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Mini Globe Race. 11 concurrents au Cap !

The Royal Natal Yacht Club started the ball rolling with stunning SA hospitality! The locals jumped in and a Safari operator put on a few days in the bush!! Amazing. Credit: Christine Turner / MGR2025

11 des 15 participants initiaux sont arrivés au Cap. La montagne de la Table en toile de fond leur rappelle avec sobriété où ils se trouvent, d’où ils viennent et ce qu’ils ont accompli. La plus longue et la plus redoutable étape de la Mini Globe Race 2025 s’est achevée de manière spectaculaire. Onze skippers de la classe ALMA Globe 580 ont terminé leur odyssée de 10 000 milles entre les Fidji et Le Cap à bord de leur bateaux en contreplaqué de 19 pieds, pour la plupart construits artisanalement dans des hangars et des arrière-cours, surfant sur le courant des Aiguilles comme s’ils étaient nés pour cela, puis luttant contre les vents catabatiques des montagnes qui ont transformé les cinq derniers milles en les plus difficiles de tout l’océan Indien.

Lorsque la flotte MGR a glissé dans la marina de Durban, elle a été accueillie par l’une des réceptions les plus chaleureuses jamais réservées à une course océanique moderne. Le Royal Natal Yacht Club et le Point Yacht Club ont fait revivre une tradition centenaire en accueillant les navigateurs d’aujourd’hui comme ils avaient autrefois accueilli des légendes telles que Slocum, Pidgeon, Moitessier ou Guzzwell.
« Les habitants nous ont traités comme des célébrités », a déclaré en riant Dan Turner, de l’IMMORTAL GAME, résumant ainsi l’incrédulité collective des skippers qui se sont soudainement retrouvés à signer des drapeaux, à donner des conférences et à être adoptés par la fière tradition de navigation océanique de Durban.

Des invitations à des safaris aux réparations de voiles de dernière minute, les marins de Durban se sont surpassés. Lorsque Adam Waugh, sur le LITTLE WREN, a déployé sa célèbre grand-voile rapiécée, qui arbore toujours le logo de la Fondation Ella Dawson, la foule a applaudi. Lorsque Jakub Ziemkiewicz a publié sa vidéo à 5 heures du matin montrant le BIBI quittant le port, Durban était déjà réveillé pour le regarder. Même Keri Harris, à bord de l’ORIGAMI, qui était resté sur place pour assister aux funérailles de sa mère et entraîner un navigateur local en Laser, a ressenti l’accueil chaleureux de Durban. Cela lui a ensuite servi de point de départ idéal pour une course folle et ininterrompue vers Le Cap, qui a battu tous les records.

Le Sprint South : une flotte en pleine course

À 00 h 45 le 17 novembre, Eric Marsh sur SUNBEAR a largué les amarres et est devenu le premier de la flotte à s’engager dans le courant des Aiguilles. Quelques heures plus tard, derrière lui, dans une succession échelonnée de feux de navigation et d’acclamations, sont partis : Renaud Stitelmann sur CAPUCINETTE, Dan Turner sur IMMORTAL GAME, Pilar Pasanau sur PETER PUNK, Ertan Beskardes sur TREKKA, Adam Waugh sur LITTLE WREN et Jakub Ziemkiewicz sur BIBI.

La course sur cette étape entre Durban et Le Cap ne compte que le temps passé en mer. Les escales sont facultatives et autorisées en cas de mauvais temps. Chaque skipper peut s’arrêter et repartir à tout moment, et le chronomètre continue de tourner. L’objectif de la course est de partir lorsque les conditions permettent une traversée rapide et de s’arrêter avant les bancs de moules, le mauvais temps ou les vents contraires.

À midi, Christian Sauer sur ARGO, Jasmine Harrison sur NUMBATOU et Josh Kali sur SKOOKUM ont également quitté Durban, profitant d’une brise fraîche du nord-est en direction d’East London. L’objectif était d’y arriver avant que des vents contraires frais à forts ne se lèvent !

Et puis, comme souvent dans la MGR, le chaos et la génialité ont éclaté. En quelques heures, Renaud affichait une vitesse incroyable de 8,6 nœuds, Dan 8,2, et les autres n’étaient pas loin derrière. Jasmine a battu un nouveau record sur 24 heures avec 181 milles, reprenant le titre que Renaud lui avait brièvement ravi la veille avec 180 milles. « Rapide, furieux, froid, inconfortable… et incroyable », a déclaré sa mère, Susan, dans un message désormais célèbre.

East London leur a déroulé le tapis rouge. Le Buffalo River Yacht Club les a nourris, soignés, réhydratés et les aurait probablement tous adoptés s’ils étaient restés un jour de plus.

Mossel Bay : une surprise très appréciée

La fenêtre suivante a envoyé la flotte vers Mossel Bay. Le moral était au plus haut, les vents sont tombés, les alarmes AIS ont retenti et plus d’un skipper a oublié quel jour on était. Pilar a admis : « Parfois, je ne sais pas combien de nuits j’ai passé à naviguer. Les choses disparaissent… »

Josh, brièvement bloqué à Port Elizabeth après avoir été devancé par la brise, a reçu l’accueil sud-africain ultime : de la bière artisanale, un repas chaud et de nouveaux amis nommés Shane, Gordon et Marcel. « Des gens élégants et authentiques, que j’ai été ravi de rencontrer », a-t-il écrit.

Pendant ce temps, Christian, soignant ses voiles déchirées et son épaule endolorie, s’est réfugié à Cape St Francis et a été adopté par les supporters de la station 21 du National Search and Rescue Institute (NSRI) qui « avaient besoin d’un calendrier pour organiser toutes les invitations ».

Lorsque tout le monde a atteint Mossel Bay, le verdict était unanime : « La meilleure étape de toute la course jusqu’à présent. » Des rues propres, de la bonne nourriture, des phoques escortant les bateaux hors du port… Mossel Bay est devenue une légende inattendue du MGR.
Alors que toute la flotte, à l’exception du Keri, attendait des conditions météorologiques favorables, l’office du tourisme local de MOSSEL Bay a organisé un petit-déjeuner improvisé avec des t-shirts gratuits ! L’hospitalité sud-africaine est tout simplement incroyable ! Crédit : Mossel Bay Tourist / MGR2025

Puis vint Keri, et l’océan retint son souffle !

Partie de Durban environ 8 jours après les autres, désormais bloqués à Mossell Bay, Keri Harris sur ORIGAMI a pris le large, très loin au large, directement dans le courant des Aiguilles, et, pariant sur les prévisions météorologiques, s’est dirigée directement vers Le Cap.

Sa récompense ? Une course époustouflante de 217 milles en 24 heures, la plus rapide jamais enregistrée par un ALMA Globe 580. Surfant sous un foc déployé dans des vents de 35 à 40 nœuds et des vagues de 3 à 5 mètres, ORIGAMI a dévalé la côte comme une créature mythique. « Il était inutile d’essayer de ralentir le bateau », a déclaré Keri. « Il voulait juste avancer. »

Il a dépassé East London, Cape St Francis, les participants inquiets à Mossel Bay, jusqu’à ce qu’une tempête du sud-ouest le fasse dévier sur le côté. Mais même cela n’a pas pu l’arrêter. Il est sorti du courant, a contourné une zone calme et a réalisé le meilleur temps de 146 heures en mer entre Durban et Le Cap. Il a franchi la ligne d’arrivée le 1er décembre à 8 h 59, heure locale, en 580e position. Il a battu le temps de Renaud de 14 heures, mais restait tout de même 13 heures derrière Renaud pour la troisième étape entre Maurice et Le Cap !
Keri a été le premier bateau à entrer dans la marina V&A Waterfront, au Cap ! Son voyage en mer sans escale entre Durban et Le Cap a été une véritable révélation ! Il a battu le record de vitesse de 13 heures ! Ce navigateur en dériveur, ancien capitaine de la marine, s’est lancé dans une aventure en solitaire sur un 580 avec l’intention de remporter la ligne d’honneur, mais il occupe actuellement la troisième place derrière Renaud et Dan ! Crédit : Don McIntyre / MGR2025

L’épreuve finale : la fureur de la montagne de la Table

Si vous demandez à la flotte quelle a été la partie la plus difficile de la traversée de l’océan Indien, la plupart vous répondront les 10 derniers milles avant Le Cap. La montagne de la Table avait encore un dernier tour dans son sac.

