Suite à une collision avec un OFNI survenue hier en fin d’après-midi, le navigateur et son monocoque « Le Souffle du Nord pour Le Projet Imagine », engagé sur le Vendée Globe, sont actuellement en grave difficulté. Le skipper va bien mais son voilier n’est pas loin de se plier en deux ! En bon marin, après avoir passé la nuit à la cape, Thomas Ruyant tente, au moteur de rallier le petit port de Bluff en Nouvelle-Zélande situé à 260 milles de son voilier fortement endommagé.
« Le bordé à bâbord est coupé jusqu’en dessous de la ligne de flottaison » déclare Laurent Bourguès, directeur technique du Souffle du Nord. « Le bordé tribord commence également à se délaminer. La structure du pont se dégrade progressivement. Le danger est que la partie avant du bateau se détache littéralement de la partie arrière. Thomas a essayé de colmater les brèches. Le bateau tient encore, à mon avis, uniquement, grâce à la structure longitudinale. Le safran tribord est, pour finir, encore là mais ne tient plus à grand-chose. Thomas est intervenu dessus. L’idée est d’atteindre le plus rapidement possible la pointe sud de la Nouvelle-Zélande afin de se mettre à l’abri car le vent va souffler fort à nouveau dès demain matin. Thomas n’a toujours pas demandé d’assistance mais la direction de course est aux aguets s’il demande une évacuation ce qui est possible. »
Thomas se prépare à cette éventualité et s’est progressivement remis du violent choc suite à la collision. « J’ai vécu ça comme un accident de voiture. Le voilier s’est stoppé net. Le choc a été ultra violent. J’ai été très abattu hier mais je me motive un maximum pour ramener mon bateau à bon port. C’est ma priorité » explique le valeureux Thomas.
Les 180 partenaires et plus de 1000 supporters du « Souffle du Nord pour Le Projet Imagine » soutiennent avec force Thomas Ruyant dans cette mésaventure.
Thomas Ruyant :
« Le Vendée Globe s’arrête ce jour pour moi. C’est une très grosse déception. J’avais dit que j’irais au bout de ce Tour du Monde mais là les dégâts sont trop importants pour imaginer une réparation en mer. Je suis triste car je porte un beau projet régional et les couleurs d’une grande ONG Le Projet Imagine et son colibri. J’ai vécu ça comme un accident de voiture. Le voilier s’est stoppé net, le choc a été très violent. Je pense que j’ai percuté un container. Le bateau s’est plié. L’objectif est de rallier la Nouvelle-Zélande. Je dois faire vite car des conditions musclées sont à venir et je ne sais pas si mon voilier pourra les supporter. Je vais toutes les 10 minutes à l’avant pour voir si cela ne se dégrade pas. Je suis matossé à tribord car les dégâts sont surtout à bâbord. J’essaie de sortir de l’eau l’avant du bateau. Je suis sous trois ris et j’ai mis mon J2 à l’avant. Je fais attention car mon gréement est mou. Je ne pense pas une seconde à l’évacuation de mon bateau. Je vais tout faire pour le ramener à bon port. »
Dur moment pour Stéphane Le Diraison qui a démâté hier. Après avoir dû lutter dans un océan Indien extrêmement hostile, le skipper fatigué de ses heures de combat sans répit revient sur le déroulé de cette journée noire. Le skipper a installé un gréement de fortune la nuit dernière et avance au ralenti vers les côtes australiennes qu’il devrait rallier d’ici une dizaine de jours.
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« J’étais à l’intérieur, je suis parti dans un surf à 28 noeuds, j’ai entendu un grand fracas. J’ai cru que c’était l’outtrigger, je suis sorti en chaussettes car j’étais dans mon duvet en train de tenter de m’endormir.
Je croyais le bateau partait à l’abattée mais quand je me suis tourné je suis sorti, j’ai pris la barre et là j’ai vu que j’avais plus de mât. Ca fait un sacré choc surtout que là il ne reste vraiment plus rien ! Dans un démâtage les mâts cassent habituellement au niveau du 1er ou 2ème étage de la barre de flèches, moi il est carrément parti du pont, sectionné à la base ! Il ne reste rien !
