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470. Camille Lecointre et Jérémie Mion ensemble pour viser Paris 2024 !

C’est un duo de choc qui visera l’or pour Paris2024 en 470. Camille Lecointre et Jérémie Mion vont se préparer pour les prochains JO.

Dans à peine 3 ans, 33 mois exactement, débuteront les épreuves de voile Olympique sur le plan d’eau de Marseille. Et c’est dès maintenant que se prépare cette prochaine Olympiade. Parce que les compétitions sur le support 470 deviennent mixtes, les duos formés pour Tokyo deviennent invalides. Dorénavant, chaque duo devra être composé d’une femme et d’un homme. Presque comme une évidence, Camille Lecointre, double médaillée de bronze, et Jérémie Mion, qui a déjà deux olympiades à son actif, formeront un duo de choc. Ils se connaissent bien et s’apprécient, pour avoir débuté la voile ensemble au Havre et pour avoir été partenaires d’entrainements.

Pour Camille et Jérémie, se choisir était évident. Selon Camille, « Jérémie c’était l’évidence si je décidais de repartir. Il commence à avoir de la bouteille sur le 470, il a fait deux fois les JO, au niveau technique et expérience, je ne pouvais pas rêver mieux. Et puis c’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup et je sais qu’humainement ça va être chouette. ». Pour Jérémie, « ça coule de source. Il n’y a pas meilleure barreuse que Camille en France. Pour ne rien gâcher, je la connais depuis longtemps, on s’apprécie, on vient tous les deux du Havre, on a eu beaucoup d’entraîneurs en commun, l’aventure peut-être super belle ! Et puis j’ai vu l’énergie que Camille dégage, c’est une lionne qui ne lâc he jamais rien, même médaillée de bronze à Tokyo elle était déçue et prête à repartir ! ».
Camille et Jérémie reprendront les entraînements ensemble en 2022 avec l’objectif d’être présents et bien prêts pour le championnat du monde qui se déroulera dans un an en Israël. Pour le moment, ils vont chacun prendre le temps de naviguer sur d’autres supports, de faire une pause d’Olympisme et de 470, mais pas de navigations. « Ça fait longtemps qu’on fait du 470, on connaît le bateau par cœur, et on s’est préparés pendant 5 ans pour les JO de Tokyo, on a à cœur de prendre du temps pour nous avant de nous replonger dans tout ça », expliquent-ils. Camille prend donc le temps de multiplier les navigations sur des supports différents (SailGP, Star Sailor League, etc) tandis que Jérémie courra la prochaine Transat Jacques Vabre avec Cédric Château en Class 40. De quoi enrichir leur expertise.


Palmarès Camille Lecointre
3 participations aux Jeux Olympiques (4è en 2012, 3è en 2016 et 2020)
Championne du monde (2016)
Triple championne d’Europe (2013, 2019, 2021)
Palmarès Jérémie Mion
2 participations aux Jeux Olympiques (7è en 2016, 11è en 2020)
Champion du monde (2018)
Triple champion d’Europe (2013, 2016, 2021)

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Mini-Transat. Tanguy Bouroullec : « Ça promet une belle deuxième étape ! »

Arrivée première étape Mini Transat 2021

Vainqueur en proto de la première étape, Tanguy Bouroullec revient sur sa course et cette étape compliquée.

Vous remportez cette première étape. Quel est votre ressenti ?
« Quand on arrive d’une étape de Mini Transat, on ne sait pas bien ce qui s’est passé en mer. A terre, vous en savez toujours beaucoup plus que nous ! Pour moi, ça a clairement été la surprise de voir apparaître Fabio (Muzzolini) ce matin à l’AIS. J’ai même pensé que mon système déconnait car la veille, j’avais 40 milles d’avance sur lui. On a discuté un peu à la VHF. J’ai compris qu’il avait accéléré toute la nuit dernière grâce à un meilleur angle de descente que moi. J’avais peur que Pierre Le Roy soit avec lui mais j’ai appris en franchissant la ligne d’arrivée que j’étais premier donc c’est cool. »

