du moins annoncés comme tels) du Sodeb’O de Thomas Coville en construction chez Boatspeed et commandés par le Sultanat d’Oman. Solitaire ? Equipage ? Atlantique ? Monde ? Autre ? Le mystère demeure pour l’instant…

Une seule chose est sûre, l’année 2009 verra au minimum deux grands duels : celui – en solitaire – de Francis Joyon et Thomas Coville, qui jouent en permanence à se reprendre les temps de références les plus mythiques ; d’autre part celui, non moins épique, qui s’annonce en équipages entre les deux petits Mozart de la voile que sont Pascal Bidégorry et Franck Cammas.

 L’année 2009 s’annonce chaude sur le front des Grands Records, très chaude… même dans le Grand Sud !

Les  Records océaniques établis en 2008 :

Les Records  2008 en solitaire
 . Francis Joyon – trimaran IDEC
 – Tour du monde en solitaire : Janvier 2008 – 57 jours, 13 heures, 34 minutes, 6 secondes
 – Route de la Découverte Cadix/San Salvador – Novembre 2008 – 9 jours, 20 heures, 35 minutes

 . Thomas Coville – trimaran Sodeb’O
 – Record des 24 heures : 616,03 milles. (record amélioré à 628,5 milles en décembre 2008)
 – Record de l’Atlantique Nord : 5 jours 19 heures 30 minutes 40 secondes – juillet 2008

 . Michel Kleinjans (Bel)– Roaring Forty (40’)
 – Record de la Mediterranée : Marseille/Carthage : 1 jour 21 heures 24 minutes


Les Records  2008 en équipage
 . Lionel Lemonchois/ Gitana 13 :
 – Route de l’Or : New York – San Francisco (via le cap Horn) : Février 2008 – 43 jours, 00 heures, 38 minutes.
 – Pacifique Nord (Est-Ouest) San Francisco – Yokohama : Avril  2008 – 11 jours, 00 heures, 12 minutes, 55 secondes
 – Route du Thé / Hong Kong Londres : Septembre 2008 – 41 jours, 21 heures, 26 mn, 34 sec

 . Andreas Anderson/ HiQII 13
 – Tour de l’île de Gotland (Suède) – Juin 2008 : 39 heures, 25 minutes, 43 secondes

Jean-Pierre Dick se maintient en tête du Globe

Virbac paprec jp dick
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Il y a deux manières de considérer une course par élimination. La première, la plus insidieuse, consiste à observer petit à petit les candidats à la victoire finale se laisser distancer à la faveur d’une option mal négociée, d’une baisse de rythme, de soucis techniques mineurs. La seconde, nettement plus brutale, relève de la casse qui, au mieux vous laisse sur le flanc pendant quelques jours, au pire vous contraint à l’abandon. Après quatre semaines de course, force est de constater que l’écrémage continue. A la lecture des classements, il apparait que pour la majorité des concurrents, un écart de plus de cent milles sur la tête de course constitue une sorte de point de non-retour. Le rythme de la course est si dense, que faire l’effort de revenir dans le match se paye de plus en plus difficilement. Insensiblement, certaines têtes de série ont perdu pied avec la tête de course : on a ainsi vu à la défaveur d’une option mal négociée ou d’une baisse de régime, certains favoris décrocher tels Dee Caffari (Aviva), Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) ou bien encore Marc Guillemot (Safran). Dans le groupe des dix, Armel Le Cléac’h (Brit Air) ne semble plus donner la même assurance tranquille depuis qu’il est entré dans les mers du sud : le baptême du feu peut-être… Quant à Jean Le Cam (VM Matériaux) ou Vincent Riou (PRB), les deux navigateurs ne semblent pas tout à fait dans le même tempo que leurs prédécesseurs. Gestion personnelle d’un rythme de navigation ou pause contrainte, les prochaines heures devraient amener des éléments de réponse. Derrière, les écarts continuent de se creuser : Dominique Wavre (Temenos 2) ou bien encore Brian Thompson, décalés d’un système météo ne bénéficient plus des mêmes régimes de vent. Le plus pénalisé par cette distorsion est sans aucun doute Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) qui voit tous ses efforts pour revenir sur la tête de flotte freinés, tout au moins provisoirement.

