L’innovation pour le Team Arkema Lalou Multi

@ Maxence Peyra

Couronnée de succès et d’innovation, la saison 2016 du Team Arkema Lalou Multi s’achève avec l’entrée en chantier du Multi50 Arkema et du Mini 6.50 Arkema 3. Cet hiver s’annonce studieux pour l’écurie de Lalou Roucayrol, qui profite de l’ouverture de la jauge de la Classe Multi50 pour parer son trimaran de nouveaux appendices, les fameux foils. Par ailleurs, la phase d’optimisation du Mini 6.50 rondement menée par Quentin Vlamynck a permis d’identifier quelques axes de travail pour l’hiver afin de préparer cet incroyable prototype à sa première traversée de l’Atlantique, à l’automne prochain.
Un chantier innovant pour le Multi50
Après deux transatlantiques sous les flotteurs – The Transat bakerly et La Québec St Malo brillamment remportée par Arkema -, le trimaran de Lalou Roucayrol avait besoin de s’octroyer un peu de temps au sec ! « Le trimaran est entré en chantier au Verdon-sur-Mer il y a une quinzaine de jours » détaille Fabienne Roucayrol, manager de l’équipe. « Nous procéderons aux révisions classiques du gréement, de l’électronique, de l’accastillage, des voiles… Mais notre tâche plus importante ne débutera qu’au mois de janvier, avec la mise en place des foils et d’un jeu complet de trois nouveaux safrans. Le bateau a déjà montré ses formidables capacités, mais nous ne nous reposons pas sur nos lauriers ! »
Véritables précurseurs dans la mise en place de ces appendices sur le Mini 6.50, et toujours en adéquation avec la logique d’innovation inhérente à ce projet, Arkema et Lalou Roucayrol se font une joie de pouvoir adapter ce développement au trimaran. «D’une manière générale, les foils sur les multicoques ont deux atouts notables : la stabilité et la vitesse. Ces foils courbes permettent d’avoir une meilleure interaction air/eau. De plus, nous pourrons bouger l’incidence du foil (le rake), cela permet de jouer encore plus avec l’assiette du bateau, de le cabrer davantage et d’éviter ainsi de planter l’étrave du bateau dans les vagues. à partir de 14 nœuds, on estime le gain en vitesse à 3 nœuds environ dans les mêmes conditions » explique Lalou. « Pour notre Multi50 Arkema, le gain sera également dans l’amortissement des chocs au près, où le bateau tape beaucoup dans les vagues. »
Équipés de foils monotypes, c’est-à-dire identique au sein de la flotte des Multi50, l’enjeu pour l’équipe et de l’architecte Romaric Neyhousser sera surtout de définir le meilleur positionnement de ces foils sur le trimaran. « Nous allons devoir adapter notre bateau, définir l’endroit où les foils seront placés, et où certains renforts seront nécessaires. Notre objectif est de remettre le trimaran à l’eau d’ici fin mars, début avril. » conclut Fabienne.
Un programme d’entraînement sera alors défini pour Lalou Roucayrol et ses équipiers, en vue de la Transat Jacques Vabre 2017, en double, à destination de l’Amérique du Sud.
Un chantier d’optimisation du Mini 6.50
Véritable concentré d’innovation, le prototype Arkema 3 mis à l’eau en milieu d’année n’est pas passé inaperçu. Équipé de foils, d’un mât-aile ou encore d’un bout-dehors rétractable, ce prototype ne demande qu’à être dompté. « J’ai parcouru plus de 2 000 milles nautiques depuis le mois de juin dernier » raconte Quentin Vlamynck, skipper d’Arkema 3. « Cette phase d’optimisation et de prise en main hors course était nécessaire car c’est une machine absolument incroyable. Nous avons réussi à le faire voler et plusieurs fois, je suis parvenu à tenir le bateau à plus de 20 nœuds. Mon record pour l’instant est de 23 nœuds, au portant sous Code 5 et GV 2ris… Je suis très confiant dans son potentiel mais il y a encore des améliorations à prévoir. »
Si aucun élément majeur n’est remis en cause, c’est dans le détail que l’équipe d’Arkema Lalou Multi va travailler. « L’objectif est d’optimiser le bateau au maximum pour le départ de la Mini Transat en octobre prochain. Nous allons notamment améliorer l’ergonomie du bateau, avec un véritable poste de veille, qui contribue à la performance du skipper. De plus, le bateau est très exigeant et la navigation parfois violente, aussi nous allons prévoir pour Quentin un équipement adapté, du type casque, protège-genoux. »
Très actif sur le chantier, le jeune skipper continue à engranger de plus en plus d’expérience auprès de Lalou. Ce dernier ne tarit pas d’éloge à son égard : « Quentin est un skipper investi, intelligent, travailleur et désireux d’apprendre. Lorsqu’il n’est pas sur l’eau, il est au chantier pour apprendre encore, développer et optimiser. Ce bateau est très technique et impose au skipper d’être également développeur et performeur. Cet hiver sera également consacré au traitement des données acquises pendant les navigations. Nous remettrons le bateau à l’eau fin février avec l’objectif de participer ensemble à la Lorient BSM au début du mois d’avril. C’est complètement dans notre logique de transmission et de partage de savoir-faire initié il y a 3 ans » conclut Lalou.