Accueil Blog Page 1522

Montée au front

Telecom Italia
DR

Avant d’aller au front, au propre comme au figuré, les 24 équipages tentent de tirer le meilleur des conditions dont ils disposent pour glisser sur la route. La plupart des duos ont choisi leur camp : ils prennent le large et mettent beaucoup d’ouest dans leur cap… Une course contre la montre est en effet engagée avec le train de dépressions, qui se met en ordre de marche vers le golfe de Gascogne. Sur l’eau, le renforcement progressif du vent (jusqu’à 28 nœuds de sud-est ce lundi après-midi), la couverture nuageuse qui assombrit le ciel, et les vagues plus promptes à mouiller le pont des voiliers, ne trompent plus personne : les conditions météo se dégradent progressivement. Comme prévu, ça monte et ça se corse crescendo. Le Golfe gronde déjà. Bientôt, il se mettra dans tous ses états.

Esquiver les coups, éviter les chocs
Les équipages se préparent à faire le dos rond. À bord de tous les bateaux, les esprits se tendent pour mieux anticiper les manœuvres dans le plus fort du coup de vent. Ils profitent de la période de transition entre les deux systèmes pour mieux esquiver les coups et éviter les chocs. Ils s’efforcent aussi de tirer le meilleur de leur 40 pieds dans des conditions encore propices à la glisse comme en témoignent les vitesses enregistrées ces dernières heures : près de 15 nœuds du côté de Cheminées Poujoulat ; pas loin de 16 pour le duo d’Initiatives-Novedia (De Lamotte-Hardy), qui occupe par ailleurs une position intéressante. Il affine sa trajectoire et dose entre ouest et sud.

Option italienne
La course n’en a effectivement pas encore perdu ses droits alors que les prévisions n’annoncent rien de réjouissant. Moins de 24 heures après le départ de Saint-Nazaire, de grandes options stratégiques de dessinent néanmoins. Tous les regards se braquent déjà sur le sillage des Italiens, Giovanni Soldini et Pietro D’Ali, fermement décidés à gagner dans le sud. Ils plongent quitte à emprunter une route qui les emmène non loin du cap Finisterre, pourtant réputé pour l’état désastreux de sa mer et la violence des rafales qui y sévissent au passage d’un front. Comme le veut le jargon, ils tentent de faire la cuillère par le dessous pour s’extirper au plus vite et peut-être se faufiler en dessous du vaste système de basses pressions attendu et redouté. Ils affichent désormais près de 30 milles de retard sur les premiers, mais persistent et signent sur des chemins détournés. Affaire à suivre après une nuit que tous annoncent mouvementée. Aux abords du cap Finisterre comme plus au large, cette nuit, la guerre du Golfe aura bien lieu. Vivement demain…

- Publicité -

Les leaders prennent de la vitesse

Transat 6.50 2009 - Francisco Lobato
DR

Impressionnant ! Réellement impressionnant de voir la puissance du plan Finot-Conq et la maîtrise de son skipper qui placent 65 milles d’écart sur le deuxième, HP Schipman (Maisons de l’avenir-Urbatys). Un
HP qui n’est pas à mettre au rayon des moins rapides de cette Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50, il l’a largement prouvé ! Et derrière cela continue de creuser avec un François Cuinet (Plan Jardin), qui continue de pousser sur son plan Bouvet 2002, mais qui ne peut que constater la puissance, dans tous les sens du terme, du nordiste. 74 milles de retard pour le sudiste ! Et cela continue avec les deux plans Manuard qui font pourtant parler l’écume en ce moment claquant des vitesses « supersoniques » de 12,53 nœuds pour Bertrand Delesne (Entreprendre durablement) et de 12,33 nœuds pour Stéphane Le Diraison (Cultisol-Marins sans frontières). Les protos taillés pour le reaching donnent le maximum… C’est maintenant ou jamais. Quoi qu’il en soit, l’accordéon a joué son air favori une fois de plus au sortir du
Pot au Noir et Thomas a réussi à caler presque 100 milles entre lui et le 5e… Respect et mission accomplie d’autant qu’il continue d’œuvrer pour ne laisser de prise à personne ! Inutile de dire que, au regard de ce qu’il se passe actuellement, le nordiste va être difficile à rattraper. Seul compte maintenant un chiffre : les 03 heures et 35 minutes qu’il a de retard sur Bertrand Delesne enregistrées lors de la
première étape… Et là, pour le moment, Thomas Ruyant les a largement croquées !