Le mât était plié en plein de morceaux sur le pont. J’avais un premier bout de 1 mètre sur le pont avec plein d’échardes de carbone partout, et j’avais un autre morceau de 3 mètres qui était en train de cisailler mon pont avec les barres de flèche. Avec toutes les voiles à poste (Jib top, J3, grand-voile) dans l’eau qui tractaient vers le fond. Du coup j’ai largué tous les étais pour laisser trainer cette partie à l’arrière, ça faisait comme une ancre flottante.
J’ai essayé de relever un gennaker, impossible. Mais ça me bloquait par l’arrière et il commençait à y avoir vraiment de la mer avec des déferlantes. Donc mon bateau se faisait arrêter et les déferlantes cassaient, il y avait de l’eau plus haut que les filières et ça inondait le cockpit, c’était impressionnant.
J’étais à l’arrière accroché avec mon harnais, je n’en menais pas large. J’ai essayé de relever mes voiles malgré ces conditions mais c’était impossible, je me mettais en danger donc j’ai dû tout larguer. Pour le moral ça a été tellement dur… Quand c’est tellement compliqué de trouver les financements pour le jeu de voiles et qu’il faut couper les liens et les voir partir sous l’eau… Ca fait si mal au coeur surtout qu’encore une fois, tout allait bien à bord, j’étais à l’aise dans cet Océan Indien agité. Deux heures plus tôt j’étais à la vacation avec le PC course de Boulogne-Billancourt et je leur disais sereinement que tout se passait au mieux.
Je me suis mis au moteur 3 heures pour manger et dormir au chaud après avoir tout donné pour sécuriser le bateau. J’ai ensuite enfilé ma tenue de combat pour aller tout déblayer sur le pont. J’ai rarement autant galéré de ma vie… C’était infectissime. Il y avait 35 noeuds de vent dans une mer croisée dans un front. J’étais gelé, le bateau se faisait brasser dans les vagues malgré ses 9 tonnes et ses 18 mètres de long!
D’après mes premières évaluations, a priori le démâtage serait dû à un ancrage de bastaque (le câble qui tient le mat par l’arrière) qui aurait cédé.
Pourquoi ça a cassé, ça n’en sais rien, ça ne devrait pas casser, surtout qu’on a changé les pièces avant de partir et qu’on a tout vérifié. Toujours est-il que la bastaque a cassé et le mât s’est éclaté en mille morceaux .
Ca fait vraiment bizarre, il ne reste plus rien sur le pont, plus aucun câble, et les filières ont été arrachées au passage donc ça devient dangereux, heureusement que j’ai mes réflexes d’être toujours attachés pendant mes déplacements.
J’ai passé 12 heures à tout déblayer. Par contre j’ai finalement trouvé une solution pour bricoler un mât de fortune. J’ai un petit mât de 7 mètres et là il est canon ! Celui-ci au moins il ne tombera pas je pense ! J’ai pu envoyer mon tourmentin pour faire du nord au plus vite et me dégager de la zone des glaces vers laquelle je dérivais.
A titre perso c’est vraiment violent de tout gérer, j’étais complètement épuisé, ça demande d’aller chercher des ressources en soi qu’on ne soupçonne même pas…
Déjà la nuit précédente je ne dormais pas bien, peut-être comme un pressentiment, donc j’ai dû tenir depuis 48 heures sans dormir. J’ai juste dormi 2 heures pour garder ma lucidité et pouvoir gérer la crise.
Dans l’ordre il fallait sauver ma peau car j’étais quand-même à la dérive dans l’océan austral pas très loin des glaces donc ce n’est vraiment pas confortable psychologiquement.
Première punition : mon Vendée Globe est arrêté alors que tout se passait bien. J’aurais vraiment préféré que l’erreur vienne de moi en ratant un empannage, ou en faisant un mauvais choix de voile ou en étant trop offensif. Mais même pas. J’aurais préféré faire une erreur et l’assumer. Pourtant là j’avais les bonnes voiles adaptées au temps, j’étais sécu, je naviguais en bon marin, calme, comme il faut et c’est vraiment un coup du sort donc c’est vraiment très frustrant.
Deuxième punition : tout ce que j’ai dû endurer ces dernières heures, c’était parmi les pires heures de ma vie. Et ce n’est pas fini, j’ai réussi à monter mon gréement de fortune mais maintenant il faut rallier l’Australie qui est à 1000 milles…
Troisième punition : je vais me retrouver à Melbourne qui est aux antipodes de Lorient, et je ne suis pas sorti des galères logistiques…
Je suis désormais mobilisé pour rentrer mais ça ne va pas se faire dans la simplicité. Mais c’est aussi ce qu’on vient chercher dans le Vendée Globe : une aventure de mer et je peux vous dire que l’aventure continue vraiment ! Je suis sur un bateau blessé, peu manoeuvrant, j’avoue que ce n’est pas 100% sécu.
