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Entretien avec Vincent Riou

@ Eloi Stichelbault/PRB

A la veille du départ, Vincent Riou reste encore détendu et commence à se mettre dans sa bulle. Les conditions météos plutôt clémentes pour le départ aident à se préparer tranquillement. Le skipper de PRB qui a déjà inscrit son nom au palmarès du tour du monde est apparu serein et pragmatique.

Tu as l’air assez détendu avant le départ…
La météo qui s’annonce nous rend plutôt zen. Ça veut dire aussi que 8 jours après le départ la flotte risque d’être toujours au complet. C’est plutôt bon signe pour ce Vendée Globe qui trancherait avec les précédentes éditions et des épisodes douloureux. On sait que l’on va partir avec un vent du nord, un flux bien établi jusqu’à l’anticyclone des Açores. Après ce qui se passe, on ne sait pas trop. La première partie de la course devrait être assez rapide. Nous allons mettre 24 heures à passer le Cap Finisterre et puis après nous devrions avoir une descente de l’Atlantique assez rapide sans trop de manœuvres. Les conditions ne vont pas être difficiles mais elles vont être rapides donc cela va nous amener beaucoup de stress. Techniquement, il va falloir être vigilant mais c’est une perspective plutôt sympathique comme début de course.

Face aux foilers, vas-tu prendre plus de risques en terme de stratégie ?
Je ne pense pas. On va faire des routes proches des meilleures routes. Je ne vois personne prendre des positions très tranchée. On sait qu’il faut faire des moyennes et prendre une route pas trop longue.

Tu pars pour gagner en tout cas…
On va essayer. J’ai hâte d’être dans 15 jours pour voir où on en est. Qui va être sorti du chapeau, qui ne sera pas au rendez-vous. Le Vendée c’est ça. On connaît le taux d’abandon. Le risque est sur les favoris mais aussi derrière. Dans la flotte, il y a des bateaux à risques et des skippers avec aussi moins d’expérience.

On a l’impression que vous partez comme une bande de copains…
On est beaucoup dans les leaders à être de la même génération. On se connaît très bien. J’ai commencé avec eux en Figaro. On était bizuth avec Yann et Jérémie, ensuite Sébastien et Armel sont arrivés les années suivantes. Maintenant c’est plus compétitif que cela ne l’était en 2004. On va voir. Il y a une belle flotte.

Ce n’est pas trop dur de laisser ses proches…
Ma famille n’a connu que ça. Ce ne serait presque pas normal si je restais à la maison un jour de départ du Vendée Globe. Ma normalité c’est ça. Ils me disent souvent, on crame à chaque fois une semaine de vacances pour aller au départ de tes courses. Toute les vacances de la Toussait depuis qu’ils sont nés c’est St Malo, Le Havre, les Sables. Ils connaissent cela par cœur. C’est comme tous les ans à la même époque.

Michel Desjoyaux te voit bien gagner, tu pourrais le rejoindre comme double vainqueur du Vendée, cela compte pour toi…
J’ai de très bonnes relations avec Michel. J’ai passé beaucoup de temps avec lui et son frère avec qui j’ai beaucoup appris. Maintenant on a tourné la page. On se voit régulièrement. Si je reviens sur le Vendée, c’est que cela me fait plaisir. Un plaisir global qui consiste à mener à bien un projet, naviguer sur ces bateaux-là. On a de la chance d’avoir ces machines, de les mettre au point et après de faire le Vendée Globe. Si on prend que le Vendée, on peut se dire aussi qu’il y a beaucoup de jours de galère pour peu de jours de plaisir. Mais il y en a. C’est tout de même une course assez exceptionnelle et quand on a la chance comme moi de pouvoir le faire dans de bonnes conditions, il faut se dire mais pourquoi tu n’y vas pas. La chance elle ne se retrouve pas souvent dans une vie. Les moments galères c’est des moments qu’il faut accepter de supporter pour avoir tout le reste. C’est un package.

Tu t’es parfois demandé ce que tu faisais là sur un Vendée…
Un Vendée, c’est engagé. Ce n’est pas une course que tout le monde peut faire. On ne va pas se mentir, le plaisir n’est pas toujours là. On ressent régulièrement un ras-le-bol, c’est dur. Il n’y a pas que moi qui ressent cela. Tous. Mais ce sont des moments qui ne durent pas longtemps heureusement. Au final rien n’est gratuit, il y a forcément des contreparties au plaisir d’être sur cette course. Il faut les accepter.

