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Les Kiwis à 1 point de la Coupe, les Américains défaits psychologiquement

25/06/2017 - Bermuda (BDA) - 35th America's Cup 2017 - 35th America's Cup Match Presented by Louis Vuitton - © ACEA 2017 / Photo Sander van der Borch

Les kiwis ont ce soir 5 balles de match en menant 5 à 1 après avoir remporté brillamment les deux courses du jour. Ils ne sont plus qu’à un point de remporter l’America’s Cup et de laver l’affront de la dernière Coupe à San Francisco. Si les Américains ont su gagner en vitesse en apportant des améliorations sur leur bateau – modifications de l’aile, gain de poids, changement de daggerfoils en copiant au maximum les kiwis – ils restent encore à peine à leur niveau. Malgré leur première victoire hier, ils ont sombré aujourd’hui accumulant les fautes tactiques sur les départs ou dans les manoeuvres. Ils ont pris aujourd’hui un sacré coup au moral et c’est une vraie défaite psychologique qu’il se sont infligés, Jimmy Spithill en premier lieu.
On ne voit pas comment ils vont pouvoir trouver maintenant les ressorts techniques et psychologiques suffisants pour inverser la tendance. Ils sont moins bons en tout avec en plus une cohésion d’équipe entre Spithill et Slingsby qui semble malmenée. Les kiwis demain remporteront l’America’s Cup. Il est temps de profiter une ultime fois du spectacle des multicoques, ils risquent fort d’être remplacés par de nouveaux Class America…monocoques! Patrizio Bertalli doit trépigner d’impatience de revenir dans la Coupe.

Race 7
Dans un vent plus faible que la veille de 8-9nds, les Américains rentrent en retard dans la box. Les Kiwis prennent le meilleur départ et passent en tête à la bouée 1. Les 2 bateaux empannent ensemble et passent la gate 2 tout proches. Les 2 bateaux virent ensemble. Les neo-zed contrôlent au premier virement mais laissent les Américains partir au 2e. Un bon choix tactique payant qui leur permet de profiter d’un peu plus de vent sur la gauche du plan d’eau. Les Kiwis ont fait leur course sans se faire embarquer par les provocatiosn au duel des américains. Ils ont à ce moment 297m d’avance. A l’approche de la gate 3, les kiwis maintiennent le contrôle parfait sur USA17. A la bouée 4, les kiwis ont 32s d’avance. Les Americains splittent mais les kiwis les recontrôlent en allant sur la gauche du plan d’eau. Le bord de portant est à l’avantage des kiwis qui passent la gate 4 avec 40s d’avance. USA splittent à nouveau. Les kiwis se repositionnent encore devant les américains avec 250m d’avance. Le plan d’eau est piegeux avec une partie plus ventée. A l’approche de la gate 5, les américains reviennent à 100m. Les kiwis devant choisissent la meilleure bouée. Les Américains prennent l’autre qu’ils passent avec 35s d’écart et 350m en distance. Dans le dernier bord de portant, USA17 revient et réduit l’écart à 12s mais trop tard. Les kiwis l’emportent avec une parfaite maîtrise et mènent 5 à 1.
Les Américains ont manqué leur départ et fait de mauvais choix tactiques.

Race 8 :
Le vent est de 9nds. Les américains manquent à nouveau leur départ en manquant un virement et se font coincer par les kiwis qui peuvent enrouler la mark 1 avec 12s d’avance et 150m devant. Une avance qui augmente encore sur un empannage raté d’Oracle. Même configuration que sur la première course, les kiwis gardent le contrôle à distance mais avec un peu plus de marge. Les statistiques de vol sont de 100% pour les kiwis et de 95 pour Oracle. Elles descendront à 93% par la suite avec des Américains qui toucheront la bondary. Les kiwis mènent 6 à 1 et ont 5 balles de match. Les Américains ont touché le fond dans cette course qui va leur faire très mal psychologiquement.

Les kiwis mènent 4 à 1

24/06/2017 - Bermuda (BDA) - 35th America's Cup 201735th America's Cup Match Presented by Louis Vuitton, Day 3

Il aura fallu attendre la 6è course pour voir l’un des plus beaux matchs de cette 35e édition. Ce soir, les kiwis mènent 4 à 1 face aux Américains qui se sont un peu rassurés. Pas sûr que cela soit suffisant. Le travail effectué ces 5 jours a quant même payé et permit au Defender de rattraper quasiment l’essentiel de son déficit de vitesse au près. Au portant, les deux bateaux semblent avoir la même vitesse. Seule la capacité des kiwis a exploiter au mieux le parcours avec un Peter Burling qui n’a que cela à faire, leur permet d’être devant. La Coupe va se jouer sur l’excellence avec deux équipes qui sont parvenues à hisser au plus haut leur niveau de jeu. Pour autant, le scénario de la “remontada” comme à San Francisco s’annonce difficile pour les Américains. Ils sont à peine au niveau des kiwis et on sent Jimmy Spithill fébrile à l’image de la course 5 où il manque son départ puis de nombreuses manœuvres. Les kiwis n’étaient pas loin de gagner la dernière course et ils ont encore un léger avantage en vitesse. Tom Slingsby sauve son équipe à la fin de la course 6 en trouvant la bonne risée pour reprendre les 2 longueurs qui manquaient mais difficile d’avoir toujours la vista face à Glenn Ashby et Blair Turke. Quoi qu’il en soit, on se régale enfin sur ce Match. Il était temps même si demain et lundi les conditions attendues seront quasiment les mêmes. On aurait aimé les voir dans une bonne brise à 45 nds.