C’est votre deuxième podium sur une étape de Mini Transat (3e lors de l’acte 1 en 2019), mais votre première victoire. Cela vous permet de conserver votre objectif de l’emporter lors de cette 23e édition…

« Oui. Je suis super content, surtout que ça a été une étape assez compliquée. On est que quatre à être passés au cap Finisterre. J’ai su qu’une large majorité de la flotte s’était abritée en raison des conditions météo. Ça m’a fait bizarre d’apprendre ce genre de nouvelle. J’ai sorti mes cartes pour voir où les uns et les autres s’étaient arrêtés. Ca a, de fait, été une étape compliquée sur le plan météo. J’ai hâte de voir la cartographie pour comprendre tout ce qui s’est passé. Je ne sais pas du tout d’où est sorti Fabio ! On a eu des conditions complexes, avec des doubles dorsales, un front au milieu… c’était dur de savoir où on était par rapport à tout ça. »

Vous semblez arriver tout frais…
« Tout frais ? Non, ça c’est parce qu’il y a eu un grain juste avant l’arrivée qui m’a réveillé ! (Rires) En vrai, ça va quand même. Le bateau va bien. Je n’ai rien cassé. C’est nickel, il est prêt pour la deuxième étape. Comme je l’ai déjà dit, ce premier acte a été compliqué sur le plan météo, mais il y a quand même eu du plaisir, notamment lors des derniers jours. Juste avant Madère, on a eu une mer assez plate. Ça allait vraiment vite, ça glissait sur les foils. Ça a été des moments sympas et ils ont fait du bien car ça a quand même été un peu sport comme étape. La sortie du golfe de Gascogne, en particulier, a été copieuse. »

La sortie du golfe, justement, a été, comme annoncée, un passage clé de la course…
« C’est peu de le dire ! Elle a été complexe ! Dans le petit front, lors de la deuxième nuit, j’ai quand même pris 36 nœuds en rafales ! En Mini, autant de vent, au près, ce n’est pas très marrant. Après, je me suis un peu raté dans la dorsale. Le « dégolfage » n’a vraiment pas été simple. On savait que ce serait un passage déterminant mais on ne s’attendait pas à ce que la porte se ferme à ce point juste derrière nous. On a eu de la chance pour ça. C’est sûr que pour le classement général en Proto, ça a fait un trou. »

Un trou sur le reste de la flotte, certes, mais le match reste très serré pour le podium…
« Ça promet une belle deuxième étape ! Le match reste ouvert. Une heure, à l’échelle d’une transat, ce n’est rien et Irina (Gracheva) n’est pas très loin non plus ! »

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Mini-Transat. Victoire de Tanguy Bouroullec en Proto sur la 1ère étape

Tanguy Bouroullec a réussi à s’imposer à bord de son Mini Pogo foiler sur cette première étape de la 23e édition de la Mini Transat EuroChef. Le skipper de Tollec MP/Pogo a frnhi l ligne d’rriée e lundi à 17h48. Il aura mis 7 jours 02 heures 12 minutes et 30 secondes pour boucler les 1 350 milles du parcours entre Les Sables d’Olonne et Santa Cruz de La Palma à la vitesse moyenne de 7,85 nœuds.

Fabio Muzzolini devrait compléter le podium devant Pierre Le Roy et Irina Gracheva.
Ces 4 protos courraient seuls en tête depuis le passage du Cap Finisterre où le reste de la flotte avait décidé de s’arrêter pour se mettre à l’abri.

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Mini-Transat. Le retour de Fabio Muzzolini pour une arrivée à 3

Fabio Muzzolini est revenu dans le match. Ils sont désormais 3 en proto avec Tanguy Bouroullec et Pierre Le Roy pour jouer la victoire sur cette première étape folle à moins de 80 mn de l’arrivée.