Ertan Beskardes (#01 Trekka / Royaume-Uni) : Après une nuit de navigation tranquille vers Table Bay, TREKKA a franchi la ligne d’arrivée, mais a été frappé par des rafales catabatiques de 40 à 50 nœuds. Sa grand-voile s’est déchirée. Il a traîné l’ancre. À un moment donné, il a craint pour TREKKA et a appelé le NSRI à l’aide dans cette situation difficile. Ils ont répondu immédiatement et l’ont remorqué sur 4 milles jusqu’à un endroit sûr. Il s’agit du premier sauvetage de la flotte et le MGR a été très reconnaissant envers toutes les personnes impliquées, y compris la radio du Cap.
Le NSRI a été appelé à 3 heures du matin, alors que le Trekka était en difficulté après avoir franchi la ligne d’arrivée. Ils l’ont remorqué à environ 4 miles de la côte. C’était le tout premier « sauvetage » d’un 580 ! Merci à toutes les personnes qui ont participé à cette opération. Le NSRI surveille la flotte le long de la côte depuis Durban, ce qui est très rassurant ! Crédit : Don McIntyre / MGR2025

Jasmine Harrison (#88 Numbatou / Royaume-Uni) : Son arrivée est devenue épique. Calme plat. Puis 50 nœuds. Puis 30 nœuds de face. Elle s’est battue pendant des heures, a failli être heurtée par un cargo, s’est retrouvée à court de batterie et a été repoussée en mer jusqu’au lever du soleil. Elle était sur le point d’abandonner la course et d’appeler à l’aide. Elle était plus que frustrée et en colère contre la météo. Elle a lutté pour rejoindre la côte afin de jeter l’ancre et d’attendre. Elle était sur le point de jeter l’ancre lorsque tout a changé. Elle a finalement franchi la ligne d’arrivée à 10h31, épuisée mais victorieuse. « Le chocolat chaud n’a jamais eu aussi bon goût », a déclaré sa mère.

Eric Marsh (#79 Sunbear / AUS ) : À un moment donné, SUNBEAR surfait sur le cap de Bonne-Espérance. L’instant d’après, il n’y avait plus un souffle de vent. Puis, 30 nœuds de vent de face à l’entrée du port. « J’ai dû relancer mes cerfs-volants juste pour entrer. »

Renaud Stitelmann (#28 Capucinette / CH) et Dan Turner (#05 Immortal Game / AUS) : ils ont franchi la ligne d’arrivée à deux minutes d’intervalle, puis ont immédiatement disparu dans la baie. Les spectateurs qui attendaient à la marina étaient perplexes. La réponse : tous deux avaient été repoussés en mer par un vent de sud-est de 35 nœuds et devaient se réajuster avant de regagner le port.

Dan a versé une larme en contournant le cap Agulhas. « Difficile de croire à l’aventure que ce petit bateau m’a fait vivre. »

Christian Sauer (#103 Argo / DE) : il est arrivé fatigué, meurtri, reconnaissant et philosophe. Son A5 s’était emmêlé autour de lui lorsqu’il a failli passer par-dessus bord, sauvé uniquement par la rambarde centrale. « C’était très effrayant et cela m’a bouleversé, me rappelant Eric passé par-dessus bord… La vie sera complètement différente après le MGR », a-t-il déclaré.
L’image montre un Christian Sauer enthousiaste naviguant à bord de l’ARGO au large du cap de Bonne-Espérance, avec trois océans dans son sillage. Crédit : Christian Sauer / MGR2025

Pilar Pasanau (#98 Peter Punk / ES) : Elle est arrivée souriante malgré plusieurs tentatives infructueuses pour entrer dans le port par des vents de 35 nœuds. Elle a suivi Jakub et Adam pour se réfugier le lendemain. « J’en ai fini avec l’océan Indien. Ce n’est pas un océan facile. » Elle parle désormais tous les jours à Peter Punk. « Nous sommes en couple. »

Jakub Ziemkiewicz (#185 Bibi / IE) : Renversé par une rafale soudaine et un vent contraire de 35 nœuds à l’entrée du port, il s’est réfugié dans une marina privée pour la nuit avec Adam et Pilar. Le lendemain matin, il a réussi à s’échapper d’un brise-lames sous le vent en entrant dans le port avec juste assez de grand-voile pour sauver BIBI. Il est arrivé au Cap encore tremblant, mais coiffé d’un chapeau d’aviateur Snoopy.

Adam Waugh (#170 Little Wren / UK ) : En contournant le cap Agulhas, il s’est murmuré : « Je n’aurais jamais pensé arriver aussi loin. » Son soutien à la Fondation Ella Dawson, dont il est désormais ambassadeur, l’a aidé à traverser les jours les plus difficiles ! Il y en a eu beaucoup, mais ces 10 derniers milles… ARGH !… impossible d’entrer dans le port, sa femme l’attendait et le regardait depuis le rivage et il ne pouvait rien faire. Ils se sont retrouvés le lendemain matin !

Josh Kali (#157 Skookum / États-Unis) : Il est arrivé dernier, mais en parfait état, comme toujours. « Les deux meilleurs jours de toute la circumnavigation ont été ceux passés au cap Agulhas et au cap de Bonne-Espérance », a-t-il déclaré. « On se serait cru sous le soleil de Floride… sauf que ce n’était pas le cas. »
À bord du Skookum, Josh ne souffre pas d’anxiété liée à la performance. Depuis le début du MGR, il considère cette course davantage comme une expédition d’escalade que comme une course de voile : l’important n’est pas d’atteindre le sommet à toute vitesse, mais de choisir les bonnes conditions météorologiques et de profiter du voyage. Il navigue dans l’esprit du voyage légendaire de John Guzzwell, il y a de nombreuses années. Crédit : Josh Kali / MGR2025

Une flotte ALMA Globe 580 unie — Une famille et une victoire

Une flotte complète se repose désormais au Cap pour Noël, rapiécée, meurtrie, couverte de bernacles, en manque de sommeil, mais triomphante. L’entretien et la peinture de la coque ont pris quelques jours. Certains n’ont rien à voir avec les bateaux, mais le corps et l’âme, c’est une autre histoire. Les 580 s’avèrent simples, fiables et résistants, un peu comme leurs skippers ! Le problème majeur, ce sont les voiles ! Elles se détériorent à cause des rayons UV et du nombre de milles parcourus. Embarquer une nouvelle voile entraîne une pénalité de 48 heures. Lorsque l’avance n’est que de quelques jours, cela peut être catastrophique ! Les 6 000 derniers milles s’annoncent très intéressants !
La grand-voile du Trekka a été déchirée par des vents violents après avoir approché l’entrée du port ! 80 jours au soleil n’aident pas et de nombreux participants sont désormais occupés à réparer leurs voiles. En prendre une nouvelle entraîne une pénalité de 48 heures. Les spinnakers sont encore pires ! Crédit : Don McIntyre / MGR2025

Comme l’a dit un skipper : « Nous sommes peut-être petits, mais nous sommes puissants. » Cette dernière course sur l’Atlantique n’est pas une promenade de santé. Tout peut arriver. D’abord 1 800 milles jusqu’à Sainte-Hélène, puis 1 800 milles jusqu’à Recife au Brésil. Les 2 500 derniers milles jusqu’à l’Académie nationale de voile d’Antigua seront palpitants. Seuls quelques jours séparent les trois premiers bateaux ! Ils sont vraiment sur le chemin du retour !

