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Passage éclair à Saint-Barth

Telecom Italia à Saint-Barth
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Après le duo Giovanni Soldini-Pietro d’Ali (Telecom Italia) et le tandem Bruno Jourdren-Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) est venu le tour du binôme Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM). Comme prévu, les deux skippers nantais ont fait une courte escale technique de 3h01′ avant de reprendre, à 10h38′, heure française, les chemins de la course sur les eaux de la mer des Caraïbes.

Les Italiens qui déplorent la rupture de leur étai n’ont en effet pas pris le temps de s’arrêter pour réparer. Les prévisions météo pour la suite du parcours le long des îles de la mer des Caraïbes jusqu’au golfe du Mexique ont incité Giovanni Soldini et son acolyte à poursuivre de plus belle sur leur lancée aux trousses des premiers. Et ce d’autant plus que derrière, ils sentent toujours le souffle de leurs plus proches rivaux dont la réputation n’est plus à faire. Même scénario pour Bruno Jourdren et Bernard Stamm. Bien qu’ils concèdent rencontrer des difficultés à recevoir des informations météos précises et déplorent des problèmes de grand-voile (pertes des chariots de lattes), ils n’en ont pas plus cédé aux sirènes des avantages d’une courte escale technique… La course bat son plein et pas question de lâcher minimum trois heures aux portes de la mer des Caraïbes alors qu’il reste 1 500 milles pour rallier Progreso au Yucatan.

Le plein d’énergie
De leurs côtés, Damien Seguin et Armel Tripon, qui l’avaient annoncé plus de 24 heures à l’avance, se sont bien arrêtés. Comme prévu, les deux navigateurs ont tenu les délais qu’ils s’étaient impartis pour réparer leur courroie d’alternateur et venir à bout de problèmes récurrents d’électronique. Lucides, ils ont préféré perdre, à terre, 3 heures et une minute montre en main, plutôt que naviguer en course sans électronique fiable dans une mer des Caraïbes réputée pour ses conditions changeantes et dans laquelle la plupart des marins ont finalement très peu de repères. À 10h38 (HF), les deux complices ont retrouvé les chemins de la course. Pleins d’énergie, au propre comme au figuré, les voilà repartis pour une bonne semaine de course environ à tirer des bords au sud de la République Dominicaine, d’Haïti et de Cuba avant de remonter en direction de la pointe Mexicaine.

Pour les autres, la course continue aussi de plus belle dans les dernières longueurs de l’Atlantique. En approche de l’arc antillais, Sail4Cancer, le chef de file du deuxième groupe de bateaux mené par Tim Wright et Nicko Brennan, est attendu ce samedi, vers 18h-18h30, heure française au large du Pain de Sucre. Dans son sillage, un beau duel sur des routes divergentes est engagé entre les Anglais Peter Harding et Miranda Merron (40 Degrees) et les Chiliens, Felipe Cubillos et Daniel Bravo Silva (Desafio Cabo de Hornos). Ces derniers déboulent du nord à près de 10 nœuds. Les deux compères n’affichent plus que 15 milles de retard sur leurs prédécesseurs vers Saint Barth. Comme quoi, même si les quatre premiers progressent désormais en mer des Caraïbes, la bataille de l’Atlantique a toujours bien lieu.

Classement du 07/11/09 à 12H (TU), soit 13h (heure française)
1 Initiatives – Novedia (Tanguy De Lamotte/Adrien Hardy) à 1370 milles de l’arrivée
2 Telecom Italia (Giovanni Soldini/Pietro D’Ali) à 114,29 milles
3 Cheminées Poujoulat (Bruno Jourdren/Bernard Stamm) à 120,35 milles
4 Cargill-MTTM (Damien Seguin/Armel Tripon) à 197,19 milles
5 Palanad 2 (Tim Wright/Nicko Brennan) à 271,76 milles

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Une route très à l’ouest avant l’empannage

