A nouveau leader ce matin et en pleine bataille avec SVR-Lazartigue, Sébastien Josse sur Banque Populaire XI revient sur cette bataille. ” Entre 15 et 17 nds, au portant on avait un bon réglage et on était à l’attaque ! L’adrénaline nous tient à ces vitesses. Il fut rester bien concentré jusqu’à l’arrivée. C’est loin d’être fini.”
Il y a du sport, de l’intensité ! On est vraiment dessus depuis l’île de l’Ascension. Un duel comme cela, il n’y en a pas tant que cela. On est à la barre et on se relaie. On est entre 35-40 nds de moyenne. Ce n’est pas de tout repos. Il faut être vigilant.
En peine pour suivre SVR Lazartigue au près dans le medium et sans doute piqué au vif de l’avoir vu enrouler en tête l’île d’Ascension hier, Banque Populaire XI a charbonné toute la nuit. Les deux leaders sont repartis au portant après leur dernière marque de parcours en navigant à plus de 35 noeuds de moyenne de longues heures ! Et ce matin, Banque Populaire XI a repris la tête et contrôle désormais son concurrent par dessous. « On avait déjà trouvé le bon réglage sur la descente de l’Atlantique au portant et là ça va bien confirmait Sébastien Josse ce matin à la vacation. L’adrénaline nous maintient après ces douze jours de course, ce n’est pas tous les matins que tu vis un duel comme celui-là !»
Le vent va se renforcer sur l’avant de la flotte des ULTIM aujourd’hui, alors qu’à 600 milles derrière, Sodebo Ultim 3 et Actual Ultim 3 qui vient d’enrouler Ascension, se retrouvent dans une autre course. Toujours à l’affût à 140 milles des leaders, Maxi Edmond de Rothschild peut encore espérer recoller, notamment si les deux échappés ne maintiennent pas leur machine à 100%.
Les 2500 milles qui restent à courir ne vont d’ailleurs pas être de tout repos avec beaucoup de manoeuvres le long de la zone d’exclusion brésilienne et l’entrée dans l’alizé de l’hémishère Nord au programme demain : « Quand je vois le nombre d’empannages qu’il nous reste le long du Brésil, la ligne droite n’est pas pour tout de suite. Ça peut se jouer sur chaque manoeuvre, chaque petit grain » confiait le co-équipier d’Armel Le Cléac’h déterminé à ne rien lâcher. ETA toujours le 12 novembre pour ce match dont l’issue peut se jouer jusqu’en baie de Fort de France…
Toujours en tête, Jérémie Beyou et Frank Cammas sur Charal sont là où ils voulaient être avec un bateau un peu abimé par les conditions difficiles de ces premières heures de course.
Jérémie et Franck sont à fond dans ce début de course intense où ils bataillent dur en tête de flotte. Après le passage d’un front en sortie de Manche, l’heure est maintenant à la stratégie pour choisir la meilleure route vers les Antilles. Leur positionnement le plus à l’ouest semble le plus pertinent pour passer la dorsale en fin de journée et cette nuit.
Thomas Ruyant regarde la météo. Cela fait du bien d’avoir un bateau qui ne siffle plus !
48 heures après leur départ, les IMOCA entrevoient le bout du tunnel infernal.On ne se rend pas compte à terre mais depuis mardi matin, les duos IMOCA de la Transat Jacques Vabre ont été vraiment malmenés par le vent fort – très fort à certains moments soufflant en rafales 35-45 nds, mais aussi par la mer formée, résidu des tempêtes successives.
À bord de leurs foilers surpuissants, les marins ont été chahutés, un peu comme dans un shaker. Hier, à deux reprises via des écrits ou encore en vidéo, Max et Chris, V and B – Monbana – Mayenne, se réjouissaient de pouvoir s’assoir ! Le skipper en chef cancalais indiquait d’ailleurs en toute franchise avoir eu du mal à entrer dans la compétition physiquement ne dormant pas, s’alimentant avec difficulté. Le passage du mode terrien à marin est brutal, c’est peu dire.
