Des coups de vent et des calmes

Mariette of 1915 Transatlantic Race
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Le Class40 Amhas mené en double par Mackenzie Davis et Brian Harris se voit contraint à l’abandon avec des soucis de gréement. L’Akilaria RC3 rallie désormais les Açores. Moment d’inquiétude pour les organisateurs hier lorsqu’ils ont remarqué que le 43 pieds, Shearwater plongeait vers la mer des Caraïbes. Le contact n’a pas pu être établi par le Comité de Course qui a demandé à l’équipage du Swan 56 Noonmark VI de lui porter assistance. Ce dernier a réussi à contacter l’équipage, qui signalait de gros soucis avec sa GV, sa barre d’écoute et son hâle-bas. Le skipper avait décidé de descendre vers le sud pour permettre à tout le monde de se reposer avant de décider comment procéder. Depuis Shearwater a en effet confirmé son abandon.

La flotte s’étend sur 1500 milles avec de fortes contrastes dans les conditions. Au sud de la zone d’exclusion, les rafales atteignent 50 noeuds, tandis qu’à l’est comme prévu, en tête de la flotte, Mariette of 1915 se trouve englué, tout comme les retardataires ralentis dans un anticyclone qui s’étend de Terre-Neuve aux Bermudes. Halvard Mabire officie au poste de navigateur à bord de Mariette. “Le vent était aux abonnés absents hier. On n’a pas été complètement arrêtés, mais on restait longtemps à 2-3 noeuds.” Avec la houle résiduelle, les conditions à bord n’étaient pas très confortables.

Le vent a peu à peu fraîchi, mais les hommes sur Mariette estiment qu’ils seront dépassés bientôt par Lucky et Nomad IV. Ces derniers sont attendus au large du cap Lizard ce vendredi matin. Si les départs ont été décalés afin de viser des arrivées groupées, cela ne fonctionne pas cette année, car les bateaux les plus rapides qui sont partis une semaine après les premiers n’ont pas pu profiter pleinement de leur potentiel. Les dernières prévisions annoncent l’arrivée de Comanche, Rambler et le MOD 70 Phaedo cinq ou six jours après les vainqueurs en temps réel.

Parmi les leaders, l’Open 60 de Sir Robin Knox Johnston avance moins rapidement que lundi quand il réalisait des moyennes de 17 noeuds. Aux côtés du vétéran se trouvent l’ancien Commodore du RORC, David Aisher, le Français, Bernard Gallay et le premier Indien à faire le tour du monde en solitaire, Dilip Donde. Knox-Johnston avoue avoir fait une erreur tactique peu après le départ et semble en route pour la cinquième place en temps réel.  

Cette épreuve est marquée par la grande variété de bateaux en lice. Parmi les surprises, la belle progression du voilier classique de 52 pieds Dorade dessiné par Olin Stephens, qui a remporté la transat de 1931. Son propriétaire actuel vise ce même temps de 17 jours, même si le parcours est désormais plus long à cause de la zone d’exclusion pour éviter les icebergs et même si les conditions ne sont pas très favorables cette année. Lors d’un coup de vent il y a quelques jours, Dorade progressait avec trois ris pour la première fois en course avec son propriétaire actuel et l’équipage attend l’arrivée d’un nouveau coup de vent aujourd’hui. Il y a trois jours, Dorade réalisait des pointes de 18,7 noeuds, à comparer avec sa moyenne de 11,4 noeuds en 1931.