Course 5 : Jimmy fébrile perd la course tout seul
Avant la course, c’est un Jimmy Spithill moins sur de lui qu’à son habitude, plus tendue, blessé au poignet la veille, qui s’est dit confiant tandis que Peter Burling a tenté lui, d’en dire le moins possible. Le vent était de 11 nds plus que les prévisions attendues.
La phase de départ est plutôt classique mais Oracle arrive trop tôt près de la ligne et la franchit ensuite trop tôt. Une prise de risque inutile sanctionnée par une pénalité. Dans un bord de portant à 38 nds les Neo zed semblent plus rapides et parviennent à faire un seul empannage puis virent la bouée en choisissant le côté des Américains pour les contrôler.
Les américains reviennent et passent devant au premier virement. C’est le premier test au près. Ils semblent beaucoup mieux. Les neo zed prioritaires repassent devant et chasse USA17 mais qui ne réagit pas assez tôt. Ils écopent d’une pénalité et perdent la course là-dessus. Ils enchaîneront ensuite des mauvaises manoeuvres portant l’addition à plus d’une minute d’écart. Les kiwis l’emportent et mènent 4 à 0. A bord du bateau americain, les visages sont tirés, un peu sonnés.

Race 6 La plus belle course
Entre les 2 courses on a vu le coach Philippe Presti débriefé l’équipe américaine avec sa tablette comme à son habitude. L’équipe s’est “regroupée” et c’est un autre visage qu’elle va montrer. Le départ est l’un des plus agressifs de Spithill. Il parvient à prendre un bon départ et passe la mark1 en tête. Les kiwis empannent les premiers. Les Americains restent devant à une longueurs jusqu’à la gate où ils empannent devant les kiwis. L’écart est de 6s. Les kiwis virent les premiers. Le vent est de 11nds. Les vitesses sont à peu prés les mêmes. Les Americains croisent devant les kiwis avec une longueur d’avance. Un écart qui se stabilise après 2 autres croisements. Les américains restent concentrés et ne manquent pas leur manœuvre. A la gate 4, l’écart est de 12s, les neo zed splittent. Le vol est proche 100%.
Au portant les kiwis reviennent alors que le vent faiblit. A l’approche de la bouée 4, les kiwis passent devant en profitant d’une risée et d’une faute des américains qui font trop de chemin pour aller chercher la bondary. Au bord de près l’écart est d’une longueur pour les kiwis. A l’approche de la bouée 5, USA profite d’une bonne risée pour refaire son retard. Les americains chassent les kiwis les obligeant à ralentir au passage de la bouée. Les kiwis perdent de précieuses secondes. L’écart est de 160m au premier empannage. Un éacrt suffisant pour passer la bouée 6 avec 12s d’avance et marquer leur premier point sous la pression des neozed. Sans doute l’une des plus belles courses.

Première confrontation entre Ultimes sur The Bridge

@ Thierry Martinez

Le rendez-vous est attendu depuis longtemps pour les Ultimes. Au-delà du match entre l’un des plus grands paquebots du monde et les quatre trimarans Ultimes, présents sur cet événement en hommage au débarquement américain de la Première Guerre mondiale, THE BRIDGE est aussi la grande confrontation de ces géants des mers en format équipage. Une première sur un parcours mythique entre Saint-Nazaire et New-York, soit 3 150 milles et une bonne semaine de course.

Après les Multi50 partis pour le Record SNSM ce vendredi à 17 heures, dans une jolie brise d’Ouest, les regards à Saint-Nazaire sont maintenant tournés vers les quatre trimarans Ultimes qui ont investi le quai du Commerce la nuit dernière, à la marée de minuit. Alignés comme à la parade, ces géants des mers se préparent pour une transatlantique à rebondissements si on en juge les conditions météorologiques annoncées ! Dès dimanche à 19 heures, les quatre équipages vont devoir négocier une brise faible à modérée de secteur Nord-Ouest à Nord, pour sortir à la volée de l’estuaire de la Loire, aux côtés du Queen Mary 2. Et rapidement, les quatre voiliers et le navire à propulsion mécanique ne vont pas pouvoir suivre la même trajectoire…

Quatre géants et un titan
Car le paquebot armé par la compagnie britannique Cunard pourra prendre l’orthodromie (route directe) sans se préoccuper des conditions météorologiques, quand les quatre multicoques vont devoir composer avec une zone de calme au large du golfe de Gascogne dès les premières heures de la nuit : cette configuration pourrait inciter Francis Joyon (IDEC Sport), François Gabart (MACIF), Thomas Coville (Sodebo Ultim’) et Yves Le Blévec (Actual) à choisir des routes différentes ! Le recordman autour du monde en solitaire, Thomas Coville, annonçait dès vendredi qu’il avait opté pour la voie Nord, quand certains équipiers du recordman autour du monde en équipage, Francis Joyon, penchaient vers une route Sud.

