Vendée Globe. Moments décisifs en tête de flotte ?

Yannick Bestaven est ralentie ce matin prémices des jours à venir alors que Charlie Dalin et Thomas Ruyant ont retrouvé du vent filent plein est. Ces 48 heures s’annoncent décisives pour la suite.

Yannick Bestaven avance à 5 noeuds ce matin plein nord en attendant une bascule dans les prochaines heures qui devrait lui permettre de continuer sa route mais sans doute pas pour longtemps avec un grand centre anticyclonique qui va s’étendre devant lui. Derrière, Charlie Dalin et Thomas Ruyant avancent plein est à 17nds et commencent à resserrer l’écart. Ils vont avoir un peu plus de temps pour réfléchir à l’endroit où porter leur attaque. C’est maintenant qu’ils leur faut passer devant pour faire parler la vitesse de leur foiler et espérer ensuite mettre suffisamment de distance avec Maitre CoQ pour s’imposer sur ce Vendée.

Joint ce matin à 5h, Yannick Bestaven était au réglages fins de son IMOCA et restait parfaitement lucide sur la situation avec ses cartes en main.

« Il n’y a pas de vent, je suis à essayer de régler le bateau pour avancer. Il y a un petit résidu de clapot mais ce n’est pas désagréable par rapport à ce qu’on a connu !

Ce sont des vents erratiques, j’ai 5 nœuds de vent, qui tournoie pas mal, je continue à avancer tout doucement plein nord en attendant que le vent bascule dans mon ouest-sud-ouest pour partir au portant. C’était prévu sur les fichiers mais j’espère que cela ne va pas durer trop longtemps.

Je ne sais pas combien de temps cela va durer. Normalement, pas trop longtemps ! Affaire à suivre. Il doit faire 25 degrés dans le bateau, la température de l’eau est également à 25 degrés. C’est chaud, c’est bon pour la baignade ! On est dans des courants d’eau chaude qui redescendent, ça grimpe vite, c’est impressionnant. L’ambiance est humide, c’est très nuageux, car c’est dépressionnaire au-dessus de nous. Il fait chaud et moite.

Il n’y a rien, je n’ai croisé personne. Je n’ai croisé aucun bateau depuis un moment. On assez loin des côtes, ce sera plus compliqué dans la remontée le long du Brésil, car il y pas mal de bateaux de pêche. J’espère que le radar fonctionnera bien. Le couloir de vent sera assez proche de la terre après. On risque de raser les côtes après les Cabo Frio, et il y a des parcs éoliens, surtout beaucoup de plateformes pétrolières. Je risque de passer pas top loin de tout ça, il faudra être très attentif.

Je surveille ce qu’il se passe derrière, les camarades de jeu vont revenir, mon avance va décroître au fur et à mesure de la journée. J’espère qu’il m’en restera un peu ! C’est tout l’enjeu de cette journée et de ce week-end. Je suis un homme heureux mais je dois continuer à régler pour bien avancer. Je vais manger du chocolat car cela me maintient éveillé, c’est mon seul excitant avec le café. Et c’est du chocolat très noir, très fort en cacao ! »