Il Mostro qui navigue actuellement au près dans une brise d’une quinzaine de nœuds ne pourra cependant pas gagner la marque sur un seul bord et devra virer dans quelques heures pour se recaler à l’Est, tout comme les deux Telefonica, Green Dragon et Delta Lloyd.
Ces dernières 48h, le skipper de Puma, Ken Read, et son navigateur Andrew Cape ont fait un excellent travail de contrôle en milieu de terrain, un choix difficile à assumer alors que la flotte est relativement éclatée après 5 jours de course.
L’option la plus radicale reste le cavalier seul d’Ericsson 4, rejoint hier après-midi par son alter ego Ericsson 3. Les deux VO 70 suédois sont sur une option Est au plus proche des côtes ouest des Philippines, et misent sur la route directe pour passer South Rock Light. Le recalage tardif d’Ericsson 3 lui permet de garder l’avantage de son début d’option Ouest et de devancer Ericsson 4 ce matin d’une douzaine de milles.
Le pari est osé pour les Suédois qui misent sur une imminente bascule à Est pour rafler la mise au passage de la marque. Une satisfaction uniquement pour gloire puisque ce point de passage n’est pas crédité de point, mais qui leur permettrait d’aborder la seconde partie de l’étape avec un atout psychologique non négligeable sur la concurrence. Vu ce qui les attend à Taiwan, la psychologie pourrait être le nerf de la guerre de cette fin de bataille en Mer de Chine.
Si le vent ne rentre pas à droite, c’est la gauche qui devrait conserver son avantage. Pour l’heure, le leader Puma contrôle sous son vent Telefonica Blue, mais il sait que la vraie menace pourrait venir de Telefonica Black et Green Dragon qui progressent un peu au-dessus de sa route dans son ouest.
Reste encore une petite inconnue dans cette partie de poker menteur, Delta Lloyd, dont la stratégie est diamétralement opposée à celle des Suédois de l’Ericsson Racing Team. Le Hollandais met tous ses jetons sur la table en gardant la position Ouest la plus extrême. L’équipage espère de son côté surfer sur des vents de Nord-Est un peu plus soutenus qui compenseraient les milles supplémentaires à parcourir pour arriver à South Rock Light.
Avec 3 politiques différentes, la fébrilité à bord est garantie. L’évolution météo de ces dernières heures semble donner raison au pari osé des Hollandais de Delta Lloyd. Verdict avant la fin de la journée.
Classement ce jeudi 22 janvier à 8h Paris
1 – Puma à 1 501 milles de l’arrivée Qingdao – Chine)
2 – Telefonica Blue à 6 milles du leader
3 – Telefonica Black à 13 milles
4 – Green Dragon à 33 milles
5 – Delta Lloyd à 48 milles
6 – Ericsson 3 à 49 milles
7 – Ericsson 4 à 61 milles
8 – Team Russia – DNS
La roulette tourne !
Tous derrière et lui devant
Capitalisme sauvage
Les courses de bateaux à voile ont ceci d’injuste qu’elles favorisent leurs patrons, sur un mode très " capitalisme sauvage " où les riches, toujours, s’enrichissent. Depuis son OPA sur la flotte, à force de persévérance et d’excellence, Michel Desjoyeaux est devenu le nanti, le verni, le mieux loti. Au terme de ce 74e jour de course, le voici seul en tête avec 481 milles de marge sur son plus dangereux rival Roland Jourdain. Aujourd’hui, Foncia a encore gagné 40 milles sur Bilou. Et tout porte à croire qu’il continuera à galoper, toujours plus vite, toujours plus loin.
A l’horizon du bateau blanc qui navigue vent de travers dans de solides alizés d’est (25 nœuds), la situation semble limpide : contourner par l’ouest (mais pas trop) l’anticyclone des Açores puis attraper le flux perturbé qui va le propulser à vive allure vers la ligne d’arrivée.