En réalité, à ce jour, rien n’est encore clarifié sur l’océan Atlantique : une dépression de faible gradient va passer sur la route de The Bridge dès lundi soir, alors que l’anticyclone des Açores, étalé de l’Espagne aux Caraïbes, va progressivement se rétracter sur lui-même. Passer par le Nord, c’est s’assurer d’une brise plutôt établie de secteur Ouest, donc contraire ; glisser par le Sud, c’est se faire pousser par les alizés de Nord-Est à Est. Or, le choix de partir à droite ou à gauche de la route directe empruntée par le titan des mers doit se décider quasiment après le coup de canon libérateur ! Car si ces deux routes seront séparées latéralement de près de 1 000 milles, c’est surtout l’atterrage sur les côtes américaines qui importe.

Vitesse de croisière
En annonçant son arrivée à New York, le 1er juillet à 8 heures (heure locale), le Queen Mary 2 va devoir aligner des journées de 550 milles environ sur les cinq jours et dix-neuf heures de sa traversée, soit une moyenne de 23 nœuds en route directe ! Certes les trimarans Ultimes n’auront pas les conditions météorologiques idéales pour suivre sa trace, ni la régularité de son rythme de croisière, mais il est déjà certain que les quatre multicoques allongeront parfois la foulée à plus de 40 nœuds et des journées à plus de 700 milles sur l’eau. La difficulté pour les trimarans sera de savoir par quel côté aborder Long Island, sachant qu’une zone d’exclusion des glaces (au Sud de Terre-Neuve, à cause des icebergs emportés par le courant froid du Labrador) limite les possibilités par le Nord.

« Sur les routages aujourd’hui, nous sommes plutôt sur une route Nord qui nous amènerait à New York après huit à neuf jours de mer parce que ça démarre assez lentement, mais la course est avant tout entre nous quatre : à ce jour, nous n’avons pas la possibilité, avec les prévisions annoncées, d’arriver avant le Queen Mary 2. Ce qui ne retire rien au match que nous allons vivre entre nous quatre avec des trajectoires qui peuvent franchement différer », précisait Thomas Coville (Sodebo Ultim’) lors de la conférence de presse de ce vendredi matin.

Quant à la voie du Sud, elle n’est pas simple avec l’implosion de l’anticyclone des Açores en fin de semaine prochaine. Entre Bermudes et Big Apple, le vent ne répond presque plus ce week-end… De fait, les skippers semblent plutôt tabler sur une traversée en huit jours plein, mais ce qui importe sur cette transatlantique THE BRIDGE, ce sont les vitesses moyennes atteintes par les trimarans Ultimes et la distance parcourue en une journée sur ces 3150 milles de Saint-Nazaire à New York ! Et là, les quatre géants seront sans conteste beaucoup plus véloces que le titan des mers qui, lui, fera fi des aléas météorologiques.

Ils ont dit
Régis Benazech (Directeur de la Communication et du Développement de la SNSM)
« Le Record SNSM fête sa treizième édition sur un parcours original pour les Multi50, car l’idée cette année était d’organiser un événement qui complète THE BRIDGE, pour valoriser la solidarité maritime et honorer la venue du Queen Mary 2. Lors de son arrivée à Saint-Nazaire samedi, des vedettes de la SNSM viendront accompagner ce superbe paquebot jusqu’à sa forme de radoub : il fera alors résonner sa corne de brume et hissera le pavillon de la SNSM. Pendant ce temps-là, les canots de sauvetage déclencheront des feux à main orange, la couleur symbolique de la Société Nationale de Sauvetage en Mer. De même, le Queen Mary 2 sera accompagné jusqu’à la sortie du chenal lors de son départ dimanche pour New York. »

Thomas Coville (skipper de Sodebo Ultim’)
« THE BRIDGE sera vraiment la première confrontation que nous aurons en trimarans Ultimes ! Ces bateaux hors normes sont conçus pour des courses en solitaire et en particulier pour un tour du monde. Le Collectif Ultim s’est en effet projeté jusqu’en 2019 mais le point de départ de ce programme, c’est THE BRIDGE, une course en équipage : j’ai donc briefé mes équipiers sur la sécurité et sur la météo pour nous concentrer sur le match. »

François Gabart (skipper de MACIF)
« C’est historique ! Nous sommes cent ans après le débarquement des Américains qui ont permis de clore la Première Guerre mondiale et nous avons la première course de multicoques Ultimes en équipage. Le Queen Mary 2 a une vitesse moyenne proche de la nôtre sur un tel parcours, tout en embarquant des journalistes et des partenaires : c’est une idée exceptionnelle pour créer des liens avec le public. Et si on a la chance de se croiser au milieu de l’Atlantique, c’est génial ! Et n’oublions pas qu’il y a deux bateaux présents ici à Saint-Nazaire, qui ont réalisé des records extraordinaires autour du monde, en solitaire (Sodebo Ultim’) et en équipage (IDEC Sport). »