La bataille a bien lieu…

Si la première étape a rapidement tourné au one boat show de Francisco Lobato (ROFF TMN), ce n’est pas le cas de la deuxième ! 1,48 milles séparent le portugais toujours en tête de Charlie Dalin (Cherche sponsor-charliedalin.com) qui revient au contact…inexorablement. Plus rapide, Charlie est en passe de ravir la première place du classement au portugais qui se doit de gagner dans le sud-est et de se recaler sur la route directe. Car, l’archipel Fernando do Noronha est bien là, juste dans l’axe de la route… Et inexorablement, il faut gagner dans le vent et donc le serrer… Avec son option ouest, Francisco n’est clairement pas dans une situation optimale de cap/vitesse. Quelques petits degrés de cap en moins pour Francisco qui peuvent se traduire par quelques dixièmes de nœuds en plus pour Charlie… En 3e position, Ricardo Apolloni (Ma Vie pour Mapei) continue de s’accrocher et s’il compte 25 milles de retard sur le duo leader, il est important de noter que l’italien a réussi à placer 20 milles avec le groupe de suiveurs. Et là, difficile de savoir qui va sortir son étrave du jeu ! Fabien Sellier (Surfrider Foundation), Mathis Prochasson (Manupoki-Avico) auteur d’une superbe remontée par ailleurs, Antoine Debled (Regionsjob.com), Xavier Macaire (Masoco Bay), Giancarlo Pedote (Prysmian), Matthieu Galland (Groupe Setec), Sébastien Rogues (Eole Generation- GDF SUEZ)… sont tous au coude à coude et naviguent à vue. Cela est bien parti pour se jouer à vue dans la Baie de tous les Saints distante pour ce groupe de 950 milles. La barre des 1 000 milles est enfin tombée entrainant dans sa foulée le passage de l’équateur… La dernière ligne courbe via la corne brésilienne de Recife est maintenant dans les étraves ! Côté série, la fin de course va être passionnante et au contact jusqu’à la fin.

Les derniers du Pot…

Ils sont encore une petite dizaine à souffrir du Pot au Noir… Paradoxalement, il y a plus de prototypes encore pris dans les affres du Pot de glu que de Série. Mais, pour beaucoup ils touchent le flux de
sud avant de glisser dans le flux de sud-est annonciateur de l’alizé. Concrètement, ils sont en train de tirer des bords de prés pour progresser vers la porte de sortie, cap au sud. Dans ceux encore "scotchés", on trouve Izabel Pimentel (Petit Bateau), Fabrice Germond (Stratus), Staale Jordan (Stormy), Caroline Vieille (Fondation Jérôme Lejeune) et Maxence Desfeux (Matmut) qui ferme la marche à 8°27′ Nord. Maxence souffre à légèrement plus d’1 nœud entre deux poitages… En série, Emmanuel Laurent (Domaine des Thomeaux) est encore au contact de la zone compliquée… Il est à 8°52 Nord.

ETA : heure estimée d’arrivée
Au positionnement de 15h00 ce jour, Thomas Ruyant (Faber France) serait attendu à Salvador de Bahia jeudi 22 octobre dans la matinée.

Classement de 15 heures, lundi 19 octobre

Voiliers de série – 47 en course :

1- Francisco Lobato (Roff TMN) à 861,92 milles de l’arrivée
2- Charlie Dalin (cherche sponsor-charliedalin.com) à 1,48 milles du leader
3- Ricardo Apolloni ( Ma Vie pour Mapei) à 24,66 milles du leader
4- Fabien Sellier (Surfrider Foundation à 49,53 milles du leader
5- Mathis Prochasson (Manupoki-Avico) à 59,86 milles du leader

Voiliers prototypes – 32 en course :

1- Thomas Ruyant (Faber France) à 630,14 milles de l’arrivée
2- Henri-Paul Schipman (maison de l’avenir Urbatys) à 65,68 milles du leader
3- François Cuinet (Plan Jardin) à 73,43 milles du leader
4- Bertrand Delesne (Entreprendre Durablement) à 87,01 milles du leader.
5- Stéphane le Diraison (Cultisol Marins sans frontière) à 90,44 milles du leader
 

- Publicité -

Roma remporte la Global Cup à Lanzarote

Roma remporte la Global Cup
DR

Lors de la première course de la journée hier, ces deux bateaux en tête de la flotte se sont engagés dans une bagarre avec Team Nordic. Les drapeaux ont été soulevés par les arbitres lors de cette confrontation. En évitant ces soucis, Caser-Endesa (ESP) a pu prendre la tête de la course et a signé sa seconde victoire de l’épreuve. Roma a terminé troisième avec Islas Canarias Puerto Calero en seconde place, ce qui a réduit l’écart à huit points entre les deux équipes avant les deux dernières courses.