On entend parler des gréements de fortune, mais finalement quand on y est, qu’on se retrouve tout seul sur un bateau de 18 mètres et qu’il faut dégager le gréement, déplacer les voiles et faire ça dans les mers où j’étais, c’est pas rien. Je suis très fier d’avoir pu me remettre à faire route au Nord 15 heures après le fracas, en contrôlant mon bateau ; ce sont des petites étapes de satisfaction.
C’est sur que le Vendée Globe c’est mieux en course et de le boucler mais au final quand on regarde le parcours, ce qu’on vient chercher dans cette course c’est aussi le défi personnel et l’émotion. Et ces dernières heures à se retrouver dans une situation catastrophique sans avoir d’aide sont exactement dans le même état d’esprit.
Comble de la journée, à défaut de pouvoir allumer ses hydrogénérateurs par manque de vitesse, Stéphane a voulu enclencher son et l’alternateur a pris feu. Résultat : en plus d’avoir un bateau abimé isolé à 1000 milles des côtes, une fumée noire se dissipait dans son bateau.
Stéphane évolue à vitesse réduite vers l’Australie qu’il atteindra d’ici la fin de l’année à grands coups de patience. Il est pointé à 3,2 noeuds ce matin et un sentiment étrange règne à bord après avoir fait des moyennes de vitesse à plus de 15 noeuds dans tout l’océan indien…”
A 16h45 en ce dimanche, le monocoque de 60 pieds « Le Souffle du Nord pour Le Projet Imagine » skippé par Thomas Ruyant est entré en collision avec un OFNI. Thomas a constaté, tout de suite, une voie d’eau dans la soute à voile qui se trouve à l’avant.
Couloirs de bosses et pistes bleues Couloirs de bosses et pistes bleues Sang froid. Sang froid.
Le choc a également engendré une casse du safran tribord, de quelques varangues ainsi que des dégâts structurels notamment sur le pont du voilier. Le navigateur nordiste va bien. Il ne demande pas assistance. « Thomas est en train d’évaluer les avaries et de mettre son monocoque dans une situation de navigation où il ne souffre pas. Il a déjà préparé son matériel de sécurité dans le cas où la situation dégénère. Il naviguait au moment du choc dans un vent soufflant à plus de 40 nœuds et une mer très formée. Thomas cherche une solution pour rejoindre la Nouvelle-Zélande » déclare Laurent Bourgués, directeur technique du Souffle du Nord.
La Direction de Course du Vendée Globe est en contact avec les autorités de sauvetage maritime de Nouvelle-Zélande dans le cas où le skipper demanderait une assistance due à une aggravation de la situation
Plus d’informations à venir…
Training for the maxi tri SODEBO, skipper Thomas Coville, prior to his solo circumnavigation record attempt, off Belle Ile, on october 12, 2016 - Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO
Dernière semaine pour Thomas sous haute tension qui s’annonce difficile, exigeante après 41 jours. Un exploit, un effort surhumain pour arriver vers le 26 décembre.
Le skipper de Sodebo Ultim’ apprécie d’être en avance même si l’objectif premier reste de finir. Et c’est parce qu’il connaît bien l’Atlantique Nord en cette saison qu’il sait que la gestion de la dernière semaine de ce tour du monde s’annonce dure, physique et engagée. L’homme et le bateau sont fatigués et usés. Aujourd’hui, Thomas Coville connaît une partie de l’histoire. La pression est devant lui.
Ce midi, il nous a raconté son job d’athlète qui consiste à faire avancer son bateau, non stop depuis plus de 40 jours. Il met des mots sur la pression, le mental, le moral, la gestion de ce sport mécanique, sur ses craintes qui l’accompagnent pour ce dernier tronçon jusque Ouessant.
Le passage de l’Equateur
« J’ai passé l’Equateur cette nuit à 5 heures du matin votre heure. C’est un passage toujours délicat. A l’aller, j’ai été extrêmement chanceux et je suis passé comme une fleur. Cette nuit, ça été plus difficile. Je n’ai pas dormi car il y avait beaucoup de grains très actifs avec de grosses averses et des zones de calme. J’ai trouvé la bonne configuration de voiles sur Sodebo Ultim’. Et je me suis fait plaisir à jouer dans les grains. Il y avait un peu de lune. J’apprécie la navigation de nuit.