Adrien Hardy 2e après une très belle Solitaire

@ Alexis Courcoux

Il était ému à l’arrivée Adrien Hardy. Il termine 2e au classement général d’une Solitaire qu’il aura animé de bout en bout en se battant face à un Nicolas Lunven qui aura fait peu d’erreur. Le skipper d’AGIR RECOUVREMENT a franchi la ligne d’arrivée en 12e position ce vendredi matin, 14 minutes et 21 secondes derrière le vainqueur de l’étape Charlie Dalin. Indéniablement, pendant ces trois semaines de course, il s’est imposé comme un marin redoutable et comme l’un des animateurs principaux : outre trois podiums sur quatre étapes dont une victoire, le navigateur nantais remporte le classement Radio France et Turquie, deux classements intermédiaires au début et au 2e tiers de la course qui témoignent de son impressionnante régularité aux avant-postes. La performance d’Adrien est d’autant plus remarquable qu’en 9 participations à la Solitaire, il n’avait réussi qu’une fois à terminer dans le Top 10 en 2014 avec une 7e place au général, année où il termine vice-champion de France de Course. On sentait une pointe de déception à l’arrivée, car en 3e position à Wolf Rock mercredi Adrien avait réduit de 24 à 10 minutes son retard au général sur Lunven. Cette 2e place au classement final est un très beau cadeau pour fêter les 10 ans de partenariat avec son fidèle sponsor AGIR RECOUVREMENT et couronne un athlète complet !

Après quatre jours de mer dans des conditions de vent extrêmement changeantes et exigeantes, rendant presque impossible le repos, c’est un Adrien Hardy exténué qui livre ses impressions : « Au départ à Bordeaux, l’objectif officiel était le podium, mais au fond de moi-même je visais la victoire. Je rêvais d’offrir une victoire à mon partenaire qui m’accompagne depuis 10 ans… Mais quand on voit le niveau d’excellence de cette course, 2e au classement général avec trois podiums sur les trois premières étapes, c’est un excellent résultat ! C’est la première fois que je me sens aussi à l’aise, j’ai toujours navigué devant, j’étais bien en phase avec les éléments, j’avais une bonne vision des choses. Quelle joie de goûter à cette quasi-victoire, il ne me manque plus grand-chose pour remporter cette course ! Etre si régulier au général, c’est un gros bond en avant !
J’ai adoré cette Solitaire ! Quand on passe Wolf Rock, je sens qu’il y a une vraie carte à jouer, je pense que Nicolas n’était pas si fier que ça. Sur cette étape, c’est toujours revenu par l’arrière, même si j’en ai profité certaines fois. La flotte s’est toujours retassée. Cette étape était superbe et épuisante. En termes de sommeil je pense que je n’ai jamais été aussi fatigué : 3 nuits blanches sur 4… Cette course est géniale… Nicolas m’a mené la vie dure, il a gagné il a été super fort, il s’est un peu affolé à un moment, il y a eu tellement de renversement de situations. Il se passe plein de choses dans la tête, c’est super positif tout ça ! A la fin, j’ai fait des supers trucs, j’avançais vite, j’étais encore plein d’espoir. J’ai adoré. »

« Les 10 ans de partenariat dans les voiles, ça m’a permis de me battre comme jamais ! »
« Il m’a manqué un peu de vitesse, notamment par rapport à Lunven. Si j’ai réussi à être devant lui, c’est par des placements, j’ai encore une marge de progression sur la vitesse, c’est une somme de plein de petites choses, difficiles à analyser. Cela dit, 30 minutes de retard sur 15 jours de course cumulés, ce n’est pas grand-chose ! Le défi de cette dernière étape était dur à relever : 25 minutes de retard, c’était beaucoup en Figaro. Jusqu’à 15 minutes c’est possible, c’est d’ailleurs l’avance que j’avais sur lui à Wolf Rock…
Ce sport est génial : il y a une quantité de revirements de situation, des imprévus, des étapes qui durent 4 jours plutôt que deux. Cette course oblige à s’adapter en permanence, à se remettre en question, à ne jamais crier victoire trop tôt et aussi se dire que rien n’est jamais perdu, qu’il faut continuer à observer pour récupérer tous les indices possibles pour bien analyser la situation.

Cette course est hors-norme. J’avais en tête le défi lancé avec Stéphane Paye, président-directeur général d’AGIR RECOUVREMENT au mois de décembre, les encouragements de tous les salariés, les 10 ans de partenariat dans les voiles, ça m’a permis de me battre comme jamais ! J’ai une chance d’être soutenu et entouré par la famille « AGIR ». Je suis heureux d’offrir ces trois semaines de course extrêmement riches en émotions. »
Le directeur d’AGIR RECOUVREMENT, Christophe Duperray revient sur l’importance de cette victoire : « Nous sommes ravis de cette 2e place, pendant trois semaines ça été un grand partage d’émotions ! Adrien a réussi un résultat exceptionnel qui ressemble à un concentré de ce qu’on a vécu avec lui depuis 10 ans. Cela été un moment très fort avec lui et en interne.
Si on a ressenti à l’arrivée la déception d’Adrien de ne pas avoir gagné, il a fait preuve de trois grandes qualités : une capacité d’engagement exceptionnelle ; une faculté à améliorer le moindre détail et à inventer des manières de répondre différemment selon les situations ; une motivation extrêmement élevée. J’ai été également impressionné par sa capacité de discernement à l’arrivée où il était déjà dans l’analyse des petits éléments qui lui ont manqué pour cette victoire.
Adrien a été exemplaire sur cette course, épanouie depuis le début, aussi à l’aise sur l’eau qu’en interviews. Ce résultat on le doit aussi à Stéphane Paye qui a initié ce partenariat et a su détecter tôt tous les talents d’Adrien. »

