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Transquadra. Troisième victoire pour Alex Ozon !

Transquadra Madere Martinique - Arrivee Le Marin François van Malleghem

Alex Ozon s’est imposé pour la troisième fois d’affilée sur la Transquadra à la barre de son Bepox 990 rose ‘’Team 2 Choc’’. « C’était la plus belle de toutes mes transats ! ». Le Royannais s’offre aussi le plaisir de battre son propre record entre Funchal et le Marin avec 12j 18h 31min de course, contre ses 13j 1h 18min en 2018, déjà à la barre de son rose Bepox. Alexandre Ozon boucle sa traversée en 12j 18h 31min 06s, avec 170 milles d’avance sur le premier duo (OSE d’Éric Guigné et Tangi Caron) et 370 milles sur le 2e solitaire, Philippe Benaben (Platypus).

Ce n’est cependant pas la performance qui lui arrache ce cri du cœur à l’arrivée, mais bien le plaisir qu’il a pris à tirer le meilleur de son bateau, sur une mer pourtant très dure tout du long de ces 12 jours de course où de violents grains ont franchement malmené la flotte de ces marins aussi amateurs qu’aguerris.
Les premiers doubles Performance sont attendus ce vendredi, en soirée, en Martinique (dans la nuit en métropole). Les grains toujours plus violents (plus de 40 nœuds en rafales) continuent de malmener matériel et marins, mais les conditions météo devraient se calmer cette fin de semaine.
‘’Il n’y a pas de performance sans plaisir’’. Cet adage bien connu colle parfaitement à la façon de naviguer d’Alexandre Ozon, si ce n’est que le Royannais va sans doute plus loin car, chez lui, le plaisir passe avant tout… même si la performance reste une cerise sur le gâteau très appréciée et recherchée, avec bonheur !


« On n’a pas fait des journées extraordinaires en termes de milles parcourus… mais des nuits, oui. C’est d’ailleurs là-dessus que j’ai gagné la course », explique-t-il sobrement. Or, c’est la nuit qu’il y avait le plus de grains. C’est aussi la nuit que ces masses nuageuses et rafaleuses sont les plus compliquées à appréhender. C’est enfin la nuit que les manœuvres sont les plus délicates et exigeantes.
La connaissance parfaite de son bateau, la carène planante de son Bepox 990, son aisance en mer, sa capacité – et le plaisir qu’il y prend – à être toujours sur la limite haute des performances possibles du marin comme de sa monture, sans toutefois prendre de risques non maîtrisés. Tout cela a fait la différence : du premier au dernier jour de cette transat express, il a consciencieusement creusé l’écart sur ses camarades de jeu, pourtant tous avec le couteau entre les dents.

Des pentes pentaculaires
Mais ce qu’Alexandre Ozon retiendra surtout de sa 3e Transquadra Madère Martinique, c’est bien le plaisir procuré par les surfs « pentaculaires » de son Bepox 990, « dans des pentes d’eau… Je n’avais jamais vu ça ! Il y avait une mer de vent, pas une longue houle d’alizés. C’étaient des vagues hyper pentues. Le bateau partait tout seul dedans en survitesse… Un vrai bonheur ! »
Cerise sur la transat
Le Royannais bat son propre record de vitesse entre Madère et la Martinique : « Le record, c’est la cerise sur le gâteau ! En 2018, j’avais fini la course avec un seul safran donc je savais qu’il y avait moyen de faire mieux. »

Figaro ? Class40 ? Même pas en rêve !
Alors, inévitablement face à de telles performances, à cette aisance en mer, ce bonheur de performer, la même question revient : serait-il tenté par du Figaro Bénéteau ? Du Class40 ? Et la même réponse fuse à chaque fois : « Je n’ai pas le temps ! Ça coûte trop cher. J’ai ma famille, qui supporte déjà tout le temps que je passe sur l’eau. Mon travail, je suis seul, à mon compte. Pas question de bousculer tout ça. »
Bref, cet excellent marin et compétiteur dans l’âme a trouvé un bel équilibre. Sur un circuit pro ou semi-pro, la performance risquerait de gâcher le plaisir et ça, ce n’est pas envisageable une seule seconde !

Paroles de vainqueur
Alexandre Ozon : « C’est la plus belles de mes transats ! On a eu des vagues avec des pentes « pentaculaires », il faisait grand beau, j’étais en short tout le temps, on faisait des surfs de dingue avec des gerbes d’eau partout … C’était extraordinaire !
A un moment, il y avait 20 nœuds de vent, le bateau est parti en surf, dans la pente, à 19,5 nœuds… Le bateau accélère, le spi à contre, la GV dans l’axe, et ça surfe tout seul ! C’était dingue ! Et le Bepox n’a jamais planté dans la vague. Je ne sais pas si c’est ce bateau, mais c’est toujours bien ressorti. J’ai redécouvert mon Bepox : un vrai bonheur à la barre !
C’était de la houle courte, de la mer de vent : on n’a pas pu faire de gros records de vitesse sur 24h parce que les vagues ne le permettaient pas. On n’a pas fait des journées extraordinaires… mais la nuit oui, c’est d’ailleurs là-dessus que j’ai gagné la course.
A la fin, j’ai un peu levé le pied parce que la mer était vraiment trop formée, j’avais un peu d’avance, ça ne servait à rien. Je ne voulais rien casser, parce qu’après, c’est l’engrenage. Je n’ai rien cassé je suis bien content de ça.
»

Mini Globe 580. Renaud Stitelmann, plus de 60 ans, vainqueur de la Transat Globe 580 en 22 jours

Renaud Stitelmann (#28 CAPUCINETTE) – Winner of the Globe 580 Transat in just 22 days, averaging 5.62 knots and 135 miles per day. Renaud also claimed first place in the seniors division for skippers aged 60 and over! This marks the second time a Swiss entry has won the Transat, following Swiss national Etienne Messikommer’s victory in the inaugural Globe 580 Transat in 2021 aboard NUMBATOU. Etienne has now entered in the 2026 Golden Globe Race. Credit: Christine Turner / CG580T / MGR2025

La troisième édition de la Transat Globe 580 2025 s’est terminé par la victoire du suisse Renaud Stitelmann (#28 CAPUCINETTE) – Vainqueur de la Transat Globe 580 en seulement 22 jours, avec une moyenne de 5,62 nœuds et 135 milles par jour. Renaud a également remporté la première place dans la catégorie seniors pour les skippers de 60 ans et plus ! L’ALMA Mini 5.80 est un bateau que l’on construit soi-même en contreplaqué. La transat sert d’entrainement pour la Mini Globe Race qui partira fin février d’Antigua : un tour du monde en 5 étapes où il y aura 15 participants de 9 nations, dont 2 femmes.