Petit bateau, grande aventure… incroyable, non ?

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SailGP. Quentin Delapierre prêt pour une nouvelle saison en F50

L’Équipe de France SailGP aborde la saison 2026 avec confiance et ambition avec de nombreux changements. Quentin Delapierre pilote du F50 espère toujours pouvoir gagner le championnat.

Philippe Presti est désormais dans l’équipe, c’est une bonne nouvelle
Quentin : L’arrivée de Philippe est un énorme coup pour l’équipe. Je suis très heureux qu’il nous ait rejoints. Il est enfin sous les couleurs de la France, donc c’est génial. Nous discutions depuis très longtemps de sa possible venue. Il attendait le bon moment, je suppose.
L’un des éléments déclencheurs est le fait que nous travaillions depuis une saison avec Philippe Morniac, et les deux se connaissent très bien. Comme l’a dit Philippe, nous ne sommes pas encore arrivés à l’objectif que nous nous sommes fixé depuis trois saisons, à savoir remporter le championnat. Mais nous n’en sommes vraiment pas loin. Il y a plein de choses que l’équipe de France fait très bien, et d’autres sur lesquelles nous devons progresser. Je pense que nous sommes dans de bonnes mains, car c’est l’un des domaines d’expertise de Philippe. J’espère donc que nous vous ferons rêver cette année.

Sur quels points Philippe Presti peut-il apporter des choses ?
Il y a deux points sur lesquels Philippe est particulièrement pertinent. Le premier, c’est de m’aider à être encore plus complet sur les départs. C’était déjà un point fort de l’équipe la saison dernière, mais ce n’est pas parce qu’on est les meilleurs starters de la ligue qu’on ne peut pas faire mieux. Philippe arrive avec de nouvelles idées, et nous avons déjà travaillé ensemble pour élargir notre boîte à outils.
Ensuite, le gros point sur lequel nous devons vraiment franchir un cap, c’est notre capacité tactique et technique à remonter des places sur le parcours. Nous sommes trop faibles sur cet aspect. Cette année, on a vu notamment chez les Anglais, les Australiens et les Kiwis que c’est un critère de performance majeur : ce ne sont pas forcément des équipes qui partent bien, mais elles gagnent énormément de places en course. Nous mettons donc beaucoup d’énergie pour progresser là-dessus.

Et toi, sur quoi mets-tu l’accent cette année ?
Il y a plusieurs choses, mais d’un point de vue personnel, j’aimerais être davantage dans l’anticipation, même si c’est quelque chose que je travaille depuis plusieurs saisons. Je suis loin d’être irréprochable sur ce point.
Nous avons été, moi le premier, un peu sur courant alternatif, notamment dans des conditions où nous avions du mal dans les manœuvres marginales. Cette année, nous avons souvent enchaîné des Grands Prix avec une journée réussie sur deux. À l’inverse, quand il n’y avait que du foiling ou du H2, nous avons su faire deux belles journées.
Je pense que cela réside beaucoup dans notre capacité à anticiper, et moi le premier. Je dois consolider mes points forts. Je réponds plutôt présent lorsqu’il faut réagir, mais cela fait deux saisons que je ne suis pas très bon dans l’anticipation, notamment sur des Grands Prix avec de nouvelles configurations ou des conditions dans lesquelles nous ne sommes pas forcément les plus à l’aise.
J’ai aujourd’hui une fenêtre extraordinaire pour m’améliorer. Philippe Mourniac est très bon là-dedans, Lucas également. Et avec l’arrivée de Philippe Presti, j’ai envie de saisir l’opportunité à bras-le-corps. Avec les outils dont nous disposons désormais et la répétition du circuit sur certains Grands Prix, il y a clairement moyen de savoir comment poser les bases d’un départ à Sydney, ou quelle bouée prendre en priorité à la première marque sous le vent. Cela ne veut pas dire que c’est exactement ce qui va se passer, mais cette culture des Grands Prix permet d’être le plus lucide possible, le plus longtemps possible. Aujourd’hui, je ne suis pas encore au niveau que je souhaiterais, et c’est donc un gros objectif personnel pour cette année.

Comment as-tu vécu le départ de Kevin ?
Cela a été très compliqué pour moi, parce que nous sommes proches. Mais nous avons rencontré des problèmes qui n’étaient ni d’ordre humain, ni liés au talent. Kevin est un immense athlète et je suis persuadé qu’il fera de très bonnes choses avec les Allemands.
Mais la performance d’une équipe doit être analysée de manière objective, et nous devons tous, moi le premier, faire notre autocritique pour avancer et progresser. Philippe a bien résumé la situation : nous faisons trois bonnes saisons, mais aucune dans le top 3. À un moment donné, soit on prend les mêmes et on recommence en se disant qu’on peut faire mieux. C’était l’idée pour 2025, mais la saison a été compliquée : un bateau que nous n’avons pas eu à temps, la casse de l’aile, etc.
Cela dit, après Sassnitz, tout était encore entre nos mains. Et là, nous avons connu un véritable trou noir pendant trois Grands Prix, avec des difficultés notamment lors des débriefings. Je n’entrerai pas dans les détails, mais cela fait partie des raisons qui nous ont amenés à envisager un changement.
C’est un risque que nous avons pris, mais à ce niveau, on ne peut pas espérer performer sans en prendre. Je pense qu’il est mesuré. L’arrivée de Lee McMillan, vainqueur de la dernière Louis Vuitton Cup, qui a déjà travaillé avec Lucas Delcourt, répondait à un critère important : choisir quelqu’un qui ait confiance en Lucas, et inversement. Lucas a été une énorme plus-value depuis son arrivée.
C’est un pari. Lee est très talentueux, très expérimenté. Honnêtement, c’est une véritable métamorphose par rapport au Lee McMillan que j’ai connu à mon arrivée en équipe de France. Il a une réelle envie de faire de belles choses et se montre très ouvert à notre manière de fonctionner. J’ai hâte de voir ce que cela va donner.

Avec l’intervention du coach en régate, cela change aussi votre façon de vous préparer, non ?
Il faut trouver le bon équilibre entre ce que j’appelle « l’œil de Dieu » via le coach boost — où tu es en dehors de l’action, avec énormément d’outils d’analyse — et ce que nous vivons à bord du bateau.
Sur un Grand Prix comme Abu Dhabi, tu as une bonne visibilité sur le plan d’eau, ce qui permet de faire la balance entre ce que tu observes de l’extérieur et ce que tu ressens à bord. Mais aujourd’hui, je pense que l’on accorde encore trop de poids aux décisions tactiques du coach boost. Il faut rééquilibrer cela avec notre instinct de régatier. Typiquement, sur le dernier Grand Prix, nous avons perdu trois ou quatre places de cette manière.

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Globe40. WHISkEY JACK et JANGADA RACING et à bon port à Sydney

Les deux derniers concurrents sont enfin arrivés à Sydney après avoir souffert pendant deux jours de la pétole. L’équipage Whiskey Jack, de la Canadienne Mélodie Schaffer, en duo avec Colin Campbell, a réussi à prendre la 6e place devant Jangada Racing, des Anglais Richard Palmer et Rupert Holmes.

Le jeune équipage allemand, qui a dû abandonner sur cette étape et rebrousser chemin à la suite d’un problème d’étai, est arrivé à La Réunion. On ne sait pas encore s’il pourra rejoindre la flotte lors de l’une des prochaines étapes.

Les équipes à terre ont déjà commencé à remettre les bateaux en ordre, où le travail ne manque pas, notamment à bord de Curium, le bateau de l’équipe belge, qui a souffert de nombreuses petites avaries. Les bateaux vont tous pouvoir être sortis de l’eau pour un check-up complet. Le départ de la 4e étape Sydney-Valparaiso est prévu le 1er janvier.

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SailGP. Philippe Presti : “Cette équipe a un avion de chasse sous le capot !”