Lors de la seconde course, Team Nordic (SWE) a dû déclarer forfait. Roma et Islas Canarias Puerto Calero se sont retrouvés ensemble à la première marque. L’équipe italienne a remporté la bagarre, obligeant le bateau des Canaries à céder le passage aux autres bateaux, mais Roma n’a pas été très rapide non plus. Islas Canarias Puerto Calero a pu afficher ses capacités en vitesse pure pour prendre la tête de la flotte. Mais déjà Roma pouvait envisager calmement la dernière course avec une avance de sept points sur Canarias.

Caser-Endesa a pris le meilleur départ et menait à la marque, ce qui lui a permis de signer une nouvelle victoire. Islas Canarias Puerto Calero a essayé à maintes reprises de se positionner pour dépasser les autres, mais Caser-Endesa était la vedette de la journée avec un score de 1-3-1, sa meilleure journée de la série d’ailleurs. Mais même en finissant derrière, Paolo Cian et ses hommes avait fait le nécessaire et a remporté ainsi la Coupe du Monde au terme de ces quatre journées de courses à Lanzarote.

1. Roma (ITA, Paolo Cian), 27 points
2. Islas Canarias Puerto Calero (ESP, José María Ponce), 33 points
3. Caser-Endesa (ESP, Juan Luis Páez), 34 points
4. Turismo Madrid (ESP, José María Van der Ploeg), 48 points
5. Quebramar Xacobeo 2010 (POR, Felipe Regojo), 55 points
6. Airis (ITA, Roberto Monti), 58 points
7. Península Petroleum (GBR, John Bassadone), 84 points
8. Nordic Team (SWE, Magnus Olsson), 97 points

- Publicité -

La flotte s’étale sur 650 milles

Transat 6.50 2009
DR

Dans un alizé encore friable, inconstant en force et en direction, c’est bien de guerre des nerfs qu’il s’agit, au moment où les organismes paient à n’en pas douter leur tribut à deux longues semaines de course ponctuées par un pot au noir particulièrement usant. Ruyant tient en ses mains les cartes de son destin. Il s’est idéalement placé, cap sur l’archipel Fernando da Noronha, et son instinct, à l’égrainage des classements doit bien lui indiquer que dans son tableau arrière, les recalages des Schipman et surtout Bertrand Delesne (Entreprendre durablement), jouent en sa faveur.

Schipman nouveau dauphin

Point d’échappée belle, alors que les miasmes du pot au noir disparaissent progressivement pour les leaders de La Charente maritime/Bahia Transat 6,50, au bénéfice d’un ciel enfin bleu, et sur une mer désormais ordonnée dans le sens d’un vent orienté au Sud Sud Est. L’allure des Minis est toujours penchée contre le vent, mais sur une houle plus allongée, les étonnantes petites bêtes de course prennent progressivement de la vitesse. Efficace dans cet exercice, le surprenant HP Schipman, architecte naval de son état, et que l’on n’attendait pas à si belle fête, pousse significativement le curseur de ses performances. L’élève du cabinet Lombard a doublé sans coup férir François Cuinet qu’une navigation sans faille avait mené hier sur la seconde marche d’un très instable podium. HP fait parler la poudre, signant les meilleures vitesses du jour, et grignotant quelques précieux petits milles sur un Thomas Ruyant dont on se demande où sont les faiblesses. Bertrand Delesne ne les a pas trouvées, qui cravache à la 5ème place du général, sur une route désormais convergente pour gommer le déficit laissé là bas, loin dans une option à l’est de la route et qui ne s’est pas révélée à la hauteur de ses aspirations. Les allures proches du vent retardent ainsi, et pour 48 heures encore, les velléités des solitaires à lâcher les chevaux vers le Brésil. L’archipel de Fernando da Noronha est encore à une belle journée de route devant les étraves. A son approche, peut-être les solitaires pourront-ils s’appuyer davantage sur un flux en passe de tourner par le travers de leurs voiles, et entamer sous les côtes Brésiliennes une dernière ligne droite vers Bahia.