Groupama 3 - Equipage en navigation
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Groupama 3 maintient des moyennes autour de 28 nœuds et naviguait samedi midi à une centaine de milles dans le Nord-Ouest de Madère. Depuis vendredi soir, l’écart par rapport au temps de référence de 2005 s’est stabilisé à une trentaine de milles. Mais comme Franck Cammas et son équipage ont obliqué vers l’Ouest avec la rotation du vent au secteur Nord-Est, ils devraient reperdre un peu de terrain jusqu’à l’heure de l’empannage.
« Nous allons empanner ce soir pour aller directement vers l’équateur, en accélérant ! La manœuvre est prévue à au moins deux cent cinquante milles de Madère pour ne pas être dans les effets perturbateurs du relief de l’archipel. En ce moment, nous avons tout dessus avec seize nœuds de vent en moyenne. Nous resterons au portant en gagnant dans l’Ouest pour éviter les empannages et bénéficier de plus de vent. Nous pourrons ainsi lofer lorsque le vent mollira avant le Pot au Noir, » confirmait Franck Cammas à la vacation radio de midi.

Mal de tête
Mais si les conditions de navigation sont devenues presque idylliques, le skipper faisait état d’un mal de tête persistant du navigateur Stan Honey. « Le seul problème, c’est Stan notre navigateur qui a mal à la tête depuis le départ… J’espère que ça va passer : on lui a donné de l’aspirine. Il assume son travail à la table à cartes, mais il souffre un peu. C’est peut-être l’échappement moteur : on a vérifié qu’il n’y avait pas de fuites… Fred et Thomas s’occupent de lui puisqu’ils sont responsables de l’aspect médical à bord. Ils ont fait des stages, connaissent les médicaments de la pharmacie et ont leurs contacts à terre s’il y a besoin d’une intervention plus poussée. » Souhaitons que cette douleur lancinante s’estompe mais déjà, avec plus de soleil et des températures en hausse, l’ambiance à bord est sereine bien qu’il faille rester attentif aux grains.

« Le vent portant est au rendez-vous : c’est ce que nous cherchions et c’est sympa. Depuis que nous avons passé le cap Finisterre, la mer s’est organisée : nous avons pu passer une bonne nuit à glisser vers Madère. Les températures augmentent sensiblement au fil des heures… Et nous avons pu dormir tranquillement ! Il y a encore des grains à trente nœuds avec le front froid qui commence à disparaître : il faut garder les écoutes à la main… » précisait Franck Cammas.

Empannage en soirée
Au vu des trajectoires de Bruno Peyron en 2005 et de Groupama 3 en ce moment, il y a une grande divergence due à des conditions météorologiques différentes. Orange 2 avait choisi de suivre au plus près la route directe en passant dans l’archipel des Canaries quand Franck Cammas et ses hommes glissent vers l’Ouest pour se dégager des reliefs volcaniques. Le catamaran n’avait pas réalisé une très bonne troisième journée de mer à cause des îles qui lui imposèrent beaucoup de manœuvres, tandis que le trimaran géant n’aura qu’un seul empannage à effectuer ce week-end. Avec la rotation progressive du vent vers le Nord-Est, la trace de Groupama 3 va prendre la forme d’une aile de mouette avec une route très pure et directe vers l’équateur. Le changement d’hémisphère est programmé pour le sixième jour…

« La fourchette prévue pour passer l’équateur est autour de six jours : c’est une bonne moyenne, comme il y a deux ans. Mais cela va dépendre de la traversée du Pot au Noir, qui ne semble pas méchant en ce moment. Normalement, nous devrions être plus rapides après notre empannage que ce que nous avions fait lors de notre première tentative... »

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Dernières heures pour établir une stratégie