Vérité d’aujourd’hui, mensonge de demain ?
A bord de Foncia, Michel Desjoyeaux ne semble pas s’émouvoir de ces considérations. Comme un métronome, le navigateur de Port-la-Forêt, continue de mener la cadence sur un rythme constamment plus élevé que les autres. Et bien évidemment, la question que tout le monde se pose est de savoir qui aura, au final, raison. Le Cap Horn sera bien évidemment un premier juge de paix, mais il ne faut pas oublier que la remontée de l’Atlantique Sud est longue et particulièrement éprouvante pour les bateaux et les hommes. Il reste alors encore un tiers de la course à parcourir et les précédentes éditions ont montré que c’est bien souvent là que surviennent de nombreuses avaries qui handicapent parfois gravement la marche du bateau. Des deux côtés, on joue un jeu dangereux : ceux qui lèvent le pied en invoquant la mémoire du matériel ne voient certainement pas d’un très bon œil la cavalcade de certains et prennent le risque de laisser s’échapper définitivement des adversaires. Mais les autres, qui impriment un tempo d’enfer, doivent aussi se souvenir qu’à force de monter vers le soleil, Icare avait fini par se brûler les ailes.

Classement à 5h00 :

1- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 16732,9 milles de l’arrivée

2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 43,7 milles du premier

3- Sébastien Josse (BT) à 47,7 milles du premier

4- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 62,8 milles du premier

5- Mike Golding (Ecover) à 68,3 milles du premier

Sodeb’O : 628,5 milles en 24 heures !

Sodebo
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Le trimaran Sodeb’O progresse vent de travers dans un flux de Nord-Nord Ouest entre 22 et 26 nœuds, avec 4 mètres de creux. Il vient de battre son précédent record, établi le 6 janvier dernier dans la même zone. Il avait alors parcouru 619 milles à 25,80 nœuds. Le vent forcit. Le record va donc continuer d’augmenter dans les prochaines heures.
Ce nouveau record reste bien évidemment en attente d’homologation de la part du WSSRC.
Sodeb’0 accuse cependant ce lundi matin près de 1200 milles de retard sur le tableaux de marche qu’avait imprimé Francis Joyon l’hiver dernier sur le record du tour du monde en solitaire.

Avantage… devant !

Paprec-Virbac 2
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Pas le temps de se reposer sur ses lauriers, au contraire ! C’est lors de ces phases de transition entre le passage des perturbations de l’Océan Indien que les leaders peuvent faire le break en profitant encore d’un flux soutenu d’Ouest pendant que les chasseurs doivent prendre leur mal en patience dans un régime anticyclonique nettement plus mou. Et en ce lundi après-midi, les vitesses sur l’eau indiquent bien que le différentiel est conséquent (près de 30% !) entre la tête de flotte à plus de quinze nœuds et le ” ventre mou ” du peloton à une dizaine de nœuds… Et la situation est pire pour les trois derniers, Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch), Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada), à sept ou huit nœuds !

Cent fois sur le métier…

Cette ” pause météorologique ” est paradoxalement un moment capital pour les solitaires selon leur position sur l’eau : il est toujours plus aisé de prendre un ris que de le renvoyer, de rouler le gennaker que de hisser le spinnaker ! Or c’est bien cette réactivité qui fait toute la différence : garder du jus quand on a passé un week-end à se faire rincer en permanence à plus de dix-huit nœuds de moyenne, mais sous voilure réduite, pour passer à une configuration plus pointue sous grand voile haute et plus de 450 m2 de spinnaker, n’est pas facile… Surtout quand il reste encore des grains et de mauvais cumulonimbus qui traînent encore à l’horizon. C’est le moment pour les leaders de s’échapper pour ne plus être dans le même système météo que leurs poursuivants.

Savoir aussi trouver sa voie en approche de l’archipel des Kerguelen, réputé pour provoquer bien des chaos sur une mer déjà bien ondulée : l’air de rien, ces îles australes prennent de la place sur l’échiquier et vont au fil des deux jours à venir, limiter les possibilités tactiques. Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) et Roland Jourdain (Veolia Environnement) emmènent un pack au Sud du 48° Sud mais doivent faire plus attention à la présence de glaces dérivantes sur le 53° Sud, avant l’île Heard. Sébastien Josse (BT), pourchassé par Yann Eliès (Generali), préfère ne pas se poser cette question et reste calé sur le 46° Sud, soit à plus de cent milles sur la même longitude. Dans l’immédiat, cela ne porte pas à conséquence puisque tout le groupe de tête naviguent dans des brises similaires, mais cela pourrait bien changer la donne quand les hautes pressions vont progressivement s’installer dès la nuit prochaine…