Le vainqueur de la transat a parcouru 3 000 milles, de la Rubicon Marina aux Canaries à la National Sailing Academy à Antigua, en 22 jours et 5 heures, à une vitesse moyenne de 5,62 nœuds, soit 135 milles par jour ! Pas mal pour 12 petites boîtes à chaussures en contreplaqué construites à la maison et prêtes à conquérir le monde. La course permettra de qualifier 15 marins pour prendre le départ de la toute première McIntyre Mini Globe Race le 23 février.

S’il y a une chose que la Transat Globe 580 2025 a prouvé, c’est que naviguer sur un petit bateau à travers l’Atlantique est tout sauf ennuyeux ! Avec des rivalités à couper le souffle, des visiteurs inattendus dans l’océan, des contusions et des fractures, et une quantité surprenante de cuisine gastronomique, la course d’aventure de cette année avait tout pour plaire. Lorsque les premiers skippers sont arrivés sur le quai d’English Harbour, ils avaient plus que des coups de soleil et du sel dans les cheveux : ils avaient de vraies histoires à raconter et tout un monde à découvrir.

Dès le départ de la flotte de Marina Rubicon à Lanzarote le 11 janvier, la compétition a été féroce. Keri Harris sur ORIGAMI a filé comme un dauphin dopé à la caféine, tandis que Renaud Stitelmann sur CAPUCINETTE le talonnait de près, tous deux choisissant la zone de compression du vent entre deux îles, générant de sérieuses turbulences et des grains – quand il ne faisait pas cuire un gâteau à la banane, bien sûr. Pendant ce temps, Dan Turk sur LITTLE BEA a attrapé quelques vagues impressionnantes, surfant à 8 nœuds (pas mal à l’époque, mais plus tard, il y en aurait 16 !) et prouvant que les bateaux de 6 mètres peuvent, en effet, avoir besoin de vitesse.

Plus loin, Niels Kamphuis (BIGGEST MONKEY) rattrapait tranquillement les leaders, tandis que John Blenkinsop (DELJA 100) et Dan Turner (IMMORTAL GAME) se livraient à un jeu de saute-mouton tactique. Dormir ? Facultatif. Excitation ? Garantie. Après la zone de compression, le vent a tourné vers le sud sur près de 320 km, dispersant la flotte dans toutes les directions, confrontée à l’océan et à ses 580 milles. L’installation a pris plus de temps que prévu, et Jasmine Harrison (NUMBATOU) et (POPEYE) ont fermé la marche.

Les hauts, les bas et les LOL
Les prévisions à long terme suggéraient des alizés forts et constants, rebondissant sur d’énormes tempêtes au milieu de l’Atlantique pendant les premières semaines, et la possibilité de couper le coin au lieu de se diriger vers le sud jusqu’à ce que le beurre fonde, pour ne tourner à gauche qu’au Cap-Vert et rejoindre Antigua. C’est donc ce que la flotte a fait, mais pendant la première semaine, certains sont restés au sud, d’autres au sud-est, et quelques-uns ont suivi la ligne directe vers Antigua.

À mi-parcours, les dieux de la météo ont jeté quelques balles liftées. Un moment, les skippers étaient en calme plat, se demandant si la lecture de L’Attrape-cœurs pouvait être considérée comme une stratégie de course ; l’instant d’après, ils évitaient des grains de 50 nœuds avec des vagues de 4 à 5 mètres et s’accrochaient à la vie. Adam Waugh (LITTLE WREN) a appris à ses dépens que tomber sur le pont n’est pas une bonne idée (il s’est cassé deux côtes, ce n’est pas drôle), tandis que Christian Sauer (ARGO) s’est retrouvé aux prises avec le manque de sommeil, un réveil peu coopératif et une routine d’exercice qui consistait surtout à s’accrocher à tout ce qui passait. Le lendemain, les côtes fêlées d’Adam se sont déplacées, ce qui aurait pu être très inquiétant, mais après avoir consulté le médecin de la course 24h de MSOS, il a continué à prendre des analgésiques.

De retour dans la zone de plaisir, Jasmine (NUMBATOU) a continué à perfectionner l’art de ne pas stresser, de ne pas courir, de pratiquer la navigation astronomique et de rêver de futurs chiens qu’elle aimerait peut-être posséder, tout en faisant des reportages vidéo en direct grâce au lien MiniStar sur un mini 580 ! Si un panneau solaire n’avait pas été en panne, elle aurait pu diffuser des films sur YouTube. Pendant ce temps, Mike « Popeye » Blenkinsop (DELJA 99) a gardé son humour habituel, filmant avec succès l’intérieur de son nombril (caméra inversée) au lieu de l’action réelle prévue sur le pont avant alors qu’il se débattait avec un spinnaker. Plus tard, il se battait contre des boîtes de conserve capricieuses qui tentaient de se mutiner sous le pont alors qu’il était jeté hors de sa couchette et projeté sur le pont, inconscient pendant quelques secondes, atterrissant sur les genoux et la tête, trop effrayé pour bouger… plus d’épinards s’il vous plaît… il a survécu !… secoué.

Jasmine Harrison (#88 Numbatou) – Naviguant vers la National Sailing Academy sous un arc-en-ciel, Jasmine était tout sourire. Quatre ans auparavant, elle avait traversé l’Atlantique à la rame en solitaire jusqu’à Antigua. Au départ, elle pensait que la navigation en solitaire serait plus difficile, mais à son arrivée, elle a changé d’avis – la navigation, finalement, ce n’est pas si mal !
« Dan Dan (Turner), l’homme des vacances », a décidé de prendre le mal de mer à mi-chemin, s’est effondré et a perdu ses deux dérives, a manqué sa femme le jour de son anniversaire et a continué à philosopher sur le jeu mental de la navigation en solitaire. Pendant ce temps, il travaille sur un nouveau plan pour Antigua afin de réinstaller le gouvernail principal du 580 (retiré mais stocké dans la cale pour un Hydrovane central) et de déplacer l’hydrovane sur un support décalé. Le pilotage automatique est un ÉNORME problème pour tous les marins du 580. Certains s’en sortent mieux que d’autres. Ce sont de petits bateaux, rapides, mais il faut garder les voiles équilibrées et tirer de l’avant. Étonnamment, le facteur humain est un problème aussi important que les girouettes elles-mêmes.