Que penses-tu du plateau de cette édition ?
Le match reste très ouvert cette année. 10 bateaux peuvent prétendre être sur le podium. D’un côté, il y a les compétiteurs et de l’autre ceux qui vont raconter une histoire. Cette année, la proportion de compétiteurs est moins importante. C’est 1/3, 2/3. Il faut faire attention pour les prochaines éditions aux proportions. 50/50 ça serait mieux. Le Vendée Globe doit rester une compétition extrême. C’est une course tellement complexe que même les potentiels vainqueurs disent que leur premier objectif est de terminer.

Penses-tu que le record de ce tour du monde puisse être battu ?
Oui, on peut dépasser le record de François Gabart sur ce Vendée Globe. Si on descend l’Atlantique aussi vite qu’on le pense, on gagne déjà une journée. Tout dépendra des conditions mais aussi de l’état d’esprit. Si on arrive à être lucide pour réfléchir, on sollicite moins le bonhomme et ça se passe mieux. Il faut avoir du sang-froid au bon moment. Le Vendée Globe se gagne dans la tête.

Peux-tu nous expliquer en quoi la zone d’exclusion des glaces risque-t-elle de compliquer votre approche ?
Cela risque d’être plus compliqué car si nous ne sommes pas en phase avec le passage des dépressions et des fronts, on va se retrouver à manœuvrer plus que ce que nous avons fait dans le passé. Avant, grosso modo on manœuvrait au passage des dorsales et des fronts mais on arrivait toujours à taper une porte vu qu’elles étaient très grandes. Maintenant la route est franchement plus courte en bas. Quand on fait des simulations, il y a des fois où on se retrouve bloqué le long de la zone. La route la plus rapide, c’est de rester le long de cette zone et de faire des empannages. Mais enchaîner ces empannages dans certaines conditions de vent ou derrière un front peut-être compliqué et risqué car ça oblige à multiplier les manœuvres. Et quand nous ne faisons pas cela, on se retrouve à faire des bords tellement loin de la route que la perte est trop importante. Ce ne sera pas facile dans ces conditions de se reposer et de rester zen. Ça va être très technique car il va falloir avoir la capacité à bien manœuvrer même dans des conditions difficiles sans casser le matériel. C’est un petit jeu auquel nous n’avons jamais joué donc ce sera la découverte. Les portes étaient probablement plus faciles à gérer que cette zone d’exclusion. Mais quoi qu’il en soit, il n’est pas question que nous retournions dans les glaces. Nous sommes trois skippers de ce plateau à avoir connu ça. Personne n’a envie d’y retourner. Moi j’ai quand même navigué pendant 12h et Jean pendant 3 jours au milieu d’un champ de mines. Sébastien a fini échoué sur un growler … Ce ne sont pas nos meilleurs souvenirs de Vendée Globe.

Si tu n’avais pas PRB, quel bateau de la flotte voudrais-tu ?
Mon bateau idéal ce serait un mix d’Hugo Boss et de Gitana : la coque d’Hugo Boss et les foils de Gitana.

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Briefing météo et analyse des forces en présence.

Celui qui gagne sur un foiler sera un surhomme comme le dit Yann Eliès. Analyse des forces en présence et briefing météo qui s’nnonce clémente pour la première semaine de course.

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Les concurrents du Vendée Globe vus par Jean-Pierre Dick

@ Y.Zedda/StMichel-Virbac

JP Dick : « Il y a du très haut niveau sur cette édition du Vendée Globe avec des concurrents très sérieux associés à des bateaux très performants. On va se retrouver sur l’eau. Le plus fort et le plus tenace l’emportera… »