Le Havre avant le départ
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Nord ou sud ? Route directe contre les vents dominants ou chemin des écoliers des alizés ? Comme bien souvent à cette période de l’année, la situation météorologique se plait à brouiller les cartes des routes potentiellement gagnantes vers l’arc antillais. Et les routeurs de se perdre en conjectures en fonction des modèles. La faute à une petite dorsale anticyclonique positionnée dans l’ouest de la Manche. Dès lors, une route s’imposera : la nécessité de traverser cette zone de vents faibles pour retrouver derrière un flux d’ouest actif ne permettra pas de descendre tout de suite vers la pointe de l’Espagne. Ensuite, espérer contourner l’anticyclone des Açores par l’est et accrocher les alizés comportera une part de risque indéniable. La route du sud est celle de tous les péchés : de gourmandise tout d’abord… Espérer glisser porté par les vents d’est, sous spinnaker, sous le soleil est autrement plus prometteur qu’une navigation sur la route nord contre le vent et les vagues, dans la position du dahu. Péché d’orgueil aussi, dans une moindre mesure : accepter de perdre des milles au fur et à mesure des premiers classements qui tombent suppose une certaine confiance en ses choix, voire a minima, un tempérament de joueur. Mais les expériences précédentes sur d’autres courses transatlantiques ont montré qu’il était parfois judicieux d’investir même si, au fur et à mesure que les heures perdues s’accumulent, on peut sentir parfois une part de la confiance du départ fondre sous le soleil des tropiques…

A la veille du départ, si tous les navigateurs s’accordent à penser que la sortie de Manche devrait être rapide et relativement simple, les mêmes reconnaissent que pour faire des choix définitifs, une boule de cristal serait parfois aussi utile que le défilé incessant des isochrones fluctuant au gré des variations des modèles de prévision.

Options radicales ou marquage à la culotte

Alors, chacun agit selon son tempérament et les qualités supposées de son bateau. Pour les Multi50, la tentation du sud est d’autant plus évidente que les gains de vitesse sont incomparables dès lors qu’on accroche des allures portantes. Même s’ils ne le disent pas tous, il y a fort à parier que dès que l’opportunité se présentera, une grande part de la flotte tentera de mettre le clignotant à gauche pour accrocher les alizés salvateurs. Pour les monocoques IMOCA, le débat est plus complexe : ceux qui, faute de pouvoir rivaliser aux allures portantes, préféreront une route proche de l’orthodromie s’apprêtent à vivre ce début de transat comme un combat. Ce sera peut être le cas des bateaux plus typés pour la brise comme Veolia Environnement, Artemis, DCNS ou bien encore Hugo Boss. D’autres plus confiants dans le potentiel de glisse de leur machine pourraient adopter des routes plus intermédiaires. On attend de voir notamment les choix des Safran, Groupe Bel et autre Foncia qui affichaient sur les quais du Havre une confiance résolue dans leur vitesse. Mais, à l’heure des derniers routages, les navigateurs deviennent de moins en moins diserts sur leurs intentions. D’autant que certains modèles ont de quoi donner le tournis : ainsi, sur un des bateaux favoris de la classe IMOCA, les deux navigateurs pouvaient-ils présenter un routage qui emmenait les deux compères à 250 milles au sud de terre-Neuve. Et l’un des deux skippers, désabusé, d’ajouter : « Et quand on y est, qu’est ce qu’on fait ? »

A cette incertitude s’ajoute encore, cette année, la possibilité de naviguer pour chacun en mode furtif pendant 24 heures. De quoi renforcer les incertitudes des uns et des autres quand chacun sait que les courses au large se jouent autant sur les choix stratégiques que sur les marquages tactiques. Qui sait même si, à l’heure de certains choix, on ne verra pas d’un coup disparaître une majorité de la flotte des écrans de contrôle. A la grande distribution des cartes que se plait à jouer dame météo, les concurrents vont pouvoir ajouter le piquant du poker menteur…

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Aux abords des îles antillaises

Tanguy De Lamotte & Adrien Hardy (Initiatives-Novedia)
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A la différence des grandes traversées de l’Atlantique, nord ou sud, la route de chocolat repousse plus loin encore les horizons maritimes. Après l’Atlantique et 19 jours de course, la compétition se poursuit aujourd’hui de plus belle sur la mer des Caraïbes, le long des côtes et des paysages enchanteurs de la République Dominicaine, d’Haïti et de Cuba que les 15 équipages encore en lice vont devoir laisser à tribord.