ETA entre le 31 janvier et le 2 février
Si tout va bien, Foncia devrait mettre un point final à son périple devant les Sables d’Olonne entre le samedi 31 janvier à l’aube et le lundi 2 février au petit matin. Au rythme où vont les choses, Bilou pourrait n’arriver que deux jours plus tard. Or, contre toute attente, il faut remonter à l’édition 1996-1997 pour retrouver un tel écart entre les deux premiers. Mais, comme dit le très sage adage marin : " tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie…. ".
D’autant qu’on l’a vu, cette course ne tient parfois qu’à un fil, un bout, un vérin, un câble, une vague. Hier, dans un journal de la presse quotidienne régionale, Michel Desjoyeaux révélait avoir échappé à une grave avarie qui aurait pu mettre un terme définitif à sa course, alors qu’il menait le bal dans le Pacifique. Confirmation à la vacation du jour : " Je ne vous dirai pas ce que c’est, je vous montrerai ça à l’arrivée, mais ça s’est joué ric-rac, à un quart de seconde près, la course était finie ". Sébastien Josse, présent à cette même vacation, sait avec quelle soudaineté et quelle brutalité, l’aventure peut s’arrêter : " le Vendée Globe n’est pas un sprint planétaire, c’est une course d’usure et j’ai fait partie du mauvais wagon ".
15 nœuds pour Michel, moins de 10 pour les autres
Pour l’heure, Foncia, en est la locomotive. Le plan Farr est lancé sur des rails à 15 nœuds de moyenne, tandis que ses prétendants connaissent une progression erratique, contrariée par des anticyclones, des lignes de grains ou des vents contraires.
Sur Veolia Environnement, Bilou a franchi l’équateur ce matin à 9h30 et s’extirpe tout juste d’un pot au noir très actif, tandis qu’Armel Le Cléac’h, pourtant à 200 milles de la zone, en connaît les prémices. Marc Guillemot à quelques milles de Rio, est piégé dans une zone orageuse et voie Samantha Davies, récompensée par sa position Est, se rapprocher à 50 milles de son tableau.
Plus loin, aux abords de l’Uruguay, Arnaud Boissières a passé une nuit blanche pour tenter de faire avancer Akena Véranda dans des calmes tous aussi blancs. Mais comme l’ensemble de la troupe dont ses prédécesseurs Brian Thompson et Dee Caffari, la vitesse de " Cali " est inférieure à 10 nœuds. Au Nord des Malouines, Steve White est le seul à expérimenter du vent fort (40 nœuds), mais malheureusement de secteur nord, ce qui l’oblige à ferrailler au près dans une mer formée. A 800 milles du cap Horn, Rich Wilson attend le flux d’ouest qui le propulsera vers l’Atlantique, tout comme Raphaël Dinelli et Norbert Sedlacek, toujours empêtrés en plein anticyclone Pacifique.
Les Sables d’Olonne se préparent à l’arrivée des skippers.
Monsieur Louis Guédon, Maire de la Ville des Sables d’Olonne, et Philippe de Villiers, Président du Conseil général de la Vendée, seront présents sur le ponton Vendée Globe, aux côtés de Patricia Brochard, Présidente de Sodeb’O et de Denis Horeau, Directeur de la course, afin de féliciter les skippeurs et saluer leur courage pour ce tour du monde épique.
A l’issue d’une conférence de presse, le public pourra écouter les skippeurs sur le podium installé en haut du ponton Vendée Globe.
Ce que la Ville propose et met en place :
– Informations données au public : Comme à son habitude la Ville des Sables d’Olonne se mobilisera pour informer au plus près la population locale de l’heure d’arrivée des skippeurs afin que tous puissent venir les accueillir avec la ferveur légendaire propre aux Sablais. Les ETA seront annoncées en journée en centre-ville par la sonorisation en place dans les rues piétonnes. De plus 24h/24h, ces ETA seront communiquées par SMS et mail aux personnes qui se seront inscrites au préalable sur le site de la Ville www.lessablesdolonne.fr rubriques SMS informations et Newsletters.