Un océan de contrastes

Ainsi qu’en témoignent les différents bateaux accompagnateurs judicieusement disséminés de part et d’autres de la flotte des 79 Minis encore en course, le terrain de jeu de l’océan Atlantique offre un visage des plus contrastés aux concurrents étalés sur 650 km. La tête de course, on l’a vu, profite d’un joli coin de ciel bleu, et évolue dans 15 noeuds de secteur Sud Sud Est. Un peu plus haut, dans le secteur que laboure aujourd’hui le leader des Séries, Francisco Lobato (Roff TMN), le vent souffle à plus de 20 noeuds et bloque les possibilités de recentrage du portugais. En milieu de flotte, on commence aussi à sortir de la grisaille. Le voilier accompagnateur "Solo" en atteste. Il navigue depuis hier avec un nouvel équipier, l’infortuné Antoine Rioux, contraint d’abandonner hier son proto "Nouvelle Calédonie". Antoine ne se laisserait pas abattre par ce coup du sort, et ferait contre mauvaise fortune bon coeur. Le pot au noir s’est en revanche étalé sur la queue du peloton, et c’est sous d’interminables trombes d’eau que les derniers protagonistes tentent de progresser dans un vent qui tourne et virevolte de… 360 degrés!


Classement de 15 heures, dimanche 18 octobre
Voiliers de série, 47 concurrents encore en course

1- Francisco Lobato (Roff TMN) à 1029,68 milles de l’arrivée
2- Charlie Dalin (cherche sponsor charliedalin.com) à 21,09 milles du leader
3- Ricardo Appoloni ( Ma Vie pour Mapei) à 29,31 milles du leader
4- Fabien Sellier (Surfrider foundation à 45, 54 milles du leader
5- Antoine Debled (Regios Job.com) à 62, 84 milles du leader


Voiliers prototypes
32 concurrents encore en course

1- Thomas Ruyant (Faber France) à 897,49 milles de l’arrivée
2- Henri-Paul Schipman (maison de l’avenir Urbatys) à 28,85 milles du leader
3- François Cuinet (Plan Jardin) à 39,44 milles du leader
4- Stéphane le Diraison (Cultisol Marins sans frontière) à 67,25 milles du leader
5- Bertrand Delesne (Entreprendre Durablement) à 69,62 milles du leader.

- Publicité -

Le calme avant le coup de vent

Départ de la Solidaire du Chocolat 2009
DR

À 17h50, le coup de canon libérateur résonnait devant la jetée Est du port de Saint-Nazaire avec une foule compacte le long des quais pour saluer les vingt-quatre duos en route vers le Yucatan. Début de marée descendante et vent de secteur Est de cinq à huit noeuds plantaient un décor idéal pour embouquer le chenal de la Loire et glisser rapidement vers l’eau libre. Le tandem Tanguy de Lamotte-Adrien Hardy (Initiatives-Novedia) était le plus prompt sur la ligne suivi de près par le duo Bruno Jourdren-Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) : les deux équipages choisissaient de partir sous spinnaker tribord amure le long de la plage tandis que le gros de la flotte optait pour le spinnaker bâbord amure pour aller au milieu du chenal, peloton emmené par Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM) alors que les Chiliens Felipe Cubillos et Daniel Bravo Silva (Desafio Cabo de Hornos) étaient aussi dans le groupe de tête… Et dès ce dimanche soir, le rythme devrait s’accélérer avec le renforcement du vent par le Sud.

Saint-Nazaire en fête
Les premières 24 heures, il faudra en profiter parce que ce qui vient de Terre-Neuve n’est pas folichon… Une grosse dépression vient se caler au large des îles Britanniques et va sérieusement balayer le golfe de Gascogne et le proche Atlantique : au passage du front attendu pour la flotte dès lundi au coucher du soleil, il y aura plus de 35 nœuds de secteur Sud-Ouest avec rafales jusqu’à 50 noeuds, grains de neige, pluie abondante, faible visibilité et surtout mer forte et chaotique ! Et l’accalmie au lever du jour mardi (vingt nœuds d’Ouest) ne sera que de courte durée… Car cette perturbation océanique a la fâcheuse idée de stagner pendant deux jours entre les Açores et l’Irlande, ce qui bloque la situation et va imposer aux navigateurs de composer avec des vents contraires forts et une mer très formée, déferlante et désordonnée.

Et sous cette dépression, un anticyclone est stabilisé entre les Açores et Madère : les vingt-quatre Class’40 vont donc devoir le contourner car au centre, c’est le calme complet. Et comme pour un obstacle, il y a deux voies : la face Nord jusqu’à l’archipel des Açores et la bordure Est jusqu’aux Canaries… Et avant même que les coureurs quittent le port de Saint-Nazaire en début d’après-midi, certains indiquaient clairement qu’ils « allaient suivre le chemin des barbares », c’est-à-dire viser la route directe qui devrait traverser l’archipel des Açores dès le week-end prochain, tandis que d’autres mettraient « le clignotant à gauche dès le cap Finisterre » paré ! Beaucoup éludaient la question, laissant entendre qu’ils avaient déjà une vision stratégique mais que les circonstances pouvaient aussi faire changer d’avis. Car dans une course, il n’y a pas seulement une définition claire de la route optimale, il y a aussi un suivi tactique qui incite à contrôler ses concurrents…