La courbe d’apprentissage pour faire VOLER les girouettes est grande pour beaucoup. Même la réaction du leader est complètement individuelle. Chaque marin est différent. Le leader Renaud ne barre pratiquement jamais à la main. Il laisse faire son Hydrovane et préfère cuisiner ! Alors que le numéro deux du classement, Keri Harris, sur ORIGAMI, se débat avec son South Atlantic alors qu’il accélère le bateau pour gagner en vitesse et que la barre à main est plus rapide… mais c’est un long chemin autour du monde… Pour beaucoup de skippers, c’est la première fois qu’ils utilisent un régulateur d’allure !

La nourriture, en fait, est devenue un thème majeur de la course. Les expériences culinaires de Renaud allaient de « digne d’une étoile Michelin » à « je n’aurais pas dû faire ça », en passant par l’envoi régulier de photos par satellite des plus beaux gâteaux ronds ! En solitaire au milieu de l’Atlantique ? (les gars de la classe 650 auraient grimacé !) et pas qu’une fois ! tandis que Jakub Ziemkiewicz (BIBI) déplorait le manque de beurre irlandais et devait improviser avec des couches pour bébé (ne demandez pas). Pendant ce temps, Dan Turk vivait sa meilleure vie, alternant entre des flocons d’avoine, du porc méditerranéen lyophilisé et juste assez de sardines, tout en essayant de gérer sa douleur assez sévère au nerf sciatique qui l’a tenu à terre pendant plusieurs jours. POPEYE, étant australien, a un gaz barbie à bord, ce qui allait bien quand les conditions le permettaient… y compris pour son 70e anniversaire !

À toute vitesse vers Antigua
Alors que les bateaux approchaient de la ligne d’arrivée, la compétition atteignait son paroxysme. Les alizés constants de 25 à 30 nœuds avec des vagues de 3 à 4 mètres se sont finalement calmés. Le groupe de tête – CAPUCINETTE, ORIGAMI et BIGGEST MONKEY – fonçait vers Antigua à toute vitesse, mais non sans drame. Renaud a découvert une barre de flêche au milieu de l’océan (ouille), tandis que Keri a survécu à une attaque non provoquée d’un poisson volant (il s’est lancé à travers l’écoutille et a atterri sur sa poitrine alors qu’il dormait !). Adam, sur LITTLE WREN, travaillait sur l’extrémité de son tangon de spinnaker en bas, il a été renversé et le tangon a glissé directement hors de l’écoutille de l’échelle de coupée et par-dessus bord. Adam a continué à le chercher en bas, ne voulant pas croire ce qui venait de se passer !

Enfin, CAPUCINETTE a volé la vedette, terminant en 22 jours, 5 heures et 26 minutes, alors que Renaud était probablement encore en train de lécher la pâte à gâteau sur ses doigts. ORIGAMI a suivi quatre heures plus tard, avec Keri souriant comme un homme qui vient de survivre à une partie de dodgeball océanique. BIGGEST MONKEY a complété le podium, avec Niels brandissant fièrement son drapeau de singe et rêvant de nourriture convenable et de nouvelles aventures. Ses meilleurs souvenirs après avoir construit son 580 sont de surfer des vagues de 6 mètres pendant 30 secondes à 16 nœuds. Mais il a également apporté un peu de comique, apprenant la « leçon finale » de l’océan lorsqu’une énorme vague l’a projeté à travers les lignes de vie, la tête la première et sous l’eau. « Rien n’est fini tant que la grosse dame n’a pas chanté », a-t-il plaisanté, heureux d’être rattrapé. Il est le seul marin à ne participer qu’à la Transat. Pour lui, c’était très amusant, le boulot est fait. Son 580 est à vendre car il a deux bateaux plus grands à la maison.

Dan Turk sur LITTLE BEA est arrivé quatrième, plus mince mais de bonne humeur après un régime de sardines en boîte et quelques gorgées de champagne pour fêter ça. Pendant ce temps, Pilar Pasanau sur PETER PUNK a remporté la cinquième place, déclarant que c’était sa traversée la plus difficile à ce jour, ce qui n’est pas une mince affaire pour une vétérant de la classe Mini 650 ayant déjà participé deux fois à la transatlantique.

La camaraderie entre les skippers est aussi forte que les alizés, Renaud Stitelmann préparant des pâtes et des gâteaux pour ses camarades marins. Les Australiens John Blenkinsop (DELJA 100) et Dan Turner (IMMORTAL GAME) ont fêté leur arrivée simultanée après s’être poursuivis pendant des jours à travers l’Atlantique, tandis que le fou d’Irlande polonais Jakub Ziemkiewicz, sur BIBI, « le requin heureux », est arrivé déguisé en pirate, avec un sabre et un drapeau irlandais de la taille d’un spinnaker.

Des barres de flèche fissurées aux os en passant par les tangons de spinnaker perdus, la flotte a dû relever son lot de défis, mais les skippers les ont surmontés avec courage et humour. Popeye, le skipper de 70 ans de DELJA 99, a fêté son arrivée avec une banane, son premier aliment frais depuis des semaines, tandis que Jasmine, sur NUMBATOU, a franchi la ligne d’arrivée en rêvant de poulet frit et de ses chiens restés à la maison.

DU PATRON !

