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Retour sur les arrivées de la journée

Arrivée Akena Vérandas
DR

C’est sous une pluie diluvienne que les bateaux en lutte pour la cinquième place se sont présentés sur la ligne d’arrivée. Tout le monde attendait Veolia Environnement, quand la voile de W Hotels est apparue derrière la jetée du port de commerce, à la surprise générale. Pourtant Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias pensaient avoir fait le plus dur en virant de bord opportunément dans un grain la nuit dernière. Au premières heures de la matinée (en heure française), ils possédaient encore une avance de cinq milles sur leurs adversaires… Leur joli monocoque rouge avançait tranquillement vers la ligne quand sous un grain, ils ont vu revenir à leur vent, Alex Pella et Pepe Ribes lancés comme une fusée… Le temps qu’ils reprennent à leur tour du vent, le tandem espagnol était repassé devant et réussissait à conserver cet avantage jusque l’arrivée.

C’est un peu le même scénario qui se répétait, trois heures plus tard, quand Akena Vérandas soufflait, au nez et la barbe de l’équipage d’Aviva la septième place dans les derniers milles. Arnaud Boissières et Vincent Riou, longtemps relégués en queue de peloton n’ont eu de cesse de se dire que toute place était bonne à prendre après une option sud qui les avait plongés dans les profondeurs du classement. C’est à la faveur d’un bord radical dans les derniers milles qu’ils ont réussi à prendre le meilleur sur les deux Britanniques.

Roland Jourdain, Veolia Environnement,  « Avant on avait les Anglais maintenant on a les Espagnols ! C’était rude ! On s’est éclaté parce qu’il y avait une belle bagarre pour la première place dans le deuxième groupe !  Cet arrêt technique, on aurait aimé s’en passer. On ne pensait pas que ce serait aussi douloureux. Hier matin c’était l’enfer, on attendait du vent d’est et du nord et en fait on a eu du sud. Derrière on a vu un bateau qu’on a réussi à larguer. Hier soir, on l’a retrouvé et on a empanné. Dans un grain, on a viré et on leur a mis 5 milles. Et ce matin, on arrivait tranquille et on a vu un bolide arriver à fond, on a cru que c’était un bateau à moteur ! Ce n’est pas poli ! On voit bien que Veolia a des trous par rapport aux bolides neufs. On arrive encore à faire des coups parce que je connais la mobylette mais c’est frustrant quand même. »

Alex Pella, W Hotels, « C’était notre première course en double avec Pepe sur un IMOCA et le fait d’arriver cinquième est vraiment une belle satisfaction. Les dernières heures ont été incroyables avec Veolia Environnement. On ne savait pas où ils étaient, on l’a su seulement ce matin. On était tous en furtif mais avec Veolia on s’est vu toute la nuit. Entre nous deux, ça n’a pas servi à grand-chose. Nous venons de faire un très bon entraînement pour la Barcelona World Race. Nous sommes très contents d’être venus sur cette course. Notre classement est un très bon classement pour nous ! »

Akena Vérandas est arrivé à Puerto Limon aujourd’hui à 8 heures 50 minutes et 12 secondes (heure locale) soit 15 heures 50 minutes 12 secondes (heure française). Arnaud Boissières et Vincent Riou prennent la septième place des monocoques avec un temps de course de 19 jours 1 heure 20 minutes et 12 secondes. Satisfaits d’en finir avec cette Transat Jacques Vabre 2009 et manifestement fatigués, Arnaud Boissières et Vincent Riou se sont laissés aller à quelques commentaires à leur arrivée à Costa Rica…

Vincent Riou : « Cela a été un peu compliqué parce qu’on a fait une grosse bourde au départ, on s’est trompé de chemin. Après, les conditions ont été un peu musclées et il y a pas mal de boulot sur le bateau. Il y a eu deux courses dans la course. On a fait notre course derrière avec le paquet des retardataires, c’est ce qui fait qu’aujourd’hui on arrive fatigué ! Cette nuit on a tenté le tout pour le tout en optionnant mais ça n’a pas marché. Cela a manqué de peu ! »
Arnaud Boissières : « On est parti pour un deuxième départ après notre option qui n’a pas été payant et on a bataillé pour recoller à certains. On ne s’en est pas si mal tiré que ça. L’option n’était pas payante mais ça fait partie du jeu. Je suis satisfait parce que Dee est juste derrière moi et qu’elle était juste devant moi sur le Vendée Globe !»