Le Point Info Course (PiC) fermera le 31 janvier. Le relais sera pris par le village, place du Vendée Globe à Port Olona, qui devrait ouvrir vers le 29 janvier. Les vacations s’y feront en direct en haut du ponton Vendée Globe. A noter que le PiC a reçu jusqu’à ce jour plus de 90 000 visiteurs.
La Mairie continuera à distribuer des feuilles de position, salle des mariages, de 11h30 à 12h30 et de 16h30 à 17h30.
– Dispositif en mer : La convention qui lie la Ville des Sables et la SAEM prévoit que l’ISO coordonne comme au départ le dispositif des 20 semi-rigides qui assureront la sécurité des 60 pieds.
– Circulation routière : Les quais de la Chaume et de Port Olona seront fermés à la circulation automobile pendant les arrivées des premiers. Restriction également du boulevard de l’Ile Vertime sur 2X1 voie pendant l’ouverture du Village. A noter que le boulevard pourra éventuellement être entièrement fermé à discrétion des services de l’Etat sur les arrivées des premiers.
– Parkings réservés et aux camping-cars : Deux parkings seront fléchés et réservés aux camping-cars (Paracou – Bel Air), d’une capacité de 500 places. L’emplacement du camping du Lac (300 places) sera ouvert en complément au besoin. Par ailleurs, le stationnement des camping-cars sur les voies en bord de mer est interdit.
– Les parkings des Sauniers et de la Sablière, à proximité immédiate de Port Olona, seront fléchés et ouverts aux voitures.
– L’Office de tourisme répondra aux demandes de réservation d’hôtels : www.ot-lessablesdolonne.fr ou au 02 51 96 85 85.
A ne pas manquer aux Sables d’Olonne au moment des arrivées :
– Expositions " Femmes du Monde " de Titouan LAMAZOU divisée en deux parties :
En intérieur, des photographies présentées au Musée de l’Abbaye Sainte Croix jusqu’au 8 mars (accès aux conditions habituelles du Musée – ouvert tous les jours sauf les lundis et jours fériés de 14h30 à 17h30).
En extérieur, des dessins agrandis en format 1,50 m x 2 m répartis sur des chevalets et murs sur la liaison entre la place du Vendée Globe et le port de pêche / Centre ville des Sables d’Olonne (Musée du coquillage). L’accès est gratuit. Jusqu’au 30 mars.
– Exposition « Paul-Emile Pajot et son temps » – Le Musée de l’Abbaye Sainte-Croix propose une plongée dans les Sables d’Olonne maritimes du début du XXème siècle, à travers l’exceptionnel témoignage par l’image de Paul-Emile Pajot. Jusqu’au 29 février 2009.
– Exposition de 20 photographies d’auteurs, représentés par l’Atelier Photogalerie (libre expression de chacun sur le thème de la mer). Elles sont exposées en grand format sur le mur de l’ancien centre technique municipal, boulevard de l’Ile Vertime. Jusqu’au 30 mars 2009.
La Ville des Sables d’Olonne en profite également pour rappeler que depuis le 14 décembre 2008, le TGV Paris/Les Sables d’Olonne est désormais direct.
Les horaires :
Tous les jours :
Paris : 10h – Les Sables : 13h32
Paris : 17h50 – Les Sables : 21h28
Les Sables : 5h43 – Paris : 9h05 (hors samedi et dimanche)
Les Sables : 15h42 – Paris : 19h15
Les Sables : 10h43 – Paris : 14h15 (samedi)
Les Sables : 18h10 – Paris : 21h35 (dimanche)
Source : Les Sables d’Olonne
Skippers au grand coeur sur la Transquadra.
Six équipages du coeur sur la Transquadra pour sauver un enfant !
