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Vendée Globe. L’incroyable remontée du chenal de Violette Dorange

Il y avait du monde aux Sables d’Olonne pour saluer l’arrivée de Violette dans le chenal. Ses premiers mots au ponton.
“Je suis sidérée par tout ce monde ! C’était incroyable. Je suis tellement heureuse d’être allée au bout de mon rêve. La course a été à la hauteur de mes attentes. J’ai traversé des tempêtes, mais j’ai aussi vécu des moments magiques, comme en apercevant l’île des États. C’est une aventure que je n’oublierai jamais.
Pendant deux mois, j’étais dans le match, à fond. Puis j’ai choisi d’attendre deux jours avant le cap Horn. Mais jusqu’au bout, je me suis donnée à 100 %. Cette course, c’était avant tout l’aventure.
Le plus dur ? La longueur de l’épreuve, l’éloignement de mes proches… mais aussi la montée au mât et les tempêtes. “

SailGP. Les bleus 6e du GP de Sydney, les Anglais s’imposent

L’équipe de Quentin Delapierre désormais équipe de France sur le SailGP termine 6e du KPMG Australia Sail Grand Prix à égalité de points avec le Canada. Ce troisième Sail Grand Prix de la saison 2025 couronne l’équipe Emirates GBR de Dylan Fletcher. Les Canadiens et les Australiens complètent le podium.

Les Français ont eu à peine une heure pour prendre en main leur nouveau F50 tout juste mis à l’eau qu’ils étaient déjà lancés dans l’arène du KPMG Australia Sail Grand Prix face aux 11 autres nations de l’élite de la voile.
Samedi, 13 à 17 nœuds ont permis aux F50 d’assurer un joli spectacle sur un parcours au cœur de la magnifique baie de Sydney, avec Shark Island au milieu du plan d’eau comme un obstacle naturel, ajoutant un peu de complexité au jeu tactique. Les tricolores qui ont commencé fort avec d’excellents départs, leur signature connue de tous au sein du championnat international de voile, se classent successivement (4-3-8-2). Au jeu du maintien de l’équilibre et de la vitesse sur les nouveaux T-foils qu’ils ne connaissaient pas il y deux jours, l’équipe de Quentin signe là aussi une belle entrée même si, au près, l’équipe était moins à l’aise.
Dimanche, lors de la seconde journée, l’équipe de France SailGP a rencontré plus de difficultés dans des conditions irrégulières et n’a pas trouvé la puissance nécessaire pour remonter la flotte et se qualifier pour la finale. Le résultat reste satisfaisant quand on sait que leur nouvelle plateforme a été livrée seulement deux jours avant.
A l’issue de ce troisième Sail Grand Prix sur quatorze au programme de cette saison 2025 de SailGP, les Français se classent à la septième place au classement général du championnat international de voile. Leur prochain objectif : briller sur le Sail Grand Prix à Los Angeles dans 1 mois (15-16 mars).

Bilan sportif et technique après ce premier Grand Prix
Quentin Delapierre pilote du F50 français : “Déjà on a navigué ! Enfin on a commencé cette saison 2025 ! On a eu une très bonne première journée, vu les conditions avec notre bateau reçu assez tardivement et peu de temps de tests. Puis, nous avons eu une seconde journée beaucoup moins bonne, on a été à la peine, on n’a pas trouvé les clés sur les départs, ni sur la vitesse, c’était beaucoup plus compliqué. Je dirais que ça reste une place de 6, ce n’est pas catastrophique. A nous de trouver les solutions pour revenir plus forts à Los Angeles.
Quant aux équipes concurrentes, je pensais que l’Australien allait être beaucoup plus solide aujourd’hui, finalement il a perdu cette finale. Le niveau général reste assez homogène même si les Anglais, c’est sûr, ont été très solides et je n’attendais pas les Canadiens sur le podium ici, mais ils ont fait un très très beau Grand Prix, bravo!”.
Bruno Dubois, Team CEO de l’équipe de France SailGP : “Notre bateau va bien. Je pense que là maintenant il est prêt pour la suite, on l’a bien ‘débuggé’ pendant le week-end. On a limité la casse quand même, on est au milieu du classement général, on n’a pas de pénalité, on n’a rien donc c’est positif. On reste au même classement où on était avant, c’est-à-dire sixième, il y a encore beaucoup de courses, ça va aller.”