Choisir son camp
De fait, le choix est aussi fonction des qualités du bateau, certains comme les Pogo-40 ou les Ker-40 ou le Jumbo n’affectionnent pas particulièrement le près, les allures contre le vent et la mer, tandis que la dernière génération comme les plans Rogers, Verdier ou Owen Clarke possèdent la puissance nécessaire pour passer en force dans le mauvais temps. Et un autre paramètre à prendre en compte pour lever le doute sur ces deux options, reste la capacité à supporter des conditions très dures sans casser du matériel et sans éreinter les hommes… Car après le passage du front que toute la flotte va subir de plein fouet dans la nuit de lundi à mardi, la voie açorienne va imposer de tracer la route toute la journée de mercredi dans un flux musclé de plus de trente nœuds de Nord-Ouest : un bord de débridé qui fera naviguer travers à la lame, ce qui est très sollicitant pour les structures du bateau et le gréement. Pendant ce temps, les partisans de la route madérienne pourront glisser dans un régime d’Ouest d’une vingtaine de nœuds, une option plus rapide, plus paisible mais nettement plus longue ! Il faudra donc patienter jusqu’au week-end prochain pour établir une véritable hiérarchie, les uns peinant dans le vent fort et la mer dure au milieu de l’archipel des Açores, tandis que les autres glisseront déjà dans les alizés entre Madère et les Canaries. C’est ensuite que les choses se corsent : y aura-t-il réellement des brises portantes après les Açores ? Y aura-t-il vraiment une rupture des alizés au large des Canaries ? C’est l’incertitude du moyen terme…

- Publicité -

Paolo Cian et ses hommes consolident leur avance

GP42 Global Cup 2009
DR

Roma (ITA), mené par Paolo Cian, s’est distingué en prenant la tête de la flotte dès le départ. Ensuite l’équipe a été menacée sur le bord de portant par les plan Botin-Carkeek Islas Canarias Puerto Calero (ESP) et Caser-Endesa (ESP), qui semblent les bateaux les plus rapides de la flotte en vitesse pure. Cependant, un empannage bien exécuté par Cian, habitué à ce genre de scénario en match racing, a retardé Endesa et Canarias permettant à Quebramar – Xacobeo 2010 (POR) de prendre la seconde place. Canarias a même subi son pire résultat de la semaine.

Avec un renforcement du vent, Caser-Endesa et Islas Canarias Puerto Calero ont pu pleinement afficher leurs atouts. L’équipe locale a pris le meilleur départ de la seconde course, tandis que Endesa a pris un bon départ sur le côté droit du plan d’eau. Islas Canarias Puerto Calero a été le premier bateau à la marque au vent, obligeant Roma de virer de bord. C’était ainsi un duel qui en résultait entre Canarias et Endesa avec la victoire revenant à l’équipe locale pour la troisième fois de la semaine.

Pour la dernière course de la journée, avec un vent, qui atteignait seize nœuds, Cian a fait le nécessaire en se plaçant avec Islas Canarias Pueto Calero, Caser-Endesa, et Team Nordic (SWE). Grâce à deux virements de bord parfaitement exécutés, Cian et ses hommes ont pris la tête du groupe. Endesa a mal géré le passage de la marque et l’a touchée, tandis que Canarias était trop lent lors du passage et malgré les bons efforts du barreur Rasmus Hosner, Team Nordic ne trouvait pas la vitesse pour rivaliser avec Roma. Un retour en force d’Airis a permis à l’équipe de terminer second et malgré l’âge du bateau, Quebramar Xacobeo 2010, et l’inexpérience de son barreur Felipe Regojo Regojo, l’équipe portugaise était bien positionnée dans le peloton. Malheureusement, elle s’est trouvée bloquée par Turismo Madrid et une collision a été évitée de justesse. Quebramar Xacobeo 2010 a effectué sa pénalité permettant à Team Nordic et Peninsula Petroleum (GBR) de ne pas être trop distancés pour une fois.