Ce lundi, aux environs de 8 heures, les premiers Proto de la 23e Mini Transat EuroChef ont franchi la porte virtuelle obligatoire mise en place peu avant le départ de cette première étape dans l’éventualité d’une dégradation de la situation sur l’île de La Palma, en raison du volcan Cumbre Vieja entré en éruption le 19 septembre dernier. Le passage de cette ligne, située à 80 milles au nord de l’archipel des Canaries, non loin des îles Selvagens, a provoqué un resserrement entre les leaders Tanguy Bouroullec (969 – Tollec MP/Pogo), Pierre Le Roy (1019 – TeamWork) et Fabio Muzzolini (945 – Tartine sans Beurre). Ce dernier s’est même installé aux commandes de la flotte ce matin. Le match promet d’être passionnant jusqu’au passage de la ligne attendu ce soir, entre 19 et 21 heures !

Si Tanguy Bouroullec et Pierre Le Roy se sont régulièrement échangé la première place depuis le départ de cette première étape, le 27 septembre dernier, leur course ne se résumera pas à un duel. Fabio Muzzolini, qui pointait à une cinquantaine de milles des deux leaders hier à la mi-journée, s’est, en effet, parfaitement replacé dans le match ces dernières 24 heures. Mieux, il s’est offert le luxe de franchir la fameuse porte virtuelle en tête avec une avance de 30 minutes sur son poursuivant le plus proche. Son décalage dans l’Est de 45 milles sur Tollec MP/Pogo puis de 60 milles sur TeamWork, lui a permis de bénéficier à la fois d’un meilleur angle de progression et de davantage de pression que ces rivaux. Pour preuve, il a tenu des moyennes à deux chiffres toute la nuit quand ses deux concurrents ont cavalé entre 7 et 9 nœuds. Plus intéressant encore, il n’a pas été contraint d’effectuer un empannage contrairement au Lillois qui a perdu gros ces dernières heures. Pour preuve, le voilà maintenant relégué en troisième position à 15 milles du navigateur franco-italien, après avoir un temps mené les débats avec 45 milles d’avance à la suite d’un joli coup tactique au cap Finisterre. Alors à qui la victoire dans ce premier acte à Santa Cruz ? Pour le savoir, il va falloir patienter jusqu’à ce soir. En attendant, le suspense reste entier ! A titre d’information, la cartographie sera actualisée toutes les 15 minutes dans un rayon de 10 milles avant l’arrivée.

Un vent en « gruyère » pour le gros du peloton
Chez le reste des Proto tout comme chez les bateaux de Série, le match se poursuit. La Russe Irina Gracheva (800 – Path) est attendue dans la nuit ou demain aux premières lueurs du jour aux Canaries. Elle reste ainsi parfaitement placée pour atteindre son objectif de terminer dans le Top 5 en Guadeloupe, à l’issue de la deuxième étape. Ce sera naturellement nettement plus compliqué pour tous les autres qui évoluent, ce lundi, à plus de 700 milles de la tête de flotte et qui seront, en prime, moins rapides que les leaders sur cette portion du parcours entre le Portugal et La Palma, faute d’alizés bien établis. Outre Melwin Fink (920 – SignForCom) puis Christian Kargl (980 – All Hands on Deck), les deux leaders en Série, qui vont filer bon train jusqu’aux Canaries, les autres vont, en effet, devoir composer avec un vent assez irrégulier toute la journée, et ainsi afficher de vitesses en dents de scie, comme cela est déjà le cas. En cause, le passage d’une dorsale qui génère un vent peu homogène au large des côtes portugaises. Les vitesses des Ministes sur zone oscillent donc entre 5 et 11 nœuds, avec un avantage assez net pour les bateaux positionnés les plus au large. Ils bénéficient d’un peu plus de pression que leurs adversaires plus proches de la terre, sachant que le peloton s’étale sur près de 90 milles en latéral.