Un binôme à terre performant pour ce premier Sail Grand Prix
Une partie de la performance de l’équipe pendant les courses s’est aussi jouée à terre à l’intérieur du fameux ‘coach booth’ où les coachs Philippe Mourniac et Thierry Douillard en communication permanente avec le bateau pendant les courses ont joué parfaitement leur partition tactique et stratégique pour leur premier Sail Grand Prix en binôme.
“Thierry (Douillard) et moi-même travaillons en binôme et comme il y a beaucoup, beaucoup de choses, on se répartit les sujets. Thierry a vraiment un suivi en temps réel sur tous les aspects techniques, donc réglage pour la vitesse du bateau et puis l’ensemble des manœuvres. De mon côté j’essaye d’avoir une vision plus orientée vers l’aspect régate, donc du plan d’eau et bien sûr les aspects stratégiques et tactiques par rapport aux adversaires” explique Philippe Mourniac, coach principal de l’équipe de France SailGP.
“Cela fait quelque temps qu’on a le droit de communiquer en temps réel avec les bateaux. C’est un exercice super intéressant, mais super exigeant, parce qu’il faut réussir à trouver le bon moment auquel parler à l’équipage qui est très concentré à bord avec leurs propres échanges. Donc c’est super codé. L’idée est de leur apporter aussi un point de vue de ‘drone’ pour les aider à prendre les bonnes décisions. Il faut se rendre compte que ce sont des bateaux qui vont très très vite dans un espace de jeu extrêmement restreint.” conclut Thierry Douillard.

Partage et formation : les athlètes féminines à l’honneur
Ce Sail Grand Prix marquait aussi le premier chapitre du renouvellement du partenariat entre Accor et l’équipe de France SailGP. Le groupe hôtelier français, a pu proposer ce week-end aux membres et aux fans un dispositif exceptionnel en termes d’expériences et ont également travaillé main dans la main avec l’équipe pour donner vie à une initiative autour de l’inclusion, favoriser notamment l’accès à plus de femmes dans la voile de compétition.
Accor et SailGP FRA ont reçu un groupe de navigatrices du programme SheSails* d’Australian Sailing qui a pu rencontrer et échanger avec les athlètes, visiter la base technique, s’approcher du F50 et s’initier à la technologie du simulateur Oracle F50.

  • SheSails un programme national de voile de base mis en place par Australian Sailing. Il est conçu pour promouvoir et célébrer la participation des femmes et des filles à la voile, par le biais de diverses activités organisées dans les clubs de voile du pays.

Vendée Globe. Le bel exploit de Violette Dorange, 25e du Vendée Globe

La benjamine de la course a réussi à boucler la boucle à 23 ans. Voilà une sacrée ligne de plus sur le CV déjà impressionnant de Violette Dorange, qui a bouclé ce 9 février à 11h39 son premier Vendée Globe en 25e position, après 90 jours, 22 heures et 37 minutes en mer.

La benjamine de la dixième édition du Vendée Globe, plus jeune concurrente de l’histoire à en prendre le départ, a réussi son audacieux pari. Vingt-quatre ans après la deuxième place de la légendaire Ellen MacArthur, alors âgée de 24 ans, Violette Dorange a franchi la ligne d’arrivée des Sables d’Olonne en mettant près de 4 jours de moins que son illustre prédécesseure (94j04h25m à l’époque), s’offrant en outre le luxe de batailler jusque dans les derniers jours de course avec ses concurrents directs.

Car Violette Dorange a non seulement navigué, mais elle a régaté sur ce tour du monde immense, elle qui s’enthousiasmait au large de la Namibie de n’être « jamais allée aussi loin de sa vie » ! Avec une sagesse peu coutumière des gens de son âge – même si un certain Alan Roura avait déjà, en 2016, lui aussi couru à 23 ans -, la skipper de DeVenir, 18e de The Transat CIC en 2024 et 21e de la Transat Jacques Vabre en 2023, a su alterner entre les phases de bataille féroce avec ses camarades, et les moments où lever le pied, quand elle sentait sa sécurité menacée.

