La phase océanique peut commencer

Macif à la marque de Palma
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« Jusqu’ici, la course ressemblait franchement à une étape de la Solitaire du Figaro. Nous étions tous au contact, le long de la côte, avec des effets de sites à gérer … A présent, nous rentrons dans une deuxième phase de la course en entamant vraiment la traversée de l’Atlantique » a détaillé Charlie Dalin. Fini, donc, de se gratter la tête pour négocier au mieux le dévent d’une île ou le tampon d’une autre. Pour autant, très vite, il va falloir faire de nouveaux choix tactiques et stratégiques. Car si, pour l’heure, les marins poursuivent « tout droit » – ou presque – leur route, poussés par 18-20 nœuds de vent de nord nord-ouest, s’offrant ainsi de belles glissades dans les surfs et des vitesses aux alentours de 8-9 nœuds, ils ne vont pas tarder à attaquer le jeu des empannages au grès des petites bascules de vent. Un vent assez irrégulier donc, qui les contraindra également à prendre une décision dans les prochaines heures : soit faire une route sud vers le vrai alizé, soit partir sur un cap au sud-ouest moins éloigné de l’orthodromie.

Pour faire simple, la première option rallonge la route mais assure un régime d’alizé plus stable. La seconde, qui suit la courbure anticyclonique, offre un meilleur angle d’attaque et quelques milles en moins mais s’annonce moins ventée. Le dilemme est ainsi posé. Certains duos ont déjà un schéma de course clairement établi en tête. D’autres préfèrent attendre de voir l’évolution des derniers fichiers pour trancher. « On attend avec impatience ceux qui vont tomber dans la matinée pour prendre notre décision » avouait Eric Péron (Nacarat) ce matin. Le programme du jour pourrait donc se résumer ainsi en deux points : empannages à répétition et décorticage de la situation météo.  

Ils ont dit :
Eric Péron (Nacarat) :
« On a enroulé La Palma hier midi, il n’y avait pas beaucoup de vent et on a eu un peu de mal à s’extirper. Derrière, ils ont moins peiné apparemment, au vu des positions ce matin. Là, pour l’instant c’est tout droit, mais dans quelques heures les options vont se dessiner. Il y en a deux : une option assez classique avec une route relativement sud avec l’alizé profond que l’on va chercher en empannant dans les prochaines heures. Cela consiste à passer dans le dévent des Canaries pour récupérer l’alizé du Cap Vert. Puis, il y a une route un peu intermédiaire, plus nord, dans la courbure anticyclonique. C’est un poil plus court, mais peut-être un peu moins venté. La route des alizés profondes est plus longue, et il peut y avoir une porte qui s’ouvre sur la route intermédiaire. Il faut faire le bon choix.»

Charlie Dalin (Cercle Vert) : « Arrivé aux Canaries, il a fallu gérer le ralentissement à La Palma. Il fallait bien jauger de combien s’écarter de la route. Maintenant, on a l’impression que ça tire par devant. On arrive à avancer à la même vitesse que Nacarat et derrière ça semble creuser un peu. On essaie donc de s’accrocher à Nacarat pour partir avec lui. On a notre schéma en tête, et même si on garde un œil sur eux bien sûr, on va appliquer notre stratégie. Pour la suite, il va falloir gérer le timing des empannages, mais pour nous il n’y a pas vraiment plusieurs options, c’est plutôt clair pour les 2 – 3 prochains jours. Plus ça va, plus on rentre dans un alizé qui forcit.»

Classement de 8h

1          NACARAT     Erwan Tabarly – Eric Peron      à          2438,9 milles
2          CERCLE VERT           Gildas Morvan – Charlie Dalin   à          3,6       milles
3          MACIF            Paul Meilhat – Fabien Delahaye à          14,7     milles
4          GEDIMAT       Thierry Chabagny – Christopher Pratt    à          15,3     milles
5          BRETAGNE CRÉDIT MUTUEL PERFORMANCE  Anthony Marchand – Romain Attanasio à          20,3            milles
6          BANQUE POPULAIRE          Jeanne Gregoire – Gérald Veniard         à          23,0     milles
7          SEPALUMIC  Fréderic Duthil – Francois Lebourdais   à          23,3     milles
8          ARTEMIS       Sam Goodchild – Nick Cherry  à          28,9     milles
9          CORNOUAILLE PORT DE PECHE  Jean-Charles Monnet – Alexandre Toulorge      à          37,5     milles
10        LA SOLIDARITÉ MUTUALISTE      Damien Guillou – Ronan Treussard        à          37,6     milles