Jérémie Beyou: « Jérémie est un skipper avec une très bonne forme physique et beaucoup d’intensité dans sa navigation ».
Vincent Riou : « Vincent est un meneur de projet incroyable et polyvalent, qui a acquis en 15 ans d’Imoca énormément de compétences. »
Conrad Colman: « Le nom du bateau représente bien Conrad : il y a tellement d’énergie et d’ondes positives dans ce projet 100% kiwi ! »
Armel Le Cléac’h: « Armel a une grosse expérience en tant que coureur et il est très professionnel dans son approche de la course. »
Sébastien Josse: « Sébastien c’est le « petit gars qui va bien » avec une admirable capacité à générer des projets très aboutis »
Alex Thomson: « La fougue d’Alex se transforme en expérience et cela fait du gentleman sailor un adversaire redoutable ! »
Yann Elies: « Yann, c’est le skipper avec un talent à l’état pur ! »

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Code orange pour Thomas

16_18526 ©Th.Martinez/Sea&Co/SODEBO. . LA TRINITE SUR MER - NEW YORK- FRANCE. 12 Juin 2016. Arrivée à La Trinité sur Mer (FRA) de Thomas Coville (FRA) à bord de "SODEBO ULTIM" aprés avoir battu le record de distance sur 24h en solitaire.

Comme prévu, SODEBO ULTIM’ est arrivé la nuit dernière dans le Port du Château à Brest afin d’être proche de la ligne du départ du record du tour du monde en solitaire. Pour mémoire, cette ligne de départ fictive est située entre l’ile d’Ouessant et le Cap Lizard au sud de l’Angleterre.

Depuis quelques jours, la cellule routage de SODEBO ULTIM’ observe attentivement les conditions météorologiques sur tout l’Océan Atlantique du nord au sud. Hier mercredi 2 novembre, Jean-Luc Nélias confirmait qu’un départ était envisageable dans les prochains jours avec une situation météo qui évoluait dans le bon sens. Une impression qui s’est confirmée ce matin jeudi 3 novembre après la réception des nouveaux fichiers météo.
Toute l’équipe de Sodebo annonce son passage en code orange dès aujourd’hui.

Cette décision implique un départ possible dans les 48 heures.
Dans l’immédiat, les meilleurs routages ouvrent un créneau de départ entre samedi et dimanche.Cette fenêtre météo présente un énorme intérêt pour le skipper qui rappelons-le part en solitaire : la descente semble à ce jour rectiligne et rapide jusqu’à l’équateur avec une trajectoire idéale qui se poursuivrait dans l’Atlantique sud.

« Il y a déjà presque 20 ans, nous avons fait un choix, celui de soutenir la voile de compétition à travers deux aventures. Nous accompagnons depuis 1998 Thomas Coville qui est l’un des plus grands spécialistes du multicoque mais également le Vendée Globe, sans doute la plus belle des courses de voile actuelles en solitaire autour du monde » confiait ce matin Patricia Brochard qui co-préside l’entreprise familiale aux côtés de ses deux sœurs accompagnés de deux de leurs maris. Depuis 1998, la direction de SODEBO partage avec tous les collaborateurs de l’entreprise ce choix de soutenir les marins engagés dans les plus grandes aventures de la course au large.
Pour Patricia Brochard, la fenêtre météorologique qui se présente ce week-end pour Thomas Coville est à saisir sans se poser de questions. « La nature nous offre là une opportunité magnifique de retrouver en mer et ensemble tous les grands aventuriers des tours du monde à la voile. Cette fenêtre est une occasion unique pour Thomas qui rêve de ce record du tour du monde en solitaire. Qui pouvait écrire et imaginer ce scénario avec la toute première fenêtre météo de l’année qui s’ouvre ce week-end, un week-end qui est aussi celui du départ du Vendée Globe ! » poursuit Patricia.

«Notre partenariat avec le Vendée Globe dont le départ sera donné dimanche conforte notre engagement dans la voile de compétition de haut niveau. Nous sommes très fiers d’accompagner ces deux aventures autour du monde, l’une en mode course, l’autre en mode record. Au nom de toute l’entreprise, nous souhaitons bonne chance à tous les marins du Vendée Globe, à Francis Joyon et son équipage qui sont également dans les starting blocks à Brest en piste pour tenter de battre le record autour du monde en équipage (Trophée Jules Verne). Et bien sûr, nous avons une pensée toute particulière pour notre skipper Thomas Coville qui portera nos couleurs autour du monde ».

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Damien Grimont, c’est un choc que Spindrift ne participe pas à The Bridge

@ Thierry Martinez

Spindrift a annoncé hier sa non-participation à The Bridge. Damien Grimont, organisateur du projet, réagit au retrait de Spindrift.