A deux reprises, avant le cap de Bonne Espérance et surtout avant le cap Horn, Violette choisit, toujours avec sagesse, de lever le pied. « C’est une décision difficile, mais je préfère préserver mon bateau, pas tout aller casser et finir cette course ! » explique l’ancienne figariste alors qu’elle patiente durant trois jours au large de la pointe sud-américaine, avec les expérimentés Arnaud Boissières et Eric Bellion.

« J’ai eu trop peur »
C’est cette gestion « en bon marin » qui lui aura permis de boucler sa boucle et préserver autant que possible sa fidèle monture. Mais un Vendée Globe n’en serait pas vraiment un sans « une emmerde par jour », comme dit l’adage, et la benjamine, à ce jeu, n’a pas été épargnée par le bizutage. Les tracas commencent dans l’Indien et ses conditions toniques où Violette Dorange démonte et remonte intégralement, sept heures durant, sa colonne de winch. Puis les choses se corsent au large du cap Leeuwin, franchi en 26e position dans des conditions toniques. Dans un grain à 50 nœuds, son FR0 se déchire, et l’anneau qui maintient la bastaque casse. « J’ai cru que le mât allait se briser en deux. J’ai eu énormément de chance », dit-elle, avant de connaître plus tard une importante avarie de moteur qui la prive d’une partie de son énergie.

Sans fard, la jeune navigatrice a partagé ainsi ses angoisses et ses coups durs, surtout le 19 janvier quand, au Sud du Brésil, elle doit monter au mât pour la deuxième fois par 20 nœuds de vent et 2 mètres de houle ! « Franchement, c’était un cauchemar. J’ai cru que j’allais me faire mal. Je ne le referai plus jamais de ma vie dans un tel contexte parce que j’ai eu trop peur. »

La magie des premières fois
Mais la course, heureusement, ne se résume pas à cela ! Car tout au long de sa grande boucle, c’est bien le bonheur sincère d’être en mer qui a irradié de cette jeune femme ! Du début à la fin, avec sa voix fluette et son sourire immense, la coqueluche du public s’est enthousiasmée de son quotidien, depuis l’équateur qu’elle franchit en 21e position, au nez d’un certain Jean Le Cam dont elle navigue sur l’ancien bateau, ou plus tard dans le grand Sud, sous la neige qui tombe sur le pont de son IMOCA.

Partout, c’est la magie des premières fois, à travers le regard d’une jeune femme si heureuse d’être là. Aventurière autant que régatière, mais surtout profondément à sa place. Quand, à son âge, certains font une année de césure pour aller découvrir du pays, Violette, elle, aura opté pour 90 jours autour du monde, et en revient certainement grandie. Nul doute que ce n’est pas la dernière fois qu’on la voit dans les parages…

Vendée Globe. Arrivée du japonais Kōjirō Shiraishi, 23e

Le skipper de DMG MORI Global One termine son 2e vendée Globe à la 23e place en 90 jours, 21 heures et 34 minutes en mer. Huit ans après une première tentative soldée par un abandon, et quatre ans après sa 16e place, le marin japonais, premier Asiatique à finir le Vendée Globe, accroche la 24e place au terme d’une lutte intense.

Pour Kojiro Shiraishi, les débuts de course sont toujours une épreuve. La faute à un mal de mer tenace qui, malgré une vie à courir les océans, lui mène toujours la vie dure une fois parti en course. La dixième édition du Vendée Globe n’aura pas échappé à la règle et des avaries mineures, notamment sur le dessalinisateur puis l’hydrogénérateur, sont venues compliquer son entame de match. Qu’importe, le marin japonais n’est pas du genre à se laisser abattre et célèbre avec du saké son franchissement de l’équateur en 32e position.

Patiemment, le skipper de DMG MORI Global One rattrape son retard dans l’Atlantique Sud, s’amusant de cette bataille à katanas tirés ! Mais quelques heures après avoir franchi le cap de Bonne Espérance, pris dans la tempête, son IMOCA fait deux empannages involontaires et le marin déplore la casse de 5 lattes de sa grand-voile. Ralenti, il lui faudra deux jours pour réparer, lui qui avait le souvenir douloureux de son édition 2020 marquée par la déchirure de sa grand-voile.