Après la descente du golfe de Gascogne, fidèle à sa réputation au début de l’automne, après une traversée de l’Atlantique au tempo du passage successif de six dépressions, la Solidaire du Chocolat prend aujourd’hui, avec le passage en tête à la porte de Saint-Barth de Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy,  toute sa dimension exotique. Si les deux skippers d’Initiatives-Novedia tiennent toujours la dragée haute avec un certain panache aux deux duos de grands favoris, la course n’en redouble pas moins d’intensité.

D’abord, le doute persiste quant aux éventuels arrêts techniques à Saint-Barth de ces Soldini-D’Ali (Telecom Italia) et Jourdren-Stamm (Cheminées Poujoulat). Ensuite, qu’ils fassent ou non une courte escale après leur passage à la porte, ces deux tandems de forts en thème, bien qu’éprouvés par des avaries, ne se laisseront certainement pas distancer alors que tout reste possible au gré des sautes d’humeur de l’alizé d’est, nord-est qui propulse actuellement les quatre premiers bateaux à des vitesses moyennes de 9-10 nœuds. Initiatives-Novedia, Telecom Italia, Cheminées Poujoulat et Cargill-MTTM, qui de l’aveu de ses skippers, Damien Seguin et Armel Tripon, fera un pit stop au port de Gustavia, ont en effet encore un peu creusé les écarts lors de cette dernière nuit. Jusqu’à Progreso, la route est encore longue, semée de pièges et d’embûches aux détours des eaux turquoises d’une mer qui réservera encore de nombreuses surprises jusqu’au Mexique, où les premiers sont attendus dans un peu plus d’une semaine…

Classement du 06/11/09 à 08H TU
1 Initiatives – Novedia (Tanguy De Lamotte/Adrien Hardy) à 1589,4 milles de l’arrivée
2 Telecom Italia (Giovanni Soldini/Pietro D’Ali) à 103,41 milles
3 Cheminées Poujoulat (Bruno Jourdren/Bernard Stamm) à 117,44 milles
4 Cargill-MTTM (Damien Seguin/Armel Tripon) à 145,89 milles
5 Palanad 2 (Tim Wright/Nicko Brennan) à 281,37 milles

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Joyon amorce sa remontée de l’Indien

idec
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Ce n’est pas encore le virement de bord franc et clair espéré, la faute à cet anticyclone qui paresse loin devant les étraves du géant IDEC, et dont l’influence bloque depuis trois jours maintenant toute possibilité de faire cap au Nord Est. Contraint de serrer le vent sur une mer formée, Francis sait avoir mis à rude épreuve la robuste plate-forme de son trimaran. Une condition sine qua non pour échapper au plus fort du coup de vent venu de l’ouest, et qui l’a chassé en droite ligne vers les Kerguelen.

"C’est vrai que je ne savais plus si je me rendais à l’île Maurice ou aux Kerguelen !" plaisantait malgré un contexte des plus âpre Francis Joyon ce matin. Le skipper d’IDEC naviguait en effet avec au dessus de la tête une drôle d’épée de Damoclès, préfigurée par une dépression très active qui menaçait de le rattraper et qui, en plus de bousculer son voilier dans des vents à plus de 40 noeuds, risquait surtout de lever une mer infernale qui l’aurait contraint à ralentir drastiquement l’allure du Géant. Francis a donc prolonger cap au Sud Est un infernal bord de près, dans le froid, l’humidité, et le stress qu’engendrent pour tout marin les successions sans fin d’embardées et de chocs brutaux contre les vagues.