Alors que le pot au noir est un endroit anxiogène, je me suis fait plaisir dans ces dernières 24 heures. J’étais au reaching, avec des sensations de glisse pure. J’ai même réussi à prendre une douche sous les grains. »
La fin d’un Atlantique Sud éprouvant
« Ce basculement dans l’hémisphère nord cela signifie pour moi la fin de la remontée de l’Atlantique Sud qui a été dure et éprouvante. Ce n’est pas le fait de rentrer vers la maison. Nos bateaux ont l’avantage d’allonger, c’était le cas dans l’Indien et le Pacifique. Sur cet Atlantique Sud qui a été très changeant, je suis passé de l’hiver à l’été, de très peu de vent à beaucoup de vent. Jusqu’à 50 nœuds au large de l’Uruguay. »
Un vrai job d’athlète
« Avec les 50 nœuds au large de l’Uruguay et les calmes du petit temps avec beaucoup d’empannages, il a fallu se démener. Un vrai job d’athlète ! C’est au-delà du pilotage et de la stratégie, il faut mouliner sur les winchs et porter des voiles qui sont très lourdes. C’est vraiment un engagement physique.
Quand j’ai viré de bord au niveau de Rio pour pointer les étraves de Sodebo vers le nord, c’était symboliquement la fin du petit temps. J’ai voulu tout de suite aller de nouveau vite et me mettre dans cette situation mentale. Tout cela ne laisse pas beaucoup de repos. Le seul repos est dans la gestion quotidienne de bien s’hydrater, de se nourrir et de dormir quand on peut. Il va falloir que je gère la fatigue car j’ai un gros tronçon qui m’attend devant et que je vais devoir gérer. »
Sur le qui-vive pour affronter le dernier tronçon
« La remontée dans l’alizé va être virile et très difficile avec une houle de face. Plus tu avances et plus tu approches du but, plus tu oublies l’avance et plus tu es conscient de la fragilité liée à la météo et aux avaries intérieures et extérieures. Je me sens plus dans cet état d’esprit, avec cette pression d’être sur le qui-vive, plutôt que dans la projection de l’arrivée. Devant il y a des vents de 45 nœuds avec une grosse dépression hivernale qu’il va falloir gérer. Jusqu’à l’arrivée je serai dans la gestion de l’instant. »
Gestion du bonhomme et du bateau
« Je vois bien que le bateau commence à avoir de l’usure. Le challenge c’est d’anticiper et bien maintenir le matériel. C’est ma responsabilité. La météo sur la fin de parcours sera virile. Il va falloir tenir et gérer de la grosse mer et du vent fort. Ma dernière angoisse, c’est le côté physique. J’ai été malade dans l’Océan Indien avec une grosse infection au genou que j’ai réussi à palier avec des antibiotiques. Avec la fatigue, tu peux te blesser. Après 40 jours où tu tires sur ton physique, tu as peur que ça lâche avec la fatigue. Après 40 jours, les manœuvres sont plus dures. A un moment donné, tu as peur de la blessure, de la tendinite. Tout cela tient aussi au mental. C’est cette partie qui fera sûrement la différence à la fin. »
Des pointes à plus de 50 nœuds de vents et des images impressionnantes de Thomas Ruyant sur le Vendée Globe alors qu’il laisse passer une dépression dans son Sud entre la Tasmanie et la Nouvelle-Zélande.
Très belle stratégie de préservation de l’homme et du matériel qui ont mis la course entre parenthèse 2 jours durant avant de reprendre la poursuite de plus belle !
Il est des moments dans un Vendée Globe où la capacité des marins solitaires à faire front face à la colossale puissance des éléments laisse le simple terrien ballant et pantois. Thomas Ruyant vient de nous offrir un de ces épisodes poignants, glaçants et au final, euphorisants. Menacé par un des plus sévère coup de vent à balayer la flotte du Vendée Globe en lutte avec les mers du Sud, le skipper du Souffle du Nord a parfaitement géré la seule stratégie envisageable face au cataclysme annoncé, vents de 60 noeuds et plus, creux supérieurs à 10 mètres. C’est par une fuite contrôlée, maîtrisée vers la bordure nord de la dépression qu’il a pu la nuit dernière esquiver le plus fort du vent. Portant la juste toile, trois ris dans la grand voile et rien à l’avant, il a maintenu le bon cap et la juste vitesse le temps nécessaire pour retrouver des conditions moins casse bateau. Et à la première occasion, le marin du « Souffle du Nord pour Le Projet Imagine » a promptement empanné, pour se caler depuis le milieu de nuit de nouveau sur la route directe vers le sud de la Nouvelle Zélande.