Les conditions sont toujours engagées à Noël, lorsque Kojiro Shiraishi franchit symboliquement la longitude du Japon. Il serre les dents, d’autant que de fortes douleurs dues à des aphtes lui compliquent la vie. Mais le navigateur s’accroche, et remonte au classement dans le Pacifique. Au cap Horn, il est 25e, seulement 20 minutes derrière Guirec Soudée.

Derrière, l’Atlantique Sud n’a pas dit son dernier mot. Dans la tempête aux Malouines, Kojiro Shiraishi décrit « les conditions les plus dantesques » depuis le début de ce Vendée Globe ! Puis, c’est la pétole complète, et la remontée se transforme en chemin de croix, qui ne connaîtra son terme qu’après les alizés, particulièrement chahutés.

A l’approche des Açores, le natif de Kamakura, passionné du large depuis toujours, est en 24e position, à la lutte avec Violette Dorange. Jusqu’au bout, celui qui se décrit avec humour comme « un vieux monsieur vénérable » bataille avec la benjamine pour rallier les Sables d’Olonne.

A l’arrivée, il finit 24e, avec la satisfaction d’avoir mis 4 jours de moins qu’il y a quatre ans à boucler la boucle. (94 jours, 21 heures, 32 minutes et 56 secondes)

Vendée Globe. “C’était génial ! Mon prochain défi cette année, un tour du monde à l’envers en Ultim !”

Les premiers mots de Guirec Soudée sur le ponton et en conférence de presse : un nouveau défi, un tour du monde à l’envers

“C’était fou, cette remontée du chenal. Une ambiance de dingue ! J’ai passé beaucoup de temps tout seul, parfois très longtemps. D’un côté, ça me mettait moins de pression, mais dans le Grand Sud, on était souvent proches. Je suis tellement fier de mon équipe et de la résistance de mon bateau. J’ai vraiment pris cher… J’ai remporté le premier prix de la tempête ! C’est quelque chose que j’avais déjà vécu, mais il y a eu des moments où j’étais un peu flippé. Au final, on est là, et c’était une super aventure. J’ai pris du plaisir tout le temps.

Le plus compliqué, c’était dans le golfe de Gascogne, à l’arrivée. Mais quel kif de me dire que j’ai fait le tour du monde en moins de trois mois et que j’étais dans le match ! Je n’ai pas énormément d’expérience, mais ça l’a fait. J’ai même fait un petit détour par la Bretagne avant de reprendre ma route vers les Sables.

Tout est possible avec du travail et de la persévérance. J’ai eu le bon bateau, qui me permettait de faire quelques erreurs. J’ai été assez sage… Pas comme Louis, qui est un gros bourrin ! Il a tout cassé, il n’avait plus de voile à la fin. On échangeait pas mal au téléphone avec lui et d’autres skippers.

C’était la première fois que je partais aussi longtemps loin de mes enfants. Ils m’ont manqué. Mais ils m’ont aussi permis de rester prudent, en me disant qu’il fallait vraiment que je rentre.

Je ne vais pas dire que le Vendée Globe, c’est facile… Mais en repensant à mes aventures précédentes, c’était autre chose. Ce n’est pas anodin, mais j’ai trouvé ça moins dur que ma traversée de l’Atlantique à la rame.

Et maintenant ? Mon futur projet, c’est de faire le tour du monde à l’envers à la fin de l’année. Je veux acquérir un Ultim. C’est mon nouveau défi, et je suis trop content !”

SailGP. Bons retours des Français sur le circuit pour le jour 1 à Sydney

Les Français de Quentin Delapierre font leurs grands retour en SailGP à l’occasio du 3e Grand Prix de la saison : Sydney, un superbe écrin pour les 12 F50. Quatre manches étaient au programme de cette première journée. Les Américains, après avoir chaviré et endommagé leur aile lors d’un remorquage, sont absents et pénalisés de 12 points. Ce sont donc 11 bateaux qui prendront le départ dans des conditions de course idéales.