Ce matin, malgré quelques soucis techniques qui entachent la performance mais solutionnables à moyen terme, le Dragon des Océans pointe en dixième position au classement général provisoire. Le vent va se faire peu à peu moins fort après le passage du cap Finisterre. La tension dans les écoutes sera également moins électrique et le voilier rouge, blanc et noir sera plus plat au vent de travers, de quoi faire une inspection technique et surtout se reposer, reprendre peu à peu une routine en mer, s’amariner définitivement. Cela sera aussi le moment de faire des choix de route et réfléchir à comment traverser l’anticyclone qui barre la route de la flotte en direction de la marque obligatoire açorienne à laisser à tribord. Cap au Sud ou à l’Ouest au contact, toujours au contact tant le jeu transatlantique est serré…
Yoann Richomme à bord d’Arkéa Pparec : «On oublie que les conditions de mer sont épouvantables et c’est vraiment délicat pour les bateaux. C’est plus raisonnable de faire cap au sud». Fidèle à lui-même, Yoann Richomme revient avec clarté et honnêteté sur cette 2e journée en mer, au cœur du golfe de Gascogne. Les conditions toniques, la mer croisée et les vitesses moyennes, à plus de 20 nœuds, ont particulièrement éprouvé les hommes et les machines. Yoann et Yann ont tenu bon et ils ont fait un peu mieux que ça. Cette Transat Jacques Vabre, débutée sur le tard (après une semaine à laisser passer deux tempêtes) n’offre aucun répit. Les IMOCA semblent lancés dans une course contre-la-montre effrénée sans temps mort comme si le marathon attendu devenait un sprint interminable. Hier soir, Yoann Richomme reconnaissait que cette 2e journée à bord a une nouvelle fois « été très intense ».
« Mercredi matin, on a dû passer le front comme prévu. Le vent a tourné très rapidement, on a dû faire une grosse manœuvre. Après, ça a bombardé toute la journée ». La vitesse – plus de 23 nœuds de moyenne au cœur de la journée – et l’état de la mer obligeaient donc à redoubler d’attention. « C’était assez violent. Parfois, on essayait de calmer le bateau pour éviter le risque de casser ». Plusieurs autres skippers se sont fait surprendre et ont dû faire face à des avaries. Entre des voies d’eau, des voiles déchirées, des dégâts structurels, on compte un abandon (Stand as One) et six retours au port (Be Water Positive, Lazare, MACSF, Groupe APICIL, Biotherm, Oliver Heer Ocean Racing). « C’est vrai qu’on pouvait facilement faire des bêtises, reconnaît Yoann. Même en faisant tout avec minutie et sérieux, ça tapait très fort, à la limite de l’insoutenable ». Une nouvelle fois, il fallait faire preuve de patience et d’un sacré sens du dévouement pour tenir et résister sans réduire l’allure. Yoann et Yann s’y sont employés, enchaînant les quarts sans broncher. Par ailleurs, les regards étaient rivés sur les fichiers météos afin de déterminer la bonne route à emprunter. « Finalement, tout le monde a opté pour aller dans le sud, décrypte Yoann. On oublie que les conditions de mer sont épouvantables et c’est vraiment délicat pour les bateaux. C’est plus raisonnable de faire cap au sud ». La décision s’est faite dans la matinée. En fin de journée, une légère accalmie a permis de se reposer, enfin, et de faire le tour du bateau pour vérifier que tout était en ordre. « On arrive à se reposer même si nos deux bannettes se sont cassées… Le matelas fonctionne bien ! »
Dans le ‘top 5’ la veille, Yoann et Yann se sont hissés sur le podium provisoire en cette 2e journée et ont pris la 2e place pendant la nuit. Au classement de 7 heures, le duo Richomme-Eliès n’avait que 26 milles de retard avec celui formé par Jérémie Beyou et Franck Cammas et comptait 7 milles d’avance sur Thomas Ruyant-Morgan Lagravière (For People). Surtout, le trio se détache : le 1er poursuivant, Teamwork.net (Justine Mettraux et Julien Villion) pointe à près de 20 milles. « Après le front, on a réussi à s’extirper pour se placer dans le bon wagon », apprécie Yoann.