1. Roma (ITA, Paolo Cian), 4+2+3+1+2+2+1+3+1= 19 points
2. Islas Canarias Puerto Calero (ESP, José María Ponce), 5+5+1+3+1+3+6+1+3= 28 points
3. Caser-Endesa (ESP, uan Luis Páez), 7+4+2+2+3+1+3+2+5= 29 points
4. Turismo Madrid (ESP, José María van der Ploeg), 2+1+4+5+5+4+5+4+4= 34 points
5. Quebramar Xacobeo 2010 (POR, Felipe Regojo), 1+7+5+4+4+5+2+5+6= 39 points
6. Airis (ITA, Roberto Monti), 3+3+6+6+6+6+4+6+2= 42 points
7. Península Petroleum (GBR, John Bassadone), 9(OCS)+6+7+7+7+7+7+7+7= 64 points
8. Nordic Team (SWE, Magnus Olsson), 6+8+8+8+8+8+9(DNS)+8+8= 71 points

- Publicité -

Une flotte internationale au départ de Saint-Nazaire

Flotte La Solidaire du Chocolat
DR

La course océanique en équipage réduit (solo ou double) est très longtemps restée une spécificité française à l’image des multicoques Orma conçus pour la Route du Rhum et la Transat anglaise, puis des monocoques Imoca adaptés au Vendée Globe et à la Barcelona World Race. A contrario, les Anglo-Saxons, les Scandinaves, les Latins se focalisaient ces dernières années sur la course autour du monde en équipage ou les régates hauturières comme la Fastnet Race ou Sydney-Hobart. Question culturelle et problème de format, les épreuves en solitaire n’étant pas au goût des étrangers qui ne disposent pas de circuit comme en France avec la Solitaire du Figaro, la Mini Transat, la Transquadra… Répondant à une volonté de proposer une série de voiliers modernes, rapides, simples, financièrement abordables, techniquement épurés, la Class’40 s’est créée en 2005 et a tout de suite rencontré le succès avec 25 voiliers au départ de la Route du Rhum 2006 !

Du monde entier

La particularité de cette nouvelle série réside en fait dans son ouverture à un monde d’amateurs éclairés et expérimentés, autant qu’à des professionnels de la course qui disposent de voiliers très similaires en termes de potentiel. Toutefois, les architectes et les constructeurs peuvent s’exprimer grâce à une jauge dite « box rule » qui définit certains paramètres mais laisse l’opportunité aux designers de jouer sur les formes de coques, sur le plan de voilure, les profils des appendices… D’ailleurs une douzaine de cabinets se sont penchés sur la problématique des formes d’un Class’40 et en quatre saisons, déjà deux générations de voiliers ont fait leur apparition et quatre-vingt-dix unités ont été mises à l’eau !
Ainsi à Saint-Nazaire, neuf Britanniques, trois Italiens, deux Américains, deux Espagnols, deux Chiliens, deux Finlandais, un Mexicain, un Suisse et un Australien forment un panel représentatif de la classe, puisque des nations peu connues pour leur participation aux courses internationales comme les pays d’Amérique du Sud (hors dériveur), sont non seulement présentes mais aussi percutantes à l’image de l’équipage chilien formé de Felipe Cubillos et de Daniel Bravo Silva, second du tour du monde en Class’40 l’hiver dernier… Et pour cette première édition de la Solidaire du Chocolat, les Français devront se méfier du duo finlandais Jouni Romppanen et Sam Ohman, qui s’est montré percutant lors du prologue de ce vendredi après-midi, mais aussi du redoutable couple italien formé de Giovanni Soldini et de Pietro d’Ali, des Britanniques Mike West et Paul Worswick ou de Peter Harding et Miranda Merron, des Espagnols Gonzalo Botin et Javier de la Plaza… et de bien d’autres.

Car cette transat est aussi attrayante par le fait que nombre de coureurs étrangers ne sont pas connus dans la série mais cumulent un palmarès flatteur dans leur pays : les Américains MacKenzie Davis et Brian Harris sont des habitués des courses au large sur la côte Est des Etats-Unis, le Suisse Bernard Stamm possède un cursus long comme un jour sans vent, le Britannique Stephen Card est Champion du Monde de Melges 24… Les Français devront donc faire attention de tous côtés car certains duos cachent sous des airs nonchalants, des compétences et des expériences hors pair ! La route vers le Mexique sera longue et semée d’embûches : il ne faudra pas se relâcher pendant 5 000 milles, soit près d’un mois de mer.