« Nous y voilà donc après six ans de planification et de préparation. C’est aussi excitant de regarder en arrière que de regarder vers l’avenir. 265 constructeurs potentiels d’ALMA Globe 580 dans 37 pays, 90 constructeurs actifs et peut-être 55 bateaux navigueront cette année. 25 traversées transatlantiques réussies et de sérieux voyages en mer par tous les temps jusqu’à 70 nœuds et une mer énorme, et aujourd’hui 15 marins extraordinaires sont sur le point de faire le tour du monde en solitaire. WOW ! Tout cela est synonyme de rêves, d’aventure et d’inspiration, mais c’est avant tout une bonne dose de plaisir et une façon de vivre sa vie à fond ! Je suis vraiment heureux pour toutes les personnes impliquées. Personne ne sait ce qui va se passer maintenant… La McIntyre Mini Globe Race est une aventure aujourd’hui comme elle l’était pour John Guzzwell sur TREKKA il y a 75 ans. Alors à ceux qui disent que nos événements autour du monde sont fous, dangereux et ne devraient jamais avoir lieu, ou pire… Eh bien, parfois la vie arrive… hé ! Alors regardez bien et accrochez-vous. Je suis si fier de chacun de ces marins, de ce qu’ils font et de la façon dont ils le font. Pour moi personnellement et pour Jane aussi, c’est l’aboutissement de 20 ans d’aventure, avec toute l’énergie dont nous disposons, et c’est une EXPLOSION ! C’est pour moi ! J’adore la MGR… J’espère que vous aussi !… et merci à toutes les personnes et à tous les supporters qui nous ont permis d’en arriver là ensemble.

Et ensuite ? Encore plus de folie McIntyre !
Alors que les célébrations battent leur plein (et que les récits alcoolisés se multiplient), les skippers se tournent maintenant vers la McIntyre Mini Globe Race (MGR), une aventure encore plus folle autour du monde. Après tout, pourquoi s’arrêter à une seule traversée de l’océan en solitaire quand on peut continuer ? La Transat Globe 580 2025 est officiellement terminée, et quelle aventure ! Après près d’un mois à affronter les vagues, les vents et les quelques boîtes de sardines égarées, tous les participants ont atteint la National Sailing Academy d’Antigua. Cette flotte de courageux voiliers de 5,8 m a prouvé une fois de plus que les grandes aventures se cachent dans les petits paquets. Aujourd’hui, les skippers voient les choses en grand, réparent leurs bateaux et se préparent pour le prochain chapitre : la MGR, qui débutera le 23 février.

Vendée Globe. Arrivée d’Arnaud Boissières en Martinique, fin de son “Vendée Rhum” !

Arnaud Boissières est arrivé en Martinique sous gréement de fortune après avoir démâté au largé des Açores. Le skipper du Vendée Globe est arrivé mercredi en Martinique, deux semaines après son démâtage en pleine course. Arnaud Boissières achève ce qu’il appelle avec humour son “Vendée rhum”.

Ocean Fifty. Anne-Claire Le Berre devient la nouvelle skipper d’UpWind by MerConcept

David Lupion / UpWind by MerConcept

Anne-Claire Le Berre succède à Francesca Clapcich à la barre de l’Ocean Fifty UpWind by MerConcept.

“Je tiens à remercier 11th Hour Racing et MerConcept pour la confiance qu’ils m’ont accordée en me confiant la responsabilité de skipper de l’équipe UpWind lors de cette première saison en Ocean Fifty,” entame Francesca Clapcich. “Cette expérience a été incroyable, pleine d’apprentissage que je garderai toujours avec moi. J’ai hâte de continuer à naviguer avec l’équipe cette saison et de soutenir Anne-Claire pendant cette période de transition. Anne-Claire est le choix idéal en tant que skipper grâce à ses années d’expérience en navigation au large à haut-niveau, à ses connaissances en ingénierie et à son remarquable esprit d’équipe !”

Navigatrice accomplie, Anne-Claire Le Berre est particulièrement bien placée pour poursuivre la mission d’UpWind de promouvoir le rôle des femmes dans le monde de la voile offshore. Avec une riche expérience en match racing et en course au large, combinée à sa formation de directrice technique, architecte naval et ingénieure, Anne-Claire incarne les valeurs fondamentales d’UpWind by MerConcept : inclusion, performance et innovation.
“Je suis honorée d’assumer ce nouveau rôle au sein d’UpWind by MerConcept et de continuer à porter cette mission inspirante,” déclare Anne-Claire. “Ce projet représente une opportunité unique de valoriser les navigatrices et de repousser les limites de ce que nous pouvons accomplir ensemble en course au large. Je suis impatiente de commencer avec cette équipe exceptionnelle.”

Cap sur 2025
Actuellement au sec en chantier dans les locaux de MerConcept à Concarneau, le trimaran UpWind est dans les mains expertes des équipes techniques afin de l’optimiser et de le faire évoluer. L’ajout d’une casquette au niveau du cockpit fait partie des gros projets d’amélioration cet hiver : cette protection pour les navigantes sera un réel atout à la performance et leur permettra de naviguer dans des conditions optimales. La mise à l’eau du bateau est prévue pour la première semaine d’avril.
En tant que skipper, Anne-Claire dirigera UpWind by MerConcept lors d’une saison 2025 ambitieuse qui inclura :
• Ocean Fifty Series : de mai à novembre.
• Rolex Fastnet Race : juillet 2025
• Transat Café de l’Or : octobre 2025 *
• Engagement communautaire : poursuivre la mission d’UpWind d’inspirer et d’encourager la prochaine génération de navigatrices.

“Notre objectif reste de créer des opportunités pour les femmes en course au large et de mettre en lumière l’immense talent et potentiel de notre sport,” explique Cécile Andrieu, Directrice du Département Course de MerConcept. “Nous sommes ravis de faire progresser Anne-Claire et de continuer à collaborer avec 11th Hour Racing pour renforcer l’impact d’UpWind by MerConcept.”

Un partenariat porteur de sens
Cette transition, et le projet UpWind dans son ensemble, n’auraient pas été possibles sans le soutien indéfectible de 11th Hour Racing. Leur engagement en faveur de la durabilité, de la diversité et de l’innovation s’aligne parfaitement avec les objectifs d’UpWind et continue de propulser le succès du projet.
“Valoriser les femmes en course au large est un élément clé de notre vision pour un avenir plus inclusif et durable dans le sport,” déclare Jeremy Pochman, PDG et cofondateur de 11th Hour Racing. “Nous sommes reconnaissants envers Francesca pour son leadership exceptionnel durant la première année d’UpWind by MerConcept. Ce programme a non seulement ouvert des portes aux femmes pour concourir au plus haut niveau de la voile en multicoque, mais il a également créé un espace où elles peuvent acquérir une expérience précieuse, développer leurs compétences et occuper des rôles qui pouvaient auparavant sembler inaccessibles. Alors que Francesca passe le relais à Anne-Claire, cette transition marque l’évolution naturelle d’un programme qui continue de briser les barrières et d’inspirer une nouvelle génération d’athlètes à trouver leur place au sein de cette équipe remarquable.”