Le 24 janvier prochain à Madère, lors du départ de la seconde étape de la Transquadra, six équipages porteront de nouveau les couleurs de Mécénat Chirurgie Cardiaque. Le coeur emblématique de l’Association sur la coque de leur bateau témoignera de leur engagement en faveur des enfants défavorisés atteints de malformations du coeur.
L’objectif de ces marins du coeur est de financer l’opération d’un enfant dont le coût s’élève à 10 000 euros et de relever le défi « Un coeur, une voile » initié par Catherine Chabaud, marraine de l’Association.
Philippe Massu et Edouard Danel se lanceront dans l’aventure en solitaire tandis que Thomas Camus et Christophe Glorion, Jean- François et Nathalie de Premorel, Hervé Belbeoc’h et Gil Maheo, Jacques Vincent et Jean-Marie Patier navigueront en double.
Deux équipages du « team du coeur » sur le podium de la première étape.
Le 6 août 2008, à l’arrivée de la première étape de la Transquadra à Madère, le skipper en solitaire Philippe Massu est monté sur la première marche du podium.
Jean-François et Nathalie de Premorel quant à eux se sont emparés de la seconde place en équipage.
Un coeur, une voile…
En 1999, Catherine Chabaud et Patrice Roynette décident de créer « Un coeur, une voile ». Dans chacune des disciplines de la voile de compétition, des bateaux portent ainsi le coeur rouge de Mécénat Chirurgie Cardiaque et les partenaires associés financent l’opération de dizaines d’enfants !
Mécénat Chirurgie Cardiaque en quelques lignes
Mécénat Chirurgie Cardiaque a été créé par le Professeur Francine Leca et Patrice Roynette afin de permettre aux enfants défavorisés atteints de malformation du coeur d’être opérés en France lorsque cela est impossible dans leur pays d’origine. A ce jour, plus de 1300 enfants ont été opérés et sont repartis chez eux pour une vie nouvelle.
Source : Mécénat Chirurgie Cardiaque
www.mecenat-cardiaque.org
Marinepool et la FFV jusqu’en 2012.
Déjà partenaires depuis 4 années, les deux parties ont décidé de pérenniser leurs accords qu’ils qualifient de succès sur toute la ligne.
Fournisseur Officiel de l’Equipe de France, mais aussi des Championnats de France, Marinepool explique avoir toujours été à l’écoute des athlètes pour pouvoir leur proposer les meilleurs produits et répondre à toutes leurs attentes, profitant, bien évidemment, des retours d’informations de ces athlètes permettant de développer en permanence leurs produits afin d’être toujours à la pointe de la technologie.
Au vu du succès et à la demande de la FFVoile ce partenariat a d’ailleurs été étendu à l’Equipe de France de Match Race.
"Nous sommes très fiers de continuer à soutenir et contribuer aux succès de la prochaine campagne olympique main dans la main avec la FFVoile !" déclare l’équipe Marinepool.
Source : Marinepool
www.marinepool.fr
Digital Yacht lance le Digital Pilot GS50.
Digital Yacht présente son nouveau pilote automatique, le Digital Pilot GS50. Ce groupe hydraulique comprend une unité de puissance compacte, un processeur, un calculateur de route ainsi qu’un gyromètre. Plusieurs systèmes hydrauliques de barre et vérins linéaires sont disponibles.
Avec son processeur sophistiqué, Digital Pilot GS50 convient à la plupart des bateaux de plaisance à voile et à moteur (entre 6 et 40m) et permet à l’utilisateur d’ajuster plus facilement le gain de barre, le gain contre barre, le décalage de l’anti-couple, les limites d’angle de barre, etc… en fonction des paramètres.
Le gyromètre à semi-conducteurs intégrés, qui s’utilise comme un compas fluxgate, optimise considérablement les performances, notamment dans les zones où le trafic est dense et lorsque les conditions sont difficiles. Par ailleurs, une entrée et une sortie NMEA restituent en haut débit les informations de navigation indispensables pour l’aide de pointage automatique du radar, nécessaires au contrôle de direction sur un traceur.