Aviva est arrivé à Puerto Limon aujourd’hui à 9 heures 17 minutes et 12 secondes (heure locale) soit 16 heures 17 minutes et 12 secondes (heure française). Les deux Britanniques, Dee Caffari et Brian Thompson prennent la huitième place des monocoques avec un temps de course de 19 jours 1 heures 47 minutes et 12 secondes. Comme leurs prédécesseurs, ils ont parlé à l’arrivée d’une course très dure…

Dee Caffari : « Je suis vraiment contente que Brian, Aviva et moi soyons arrivés au Costa Rica. Ça a été une course difficile, non seulement à cause la météo extrême de la première semaine mais aussi à cause des problèmes continus avec le générateur et le manque d’électricité à bord qui en a découlé. Naviguer avec Brian a été une super expérience, nous nous sommes bien entendus à bord et nous nous sommes soutenus dans les moments plus difficiles ! »
Brian Thompson : « Le fait que dix des quatorze bateaux au départ sur un plateau tellement élevé soient à l’arrivée montre à quel point les conditions ont été difficiles en début de course. La collaboration entre Dee et moi a bien fonctionnée et nous avons beaucoup tiré sur Aviva. Je suis content d’avoir pu rester compétitif jusqu’à la fin, à nous battre avec Akena Verandas et les autres en milieu du paquet. »

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Team Artemis et Team Aqua retrouvent la forme

La flotte RC44 à Dubaï
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Quatre courses ont pu être disputées avec un vent faible et variable avec quatre vainqueurs. Artemis et Team Aqua, les deux équipes qui mènent au classement avaient besoin de renouer avec le succès après leurs déceptions dans la partie match racing. C’était l’équipe locale de Sea Dubai, avec Yousef Lahej à la barre, qui a remporté la première course avec une marge confortable devant Islas Canarias Puerto Calero et No Way Back. Avec leur cinquième et neuvième place, des doutes s’installaient sûrement dans l’équipe d’Artemis et Team Aqua.

Cependant lors de la seconde course, Artemis avec Tim Snedden à la barre dévoilait son vrai visage en terminant second derrière Team Austria. Pour Aqua par contre les déceptions continuaient encore avec l’équipe de Chris Bake à l’arrière de la flotte. Bien soutenu par ses proches, Bake a enfin montré son talent lors de la troisième course pour terminer en seconde place. Cette course a été la plus passionnante de la journée avec une bataille intense entre No Way Back, Artemis, Katusha, Team Sea Dubai et Team Aqua. Artemis a enfin signé la victoire avec Aqua second. Malheureusement par la suite le vent a faibli pour la dernière course de la journée remportée par No Way Back. A noter la bonne prestation de Pieter Heerema à la barre et cela malgré des côtes fêlées….

Demain place à la longue course côtière comptant pour le Trophée DHL et puis ensuite dimanche les dernières courses en flotte se disputeront à Dubaï.

Courses en flotte
1) Artemis, Tim Snedden, 5, 2, 1, 3 – 11 points
2) No Way Back, Pieter Heerema, 3, 3, 4, 1 – 11 points
3) Team Sea Dubai, Yousef Lahej, 1, 5, 3, 10 – 19 points
4) Team Aqua, Chris Bake, 9, 7, 2, 2 – 20 points
5) Puerto Calero Islas Canarias, Daniel Calero, 2, 10, 8, 4 – 24 points
6) Team Katusha, Bob Little, 4, 9, 5, 6 – 24 points
7) Organika, Maciej Nawrocki, 7, 4, 9, 5 – 25 points
8) Team Austria, Christian Binder, 6, 1, 10, 9 – 26 points
9) BMW ORACLE Racing, Neville Crichton, 10, 6, 6, 8 – 30 points
10) Ceeref, Igor Lah, 8, 8, 7, 7 – 30 points

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Bernard Stamm : Solitaire et Rhum en 2010 !