- Publicité -

Conditions musclées en vue pour la Rolex Middle Sea Race

Rolex Middle Sea Race 2009 (entraînement)
DR

Lorsque l’on parle de la préparation, l’Australien Tom Addis, qui a fait partie de l’équipe de Team New Zealand lors de la Coupe de l’America et de Telefonica Blue lors de la Volvo Ocean Race, en sait quelque chose. Ce week-end il sera au poste de navigateur sur le STP65 Rosebud de Roger Sturgeon, à bord duquel il a remporté la Sydney-Hobart 2007. Ayant participé à la Rolex Middle Sea Race 2007, il sait ce qui les attend. "Cette course est toujours très intéressante. Il n’y a pas beaucoup d’épreuves sur 600 milles avec autant d’effets locaux et de virements à effectuer. Les conditions peuvent évoluer très rapidement avec des effets très localisés dans le Détroit de Messine. Les conditions ressemblent celles de 2007 avec une dépression au nord de la Sicile qu’il faudra négocier. Le vent devrait rester fort, et on peut imaginer un temps de course très rapide."

Malcolm Park, le Chef de Projet de Rosebud/Team DYT, reconnaît que ses hommes se préparent pour des conditions musclées. "Cela ne va pas être trop pour nous, car nous avons cinq ou six gars qui ont effectué la dernière édition de la Volvo avec nous. On sait ce qu’il faut faire. Nous avons discuté la situation et prenons les mesures qui s’imposent au niveau de la sécurité." Sur les quais, la présence de tourmentins montre bien que les équipages se préparent tous pour faire face à un coup de vent, tandis que les plus petites voiles de tête sont en train d’être préparées.

Quant aux amateurs, leur course risque de durer bien plus longtemps avec par exemple le skipper du 36 pieds Otra Vez Fexco se préparant pour six jours de mer. Il dispose des mêmes données météos que celles exploitées par les pros, mais au delà de trois jours les prévisions restent très floues avec des évolutions importantes avec chaque nouveau fichier, mais il prévoit, "Un vent fort pendant quelques jours et puis des conditions légères. Une chose est certaine. On va rencontrer toutes les conditions imaginables. La météo n’est jamais la même sur tout le parcours."

Le départ sera donné du Grand Port à 11 heures ce matin. Le temps de référence pour la Rolex Middle Sea Race est de 47 heures, 55 minutes et 3 secondes. Un temps établi par Rambler en 2007 avec des conditions similaires à celles de ce week-end…

- Publicité -

Top départ pour Francis Joyon

Francis Joyon
DR

Beau temps, belle mer ce samedi midi devant la petite mer de Gâvres, à quelques encablures de l’entrée de la rade de Lorient. Mer quasi plate, flux de nord-est gentillet d’une douzaine de noeuds… et pourtant c’est bien le moment choisi par Francis Joyon pour repartir titiller les éléments à bord du maxi-trimaran IDEC. A 12h50’16’’, le représentant officiel du WSSRC – l’organisme qui gère et valide les records à la voile – a déclenché le chronomètre. Sous grand gennaker, IDEC a entamé sa cavalcade : c’est reparti pour Joyon et son grand multicoque rouge, à la conquête d’un record totalement inédit entre la France et l’Ile Maurice, dans le sillage des grands découvreurs de la Route des Indes.

Un demi-tour du monde
Au total, le parcours représente un peu plus de 9000 milles sur la route théorique, «soit sans doute plus de 10 000 effectivement à parcourir», précise Francis Joyon. Plus complet qu’une transatlantique, ce nouveau record représente donc l’équivalent d’un demi tour du monde. Et parce que «c’est toujours aussi passionnant de naviguer sur ce bateau», Francis Joyon va tenter d’établir un premier temps de référence sur ce nouveau parcours qui – pour résumer – consiste à faire le tour complet du continent Africain. «La première difficulté… c’est le départ» explique Francis, «le stand-by est court car on doit arriver à l’Ile Maurice le plus tôt possible, avant la formation des cyclones et cette fenêtre est la première exploitable. Ensuite, il n’y avait rien d’envisageable avant dix à douze jours et donc je serais parti trop tard.»
Sans être idéale la fenêtre est loin d’être mauvaise puisqu’elle devrait permettre à IDEC d’atteindre l’équateur en sept jours et demi.

Transition météo dès demain
Ce matin, avant de quitter le ponton de La Trinité-sur-Mer, Francis annonçait avoir embarqué 25 jours de vivres. Ne pas croire donc que ce chrono se fera le pied sur le frein…  Il faudra aller vite, voire très vite, puisque les moyennes ont été estimées sur la base, très élevée, de celles du tour du monde. Il faudra donc enchaîner des journées à 400, 500  milles et plus, seul à bord de « la flêche rouge », ce beau multicoque de 30 mètres avec lequel Francis Joyon avait réussi l’exploit hallucinant de boucler un tour de la planète en solitaire en 57 jours…

- Publicité -

La route est encore longue

Transat 6.50 2009 - Francisco Lobato
DR

Sa route rectiligne, parfaite, droit sur le Brésil indique clairement que Thomas a mis du charbon dans la machine et tente de faire le break sur ses poursuivants qui sentent encore les griffes crochues du pot. Thomas et son plan Finot, aiment le reaching. Ils le prouvent. Derrière, c’est un peu l’angoisse. Seul François Cuinet (Plan Jardin) qui suit une route identique à celle de Ruyant peut voir l’avenir en rose, même si son plan Bouvet date de 2002 et semblait dépassé par les protos de la dernière génération.