Les dimensions du Digital Pilot GS50 ne dépassent pas 11 cm x 11 cm. Il a été testé avec de nombreuses marques d’unités de puissances et peut donner une deuxième vie à d’anciens modèles, à l’instar de Cetrek et Robertson.
Source : Digital Yacht
www.digitalyacht.co.uk
Foncia retrouve les alizés
Si Roland Jourdain s’est fait flasher la nuit dernière, ce n’était pas pour vitesse excessive, bien au contraire ! Le skipper de Veolia Environnement a buté sur la Zone de Convergence Inter Tropicale (ZCIT) alors qu’il n’était que par 3° Sud, ce qui tend à montrer que le Pot au Noir qu’a déjà franchi le leader, Michel Desjoyeaux (Foncia) a plutôt tendance à descendre qu’à remonter au Nord de l’équateur… Le poursuivant n’a plus qu’à espérer que ces calmes, ces éclairs de foudre et ces masses nuageuses imprévisibles ne vont pas décider de revenir à une place plus habituelle, c’est-à-dire vers le 2° Nord, au risque de rester coincé sans rien pouvoir faire ! Car les alizés sont bien là pour le premier qui évolue dans un flux de Nord-Est vingt nœuds qui devrait se renforcer encore au fil des heures : pas grand-chose à faire sur le pont, si ce n’est ramasser les poissons volants, surveiller les quelques grains qui parsèment le ciel, vérifier que tout fonctionne à bord et prendre son mal en patience. Car dans ces conditions de vent contraire, avec tout de même deux mètres de creux, une mer courte et une chaleur suffocante, il est essentiel de ne pas fatiguer exagérément un bateau qui a déjà plus de 20 000 milles dans le carbone… Et comme cette remontée alizéenne va durer encore quatre jours au moins !
Divergence vers la convergence
La voile a ceci de magique, qu’il n’y a pas de chemin programmé : à quelques heures près, l’un va partir à l’Ouest, l’autre à l’Est, le troisième croiser, le quatrième peiner, le cinquième revenir du diable Vauvert… Pour Roland Jourdain, le Pot au Noir est arrivé en pleine nuit : ce n’est pas le meilleur moment mais au moins peut-il espérer qu’au lever du jour, le soleil fasse un peu le ménage dans ces cumulonimbus qui déversent leurs larmes de vapeur d’eau. Comme la lune joue à cache-cache avec le soleil, il n’y a pas grand-chose à voir sur le plan d’eau en pleine nuit ! Michel avait peiné pendant 20 heures, Roland a pour l’instant un passage plus tôt, mais aussi moins brutal… Qu’en sera-t-il pour Armel Le Cléac’h (Brit Air) ? Il ne devrait pas atteindre cette zone de convergence des alizés avant le week-end, ce qui laisse le temps à la ZCIT de s’envoler vers d’autres cieux plus septentrionaux. Le Léonard n’a pas beaucoup d’opportunité tactique pour se défaire de cette barrière équatoriale : dans les alizés de secteur Est, il fait cap au Nord pour tenter de passer autour du 33° Ouest le Pot au Noir. Le problème ne se pose pas encore pour le duo franco-britannique : Marc Guillemot (Safran) et Samantha Davies (Roxy) ont du vent dans les voiles pour contourner une dépression brésilienne qui s’en va vers l’Afrique. Assez proche des côtes de Rio de Janeiro, il va falloir se recadrer vers l’Est pour attraper les alizés qui soufflent devant : le gros gain acquis par Marco va-t-il diminuer lorsque la brise va revenir de secteur Est ? Car à moins de 800 milles d’Armel, le Trinitain devient plus que pressant pour une place sur le podium final…
Divergence aussi d’option pour le trio qui grimpe au large de l’Uruguay : Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) a perdu bien des milles face à Dee Caffari (Aviva) qui voit toujours sa grand voile se transformer en dentelle. La Britannique n’est plus qu’à soixante milles de son compatriote ! Et elle a largué Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) qui n’est déjà plus dans le même système météo et a choisi de faire son chemin du côté de Mar del Plata. Les deux Anglais risquent fort de buter dans une molle : autant changer le fusil d’épaule…
Tranquille Pacifique