Stamm et 40 pieds 2010
DR

En Class40 sur le Rhum
Bernard Stamm n’a pas l’intention d’attendre patiemment que son nouveau 60 pieds IMOCA soit paré pour reprendre la mer et participer au Vendée Globe 2012. Il retrouvera donc le Class40 Cheminées Poujoulat, mais cette fois en solitaire, pour la Route du Rhum dont le départ sera donné à Saint Malo le 31 octobre 2010.



Débuts en Figaro
Mais avant ce grand rendez-vous automnal, il fera ses débuts sur le circuit Figaro. Car même si le skipper de Cheminées Poujoulat possède une expérience conséquente, il n’a jamais participé à une course du circuit Figaro sur le Figaro 2. 
Le challenge est de taille et, s’il a souvent évoqué son envie de ‘faire une Solitaire’, Bernard Stamm a aussi toujours dit qu’il lui faudrait s’entraîner énormément pour être à la hauteur du défi.

Dès le mois d’avril 2010, il s’alignera donc pour une course en double en Figaro : La Transat AG2R au départ de Concarneau. Le 18 avril, la flotte mettra le cap sur Saint Barthélémy aux Antilles pour un périple d’environ 3700 milles. Soit trois semaines de course à armes égales sur un bateau de 10,10 mètres… 
 La Solitaire du Figaro s’élancera du Havre le 27 juillet. Elle s’achèvera quatre semaines plus tard à Cherbourg après quatre étapes. Cette ‘vieille dame’, comme l’appellent chaleureusement les marins, existe depuis 1970. Elle a révélé les plus grands navigateurs et continue de les attirer dans ses filets à l’instar d’un Desjoyeaux, Le Cam, Le Cléac’h ou autre Gautier qui reviennent régulièrement se frotter aux nombreux jeunes talents dont regorgent la Solitaire.



«Le programme sportif de 2010 est passionnant et nouveau pour nous, puisque jamais encore Bernard n’a participé à une Route du Rhum ou à une course du circuit Figaro. Ainsi, en attendant que Le 60 pieds IMOCA Cheminées Poujoulat soit prêt pour la saison 2011 et bien entendu le Vendée Globe 2012, notre aventure commune sur l’eau continue», explique Frédéric Coirier, le président du directoire du groupe Poujoulat.  

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Dart 18 : Dodé et Moreau champions du monde

Champions du Monde de Dart 18
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La journée de jeudi n’a pas été de tout repos pour le tandem français car il a dû faire face à un gros souci technique. L’équipe a en effet découvert une fissure dans la poutre et une réparation a pu être effectuée rapidement.

Emmanuel Dodé et Fred Moreau n’ont pas besoin de participer à la dernière course prévue ce vendredi. La médaille d’argent reviendra aux Britanniques David Lloyd et Joanna Jones-Pierce. En revanche, la bataille pour la troisième place fait rage et il est encore possible de voir Thierry et Christine Wibaux monter sur le podium. 

Les Régates d’Aruba pour les catas de sport ont été dominées par les Néerlandais. Le titre revient aux frères Pols, qui ont remporté toutes les courses de la semaine.

Championnat du Monde de Dart 18 après 9 courses
1.    FRA – Emmanuel Dodé & Fred Moreau, 9 points
2.    GBR – David Lloyd & Joanna Jones-Pierce, 20 points
3.    GER – Matthias Huber & Dominik Volke, 30 points

Régates d’Aruba de catas de sport:
1.    NED – F18 – Xander & Mark Pols, 7 points
2.    NED – F18 – John Moret & Paul Smissaert, 18 points
3.    NED – Tornado – Leo Ambtman & Maarten Kroon, 23,5 points

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Nautic : les bateaux arrivent !

Nautic 2009
Nautic 2009

Depuis le début de cette semaine, les bateaux exposés au Nautic envahissent les rues de la capitale. La logistique déployée est toujours aussi impressionnante, notamment pour les grands catamarans, et le parcours traverse tout le sud de Paris.