Comment avez-vous appris le retrait de Spindrift de votre course The Bridge ?
Je l’ai appris par leur communiqué mais ils m’ont appelé par la suite. On est fortement déçu. Je le regrette d’autant plus que c’est un bateau symbole pour l’évènement dont l’équipe avait manifesté un grand enthousiasme à son lancement. C’est une super équipe, ils ont été plus que moteur pour l’évènement. Leur retrait brutal est un petit choc pour nous. Je le regrette vraiment surtout quand l’évènement met en avant des valeurs de fraternité. C’est un pilier pour nous qui s’est écroulé mais on espère le reconstruire. Ce projet The Bridge, c’est le projet des impossibles, donc je ne désespère pas.

Que s’est-il passé ?
C’est la classe Ultim qui a fixé les règles de course. Elle voulait de l’équité entre les bateaux et a décidé de limiter le nombre d’équipiers à bord à 6. Une règle que Spindrift a refusé. C’est la seule raison de son retrait de The Bridge. C’est regrettable par rapport à la dimension de l’évènement. C’est une aventure taillée pour eux.

Ce n’est pas vous qui avez fixé les règles ?
Dans The Bridge, c’est deux courses l’une dans l’autre. Il y a le duel avec le Queen Mary 2 qui ouvre la création d’un temps de référence Est et Ouest qui n‘existe pas et une autre course, celle entre Ultim. La Class Ultim m’a fait confiance dès le début du projet. En tant qu’organisateur je ne peux rien faire, parce que je me suis engagé auprès de la Class Ultim pour respecter leur cahier des charges même si je déplore ce choix. Cela aurait été tout à fait possible de créer une catégorie spéciale pour Spindrift. Cela aurait été peut-être la bonne solution. Je suis très déçu mais je ne désespère pas qu’une solution soit trouvée.

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Spindrift ne participera pas à The Bridge

© Eloi Stichelbaut / Spindrift racing

Après avoir annoncé qu’ils ne partiraient pas cette année à l’assaut du Jules Verne, l’écurie Spindrift racing a annoncé son programme sportif pour 2017. Et surprise, le bateau ne participera pas à The Bridge.

Alors que l’équipe fêtera ses 5 ans, Dona Bertarelli et de Yann Guichard courront sur plusieurs coques, à bord des bateaux de course aux couleurs de l’écurie Spindrift racing basée en Bretagne. Le Maxi Trimaran Spindrift 2 et le M32 seront au centre de cette saison sportive avec au programme une nouvelle participation à des circuits mondiaux : « Il s’agit d’un programme ambitieux, mais nous sommes prêts à en découdre. Nous avons navigué ces cinq dernières années en multicoques sur différents supports en nous appuyant sur une équipe solide que ce soit en mer ou à terre. Nous allons cette année encore continuer à régater contre les meilleurs marins internationaux », commente Yann Guichard.

Pour la seconde année consécutive, Yann Guichard va donc participer au circuit mondial de match racing, le Word Match Racing Tour, avec d’ores et déjà en ligne de mire la grande finale du championnat du monde en juillet. Les noirs et or vont pouvoir affronter une fois de plus l’élite de coureurs mondiaux lors de 5 grands rendez-vous. « Nous étions novices car nous découvrions cette discipline l’an dernier et je suis content du résultat obtenu à l’issu de cette première participation. Cette année nous allons mettre en pratique ce que nous avons appris et tenter de maîtriser aux mieux les exigences de cette discipline qu’est le match racing afin de tenter d’accrocher le podium sur chaque événement », ajoute Yann Guichard.

Suite au succès rencontré lors du championnat lémanique des D35 en 2016 avec une double victoire du circuit et du Bol d’Or Mirabaud, Ladycat powered by Spindrift racing sera présente en 2017 pour défendre son titre. La tâche restera difficile face à une concurrence toujours plus forte.