Mais dans ce panorama guère incitateur à l’euphorie, force est pourtant de discerner moult motifs de satisfaction ; la vitesse d’abord, qui, malgré les conditions très dures d’une mer qui lève et précipite le bateau dans des creux énormes, est demeurée élevée, 20 noeuds et plus, et ce avec une belle constance au point que l’on s’interroge (c’est une constante avec Francis), quand le diable d’homme réussit-il à prendre le moindre repos. Une vitesse élevée qui si elle ne rapproche guère IDEC de sa marque finale, permet néanmoins à Joyon d’envisager une approche dès demain matin du coeur de l’anticyclone, et du point favorable à un virement de bord. Cette zone de haute pression qui joue depuis trois jours avec les nerfs et les ressources physiques du marin de Locmariaquer, aura-t’elle d’ici là modifié sa course, et ouvert un passage vers des latitudes plus nord, et plus propice à mettre enfin cap vers l’île Maurice ? C’est tout l’enjeu de la journée qui s’avance. Une journée qui, à l’instar de ses précédentes, sera employée par Francis à serrer toujours et encore un vent de secteur Nord Est qui prend de plus en plus de Nord, et qui favorise ainsi "l’arrondissement" de la grande course du trimaran rouge autour du continent africain.

Peu de temps pour se reposer
Dans le froid et l’humidité, Joyon avoue entre deux mots commencer à ressentir les effets de 20 jours de navigation disputés en mode record, c’est à dire, et si l’on décrypte correctement notre Joyon dans le texte, avec un minimum de repos, une suractivité sur le pont, et une alimentation "volée" au hasard des barres nutritives tombées sous ses mains. "J‘essaie de dormir quelques minutes ici et là" raconte t’il, "l’écoute à la main, et la barre à portée, mais le bateau tape si durement, qu’il est quasiment impossible de dormir." Portant la toile du temps, deux ris dans la grand voile et petit ORC à l’avant, Francis sait son IDEC rapide dans les 28 noeuds qui soufflent actuellement sur zone. "Mais il me faut réduire dès qu’IDEC tape trop, car les efforts structurels sont colossaux…" S’il pense bien sûr à l’arrivée, il ne l’envisage pas avant, et compte tenu des éléments d’analyse dont il dispose à ce jour, le mercredi 11 novembre. Il espère d’ici là retrouver au large de l’Afrique, quelques belles heures de glisse au portant, et sous un soleil retrouvé.

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Groupama 3 bientôt au large du Portugal

Groupama 3
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En 2005, Bruno Peyron et son équipage étaient partis de Ouessant pour remporter le Trophée Jules Verne avec des conditions très favorables pour sortir du golfe de Gascogne et bénéficier des alizés portugais. Le catamaran géant avait ainsi pu aligner une première journée à près de 600 milles. Ce ne sera pas le cas pour Groupama 3, mais c’était prévu dès le départ de Brest : en s’élançant dans des brises de Nord-Ouest fortes et surtout face à une mer très chaotique et grosse avec plus de 6 mètres de creux, le trimaran géant ne pouvait espérer atteindre plus de vingt nœuds de moyenne.

« Le vent a changé de direction très souvent pour cette première nuit de mer : cela ne nous a pas permis de toiler Groupama 3 de façon optimale en permanence. On pensait être sorti de ce phénomène ce matin, mais en ce moment, le vent bascule encore de 40°… Le vrai Nord-Ouest ne va pas tarder à rentrer et nous allons accélérer ce vendredi après-midi. De toute façon, il ne fallait pas prendre de risques sur ce départ et pour l’instant, tout va bien ! On a juste cassé une casquette de protection du barreur, mais on a déjà réparé… » indiquait Franck Cammas lors de la vacation radio de ce vendredi midi.

Accélération ibérique

Le trimaran géant avait retrouvé un tempo plus favorable dans l’après-midi avec le retour d’un vent de Nord-Ouest plus stable et plus établi sur une mer qui se régulait progressivement. Avec l’arrivée d’un front froid dans la nuit, le vent devrait basculer au Nord puis au Nord-Est en forcissant : Franck Cammas et son équipage auront donc un empannage à effectuer dans les prochaines heures, probablement au large de Lisbonne.