Les gains d’Espérance

Le passage à la longitude du cap de Bonne Espérance, ce week-end et ce lundi, établit une nouvelle hiérarchie et surtout donne une idée plus précise des écarts en temps entre la tête de la flotte et les chasseurs. Surtout, il en ressort que Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) a été le plus rapide avec 12j 04h 50′ pour rallier la pointe africaine après l’équateur, soit beaucoup mieux que Vincent Riou en 2004 (13j 14h 05′). Et seul Michel Desjoyeaux (Foncia) descend aussi sous ce temps de référence avec 13j 08h 53′ ! L’anticyclone de Sainte-Hélène a fait des dégâts…

Autre information donnée par ce passage à la longitude du cap de Bonne Espérance : Bernard Stamm est le solitaire qui a gagné le plus de temps depuis son passage de l’équateur (2j05h40′), alors que Michel Desjoyeaux grappille 1j01h47′, Marc Guillemot (Safran) 8h31′ et Jean Le Cam (VM Matériaux) 4h57′. Quant aux pertes, ce sont les Britanniques Samantha Davies (Roxy) et Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) qui ont été le plus pénalisés par ce contournement anticyclonique de l’Atlantique Sud : la jeune navigatrice cumule un débours de 16h57′ alors que l’Anglais encaisse 14h30′ ! Prochain ” pointage ” déterminant : la longitude du cap Leeuwin que le vainqueur de l’édition 2004 avait franchi après 36 jours 11 heures 48 minutes…

Voix du large…

Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) 1er : « Mon option Sud s’est révélée payante. J’ai pu faire route directe quand tout le monde a dû empanner. Il ne faut pas oublier que l’Océan Indien est sauvage. Ici, on est toléré mais pas vraiment souhaité »

Loic Peyron (Gitana Eighty) 3ème à 52,9 milles du leader : « On est bien au frais. Ça roule pas mal, une petite transition intéressante dans la journée, qui permet de se reposer. Petit à petit, je trouve mon rythme. Avec Gitana Eighty, j’avais rarement fait du portant dans la brise. Peu à peu j’apprends »

Sebastien Josse (BT) 4ème à 57,3 milles : « La nuit m’a bien secoué les puces. La mer a été impressionnante avec 30-35 nœuds de vent moyen. C’est la fin de la dépression : ça va favoriser ceux qui sont devant, mais il y en a une autre qui arrive et personne ne va prendre 300 milles en une journée »

Arnaud Boissière (Akena Vérandas) 17ème à 832 milles : « J’ai fêté mon passage (du cap de Bonne Espérance) avec des rillettes et du pain grillé. Je ne suis pas encore totalement à l’aise, et naviguer dans cette zone est une vraie découverte. Les mers du Sud sont plutôt réjouissantes »

Michel Desjoyeaux (Foncia) 6ème à 88,5 milles : « Tant que ça ne casse pas, je continue. Le matériel, il est fait pour ça. On a des chances de casser quand on fait des pirouettes, or je n’en fais pas. Ça me paraît raisonnable pour le moment… »

Marc Guillemot (Safran) 11ème à 329,1 milles : « J’essaye de fonctionner en prenant soin de mon bateau. Il doit être toilé correctement. J’ai des vitesses de vent intéressantes. Je garde ma façon de naviguer intelligemment et j’évite de prendre des risques inutiles. »

Classement du lundi 8 décembre à 16h00 : 
1- Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 16576 milles de l´arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 35 milles du leader
3- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 52,9 milles
4- Sébastien Josse (BT) à 57,3 milles
5- Mike Golding (Ecover 3) à 73,9 milles

séléction internationale : 
12- Dominique Wavre (Temenos II) à 404,1 milles
13- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 637,6 milles
14- Samantha Davies (Roxy) à 678,4 milles
15- Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) à 717,4 milles
16- Dee Caffari (Aviva) à 825,7 milles

La Semaine de Porquerolles ouvrira la saison en Méditerranée

Semaine Porquerolles 2008
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L’organisation de ce qu’il convient d’appeler l’incontournable rendez vous du nautisme Méditerranéen, invite de nouveau régatiers amateurs ou éclairés à ce subtil mélange de compétition de haut niveau et de convivialité maritime, sur fond d’îles aux charmes envoûtants, et sur cet exceptionnel plan d’eau Hyérois. En 11 années d’existence, la Semaine de Porquerolles n’a cessé de se structurer et figure désormais parmi les rendez-vous les plus prisés du début de saison en Méditerranée.