Enfin, le bateau amiral de Spindrift racing, le Maxi Trimaran Spindrift 2, sera lui aussi au cœur de la saison avec une nouvelle tentative de record du Trophée Jules Verne pendant l’hiver 2017-2018. « Avant ce grand rendez-vous, nous avions à l’origine prévu de courir THE BRIDGE, course transatlantique entre Saint-Nazaire et New-York. Malheureusement l’avis de course (pre notice of race) sorti récemment restreint le nombre d’équipiers à bord à 6 dans la catégorie Ultime ouverte à tous les grands multicoques, nous empêchant ainsi de participer avec Spindrift 2, un bateau optimisé pour 12 à 14 personnes en vue de la prochaine tentative de Trophée Jules Verne. Dans cette configuration, en équipage réduit, hormis les questions de sécurité qui se posent, il y a celle de la performance. Nous ne pourrons pas exploiter tout le potentiel sportif de Spindrift 2 pour tenter de battre le Queen Mary II. Ainsi cette année nous ne ferons pas de Transatlantique mais des records européens (comme le Tour des Iles Britanniques, record de la Manche, Tour de l’Irlande etc.) dans le cadre de notre campagne d’entraînement au Trophée Jules Verne », conclut Yann Guichard.

Spindrift racing va également poursuivre son programme Spindrift for Schools, avec en prévision le lancement en janvier 2017 d’une nouvelle série de modules pédagogiques à destination de plus de 500 écoles impliquées et intégrées au programme.

Programme du maxi-trimaran Spindrift 2 :
Mars : remise à l’eau de Spindrift 2.
Avril-mai : entraînements à bord de Spindrift 2.
Mai-juin-juillet-septembre-octobre : tentatives de records en Europe et entraînements à bord de Spindrift 2.
Août : Chantier de Spindrift 2.
Début novembre : Stand by Trophée Jules Verne.

 

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Éric Bellion vivre le truc à fond

@ Vincent Curutchet / DPPI / Vendee Globe

Dans moins de 48h00 COMMEUNSEULHOMME quittera le ponton pour remonter le chenal des Sables, précédé par Spirit of Hungary et suivi par Spirit of Yukoh. C’est le moment tant attendu de ce Vendée Globe, celui de larguer les amarres, mais ces quelques heures avant de prendre le large sont loin d’être anodines. « Le départ m’inquiète plus que les mers du sud » souligne Éric. Il faut dire que c’est la première fois qu’il s’élance sur une course en solitaire. La prudence et la concentration sont donc à l’ordre du jour et c’est aussi pour trouver ses marques que l’équipe est sortie en mer mercredi dernier. « L’objectif est de faire baisser le stress » expliquait le skipper même si pour l’heure, le stress semble lui glisser dessus sans trouver prise. « Ça reste du bateau à voile » relativise t’il. Interview.

 

Où en es-tu de ta préparation ?
Depuis qu’on est arrivé, le bateau est en chantier. Il y avait plein de choses à traiter mais ça s’affine. On est maintenant sur de petites choses. Il y a à bord mes lunettes, mes casquettes, ça va être ma maison pendant trois mois. Alizée a déposé toutes les petites affaires qui vont faire ma vie de tous les jours et les gars sont dans le détail. Je ne suis pas tellement à bord mais l’équipe est là pour ça. Elle termine son marathon alors que moi, je commence à me reposer. Ce moment de village comble mes attentes. Ça fait rêver les gens, je m’imagine tellement à leur place.

Comment se déroulent tes journées ?
Je fais la météo, je réponds aux médias et je me prépare. Je regarde les premières heures de course et le dégolfage (la sortie du Golfe de Gascogne, ndr). Ça influence beaucoup mon état d’esprit. On va avoir du vent fort mais, à bord de nos bateaux, ce sont des conditions maniables. On va partir tout schuss vers le sud et on sera vite sous la latitude de Lisbonne. C’est à partir de ce moment que ça devient plus sécurisant.

Quelle est l’ambiance avec les autres marins ?
Il y a une ambiance sympa avec certains skippers. J’ai diné avec Rich Wilson et Alan Roura, ce sont des gens dont je me sens proche. Je suis un peu nostalgique de l’époque Auguin et Autissier qui partaient sur une énorme aventure. Aujourd’hui, c’est une compétition et on n’est moins invités sur les bateaux les uns des autres. Je voudrais tous les voir, ils sont tellement différents.