Sébastien Simon 4è au pied du podium

Sebastien Simon (Bretagne CMB Performance) 2eme de la 4eme etape de la Solitaire Urgo Le Figaro entre Concarneau et Di - © Arnaud Pilpré

« Belle mais aussi très dure », c’est ainsi que Sébastien Simon a résumé la quatrième et ultime étape de la 48e édition de la Solitaire Urgo – Le Figaro qui s’est achevée ce vendredi, aux alentours de 8 heures. Avec plus de 40 heures dans des petits airs évanescents, des courants importants, des rebondissements jusqu’à la fin, près de quatre jours de mer et des arrivées en rafales, tout était réuni pour faire de ce dernier round l’une des courses les plus exigeantes qui soient. Audacieux, conquérant et déterminé à aller chercher sa place sur le podium, le skipper Bretagne – CMB Performance a tout tenté sur cette manche et s’est octroyé une belle 2e place à l’arrivée à Dieppe. Seul bémol, celui qui l’a devancé de trois minutes tout pile n’est autre que Charlie Dalin, celui-là même qui le devançait de trois minutes et 54 secondes à l’issue des trois premières étapes. Au final, il conserve donc la quatrième place au général (avant jury), mais n’a toutefois rien à regretter à l’issue de ces trois semaines de course durant lesquelles il a systématiquement joué aux avant-postes. En ce qui le concerne, Pierre Rhimbault, le skipper Espoir de la Filière d’excellence de course au large Bretagne – Crédit Mutuel de Bretagne, a terminé 30e en Normandie et boucle sa première Solitaire en 25e position, avec déjà l’envie de revenir sur l’édition 2018.

Au départ de Concarneau, lundi, on présageait une étape longue et complexe. Elle l’a été. On imaginait aussi qu’elle allait créer des écarts monstres. Sur ce point, en revanche, la météo nous a fait mentir. De fait, ce matin, les marins de la Solitaire URGO – Le Figaro sont arrivés en rafales. Contrairement à ce qu’on attendait, la hiérarchie des six premiers au classement général n’a pas été bousculée. Nicolas Lunven l’emporte devant Adrien Hardy et Charlie Dalin. Sébastien Simon finit 4e. « Ça a été une super étape. Il s’est joué plein de choses. Il y a des fois où je suis tombé dans le classement, d’autres fois où je suis remonté. Je ne me suis jamais démobilisé. Ça a pourtant été hyper dur pour le mental. Au final, je ne me suis pas trop énervé. Ça finit avec une 4e place, mais une belle 4e place parce que c’est quand même assez serré avec ceux de devant », commente Sébastien Simon qui espérait, malgré tout, réussir à se hisser sur le podium à l’issue de cette quatrième manche. « Je termine 2e de l’étape, pas loin de Charlie (Dalin). Je me suis battu pour faire 3e. Il termine juste devant moi mais même si ça avait été l’inverse, l’écart entre nous deux restait de toute manière trop faible pour lui passer devant au classement. Je n’ai donc rien à regretter », précise le skipper Bretagne – CMB Performance qui a fait preuve d’une belle régularité du début à la fin de l’épreuve, en terminant 3e, 7e, 7e et 2e des quatre étapes. « Je fais une belle course et aujourd’hui, je suis super content de savoir que je vais bénéficier du soutien de la Région Bretagne et du Crédit Mutuel de Bretagne pour une saison supplémentaire. Je vais donc avoir une chance de plus d’aller chercher le podium ou la victoire sous leurs couleurs en 2018 et je vais tout faire pour », a conclu Sébastien.
Revenir plus fort
A l’inverse, de son côté, Pierre Rhimbault ne cache pas nourrir quelques regrets à l’issue de cette quatrième manche. « Elle était longue et en plus j’ai été longtemps tout seul, sans voir personne à l’AIS. Ce n’a donc pas toujours été très drôle surtout que quand j’ai retrouvé des petits copains, ce n’était pas ceux que j’attendais », commente le jeune Espoir qui a, une nouvelle fois, réalisé un remarquable début de course, avant de laisser filer quelques places. « Le début a été interminable. Parfois, ça repartait et puis très vite, ça retombait à 0 nœud. C’était dur pour les nerfs et je n’ai pas beaucoup dormi. Je pense que j’ai un peu explosé à cause de ça. J’ai voulu attaquer pour revenir au score mais comme j’étais cramé, j’ai fait un peu n’importe quoi et je l’ai payé cash », souligne Pierre qui est arrivé en 30e position à Dieppe et qui termine donc sa première Solitaire du Figaro à la 25e place (4e bizuth). « Le sentiment, au final, est un peu étrange. A la fin, j’ai eu l’impression de beaucoup mieux naviguer qu’au début, mais comptablement ce n’est pas dingue parce qu’il y a encore eu une boulette. Je sens malgré tout que ça vient. J’ai découvert énormément de choses. Maintenant, je sais à quoi m’attendre pour l’année prochaine et je pourrai revenir plus fort », assure Pierre Rhimbault.