Le secret de cette réussite est basé sur un concept simple : allier une régate de haut niveau dans un cadre unique, la baie d’Hyères, à une ambiance chaleureuse et festive sur une île de rêve. “La Semaine” s’est rapidement imposée comme lieu d’affrontement privilégié des meilleurs équipages méditerranéens, mais fait également recette auprès de coureurs internationaux habitués des plans d’eau de l’America’s Cup ou des séries olympiques, sans oublier les “Figaristes” et autres coureurs au large qui prennent un indicible plaisir à venir exercer leur sens marin et leur talent de régatier face à des conditions de course réputées pour leur technicité.

La semaine de Porquerolles est également un lieu de prédilection pour les premières sorties en compétition de nouvelles unités des grands chantiers européens. Unanimement appréciées des régatiers pour leur pédagogie à terre comme sur mer, les équipes de la Présidente du Comité de course Nathalie Pébérel officieront cette année encore sur le plan d’eau Varois.

Les 60 participants attendus régateront quatre jours durant sous l’égide des règles IRC, et seront ainsi répartis en 4 classes uniformes.

La jauge IRC :

L’IRC, pour “International Rule Club”, est une jauge qui s’applique aux voiliers habitables de course ou de croisière. Elle a remplacé en 1999 le CHS, pour Channel Handicap System. Elle est conçue pour donner satisfaction et équité sportive au plus grand nombre de monocoques de croisière ou de course

La jauge IRC permet de faire courir côte à côte des bateaux de tailles et de conceptions différentes, auxquels sont attribués des handicaps ou “rating”. Le rating est calculé par l’autorité de rating en fonction des informations fournies par le propriétaire du bateau, et d’après une formule tenue secrète. Il permet de convertir le temps réel (temps écoulé entre le départ et l’arrivée) en temps compensé (qui tient compte du Handicap). Une fois le rating attribué, le calcul est assez simple car il n’y a qu’un seul coefficient correcteur.

Avec 5500 certificats dans le monde dont un millier en France, l’IRC est omniprésente en Angleterre et en Irlande, nos proches voisins maritimes.

Les épreuves majeures de la côte atlantique (Spi Ouest, Obélix Trophy à Benodet, semaine de La Rochelle, Grand Prix du Crouesty, Atlantique Télégramme à Lorient) sont en IRC.

Les Courses du RORC (Cervantès, Fastnet, Cowes-Dinard, etc…), la semaine de Cowes, la semaine de Cork sont également en IRC.

Programme 2009

Mercredi 20 mai 2009

10h00 à 18h00 Confirmation des inscriptions à Porquerolles (clôture définitive à 18h).

En soirée: Cérémonie d´ouverture officielle

Jeudi 21 mai 2009

11h00 Mise à disposition en mer

En soirée: Cocktail des sponsors

Vendredi 22 mai 2009

11h00 Mise à disposition en mer

En soirée: Apéritif*

Samedi 23 mai 2009

11h00 Mise à disposition en mer

En soirée: Repas des Vignerons*

Dimanche 24 mai 2009

11h00 Mise à disposition en mer

Remise des prix après les courses du jour

FRANCIS JOYON ELU MARIN DE L´ANNEE 2008

Victoire de Francis Joyon
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Les records établis en 2008 par Francis Joyon
– Record du tour du monde absolu en solitaire, en 57 jours 13 heures 34 minutes et 6 secondes
– Record des 24 heures en solitaire : 616,07 milles parcourus (amélioré depuis par Thomas Coville)
– Record sur la Route de la Découverte en 9 jours, 20 heures, 35 minutes et 3 secondes.
 