Impérial malgré ses bricoles à répétition, Steve White (Toe in the water) est de loin le plus rapide de toute la flotte : à plus de quinze nœuds de moyenne, il est poussé par un fort régime d’Ouest qui l’a déjà propulsé aux Malouines. D’ici la fin du week-end, le Britannique aura retrouvé des températures plus clémentes et des brises moins exigeantes. Ce n’est pas encore le cas pour l’Américain Rich Wilson (Great American III) qui a encore 1200 milles de Pacifique à avaler ! Et le duo de queue a quant à lui passé la nuit dernière, la porte des glaces Pacifique Ouest : direction plein Est vers l’ultime porte…
Classement à 5h00 : 1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 3052,2 milles de l’arrivée 2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 341 milles du leader 3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1031,3 milles 4- Marc Guillemot (Safran) à 1825,6 milles 5- Samantha Davies (Roxy) à 1876,3 milles 6- Brian Thomson (Bahrain Team Pindar) à 2522 milles 7- Dee Caffari (Aviva) à 2581,7 milles 8- Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 2699,2 milles 9- Steve White (Toe in the water) à 3690,1 milles 10- Rich Wilson (Great American III) à 5165,1 milles 11- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 6873,3 milles 12- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 6880,3 milles
Les négociations sont ouvertes !
A 11h (Paris) ce mercredi matin, les 7 VO70 progressent en deux tendances distinctes dans une faible brise est/nord-est. Sur le flanc gauche de la flotte, on retrouve Telefonica Black, qui emmène tous les autres concurrents à l’exception d’Ericsson 4 qui tient seul le flanc droit de la flotte, au plus près des côtes de Palawan. Un choix franc tireur qui explique son écart de 49 milles avec le leader actuel, Telefonica Black.
Depuis le départ de Singapour, tous les équipages ont mentionné une navigation calme et agréable que seule l’angoisse de percuter un objet flottant, du tronc d’arbre au récif mal cartographié, était venue perturber. Mais à partir de maintenant, les regards devront aussi se tourner vers le ciel.
En effet, les prévisions de vendredi et samedi indiquent sans aucun doute possible un renforcement de la mousson d’hiver avec des vents de Nord-Est très violents, de 35-40 nœuds en moyenne pendant plus de 24 heures sur la zone de navigation des concurrents. Un phénomène qui pour être classique en cette saison n’en sera pas moins extrêmement désagréable.
De quoi faire réfléchir les cellules de décision pour savoir s’il faut s’engouffrer tête baissée dans le détroit de Taiwan, vent dans le nez sur une mer formée et plombée par une multitude d’OFNI ou passer au large en laissant l’île à babord, dans des vents également très forts, mais sur une mer plus dégagée…
L’espagnol Guillermo Altadill, navigateur de Delta Lloyd, précisait hier dans sa dernière vacation radio que « l’heure était au choix tactique et donc à la prise de risque, et qu’il fallait maintenant assumer. »
Dans les deux prochains jours, il devrait y avoir un peu tension à bord des VO 70. Un sentiment alimenté par le doute de se trouver au meilleur endroit par rapport à la concurrence et la certitude de prendre le ciel sur la tête.
Classement ce mercredi 21 janvier à 11h Paris
1 – Telefonica Black à 1 706 milles de l’arrivée Qingdao – Chine)
2 – Telefonica Blue à 4 milles du leader
3 – Puma à 11 milles
4 – Ericsson 3 à 16 milles
5 – Delta Lloyd à 29 milles
6 – Green Dragon à 31 milles
7 – Ericsson 4 à 49 milles
8 – Team Russia – DNS
Moins de 3000 milles
Flash back
La boucle est bientôt bouclée. Leader incontesté depuis 36 jours, Michel Desjoyeaux est passé sous la barre des 3 000 milles à courir d’ici la ligne d’arrivée. Plus qu’une petite dizaine de jours en Atlantique Nord, en commençant par une belle progression dans les alizés de Nord-Est puis un contournement obligatoire de l’anticyclone des Açores avant une probable (mais non certaine) cavalcade au portant dans le golfe de Gascogne.