« Je suis là où je voulais être » explique-t’il, « un peu comme l’a fait Jean Pierre Dick il y a quelques jours. J’ai laissé passer le gros de la tempête, et je suis prêt à remettre du charbon à la première occasion. J’ai toujours ce matin 40 noeuds de vent, avec 50 à 55 noeuds en rafale, et une mer très grosse. Cette route me coûte cher, et mes prédécesseurs Le Cam, Eliès et Dick s’échappent avec de belles conditions. Mais j’ai stoppé l’hémorragie de milles avec Louis Burton, et je vais vite être en capacité de reprendre les milles perdus… » Après sa semaine de tous les bricolages et de toutes les réparations de l’impossible, Thomas est en passe de surmonter le coup de colère de ce début d’Océan si peu Pacifique. Un Vendée Globe façon Travaux d’Hercule pour le p’tit gars de Malo-les-Bains.
7 avril 2016, large Belle-Ile, entrainement en solo de Thomas Coville sur le Maxi Trimaran SODEBO ULTIM'
Quel exploit réalise Thomas Covilel. Déjà 41 jours de course en solitaire. Parti depuis 41 jours 14 heures 53 minutes, Thomas Coville a franchi l’Equateur ce matin, dimanche 18 décembre, avec une avance de 6 jours 11 heures 23 minutes sur le temps du record du tour du monde à la voile en solitaire que Francis Joyon détient depuis le 20 janvier 2008. Ce matin à 5h43 heure française, Sodebo Ultim’ est revenu dans l’hémisphère nord.
Sodebo Ultim’ qui avait fait son entrée dans l’hémisphère sud le 12 novembre à 8h 04min 54s aura mis seulement 35 jours 21 heures 38 min 6 sec pour faire l’aller et retour en passant par les trois caps du tour du monde à la voile. Soit 5 jours 11 heures 36 minutes de moins que Francis Joyon sur Idec en 2008. Thomas Coville inscrit là un nouveau et impressionnant record en solitaire.
A bord de son maxi trimaran de 31 mètres de long et 21 mètres de large, Thomas Coville établit également un nouveau temps de référence entre Ouessant et l’Equateur en 41 jours 14 heures 53 minutes 8secondes. Il a parcouru 23 583 milles (43 675 km) à une moyenne de 23.61 nœuds.
Thomas Coville est attendu entre le 26 et le 28 décembre à Ouessant, ligne de départ et d’arrivée des tours du monde en multicoque.
Depuis le 6 novembre, Sodebo Ultim’ a décroché trois records en solitaire (sous réserve d’homologation et de ratification par le WSSRC – World Sailing Speed Record Council)
Record de l’Océan Indien (Cap des Aiguilles/Tasmanie) : 8j 12h 19m
Record de l’Océan Pacifique (Tasmanie/Cap Horn) : 8j 18h 28m 30s
et ce matin, Record Equateur-Equateur : 35j 21h 38m 6s
Depuis le début de son tour du monde en solitaire, le skipper du trimaran Sodebo Ultim’ a parcouru 23 583 milles (43 675 km) à la vitesse moyenne de 23.61 nœuds. Ce matin, il est à 3200 milles (5926 km) de l’arrivée.
En mer depuis 40 jours et il a déjà parcouru 22 500 milles (environ 42 000 kilomètres). La ligne d’arrivée située à Ouessant au large de Brest n’est plus qu’à 4300 milles (environ 8000 kilomètres) devant lui, en ligne droite.
Actuellement positionné au nord du Brésil (par 16° sud), Thomas Coville a touché cette nuit un alizé stable et bien orienté qui va l’emmener rapidement et sans doute d’un seul bord (sans virement de bord) jusqu’à l’Equateur. Ce sera ensuite la remontée de l’Atlantique nord, le dernier océan du tour du monde à la voile avant Brest et la ligne d’arrivée des tours du monde en multicoque, qu’il doit franchir avant le 3 janvier 2017 à 04 heures 22 min et 57 sec pour battre le record de vitesse en solitaire. Le marin mesure l’engagement physique et mental qui l’attend jusqu’au dernier mille, un engagement au-delà de ce que l’imagination d’un terrien peut envisager.