Tu as eu Isabelle Autissier au téléphone ?
Isabelle Autissier m’a dit que j’allais faire un premier mille, puis un deuxième et un jour, je me réveillerais et j’en aurais fait 23 000. Elle m’a dit qu’il ne fallait pas que je m’en fasse une montagne. Ça reste du bateau à voile et je ne veux pas trop le prendre au sérieux. Je ne ferais sans doute pas d’autre Vendée Gobe donc je dois prendre du plaisir. Je veux tout savourer en me disant que c’est la dernière fois. Si je dois m’arrêter et demander de l’assistance, je veux tout de même aller au bout, même hors course.

Isa me dit de raconter l’histoire, ce que je ressens, y compris mes faiblesses. Mener ce bateau, c’est un truc de fou. Tout est une question de rythme, je veux y aller à ma façon. Je veux me libérer de ce que pensent les autres. C’est facile de vouloir impressionner les gens du milieu. Avec la fatigue, ce sont les coups de folie que je peux avoir. Je sais faire avancer le bateau vite mais pas forcément longtemps. Je ne veux pas naviguer en étant angoissé.

Qu’est-ce qui compte le plus à tes yeux, la compétition ou l’aventure ?
J’ai tout fait dans le respect de la compétition. Je me suis fait entourer par Mer Agitée, on a tout fait pour la compétition. Je veux vivre le truc à fond mais la première raison de mon départ n’est pas la compétition. Je veux tirer le maximum du bateau. Le bateau est fort mais c’est moi le maillon faible. C’est moi le handicap !

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VPLP à l’origine d’une rupture achitecturale

Avec 12 bateaux sur les 29 qui prennent le départ, dimanche 6 novembre, du Vendée Globe, VPLP design est le cabinet d’architecte le plus représenté dans la flotte de cette 8e édition – à égalité avec team Verdier, bien sûr ! Retour sur une saga architecturale hors du commun avec Vincent Lauriot-Prévost.

Comment en vient-on, quand on est un cabinet spécialisé dans les multicoques, à dessiner des monocoques pour le Vendée Globe ?
Vincent Lauriot-Prévost : c’est un processus qui part d’un constat pragmatique. A la moitié des années 2000, on voit bien, après Groupama 2 et avec le déclin de l’Orma, que c’est la fin d’un cycle et on décide de se recentrer vers l’Imoca. Nous étions en contact avec Guillaume Verdier, que nous avions eu en stage et qui travaillait sur l’Hydraplanneur d’Yves Parlier après être passé par Finot-Conq, la référence en monocoque à l’époque. On se disait qu’on dessinerait bien un Imoca, mais ni lui, ni nous, n’avions assez de crédibilité séparément.
Et pourtant, en 2006, vous décrochez ensemble la commande de Safran…
Vincent Lauriot-Prévost : nous avions réfléchi à un projet d’Ultime pour Florence Arthaud, proposé à Safran. Puis, quand Safran a choisi l’Imoca, nous avons travaillé sur le dossier de Marc Guillemot, qui était candidat au poste de skipper. Quand il a été retenu par Safran, nous avons embarqué avec lui. Et le sponsor n’était pas contre être à l’origine d’une rupture architecturale.
Quelle a été cette rupture architecturale ?
Vincent Lauriot-Prévost : jusque-là, on faisait des bateaux lourds ET puissants ; nous, nous pensions que, comme en multicoque, on pouvait faire des monocoques puissants MAIS légers. Nous avons donc mené une chasse au poids drastique. Quant à la puissance, nous l’avons obtenue par des plans de forme plus carrés, avec des bouchains très marqués, tout le long de la carène. En même temps, on a reculé les gréements, avec des bômes plus courtes et des pentes d’étai plus importantes, qui permettaient de sortir les étraves de l’eau. On a beaucoup travaillé le tilt de la quille (son angle d’attaque) en l’augmentant fortement, on a développé des dérives courbes pour favoriser l’allégement dynamique, on a simplifié les efforts. Tout cela a donné, dès la première génération d’Imoca, des bateaux au comportement plus nerveux, plus véloce, plus facile. Nos premiers Imoca pesaient 1 à 1,5 tonnes de moins que la concurrence !
Les foils représentent-ils une nouvelle rupture architecturale ?
Vincent Lauriot-Prévost : avant, quand on allégeait le bateau, on perdait du couple de redressement – et on l’acceptait. Aujourd’hui, on est capable, grâce aux foils, d’alléger un bateau sans perdre du couple, c’est la principale évolution de cette décennie, oui ! Et le tilt de quille, lui, est passé de 2 à 7 degrés, entraînant plus de lift et de portance dynamique. A 22-25 noeuds, un Imoca à foils divise presque par deux son déplacement, sans perte de puissance…
Le problème, c’est que les foils sont plus gênants qu’efficaces dans le petit temps et au près...
Vincent Lauriot-Prévost : les premières versions des foils n’étaient pas abouties, c’est vrai. Mais les V2 ont gommé une bonne partie des imperfections. Nous avions conçu des shafts asymétriques pour générer de la force verticale, mais à la gite, nous nous sommes aperçus qu’ils fonctionnaient à l’envers : en fait, c’est le coude entre le tip et le shaft qui délivre la force verticale. Nous avons donc dessiné des shafts symétriques, les plus neutres possible, et les V2 ont beaucoup gagné en stabilité.
Comment s’annonce la prochaine génération d’Imoca ?
Vincent Lauriot-Prévost : sauf en cas de Bérézina, la jauge ne devrait pas radicalement évoluer. Nous avons suggéré de réfléchir à l’équité entre anciens et nouveaux bateaux, les premiers étant très favorisés par l’actuelle jauge : ils peuvent garder leurs mâts et le renforcer, alors que les nouveaux Imoca sont clairement limités par leur mâts monotypes. Côté design, nous allons réfléchir à une évolution des formes de coques, qui pourraient, par exemple, être plus étroites ; il ne faut pas oublier que toutes les équipes nous avaient demandé des carènes prévues pour revenir aux dérives, au cas où les foils ne fonctionneraient pas ! Mais, pour l’instant, personne ne nous l’a demandé…