 Mardi soir vers 22h, le premier convoi entrait dans la capitale par la Porte d’Orléans, puis les boulevards Raspail et Montparnasse avant d’embouquer la rue de Vaugirard…à contre sens.
Les couloirs de bus et de tramway sont devenus de véritables parcours du combattant pour ces grands bateaux, plus conçus pour le grand large que pour la forêt de mobilier urbain. Les catamarans de Fountaine Pajot et de Catana ont donc dû passer par dessus un nombre incalculable de feux rouges, abribus et autres bornes ou sous les décorations de Noël avant de pouvoir accéder au Pavillon 1 de la Porte de Versailles. En tout, le début de semaine plus de 150 convois sont entrés dans la capitale.

Ce sont d’abord les plus gros bateaux à voile qui entrent dans Paris, car ils occuperont le centre du Pavillon 1 durant le Nautic. Puis, les moins gros arriveront à partir de la nuit prochaine, suivis par les plus petits. L’organisation administrative et logistique est très rigoureuse car faire tenir près de 700 bateaux (dont près de 200 nouveautés), venant des quatre coins d’Europe en quelques nuits, dans le parc des expositions est un vrai casse tête chinois.

A bientôt au Nautic…

Source : Le Nautic
www.salonnautiqueparis.com

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Alta Sails : une nouvelle voilerie est née.

Alta Sails
Alta Sails

Cette fin d’année 2009 donne naissance à une nouvelle marque de voiles : la voilerie Alta Sails est née de la rencontre de 2 voiliers et d’un coureur. Pascal Allain, voilier à Piriac sur Mer depuis 7 ans, Philippe Guillomet, voilier à Brest depuis 10 ans et Damien Seguin, coureur Paralympique 2 fois médaillé des JO en 2.4 à Athènes puis Pékin.

La voilerie Alta Sails conçoit et fabrique ses voiles pour des propriétaires, des structures sportives et des chantiers aux bateaux personnalisés. Du dériveur au croiseur habitable toute taille, du mono au multicoque, de la régate autour de 3 bouées à la course océanique, de la croisière côtière à la croisière hauturière.
Le positionnement choisi est qualitatif, il répond autant à la demande de voiles classiques à fort rapport qualité/prix, qu’aux voiles techniques réfléchies et spécifiques faisant appel à un savoir-faire et à des technologies de pointe maîtrisées.

Pour la croisière, la Gamme Alta Easy propose des voiles prévues pour une  utilisation côtière, faciles à utiliser, résistantes et économiques. Alta Offshore propose des voiles de croisière prévues pour une utilisation hauturière.
En Racing, la gamme Alta Racing développe des voiles de course pour des parcours de type banane ou pour la course au large, le profil, le choix du tissu et les finitions pensés pour vous faire naviguer plus vite et plus longtemps.
Enfin, la Gamme Alta One Design pour des voiles haute performance de courses exclusivement conçues dans le respect des jauges.
Damien Seguin et Armel Tripon sont d’ailleurs arrivés 4èmes de la Solidaire du Chocolat sur leur Class 40 Cargill MTTM Ville de Guérande avec une Grand Voile Alta Racing en Membrane D4 Kevlar renforcée Alta Offshore.

La voilerie Alta Sails vous convie à son inauguration au Nautic le Dimanche 6 Décembre à 18 heures sur le Stand de la Région Pays de la Loire : Hall 1 Stand R83.

Source : Alta Sails
www.altasails.com

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Ceeref remporte le Championnat RC44 de match racing

Ceeref à Dubaï
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Hier faute de vent les courses n’ont pas pu être disputées. Aujourd’hui c’était avec un vent très faible qu’une partie de l’épreuve a pu être organisée, avec cinq flights mais sans finale. Néanmoins les résultats de la journée ont été comptabilisés et un classement officiel établi.
La journée a mal débuté pour Dean Barker et Artemis avec un souci de gouvernail lors du pré-départ dans le match face à Team Sea Dubai. Markus Wieser, à la barre du bateau de l’équipe locale a profité de la situation en infligeant une pénalité sur son adversaire, ce qui lui a permis de gagner la course, malgré les efforts d’Artemis. En effet, Barker a mis en place une barre de secours qui ne lui permettait pas d’être à l’aise.