La suite, c’est une progression vers les côtes portugaises. « On va avoir 24 heures un peu plus tranquilles pour descendre au vent de travers, poursuit le skipper. Ensuite, on va aller chercher l’anticyclone au sud du Portugal pour se faufiler et aller chercher l’alizé. » En somme, un programme beaucoup moins éprouvant que le début de course et ce n’est pas plus mal. « Des départs comme celui-là, ça use beaucoup, s’amuse le skipper de Paprec Arkéa. Ça tire sur le système… Mais on a réussi à bien se reposer pour la suite ! »
Benjamin DUTREUX(GUYOT environnement – Water Family) : Les premières 36 heures ont été très intenses. On n’a pas donné beaucoup de nouvelles car nous étions pas mal occupés. Le passage du front a provoqué pas mal de casse sur la flotte. A bord, nous avons pas mal de bricoles à faire, c’est vrai qu’on a perdu du temps sur les autres concurrents et que ça nous a pris pas mal d’énergie. Les premières 36 heures n’ont pas été de tout repos, mais on s’accroche. On est pas loin du bon paquet, c’est le plus important. On va voir les options qui se dessinent dans les prochaines heures mais j’ai impression que tout le monde a l’air de se diriger vers le sud …. Vers le soleil. Et ce n’est pas plus mal.
Corentin HOREAU (GUYOT environnement – Water Family) :C’était super intense ! En mode Figaro. On ne s’est toujours pas déshabillés pour dormir. On a eu quelques bricoles malheureusement mais ça va on garde le moral. Ça fait partie du jeu et on a les petits copains encore à côté donc c’est encore mieux.
A bord de TeamWork : « La première nuit c’était vraiment la guerre, on s’est concentrés sur le fait de garder le bateau en un morceau. C’était une nuit bien engagée avec 40 noeuds pendant assez longtemps, et on a vu que ça a fait pas mal de dégâts dans la flotte malheureusement. Il nous est arrivé quelques petits pépins mais vraiment rien de grave. Dès qu’on pourra on va faire un bon tour du bateau pour tout vérifier mais ça ne nous gêne pas pour naviguer jusqu’ici. Maintenant on essaie de se reposer, les conditions de vie à bord ne sont pas très agréables, mais rien d’insurmontable. Dès demain ça devrait commencer à être de mieux en mieux ! »
Alors que les derniers Class40 commencent à se faire rattraper par les premiers IMOCA, les leaders en Class40 vont continuer à faire le break devant. Le passage de la dorsale devrait scinder encore la flotte qui ne cesse de l’être depuis le départ.
Pour gagner, aucun répit n’est permis. Il faut rester devant. La bataille continue de se jouer entre Achille Nebout – Gildas Mahé sur Amarris face aux deux italiens IBSA et Alle Grande Pirelli. Un léger décalage sur 50 mn entre ouest et le sud pourrait déjà offrir des options stratégiques différentes aux différents concurrents où Group Snef, Café Joyeux, Projet Rescue et Intervest comptent bien venir se joindre au trio. A noter le retour de Crédit Mutuel de retour aux avants-postes malgré un nouveau gréement installé entre les deux étapes après leur démâtage. Malheureusement pour Fabien Delahaye et Corentin Douguet sur Legallais, la course s’arrête après avoir constaté un problème structurel sur la coque.
Ian Lipinski – Skipper Crédit Mutuel – La délivrance « Enfin Lisbonne ! Comme une délivrance ! Les presque trois jours qui ont passé, c’était un peu comme une apnée, une prise de respiration en attendant que ça passe. Ce fut brutal, violent, et surtout inconfortable et stressant.“
Le groupe Wichard, spécialisé dans la conception, la fabrication et la distribution de produits destinés aux marchés OEM, de rechange et industriels, a acquis Ronstan, l’un des principaux fabricants australiens d’équipements de voile, de produits industriels et architecturaux de haute qualité.