VERDIER + VPLP = DUO GAGNANT : “Avec Guillaume, nous partageons une vision globale et des convictions communes, tout en ayant des façons de résoudre les problèmes très différentes. Au début, chacun avait son domaine de compétence – carènes et structures pour lui ; le reste pour nous. Puis, au fil du temps, nos deux équipes ont travaillé sur l’ensemble des projets, avec une prédilection pour les structures, qui restent sa spécialité. C’est une association assez vertueuse qui donne des résultats, je crois ! Ce qui ne nous empêche pas de mener aussi des projets en solo, le Figaro 3, par exemple, pour nous, ou les Class40 pour lui.”

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Arnaud Boissière troisième Vendée Globe

Aerial image bank of the IMOCA boat "LA MIE CALINE", skipper Arnaud Boissieres, in La Rochelle, on august 09, 2016 - Photo Olivier Blanchet / La Mie Caline

Arnaud Boissière peut battre un record sur le Vendée Globe. Celui du nombre de Vendée Globe terminé… comme Armel Le Cleac’h. Un défi à sa mesure sur une course où il ne compte pas jouer les figurants.

Les derniers fichiers semblent s’accorder pour prédire une météo clémente pour l’entame de ce 8ème Vendée Globe. Du portant faible à medium, quoi de mieux pour démarrer sereinement une course de fond que personne ne veut voir hypothéquée sur l’autel d’une dépression, comme celle qui avait décimé la flotte en 2008 ? «Je suis surtout content pour mon entourage, les sponsors, les proches, ça crée un climat un peu plus léger même s’il y a toujours du stress. Et puis si ça peut préserver la flotte le plus longtemps possible, tant mieux…» nous déclarait Arnaud.

Génération 2008
Si l’on y regarde d’un peu près, cette flotte de 29 bateaux peut se classer en trois catégories. Il y a d’un côté six à sept couples skippers/bateaux qui ont sur le papier les atouts pour l’emporter. A l’opposé, une dizaine de concurrents part d’abord pour terminer sans pouvoir afficher d’ambition sportive pour cause de bateau trop ancien et/ou d’expérience trop maigre. Au milieu, une meute de douze concurrents a la particularité de s’élancer sur des plans de même génération, construits pour le Vendée Globe 2008. Une course dans la course où Arnaud aura fort à faire sur La Mie Câline. Il devra se bagarrer avec par ordre alphabétique, Fabrice Amédéo (Newrest-Matmut), Eric Bellion (Comme un seul homme), Bertrand de Broc (MACSF), Louis Burton (Bureau Vallée), Yann Eliès (Queguiner-Leucémie Espoir), Tanguy de Lamotte (Inititatives Cœur), Jean Le Cam (Finistère Mer Vent), Stéphane Le Diraison (Compagnie du lit), Enda O’Coineen (Kilcullen Voyager-Team Ireland), Thomas Ruyant (Le Souffle du Nord) et enfin Kojiro Shiraishi (Spirit of Yukoh)

