Solitaire. Pierre Quiroga enfonce le clou à la Hague

Pierre Quiroga, skipper du Figaro Skipper Macif 2019, lors de la 2eme etape de la Solitaire du Figaro 2021 entre Lorient et Fecamps - En mer le 30/08/2021

Rapide sur la première étape, Pierre Quiroga se montre tout aussi incisif sur cette deuxième étape où il s’impose devant Xavier Macaire victime d’un casier ou de Tom Laperche et Gildas Mahe qui tentent de le rattraper. Au passage de la Hague, le skipper Macif a pris une belle option sur la victoire d’étape mais rien n’est encore joué.

Toujours au près dans un vent de nord-est d’une quinzaine de nœuds avec des rafales à 20, la flotte de cette 52e Solitaire du Figaro avance scindée en deux, avec une option sud sous l’île de Guernesey menée par Pierre Quiroga (Skipper Macif 2019), actuellement en tête de cette deuxième étape vers Fécamp, et une autre plus au nord menée par Xavier Macaire (Groupe SNEF). Le passage de la Hague en fin d’après-midi va départager ces deux options, menées chacune par les deux leaders du classement provisoire.

Il fallait choisir son passage à l’approche des îles Anglo-Normandes aujourd’hui. En tête de la flotte, Pierre Quiroga est passé tout proche de l’île de Guernesey, en longeant sa côte sud. Le skipper hyérois a réalisé une belle opération cette nuit en portant son avance à un peu plus de 3 milles sur son premier poursuivant direct Gildas Mahé (Breizh Cola), aux coudes à coudes avec Tom Laperche (Bretagne – CMB performance), qu’il a réussi à doubler dans une nuit propice aux mouvements dans le classement, au rythme des virements.

En se rapprochant de la route directe grâce à une franche remontée vers le nord, Achille Nebout (Primeo Energie – Amarris) est passé de la 14e place cette nuit à la quatrième ! A quatre milles du leader, il est suivi par Gaston Morvan, qui assume avec brio son statut de 1er bizuth du classement provisoire. En 5e position, le jeune breton se joue à merveille des difficultés qu’impliquent cette remontée, au près, au milieu des îles et des effets du courant, devant le gros de la flotte qui a choisi de passer comme lui entre les deux petites îles Sercq et Herm, situées à gauche de Guernesey, dans le sillage des leaders.

Un classement affiné à la pointe de la Hague
Une route sud que n’a pas choisi de prendre Xavier Macaire, leader du classement général mais désormais à 8 milles de Pierre Quiroga. Victime d’un casier qui s’est pris dans sa quille cette nuit et qui l’a obligé à plonger, le skipper sablais pointe cet après-midi à la 16e place. Il ouvre une voie beaucoup plus nord, à 7 milles au dessus de Guernesey, devant Robin Marais (Ma Chance Moi Aussi), 21e, Nils Palmieri (TeamWork), 22e, et Pierre Leboucher (GUYOT Environnement – Ruban Rose), 24e, à 13 milles du leader.

Le passage en fin d’après-midi vers 18h30 des premiers concurrents à la pointe de la Hague permettra de désigner les gagnants de ces deux grandes options sud et nord. Dans tous les cas, les écarts devraient se resserrer un peu avec l’inversion du courant qui deviendra défavorable au moment de ce passage.

Ils ont dit :

Tom Laperche (Bretagne – CMB Performance) : On est dans le Big Russel, le chenal du côté de Guernesey. On se dirige vers la raz Blanchard au près dans du vent soutenu pour contourner la presqu’île du Cotentin. Normalement, on devrait avoir le courant avec nous pour une bonne partie de l’après-midi. Il ne faut pas perdre de mètre maintenant, ça vaut le coup de mettre du charbon. Je suis content de certains choix, mais pas de tous. La nuit dernière, je suis retourné à terre à un moment donné. Je pensais que c’était bien, mais en fait Pierre Quiroga est parti trois milles devant.

Gildas Mahé (Breizh Cola) : Je suis actuellement dans le traditionnel Grand Russel, le chenal entre Guernesey et Sercq. On a du jus dans le bon sens, mais on tire des bords. Depuis hier, on a encore re-sorti les piolets pour remonter. Une fois de plus, on n’a pas les remontées mécaniques sur cette étape ! Je n’ai pas compté les virements de bord, mais ce sera intéressant de regarder sur la carto à l’arrivée. Une chose est sûre on les enchaîne, notamment au niveau de Portsall, où on a dû en faire une belle série. Ce n’est pas de tout repos. Depuis la pointe Bretagne, la partie stratégique est vraiment grande ouverte jusqu’au raz Blanchard. Dans ce contexte, la moindre petite oscillation ou petit décalage entre le Nord et Sud peuvent faire une grosse différence en distance et en temps. Depuis hier, il fallait jouer ses coups à fond. J’ai été un petit trop mitigé. J’ai vraiment hésité à jouer plus au large, mais je m’en sors pas mal. Je suis bien content d’être là ; et la suite, c’est le raz Blanchard, pile à la renverse de courant. On verra bien ce qui s’y passe…