Fondée en 1953 par Ron Allatt et Stan Lenepveu et basée à Braeside, Victoria, Ronstan est réputée pour son expertise dans la conception et la fabrication de poulies, treuils, systèmes de chenilles et autres équipements essentiels pour la voile, le canotage et les sports nautiques.
« Avec l’intégration de Ronstan au sein du Groupe Wichard, nous franchissons une étape majeure dans le développement de notre stratégie de fabricant et de vendeur auprès des secteurs mondiaux de la marine et de la sécurité », explique Jean-Claude Ibos, président du groupe.
Le Groupe Wichard comprend Wichard, Profurl, Sparcraft, Facnor, Lorima, Peguet/Maillon Rapid et Courant. Le groupe Wichard est détenu par le fonds de capital-investissement français Azulis en association avec une partie du management.
« Nous sommes désormais en mesure de répondre aux besoins et aux attentes de nos clients du monde entier grâce à une gamme complète de produits et d’expertise », ajoute Ibos. « Cela renforce la cohérence de notre positionnement basé sur la performance et la sécurité. »
Avec l’acquisition de Ronstan, le Groupe Wichard compte désormais plus de 550 collaborateurs dans le monde et un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros. Cette acquisition constitue également une excellente opportunité de renforcer la position du groupe sur ses marchés historiques en proposant une gamme de produits complète. Cela comprenait déjà des mâts en aluminium et en carbone, des enrouleurs de voiles, des accastillages, des équipements de sécurité et des cordages. Il comprendra désormais une gamme de treuils, chenilles, blocs et autres accessoires.
Le groupe Wichard devient propriétaire de Ronstan International Pty Ltd, qui reste la société mère de toutes les sociétés du groupe Ronstan. La direction de Ronstan conservera ses fonctions actuelles et de nombreux membres de l’équipe de direction restent investis dans l’entreprise à travers leurs participations dans le groupe Wichard.
Jérémie Beyou et Franck Cammas sur Charal sont toujours en tête ce matin avec un décalage plus à l’ouest. Yoann Richomme et Yann Eliès sur Arkéa-Paprec sont 30 mn plus à l’est et plus bas tandis que Thomas Ruyant et Morgan Lagravière sur For People ont choisi de longer les côtes portugaises. Chacun s’est positionné avant d’arriver en milieu de mâtinée dans une dorsale qui s’étend sur 200 mn. La flotte devrait se retrouver à nouveau ensemble. Chacun pourra en profiter pour checker et réparer son bateau sans doute bien impacté par ces premières heures de course.
Sur la flotte des 40 Imoca, Maitre COq fera un pit stop à Vigo pour réparer sa GV Groupe APICIL > Bôme cassée : Le bateau est arrivé à Lorient et compte repartir. Oliver Heer Ocean Racing : le duo suisse formé par Ollie Heer et Nils Palmieri a remarqué que le côté bâbord D1 de leur gréement dormant s’était détaché de leur mât. Ils sont Camaret afin d’effectuer une escale technique pour tenter de résoudre ce problème. Abandon de Stand As One : Eric Bellion et Martin Le Pape ont averti la direction de course ce matin à 8h44 (heure locale) qu’une lice s’était décollée à l’avant du bateau. Ils convoient leur monocoque blessé au port le plus proche pour étudier ce problème structurel qui représente un risque pour le bateau. Voie d’eau à bord de l’Imoca Lazare : Ce mercredi 8 novembre, un peu avant 8h, Tanguy le Turquais et Félix De Navacelle ont pris connaissance d’une importante voie d’eau à l’avant de l’Imoca Lazare. Il fait donc route vers Lorient. MACSF > Grand-voile déchirée : Ce mardi 8 novembre 2023, peu avant 6h du matin, la grand-voile de l’IMOCA MACSF s’est déchirée. L’équipage en route vers Lorient pour réparer. Biotherm : Grand-voile déchirée. Paul Meilhat et Mariana Lobato, font route vers Brest pour réparer. Be Water Positive Sailing Team suspend sa course et rentre à Gosport (dans le Solent en Angleterre). Suite à un souci médical et après les conseils d’un professionnel, Scott Shawyer va faire escale à Gosport pour évaluer la situation.