« Depuis le lever du jour, on croise beaucoup de cargos et de pêcheurs, mais comme on suit une route parallèle au rail, cela ne nous complique pas les manœuvres. Tout le monde a pris son rythme : on a commencé les quarts deux heures après Ouessant. Mais ça n’a pas été facile de dormir cette nuit car le bateau secouait beaucoup avec une houle résiduelle qui nous a empêché de glisser. Hier soir, ce n’était pas aisé de préparer à manger et nous avons grignoté des sandwiches… » précisait le skipper de Groupama 3.

Avec les brises portantes, le gennaker va permettre de profiter des vagues pour accélérer et le déficit de 115 milles par rapport au temps de référence devrait être comblé dès samedi midi… « Les dix-huit premières heures étaient les plus difficiles de la première semaine de mer sur ce créneau… » confirmait Sylvain Mondon de Météo France. Et avec cette nette amélioration des conditions de navigation, Groupama 3 peut toujours envisager de franchir l’équateur en moins d’une semaine…

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Un plateau de qualité au départ

Les quais au Havre
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Il y a déjà tous ceux qui viennent pour reprendre le fil d’une histoire interrompue trop brutalement lors du dernier Vendée Globe. Kito de Pavant, comme Marc Thiercelin, Sébastien Josse, Mike Golding, Alex Thomson, Roland Jourdain ou Jérémie Beyou rêvent de prolonger des trajectoires brisées net en plein golfe de Gascogne, au large des côtes du Brésil ou loin de tout en plein cœur de l’océan Pacifique… Tous veulent se dire qu’ils sont passés à autre chose, que le pire est derrière eux, mais il serait bien étonnant qu’une petite fêlure ne subsiste pas encore de n’avoir pu écrire jusqu’au bout un chapitre majeur de l’histoire de la course. Cette Transat Jacques Vabre est aussi pour eux l’occasion de tirer un trait définitif sur ce revers de parcours.

A l’instar d’un Tintin reporter, que les ans n’arrivent pas à user, Michel Desjoyeaux se verrait bien compléter l’album d’images où le héros finit toujours par triompher des pièges de l’adversité. D’autres sont prêts à lui emboîter le pas, tel les deux compères Vincent Riou et Arnaud Boissières, aussi différents que Blake et Mortimer, « aussi complémentaires » n’omettront-ils pas de préciser. Pour d’autres, la belle histoire continue sous des formes différentes comme un nouveau tome à écrire dans un feuilleton à rebondissements : Dee Caffari et Brian Thompson vont, cette fois, écrire en commun la suite d’une histoire commencée chacun de son bord avant de découvrir les bienfaits d’une navigation de conserve dans les eaux de l’hémisphère sud. Armel Le Cléac’h, quant à lui, voudrait bien poursuivre la courbe ascendante qui l’a menée sur le podium du Vendée Globe en y associant son pote d’enfance Nicolas Troussel, alors que Marc Guillemot se verrait bien ajouter un chapitre plus ouvertement sportif à l’incroyable odyssée de son dernier Vendée Globe.

Ouvrir les compteurs
Et puis, il y a tous ceux qui rêvent de devenir eux aussi comptables de quelques résultats qui leur permettraient de s’inscrire au rang des futures têtes d’affiche. La colonie espagnole qui s’apprête à partir à l’assaut du monopole français pourrait s’associer aux Britanniques pour cette bataille navale fort pacifique au demeurant. L’invincible armada et quelques uns des plus talentueux marins de sa gracieuse Majesté associés : voilà qui pourrait faire trembler les bases d’une domination française sur les courses océaniques en solitaire ou en double.

Clémence pour le départ
Des conditions clémentes devraient accompagner le départ de la Transat Jacques Vabre dimanche prochain. Ainsi c’est avec un vent de secteur Nord Nord Est soufflant 15 nœuds que les concurrents devraient entrer en scène. Une rotation progressive au Nord Ouest et un flux faiblissant avec le passage d’une dorsale marqueront la journée de lundi avant un retour en force à l’approche d’une nouvelle perturbation.

