Vendée Globe. La tempête la plus puissante du Vendée Globe à venir

Pour le groupe leader avec Charlie Dalin devant, ils vont devoir faire face à une violente tempête qui se forme à l’Est des îles Kerguelen.

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« Une prune très virulente », la phrase est lâchée, violente et bien imagée. Et quand elle sort de la bouche du maillot jaune de ce Vendée Globe, Charlie Dalin, des frissons nous parcourent l’échine. Une dépression australe qui se creuse à l’intérieur d’un front de façon très rapide n’augure rien de bien paisible à venir, bien au contraire. Ce sera la première vraie « grosse » tempête de ce Vendée Globe. « J’espère que ce sera la plus puissante du tour du Monde et la dernière », nous avoue Charlie ce matin au téléphone qui ajoute vouloir « passer dans son Nord et ne pas suivre les recommandations de son routage optimal pour essayer de passer dans un endroit moins venté ». Trouver le bon compromis entre distance parcourue et sécurité est la nouvelle mission pour ce passage clé. « Je ne prendrais pas le cœur de la dépression, elle devrait passer dans mon Sud si tout se passe bien », analyse le navigateur qui a déjà pris le soin de préparer son IMOCA pour cette étape. « Ma nourriture est déjà prête et ma boisson aussi », anticipe déjà Charlie, paré pour passer en mode « marin » le temps de ce front.

Avec un premier concurrent pointé à 165 milles marins ce lundi matin (Thomas Ruyant), Charlie doit mener son soixante pieds APIVIA tout seul, sans lièvre ni étalon. Une situation à laquelle il s’habitue : « il n’est pas dans le même système météo donc je ne peux pas « matcher » les vitesses avec lui mais je reste à l’affut et je surveille ses performances pour maintenir un écart », avoue notre leader, éternel compétiteur. « Ma façon de naviguer ne change pas et je dois gérer ma boutique tout seul, faire face à l’imprévu, à l’imprévisible. La météo est très changeante et l’exemple de la dépression qu’on va avoir demain incarne bien notre principale préoccupation : gérer au mieux les phénomènes naturels qui nous arrivent dessus. C’est vraiment ça l’aventure du Vendée Globe ». L’aventure avec un grand « A » prend d’autant plus de sens dans les mers hostiles du grand Sud, là où les systèmes météos se forment plus violemment sur une mer très creusée par les vents et la houle. Ces conditions musclées et harassantes pour les bateaux ne sont pas anodines dans les causes du naufrage de l’IMOCA de Kevin Escoffier sauvé par Jean Le Cam il y a une semaine. « Ça m’a beaucoup marqué sur le moment alors que je rentrai dans l’Océan Indien, je ne pensais plus qu’au sauvetage sur le moment. Quand j’ai su qu’il avait été récupéré par Jean, j’ai été très soulagé et ai pu passer à autre chose. Cet événement n’a pas impacté ma manière de naviguer depuis… », détaille Charlie Dalin ce midi, pragmatique.

La clé : contemplation et tête dans le guidon
La route vers les Sables d’Olonne est encore longue pour ces gladiateurs du large qui ont tout juste dépassé le tiers de la course (36 % du total effectué) pour le peloton de tête. Lier la compétition à l’aventure, joindre l’audace à la sécurité, tels sont les préceptes des derniers vainqueurs du Vendée Globe que Charlie s’efforce de suivre. « J’essaie de profiter au maximum et même si je suis concentré à 200 % sur cette dépression, j’arrive à me relâcher et à avoir des moments de contemplation comme cet albatros qui m’a survolé puis fait faux bond au moment où je suis ressorti de mon cockpit avec l’appareil photo », nous dévoile le skipper de la mutuelle Apivia. « J’arrive à m’évader un peu, j’ai même réécouté un peu de musique mais je n’oublie pas d’aller vite en permanence car c’est la clé de la course et je dois bien admettre que ces moments de détachement sont très rares, j’ai quand même la tête dans le guidon la plupart du temps », avoue le navigateur normand.

La météo des neiges : pas encore de flocons sur APIVIA
Même si Noël approche, les premiers flocons de neige du Vendée Globe ne sont pas pour tout de suite, ce que confirme Charlie, enjoué à l’idée d’en avoir en mer. « Pas de poudreuse prévue à bord d’APIVIA pour le moment mais j’adorerai, ce sera peut-être sous des latitudes plus australes que celle que j’ai actuellement, pour le moment je n’ai pas encore eu besoin de déballer mon matériel « grand froid », les températures sont encore clémentes et il fait même encore 15 degrés dans mon cockpit. »