Armel Le Cleac’h et Sébastien Josse ont bien cravaché cette nuit pour repasser devant François Gabart et Tom Laperche. Un léger décalage plus à l’ouest leur a permis de distancer le trimaran SVR-Lazartigue. Ils pointent ce matin en tête avec 27 mn d’avance.
Les différences architecturales en Utim ne sont pas forcément visibles sur les appendices ni sur les plates-formes, surtout entre SVR et BPXI mais elles existent. Mais désormais ce sont les choix de voiles, les phases de transition, les temps de manœuvres qui font la différence avec un niveau général qui s’est resserré. Armel Le Cléac’h et Sébastien Josse se sont arrachés cette nuit pour repasser devant avec sans doute plus de toile et tirant mieux parti de leur bateau plus polyvalent. Ils avançaient 2-3 nds plus vite. Rien n’est joué pour autant et on pourrait avoir de nouveau un chassé croisé. Charles Caudrelier revenait sur les circonstances des milles accumulés ces dernières heures :« Là c’est plutôt sympa. Nous sommes sous les tropiques depuis plusieurs jours, on vole ce qui est bien. Le vent est un peu plus fort aujourd’hui ce qui nous convient mieux car hier et avant-hier dans le vent plus mou on était moins à l’aise, et puis on a tenté un petit décalage qui nous a coûté très cher. Nous avons eu moins de vent que nos concurrents, mal orienté… mais ce n’était pas simple car il y avait beaucoup de masses nuageuses. Est-ce que nous avons mal géré ? Est-ce que nous avons manqué de réussite ? C’est toujours très difficile de savoir. On s’est fait décrocher à ce moment-là et après c’est un peu parti par devant avec le vent et des rotations. » Charles Caudrelier et Erwann Israël, troisièmes à 134 mn ont repris 10 mn. Ils vont devoir patienter et attendre un peu plus d’air pour espérer recoller. Enfin loin derrières à 528 milles Sodebo et Actual ont passer ce matin Ascension après avoir croisé leur camarades la veille.
L’étape 2 est parti ce dimanche du cap en Afrique du Sud direction Auckland en Nouvelle Zélande. Onze des 14 bateaux ont pris le départ dimanche. Ils ont été rejoint par Sterna hier et devraient l’être prochainement par Gospeed et Explorer qui sont arrivés lundi au Cap. Neptune a décidé de s’arrêter pout réparer suite à un problème de barre.
Neptune a contacté l’organisation pour signaler un problème de barre et qu’ils allaient devoir procéder à des vérifications. Tout l’équipage est en sécurité. Les règles de course autorisent à jeter l’ancre et plonger ou inspecter par eux-mêmes, mais s’ils vont à quai dans un port et doivent réparer le bateau, ils seront disqualifiés pour l’étape 2. Pour le moment, Tan a confirmé que la seule façon de s’assurer que tout allait bien avec le gouvernail était de faire route vers Port Elizabeth à 200 milles de là. Neptune n’a pas demandé d’assistance et a confirmé que son gouvernail était pleinement opérationnel pour le moment, mais qu’il devait procéder à une vérification complète avant de poursuivre sa route.
Groupe APICIL est arrivé à Lorient à 3h15 cette nuit. L’équipe technique est immédiatement montée à bord pour évacuer les pièces cassées et dérouler le plan qu’elle avait échafaudé quelques heures plus tôt dans l’objectif de permettre à Damien Seguin et Laurent Bourguès de repartir en course dès que possible. Pour rappel, la bôme s’est brisée en deux hier alors que le duo de Groupe APICIL caracolait dans le groupe de tête de la Transat Jacques Vabre Normandie – Le Havre.