Transat. Les 4 parcours dévoilés pour la Transat Café L’Or

Les organisateurs de la Transat Café l’Or (ex-Transat Jacques Vabre) ont dévoilé le parcours des 4 classes qui partiront le 26 octobre prochain au Havre.

Les ULTIM : 6200 miles nautiques (entre 10 et 14 jours)
Les ULTIM débuteront par un premier segment, assez long, les menant jusqu’au waypoint “Ascension” dans l’hémisphère Sud, qu’ils devront laisser sur tribord. Puis, ils remonteront le long des côtes brésiliennes pour rejoindre la Martinique. Attention aux deux passages dans le Pot-au-noir qui seront déterminants.

Les Ocean Fifty : 4600 miles nautiques (entre 10 et 14 jours)
Les Ocean Fifty vont descendre jusqu’au Cap vert, laisser l’île de Sal sur tribord, avant d’aller chercher les alizés, direction les Antilles. Le passage dans l’archipel promet d’être croustillant car il faudra jongler avec les couloirs et les dévents.

Les IMOCA : 4350 miles nautiques (entre 10 et 14 jours)
Les IMOCA seront immédiatement plongés dans la bataille avec une descente rapide et serrée jusqu’aux Canaries. Après avoir laissé l’archipel sur tribord, les choix stratégiques seront scrutés entre option nord pour se rapprocher des dépressions ou option sud vers les alizés.

Les Class40 : 3750 miles nautiques (entre 12 et 16 jours)
Les Class40 vont bénéficier d’un décalage plus à l’ouest que les autres classes ce qui va permettre un jeu plus ouvert, à condition de trouver le bon passage dans l’anticyclone des Açores, après avoir laissé l’archipel sur tribord. Les premiers duos vainqueurs sont attendus autour du 5 novembre. La ligne d’arrivée à Fort-de-France en Martinique fermera le 20 novembre.

Face au défi climatique, la TRANSAT CAFÉ L’OR Le Havre Normandie a pris de nouveaux engagements pour continuer de limiter son empreinte carbone :

• Le retour à la voile est obligatoire (fin des retours en cargo – art. 24 de l’avis de course)
• La conférence de presse de présentation sera organisée au Havre, la veille de l’ouverture du village, pour éviter les déplacements des skippers et de l’organisation à Paris.
• Les opérations de relations publiques en bateaux à moteur seront limitées le jour du départ. Une expérience unique à terre sera proposée, en compagnie de marins et d’acteurs du territoire.

Ils ont dit :

Gildas Gautier, directeur général de la TRANSAT CAFÉ L’OR Le Havre Normandie
“Cette 17e Route du café trace quatre parcours atlantiques pour une course dense et engagée. Nous avons voulu qu’elle soit aussi inspirante. Notre course est un temps fort médiatique, elle doit mettre en lumière les enjeux de préservation de l’océan et du vivant. Grâce aux engagements des skippers, de la TRANSAT CAFÉ L’OR et de ses partenaires, nous souhaitons participer à l’accélération de la prise de conscience sur ces enjeux.”

Francis Le Goff, directeur de course de la TRANSAT CAFÉ L’OR Le Havre Normandie
“Nous avons décidé de garder l’idée des quatre départs pour avoir une ligne de bateaux moins grande et donc plus visible pour le public depuis la côte. Cela nous assure aussi une meilleure sécurité pour les skippers. On écarte les flottes d’environ un quart d’heure pour mettre à l’honneur chacune des classes lors de la retransmission en images. On aura ainsi toujours de l’action sur l’eau. Cela donne aussi un sens à notre volonté d’avoir 4 parcours et 4 duos vainqueurs à l’arrivée. Avec de la réussite, en 24h, on pourrait très bien avoir 3 vainqueurs (ULTIM, Ocean Fifty et IMOCA).”

Yann Chateau, directeur de course adjoint de la TRANSAT CAFÉ L’OR Le Havre Normandie
“Chaque parcours est intrinsèquement différent de celui d’une autre classe. On ne suivra pas une seule transat mais quatre courses. Le fait que ces nouveaux tracés soient plus courts que sur certaines éditions va aussi offrir une densité de bateaux plus importante et donc un combat mano à mano plus fort. Les skippers n’auront pas forcément le temps de se distancer sur un bon coup. Enfin, l’arrivée en Martinique réservera aussi son lot de surprises. Les marins arriveront éprouvés et fatigués et ils devront conjuguer avec le relief important du sud de la Martinique, à proximité du Rocher du Diamant, qui entraîne des zones sans vent.”

Vendée Globe. Eric Bellion, skipper de STAND AS ONE-Altavia de retour aux Sables

©Yves Quéré

Éric Bellion a bouclé son tour du monde hors course ce mercredi 12 février, peu après 10h00. Un mois après son escale technique aux Falklands signifiant son abandon, c’est en solitaire qu’il a franchi symboliquement la ligne et remonté le mythique chenal des Sables ce mercredi.