Certes l’équipe technique a réparé l’avarie, mais il semble évident qu’Artemis en a souffert toute la journée, car les résultats étaient bien inférieurs à ce que nous avons l’habitude de voir de cette équipe. Ironie du sort, c’était Rod Davis, l’entraîneur d’Artemis, qui prenait exceptionnellement la barre de Ceeref à cause de l’indisponibilité du barreur habituel Sébastien Col. En tout cas sa performance était exceptionnelle avec des moments très forts comme lors de la rencontre avec Team Aqua, lorsqu’il a pu dévoiler tout son talent, et l’équipe a terminé la journée sans avoir perdu un seul match.

La déception était immense aussi du côté de Team Aqua, qui termine cette journée en dernière place, ce qui engendrait une chute au classement final de la saison de la troisième à la septième place. A noter en revanche la bonne prestation de Karol Jablonski (Organika) après sa victoire avec Synergy dans le Louis Vuitton Trophy à Nice.

Demain, place aux courses en flotte. C’est Artemis qui est actuellement en tête avec deux points d’avance sur Team Aqua après sa belle victoire à Portoroz le mois dernier. Mais après les résultats de cette journée, la tension monte sûrement d’un cran chez les leaders…


RC 44 Gold Cup de Dubaï – Match-race
1) CEEREF, Rod Davis, 4 points
2) Islas Canarias Puerto Calero, José Maria Ponce, 3 points
3) Organika, Karol Jablonski, 3 points
4) No Way Back, Ray Davies, 2 points
5) BMW ORACLE Racing, Morgan Larson, 1,5 points (including 0,5 point penalty)
6) Team Katusha, Paul Cayard, 1 point (including 2 points penalty)
7) Team Austria, Christian Binder, 1 point
8) Team Sea Dubai, Markus Wieser, 1 point
9) Artemis, Dean Barker, 1 point
10) Team Aqua, Cameron Appleton, -2 points (including 3 points penalty)


Championnat RC 44 – Match-race:
1) CEEREF, 13 points
2) No Way Back, 20 points
3) Organika, 24 points
4) Artemis, 27 points
5) BMW ORACLE Racing, 28 points
6) Islas Canarias Puerto Calero, 29 points
7) Team Aqua, 32 points
8) Katusha, 45 points
9) Team Sea Dubai, 45 points
10) Team Austria, 51 points
11) Jelik, 65 points

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Guillemot/Caudrelier : retour sur victoire

Safran vue dessus 2009
DR

Marc, cette transat est-elle un moment fort de ta carrière nautique ?

C’est ma première grande victoire sur une course océanique : il faut être tenace ! C’est avant tout une victoire partagée avec Charles, mais aussi avec les designers, l’équipe technique et le groupe Safran. Et c’est une grande satisfaction que Groupe Bel termine second : nous ne serions pas allés aussi vite après les Açores sans sa pression constante. Nous nous sommes tous les deux imposés un rythme très élevé.

Il y a trois ans, le choix des architectes était original !

Il y a une petite fierté à avoir monté un collectif architectural comme celui de Safran, avec Guillaume Verdier, Marc Van Peteghem et Vincent Lauriot-Prévost. C’est aussi une satisfaction qu’un grand groupe technologique ait accepté ce concept hors des sentiers battus avec ces architectes, ce constructeur (Thierry Eluère), cette équipe technique. Être précurseur sur tous ces secteurs était aussi novateur et risqué.

Embarquer plutôt des jeunes équipiers, est-ce un choix délibéré pour toi ?

Je pense que deux coureurs du même âge ont une expérience nautique similaire : il y manque la complémentarité dans l’approche et la perception. Quand j’en ai la possibilité, je préfère choisir un navigateur issu de la Solitaire du Figaro (Armel Le Cléac’h, Charles Caudrelier Benac…) ou de l’olympisme (Sidney Gavignet, Yann Guichard…), pour apporter un vrai plus au projet.

Qu’est-ce que l’association avec Charles t’a apporté ?