Le skipper de Sodebo Ultim’ conforte actuellement son avance sur le temps du record de vitesse autour du monde en solitaire établi par Francis Joyon le 20 janvier 2008, un temps qui n’a encore jamais été battu. Avec 1600 milles – soit 6 jours – d’avance aujourd’hui sur le tableau de marche de Francis Joyon, Thomas Coville devrait franchir l’équateur dans la nuit de samedi à dimanche matin avec, si c’est le cas, un nouveau record entre l’Equateur “aller” et l’Equateur “retour” (pour mémoire le temps de référence d’Idec en 2008 était de 41j 9h 14min). Ce sera aussi un nouveau temps de référence entre Ouessant et le deuxième passage de l’Equateur (Idec en 48j 2h 18m).
La cellule de routage installée à terre pour suivre Thomas jour et nuit depuis le 6 novembre dernier, scrute la météo qui prend forme sur l’Atlantique nord. L’équipe de Jean-Luc Nélias qui dirige la cellule météo, surveille les mouvements du fameux anticyclone des Açores et suit avec attention le chapelet de dépressions hivernales.
L’arrivée de Sodebo Ultim’ à Brest est prévue entre Noël et le 31 décembre.
Le départ s’est mieux passé que la dernière fois et IDEC file bon train. A l’issue de leur deuxième jour de course, Francis Joyon et ses marins du maxi-trimaran IDEC SPORT croiseront en début de matinée dans le nord de La Palma, l’île la plus occidentale de l’archipel des Canaries. Ils auront alors en 48 heures parcouru un peu plus de 1 200 milles, à plus de 29 noeuds de moyenne ! Pour tenir un tel tempo, et compte tenu des empannages réalisés depuis Ouessant, le maxi-trimaran rouge et blanc maintient en permanence une vitesse supérieure à 30 noeuds.
Sur une mer enfin rangée, les fines gâchettes du bord s’en donnent à coeur joie à la barre, dans l’exercice de haut vol qui consiste à placer les 18 tonnes du voilier en équilibre sur la crête des vagues. Un travail d’orfèvre qui vous vide un marin d’expérience en moins d’une heure. Ainsi qu’en attestait Francis hier matin, le système de rotation des quarts s’est installé sans anicroche et la saine rivalité entre barreurs constatée lors de la tentative de l’an passé s’est avec naturel et toujours la plus grande prudence réinstituée. Sur une trajectoire absolument parallèle à celle de son concurrent virtuel, le maxi-trimaran Banque Populaire V détenteur du Trophée, IDEC SPORT accuse un retard de 88 milles qu’il pourrait combler à la faveur du débordement par l’ouest de l’archipel Canarien. Joyon et ses hommes ne sont pour l’heure guère focalisés par ces calculs, concentrés sur cette course de vitesse bien réelle engagée avec les éléments et ce flux de nord nord-est en tout point idéal pour gagner très rapidement dans le sud. C’est un dimanche placé sous le signe des embruns de plus en plus chauds qui s’avance pour les Joyon, Surtel, Pella, Audigane, Stamm et Gahinet, parfaitement lancés dans cette nouvelle campagne autour de la planète.
On apprenait ce soir qu’à 18h42 heure française ce samedi 17 décembre, Stéphane Le Diraison a joint la direction de course du Vendée Globe pour prévenir du démâtage à bord de son Imoca « Compagnie du Lit / Ville de Boulogne-Billancourt ».
Le skipper n’est pas blessé, il avait une voix claire au téléphone au moment de l’appel. Il est actuellement en train de libérer le gréement et effectuera ensuite une vérification complète du bateau. Il évoluait dans un vent de nord-ouest de 30-35 noeuds au moment de la casse, il est situé à 770 milles des côtes australiennes.
Tous les sponsors du projet sont soulagés que Stéphane aille bien, ils restent très admiratifs de sa performance accomplie et de sa course menée avec rigueur et détermination. Plus d’informations à venir.
