Vendée Globe. Thomas Ruyant : « En mode étape du Figaro »

Thomas Ruyant s'entraine à bord de LinkedOut pour le Vendee Globe au large de Groix, France, le 1 Juin 2020. (Photo Pierre Bouras / TR Racing)

Thomas Ruyant 4e au classement va pouvoir retrouver un peu de vitesse avec un final qui lui permettra de s’appuyer sur son foil valide !

« Je suis dans une brise de secteur Sud, et le vent se renforce et se stabilise. Ça fait du bien d’être au portant ! Normalement, la brise va prendre une composante Sud-Ouest en forcissant. J’ai « subi » un bord qui a duré quasiment huit jours en tribord : c’était une période dure pour le moral ! Maintenant, c’est du VMG : c’est plus simple.

Les surprises, c’est non-stop ! Il y a du regroupement à tous les étages depuis le départ. C’est bien, cela fait des régates serrées, même si on espérait avoir une fin de tour du monde un peu plus tranquille. Là, on va la faire en mode « étape du Figaro » ! C’est serré… Désolé, je suis parti au tas : ça arrive parce qu’il y a encore quelques bouffées d’air et une mer un peu courte. J’ai mis le nez dedans, mais le bateau s’est remis en place tout seul.

Non, je ne suis pas sous spinnaker parce qu’il y a du vent quand même ! Il y a vingt nœuds de vent moyen : je navigue sous gennaker de tête. Et ça repart au tas… Non, ça revient ! Je suis dans le cockpit pour manager tout ça. Voilà !

Je suis plein de sentiments partagés parce que j’ai bien envie d’arriver mais en parallèle, il me faut un peu de temps pour revenir sur ceux de devant… Et j’ai l’envie de profiter à fond de mes derniers jours en mer. Ce tribord était dur pour le mental, alors j’ai besoin de naviguer sur l’autre bord !

J’ai plutôt bien mangé depuis le départ du 8 novembre, mais là, pour ces derniers jours, c’est assez terrible : je n’ai plus que du lyophilisé ! Avec un peu de frais… Et comme ce ne sera pas une fin de Vendée Globe cool… On va avoir de la brise au portant, des empannages à faire au bon endroit. Je vais essayer de me battre pour une place sur le podium mais il y a un gros match ! C’est vraiment très serré : tout le monde va arriver très proche.

On risque d’être très « cramé » aussi, parce qu’on a un tour du monde dans les pattes. En même temps, j’ai pu bien dormir depuis le pot au noir. Mais le corps doit suivre : je sens que je suis courbaturé, je ne vais pas aussi vite pour envoyer mes voiles, ça ne borde pas aussi vite qu’au début… Mais j’ai encore la tête bien en place sur ce qu’il se passe et s’il y a de la fatigue physique certaine, je me suis bien reposé ces derniers jours.

On va arriver avec du vent de Sud-Ouest, donc on ne devrait pas avoir froid. Mais le final peut être assez venté ! Ici, il fait beau et on n’a pas vu la pluie depuis un moment… On ne va pas passer loin des Açores : on va tournicoter et il me reste 50% de bord bâbord et 50% de tribord. De quoi bien se marrer sur la fin ! »