Charles m’a imposé la recherche permanente de la performance : je suis plus focalisé sur la gestion du bateau et du long terme. Ces dernières années, je n’ai pas eu l’occasion de courir au contact, sur des épreuves très exigeantes à court terme. En course océanique aujourd’hui il faut aussi être très concentré sur la constance de la vitesse, l’optimisation des trajectoires, le contrôle de ses concurrents. Sortant de la Solitaire du Figaro, Charles y est extrêmement bien préparé.

Charles, comment navigue-t-on avec un marin plus expérimenté que soi ?

Marc m’a apporté une plus grande rigueur, surtout dans l’attention constante qu’il faut porter au bateau. Par exemple, j’avais oublié de bloquer la drisse de gennaker au winch après l’avoir envoyée et mis au taquet de mât : si Marc n’avait pas été à l’affût, on aurait arraché le taquet et le gennaker était à l’eau ! La vigilance est fondamentale sur ces bateaux.

Comment s’est déroulée cette transat en termes de rythme ?

« Il y a eu quatre phases dans cette Transat Jacques Vabre : la sortie de Manche, la décision de rester sur l’orthodromie au cœur de la dépression, l’atterrissage sur les Antilles et la mer des Caraïbes, avec une zone complexe à 200 milles de l’arrivée. Cette dernière phase nous a imposé de bien négocier une dépression tropicale sur la Colombie avec les derniers milles dans du vent faible et instable ».

Marc, il y a eu un choix essentiel deux jours après le départ…

Nous n’avions rien défini au départ du Havre en termes de fonctionnement à bord : Charles s’est attelé naturellement à la tactique, au défrichage des fichiers météo. Quand au bout de deux jours de mer, il a fallu choisir entre la route de l’Ouest ou celle du Sud, la décision a été rapide : nous ne voyions pas de porte de sortie par le Sud et nous étions certains de la fiabilité de Safran. L’Ouest était donc la voie logique.

Charles, quelle différence par rapport à la première Transat, où vous aviez terminé à la deuxième place ?

Le parcours de cette édition est nettement plus intéressant : une transat Nord-Sud n’offre pas beaucoup d’opportunités stratégiques contrairement à une traversée Est-Ouest. Il y a deux ans, lorsque j’ai participé à la Transat Jacques Vabre avec Marc, Safran sortait tout juste du chantier ! On ne connaissait pas encore ses spécificités alors qu’aujourd’hui, après deux saisons et un Vendée Globe, Safran est totalement fiabilisé, à 100% de son potentiel.

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Un 60 pieds Kouyoumdjian pour Bernard Stamm

bernard stamm
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Juan Kouyoumdjian  l’architecte franco-argentin qui a dessiné les bateaux vainqueurs des deux dernières éditions de la Volvo Ocean Race : Les deux ABN-Amro il y a quatre ans et les deux Ericsson, cette année. Le puissant 60 pieds IMOCA Pindar est également sorti des cartons de sa société. Au fil du temps et de ses réalisations, JYD a assis une solide réputation de créateur de design innovateur qui dépasse largement les limites de la technologie et de l’imagination. Basée à Valence, en Espagne, la société de Juan Kouyoumdjian est composée d’un team multiculturel spécialisé dans le design haute performance appliqué à la course à la voile. JYD compte parmi les bureaux d’études les mieux équipés en terme de calculateurs et de logiciels de CAO. La société est aujourd’hui à l’avant-garde du design et de l’ingénierie des bateaux à voile.

Construit chez Décision, en Suisse !

Autre originalité du projet : la construction chez Décision SA, en Suisse. De nombreux projets d’envergure, tels que les maxi-voiliers UBS Switzerland, Merit, les fameux catamarans D35, ou encore les célèbres monocoques rouges du Défi Suisse Alinghi vainqueurs de la Coupe et tout récemment  le multicoque géant d’Alinghi pour le Dog Match ont vu le jour chez Décision SA. Si le chantier n’est pas à proprement parler un spécialiste des 60 pieds, son savoir faire en matière de composites et de bateaux rapides n’est plus à démontrer. Et n’oublions pas que Bernard Stamm est Suisse…