1ère manche

Les Français réalisent un excellent départ et prennent rapidement la tête. Les Italiens écopent d’une pénalité tandis que les Suisses occupent la deuxième place. À la première marque, les Français sont en tête, suivis de près par les Suisses, avec les Espagnols et les Australiens en embuscade. La lutte se joue entre ces quatre équipes. Malheureusement, les Français ne parviennent pas à exploiter pleinement le plan d’eau. Les Suisses prennent l’avantage, puis les Français cèdent du terrain face aux Espagnols et aux Australiens. Les Suisses s’imposent, suivis des Espagnols qui arrachent la deuxième place à la dernière marque devant les Australiens. Les Français terminent quatrièmes.

2e manche

Les Français prennent un bon départ en quatrième position. Les Australiens et les Britanniques se détachent rapidement en tête, livrant un duel intense. Dylan Fletcher, le skipper anglais, joue parfaitement son coup en évitant un empannage risqué sur le dernier bord, ce qui lui permet de dépasser les Australiens et de remporter la manche. Derrière, les Français, bien placés derrière les Brésiliens, gagnent du terrain et les dépassent à la quatrième marque. Ils terminent finalement troisièmes, une belle performance.

3e manche

Les Français manquent leur départ et se retrouvent en queue de flotte. Ils parviennent tout de même à dépasser les Italiens, pénalisés. Sur le dernier bord, ils gagnent encore une place à la dernière marque et terminent huitièmes, profitant notamment d’une erreur des Brésiliens qui ont enfourné devant les Espagnols. Les Néo-Zélandais connaissent aussi une mésaventure similaire en toute fin de manche. Devant, les Australiens dominent la course de bout en bout, suivis des Suisses et des Britanniques, alors que les Allemands complètent le top 4.

4e manche

Les Français réussissent un très beau départ aux côtés des Australiens. Les deux équipes vont dominer la course du début à la fin. Derrière, un beau duel oppose les Britanniques et les Canadiens, tandis que les Suisses connaissent une manche difficile et terminent derniers (8e). Les Néo-Zélandais, quant à eux, rencontrent des problèmes techniques sur leur bateau. Globalement, une bonne journée pour les Français, qui disputaient ici leurs premières courses avec les nouveaux foils en T équipant les F50 cette saison.

Les Français sont 3e à l’issue de cette première journée positive.
DAY 1 STANDINGS – KPMG AUSTRALIA SAIL GRAND PRIX | SYDNEY
1 // Australia 37 points
2 // Emirates Great Britain 32 points
3 // France 27 points
4 // Switzerland 26 points
5 // Rockwool Denmark 24 points
6 // Spain 21 points
7 // Canada 20 points
8 // Red Bull Italy 8 points
9 // New Zealand 7 points
10 // Mubadala Brazil 0 points
11 // Germany by Deutsche Bank 0 points


Vendée Globe. Violette Dorange survolé par Charlie Dalin

Violette Dorange a reçu la visite de Charlie Dalin et de son frère venus la survoler avec un avion de la Marine nationale. Une belle surprise pour Violette actuellement à 346 mn de l’arrivée.

C’est une belle image de solidarité entre marins ! Violette Dorange vit une première incroyable sur ce Vendée Globe, et ce genre de moment doit être une motivation supplémentaire pour elle. Elle est toute proche de boucler son tour du monde, et être survolée par Charlie Dalin, vainqueur de cette édition, ajoute une belle touche symbolique à son aventure. Plus que quelques milles avant l’émotion de l’arrivée !

Vendée Globe. Guirec Soudée, 23e, l’aventure XXL !

Guirec Soudée sur Freelance.com a boucléson Vendée Globe 23e à l’issue de 89 jours, 20 heures, 16 minutes en mer à résister aux galères et prendre un maximum de plaisir. Retour sur la course d’un marin forcément à part.