Des nouvelles de Georges Kick
Georges Kick, le doyen de la course dont le bateau s’est trouvé drossé à la côte dans la nuit de samedi à dimanche, à l’entrée du port de Ribadeo, lors du passage d’un front très actif avec des rafales à 50 nœuds, a indiqué à la Direction de course son intention de gruter son bateau puis de le remorquer par la route jusqu’à La Rochelle.

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Voiles de St-Tropez. Place aux Maxis

La première semaine des Voiles de St-Tropez aura été magnifique avec une large panoplie des registres donnant chaque jour des régates toujours aussi disputées. Parmi tous les vainqueurs dans les 10 catégories de voiliers de tradition en course, les Voiles couronnent des bateaux d’exception, à la signature des plus grands architectes navals. Chez les Modernes, Pretexte (Nacira 47), pour le Trophée North Sails (IRCB), et Nanoq, skippé par le Prince du Danemark pour le trophée BMW (IRCC) ont survolé leurs débats dans des groupes pourtant particulièrement compétitifs.

Epoque Aurique A – Trophée Rolex
7 magnifiques voiliers plus que centenaires régataient au sein du Groupe Epoque Aurique A et se disputaient âprement le fameux Trophée Rolex. Le cotre signé Herreshoff Scud a mis tout le monde d’accord, en signant trois victoires de manche. Des trois spectaculaires P Class en lice, c’est Olympian, (Gardner 1913) qui tire le mieux son épingle du jeu et décroche la deuxième place devant Corinthian (Herreshoff).

Epoque Aurique B
Des yawls, des 8 M J, des cotres et autres sloops naviguent au sein de ce groupe très spectaculaire. Habituée des podiums, Eva (Fife 1906) s’est imposée au classement final, très à l’aise dans le petit temps, mais moins inspirée par la brise de mercredi. Elle laisse dans son sillage l’élégant Class30 New Yorkais Oriole (Herreshoff 1905) et le vénérable 8 m Folly (Nicholson 1908).

Epoque Marconi A
14 unités régatent dans ce groupe où l’on retrouve des yawls, des ketchs, des cotres mesurant jusqu’à près de 25 mètres comme le ketch Hygie. Le plan Olin Stephens de 1938 Blitzen l’emporte d’un point grâce à sa victoire finale face à Varuna. Recluta, grande vedette des Voiles cette année est troisième!

Epoque Marconi B
Groupe très homogène où yawls, cotres ou sloops, nés à la fin des années trente, affichent tous des longueur à la flottaison entre 16 et 17 mètres. Les régates y sont très serrées et ont vu la victoire finale de Jour de Fête (Paine 1930), devant Stormy Weather (Stephens 1934) et Skylark (Sparksman&Stephens 1937) troisième.

Epoque Marconi C
Joli groupe qui rassemble de nombreux 8 m et 6 m et autres bermudiens de différentes classes. Le 8 m JI Carron II (Fife) qui a engrangé victoires et deuxièmes places, l’emporte devant Andale (Potter 1951) et One Wave (Camatte 1948).

Groupe Grand Tradition
Dominant le plan d’eau par leur taille majestueuse, ce groupe de 12 unités d’exception affiche des longueurs à la flottaison pouvant dépasser 35 mètres. Le 15 m JI The Lady Ann, toujours aussi redoutable et véloce s’adjuge trois manches. Il devance au général Halloween, (Fife 1926) et Sumurun (Fife 1914).

Classique Marconi A
C’est le sloop bermudien Lys, (Sparksman &Stephens 1955) barré par Philippe Monnet qui l’emporte devant le ketch Eugenia V (P rhodes) et le yawl Hermitage (Levi/I&P) skippé par Lionel Péan.

Classique Marconi B
10 voiliers – sloops, yawls, cotres – entrent dans cette catégorie. Les deux sloops bermudien, Resolute Salmon (Briton Chance 1976) et Sagittarius (Sparksman&Stephen 1971) devancent cotre Outlaw (Illingworth & Primrose), lancé en 1963 pour l’Admiral’s Cup.