Eric Bellion, skipper de STAND AS ONE-Altavia : ” Etre en mer a soigné la déception”
« La première chose que cette course m’a apprise, c’est que j’étais un homme heureux. Et ça, c’est une vraie nouveauté pour moi. En 2016-2017, j’étais célibataire, avec une moto et un sac à dos. Aujourd’hui, j’ai une femme, une petite fille, un chien, une maison… et j’ai réalisé à quel point cela me rendait heureux. C’est une bénédiction, mais en même temps, ça a été compliqué à gérer au début de la course. J’ai ressenti une tristesse que je n’avais pas anticipée, une sorte de manque qui m’a accompagné pendant un moment. Mais avec le recul, cette tristesse signifiait justement que j’étais heureux. J’ai aussi énormément fait confiance à mon instinct. Il y a huit ans, j’avais mis du temps avant d’oser l’écouter. Cette fois, j’ai navigué en me fiant à lui, et j’ai compris que j’avais vraiment un bon instinct. J’ai appris tellement de choses : sur mon bateau, sur mes émotions, sur la tristesse et la déception… et surtout sur la façon de vivre avec, de les accepter tout en continuant à avancer. J’ai encore beaucoup à digérer. Le Vendée Globe, c’est l’inconnu. Chaque jour, on se retrouve dans des situations rocambolesques, dans une solitude extrême, une peur extrêm e, un inconfort extrême. Alors forcément, on en apprend plus sur soi que dans le confort de la vie quotidienne à terre. »

Vendée Globe. Violette Dorange co-skipper du voilier Initiatives-Cœur avec Sam Davies

Photos ©Vincent Curuchet /alea

Violette Dorange à peine revenue de son Vendée Globe annonce déjà la suite en devenant co-skipper du voilier Initiatives-Cœur aux côtés de Sam Davies. Disputée en binôme, cette saison offrira à Violette l’opportunité de passer un palier et de poursuivre son apprentissage auprès de son modèle depuis toujours, Sam Davies à la tête du projet depuis 2017. Avec Initiatives-Cœur, Violette rejoint un projet fidèle à ses valeurs : naviguer utile et s’engager pour les autres. Pionnier du sponsoring à mission, le bateau a déjà permis de sauver 500 enfants en soutenant l’association Mécénat Chirurgie Cardiaque.

Plus jeune skipper à prendre le départ d’un Vendée Globe, Violette Dorange a montré l’étendue de ses talents à l’occasion de la 10e édition du mythique tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance, qu’elle a bouclé à la 25e place après 90 jours en mer pour sa 1ère participation. Son courage et son talent précoce ont forcé l’admiration des observateurs.
Au-delà de ses qualités de marin, elle a su entrer dans le cœur du public dans des proportions difficilement imaginables avant le départ du Vendée Globe. Avec sa joie de vivre communicative, son naturel, sa sincérité et son enthousiasme, elle a fait souffler un vent de fraîcheur sur le tour du monde, devenant la préférée des médias et du public.

Une année d’apprentissage auprès de Sam Davies

Cette saison 2025 représente une formidable opportunité et un nouveau rêve qui se réalise pour Violette.
Initiatives-Cœur va lui offrir l’occasion de franchir un nouveau palier sur un IMOCA de dernière génération porté par des foils, bien éprouvé et fiabilisé depuis plus de 2 ans. Dans son apprentissage, elle bénéficiera de l’expérience d’une figure emblématique de la course au large au CV bien garni. En 27 années au plus haut niveau, Sam Davies a réalisé près de 40 transatlantiques et a pris part à 4 Vendée Globe. À l’occasion de sa 4ème place obtenue sur l’édition 2008-2009, elle était elle aussi entrée dans le cœur du public et des médias par son sourire, son naturel et son optimisme, 16 ans avant Violette.

Depuis toujours, Sam inspire Violette. À l’âge de 7 ans, elle était notamment allée lui faire signer son t-shirt sur les pontons du Vendée Globe 2008, des étoiles plein les yeux. Plus tard, à chaque étape de l’avancée de sa jeune carrière, Violette s’est régulièrement tournée vers son aînée pour chercher des conseils.

À l’origine de la création du Magenta Project, réseau sportif international de navigatrices professionnelles, Sam a de son côté toujours voulu accompagner et soutenir la jeune génération. À l’occasion de la Transat Café L’OR 2025, Sam endossera ce nouveau rôle au côté de Violette avec motivation.

La Transat Café L’OR comme objectif

Les deux navigatrices vont honorer quelques sollicitations médiatiques dans les jours à venir avant de s’offrir un repos bien mérité.
Leur calendrier de course n’est pas encore arrêté mais l’objectif majeur sera la Transat Café L’OR, dont elles prendront le départ le 26 octobre prochain, du Havre.

Sport et solidarité, une alliance unique

Alors que Violette soutient déjà la fondation Apprentis d’Auteuil, elle pourra donner encore plus de sens à la performance sportive avec Initiatives-Cœur. Le projet s’est construit depuis 2009 autour d’un double objectif, sportif et solidaire, devenant un pionnier du sponsoring à mission. Son soutien à Mécénat Chirurgie Cardiaque a permis de sauver 500 enfants depuis sa création, donc 106 à l’occasion du dernier Vendée Globe. Lors de chaque grande course, les sponsors mécènes du bateau (Les Chocolats du Cœur, K-LINE et VINCI Energies) reversent 1€ à Mécénat Chirurgie Cardiaque pour chaque nouvel abonné ou partage sur les comptes Facebook, Instagram ou TikTok d’Initiatives-Cœur.

Violette Dorange : “le projet dont j’ai toujours rêvé”
« Rejoindre Initiatives-Cœur, c’est pour moi un nouveau rêve qui se concrétise ! C’est le projet dont j’ai toujours rêvé tant son engagement solidaire lui donne un supplément d’âme. J’ai hâte de prendre en main ce bateau très compétitif et de soutenir cette cause essentielle. Avoir l’opportunité de naviguer avec Sam et de bénéficier de son expérience est incroyable. C’est mon idole depuis toute petite, j’ai tellement d’admiration pour elle. Quand je me suis lancée en Figaro, c’est vers elle que je me suis tournée pour avoir des conseils, idem lors de la préparation au Vendée Globe. J’ai tellement à apprendre avec elle qu’il me tarde déjà de me mettre au travail. Je suis la plus heureuse du monde. »

Sam Davies : “j’ai beaucoup d’affection et d’estime pour elle”
« Je suis vraiment très heureuse d’accueillir Violette dans la grande famille Initiatives-Cœur et d’écrire une nouvelle page du projet à ses côtés. J’ai beaucoup d’affection et d’estime pour elle. Ce qu’elle a réalisé au cours de son premier Vendée Globe est vraiment épatant. J’ai hâte de lui partager toute mon expérience et j’espère l’aider à encore progresser. Je suis sûre qu’on va réaliser de très belles choses ensemble cette année. »

Vendée Globe. Violette : “Cette arrivée, c’est comme un mariage, tout le monde est là !”