Il lui aura fallu moins de quatre ans pour tout apprendre. Avant, Guirec n’était jamais monté sur un IMOCA et n’avait jamais disputé la moindre course de voile. Lui qui s‘est fait connaître en traversant la planète sur un vieux bateau avec sa poule Monique s’est pourtant lancé dans l’aventure Vendée Globe avec méthode. Il a convaincu un sponsor (Freelance.com), récupéré un bateau (l’ancien de Benjamin Dutreux), constitué une équipe avec des amis qui le suivront partout et bénéficié des conseils de Sébastien Audigane, Roland Jourdain et Corentin Douguet. Surtout, Guirec a démontré rapidement un sacré talent à l’image de sa 6e place obtenue à la Vendée Arctique – Les Sables d’Olonne en 2022 malgré des conditions dantesques.

Son apprentissage express lui a donc permis de s’élancer sereinement dans la grande aventure du Vendée Globe. Au fil de sa course, Guirec n’a pas été épargné par les soucis techniques : problèmes de spi, J2 et gennaker arrachés, souci de « lazy jacks », rupture de drisse… Le marin s’est donc souvent transformé souvent en bricoleur. Il monte au mât, répare dans son cockpit et plonge même dans les eaux glacées de l’Atlantique Sud. Mais surtout, Guirec résiste à la virulence des éléments comme dans l’océan Indien où il doit faire face à des rafales dépassant les 70 nœuds. Il a su tenir bon dans les moments difficiles et a creusé son sillon jusqu’au bout, s’offrant ainsi la joie incroyable d’être devenu un « finisher » du Vendée Globe.

Vendée Globe. Jean le Cam : “Chaque tour du monde est différent !”

Jean ne fait pas semblant et raconte généreusement les beaux moments et les plus difficiles. Il évoque aussi les déceptions et les retards accumulés, suite à la rupture de l’étai de J2, voile polyvalente quasiment indispensable dans une remontée de l’Atlantique performante. En chutant de la 14è à la 20è place, Jean s’est toutefois battu jusqu’à la ligne d’arrivée la nuit dernière.

“Chaque tour du monde est différent. Cela dépend de là où tu es, à quel moment. Charlie dit que, pour lui, ça s’est passé comme une lettre à la poste. Quand tu peux garder un front chaud et aller quasiment à la même vitesse, ce que font les multicoques, tu as une mer plate tout le temps, tu ne te fais pas rattraper par le front froid et tu peux allumer grave. Vous allez aussi vite que l’événement ? Donc vous le maîtrisez. Si vous allez plus vite c’est encore mieux. Mais si l’événement vous dépasse, vous subissez. C’est le rouleau compresseur qui arrive derrière…”

“La remontée de l’Atlantique a été difficile sur le plan physique, la descente aussi d’ailleurs. J’avais près de 1000 d’avance au Cap Horn, j’étais assez content et ça finit en peau de chagrin avec une succession de barrières météo.”

“Des moments très difficiles : comme le moment où l’étai de FRO casse et que tu reviens sur les autres, la voile est à l’eau, il faut se débrouiller à la sortir de l’eau, la réparer, la renvoyer, changer le hook,… Il y a eu des moments de détresse totale.

C’est bien quand ça s’arrête aussi ! Quand tu dois monter dans le mât pour la 3è fois tu te dis, j’veux pas y aller mais il faut y aller… Tu es content quand tu es redescendu. On est parfois dans des situations extrêmes où on est obligé de faire face. Si tu ne fais pas face, tu sais que ça n’ira pas. Tu es content une fois que c’est terminé. Mais quand tu as la voile dans l’eau, ça traine, le bateau freine. A un moment la voile sort de l’eau, c’est un cerf-volant de 130 m2 qui se balade à l’arrière du bateau, la galère.”

“On revient des Açores avec 2 ris dans la Grand Voile, J3, ce n’est pas très confortable mais on a eu la chance d’avoir une nuit avec la lune, le bateau sur mer plate. C’était magique. Les bascules de vent on va les oublier… “
Le partage


Jean évoque le partage plutôt que la transmission parce que le partage se transmet dans les deux sens. Jean apprécie plus que tout le partage, notamment avec les plus jeunes, pour rester jeune lui aussi : « La fraicheur, toutes les nouveautés qu’il peut y avoir, la façon dont on aborde tous les sujets, te font vieillir un peu moins vite dans ce partage avec des plus jeunes. »

Il rend bien sûr hommage à Benjamin Ferré qui a terminé à la 16è place, et premier bateau à dérives droites. Ils ont beaucoup partagé ensemble pour préparer ce Vendée Globe : « Benjamin ? Il a mérité cette place. Dès qu’il a eu un problème dans le sud, avec peu de vent, il s’est fait rattraper par ses concurrents. Deux jours après, il reprenait l’avantage. Il a su faire ».