Classique Marconi R
C’est l’équipage Néerlandais de Encounter (Frers 1976) qui a devancé les deux 12 mJI, celui des Italiens de Il Moro (Frers 76) l’équipage français d’Ikra (Boyd 1964)

Groupe Invités :
Difficilement classable au regard de leur petite taille et de leurs gréements singuliers, 5 sublimes voiliers régatent aux Voiles au sein du Groupe dit “Invités”. Chacun offre aux regards une page d’histoire maritime, d’imagination architecturale au service de l’élégance mais aussi de la performance. Jap, le cotre aurique barré par Harold Cudmore, coiffe ses adversaires Dainty et Joséphine.

Et les Modernes…
Ils étaient 140 voiliers Modernes à régater sous la règle IRC, dans des groupes B, C, D, E et F. Tous les bateaux ont couru chaque jour, soit 5 courses.

IRC B – Trophée North Sails
C’est le Nacira 47 Pretexte qui l’emporte devant Solano, brillant deuxième, le X 50 Ectabane d’Alain Monnier barré par Jean Paul Mouren terminant troisième.

IRC C – Trophée BMW
29 voiliers de 13 à 15 mètres naviguent dans ce groupe. Belle domination du TP52 Nanoq , avec Tom Slingsby à la stratégie et le Prince Frederic du Danemark à la barre, dans un joli duel face àau Ker 46 Daguet3. Le Russe Favorit Plus , accroche de haute lutte le dernier accessit.

IRC D – Trophée Suzuki
26 bateaux composent ce groupe. Le Cap 31 Britannique Northstar 2 de Peter Dubens a aligné trois belles victoires de manche, dont une dernière avec Kevin Escoffier à bord. Egalité de points derrière lui entre Buran et Xantus, Buran montant sur la deuxième marche au bénéfice de sa victoire de manche.

IRC E – Trophée Marines de Cogolin
21 bateaux – Pascal Fan et son King of Blue auront alterné le bon et le moins bon. Suffisant pour l’emporter devant Eden et Bagatelle.

IRC F
Le Tofinou Suisse Jolt de Tily Harrison a bien maitrisé ce joli groupe riche de 18 unités. Il n’aura laissé qu’une seule manche à ses adversaires, les deux autres Tofinou 9,5 Pitch et Outsider.

Les Voiles 2021, première semaine, en chiffres
200 voiliers pour cette première semaine, 116 modernes et 82 voiliers de tradition.
2 500 équipiers, représentant plus d’une vingtaine de nationalités.
200 bénévoles : équipes en mer et à terre
60 Bateaux de l’organisation sécurité, presse et invités.
Cette année la fréquentation du village des voiles (2100m2 ) a connu un beau succès malgré la jauge limitée à 900 personnes qui a créé quelques files d’attente

Place aux Maxis :
Début des inscriptions ce dimanche 3 octobre 2021 pour les Maxi yachts, avec plus de 40 unités allant de 18 à 42 m qui régateront du mardi 5 au samedi 9 octobre inclus. La deuxième semaine de course réservée aux grandes unités modernes promet d’être vraiment exceptionnelle et spectaculaire. Parmi ces géants vont évoluer les prestigieux Wally. Ces yachts d’exception conçus et réalisés par le fidèle partenaire des Voiles, leader mondial de l’innovation caractérisé par le design, la technologie, la performance et le luxe.