Cinq autres marins nominés étaient en lice pour le titre de Marin de l’Année :
– Antoine Albeau : Champion du monde de Slalom : Record du monde de vitesse à la voile (49,09 nœuds)
– Julien Bontemps : Médaillé d’Argent aux Jeux Olympiques de Pékin en Planche à Voile (RS :X)
– Nicolas Charbonnier et Olivier Bausset : Médaillés de bronze aux Jeux Olympiques de Pékin en Dériveur Double Masculin (470)
– Guillaume Florent : Médaillé de Bronze aux Jeux Olympiques de Pékin en dériveur solitaire masculin (Finn)
– Sarah Steyaert : Championne du monde de Laser

Rappel des Marins de l’année depuis 2007 :
– 2007 : Michel Desjoyeaux : Vainqueur de la Transat Jacques Vabre et de la Solitaire du Figaro à bord de Foncia.
– 2006 : Lionel Lemonchois : Vainqueur de la Route du Rhum La Banque Postale
– 2005 : Vincent Riou : Vainqueur du Vendée Globe en 87 jours, 10 heures, 47 minutes et 55 secondes.
– 2004 : Faustine Merret : Championne olympique de Mistral à Athènes
– 2003 : Xavier Rohart et Pascal Rambeau : Champions du monde de Star (premier titre en Star pour la voile française)
– 2002 : Olivier Backes et Laurent Voiron : Vice champions du monde et champions d’Europe en Tornado
– 2001 : Michel Desjoyeaux : Vainqueur du Vendée Globe en 93 jours, 3 heures et 57 minutes

Jean-Pierre Dick prend les commande et repique au sud

Paprec-Virbac 2
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Deuxième porte
Trois concurrents ont passé cette nuit la deuxième porte de sécurité glaces (BT, Paprec-Virbac et Generali). Comme le pressentaient hier Loïck Peyron ou encore Dominique Wavre, l’option sud entre le cap de Bonne Espérance et cette deuxième porte dite des Kerguelen, a été la meilleure, ses partisans profitant d’un angle de vent plus favorable à la vitesse.

Jean-Pierre Dick, premier de la meute à plonger hier dans les basses latitudes, a donc été récompensé : il a grignoté 21 milles cette nuit et pris les commande devant BT. Ce matin, Dick persiste et signe : à peine respecté le deuxième segment de sécurité, son plan Farr fait à nouveau cap au sud. Autres lauréats de la nuit : Mike Golding (Ecover) qui a gagné trois places et se voit propulsé au 4e rang, sa meilleure position depuis le départ du Vendée Globe ; mais aussi Roland Jourdain (Veolia Environnement) qui fait une incursion sur le podium après avoir " mangé " les nordistes Eliès et Peyron. Le skipper de Generali est ce matin le plus haut sur la cartographie, il naviguait en effet à 150 milles au nord de Dick.

Foncia plus rapide sur une heure
Quant aux vitesses de progression, elles restent relativement stables : entre 15 et 18 nœuds pour les leaders. Ce matin, Jean Le Cam (VM Matériaux) et Michel Desjoyeaux (Foncia) étaient les plus rapides, crédités respectivement de 17,8 et 18,5 nœuds de moyenne sur une heure. Mich’ Desj’ a remis du charbon aux premières lueurs du jour – par 45 sud, la nuit commence à s’estomper vers 2 heures du matin- et vise désormais Vincent Riou (PRB).

Cette 28e journée devrait perdurer sur ce rythme avec encore beaucoup de jeu dans les options et quelques empannages à la clé pour ceux qui souhaiteraient gagner dans le sud.

Dick devant, Basurko s’en va

Paprec-Virbac 2
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Ce n’est pas la première apparition de Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) en tête du classement depuis le départ. Mais celle-ci, au 28e jour de course et à l’entrée de l’Océan Indien, doit avoir encore plus de saveur pour le skipper niçois que les deux premières deux jours après le coup de canon. Elle confirme que le gentleman skipper – comme le surnomme Loïck Peyron – a définitivement gagné ses galons de course au large. Marin professionnel depuis seulement six ans, Jean-Pierre Dick a remisé son costume de vétérinaire/chef d’entreprise et taillé depuis sa place au milieu des vieux loups de mer. Aujourd’hui, dans le Vendée Globe le plus disputé de l’histoire, il rivalise avec les meilleurs marins de course au large. Son option sud de vendredi a porté ses fruits. Idem pour Mike Golding (Ecover), remonté en 24h de la 8e à la 5e place, grâce à son décalage sud.