Petit flash back : le 15 novembre, les leaders du Vendée Globe étaient sur la route opposée, aux abords du Cap Vert. A l’époque, 26 bateaux étaient encore en lice, emmenés par le trio Loïck Peyron, Jean Le Cam et Sébastien Josse. Foncia, classé 22e accusait alors son plus important retard (671 milles) sur la tête de course. C’est dire si l’eau salée a coulé sous les coques et les déferlantes balayé les ponts des 60 pieds ! Le fameux tiercé du 15 novembre a depuis été décimé et ils ne sont plus que 12 à espérer terminer leur tour du monde.
De l’espoir jusqu’au finish
Parmi ces douze, chacun a déjà eu sa part d’émotions fortes, son lot de péripéties. " Ma course est très différente que ce que j’imaginais au départ " concédait Marc Guillemot à la vacation du jour. " Mais elle est d’une grande richesse et malgré toutes les émotions et les contrariétés techniques, il y a toujours de la motivation et des objectifs sportifs. Je suis à l’attaque, heureux d’être en mer, content d’espérer ". Curieusement, le retour des navigateurs en terrain connu, celui des grandes classiques en Atlantique, semble galvaniser les troupes. Le skipper de Safran, sur le point de s’extirper d’une zone de grains orageux au large du Brésil, lorgne en fait sur la dernière marche d’un podium actuellement occupée par Armel Le Cléac’h. Marco est à 830 milles de Brit Air, mais il sait qu’avec ses 82 heures de bonification (en réalité 71 heures nettes, Armel ayant perçu de son côté 11 heures), c’est chose possible. Sauf que Le Cléac’h, surnommé " le Chacal " pour sa propension à montrer les dents en compétition, n’a pas l’intention de lui céder un centimètre de territoire : " Je ne lâcherai rien, déclarait-il à la vacation, cette troisième place il faudra venir la chercher ! Jusqu’à la ligne d’arrivée, il peut se passer n’importe quoi, même pour les premiers et je peux vous dire que sur Brit’Air – qui navigue dans des alizés de sud-est très timides, ndr -, ce n’est pas ‘la croisière s’amuse’". A bon entendeur…
A vrai dire, personne ne se sent en croisière en ce 73e jour de course. Que ce soit Roland Jourdain (Veolia Environnement), encalminé dans " un pot au noir très noir ", et qui demande en plaisantant à Michel Desjoyeaux de ne pas trop s’échapper pour assurer jusqu’au bout le suspense de la course ; que ce soit Samantha Davies (Roxy), à la peine dans des vents mous et des grains orageux ou encore Dee Caffari (Aviva), au large de l’Uruguay, sur le point d’entreprendre une énième réparation de sa grand-voile délaminée. La navigatrice anglaise avait l’air déterminée à sauver son rang, entre Brian Thomson (Barhain Team Pindar) et Arnaud Boissières (Akena Verandas).
Les derniers au cap Horn à l’arrivée des premiers ?
Derrière ce top 8, les préoccupations et les conditions de navigation sont aussi variables que les positions sur l’échiquier de ce Vendée Globe. Steve White (Toe in the Water), qui ferme la liste de " Atlantistes " est en train de passer 11 milles dans l’Est des Malouines ; Rich Wilson (Great American III) est attendu ce week-end au cap Horn, tandis que Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) se dirigent vers la dernière porte de sécurité des glaces. Ces deux derniers concurrents devraient quitter le Pacifique quand les premiers arriveront aux Sables d’Olonne !
