La Classe Ocean Fifty s’impose un nombre limité de bateaux

La Classe l’avait annoncé. Elle est désormais limitée à 12 bateaux. S’ils sont huit Ocean Fifty au départ de Route du Rhum – Destination Guadeloupe, ils seront rejoints en 2023 par deux nouveaux bateaux. Le numerus clausus défini par les membres de la classe est désormais atteint, ce qui laisse toutefois des opportunités à de nouveaux entrants. Explications…

Skippers et armateurs ont fait mûrir pendant plusieurs mois la pertinence d’un numerus clausus au sein de la classe Ocean Fifty. La décision unanime a été prise, lors de la dernière assemblée générale, de limiter le nombre de bateaux, avec pour principale ambition de contenir l’empreinte carbone de manière significative.

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Limiter l’empreinte carbone

« On ne peut plus continuer à enfouir l’équivalent de plusieurs containers de déchets à chaque construction. En attendant la mise au point de solutions innovantes permettant de réduire l’empreinte carbone liée à la construction, nous pouvons au moins limiter le nombre de bateaux neufs », résume Erwan Le Roux, Président de la classe Ocean Fifty.
Les plus anciens multicoques de la classe Ocean Fifty sont nés en 2009 (Primonial, Groupe GCA–1001 sourires et Komilfo) et tiennent parfaitement leur rang sur les lignes d’arrivée. Primonial est notamment le vainqueur de la dernière Transat Jacques Vabre…

Numerus clausus atteint : 10 + 2

Il fallait placer un curseur permettant de garantir la pérennité de la classe et l’enthousiasme qu’elle suscite, de continuer à offrir des opportunités à de nouveaux skippers, tout en limitant au maximum l’impact environnemental. Très rapidement, un consensus s’est porté sur un numerus clausus à 10 bateaux, en réservant 2 wild cards supplémentaires dédiées à des skippers déjà animateurs de la classe. Si au lendemain du Rhum, un skipper actuellement dans la classe, souhaite construire, il pourrait bénéficier d’une wild card. Les nouveaux talents qui souhaitent actuellement rejoindre la classe se dirigent vers des bateaux d’occasion.

Valeur des bateaux et cohésion de classe

La classe a vu dans le numerus clausus d’autres vertus et notamment celle de garantir aux armateurs la valeur de leur investissement. « C’est notre responsabilité de classe que d’être auprès des armateurs qui nous rejoignent : l’idée étant de ne pas mettre en retraite des bateaux qui naviguent encore très bien, au prétexte qu’il faudrait faire de la place pour des nouveaux », note Erwan Le Roux.
Enfin, la cohésion des teams est une belle ambition, satisfaite depuis que la classe s’est professionnalisée. « Nous voulons rester au cœur des villes. Au-delà de 10 à 12 bateaux, nous ne serons pas accueillis dans certains ports. Aujourd’hui, la classe se donne les moyens de rester soudée et de ne pas contraindre un organisateur à sélectionner les projets au sein de la flotte Ocean Fifty », explique Thibaut Vauchel-Camus, Vice-Président de la classe.

Sébastien Rogues dispose actuellement de l’un des bateaux les plus anciens de la flotte. En 2021, il remportait néanmoins la Transat Jacques Vabre… Comment gagne-t-on une Transat avec un bateau de 2009 ?

« Il faut continuer à investir dans le bateau, faire les bons choix. Seul le squelette reste d’origine et on vient upgrader l’ensemble du matériel qui suit le cours de l’évolution technique : électronique, accastillage, espars, voiles… Notre jauge est bien pensée. Le squelette ne joue pas sur la performance, pourvu qu’il soit entretenu. »

Eric Péron a largement modifié le seul Ocean Fifty qui n’avait pas encore de foils, et avec lequel Lionel Lemonchois a gagné la Route du Rhum 2010 en Multi50 (Ocean Fifty désormais).

« Avant d’acheter notre bateau, nous avons contacté l’architecte pour s’assurer que le gain en performance pouvait être à la hauteur du chantier envisagé. Tout est faisable sur des bateaux en composite. C’est une question de budget et de temps. Aujourd’hui, l’intérêt du numerus clausus c’est que tous les bateaux doivent naviguer. Cela laisse peu de temps pour de très longs chantiers. Et cette décision de la classe a conforté nos investisseurs quant à la valeur de leur outil ».

La construction du nouvel Ocean Fifty Primonial de Sébastien Rogues a déjà débuté. Et mercredi dernier, Fabrice Cahierc, qui était déjà à l’origine du Koesio d’Erwan le Roux, a officialisé la construction d’un 10ème Ocean Fifty qui portera les couleurs du groupe REALITES.


Les 10 Ocean Fifty et leurs dates de naissance

2023
Primonial – Sébastien Rogues (mise à l’eau printemps 2023)
REALITES – Fabrice Cahierc (mise à l’eau été 2023)

2020
Koesio – Erwan Le Roux
Arkema – Quentin Vlamynck

2018
Solidaires En Peloton–ARSEP – Thibaut Vauchel-Camus

2017
Leyton – Sam Goodchild

2013
Les P’tits Doudous – Armel Tripon

2009
Primonial – Sébastien Rogues
Groupe GCA-1001 sourires – Gilles Lamiré
Komilfo – Éric Péron