🔒 Navico rachète Naviop leader mondial de systèmes de contrôle et de surveillance marine

Navico – leader mondial des fabricants d’électronique marine et maison-mère des marques  Lowrance®, Simrad® and B&G®– a annoncé aujourd’hui la finalisation d’un accord pour acquérir Naviop, un leader mondial de systèmes de contrôle et de surveillance marine. En fournissant le cadre d’intégration pour capturer les données de tous les systèmes de navigation, Naviop créé un…

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Nicolas Lunven (Generali) vainqueur de la 48ème Solitaire URGO Le Figaro

Nicolas Lunven sur Generali - Grand vainqueur de cette 48e édition - © Alexis Courcoux

Après un début d’étape où le scénario s’annonçait pour lui catastrophique, Nicolas Lunven s’est repris à Wolf Rock et trouvé le bon tempo . En franchissant la ligne d’arrivée de la 4e étape Concarneau-Dieppe en 4ème position, Nicolas Lunven, 34 ans, conforte sa première place au classement général et remporte cette 48ème Solitaire URGO Le Figaro devant Adrien Hardy (Agir Recouvrement) avec 34 minutes 32s d’avance, et Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) à 57minutes 01s.
Et de deux ! Après une victoire à Dieppe en 2009, le skipper de Generali (9 participations à La Solitaire) remporte pour la deuxième fois de sa carrière la course en solitaire à armes égales la plus difficile qui soit. Une victoire qu’il doit à un travail acharné ces deux dernières années. « J’ai bossé comme un fou ! » confiait t’il à son arrivée victorieuse à Concarneau sur la troisième étape.
On retiendra un parcours sans faute, une vitesse insolente, une intelligence dans les trajectoires… bref une navigation parfaite qui a bluffé ses adversaires. Nicolas signe deux victoires d’étape sur cette Solitaire 2017 : Bordeaux-Gijon dans des conditions tempêtueuses (jusqu’à 50 nœuds de vent) et les 24 heures de La Cornouaille, boucle express de 150 milles depuis Concarneau. On retiendra également un incroyable duel avec Adrien Hardy (Agir Recouvrement) diablement accrocheur qui a sans aucun doute poussé Nicolas dans ses retranchements !
Une superbe victoire du skipper de Generali sur une édition incroyablement riche en rebondissements !

Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) remporte la 4e étape

Les Figaros lors de la 4eme etape de la Solitaire Urgo Le Figaro entre Concarneau et Dieppe - le 19/06/2017 - © Alexis Courcoux

Souvent en tête sur cette dernière et longue étape, Charlie Dalin a franchi la ligne d’arrivée de la 4ème et dernière étape (Concarneau-Dieppe) de La Solitaire URGO Le Figaro ce vendredi 23 juin à 08h 11min 56s. Le skipper Macif 2015 a mis 3 jours 17 heures, 04 minutes et 56 secondes pour boucler le parcours de 505 milles via le phare de Wolf Rock et les côtes anglaises à la vitesse moyenne de 5,67 nœuds.
Il devance de 3 minutes Sébastien Simon, Bretagne-Crédit Mutuel Performance, patron de la flotte à plusieurs reprises et auteur d’une option nord payante le long des côtes anglaises. Un final incroyable !
Au terme d’une étape compliquée et riche en rebondissements rythmée par des zones sans vent le long des côtes bretonnes, de deux traversées express de la Manche et d’un parcours très technique entre Wolf Rock et l’île de Wight, Charlie Dalin a fait preuve d’une incroyable ténacité, lui qui rêvait de boucler la course de belle manière…
Sébastien Simon, Bretagne-Crédit Mutuel Performance, a franchi la ligne en deuxième position à 08h 14mn 56s, bouclant le parcours en 3 jours 17 heures 07 minutes et 56 secondes à la vitesse de 5,67 nœuds.
Thierry Chabagny, Gedimat a quant à lui franchi la ligne à 08h 15mn 56s, en troisième position la ligne d’arrivée et boucler le parcours en 3 jours 17 heures 08 minutes et 56 secondes.

Le Maxi Edmond de Rothschild mis à l’eau le 17 juillet

@ Yann Riou

C’est un géant des mers qui s’apprête à toucher l’eau le 17 juillet prochain. Une mise à l’eau attendue comme une délivrance par toute une équipe après un travail acharné.
Débutée en octobre 2015, la construction du Maxi Edmond de Rothschild prendra fin dans quelques semaines chez Multiplast à Vannes après plus de vingt mois de gestation. Sous réserve naturellement de conditions météorologiques acceptables, la mise à l’eau du dernier-né des Gitana se tiendra le lundi 17 juillet au matin. Pour les membres du Gitana Team, plus que jamais à pied d’œuvre, le dernier mois de chantier a sonné et autant dire qu’à l’échelle du temps de fabrication réclamé par ce grand trimaran océanique de dernière génération ces quelques semaines paraissent bien peu de chose.