Dès l’annonce de l’avarie hier matin à 9h, l’équipe technique menée par Jean-Charles Monnet a étudié toutes les possibilités pour réparer ou remplacer cette bôme. Finalement, c’est la solution de trouver un autre espar qui a été retenue. Il a fallu regarder l’ensemble des pièces disponibles et voir avec les architectes du plan VPLP laquelle pouvait être la mieux adaptée sur Groupe APICIL pour assurer un niveau de sécurité et de fiabilité maximum pour traverser l’Atlantique. Une nouvelle fois, la solidarité des gens de mer s’est mise naturellement en route puisque l’équipe de Benjamin Dutreux, actuellement 9é de la course avec Corentin Horeau sur Guyot Environnement – Water Family et co-skipper de Damien il y a deux ans sur cette même Transat Jacques Vabre, a proposé le prêt d’une bôme stockée sur la base du team aux Sables d’Olonne. C’est celle-ci qui est en train d’être mise en place à bord par l’ensemble de l’équipe Groupe APICIL qui a travaillé dessus une bonne partie de l’après-midi et de la soirée d’hier pour préparer son implantation. Si tout se passe comme prévu, les réparations pourraient être terminées dans la journée.
A son arrivée au ponton, Damien Seguin avait les traits fermés et l’émotion était palpable. Le skipper ne pensait pas revoir son équipe si vite et de ce côté de l’Atlantique. Il reconnaissait la grande déception qui l’anime alors qu’il expérimentait pour la première fois son bateau profondément modifié cet hiver sur ce qui constitue sa cinquième Transat Jacques Vabre. Mais l’énergie et l’expertise mises en œuvre par son équipe pour qu’il puisse, avec Laurent Bourguès, reprendre le chemin de la Martinique le rassérène. Sa seule volonté est de réactiver le mode compétition au plus vite. Les minutes comptent mais il va falloir faire preuve d’un peu de patience et attendre que les conditions météo dans la Golfe de Gascogne soient favorables avant d’espérer remettre le curseur en position d’attaque. Damien Seguin et Laurent Bourguès pourraient repartir dès la fin de journée ou au plus tard demain.
Explications de Damien Seguin à son arrivée au ponton :
« C’est difficile de donner un sentiment. Il y a beaucoup de déception et de la frustration aussi. Car au moment où nous cassons, nous étions bien. Avec Laurent, nous venions de nous dire que nous avions fait le plus dur et que l’on était sorti de ce passage de dépression indemne. Et finalement non… Malheureusement ! Il est 3h du mat et derrière moi, c’est la fourmilière. L’équipe s’active pour remplacer la bôme. On ne pourra pas repartir aussi vite que ce que l’on pensait en raison des conditions météo trop fortes dans le Golfe de Gascogne. Plus de 35 nœuds de vent sont annoncés avec des vagues de 7,5 mètres. Si c’est repartir pour tout casser, nous n’allons pas le faire. On va temporiser un petit peu. Peut-être que nous partirons dans la journée de vendredi. On verra. Là, on va donner la main pour évacuer ce qui est cassé et remplacer. Quand c’est arrivé, j’étais dans le cockpit. Laurent était à l’intérieur, à la table à cartes. On avançait assez vite, entre 22 et 25 nœuds, en tribord amure. Il y avait un peu de mer mais ce n’était pas monstrueux. En atterrissant d’une vague, comme on l’a fait des dizaines de fois avant, j’ai entendu un gros crac. J’ai tout de suite vu que c’était la bôme qui était cassée en deux. Je me suis dit : « Ce n’est pas possible que ça se termine comme ça !» avant de vraiment réaliser ce qui s’était passé. Nous nous sommes immédiatement dit qu’il fallait rentrer et essayer de trouver une solution pour réparer. Dans ces moments-là, on pense beaucoup à tous les gens qui nous suivent, à tous ceux qui nous suivaient sur la cartographie et qui étaient super fiers de nous parce que nous étions remontés à la 5e place. »
Déclaration de Laurent Bourguès, co-skipper Groupe APICIL : « Nous sommes un peu fatigués, nous n’avons pas beaucoup dormi. Nous allons aller nous reposer. Nous avons fait un point sur les réparations à faire avec l’équipe et aussi un petit point sur la météo pour étudier quand nous pourrons repartir. On va essayer de repartir au plus vite. Il y a une possibilité demain fin de journée. Nous verrons en fonction du travail réalisé par l’équipe. Il y a un gros noyau de mer formée qui passe en fin de journée et que nous aimerions éviter. La météo n’est pas très bonne pour sortir du Golfe, notamment au Cap Finisterre avec du sud ouest fort. On va aller se reposer et attendre les derniers fichiers pour affiner ce choix. »
Vidéo interview ponton de Damien Seguin : cliquez sur l’image pour visionner et télécharger la vidéo.
