Route du Rhum. Thomas Ruyant prend la tête en Imoca !

Thomas Ruyant - LinkedOut - Imoca © Pierre Bouras

La fin de course en Imoca s’annonce intense. Thomas Ruyant à bord de son LinkedOut devance ce vendredi Charlie Dalin sur Apivia. Un tournant sur cette course.

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Le passage de l’anticyclone des Açores a joué un mauvais tour à Charlie Dalin qui a vu revenir ses concurrents directs dont Thomas Ruyant qui a joué parfaitement un décalage plus à l’ouest et qui ce matin pointe en tête à une allure portante où son bateau s’annonce aussi rapide qu’Apivia. Il met un terme, au moins pour l’heure, à 8 jours de domination de Charlie Dalin et son Apivia à grands foils. Depuis son entrée dans un couloir alizéen instable et en voie d’établissement, le skipper Nordiste trouve les angles et la pression de vent favoris de son plan Verdier. Il s’attache depuis à “nourrir la bête”, à appliquer à chaque instant, à chaque oscillation l’exact réglage de ses voiles et de ses appendices pour tirer la quintessence de sa monture. Il applique en cela les mille et une idées développées lors et depuis la Transat Jacques Vabre, avec son équipe technique mais aussi son complice lors de la victoire l’an passé en Martinique, Morgan Lagravière. La supériorité d’Apivia, flagrante en début de course aux allures de près dans du vent faible à médium, est ainsi mise à mal, et les deux plans Verdier sont partis pour un duel au couteau qui pourrait bien ne trouver sa conclusion qu’aux abords immédiats de la ligne de Pointe-à-Pitre. 1 100 milles les séparent de cette échéance. 1 100 milles d’un alizé tortueux, pavé de mauvais grains qui viennent comme à plaisir brouiller le plus soigneux des réglages, contraignant les solitaires à une adaptation constante de l’assiette du bateau et de l’harmonie des combinaisons de voilure. Thomas y trouve une forme de jubilation, heureux de pouvoir appliquer sa méthode et cette symbiose construite depuis 3 ans avec son foiler.

Physique, épuisante, la course tient aussi toutes ses promesses de défi tactique, l’alizé imposant un rythme d’empannage à placer à bon escient, tant la proximité et la qualité des adversaires ne tolèrent aucune approximation. C’est donc aussi sur l’écran de l’ordinateur que se joue plus que jamais la performance. Et comme si toutes ces composantes ne suffisaient pas, Thomas ne manque pas d’inclure dans son analyse stratégique la menace des autres poursuivants. Si un trou est désormais fait, de plus de 120 milles avec les étonnants Justine Mettraux et Maxime Sorel, la menace de Jérémie Beyou, Kevin Escoffier et Paul Meilhat continue de mobiliser l’attention du Dunkerquois. Les foulées s’allongent et ce sont désormais plus de 340 milles que les solitaires de tête avalent chaque 24 heures. Un rythme appelé à s’élever, pour envisager une arrivée sur l’île papillon lundi prochain dans la journée…

Derrière Kevin Escoffier, Jérémie Beyou et Paul Meilhat sont encore en embuscade. “Il y a une part de roulette russe dans ces parages avec les passages de grains ! Il faut être opportuniste et chanceux. Je suis dans le bon paquet.” soulignait Kevin Escoffier.

18/11/22 – 05h39 : Vacation / IMOCA – Kevin Escoffier / Holcim – PRB – © 6ème Sens