« Dans le lot, Yann Eliès et Thomas Ruyant sont sans doute un cran au-dessus. Avec Jean Le Cam, ce seront sans doute les éclaireurs. Après tout le monde peut bien faire, y compris des skippers nouveaux sur le circuit comme Fabrice Amédéo par exemple. C’est très ouvert et on risque de naviguer à vue un bon petit moment ! » commente Arnaud avec gourmandise.

Dans les starting blocks !
C’est bien cet aspect sportif d’une régate planétaire sans équivalent qui excite le skipper de La Mie Câline. Quand journalistes ou badauds lui promettent de rentrer dans l’histoire s’il termine sans encombre son troisième Vendée Globe consécutif (seul Armel Le Cléac’h peut prétendre à la même régularité), Arnaud n’élude pas mais se marre bien : « Je ne pars pas pour rentrer dans le Guinness book, ça n’a pas de sens ! De toute façon, il n’y a eu que 7 Vendée Globe à ce jour. Alors que vaut la statistique sur un si petit nombre ? »
Concentré et serein à quatre jours du départ, le skipper de La Mie Câline constatait que le bon travail de son équipe lui a permis de bien se préserver et qu’il partira reposé.
Quant à la stratégie, c’est encore tôt pour en parler. « Pour faire un routage sérieux, il faut faire tourner le logiciel à 80 %, 100% et 120% de la polaire du bateau. En comparant les différents modèles météo (l’américain GFS, celui du Centre Européen de Prévision et Arôme de Météo France), c’est six heures de travail derrière l’écran. Ça ne sert à rien de s’y épuiser 5 jours avant le départ. A partir de vendredi, ça aura vraiment du sens ». Réponse donc dans notre communiqué de samedi !

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Didac Costa bientôt prêt

@ JM LIot / DPPI / Vendee Globe

L’IMOCA One Planet One Ocean est sorti une dernière fois en mer mardi 1er novembre, pour une navigation qui confirme le bon fonctionnement de tous les appareils du bord.
La mobilisation du public a été déterminante pour financer le matériel électronique endommagé par la foudre.

Plus que quatre jours avant le départ du Vendée Globe, le bateau de Didac Costa One Planet One Ocean est quasiment prêt pour entreprendre le tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance. Après deux semaines de travail intense, l’électronique du bord est rétabli. La dernière sortie en mer lui a permis de valider les réparations et de répéter les manoeuvres à effectuer le jour du départ.

Il ne reste plus qu’à charger l’avitaillement pour la centaine de jours estimés pour réaliser ce tour du monde. Didac avait bouclé son premier tour du monde sur One Planet One Ocean en compagnie d’Aleix Gelabert en 98 jours au départ et à l’arrivée de Barcelone.
Le pompier de Barcelone est “très reconnaissant” de la mobilisation du public suite à son appel aux dons sous la forme d’un crowdfunding. En un peu moins de deux semaines, ils ont permis de couvrir les frais de réparation du matériel électronique endommagé par la foudre ainsi que l’achat d’appareils de réception des informations météorologiques. En outre, des entreprises ont répondu positivement à l’appel lancé et sont devenues partenaires d’un projet de plus en plus collectif, une expérience inédite en Espagne.

Même si Didac a aujourd’hui recueilli plus de 25 000 euros sous la forme de dons allant de 10 à 2 000 euros, le crowdfunding continue. Il manque aujourd’hui au skipper 11 000 euros pour financer les transmissions satellites (vidéos, photos etc.) qui lui permettront de partager son aventure avec des milliers de supporters.

Didac Costa : “Les messages de soutien que j’ai reçu sont aussi précieux que l’argent que nous avons récolté” Ces messages ne font que motiver encore plus le skipper pour honorer son public en devenant le deuxième espagnol à boucler le Vendée Globe.

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