Vainqueur de l’America’s Cup, multiple fois titré sur le championnat SailGP, Philippe Presti est reconnu pour sa vision stratégique, son exigence de performance et sa capacité à structurer des équipes gagnantes sur le long terme. Son arrivée marque une étape clé dans la professionnalisation et l’évolution du projet français.

Comment vis-tu cette arrivée, enfin, dans l’équipe de France ?
Je suis super content de faire partie de cette nouvelle aventure. J’ai passé pas mal d’années dans des équipes étrangères et, là, pouvoir retrouver cette dynamique, surtout avec l’équipe que Bruno et Stéphane ont montée derrière Quentin, c’est un privilège.

Comment vois-tu le championnat SailGP ?
C’est juste incroyable ce que Larry et Russell ont réussi à monter en seulement cinq saisons. C’est là que l’on trouve le plus haut niveau de compétition imaginable, avec les athlètes, les épreuves, et aussi le bateau en lui-même, qui reste extrêmement technique. C’est vraiment ce qui se fait de mieux.

Quel sera ton rôle au sein de l’équipe ?
Bruno conserve le rôle de CEO, avec Stéphane. Mon rôle, tel qu’il est défini, est d’être le Team Leader de l’équipe, d’organiser le travail global. J’ai signé un contrat de deux ans. Je pense pouvoir apporter des solutions et faire des propositions. Ce que j’adorais faire quand j’étais coach d’équipe, c’était d’être dans la précision. On ajuste les carburateurs, mais on manque souvent de recul. Je vais essayer d’apporter cela à Philippe, mais aussi avec Lucas, notre data analyste, afin de nous focaliser sur ce qui est important sur chaque Grand Prix. On a des configurations différentes, des sites que l’on ne connaît pas toujours. Il y a des « bombes » jetées au milieu des parcours et, à chaque fois, il faut s’adapter.

Cette équipe a tout ce qu’il faut pour gagner. Les moyens sont là et c’était le bon moment pour moi de rejoindre cette équipe et, je l’espère, de faire la différence — en tout cas, d’apporter un petit plus. Je suis toujours très lié à Jimmy Spithill et j’avais la volonté de revenir un peu à mes racines. Ce qui m’a motivé, c’est la performance de l’équipe. Franchement, il y a un avion de chasse sous le capot. Maintenant, il faut faire en sorte d’être plus constant, comme l’a souligné Quentin. Il y a des pics énormes dans la saison. Quand l’équipe gagne en Allemagne, c’est un événement majeur et une victoire très importante sur le plan sportif. Mais à côté de ça, il y a aussi des bas. Ce que l’on va essayer de faire, c’est de conserver les hauts et de pousser un peu le curseur pour trouver des solutions lorsque ça va moins bien.

Pourquoi tout changer ?
Pour moi, une équipe, c’est une dynamique vivante. Il y a des interactions et des cycles. Refaire la même chose avec les mêmes personnes en espérant des résultats différents, c’est compliqué. Cela fait quatre ans que l’équipe fonctionne dans la même configuration et sa dynamique avait besoin d’un boost. C’est la conclusion à laquelle nous sommes arrivés. Il fallait apporter du changement pour obtenir autre chose. On va peut-être repartir d’un peu plus bas, mais c’est pour monter plus haut.

Leigh a une expérience énorme qui va apporter une autre perspective, une autre dimension à l’équipe. Bruno est dans les tuyaux depuis pas mal d’années. Il possède une expérience de dériveur de très haut niveau et navigue depuis longtemps sur des supports volants, que ce soit en ETF26 ou en GC32, notamment dans la sphère d’Erik Maris avec Zoulou. Il a une grosse expérience de régleur, avec un véritable profil de régleur-tacticien. On a pensé que c’était un bon pari. On n’a pas trop de doutes sur sa capacité d’adaptation. Il est très solide, très physique, et il a déjà navigué sur un F50 lors de la première saison de SailGP.

C’est toi qui vas parler à l’oreillette de Quentin, avec Philippe ?
Philippe conserve son rôle de coach et moi, j’apporte une vision un peu plus extérieure. Le coach dans le booth a un rôle de stratège : il est partie prenante de toutes les décisions et pleinement dans la dynamique. Il a une vision très géométrique. J’ai été le premier à mettre en place ce système avec le SailGP. J’ai effectué tous les tests et j’en connais aussi les limites, lorsque l’on est vraiment drivé par une géométrie pure.

Ce que j’ai partagé avec Philippe et Quentin, c’est l’idée que Quentin redevienne un peu plus tacticien — pas forcément dans la décision — mais parce que tu sens le bateau, tu vois des choses que l’on ne perçoit pas derrière un écran. Nous devons donc améliorer la communication, faire davantage parler Quentin et le bateau. Plus on verbalise ce que l’on ressent, plus l’information géométrique devient utile. C’est ce que l’on va essayer de mettre en place. Le rôle du coach en booth est génial et essentiel, mais parfois aussi très biaisé. On zoome sans cesse sur les situations et on manque de recul, de feeling. Il faut que ce soit une balance, un véritable dialogue entre les deux parties.

Philippe continuera d’être la voix de la raison et moi, je serai là pour le challenger, pour apporter ma pierre à l’édifice, notamment dans des phases bien identifiées comme les départs. C’est Philippe qui parlera au bateau. On conserve la cellule de décision.

Quelle est la différence entre Quentin Delapierre et Jimmy Spithill ?
Il faut me laisser le temps de le découvrir. Chaque skipper a une personnalité complètement différente. Honnêtement, je ne pense pas qu’il y ait deux individus similaires à Jimmy dans ce monde. Il est assez particulier, et chacun a ses qualités. Jimmy vient du monde du match race et de la Coupe très jeune. Quentin, lui, a connu des expériences multiples, notamment olympiques. Je vois pas mal de similitudes dans l’engagement, la volonté et le leadership. On parle souvent des skippers, mais il s’agit avant tout d’un équipage, et pour le mener, ce leadership est essentiel.

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SailGP. Philippe Presti rejoint l’Équipe de France SailGP avec 2 nouveaux navigants dans l’équipe

Les Bleus SailGP Team helmed by Quentin Delapierre races in front of the Abu Dhabi skyline on Race Day 2 of the Mubadala Abu Dhabi Sail Grand Prix 2025 Season Grand Final presented by Abu Dhabi Sports Council held in Abu Dhabi, United Arab Emirates, Sunday 30 November 2025. Rolex SailGP Championship Event 12 2025 Season. Photo: Ricardo Pinto for SailGP. Handout image supplied by SailGP

Cinquième de la saison en 2025, l’Équipe de France de SailGP espèrent progresser pour tenter de gagner le championnat de SailGP en 2026. Elle a décidé pour cela de faire des changements importants avec l’arrivée de Philippe Presti comme Team Manager, de Bruno Mourniac comme grinder et le retour de Leigh McMillan comme régleur d’aile. Enzo Balanger et Amélie Riou feront partie de l’équipe de réserve.

L’ambition de l’équipe est toujours de remporter le championnat de SailGP. Quentin Delapierre reste à la barre du F50 aux côtés de Manon Audinet, tacticienne, Jason Saunders, contrôleur de vol et des grinders Timothé Lapauw et Olivier Herlédant. Exit Kévin Peponnet et Mathieu Vandame dont les contrats n’ont pas été reconduits.

Stephan Kandler, coCEO SailGP France « Avec Bruno Dubois, nous avons estimé qu’il était nécessaire d’apporter du sang neuf pour continuer à progresser. Cela passe par l’intégration de jeunes profils comme Enzo, pur produit de la K-Challenge Akademy, par le retour de talents expérimentés comme Leigh McMillan, par l’arrivée de nouveaux athlètes comme Bruno Mourniac, et aussi par la promotion interne de profils engagés depuis longtemps, à l’image de Timothé Lapauw qui pourrait évoluer à différents postes.»