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Note maximum à Hyères pour Deltavoiles.

Delta Voile
Delta Voile

Rapide et inspiré
En First 31.7, il fallait une nouvelle fois compter sur Sagaï, l’équipage de Dominique Lexa, voilé de la quille à la girouette d’un jeu de voiles test en membrane exxeltech carbone kevlar, sacré Champion de France 2009 en 31.7, les voiles sont validées…

Les flamands gagnent sans frémir, sans frémir aux dimanches sonnants…
Champion de France, l’équipage des flamands d’Yvon Salvador a survolé le débat chez les Surprise, voilé d’une GV cross cut en polycote et d’un genois en PE optic 2. Les flamands naviguent sans mollir aux dimanches sonnants. En août dernier déjà, d’une seule patte, les flamand(t)s avaient piétiné leurs adversaires lors du National Surprise.
Félicitation à l’équipage de Zig-zag mené par William Vesseau qui s’empare de la 3e place.

Pedrito, belote et rebelote
Enfin et bien qu’il ne s’agisse pas ici d’une de nos gardes robes (cette monotypie ne l’autorise pas), bravo à Pierre Munos (notre commercial monotype) et à son équipage pour leur sacre de Champion de France en Open 5.70, alors qu’il ne nous a toujours pas payé le champagne pour son titre de champion du monde dans la même série en juillet dernier.

Historiquement Deltavoiles s’est fait connaître grâce à ses voiles de monotypes. Historiquement, à tous les niveaux, les salariés et agents Deltavoiles sont investis dans la compétition pour faire évoluer et valider nos voiles. Ce week end à Hyères au Championnat de France Monotypes, trois d’entre nous avaient embarqué, dimanche soir Deltavoiles comptaient 3 nouveaux Champions de France : Pierre-Lau Garnero en 31.7 ; Didier Roussel en Surprise et Pierre Munos en Open 5.70
Pour que vos voiles soient toujours plus rapides, nous préférons envoyer des yeux de lynx capables de nous rendre compte des évolutions prochaines de vos voiles.
Deltavoiles Hyères, partenaire du COYCH à l’année, accompagne ses régatiers par des briefings et débriefings menés par Jacques di Russo.

Rendez vous au Nautic de Paris Hall 2.1 pour fêter notre excellente saison et vous présenter ce que nous vous avons concocté pour 2010.
… et un nouveau site prochainement en ligne sur www.deltavoiles.com

Source : Deltavoiles

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Cap sur Saint-Barth’ pour la tête de la flotte

Tanguy de Lamotte & Adrien Hardy- Initiatives Novedia
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Les équipages, bien qu’éprouvés et usés par une traversée qui n’a rien eu d’un long fleuve tranquille, font de nouveau appel à leurs réflexes de régatiers comme en témoignent les cinq petits milles qui séparent ce jeudi matin les redoutables paires de Telecom Italia (Solidini-D’Ali) et de Cheminées Poujoulat (Jourdren-Stamm). S’arrêteront ou s’arrêteront pas ? Si les ennuis techniques des uns et des autres suggèrent que les plus proches poursuivants des leaders profiteront d’une escale sur l’île en forme de gros rocher pour réparer leurs avaries et goûter à la douceur tropicale de Gustavia, rien pour l’heure ne permet de l’affirmer.

Pit-stop or not pit-stop ?

On imagine d’ailleurs volontiers que les discussions tactiques battent leur plein dans les cockpits sur fond de grands débats stratégiques au regard des prévisions météo et des évolutions annoncées de l’alizé. En tout cas, du côté de Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy, même avec 110 milles d’avance, pas de pit-stop qui tienne. La chose est entendue et les deux jeunes navigateurs, auteurs d’une navigation aussi précise qu’inspirée, ne vont pas évidemment pas prendre le risque de voir s’envoler dans une bulle de pétole intempestive, ou une zone de calme malvenue, des bénéfices construits et gagnés dans le tourmente des dépressions qui ont tant malmené la flotte. A 1 840 milles de Progreso, la route est encore trop longue et semée de pièges et d’embûches pour s’offrir un tel luxe. Surtout quand dans les rétroviseurs pointent et se chamaillent comme des chiffonniers deux associations de navigateurs de haute voltige, les Soldini-D’Ali et Jourdren-Stamm, qui n’ont certainement pas dit leur dernier mot.