Inquiétude donc, en revanche, pour les habitués des premières places jusqu’à ce foutu pot, même si au dernier pointage tous les skippers étaient pointés entre 6 et 7 nœuds en moyenne. Bertrand Delesne (Entreprendre Durablement) est parti très (trop ?) à l’est dans l’espoir de toucher le vent du sud en premier. Il a allongé sa route et n’a pas touché le jackpot. Même constatation pour HP Schipman (Maison de l’Avenir-Urbatys), pour Stéphane Lediraison (Cultisol Marins sans Frontières) ou Pierre Brasseur (Région Nord Pas de Calais-Ripolin). Eux, aussi, sont allés à l’est pour sortir du pot. Mais cette fois, il ne fallait aller ni à l’est, ni à l’ouest mais rester au centre du plan d’eau. Il fallait tenter. Thomas l’a fait. Bravo.

Certes, la route est encore longue avant Bahia. Près de 1000 milles, avec très certainement deux à trois jours de près où ça va taper et taper encore. Où les organismes et les machines commencent à être fatigués. C’est pourtant là, où il faut tenter de récupérer, sans toutefois trop en garder sous le pied. Bref, trouver le juste compromis. Pas facile, surtout quand on ne sait pas grand-chose de ce qui se passe autour de vous. Où se trouvent vos petits camarades de jeu.
Il va falloir, ensuite, doubler Fernando de Noronha puis longer la côte du Brésil sur près de 600 milles encore. Avec des alizés qui peuvent faiblir, une mer qui peut rester cassante jusqu’au bout, comme en 2003 avec pour conséquence, à l’époque, les démâtages successifs de Jonathan McKee, puis de Samuel Manuard, alors qu’ils avaient l’un et l’autre course gagnée.
Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, Thomas Ruyant est devenu le gibier. Et lui va chasser… le temps. Il a trois heures à reprendre sur Bertrand Delesne qui poursuit sa route « est » et descend plein sud, ne cherchant pas à obliquer vers la route directe. Il lui faut reprendre aussi une quarantaine de minutes sur HP Schipman. La lutte finale est déjà entamée. Ce qui est certain, c’est que jamais encore sur ce tracé, la transat n’avait été aussi indécise, aussi palpitante.

A la sortie du pot, ils étaient en général deux-trois à pouvoir prétendre gagner à Bahia. Aujourd’hui, ils sont dix douze, voire davantage encore à avoir de l’ambition, avec ce diable de « Sud-Af » Matt Trautman (Mini Mac) avec Sébastien Picault (Kickers) ou encore Rémi Aubrun (AT Children’s Project) auteur d’une superbe remontée en ayant choisi, à un moment, une route plein « ouest ». Ca doit cogiter ferme dans les carrés et peu dormir.
Tactique aussi, en série, avec un Francisco Lobato (Roff-TMN) qui reste résolument « ouest » quitte à faire du près serré jusqu’à Fernando. Il a une idée en tête et s’y tient. Charlie Dalin (Cherche Sponsor-charliedalin.com) un moment rétrogradé au 5e rang, est revenu en deuxième position… 147km plus « est » que le leader.
A noter les retours de Fabien Sellier (Surfrider Foundation) en 4e position et d’Antoine Debled (RégionsJob.com) 5e tous deux situés dans les parages de Dalin à plus de 140 milles plus « est » que Lobato.

Classement samedi 17 octobre à 13h
PROTOS :
1.Ruyant (Faber France) à 1058 milles de l’arrivée
2.Cuinet (Plan Jardin) à 27,6 milles
3.Schipman (Maison de l’Avenir-Urbatys) à 44,88 milles
4.Lediraison (Cultisol-Marins sans Frontières) à 59,07 milles
5.Picault (Kickers) à 64,46 milles
SERIE :
1.Lobato (Roff-TMN) à 1157 milles de l’arrivée
2.Dalin (Cherche sponsor-charliedalin.com) à 27,99
3.Apolloni (Ma Vie pour Mapeï) à 31,33 milles
4. Sellier (Surfrider Foundation) à 47,65 milles
5.Debled (RégionsJob.com) à 52,13 milles

- Publicité -
- Publicité -