Desjoyeaux, l’incroyable retour
Roland Jourdain (Veolia Environnement), en troisième position, mène le groupe du milieu à vive allure. Au pointage de 16h, Jourdain était flashé à 20,4 nœuds de moyenne sur une heure ! Dans ce groupe compact, Michel Desjoyeaux (Foncia) poursuit son incroyable retour. Mich’ Desj’ a doublé aujourd’hui Vincent Riou (PRB) et Yann Eliès (Generali) et pointe désormais en 7e place… Plus rien ne semble l’arrêter ! Tout ce petit monde a franchi ce dimanche la deuxième porte des glaces, dans l’ouest des îles du Prince Edward. La prochaine marque de parcours s’appelle l’île Heard, au sud des Kerguelen à 1700 milles devant leurs étraves (environ 4-5 jours de mer), et qu’ils devront laisser à tribord.

Abandon d’Unai Basurko
Victime jeudi matin d’une avarie de boîtier de safran tribord (fixation entre le safran et le bateau), le Basque Unai Basurko (Pakea Bizkaia) a annoncé dimanche à 13h34 sa décision d’abandonner le Vendée Globe. Il n’est pas en mesure de réparer lui-même l’avarie. Le skipper espagnol a fait demi-tour sans préciser sa nouvelle destination. C’est le sixième abandon de ce Vendée Globe après Pavant, Bestaven, Thiercelin, Thomson et Beyou.

Les 5 premiers au pointage de 16h00
1- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 16947 milles de l’arrivée
2- Sébastien Josse (BT) à 25,2 milles du premier
3- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 38,3 milles
4- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 50,8 milles
5- Mike Golding (Ecover) à 56,5 milles

Sebastien Josse retrouve la première place

Sebastien Josse - BT
DR

Ce n’est "que" le 21e changement de leader en moins de 27 jours de course ! Du jamais vu ! Inimaginable sur n’importe quelle course au large, et notamment sur les précédents Vendée Globe. Mais le plateau exceptionnel au départ répond aux attentes suscitées. Et la météo instable déroule un scénario hitchcockien où le suspense jette chaque jour un coup de projecteur sur le talent de ces marins. Semaine après semaine, jour après jour, minute après minute, sans la moindre relâche, les solitaires du Vendée Globe doivent remettre sur le métier leur ouvrage. Une tension permanente exacerbée par le bruit infernal des chocs avec les vagues et l’angoisse d’une casse rédhibitoire. La moindre erreur est sanctionnée sur le champ. Un pilote qui décroche, une voile qui tombe à l’eau, et voilà une dizaine de nautiques qui s’envolent. Plus facile de perdre des milles que d’en gagner. Michel Desjoyeaux (Foncia) en sait quelque chose, lui qui bataille depuis trois semaines pour revenir sur le groupe de tête à cause d’un fichu capuchon de ballast. 10e à seulement 118 milles du leader – et à seulement 16 milles de Mike Golding (Ecover) – Mich’ Desj’ a réalisé un incroyable retour en tête que peu de monde imaginait possible. Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), 15e, peut lui aussi garder espoir. En 24h, il a encore repris plus de 100 milles sur les premiers (558 milles de retard ce matin).

L’éternelle valse des positions
Les classements se suivent et se ressemblent dans leur inconstance. Par rapport à vendredi soir, Roland Jourdain (Veolia Environnement) a repris trois places (8e à 5e). Sébastien Josse, 1er, Yann Eliès (Generali), 2e, Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), 4e, et Jean Le Cam (VM Matériaux), 8e, remontent d’une place quand Vincent Riou (PRB), 7e en perd une. Loïck Peyron désormais 3e, Armel Le Cléac’h (Brit Air), 6e, et Mike Golding (Ecover), 9e en perdent deux. Ces classements en perpétuel mouvement prouvent à quel point la lutte est intense. En revenant vers le groupe du milieu, Loïck Peyron cède donc le leadership et laisse Armel Le Cléac’h se démarquer seul au nord de la flotte. Les traces des sillages, leurs angles entre eux et les différentes vitesses laissent à penser que les configurations de voiles, synonymes de la cylindrée du moment, varient d’un bateau à l’autre. Avec un incroyable 19,8 nœuds de moyenne sur la dernière heure, Sébastien Josse déboule juste 4 à 5 nœuds plus vite que ses trois premiers poursuivants ! Dans un environnement aussi hostile que les mers du sud, certains n’hésitent pas à passer la cinquième…

Classement à 5h00 :
1- Sébastien Josse (BT) à 17493 milles de l’arrivée
2- Yann Eliès (Generali) à 30,8 milles
3- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 47,8 milles
4- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 57,1 milles
5- Roland Joudain (Veolia Environnement) à 68,4 milles

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