Déjà présent à bord du F50 tricolore par le passé, Leigh McMillan fait son retour au sein de l’Équipe de France SailGP. Son expérience olympique et multicoque, combinée à une solide trajectoire au plus haut niveau notamment sur le championnat SailGP (dernièrement de l’équipe brésilienne) ou au sein de plusieurs campagnes d’America’s Cup, dont la plus récente avec INEOS Britannia, le positionne comme un élément structurant et fiable du projet sportif français. Reconnu pour sa rigueur, sa constance et sa capacité à performer sous pression, Leigh McMillan apporte une continuité technique précieuse dans un poste clé au coeur de la performance du F50.

Bruno Mourniac – Grinder & régleur de voile d’avant rejoint l’équipe. Athlète complet et expérimenté, champion du monde de SB20 en 2018, double vainqueur du Tour de France à la Voile, présent sur les championnats de TF35 et GC32, Bruno Mourniac rejoint l’équipe en tant que grinder, tout en apportant ses compétences de régleur de voile d’avant. Son arrivée renforce la polyvalence et la puissance du collectif français.

Enzo Balanger – Athlète de réserve / jeune talent. Il est le Symbole de la stratégie de développement de l’équipe, Enzo Balanger intègre l’Équipe de France SailGP en tant qu’athlète de réserve pour la saison 2026. Issu de la K-Challenge Akademy, Enzo s’est déjà illustré au plus haut niveau international et encore en 2025, en devenant le premier Français Champion du monde de Moth à foils ou encore en remportant le titre Champion d’Europe avec l’ETF26 “All Accor – L’Oréal” Il viendra renforcer l’équipe lors des phases de journée supplémentaires d’entrainements, avec l’objectif de naviguer à bord du F50 sur plusieurs postes, d’acquérir de l’expérience en SailGP et de s’inscrire dans une montée en puissance progressive au sein du collectif tricolore.

Amélie Riou – Tacticienne de réserve fait son retour au sein de l’Équipe de France SailGP en tant que tacticienne de réserve pour la saison 2026. La navigatrice française s’appuie sur un parcours solide en voile olympique, avec des performances reconnues en planche et en dériveur. Déjà membre de l’équipe française engagée sur la Women’s America’s Cup géré par K-Challenge et également présente lors de saisons précédentes sur le championnat SailGP, elle revient avec une connaissance fine de cet environnement ultra compétitif et du fonctionnement du F50, des atouts précieux pour accompagner le collectif. Amélie naviguera à bord du bateau français lors des journées d’entrainements supplémentaires contribuant activement à la transmission des savoirs, au développement des jeunes talents et à la dynamique de performance de l’équipe.

C’est l’annonce majeure de cette intersaison. L’Équipe de France SailGP recrute Philippe Presti, l’un des entraîneurs français les plus respectés et les plus titrés de l’histoire de la voile internationale au poste de Team Manager : « Engagé sur le circuit SailGP depuis ses débuts, j’ai toujours perçu le fort potentiel et la solidité de l’Equipe de France. Ravi de rejoindre cette aventure : la suite s’écrit ensemble”, explique Philippe Presti.

Vainqueur de l’America’s Cup, multiple fois titré sur le championnat SailGP, Philippe Presti est reconnu pour sa vision stratégique, son exigence de performance et sa capacité à structurer des équipes gagnantes sur le long terme. Son arrivée marque une étape clé dans la professionnalisation et l’évolution du projet français.

Bruno Dubois, CEO K-Challenge / SailGP France « Dans un championnat de plus en plus concurrentiel, il était essentiel de donner un nouveau souffle au projet, pas seulement sur l’eau, mais aussi dans le management. Le recrutement de Philippe Presti nous permet d’ouvrir un nouveau cycle, avec une vision claire et une exigence encore renforcée. »

Quentin Delapierre, pilote de l’Équipe de France SailGP « L’arrivée de Philippe Presti est une énorme plus-value pour l’équipe. C’est une somme d’expérience exceptionnelle. Le mercato demande aujourd’hui de savoir convaincre, de partager notre vision et nos ambitions. Pour 2026, mon objectif reste inchangé : gagner. Être dans le top 5, c’est être aux portes de la grande finale. Il faut continuer à y croire très fort et rester animés par cette culture de la gagne. »

Cap sur Perth pour lancer la saison 2026

Avec un collectif renforcé, un management renouvelé et un engagement affirmé en faveur de la jeunesse, de la mixité et de la transmission, l’Équipe de France SailGP aborde la saison 2026 avec confiance et ambition. Rendez-vous les 17 et 18 janvier à Perth, pour le premier défi d’un nouveau cycle résolument tourné vers la performance.

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Sydney-Hobart. Des vents légers attendus sur la 80e édition

SAILING - Sydney Hobart Classic yachts 2025 14/12/2025 Ph. Andrea Francolini FLEET

Des vents légers et variables s’annoncent comme un élément clé de la Rolex Sydney Hobart Yacht Race de cette année, les premières prévisions indiquant une phase d’ouverture tactique plutôt qu’une course effrénée vers le sud.

Selon Edward Townsend-Medlock, prévisionniste du Bureau de météorologie, les prévisions actuelles pour la 80e édition , bien que toujours sujettes à une forte incertitude, suggèrent un départ relativement clément le lendemain de Noël, grâce à un système de haute pression dans la mer de Tasman. « On parle d’un événement qui se produira dans sept, huit ou neuf jours, donc l’incertitude est grande », a déclaré Townsend-Medlock. « Mais les modèles présentent une bonne cohérence concernant les principales caractéristiques. »

Au départ de la course, le 26 décembre, les vents devraient être faibles, de secteur est à sud-est, de 5 à 10 nœuds. Townsend-Medlock a précisé que leur force pourrait légèrement varier selon la position exacte de l’anticyclone, mais que la direction générale semble cohérente d’un modèle à l’autre.

Un autre scénario, jugé moins probable à ce stade, pourrait voir des vents du nord plus forts si l’anticyclone reste à l’ouest de la Tasmanie. Cependant, les prévisions actuelles pour la course de 628 milles nautiques du Cruising Yacht Club of Australia indiquent des conditions plus clémentes en début de course.

Au cours de la première journée, alors que la flotte progresse le long de la côte de la Nouvelle-Galles du Sud, les prévisions indiquent que les vents pourraient progressivement tourner vers le nord-est et se renforcer pour atteindre une intensité de 20 à 25 nœuds, bien que la confiance diminue considérablement au-delà des premières 24 à 48 heures.

« Après cela, c’est très difficile à dire », a déclaré Townsend-Medlock. « Généralement, un ou deux fronts traversent le détroit de Bass et apportent des vents plus forts, mais cela dépasse largement les capacités de prévision des modèles actuels. »

L’état de la mer devrait être relativement calme en début de journée, avec une houle du sud de 1 à 2 mètres et une période de 10 à 13 secondes. Selon Townsend-Medlock, cette houle sera probablement mature et bien organisée, générée loin au sud et d’intensité modérée.

Les courants océaniques pourraient jouer un rôle plus important, notamment par vents faibles. Plusieurs tourbillons associés au courant est-australien devraient générer des flux nord-sud atteignant 1,7 nœud au large des côtes de la Nouvelle-Galles du Sud et à l’est de la Tasmanie, ce qui pourrait être avantageux pour les bateaux capables de les exploiter.