Et pourtant, certains choix de route de Benjamin ont paru osé tandis que Jean, l’expérimenté, était plus « conservateur » : « L’expérience n’est pas toujours un atout, l’insouciance en est parfois un. Entre les deux, mon cœur balance. »

Le partage c’est bien sûr aussi les moments partagés avec le public : « J’ai essayé de faire partager un peu de mes moments d’émotion. C’est aussi ça le Vendée Globe, ce n’est pas qu’aller plus vite que l’autre. »

L’avenir
“Pour prendre le départ de ce Vendée Globe, on a fait notre choix avant la course. A l’arrivée, on s’aperçoit qu’il y a deux catégories de bateaux, les bateaux à foils, les bateaux sans foils. Le public fait des choix comme il ne s’y retrouve pas. Il a classé les bateaux en deux catégories. »

« Les bateaux à foils ont prouvé qu’ils étaient capables d’aller vite dans des conditions musclées. Ils ont fait la preuve de leur fiabilité, Charlie Dalin a complètement éclaté le record, 10 jours de moins que le meilleur en 2016 (Armel Le Cléac’h, Banque Populaire). Il y a 4 ans, on avait mis 80 jours. Cela fait 16 jours de moins cette année. J’aimerais bien aller sur un foiler pour voir.”

“Entre la dernière génération de foilers et la génération précédente, il y a un monstre d’écart. Et ça ira crescendo si on y fait pas attention.”

” C’est la caricature du pauvre qui est plus pauvre et du riche qui est plus riche, à l’image de notre société. Dans le futur, ça va être extravagant. »

” Si je repars dans 4 ans ? On vient d’arriver, on verra bien.”
La course

En tête 6 jours après le départ
Jean prend une option radicale. Il se positionne très à l’Est de la tête de flotte et fait cap plein sud. Il ira jusqu’à se faufiler entre les îles du Cap vert et la côte sénégalaise. Il prend alors la tête de la flotte et la conservera durant 4 jours. Puis les conditions météo parfaites dont bénéficie la flotte restée à l’ouest, ne lui permettent pas de conserver le leadership.

Leader du 2è groupe
Dans la deuxième partie de cette descente de l’Atlantique, Jean mène le 2è groupe de la flotte du Vendée Globe, en 20è position, ce groupe qu’il qualifie de “petite communauté” sans toutefois “s’inviter à dîner”. Les alizés sont capricieux, avec des sautes de vent très brutales, exigeant une vigilance sans relâche et de très fréquents réglages de voiles. 
Toutefois, Jean trace une route parfaite en 19è position. 
Il franchira le Cap de Bonne Espérance le 5 décembre, en 21è position, 5 jours après le leader à 2000 milles.

« L’océan indien ? Je vous le laisse ! »
L’océan indien n’épargne rien à Jean et ses poursuivants.
Il avoue n’avoir jamais connu un océan indien aussi difficile et concentre toute son énergie pour avancer, contrôler ses poursuivants, préserver son bateau. Jean négocie le train des dépressions qui s’enchainent. Un gymkhana, le faisant remonter très nord avec de nombreux empannages, lui permet d’échapper au plus fort de ces dépressions.
« Impossible de mettre le nez dehors, on se prend les vagues en pleine figure ».
Le challenge ? Aller le plus vite possible pour rester le plus longtemps possible devant le front, au portant dans la houle. Jean conclut cet océan indien avec une journée de 501 milles à plus de 20 nœuds de moyenne.