Le match continue de s’intensifier. Chez les Proto, Federico Waksman (1019 – Repremar – Shipping Agency Uruguay) garde l’avantage mais voit revenir comme une balle Carlos Manera Pascual (1081 – Xucla) dans son rétroviseur. Pour ce dernier, l’enjeu est de taille puisqu’il doit combler au maximum l’écart avec son concurrent pour espérer remporter cette 24e édition à défaut de lui céder la victoire. Chez les Série, le match pour la première place reste bien plus ouvert car si les favoris annoncés au départ des Sables d’Olonne sont bel et bien aux avant-postes, les leaders au classement général provisoire ne sont pas si loin. En somme : les 48 prochaines heures de course s’annoncent haletantes !
Après avoir reçu la Mini Transat en 1985, 2013, 2015 et 2021, la Guadeloupe est donc prête à accueillir les concurrents de l’épreuve une nouvelle fois. A Saint-François, c’est naturellement l’effervescence. Le village est en place, les pontons sont vidés. Et pour cause, c’est désormais dans un peu moins de 48 heures que les premiers sont attendus sur place. A date, les jeux sont encore loin d’être faits et il faudra assurément déclencher les chronos lors des passages de ligne des uns et des autres puis faire quelques calculs d’apothicaire avant d’avoir une idée précise du classement final, chez les Proto et plus encore chez les Série. C’est d’autant plus vrai que les derniers milles s’annoncent sous haute tension, avec, dans un premier temps, des alizés qui vont baisser un peu en intensité avant de reprendre des tours au moment de l’atterrissage sur l’île. « Dans les heures qui viennent, le vent va adonner pour les concurrents positionnés au sud. Ces derniers vont donc très probablement revenir un peu au score ou, à tout le moins, arrêter de perdre du terrain comme cela a été le cas ces dernières 48 heures, d’autant que dans le même temps, le vent va mollir un peu pour les solitaires plus au nord. En particulier pour ceux situés en deuxième moitié de flotte », prévient Christian Dumard, le consultant météo de la course.
En rafale à l’arrivée ?
En clair, la situation qui était, dernièrement, si favorable, aux coureurs positionnés sur la route orthodromique ou au nord de celle-ci, va le devenir un peu moins. La raison ? La dorsale qui leur offrait un vent avantageux, est en train de remonter petit à petit vers la Floride tandis que, parallèlement, une dépression en vadrouille dans le sud promet de générer une petite zone de vents plus faibles dans la journée de demain. « Celle-ci affectera moins les premiers que les autres. Certains vont ainsi composer avec entre 8 et 10 nœuds de vent durant quelques heures et donc ralentir la cadence alors que plus au sud, les vitesses actuelles devraient se maintenir », ajoute le spécialise dont les fichiers prédisent une fin de course tonique, avec le retour d’un alizé soutenu. Dans ce contexte, il y a fort à parier que l’élastique se tende par l’avant. Bref, que des écarts s’accentuent entre les deux moitiés du peloton. Reste qu’il est toutefois plus que probable que l’ensemble Ministes arrivent en l’espace de trois jours seulement à Saint-François, entre le 10 et le 13 novembre.