Le 27 décembre, les conditions météorologiques dans le détroit de Bass — où se situent généralement les leaders de la course — devraient être faibles et variables. « À ce moment-là, le détroit de Bass devrait connaître des vents faibles et variables, sans phénomène météorologique majeur prévu », a déclaré Townsend-Medlock. « Il est très difficile de prévoir avec certitude la direction que prendra le vent. » La navigatrice expérimentée Adrienne Cahalan a déclaré que la perspective de vents faibles dans le détroit de Bass mettrait l’accent sur la prise de décision plutôt que sur la vitesse pure du bateau. « Ce vent léger et variable dans le détroit de Bass va rendre la navigation très intéressante », a déclaré Cahalan. « Les navigateurs auront fort à faire. »

Cahalan, qui navigue à bord du bateau néerlandais Aragon, a déclaré que la prédominance d’une zone de haute pression en début de course contrastait avec les conditions plus instables de l’année dernière et pourrait convenir à un plus large éventail de bateaux. « Nous surveillerons de très près l’arrivée éventuelle d’un front froid autour du 28 », a-t-elle déclaré. « Le moment de son arrivée pourrait avoir une incidence déterminante sur l’évolution de la situation. »

Alice Tarnawski, l’une des deux navigatrices du Palm Beach XI, a déclaré que les prévisions météorologiques, en constante évolution, seraient suivies de près dans la période précédant le départ, notamment au moment où le super maxi rénové retournera à l’eau. « Ce système de haute pression semble nous offrir des conditions idéales », a déclaré Tarnawski. « Si les conditions sont réunies, nous sommes confiants quant aux performances du bateau dans diverses situations. »

À bord du SHK Scallywag 100 , Chris Wild, l’un des deux navigateurs, a déclaré qu’une prévision météo plus clémente avait transformé la course en une compétition stratégique plutôt qu’en un simple test de vitesse. « Dans des conditions météorologiques comme celles-ci, c’est plus une partie d’échecs qu’une course de vitesse », a déclaré Wild. « Avoir deux navigateurs est un atout considérable. »

Wild a déclaré que des conditions plus clémentes pourraient favoriser des bateaux plus fins en réduisant la traînée, mais que l’exécution dépendrait en fin de compte des compétences de l’équipage.

« Quand il n’y a pas beaucoup de vent, tout repose sur la capacité des marins à faire avancer le bateau », a-t-il déclaré. « C’est là que se gagnent ou se perdent les courses. » Pour les plus petits bateaux situés plus loin dans la flotte, la navigatrice Clare Costanzo ( Ambition ) a déclaré que le temps plus long passé sur l’eau signifiait que la préparation devait tenir compte de plusieurs systèmes. « On va probablement rencontrer deux ou trois systèmes météorologiques différents pendant la course », a-t-elle déclaré. « Il ne faut pas trop se focaliser sur la fin de la course dès le premier jour ; il faut s’adapter au fur et à mesure. »

Le navigateur chevronné David Turton, qui compte près de 20 participations à la Hobart à son actif, a déclaré que l’expérience restait primordiale lorsque les prévisions météorologiques devenaient incertaines.

« Il y a toujours une raison pour laquelle les bateaux en tête sont là », a déclaré Turton, de Wild Thing 100. « Je surveille constamment le baromètre, le ciel et la configuration de la course. Si rien d’autre ne fonctionne, je me débrouille. »

Avec des vents faibles, des systèmes météorologiques changeants et une grande incertitude au-delà de la première journée, la Rolex Sydney Hobart Yacht Race de cette année s’annonce comme une course où la patience, la précision et la navigation pourraient se révéler aussi décisives que la vitesse pure.

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Trophée Jules Verne. Sodebo en avance, Idec Sport au cap de Bonne Espérance

La fenêtre prise par Sodebo Ultim 3, considérée par Thomas Coville comme la meilleure depuis deux ans, semble se confirmer. L’équipe est en avance de 200 minutes sur le record. Elle va dépasser les Canaries ce jour, mais devra être vigilante face à la présence de conteneurs sur sa route. The Famous Project vient, quant à lui, de passer le cap de Bonne-Espérance.

Grâce à la cartographie immersive de l’équipe Sodebo et aux questions posées par les fans, on a pu observer la très belle trajectoire de Sodebo Ultim et le rythme qui commence à être pris à bord. On a également appris que 40 conteneurs, récemment tombés d’un bateau singapourien au sud des Canaries, pouvaient représenter un sérieux danger dans la zone. Victime de vents violents la semaine dernière dans l’Atlantique, au niveau des Canaries, le porte-conteneurs « One Continuity » a perdu environ 45 de ses conteneurs, et des dizaines d’autres se sont renversés et abîmés au large de Maspalomas (au sud de l’île de Gran Canaria), aux alentours du 10 décembre.

Les 8 navigatrices de The Famous Project CIC ont franchi la longitude du cap de Bonne Espérance mardi après 17 jours 2 heures et 20 minutes d’une navigation riche en rebondissements depuis Ouessant. Alexia et ses équipières déploient, dans l’attente de conditions favorables pour réparer, des trésors d’énergie et d’imagination pour naviguer et progresser malgré ce handicap de hook de grand voile bloqué.

Alexia Barrier à Bonne Espérance : “C’est un moment très fort pour nous, c’est notre premier cap sur ce tour du monde. C’est une frontière symbolique, une frontière où l’on quitte l’Atlantique et où l’on se prépare à entrer dans l’océan Indien. On sait que derrière ce cap, tout change, la mer, le vent, l’engagement. On regarde ça avec beaucoup de respect et on a hâte. En ce moment, l’enjeu principal, c’est la météo et l’état de la mer. On doit gérer des vents forts, une houle de travers d’environ 4 mètres et surtout le courant des Aiguilles. C’est un courant puissant et quand le vent souffle face au courant, ça lève une mer vraiment casse-bateau. En multicoque, c’est sans doute ce qu’il y a de plus exigeant, de plus stressant, être au vent de travers avec du vent et de la houle de travers. Du coup, on travaille sur plusieurs options de route. L’idée principale, c’est d’éviter de naviguer avec le courant de face et sur une mer trop engagée, peut-être d’aller plus au nord du courant des Aiguilles. Il y a des affaires à suivre pour ce qui est de la météo. Ça, ça se fait évidemment avec l’équipe de routage. On se parle régulièrement, on analyse, on compare, on essaie d’anticiper. L’objectif, c’est d’entrer dans l’indien, dans la meilleure position. Avec notre histoire de hook, on est limité. On doit envisager quelle hauteur de grand voile. Savoir si on doit avoir un ris, une GV haute ou deux ris… on doit anticiper. Mais ça ne nous empêche pas d’avancer et à continuer cette navigation avec le sourire, évidemment. Même si ces dernières heures, ça n’a pas été toujours facile d’avoir les idées claires sur les choix qu’on a faits.
Il faut poursuivre l’aventure. Voilà, chacune a dû faire un peu de deuil de la vitesse et de nos ambitions de temps. Mais ça y est, je pense qu’on a passé cette vague-là.”

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Class40. Aurélien Ducroz vise le Vendée Globe et 82 sommets !

Le Chamoniard Aurélien Ducroz se lance dans un nouveau défi après 6 ans sur le projet de Class40 Crosscall Sailing Team. Il vise le Vendée Globe 2028 et les 82 sommets de plus de 4000 m des Alpes

« Ça a été six années vraiment fortes. Il s’est passé énormément de choses : le lancement d’un nouveau bateau, une première Route du Rhum. Cela a été une aventure extraordinaire.” Tout a commencé en 2020. Aurélien, champion du monde de freeride, rêve de nouveaux projets sur les océans. Après trois saisons en Diam24 sur le Tour Voile et plusieurs expériences de co-skipper en Class40 et en Imoca, la course au large s’impose comme un prolongement naturel de sa quête d’éléments, de solitude, d’effort pur. Cyril Vidal, Fondateur et PDG de Crosscall, lui tend la main. Ensemble, ils imaginent un Class40 sur-mesure qui portera les couleurs de l’entreprise. « Quand j’ai décidé de faire construire un bateau, pour moi qui ne vient pas de ce milieu-là, c’était un pari osé. Le fait que Crosscall me suive, c’était un acte fort. » À Caen, le chantier dure neuf mois. Neuf mois de choix techniques, d’énergie, d’intuitions partagées. « Les équipes ont vécu la construction à mes côtés. Ils se sont approprié le projet et ont pris en main la conception de la déco, pour un résultat époustouflant. C’était passionnant. Ce moment était aussi celui où il fallait embarquer d’autres partenaires dans l’aventure et construire un collectif. La mise à l’eau a été un moment très fort. »

En 2021, première saison sur le circuit Class40 et la Transat Jacques Vabre en point d’orgue. Une saison de découverte du bateau, de réglages et de fiabilisation. La machine imaginée est complètement dingue et tient des allures incroyables.
En 2022, le monocoque s’élance au départ de la Route du Rhum. Une course qui marque l’histoire du large et qui, pour Aurélien, a une résonance profonde. « Je me suis senti bien dès les premiers jours. Vraiment bien. Seul, en mer, j’avais cette sensation d’être exactement à ma place. J’avais l’impression, enfin, d’être devenu marin. » Le large agit comme un révélateur. Au-delà du résultat, c’est le sentiment d’alignement, la vérité du moment qui s’impose.