Violette a pris le temps de remercier avant de commencer la conférence de presse, presque gênée par l’accueil que le public lui a réservé.

“C’est un moment qui restera gravé dans ma mémoire, de voir toutes ces personnes qui m’ont applaudie. C’est fou de se dire que ça fait trois mois que je n’ai vu aucun visage et que, du jour au lendemain, je me retrouve face à toutes ces personnes qui m’encouragent. Ça fait énormément plaisir, merci beaucoup. Je ne m’attendais vraiment pas à autant de monde, même si on m’avait dit : “Tu vas voir, c’est une déferlante à l’arrivée.” Mais à ce point-là ! Ils viennent de loin, ça me touche énormément. J’ai versé ma larme à plusieurs moments sur le parcours, et surtout sur ce virage là-haut.

J’ai passé les deux premiers mois de course dans les mers du Sud avec le paquet de bateaux à dérives, et j’étais plutôt bien placée. Puis il y a eu ce passage au Cap Horn. Une grosse dépression allait nous bloquer complètement, c’était un véritable barrage. Je ne le sentais pas du tout, mais au final, la dépression a été moins forte que prévu. C’était un pari qui n’était peut-être pas le bon… Je suis passée trois jours après, j’ai dû attendre, et c’était super dur de devoir ralentir et de voir tout le monde partir. Finalement, j’ai eu encore plus de vent après. J’ai cassé, une voile est tombée à l’eau… Et quelque part, je me dis que si cette voile était tombée dans la première dépression, ça aurait été encore plus compliqué, car il n’y avait pas trop d’échappatoires.

Je n’ai jamais été en danger à cause de ça, mais ensuite, j’ai eu des problèmes de voile et de hook. Quand la voile est tombée à l’eau dans 35 nœuds, c’était vraiment compliqué de la récupérer. Il a fallu la ramener à bord, puis monter au mât pour la remettre en place. C’était la première fois que je faisais ça seule, en mer. Deux jours plus tard, le hook de grand-voile a lâché et elle est tombée d’un coup, en pleine nuit. Ça m’a réveillée en sursaut. Cette fois, j’ai dû monter au mât avec de la houle, et c’était très difficile. Je me suis fait un peu mal, et j’ai eu peur de me blesser. Et puis, il y a eu la colonne de winch qui a lâché…

J’ai eu peur, plein de fois, vraiment. Je ne m’en cache pas. J’ai eu peur avant d’entrer dans les mers du Sud, pendant les tempêtes, en entendant mon bateau souffrir et taper dans les vagues. J’ai eu peur en montant au mât… Mais la peur est aussi une alliée : elle me permet de rester vigilante et de faire attention. Ce qui est difficile, c’est que même avec la peur, il faut avancer. J’ai appris une chose essentielle : ça ne sert à rien de s’inquiéter avant d’avoir mal. Sinon, on souffre deux fois. Par exemple, parfois, j’entendais mon bateau fatiguer et je me demandais comment il allait tenir… Mais au final, je me disais : “Si ça lâche, je trouverai une solution.”

Ce qui me touche le plus, c’est de voir que les enfants se sont intéressés au Vendée Globe. Mon bateau s’appelle Devenir, ce n’est pas un hasard. L’idée, c’était de mettre en avant certaines valeurs : apprendre à avoir confiance en soi, se dépasser, relever des défis et se lancer dans l’aventure. Ce message est aussi porté par la Fondation Apprentis d’Auteuil, qui accompagne la jeunesse en difficulté sur de nombreux domaines, notamment l’éducation et la formation professionnelle.

Nous avons fait un vrai travail avec la Fondation Apprentis d’Auteuil. Ce message s’adresse aussi aux aînés : il faut faire confiance à la jeunesse. J’ai eu la chance d’avoir des partenaires qui ont cru en moi très jeune, certains me soutiennent depuis que j’ai 15 ans. Ce sont eux qui m’ont permis d’être ici aujourd’hui.”

Vendée Globe. Arrivée de Sébastien Marsset, 27e

Le skipper de Foussier s’octroie la 27e place au classement, après 91 jours et 35 minutes en mer. Surtout, il remporte son pari avec talent, lui qui est parti de rien voilà moins de trois ans, et a mené son projet avec un des plus petits budgets.

LES SABLES D’OLONNE, FRANCE – 09 FEVRIER 2025 : Sébastien Marsset (FRA), skipper de FOUSSIER, est photographié après avoir pris la 27e place du Vendée Globe, le 09 février 2025 aux Sables d’Olonne, France – (Photo by Jean-Marie Liot / Alea)
LES SABLES D’OLONNE, FRANCE – 09 FEVRIER 2025 : Sébastien Marsset (FRA), skipper de FOUSSIER, est photographié après avoir pris la 27e place du Vendée Globe, le 09 février 2025 aux Sables d’Olonne, France – (Photo by Jean-Marie Liot / Alea)
Est-ce que des larmes sont encore plus émouvantes quand elles sont versées par un colosse du genre de Sébastien Marsset ? Le 10 novembre dernier, quelques minutes après le départ de la dixième édition du Vendée Globe, elles donnaient en tous cas la mesure du soulagement ressenti par le marin de Foussier d’avoir réussi à s’aligner aux côtés de ses 39 concurrents, lui qui affiche l’un des budgets les plus petits de la flotte, et a mené un véritable combat pour en arriver là.

Le deuxième combat, désormais, allait se jouer sur l’eau, et effrayait beaucoup moins l’expérimenté navigateur, déjà par trois fois cap-hornier sur la Volvo Ocean Race, qu’il avait remporté en 2012 sur Groupama 4, ou sur le trophée Jules Verne à bord de Spindrift. Mais cette fois, c’est bien pour une première en solitaire que se lançait le Nantais, qui après un début de course remarquable, entre dans le Pot-au-Noir en 19e position, et en ressort… 28e ! On peut avoir de la bouteille et trinquer tout de même des facéties de Neptune !

Qu’importe, la « remontada » n’en sera que meilleure, et sur son IMOCA de 2006, le 11e de la Route du Rhum 2022 envoie du bois ! Après un passage du cap de Bonne Espérance en 27e position, le skipper de Foussier encaisse les dépressions, malgré une durite de son vérin de quille qui vole en éclats. Le 16 décembre, il franchit un cap tout aussi symbolique : ses 40 ans, célébrés dignement dans les 40e rugissants. Un accomplissement !

