Giancarlo Pedote vise le Vendée Globe 2016

Giancarlo Pedote
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Giancarlo, le bruit court que tu veux participer au Vendée Globe. Est-ce vrai ?

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Giancarlo Pedote : « Oui, je me sens prêt à relever ce défi. Je fais de la voile au haut niveau depuis une quinzaine d’années. J’ai commencé par des courses en équipage sur des grands bateaux avant de mener des projets en solitaire avec notamment deux participations à la Mini Transat, une en série et l’autre en prototype. J’ai aussi couru sur le circuit Figaro en 2010-2011. La course au large en solitaire me passionne et me correspond bien. C’est pourquoi je souhaite désormais me lancer sur le circuit IMOCA. Comme beaucoup de monde, le Vendée me fait rêver depuis longtemps. C’est le moment de concrétiser mon rêve ! »

Tes recherches de financements sont-elles en bonne voie ?

GP : « J’ai des pistes, mais les choses avancent. Le budget à réunir est forcément bien plus important qu’en Mini 6.50. Mon sponsor actuel, Prysmian, souhaite m’accompagner dans un projet Vendée Globe mais ne peut pas engager l’intégralité du budget nécessaire. Il m’aide donc à chercher d’autres partenaires. En parallèle de mes recherches, je repars pour une saison sur le circuit Mini. Car il me semble essentiel de continuer à naviguer. Météo, réglages, navigation : je veux garder le contact avec la course au large, et ne pas perdre la sensation du sel dans les yeux (rires) ! »

Sur quel bateau pourrait-on te voir au départ en 2016 ?

GP : Un bateau d’occasion bien évidemment. Je m’intéresse aux plans de 2006-2007 et pourquoi pas à ceux 2010. L’idée étant de partir en 2016 avec un monocoque qui peut, sur le papier, jouer le milieu de flotte. J’aimerais me battre en course avec les bateaux de la même génération. Mon deuxième grand objectif serait de prendre confiance avec la machine, de me familiariser avec ces grands monocoques pour éventuellement concevoir un bateau neuf pour une prochaine édition du Vendée Globe.

Passer directement du Mini 6.50 au 60 pieds IMOCA, trois fois plus long, ne te fait pas peur ?

GP : Non. Les Mini 6.50, et plus particulièrement les prototypes, sont en quelque sorte des IMOCA au format 1/3. Mon proto est l’un des plus aboutis avec une quille pendulaire télescopique, quatre ballasts, un mât basculant… J’ai fait quelques navigations en 60 pieds IMOCA et pu constater que ce sont des bateaux très sportifs et exigeants techniquement. Après une phase d’adaptation, je gagnerai en aisance. »

Un autre Italien, Alessandro di Benedetto, est passé avec succès du Mini au Vendée Globe…

GP : « Oui Alessandro s’en est très bien sorti lors de la dernière édition. Ceci dit, mon parcours est plus classique que le sien. Je n’ai pas bouclé de grandes aventures comme son tour du monde sans escale en Mini 6.50. Si je participe au Vendée, je n’aurai pas un projet d’aventurier mais un projet plus classique de régatier. » 

Seulement quatre Italiens ont participé au Vendée Globe depuis la création de l’épreuve en 1989. C’est peu…

GP : « Je pense que ce faible nombre est lié à la situation géographique du pays. Nous avons une mer mais pas d’océan. En Italie, la voile s’est développée en équipage et entre trois bouées – d’où nos belles prestations dans l’America’s Cup. Mais nous n’avons pas le large dans le sang. Ceci dit, certains Italiens, comme moi, ont cette envie du large.  C’est pourquoi je me suis installé en Bretagne. La course au large reste une discipline très française mais il y a des signes encourageants : lors de la dernière Mini Transat, l’Italie était la deuxième nation la plus représentée derrière la France, avec sept participants. »

Source : Vendée Globe