The Ocean Race. 5 IMOCA au départ de la course

Profitant du Défi Azimut, la Classe IMOCA et les organisateurs de The Ocean Race ont présenté les équipes des 5 IMOCA engagés dans cette 14e édition en espérant encore le ralliement d’autres équipes.

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S’ils seront 5 ou peut-être plus, c’est déjà un début pour l’entrée de l’IMOCA dans cette course mythique. Ce rapprochement n’aura pas été facile à mettre en œuvre pour les organisateurs qui ont du se plier aux contraintes de la crise sanitaire et au calendrier de la Classe. La participation des IMOCA à cette course est le résultat d’un long processus d’évaluation, de coordination et de négociation entre la Classe et les organisateurs de la course, représentés à la conférence de presse à Lorient par le directeur général de The Ocean Race, le Suédois Johan Salén. Antoine Mermod, le président de l’IMOCA, a déclaré qu’il ne doutait pas que la participation à The Ocean Race soit désormais un modèle viable pour les équipes IMOCA et qu’il s’attendait à ce qu’il se développe sur les futures éditions.

“Ce fut un long voyage qui a commencé il y a bientôt cinq ans”, a rappelé Antoine Mermod. “Construire une course est un travail très difficile, mais depuis le premier jour avec Johan, nous étions convaincus que nous construisions ensemble un modèle fort, à la fois pour l’IMOCA et pour The Ocean Race, qui aidera l’IMOCA et The Ocean Race à se développer et à établir une position très forte.”

Les équipages IMOCA relèveront le défi des 32 000 milles nautiques, qui comprend sept étapes et neuf villes hôtes, aux côtés de la flotte monotype VO65. Jusqu’à présent, cinq équipes IMOCA ont été dévoilées mais d’autres pourraient encore les rejoindre.

A l’heure actuelle, la flotte IMOCA est composée de Team Malizia skippée par l’Allemand Boris Herrmann, de l’équipe américaine 11th Hour Racing Team et son skipper Charlie Enright, et de trois équipes françaises – Guyot Environnement-Team Europe dirigée par Benjamin Dutreux, Biotherm skippée par Paul Meilhat et enfin Holcim-PRB skippée par Kevin Escoffier, qui a disputé la course à deux reprises.

Antoine Mermod a également affirmé que le soutien des skippers IMOCA a été essentiel pour faire décoller cette nouvelle course au sein de la Classe. Il a précisé que les principaux skippers avaient pleinement soutenu l’idée de prendre part à ce qui est une course majeure. “En IMOCA, nous avons la chance d’avoir le Vendée Globe – une épreuve légendaire – et avoir aujourd’hui la possibilité de participer à l’autre course légendaire de la course au large mondiale avec The Ocean Race était très important pour les skippers”, a-t-il confié.

Johan Salén a lui déclaré que l’organisation de la prochaine course était désormais bien engagée. Les équipes, les villes hôtes, les partenaires et les fournisseurs forment un réseau qui, a-t-il dit, “bourdonne” d’activité pour se préparer au départ du 15 janvier 2023. “J’espère que nous offrirons un événement qui sera une aventure et l’expérience d’une vie pour toutes les personnes impliquées”, a-t-il lancé. “Il est vraiment bon d’en être ici et nous pouvons oublier ces dernières années Covid et regarder vers l’avant. Tout cela s’annonce fantastique.”

Les équipages IMOCA navigueront à quatre, dont au moins une femme* et un ‘On Board Reporter’, sur des monocoques à foils ultramodernes, dont la plupart ont été construits plus particulièrement pour les courses en solitaire ou en double du circuit IMOCA. Cependant, dans deux cas – 11th Hour Racing Team-Mālama et Malizia-Seaexplorer – ils ont été conçus dans l’optique de The Ocean Race.

Le parcours de la course offrira un défi de taille et comprendra une étape épique dans les mers du Sud, au cours de laquelle les équipes navigueront du Cap, en Afrique du Sud, sans escale jusqu’à Itajaí, au Brésil. Cette étape de 12 750 milles est considérée comme la preuve que The Ocean Race revient à ses racines, avec le défi des mers du Sud au cœur de la course.

Kevin Escoffier, qui a remporté The Ocean Race avec Dongfeng Race Team en 2017-18, est impatient de se lancer avec son nouvel IMOCA Holcim-PRB. “Nous avons hâte d’être au départ et de nous mesurer à ces grandes équipes “, a-t-il déclaré à la presse réunie à Lorient dans la base du Team Malizia. “Je suis sûr que nous aurons de belles courses avec des bateaux rapides et aussi très impressionnants. Nous irons dans des villes qui n’ont jamais vu autant de monocoques voler et je pense qu’ils seront très heureux de nous voir faire quelques wheelings !”

Boris Herrmann a lui affirmé que la participation des IMOCA à The Ocean Race est une étape historique pour la course au large. “Je pense que c’est un grand début de quelque chose de nouveau”, a-t-il déclaré. “C’est une nouvelle ère dans la voile offshore, comme tout le monde l’a dit. C’est un style de navigation très différent sur ces bateaux – plus technologique et avec un travail d’équipage différent de ce que nous avons vu jusqu’ici – avec des compétences individuelles élevées et des profils également très polyvalents.”

Francesca Clapcich, l’ancienne championne du monde italienne de 49er FX qui a participé à la dernière Ocean Race avec Turn The Tide On Plastic, fait partie de l’équipe de 11th Hour Racing Team. Elle a évoqué le défi que représente la conduite d’un IMOCA à son plein potentiel sur un tour du monde. “Ce sera une course très différente de la dernière”, a-t-elle expliqué. “Il y aura moins de personnes à bord et beaucoup à faire. Les vitesses sont plus élevées et il s’agira donc de bien comprendre la fiabilité du bateau et de s’assurer que nous sommes prêts à tout sur ce parcours.”

Elle a aussi rappelé que la clé du succès sera le collectif. “Il s’agit de travail d’équipe comme toujours, peu importe que vous ayez 10 personnes à bord, ou cinq ou deux”, résumait-elle. “Il s’agit de bien travailler ensemble, de s’entraider dans les moments difficiles et aussi d’en profiter”.

L’ancienne navigatrice olympique britannique Annie Lush a déjà couru deux fois The Ocean Race. Elle a rappelé que les IMOCA ne sont pas les bateaux les plus grands pour courir autour du monde. “Nous avons tous des atouts différents et avec ce bateau, il s’agira de trouver comment les utiliser au mieux et aussi de faire tenir tout le monde dans le cockpit…” s’est-elle amusée à rappeler.

The Ocean Race est bien sûr le grand objectif des cinq équipes annoncées. Mais avant de prendre le départ en janvier, ils disputent jusqu’à dimanche leur warm’up sur les 48 heures du Défi Azimut. Ensuite, quatre équipes verront également leurs skippers participer à la Route du Rhum-Destination Guadeloupe en solitaire qui partira de Saint-Malo le 6 novembre.

Tous croiseront les doigts pour terminer cette course en un seul morceau et ramener leur bateau en Espagne pour le départ de The Ocean Race le 15 janvier. Les mois à venir s’annoncent bien remplis pour ces équipes avant qu’elles ne prennent le large sur cette grande épopée de la voile internationale.