Un volet scientifique

Le 60 pieds IMOCA de Bernard Stamm servira également de plate-forme d’études scientifiques des océans. Un comité scientifique piloté par Océanopolis a été créé pour cela, regroupant des personnalités du monde de l’étude des mers et de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Dans un premier temps, ce groupe d’experts va définir le ou les projets retenus pour les accompagner sur plusieurs années. Outre Océanopolis qui en sera le chef d’orchestre avec l’école polytechnique fédérale de Lausanne, on y retrouvera des experts de l’institut de recherche pour le développement, de l’école nationale supérieure d’ingénieurs, du pôle mer Bretagne, de l’institut universitaire européen de la mer, d’IFREMER, de Climsat et de Météo France.

Le soutien de la famille Landolt

C’est Marc Edouard Landolt qui a permis à Bernard de construire son premier 60 pieds avec lequel il avait pris le départ du Vendée Globe en 2000. Les deux hommes se connaissaient depuis longtemps. Pour la petite histoire, Bernard Stamm travaillait au chantier ‘l’abordage’ de Pully, après ses années de marine marchande, il préparait le bateau de Marc Edouard Landolt que Bertrand Cardis, le directeur de Décision S.A, skippait… Pierre Landolt, le frère de Marc Edouard, aujourd’hui disparu, a pérennisé le soutien de son frère et décidé, au travers de la fondation familiale, de construire ce nouveau bateau. Quand Bernard Stamm et Pierre Landolt ont pensé à Décision S.A. pour la construction du 60 pieds, la chose est apparue naturelle. C’est donc la famille Landolt qui sera armateur du nouveau 60 pieds et, aussitôt que le bateau sera construit, un autre partenaire fidèle rejoindra le projet pour accompagner le programme sportif de Bernard. Il s’agit de Cheminées Poujoulat, sponsor du skipper suisse depuis de longues années.

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Foncia quatrième à Puerto Limon

Foncia - arrivée à Costa Rica
DR

Michel Desjoyeaux : « Depuis que le groupe du Nord est redescendu d’en haut et fait du Sud, nous connaissions notre place. En allant en bas on a fait six heures à plus de 40 nœuds, c’est tout. Peut-être qu’on n’aurait pas souffert en haut mais on savait qu’ils prendraient plus cartouche que nous en bas. Prendre 50 nœuds au portant ne me pose aucun souci, mais 50 nœuds au bon près, ça ne m’amuse pas. On a passé les nuits sous la casquette en pantalon de ciré, pas besoin de veste contrairement aux autres. Mike Golding est sorti quasiment en même temps que les deux premiers mais il est sorti cuit. On n’a pas fait la même course. On s’est fait influencer par Jean-Yves Bernot qui ne nous envoyait pas sur la route Nord, disant qu’elle était bonne mais casse bateau. Ils sont passés bravo ! C’est celui qui gagné qui a raison… »

Jérémie Beyou : « On pouvait imaginer qu’ils passeraient mais pas aussi vite. Ils se sont peut être retrouvés en avant par rapport à la météo et ça s’est barré par devant. On serait sorti avec 200 milles de retard c’était jouable. En route directe ça faisait 500 milles. Mais sur ça tu n’as pas la visibilité à 8 -10 jours. A près 5 jours on savait. Hugo Boss et 1876 sont partis tout en haut, en haut… Ils ont pris des risques alors qu’il y avait d’autres solutions. »

Habitué à une place sur le podium, Michel Desjoyeaux devait accepter la quatrième place hier, car Mike Golding l’a précédé de 7 heures et 15 minutes. « Avant qu’on passe en mode furtif, je pense qu’on aurait pu les taper. Il a raccroché les wagons et il a bien fait. Le mode furtif maintient de suspense jusqu’au bout. Sur le principe, je trouve que c’est drôle. On aurait pu imaginer un regroupement beaucoup plus proche des Açores et ensuite re-éclaté. On aurait pu se retrouver en milieu de course avec un réel intérêt pour le mode furtif. »

Une déception, certes, mais Michel a conclu avec cette phrase laconique : « Je pense que je ferai de la voile l’année prochaine… »

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