« Regardez-moi ça comme c’est beau »
Privé de chauffage à bord par une petite avarie, le marin se réchauffe en remettant du charbon, et profite de la pétole à l’entrée du Pacifique pour reprendre la 21e place, et la tête de son petit groupe. Il commence l’année avec une vision aussi magique que redoutée : un iceberg, sur lequel il fonçait tout droit avant que son radar ne s’alarme ! Sacrée frayeur pour le skipper de Foussier, toujours dans la tête de son groupe et premier à voir le géant de glace.

Au passage du cap Horn, c’est une nouvelle vague d’émotion en 27e position, à la lutte avec Louis Duc. « Regardez-moi ça comme c’est beau, la cordillère des Andes, la pointe sud du continent américain, derrière les canaux de Patagonie… Ouah, c’est magnifique ! Après ces jours et ces jours dans le Sud, tout seul… Ces années de préparation, d’engagement pour réussir à être ici… Yes ! », lâche le skipper avec des yeux embués.

La remontée de l’Atlantique sera une épreuve qui poussera Sébastien Marsset encore plus loin dans ses retranchements. Englué dans la pétole, il voit ses camarades plus Nord s’échapper, puis multiplie les avaries sur son bateau fatigué. Système de barre, gennaker, boîtiers de latte de grand-voile, pilote automatique et enfin moteur, n’en jetez plus ! L’IMOCA souffre, et le marin avec lui. Après un équateur franchi en 26e position, et malgré sa frustration de compétiteur, Sébastien Marsset continue de savourer. « Il faut profiter du temps restant », dit-il, bien conscient de tout le travail fourni pour en arriver à cet instant précis. En franchissant la ligne d’arrivée des Sables d’Olonne, il réalise l’exploit d’un tour du monde bouclé, mais aussi de montrer que le rêve est toujours accessible, même quand on est un petit Poucet !

Vendée Globe. Arrivée de Louic Duc, 26e

Le skipper de Fives Group – Lantana Environnement a bouclé son premier tour du monde en 26e position, à 13h10 ce dimanche, après 91 jours et 8 minutes en mer. Malgré une jolie liste d’avaries sur son IMOCA plus de première jeunesse, le marin normand aura savouré du début à la fin son tour du monde.

Déchirants, ces premiers jours de course ! Pour Louis Duc, qui rêvait de Vendée Globe depuis qu’il a l’âge d’enfiler un ciré, le quatrième jour de ce tour du monde marque déjà un tournant. Dans la descente le long du Portugal, son petit puis son grand spi se déchirent sous ses yeux, le privant d’un outil précieux qui va le brider tout au long de son tour du monde.

Mais qui connaît un tant soit peu le marin normand, 8e de la Vendée Arctique – Les Sables d’Olonne en 2022 et 14e de la Transat Café L’Or en 2023, sait qu’il n’est pas franchement du genre à renoncer. La preuve ultime, c’est cet IMOCA sur lequel il navigue, véritable rescapé ! Après son incendie en 2019, le bateau fait peine à voir, mais Louis Duc l’achète et y voit malgré tout une manière de concrétiser son rêve de tour du monde. Patiemment, il le reconstruit quasi entièrement avec sa fine équipe. Cinq ans plus tard, le voilà à franchir l’équateur en 23e position, le pied sur le champignon ! « La tête à l’envers, le bateau sur les portières ! Du coup, je décale les offrandes pour Neptune à ce soir, ce sera plus calme ! », lance-t-il le moral jovial.

« C’est frustrant mais c’est comme ça »
Forcément, il a le moral, alors qu’il prend vite la tête de son petit groupe dans l’Atlantique Sud, fort de son décalage à l’Ouest. Fin stratège, Louis ne goûte rien tant que ces mille petits réglages à faire constamment pour tirer son bateau à 100 %. Le Normand est aussi connu pour ne pas avoir froid aux yeux, et le montre dès son entrée dans l’Indien, plongeant vers le Sud, dans la baston ! Avant le cap Leeuwin, qu’il franchit en 25e position, il essuiera plus de 60 nœuds ! La nuit suivante, sa barre de liaison du safran tribord casse, ainsi que son support d’hydrogénérateur, l’obligeant à une longue mission bricolage.

Touché mais pas coulé, quatre jours plus tard, le skipper de Fives Group – Lantana Environnement, bat son record en solo sur 24h avec 469 milles avalés et revient sur les premiers de son groupe, arrêtés dans la pétole à l’entrée du Pacifique. La lutte est intense, et s’il prend un temps les commandes, ses fameux spis absents lui manquent terriblement… Un peu frustré, le compétiteur est obligé de prendre son mal en patience !

Après 48 heures dans une tempête que certains ont choisi d’éviter en ralentissant, le Normand fonce vers le cap Horn qu’il franchit en 26e position. Louis est heureux et fier, même si son pilote automatique est désormais limité au mode « compas ». Pas idéal pour la suite par petit temps, et sans pouvoir, encore une fois, avoir la toile du temps. « J’ai pris 5 jours de retard par rapport à ceux avec qui j’étais, c’est frustrant mais c’est comme ça. »

L’envie de repartir, déjà
Mais il reste tout de même quelques camarades pour « se tirer vers le haut », alors vous n’entendrez pas le skipper de Fives Group – Lantana Environnement se plaindre ! Le long des côtes brésiliennes, Louis Duc s’empare de la tête de son groupe, et remonte à la 24e place. De retour dans l’hémisphère Nord, les alizés sont violents, mais Louis, 26e, en approche des Açores et malgré une casse de sa dérive dans les derniers jours de course, continue encore et toujours de mesurer sa chance, et de la partager. « Je ne sais pas quand j’aurais l’occasion de revivre de tels moments, je ne vais pas laisser passer ça. »

Il n’aura pas non plus laissé passer d’autres concurrents, bataillant jusque dans les derniers jours de course pour finir en beauté ce tour du monde tant désiré. A l’arrivée, c’est la joie d’un « bizuth » qui réalise son rêve, et revient – déjà, mais qui s’en étonne – avec l’envie de repartir.

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