Les dernières pièces du puzzle
C’est toujours ainsi sur les fins de chantiers, quelque soit la taille de l’unité concernée ! Dans les dernières semaines, l’activité redouble d’intensité et tous les corps de métiers cohabitent, dans des endroits parfois exigus, pour animer le squelette de carbone et parfaire l’ouvrage. Rien de plus logique donc que le hall Est du chantier, dans lequel a été assemblé le Maxi Edmond de Rothschild, prenne actuellement des allures de ruche.
Pierre Tissier, directeur technique du Gitana Team, est l’un des chefs d’orchestre de cette organisation. Au quotidien, il fait le lien entre l’équipe, le bureau d ?études et les différents fournisseurs et grands acteurs du projet du Maxi Edmond de Rothschild pour s’assurer non seulement de la qualité de la construction mais aussi de la parfaite tenue du planning : « Tout se met en place ici et nous sommes au jour près dans le tableau de marche que nous nous étions fixé. Il reste encore quelques aléas possibles sur certaines pièces en usinage mais si tout déroule comme prévu nous serons à l’eau le 17 juillet prochain ! L’accastillage est en place, l’électronique touche à sa fin et nous pourrons bientôt attaquer la pose des filets. Ce sera le cas dès la semaine prochaine quand la peinture des flotteurs sera achevée. Toute l’installation hydraulique est réalisée en parallèle car pour cette partie il fallait attendre la fin du composites de la plate-forme. Le mât et la bôme sont actuellement équipés à Lorient chez Lorima. Les appendices sont eux fabriqués par des prestataires extérieurs – Re Fraschini en Italie pour les foils, C3 technologies à La Rochelle pour les safrans et Heol Composites pour la dérive – et seront vraiment les dernières pièces à rejoindre le puzzle dans les tous derniers jours de chantier.»
Tenir les délais, un premier défi
La construction d’une unité prototype tel le Maxi Edmond de Rothschild est véritable défi technologique et humain tant par sa complexité technique et par le rassemblement de compétences qu’elle nécessite. « À un mois de la mise à l’eau, c’est un mélange d’impatience et d’appréhension forcément ! Ce projet du Maxi Edmond de Rothschild a commencé à germer dans nos têtes courant 2013 et d’ici quelques jours, semaines, il sera à l’eau. Sa sortie de chantier n’est qu’une première étape mais ce sera assurément un moment très fort pour nos armateurs et toutes les personnes qui ont collaboré de près à ce grand projet. Sur la totalité, des études à la construction des grandes pièces de la plate-forme ou encore des appendices ou des voiles, nous avons été plus de 250 à travailler; un chiffre important qui demande une parfaite organisation pour que le timing que nous nous étions fixé soit respecté. Depuis le début de l’histoire, nous voulions être à l’eau à l’été 2017 pour pouvoir participer à une première grande course dès l’automne » explique Cyril Dardashti, directeur du Gitana Team, avant de poursuivre : « Le bateau que nous mettrons à l’eau dans quelques semaines propose de réelles nouveautés et innovations technologiques, des choses qui n’ont jamais été faites à cette échelle. Toute l’équipe réalise un travail incroyable pour rester dans le calendrier initial. Cette construction peut être comparée à un Ironman, vingt mois de chantier c’est long et difficile et comme pour toute épreuve engagée, les derniers kilomètres réclament encore plus d’efforts et d’énergie. Avec Pierre Tissier, nous sommes là pour mettre l’équipe dans un état de confiance et faire que chaque membre arrive à se transcender pour cette dernière ligne droite.»
Transat Jacques Vabre en ligne de mire
Sébastien Josse multiplie les allées et venues auprès de l’équipe technique et du bureau d’études Gitana à pied d’œuvre à Vannes. Comme tous, il ne cache pas son impatience: « Naturellement, j’ai hâte que cette phase de chantier se termine et que celle de la navigation s’ouvre, mais ces dernières semaines sont une bonne transition entre les deux car l’installation des systèmes et l’aménagement du cockpit à notre main est un premier passage de témoin entre le technique et les navigants. En ce moment, ça va très vite au chantier et chaque jour le bateau évolue, est différent. Le composites est derrière nous et forcément on entre plus dans du concret : l’accastillage est à poste, les câbles électriques sont tirés et l’électronique mise en place … En amont, nous avions pu travailler sur l’organisation du cockpit grâce à une maquette en bois à l’échelle 1. C’est un super outil pour dégrossir la position du piano, des winchs ou des colonnes mais avec elle on n’entre pas dans tous les détails. C’est le cas dans les derniers mois de chantier et c’est un travail conjoint avec l’équipe qui me sollicite quotidiennement pour connaître mes souhaits de fonctionnement. Le Maxi prend vie et dans moins d’un mois nous sommes à l’eau ! »
En attendant le grand bain et les premiers bords qui se profilent, Sébastien Josse et Thomas Rouxel, qui seront pour la première fois associés en double sur la Transat Jacques Vabre, profitent pleinement de cette période pour « soigner le physique » : « La préparation physique va être primordiale sur ce bateau, pas forcément pour aller très vite ou pour déplacer des poids conséquents mais aussi pour ne pas se blesser. Le changement d’échelle n’est vraiment pas anodin et quoiqu’il arrive ça ne peut pas passer uniquement par la force physique. Les poids des voiles sont tels par exemple, qu’à deux il faut trouver des astuces et surtout se conditionner pour des temps de manœuvres plus longs… et pour ça la forme physique est obligatoire ! Avec Thomas (Rouxel, ndlr), nous avons des séances quotidiennes et spécifiques avec un préparateur pour tout ce qui est gainage, renforcement musculaire et on multiplie aussi les activités extérieures pour tout ce qui est cardio avec du VTT, de la course à pied, du surf … donc même si ce n’est pas encore en mer, bien sûr notre travail pour la Transat Jacques Vabre a commencé il y a plusieurs mois.»
Rendez-vous le 17 juillet à Vannes pour la mise à l’eau du Maxi Edmond de Rothschild !