Stéphane Le Diraison avait franchi la latitude du Cap Leeuwin en Australie après 39 jours 20 heures 53 minutes de course. Il devançait même de 6 heures le temps effectué par François Gabart (vainqueur de l’édition 2012) ! Quelques heures avant l’heure était aux bricolages et aux tentatives de repos : “J’ai du mal à dormir on va tellement vite vers l’Est que je ressens le décalage horaire, décalage reconduit chaque jour donc pas le temps de s’adapter.” Stéphane a profité de sa journée d’hier plus clémente (20 noeuds de vent) pour réparer, pomper, étancher, régler, empanner, changer de voiles,…
Le skipper boulonnais rencontrait des conditions plus soutenues aujourd’hui avec un puissant flux de Nord-Ouest qui se renforce, il trace désormais une route plus au sud en longeant le mur des glaces.
Yann Elies, skipper du monocoque Imoca Queguiner-Leucemie Espoir, en entrainement en solitaire avant le depart du Vendee Globe - Alexis Courcoux
Après quatre jours durant lesquels il a été confronté à une mer forte et des vents supérieurs à 50 nœuds, Yann Eliès commence à souffler un peu, ce vendredi, même s’il est obligé de ralentir un peu pour ne pas rattraper et se remettre dans les griffes de la fameuse dépression qui l’a déjà méchamment secoué. Le skipper de Quéguiner – Leucémie Espoir compose avec près de 30 nœuds et des températures qui piquent un peu. Depuis hier, il a incurvé sa route et évolue actuellement par 52° Sud, en limite de la zone interdite des glaces. Reste que son principal souci reste de parvenir à négocier au mieux le premier tiers du Pacifique qui, pour l’heure, s’annonce relativement complexe.
Comment va le moral des troupes, ce vendredi ?
« Ça va. Ça caille pas mal car l’eau est à 5°C et la température extérieure oscille entre 7 et 8°C. Je ralentis un peu pour me faire rattraper par une zone où il y justement moins de vent et moins de mer mais je ne vais toutefois pas trop tarder à renvoyer un peu de toile. Il y a quatre-cinq heures, j’ai roulé ma voile d’avant car il y avait encore plus de 40 nœuds. En fait, j’ai constamment le doigt sur le curseur pour gérer la zone de vent et de mer dans laquelle j’évolue. Pour l’heure, la zone des 50 nœuds n’est qu’à une centaine de milles devant moi car la dépression qui m’a embêté ces derniers jours n’avance pas très vite. C’est d’ailleurs chiant qu’elle soit si lente mais je devrais, heureusement, quitter son influence dans la journée, après avoir empanné. Dès lors, je ferai un peu de nord pour anticiper l’arrivée de la prochaine dépression dont je vais subir les effets à partir de demain, aux alentours de 22 heures – minuit. »
Depuis la terre, on a parfois eu l’impression que vous aviez eu un peu de répit lors des quatre derniers jours or il s’avère que ne n’était pas le cas…
« C’est vrai. J’ai juste eu un peu de calme il y a 24 heures et j’ai remis du charbon dans la machine mais, ce matin, j’ai encore pris jusqu’à 44 nœuds de vent. A présent, ça s’apaise quand même bien et je pense que j’en vois enfin le bout. Je suis assez content d’avoir repris du terrain à Jean (Le Cam) mais je ne sais pas encore si je vais recroiser devant ou derrière Jean-Pierre (Dick). Je n’ai pas fait tourner se routages à lui mais même si je croise devant maintenant, je m’attends à ce qu’il finisse par me doubler car les conditions à venir s’annoncent plus favorables pour lui qui est équipé de foils. Cela étant dit, c’est difficile de faire des pronostics surtout que l’on devrait avoir un Pacifique assez compliqué. »
Vous parlez de Jean Le Cam. Vous avez, effectivement, bien recreusé l’écart sur lui ces dernières 24 heures…
« Oui. Il a fait une route plus sud que la mienne et sans doute qu’il a été un peu gêné par la zone interdite des glaces, alors que moi, je me retrouve pile-poil lay-line avec elle. Je vais ainsi empanner à quelques milles seulement de sa limite, sans manœuvre d’ajustement, contrairement à Jean. Finalement, je n’ai pas si mal négocié cette dernière dépression même si, dans l’histoire, j’ai beaucoup perdu sur Jérémie Beyou et Paul Meilhat. A un moment donné, ils étaient à 300 milles de moi. Aujourd’hui, ils sont plus de 1 000 milles devant. Une scission est faite même si nous ne sommes qu’à la mi-parcours, et qu’il peut encore se passer plein de choses. En attendant, il va falloir essayer de se battre pour garder cette cinquième place. »