Pour progresser, rien de mieux que de naviguer à deux. Aurélien embarque des co-skippers exigeants, généreux, formateurs : David Sineau, dès le début. Vincent Riou, référence absolue. Gérald Veniard, Pep Costa, Jonathan Chodkiewiez… « Chaque co-équipier m’a apporté un regard, une méthode, une manière d’être en mer. Naviguer avec eux, c’était un vrai accélérateur. » Le marin se forge dans l’échange, la confrontation, l’écoute. En 2023, la régularité et l’engagement portent leurs fruits : le Crosscall Sailing Team est sacré Champion du Monde Class40. « Ce titre balise une trajectoire. Il dit quelque chose du chemin parcouru. » Un repère dans une progression construite sans brûler les étapes.

Ce bateau a été pensé pour courir, mais aussi pour partager. En six ans, plus de 300 personnes sont montées à bord. Collaborateurs, partenaires, invités… tous réunis par l’envie de vivre la mer autrement. « Crosscall a été exemplaire. Ils ont tout mis en œuvre pour faire vivre cette aventure de l’intérieur. Et finalement, tout le monde s’est pris au jeu. » C’est cette humanité, cette générosité qui donnent au projet une dimension singulière. Plus qu’une équipe, une famille en mer.

L’Atlantique comme dernier terrain de jeu
Après l’exploration d’un nouveau théâtre, la Méditerranée en 2024 et 2025, avec des courses techniques, une météo piégeuse et des efforts récompensés par quatre podiums dont deux victoires : la Massilia Cup Offshore et la Porquerolle’s Race. Le Class40 Crosscall a clôturé son aventure par la grande traversée finale : la Transat Café L’Or – Normandie Le Havre. Une sixième participation à cette course mythique pour Aurélien menée de bout en bout avec toujours la même énergie, la même détermination et ce désir intact d’avancer, d’explorer et de donner du sens.

Grandir, se sentir prêt, regarder plus loin
« Avant, je faisais une course par an, et chaque fois j’avais l’impression de tout recommencer. Grâce au soutien de mes partenaires, j’ai enfin pu m’immerger à 100 %, vivre les saisons dans leur totalité. » L’expérience s’est déposée lentement, avec constance. Aujourd’hui, Aurélien navigue en confiance. « Je monte sur le bateau, tout est fluide. Je me sens à ma place en mer, même dans les conditions les plus difficiles. »

Un nouveau projet

Ce nouveau projet repose sur le double terrain de jeu d’Aurélien : la mer et la montagne. D’un côté un bateau IMOCA, monocoque de 60 pieds destiné à participer aux plus grandes courses océaniques : la Route du Rhum en 2026, la Transat Café l’Or en 2027 avant le Vendée Globe 2028, tour du monde en solitaire et sans escale. De l’autre, un défi alpin hors normes : l’ascension des 82 sommets de plus de 4000 mètres des Alpes, répartis entre la France, la Suisse et l’Italie. L’ensemble de ces défis sportifs seront menés au service d’une cause. Aurélien et son équipe sont dors et déjà en recherche active des partenaires et mécènes souhaitant embarquer dans l’aventure.

Et entre les lignes, une histoire personnelle
Dans un récit tout en relief, où la neige des cimes croise les embruns du large, le skipper – skieur a pris le temps, ces derniers mois, de mettre des mots sur cette trajectoire. Sous la plume de Benoit Prato, il y parle d’intuition, de peurs, de rêves, d’ancrages aussi. Comme une façon de fixer ce qu’il reste à transmettre, à ceux qui, comme lui, cherchent à franchir les frontières invisibles entre deux mondes. Le Class40 Crosscall s’apprête à tirer sa révérence. Le programme s’achève. Mais l’histoire, elle, continue. Un homme. Une équipe. Un rêve devenu cap. Le tour du monde s’annonce. Cette fois, ce n’est plus un rêve. C’est une ligne de départ à aller chercher.

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Sélection officielle de l’Equipe de France 2026, 9 athlètes retenus

Photo Nicolas Touzet / FFVoile

Ils sont 9 neuf athlètes à avoir été retenus en 2026 au sein de l’Equipe de France en vue de leur préparation pour les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028.

L’intégration à l’Équipe de France 2026 repose sur des critères de sélection particulièrement rigoureux : figurer parmi les six premiers des Championnats du monde 2025, avoir été sacré champion du monde ou médaillé olympique en 2024. Au total, neuf athlètes ont été retenus pour la saison à venir. Ils disposeront des moyens de la Fédération Française de voile ainsi que d’un encadrement spécifique. La sélection a été présentée à Paris au Comité national olympique et sportif français (CNOSF) par Guillaume Chiellino, Directeur Technique National aux côtés de Franck Citeau, manager de la Performance et Loïc Billon, manager de l’Équipe de France.

L’EQUIPE DE FRANCE 2026 :

  • Lauriane Nolot – Kitefoil
    Neuf mois après sa médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Paris 2024 et après une convalescence liée à une fracture du pied, Lauriane Nolot signe un très beau retour en force. Elle décroche d’emblée le titre de championne d’Europe avant d’aller chercher une médaille de bronze mondiale. De quoi nourrir de fortes ambitions pour 2026.
  • Louise Cervera – Dériveur solitaire (ILCA 6)
    À 27 ans, Louise Cervera réalise cette année une performance historique en devenant championne du monde d’ILCA 6. Elle est la deuxième Française de l’histoire à décrocher ce titre dans une série parmi les plus exigeantes de la voile olympique. Impressionnante de maîtrise tout au long du championnat, elle s’impose désormais comme une prétendante assumée pour une médaille olympique.
  • Tom Arnoux – Planche à voile (iQFOiL)
    Révélation de ce début d’olympiade, Tom Arnoux s’offre en 2025 le titre de vice-champion du monde après une semaine de qualifications parfaitement maîtrisée. Un statut qu’il devra désormais confirmer sur les grandes échéances à venir.
  • Matisse Pacaud & Lucie De Gennes – Dériveur double (470)
    Triples champions du monde jeunes, Matisse et Lucie confirment cette année encore leur ascension au plus haut niveau. Leur médaille de bronze européenne et leur 6ᵉ place mondiale leur ouvrent les portes de l’Équipe de France. Une relève prometteuse pour aller truster des titres internationaux.
  • Erwan Fischer & Clément Péquin – Dériveur double (49er)
    Quatre mois avant Paris 2024, le duo décrochait brillamment le titre mondial en 49er. Après des Jeux en demi-teinte, l’équipage rebondit avec deux victoires sur les étapes du Sailing Grand Slam de Palma et Kiel, et garde son rang parmi les favoris internationaux.
  • Benoît Gomez – Kitefoil
    Figure bien connue de la discipline, Benoît Gomez crée la surprise en montant sur la 3ᵉ marche du podium mondial 2025. Vice-champion d’Europe en 2021, réputé pour sa vitesse et son sens tactique, il confirme un retour en puissance remarquable.
  • Nicolas Goyard – Planche à voile (iQFOiL)
    Référence mondiale de l’iQFOiL, Nicolas Goyard confirme en 2025 son statut parmi l’élite internationale. Après des Jeux Olympiques difficiles, il rebondit avec une saison solide marquée par une 5ᵉ place aux Mondiaux et un titre de vice-champion d’Europe, son quatrième podium continental de sa carrière. Le Calédonien aborde 2026 avec l’ambition de retrouver le tout premier plan mondial.