Lunven ou Hardy qui l’emportera ?

Nicolas Lunven (Generali) lors de la 4eme etape de la Solitaire Urgo Le Figaro entre Concarneau et Dieppe - le 22/06/2017 - © Alexis Courcoux

L’étape s’annonçait compliquée dans du petit temps mais les Figaristes n’ont rien lâchés et restent encore bien groupés alors qu’il reste quelques 150m à parcourir. Nicolas Lunven et Adrien Hardy joue la gagne avec un avantage pour le premier.
La seule chose à peu près sûre quant au dénouement de La 48e édition de La Solitaire URGO Le Figaro, c’est que les premiers devraient couper la ligne d’arrivée à Dieppe demain entre 7h et 9h du matin. Oui, mais dans quel ordre ? Mystère et boule de gomme. À l’approche de l’île de Wight cet après-midi, la flotte s’est resserrée à coups d’empannage et c’est visiblement l’option Nord qui a payé. Sébastien Simon (Bretagne-Crédit Mutuel Performance) qui avait choisi de rester le long des côtes anglaises talonne ce soir Thierry Chabagny (Gedimat), en deuxième position derrière Alexis Loison (Custo Pol) toujours chef de meute. Mais les regards se tournent forcément vers Nicolas Lunven (Generali) et Adrien Hardy (Agir Recouvrement), les deux grands acteurs du classement général provisoire. L’option Sud d’Adrien sera t’elle payante ? Réponse à Owers, vers 19h !
Il fallait avoir les nerfs solides aujourd’hui au large des côtes anglaises. Malgré les conditions de vent idéales (18 nœuds de Sud-Ouest) pour glisser sous spi et s’offrir quelques micro-siestes, les marins n’ont pas chômé. « Il faut être dessus ! » expliquait Pierre Quiroga (Skipper Espoir CEM) à la vacation de midi. Comprenez qu’il faut être aux réglages en permanence tout en jetant un œil aux concurrents et réfléchir à la tactique. Car beaucoup de paramètres entrent en jeu : le courant contre, le vent qui se renforce progressivement et cette fameuse bascule annoncée qui ne vient pas ! C’est ce qui a dicté le choix des navigateurs depuis le phare de Wolf Rock.

A Owers, on comptera les points
Adrien Hardy fut le dernier à empanner, restant coûte que coûte dans son option Sud qu’il avait choisi compte tenu d’une bascule du vent annoncée. Mais cette rotation à droite n’est toujours pas arrivée. « J’ai empanné dans la nuit pour la bascule de Nord-Ouest, mais j’ai l’impression qu’elle traîne un peu. Je reste à l’affût de la moindre opportunité ! » confiait le skipper d’Agir Recouvrement pointé 19e à 15h à 4 milles d’Alexis Loison, et à 2,5 milles de Nicolas Lunven (Generali), 5e ! Cette fameuse bascule n’arrivera finalement qu’aux alentours de 22h, une fois que la tête de flotte aura doublé la cardinale Est Owers… Diantre !
Antifer à 3h du matin…
« Ça ne devrait plus trop changer, mais au vu de la longueur de l’étape et la fatigue des coureurs, on est pas à l’abri de faire des erreurs techniques, il y a encore de la route donc il peut encore se passer des petites choses, mais à priori pas de révolution » racontait ce midi Thierry Chabagny (Gedimat) auteur d’une superbe traversée de la Manche et d’une constance déconcertante sous spi. Oui, une fois Owers doublée, l’ordre de passage pourrait bien dicter l’ordre d’arrivée, quoique… Car dans la deuxième traversée de la manche, par ce vent d’Ouest pour 15 nœuds, les marins vont devoir faire des choix de voiles d’avant cruciaux : génois ou spi ? Des manœuvres qu’ils effectueront dans la nuit noire rompus de fatigue. Puis, il faudra gérer le courant contre à Antifer et le renforcement de la brise côtière sur les derniers milles devant les falaises… A quelques heures du finish de la 48e édition de La Solitaire URGO Le Figaro personne ne peut encore dire qui l’emportera. Lunven et Hardy, un sacré duel !

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