La mise au point de Spindrift peut débuter

Guichard et Bertarelli
DR

Un nouveau chapitre débute pour le team. Celui de la mise au point, en navigation, d’un trimaran qui a été typé pour les épreuves à venir. « L’an dernier, il y avait la pression de la découverte du bateau. Cette année, nous montons sportivement d’un cran avec le record de l’Atlantique Nord et la Route du Rhum. Nous avons modifié Spindrift 2 pour être performants sur les deux terrains. Ce double challenge met la pression à l’équipe et à moi forcément. Les enjeux sont donc différents et il y a l’appréhension de savoir comment la machine va réagir, » confie Yann que l’on pourrait comparer à un pilote de F1 qui s’apprête à faire ses premiers virages avant l’ouverture de la saison.

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Dans le cockpit, les colonnes et le winch de grand voile ont été avancés sous la casquette, près du banc de ‘stand by’ où les équipiers gardent les commandes en mains à l’abri des paquets de mer. C’est aussi là où Yann passera la majorité de son temps en solitaire durant la Route du Rhum. « Je suis très satisfait du résultat de ces modifications de plan de pont, » commente-t-il. « Nous avons simplifié l’ensemble et gagné du poids. Il va falloir tout tester en mer. Idem pour le mât car le gréement, dormant et courant, est neuf. L’étai fixe de trinquette encaisse pas moins de 35 tonnes d’efforts. Il n’y a donc que sous voiles que l’on peut tout valider. L’électronique et l’informatique ont aussi été intégralement changées, ce qui demande un énorme travail de calibration. »

D’abord en équipage, puis en solo
Dans un premier temps, les navigations techniques se déroulent en équipage, à la journée, au départ de La Trinité-sur-Mer. Ensuite, le pur-sang prendra le large et les marins lâcheront la bride. Cet été, Spindrift racing a rendez-vous avec l’Atlantique Nord et, en cartésien, Yann ne brûle pas les étapes. « Nous nous battons contre nous-mêmes puisque le chrono appartient à ce bateau. J’ai donc souhaité typer le trimaran pour la brise et miser sur la légèreté. C’est notre parti pris technique. Les navigations d’entraînements puis le convoyage vers Newport, apporteront déjà quelques réponses. Avant de partir en solitaire ou en ‘faux solitaire’, je dois me sentir bien à bord, à l’aise, en confiance avec ce ‘nouveau’ Spindrift 2. Je vais devoir réapprendre à manœuvrer. Sur un bateau si extrême, il ne faut pas commettre la moindre erreur car la machine peut prendre le dessus. En équipage, nous pousserons le trimaran à 100% mais je ne sais pas encore à quel pourcentage je serai capable de le mener seul, à 50, 60, 70%, c’est l’inconnu et la météo décidera beaucoup. »

Un gros mois d’entraînement attend ainsi le team avant de quitter la France pour les États-Unis. Spindrift 2 devrait être début juin en stand-by dans l’attente du bon créneau météo pour tenter de battre le record de l’Atlantique Nord à destination du Cap Lizard.