Toutes les séries ne sont pas représentés à l’image du Nacra. Tim Mourniac et Aloise Retornaz ne sont pas sélectionnés ayant fait 8e au dernier Championnat du Monde. Ils ne sont pas en Equipe de France mais soutenus dans le Collectif Equipe de France.

Loic Billon, manager de l’Équipe de France nous explique: ” Ils ne sont pas en équipe de France. Ils évoluent au sein d’un collectif que l’on appelle le Groupe France. Ils restent soutenus dans un cadre officiel de la Fédération française, mais pas au même niveau que l’équipe de France, car les exigences de performance attendues sont supérieures à ce qu’ils ont réalisé jusqu’à présent. Lors de la dernière olympiade, pour intégrer l’équipe de France, il fallait réaliser un top 3 mondial. En 2025, le critère est un top 8, et pour 2026, un top 6. L’objectif final reste les Jeux Olympiques. Comme l’a précisé Franck Citeau, 85 % des médaillés aux championnats du monde sont également médaillés aux Jeux Olympiques, et au-delà d’un podium mondial, la probabilité de décrocher une médaille olympique est plutôt faible. Le fait d’exiger un top 6 pousse les athlètes à viser le très haut niveau et à ne pas se satisfaire d’une huitième place. Par le passé, nous avons connu des situations où un classement dans le top 8, voire le top 15 aux championnats du monde, suffisait pour intégrer l’équipe de France, sans que cela ne se traduise par des médailles. Aujourd’hui, cette ambition accrue en termes de résultats sur les championnats du monde augmente nos chances d’être sur le podium olympique. Les autres athlètes disposent malgré tout de moyens d’accompagnement. De plus, s’ils réalisent un podium aux championnats du monde, ils sont revalorisés au cours de l’année : il s’agit d’une aide a posteriori, basée sur la performance. Nous sommes clairement tournés vers la performance et ambitieux sur cette olympiade. L’année 2026 sera une année clé, notamment pour observer l’accélération de la préparation de certains athlètes.

Parmi les neuf athlètes, nous avons échangé avec Erwan Fischer, qui navigue en 49er avec Clément Péquin, une série très compétitive.
« Être en équipe de France nous permet de débloquer beaucoup d’aides et de financements. C’est essentiel pour notre préparation, mais cela nous oblige aussi à respecter un cadre. » Après les JO 2024, le duo — premier équipage français à avoir décroché un titre de champion du monde dans cette série — est passé à côté de ses Jeux, dont il a su tirer des enseignements. Il s’est ensuite imposé à Palma ainsi que lors de la Semaine de Kiel en juin 2025. Basés à Lorient, ils s’entraînent avec Jean-Baptiste Bernaz et Jérémie Mion, mais également avec des équipages étrangers.

De leur côté, Matisse Pacaud et Lucie De Gennes vont entamer leur sixième saison en dériveur double (470). Triples champions du monde jeunes, ils restent pleinement déterminés à décrocher une médaille aux Jeux Olympiques de Los Angeles. Matisse, qui faisait partie de l’équipe française engagée sur la Youth America’s Cup à Barcelone, ne devrait pas re-signer afin de se concentrer pleinement sur sa préparation olympique.

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Trophée Jules Verne. C’est parti pour Sodebo Ultim 3 !

crédit Jérémie Lecaudey - Team Sodebo

Sodebo Ultim 3 a franchi ce lundi 15 décembre, à 21h 01min 05s (heure française), la ligne de départ du Trophée Jules Verne, située entre le phare de Créac’h (Ouessant) et le Cap Lizard (sud-ouest de l’Angleterre). Pour battre le record, l’équipage doit recouper la ligne avant le 25 janvier 2026 à 20h 31min 35s (heure française).

C’est un stand-by qui n’aura pas duré longtemps. Le Team Sodebo observait depuis plusieurs jours ce qui semblait être une bonne fenêtre de départ pour le Trophée Jules Verne. Celle-ci s’est confirmée et Thomas Coville, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle, Benjamin Schwartz et Nicolas Troussel ont quitté le ponton de Lorient ce lundi matin. Après les derniers checks techniques, ils ont mis le cap vers la ligne de départ, située à la pointe de la Bretagne. Le trimaran géant s’est élancé de Ouessant ce lundi 15 décembre à 21h 01min. Le record à battre ? 40 jours 23 heures et 30 minutes, propriété depuis janvier 2017 d’Idec Sport (Francis Joyon).

Une décision rapide
2ème de la Transat Café l’Or le 6 novembre, et moins d’un mois après le retour du trimaran à Lorient, le Team Sodebo, composé de plus de quarante personnes, a relevé un sacré défi pour mettre le trimaran géant en configuration Tour du Monde ! C’est chose faite, ce qui permet à l’équipage de Sodebo Ultim 3 de saisir la première et belle opportunité météo pour descendre l’Atlantique dans les temps du record.
Thomas Coville : “On avait annoncé qu’on voulait être en stand-by le 12 décembre et on part dès le 15. C’est quasiment le plan parfait. C’est une très belle fenêtre d’Atlantique Nord, comme on n’en a pas vu depuis très longtemps. Elle nous permet de faire une belle trace.Prendre la décision de partir sur un tour du monde, c’est vraiment la chose que je trouve le plus difficile à chaque tentative. Celle-là l’est particulièrement en étant dès le début du stand-by et avec assez peu de temps depuis la Transat Café L’or.. Une fois qu’on est parti, c’est notre travail, c’est notre passion, c’est ce qu’on sait faire.”

Une histoire à concrétiser
Un an après leur dernière tentative, l’équipage de Sodebo Ultim 3 est de nouveau à l’assaut du Trophée Jules Verne. Thomas Coville : “Nous sommes les mêmes sept que l’an dernier. Humainement c’est important de repartir avec un équipage qui connaît bien le bateau, aguerri, qui se connaît bien et qui se connaît même mieux que l’année dernière. Nous avons fait la Route du Café avec Benjamin, cette deuxième place nous a apporté énormément. Aujourd’hui, on va vivre quelque chose à 7 qui va être incroyable. Je le sais et je le sens. Recommencer : c’était une volonté qu’on a tous eu l’an dernier, quand on s’était arrêté sous l’Australie. On a mis tout en œuvre pour repartir ensemble.”

Des conditions météo très favorables
Thomas Coville : “Ça promet des temps canons, en dessous de 5 jours à l’équateur, quasiment pour toutes les routes. Je reste plus prudent sur la suite parce que les enchaînements avec l’Atlantique Sud peuvent vite évoluer mais pour le moment on est entre 10 et 12 jours à Bonne Espérance. Ne pas tenter cette fenêtre, ce serait passer à côté d’une excellente fenêtre. On a envie d’oser!”

Benjamin Schwartz : “Là il y a vraiment une super belle fenêtre. Il y a beaucoup d’envie dans tout l’équipage donc c’est l’essentiel. On est assez serein là-dessus. Les 48 premières heures seront assez engagées jusqu’au sud du Portugal avec du vent mais surtout beaucoup de mer. Néanmoins ce sont des conditions qui nous emmènent rapidement dans l’Atlantique Sud avec de superbes projections. Aujourd’hui ce sont de très bons temps à l’équateur et à Bonne Espérance. On est opportuniste, il faut être opportuniste pour ce genre de record et on connaît tous le bateau. On va se mettre dans le bain très rapidement !”

Source CP

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