Vendée Globe. Yannick Bestaven :  » Mettre le curseur au bon endroit »

Yannick Bestaven s'entrainant à bord de Maitre Coq, pour le Vendee Globe. (Photo Jean-Marie LIOT / Maître Coq)

Actuellement 5e de ce Vendée Globe à 130 milles d’Apivia, Yannick Bestaven joue le podium même s’il sait que cela va être difficile.

Boris Herrmann, un de tes concurrents dans ce sprint final, parlait ce matin de la semaine la plus incroyable du Vendée Globe, est-ce aussi ton avis ?
Oui, ça peut, parce qu’on est effectivement proches les uns des autres. Il ne va pas falloir faire de bêtises, parce que tout le monde est un peu usé et que les bateaux sont fatigués. L’enjeu va être de mettre le curseur au bon endroit entre tirer fort sur le bateau parce que c’est la dernière chance de faire un bon résultat ou le ménager pour être sûr de terminer, c’est clair que ça va être une sacrée semaine !

Tu parles de résultat, à ce stade de la course, lequel vises-tu ?
Déjà finir dans le Top 5, après, je sais que le podium va être difficile, mais il est encore jouable. Devant moi, ils ne sont pas très loin, Thomas (Ruyant, LinkedOut) est à la quatrième place, pas loin devant moi, il est handicapé avec son foil, je suis plus rapide que lui ; Boris (Herrmann, Seaexplorer – Yacht Club de Monaco) va vite, il est en train de revenir sur Charlie Dalin (Apivia), et il y a Louis (Burton, Bureau Vallée) qui fait une belle cuillère à gauche, ça peut être intéressant pour lui s’il attrape le premier le vent de Sud-Ouest. Tout reste possible entre nous, ça va être super intéressant, le résultat va aussi dépendre de la capacité des bateaux au portant, je ne sais pas si tout le monde sera à 100% dans ces conditions.

Tu le seras ?
Comme je l’ai dit cette semaine, il me manque des voiles, je n’ai pas mon J2, je n’ai pas mon « FRO » (deux voiles d’avant), mais j’ai le reste : un spi, un grand et un petit gennaker, un J3, il y a moyen de faire des choses avec ça

Physiquement, il va falloir être au maximum pour ces derniers jours, penses-tu que vous allez peu dormir ?
Il faut essayer au maximum de rester dans un rythme normal, parce que ne pas dormir sur plusieurs jours, c’est tendu. On va peut-être peu dormir, mais il le faut pour rester lucide jusqu’au bout, il reste quand même six-sept jours de course.

Te rends-tu compte que tu approches de la fin ?
Je t’avoue que sur la notion de temps, je suis un peu paumé. Même si je sais que c’est bientôt fini, j’ai du mal à m’en rendre compte, à le sentir. D’autant qu’il y a cette météo quand même assez costaude qui nous attend d’ici Les Sables d’Olonne, il y a pour moi encore une grande partie du Vendée Globe à faire. Le mot d’ordre, c’est donc plus la concentration pour arriver le plus vite possible.

Fais-tu des calculs avec tes 10 heures et 15 minutes de temps rendu ?
Non, c’est compliqué, parce qu’il faut regarder chacun, je ne veux pas me laisser déconcentrer par ça, on fera les comptes une fois que j’aurai passé la ligne !
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