Classement de 16h00 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 2950,5 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 373,5 milles du premier
3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1019,7 milles
4- Marc Guillemot (Safran) à 1848,3 milles
5- Samantha Davies (Roxy) à 1919,2 milles
6- Brian Thomson (Barhain Team Pindar) à 2582,2 milles
7- Dee Caffari (Aviva) à 2598,9 milles
8- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 2740,2 milles
9- Steve White (Toe in the Water) à 3664,6 milles
10- Rich Wilson (Great American III) à 5162,4 milles
11- Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) à 6878,8 milles
12- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 6887,4 milles
35 jours de règne et l’équateur pour Desjoyeaux
Michel Desjoyeaux (Foncia) est-il sorti de ce satané pot-au-noir avant même de franchir l’équateur ? C’est possible au regard des vitesses de retour à la hausse ce matin (9,9 nœuds). Mais la méfiance reste de mise tant cette zone imprévisible, où la violence des grains n’a d’égal que leur soudaineté, peut réserver encore bien des surprises à l’incontestable leader de ce 6e Vendée Globe. A 334 milles au sud, Roland Jourdain (Veolia Environnement) ne se pose pas de questions. En 36 heures, il a repris 160 milles à son compère et ça doit suffire à lui remonter le moral. A 13,3 nœuds de vitesse ce matin, il exploite toujours un alizé conséquent pour grappiller tous les milles possibles sur son adversaire. Pointé à 22 milles de l’équateur à 4h30 mardi, Mich’ Desj’ devrait signer son retour dans l’hémisphère Nord aux alentours de 7h00. En 2004, Vincent Riou avait coupé l’équateur 14 jours avant son arrivée triomphale aux Sables-d’Olonne. Mais le pot-au-noir se trouvait encore sur sa route…
Guillemot revient, White a franchi le Horn
Pour Samantha Davies (Roxy), quatrième au sud de Rio, ce n’est pas le pot-au-noir mais le résultat est le même. La jeune Anglaise lutte depuis plus de 24 heures avec des vents très faibles et affiche une moyenne journalière de seulement 6,5 nœuds. Au même moment, Marc Guillemot (Safran), plus près de la côte brésilienne, conserve une vitesse constante (11,6 nœuds) qui lui permet de revenir à seulement 35 milles de son adversaire… contre 350 il y a 48 heures !La régate est à peine moins serrée entre le trio Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) / Dee Caffari (Aviva) / Arnaud Boissières (Akena Vérandas) au large de la péninsule de Valdès (Argentine). Sur son bateau de dix ans d’âge, le Français ne peut tenir le rythme imposé par ses concurrents britanniques. Dee Caffari, flashée ce matin à 16,9 nœuds malgré sa grand-voile ajourée, signe une nouvelle fois la plus grande performance en 24 heures. Enfin Steve White (Toe in the Water) a franchi le Cap Horn lundi soir à 21h30. Mais de nuit dans une mer agitée, l’Anglais n’a pu admirer le mythique rocher qu’il contournait pour la première fois. Il ne reste plus que trois solitaires dans le Pacifique qui devront respectivement patienter une et deux semaines avant de connaître la délivrance des mers du sud. Le doyen américain Rich Wilson (Great American III) précède de 1500 milles le duo de queue Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) / Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch).
Classement à 5h00 : 1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 3266 milles de l’arrivée 2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 334 milles du premier 3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1022 milles 4- Sam Davies (Roxy) à 1898 milles 5- Marc Guillemot (Safran) à 1933 milles 6- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2590 milles 7- Dee Caffari (Aviva) à 2659 milles 8- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 2707 milles 9- Steve White (Toe in the Water) à 3685 milles 10- Rich Wilson (Great American III) à 5152 milles 11- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 6877 milles 12- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 6886 milles RDG Vincent Riou (PRB), 3e. (30 concurrents au départ. RDG = réparation accordée par le jury)


