Ils ont dit :
Pierre Roinson, Président de la Société Nautique de Saint-Tropez :
« Toutes les équipes, les skippers, les propriétaires que j’ai rencontré sont enchantés. Cette première semaine a vraiment « coché toutes les cases » et je remercie les Comités de course pour leur très bonne maitrise. Après l’année Covid, ce sont véritablement les Voiles du renouveau auxquelles nous assistons. L’ambiance à terre a été digne des plus belles années de la Nioulargue, avec un défilé des équipages des plus pittoresques, la sardinade et le bar du village qui n’a pas désempli, le tout dans le respect des consignes sanitaires. Nous allons découvrir une seconde semaine inédite avec un plateau exceptionnel de près de 40 Maxi-yachts. Et tous les départs seront donnés devant le Port de Saint-Tropez ! »

Clément Giraud, (Vendée Globe 2020/2021) Stiren
« Cela m’a fait énormément plaisir de retrouver les Voiles après quatre années d’absence. On y fait des rencontres extraordinaires, de personnalités, des pointures. On s’est bien amusé à bord de Stiren, un bateau pas si facile à mener, surtout dans le clapot. J’étais N°1. J’ai réappris à jouer avec les tangons. Je vais passer de nouveau en mode « Imoca » pour la Transat Jacques Vabre, en retrouvant à la Rochelle et mon bateau « La Compagnie du Lit », que je prépare avec Erik Nigon. Vivement le départ le 7 novembre au Havre… »

Torben Gradl, Scud, vainqueur du Trophée Rolex
« Cette semaine a été très variée. Nous avons réussi à construire notre victoire lors des journées de petit temps, ce qui n’est pas évident pour Scud. Nous aimons la brise, et les journées de mercredi et vendredi ont joué en notre faveur. Naviguer ici, au milieu des bateaux centenaires, est un vrai plaisir, surtout avec cet équipage. »

Ils sont aux Voiles :
Benoit de Froidmont, Pierre Casiraghi, Eric Dumont, Olivier Douillard, SAR Frederik du Danemark, Kevin Escoffier, Flavio Favini, German Frers Tara Getty, Clément Giraud, Torben Grael, Bill Jayson, Bruno Jourdren, Alexis Loison, Xavier Macaire, Philipe Monnet Jean Pierre Nicol, Marc Pajot, Lionel Péan, Loïck Peyron, Quentin Ponroy, Cécile Poujol, Yohann Richomme, Maxime Sorel, Bruno Troublé.

Les Trophées des Voiles 2021 :
Coupe Ville de Saint-Tropez :
La Coupe de la Ville de Saint-Tropez est attribué au premier Voilier Moderne aux points, toutes catégories confondues : Northstar 2 – Peter Dubens

Trophée Rolex
Le Trophée Rolex est attribué au premier de la catégorie des EAA (Epoque Aurique A) : Scud – Patrizio Bertelli

Trophée BMW
Le Trophée BMW est attribué au premier de la catégorie IRC C : Nanoq – Crown Prince Frederic du Danemark

Trophée North Sails
Le Trophée North Sails est attribué au premier Voilier Moderne de la catégorie IRC B – Prétexte – Benjamin Hureau

Trophée Suzuki
Le Trophée Suzuki est attribué au premier Voilier Moderne de la catégorie IRC D : Northstar 2 – Peter Dubens

Trophée les Marines de Cogolin
Le Trophée Marines de Cogolin est attribué au premier Voilier Moderne de la catégorie IRC E : King of Blue – Pascal Fan

Trophée Torpez
Le Trophée Torpez est attribué au premier Yacht de Tradition de la catégorie Classique Marconi A Lys – Philippe Monnet

Trophée Mercantour Events
Le Trophée Mercantour Events est attribué au premier Yacht de Tradition de la catégorie CMB (Classique Marconi B) : Resolute Salmon – Walter Pizzoli

Trophée Bessarat de Bellefon
Le Trophée Besserat Bellefon est attribué au premier des Grand Tradition : The Lady Anne – Richard Le May

Trophée SNSM
Le Trophée SNSM est attribué au premier Yacht de Tradition EMB (Epoque Marconi B) : Jour de Fête – Elise Garcin

Trophée Marshall
Le Trophée Marshall est attribué au premier Yacht de Tradition EMA (Epoque Marconi A) : Blitzen – Charles Dunstone

Trophée du Yacht Club de France
Le Trophée est attribué au voilier “coup de cœur” du YCF : Marge – Stéphane Baudry