Quoi qu’il en soit, force est de constater que le passage de la porte de Saint-Barth tient toutes ses promesses et ravive déjà le suspense. Les prochaines 24 heures – alors qu’Initiatives-Novedia progresse à 250 milles de ce point de passage obligé – s’annoncent pleines de surprises. Rappelons en effet que Telecom Italia, Cheminées Poujoulat et Cargill MTTM (Seguin-Tripon), aux trousses des deux jeunes loups de mer de tête, progressent dans un mouchoir de 25 milles. Qui de ces trois tandems affalera les voiles pour réparer et se donner tout le potentiel pour le dernier tronçon de la course aux détours de la mer des Caraïbes et du golfe du Mexique, bien malin qui peut le deviner…

Les bénéfices de Crédit Maritime
L’arrière de la flotte n’est évidemment pas en reste alors que cette dernière nuit reste marquée par le joli coup réalisé par le duo franco-mexicain, Patrice Carpentier et Victor Madonado, à bord de Crédit Maritime. Les deux compères, repartis bons derniers après deux escales techniques, tirent en effet profit de leur persévérance sur une route au nord. Lancés à près de 10 nœuds de moyenne, ils ont d’ores et déjà gagné une place aux dépens des Britanniques de Keysource (West-Worswick) engagés sur la voie du sud. Derrière le groupe des huit premiers bateaux, entre 500 et 1000 milles des leaders, la progression vers Saint Barth dans des conditions enfin devenues plus clémentes et favorables à la glisse pour l’ensemble de la flotte, la course a bel et bien repris tous ses droits.

Classement du 05/11/09 à 8h (UTC)
1. Tanguy De Lamotte-Adrien Hardy (Initiatives-Novedia), à 1804 milles de l’arrivée
2. Giovanni Soldini-Pietro D’Ali (Telecom Italia), à 109.52 milles
3. Bruno Jourdren-Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), à 116.24 milles
4. Damien Seguin-Armel Tripon (Cargill-MTM), à 137.57 milles
5. Tim Wright-Nicko Brennan (Palanad 2), à 273.46 milles

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Remontée délicate pour Francis Joyon

idec
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Si Francis encaisse comme à l’accoutumée et sans broncher les pires coups de boutoir de l’océan, c’est bien sa vitesse de rapprochement vers sa destination finale, Port Louis sur l’île Maurice, qui le chagrine. Celle-ci, et sur une route tracée à près de 70° du cap idéal, oscille entre 10 et 7 noeuds, tandis qu’IDEC s’enfonce de plus en plus au coeur des solitudes australes, avec cette marque des 44 degrés de latitude Sud franchie à la mi-journée. A 1900 milles en route directe de son but, Francis sait qu’il lui faudra en réalité couvrir une distance bien supérieure. S’il parvient à virer de bord demain après-midi, il poursuivra néanmoins une allure au plus près du vent et, s’il commencera à remonter enfin vers de plus clémentes latitudes, il ne fera pas encore route directe vers sa destination.

Ce dernier quart du parcours, alors que plus de 8 000 miles ont déjà été couverts depuis le départ de Bretagne voici 19 jours, recèle bien toutes les difficultés envisagées par Francis à l’élaboration de ce projet ; la Route des Indes, telle que Hollandais, Portugais, Anglais et Français l’empruntaient voici des siècles, était bien l’une des plus rudes et des plus inaccessibles pour ces marins découvreurs, dont Joyon se fait aujourd’hui l’héritier moderne certes, mais solitaire.

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