Un Pacifique rondement mené

Dix jours après son entrée dans le Pacifique, Jean affole les compteurs. Sa distance fond comme neige au soleil sur son prédécesseur, Damien Seguin. Malgré qu’il ait réduit la voilure, il affole les compteurs et est pointé à 23 nœuds. En faisant moins de milles que ses poursuivants et prédecesseurs, il dessine une très belle trajectoire. Il va jusqu’à devancer Benjamin Ferré de près de 1000 milles. 
Il quitte le Pacifiqu e et franchit le Cap Horn, après 14 jours et 21 heures, à peine plus de 15 heures de plus que le premier, Yohann Richomme (Arkea – Paprec).

Les déceptions de l’Atlantique

Survolé par un avion taxi de l’archipel piloté par Marilou, Jean conservera un souvenir indélébile de son franchissement des Falklands. Dans la remontée vers l’équateur, Jean bataille avec une série de passages anticyclones. Il parvient toutefois à s’échapper et à créer de la distance avec ses concurrents alors qu’il est en 14è position. Le 14 janvier, il est décalé sur une route Est mais n’oublie pas de féliciter le vainqueur « Charlie a fait une démonstration incroyable et a amélioré le temps de référence de plus de 9 jours. Chapeau Charlie ! » C’est pourtant l’avarie : l’étai de J2 se rompt. Il passe 48 heures à mener une réparation fastidieuse pour sécuriser le mât avec, à la clé, deux incroyables ascensions en tête de mât. Il a voue avoir vécu l’enfer, chute de la 15è à la 22è place et est privé de cette voile polyvalente quasiment indispensable, le J2. Dans des allures portantes, sous spi asymétrique avant les Açores, Jean est parvenu à réduire son écart sur ses prédécesseurs, passant ainsi de 458 à 97 milles de retard sur Benjamin Ferré. 
Il monte une nouvelle fois dans le mât de son Imoca pour réparer un hook de la voile appelée FRO après qu’elle soit tombée sur le pont. 
Mais, handicapé par une voilure réduite, il ne parvient pas à rattraper son retard. Il compte sur un golfe de Gascogne très calme pour jouer de jolis coups tactiques mais les conditions météo ne lui auront finalement pas offert cette opportunité.

Vendée Globe. Arrivées d’Isabelle Joschke 19e, Jean Le Cam, Conrad Colman et Giancarlo Pedote

À 00h28 ce 4 février, Isabelle Joschke a franchi la ligne d’arrivée en 19e position du Vendée Globe, après 85 jours, 11 heures et 26 minutes de course. A 4h53, c’était au tour de Jean le Cam en 20e position. A 5h06 de Conrad Colman.

Quatre ans après une première participation qui s’était terminée hors-course, la navigatrice de MACSF a pu cette fois aller au bout de son histoire. Pas épargnée par les problèmes, et notamment par une casse nette de son foil tribord dans le Pacifique, la Franco-Allemande a réussi à surmonter une par une toutes les épreuves, et surtout à se surpasser en conservant l’état d’esprit positif et combatif qu’elle visait.

A 65 ans, Jean Le Cam, le skipper de Tout Commence en Finistère – Armor-lux achève un nouveau Vendée Globe, le sixième consécutif dont il prenait le départ, inscrivant définitivement, s’il en était encore besoin, son nom dans la grande histoire de la course au large. Si cette édition n’aura certes pas été aussi flamboyante en termes de résultat que ses Vendée Globe précédents (2e, abandon, 5e, 6e et 4e), le roi Jean n’a pas manqué d’animer la course avec son bateau neuf à dérives droites, ne ratant aucune opportunité de faire un coup d’éclat et ne s’épargnant pas avec pas moins de trois montées au mât… Il prouve surtout, encore une fois, que le roi restera toujours le roi.

Après 85 jours, 16 heures et 04 minutes en mer, Conrad Colman a franchi le 4 février la ligne d’arrivée de la dixième édition du Vendée Globe. Le skipper de MS Amlin arrache la 21e place au classement, au terme d’une course de tous les instants. Pour sa deuxième participation, et huit ans après avoir fini sous gréement de fortune après un démâtage à 700 milles de l’arrivée, le « Crazy Kiwi » a de quoi être satisfait. Dans le match jusqu’aux derniers jours de course, jamais avare d’options engagées, le Néo-Zélandais aura également réussi à réitérer l’exploit d’achever son tour du monde sans avoir recours à l’énergie fossile !

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