Mini-Transat. Basile Bourgnon : « J’ai la rage au ventre »

Jean Marie Liot

À moins de 24 heures du départ de la 2ème étape de La Mini Transat, le skipper d’Edenred, le plus jeune concurrent engagé sur l’épreuve est déterminé à faire un trait sur cette première étape « d’abord belle, puis incompréhensible et enfin frustrante », explique Basile Bourgnon. « J’essaye de la digérer mais j’avoue que c’est difficile. J’ai la rage… J’ai hâte de repartir, d’être sur l’eau pour me concentrer sur ce qui compte vraiment : la course, la compétition. Je suis venu pour ça. »

« C’est une autre course qui commence »
Demain, les 87 ministes encore en lice s’attaquent donc au « gros morceau » de l’épreuve. Une transatlantique de 2 700 milles entre La Palma et Saint-François en Guadeloupe. Une deuxième étape qui s’annonce d’ores et déjà compliquée avec des alizés pour l’heure quasi inexistants. Du petit temps donc pour commencer, des conditions que Basile Bourgnon redoute particulièrement, son Mini Edenred (un série Maxi) à l’étrave en scow étant plutôt taillé pour le vent fort.. « Pour moi, c’est une autre course qui commence et ça s’annonce lent et long. Mentalement, je me prépare à peu dormir. L’alizé n’est pas établi, ce sera très instable. Nous allons devoir plonger au Sud et rallonger la route vers Saint-François pour essayer de toucher du vent. Je pars pour une grosse quinzaine de jours de course, voire plus » précise le skipper d’Edenred.

« Au bout de cet océan… La gagne ! »
Deux semaines en solitaire sur l’Atlantique, l’aventure d’une vie pour certain, mais pas pour Basile qui a déjà traversé l’Atlantique en double en 2019 sur La Transat Jacques Vabre avec le Class40 Edenred d’Emmanuel Le Roch. « Je n’ai pas d’appréhension particulière. La solitude ne m’a pas pesé sur la première étape car même si je suis physiquement coupé du monde, j’ai le soutien de mon équipe, mon entourage et des 10 000 collaborateurs d’Edenred. Et je peux communiquer avec les concurrents via la VHF, c’est différent de la qualification par exemple, où je me sentais un peu seul. La mer, c’est mon élément. C’est là que je suis bien et au vu des événements de ces dernières semaines, je vois cela comme une libération. Je pars en me disant qu’au bout de cet océan, il y a … La gagne ! Et pour moi, cela veut dire avancer vite et bien, avoir la sensation du travail bien fait, d’une étape menée sans regrets ».
Les frustrations et les regrets resteront donc sur les pontons de La Palma demain et c’est un Basile motivé comme jamais qui s’élancera à 16h00 pour écrire l’épilogue de son histoire à bord du Mini Edenred, le jeune skipper étant d’ores et déjà engagé sur le circuit Figaro dès le début d’année prochaine.