Bermudes 1000 race. Charlie Dalin impérial, conditions météos compliquées pour la fin

Sébastien Marsset (Cap Agir Ensemble #sponsorsbienvenus) - 100522 © Sebastien Marsset (Cap Agir Ensemble)

Charlie Dalin sur Apivia a dominé largement cette course et se trouve à 170mn de l’arrivée à Brest. Le reste de la flotte suit mais va devoir gérer une vaste zone de molle qui s’étire sur près de 800 milles dans le sens est-ouest, pile sur la zone de course des concurrents.

Si Charlie Dalin (Apivia), qui mène actuellement la danse avec près de 90 milles sur son poursuivant le plus proche, est assuré de rallier Brest en route directe ou presque, la donne est, en revanche, différente pour ses adversaires. Jérémie Beyou (Charal) pourrait trouver son salut au nord tandis que le reste du peloton devrait, lui, aller jouer au ras des côtes espagnoles pour bénéficier d’un peu de pression. En clair, des options très différentes vont s’ouvrir pour contourner cette fameuse bulle et compte tenu de l’imprécision des modèles météo, quelques surprises ne sont pas à exclure !
La nuit dernière a été rock and roll pour les 21 solitaires toujours en course dans la Guyader Bermudes 1000 Race, avec un nouveau passage de front. « La mer était fracassée et le vent est monté à 35 nœuds brutalement », a relaté Fabrice Amedeo (Nexans – Art & Fenêtres) qui, comme ses adversaires, a connu quelques heures bien toniques, avec quelques départs à l’abatée parfois un peu violents. « La nuit a été solide. Le front était costaud, voire brutal », a confirmé Damien Seguin (Groupe APICIL) qui a, heureusement, retrouvé des conditions plus maniables depuis ce matin, peu avant le passage du way-point Gallimard. Une marque virtuelle que Charlie Dalin a débordé en tête à 6h17, avec une avance de 4 heures et 05 minutes sur Jérémie Beyou (Charal) et de 7 heures et 32 minutes sur Louis Burton (Bureau Vallée), ce dernier occupant désormais la troisième position après le retrait de la course de Thomas Ruyant (LinkedOut) à la suite d’un problème de système de barre survenu peu avant 8 heures, ce mercredi.

Tout droit, au nord et au sud
Le skipper d’Apivia qui, pour mémoire, comptait un bonus de 45 minutes sur son dauphin au passage du Fastnet, a donc bien accentué son avance ces dernières 48 heures et il pourrait continuer de le faire lors des prochaines 24 heures, en particulier la nuit prochaine, avec l’établissement annoncé d’une zone de molle pile-poil sur la route de Brest. De fait, quand lui devrait conserver une trajectoire assez rectiligne pour rejoindre la ligne d’arrivée, ses rivaux, à l’inverse, ne vont avoir d’autre choix que de contourner cette fameuse bulle sans vent. « Jérémie Beyou a une option possible au nord mais avec le risque, si l’anticyclone remonte, de se faire piéger. La tentera-t-il ? Pour l’heure, la question est ouverte et l’on peut imaginer que dans ce cas, Charlie mette lui aussi un de nord dans sa route pour le contrôler a minima. Le reste du peloton, lui, va plutôt opter pour un contournement de cette zone de molle par le sud, en rasant les côtes espagnoles », détaille Christian Dumard. « Ce qui promet d’être intéressant, c’est que le paquet des retardataires va profiter de davantage de vent pour finir que celui du milieu. On peut donc s’attendre à un regroupement de la flotte dans les derniers milles », ajoute le consultant météo de l’épreuve. La course est donc assurément loin d’être terminée, surtout au vu de l’imprécision des modèles météo dans le petit temps.

Des ETA très imprécises
Dans ce contexte, les dernières ETA sont naturellement à prendre avec des pincettes. A date, le premier pourrait se présenter sur la ligne d’arrivée entre demain en fin d’après-midi et vendredi midi. Son dauphin, lui, pourrait boucler les 1 200 milles du parcours entre vendredi midi et 23h la nuit suivante tandis que le troisième devrait faire de même entre vendredi 13h et samedi 2h. « Difficile de se prononcer sur des heures d’arrivée. C’est du simple au double… », confirme Charlie Dalin. « Le dernier tronçon est plus difficile qu’il n’y paraît car il y a une dorsale qui pousse très rapidement derrière. L’objectif est de négocier cette crête barométrique au mieux. Ce n’est pas évident. Je passe pas mal de temps devant l’ordinateur, devant les fichiers pour trouver la meilleure solution à ce problème épineux ! En tous les cas, je fais comme dans Formula 1 : Push Charlie, Push Push », a terminé le Havrais.

Ils ont dit :
Antoine Gallimard, Président des éditions Gallimard
« Je suis ravi d’avoir fait en sorte de marier la littérature et le grand sport de la voile. Pour moi qui ne serai jamais un sportif, c’est un rêve d’enfant. C’est une occasion de rencontrer des navigateurs de haut-vol. Pour ma maison d’édition, qui s’est toujours intéressée à l’aventure, c’est une opportunité de mettre un peu de vent dans les voiles. Nous sommes vraiment là où nous sommes à l’aise, c’est-à-dire dans des champs inexplorés, dans des explorations de soi-même. Le thème de la liberté me plaît beaucoup. Aujourd’hui, on sent que l’on est très enserré par beaucoup de choses. Le fait de pouvoir dessiner sa propre voie, son propre sillage, avoir son propre imaginaire est essentiel dans la vie. C’est très généreux de la part des skippers d’accepter ce mariage avec les auteurs. Les auteurs eux-mêmes sont absolument ravis de sentir qu’il y entre eux une estime et une considération. Pour être libre, il faut accepter un certain nombre de choses. On ne sait jamais ce que la mer nous réserve. De même que l’on ne sait pas ce que nous réserve l’écriture quand on s’y plonge. Il y a, dans tous les cas, la nécessité d’être soi et d’être un autre. »