Trophée Société Nautique de Saint-Tropez
Le Trophée est attribué au voilier “coup de cœur” de la SNST : Stormvogel – Graeme Henry

Club 55 Cup : The Kid, Jean-Pierre Dick
Défilé des équipages : Motion sur le thème des mariées

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Mini-Transat. Duel en proto pour une arrivée ce lundi, un mini échoué, un safran arraché par un orque

La victoire en proto devrait se jouer entre Tanguy Bouroullec et Pierre Le Roy qui devraient arriver demain entre 11h et 15h. Tous les bateaux ont repris la mer mais 3 d’entre eux ont subi des attaques d’orques. C’est le cas de Jay Thomson qui s’est fait arraché le bas de son safran par un orque 20 mn avant de rejoindre le port. Georges Kick le doyen de la course s’est fait drosser à la côte la nuit dernière à l’entrée du port de Ribadeo.

Tous les concurrents sont de nouveau en mer. Ceux qui avaient fait le choix de s’abriter pour laisser passer un front froid très actif au large du cap Finisterre la nuit dernière sont repartis en course. Dernier à s’être réfugié à terre hier après-midi, mais aussi premier à avoir largué les amarres aux environs de 3 heures ce matin, l’Autrichien Christian Kargl (980 – All Hands on Deck) a parfaitement optimisé le temps de son escale. Il est désormais lancé à la poursuite de l’audacieux Melwin Fink (920 – SignForCom), tout comme le gros du peloton, mais il le sait, les écarts à La Palma vont forcément être importants entre les premiers et les derniers. C’est vrai pour les Série, mais aussi et surtout pour les Proto. Et pour cause, la petite bande des quatre échappés est attendue sur la ligne d’arrivée ce lundi après-midi, entre 11h et 15 heures.

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L’audace et la témérité de Melwin Fink ont payé. Le navigateur Allemand, qui, contrairement à la totalité de ses adversaires en bateaux de Série, a fait le pari d’affronter le mauvais temps la nuit dernière, a réussi son coup. Malgré les conditions toniques (jusqu’à 35-40 nœuds dans les rafales), il est parvenu à poursuivre sa route vers le sud sans souci majeur. Ce dimanche, il cavale à la latitude de Lisbonne avec entre 150 et 200 milles d’avance sur le gros du peloton ce qui, sauf avarie, devait lui permettre de remporter cette première étape de la Mini Transat EuroChef avec un solde d’au moins 24 heures sur ses concurrents. Selon les derniers routages, son arrivée à Santa Cruz de La Palma est, en effet, attendue dans la journée de jeudi quand celle du gros de la meute est prévue à partir de vendredi après-midi. Parler de hold-up est donc un euphémisme pour le skipper du Pogo 3 aux couleurs de SingForCom.

Un hold-up pour Fink, un joli coup pour Kargl

Idem, mais pour des raisons différentes et dans une moindre mesure pour Christian Kargl. L’Autrichien, qui, comme 82 autres marins de l’épreuve, a pris le parti de mettre sa course entre parenthèses pour laisser passer le gros du front, a optimisé au maximum le temps de son escale. Le skipper de All Hands on Deck a prolongé sa route jusqu’au port de Viana do Castelo pour se mettre à l’abri, tandis que ses rivaux ont fait le choix de faire escale dès hier matin, dans des ports Galiciens. Mieux, il a été le premier à « redécoller » aux environs de 3 heures ce dimanche, quand les autres ont préféré attendre les premières lueurs du jour – ou plus encore – pour faire de même. Pour preuve, les marins en stand-by à La Corogne puis à Portosín ont quitté leur abri vers 5 heures. Ceux arrêtés à Muxía sont repartis à 7 heures, tout comme ceux amarrés à Baiona, tandis que ceux à poste à Camariñas ont attendu 10h30 pour reprendre la mer. Le voilà donc qui pointe en deuxième position dans sa catégorie, avec un bonus de 65 milles sur la troisième Julie Simon (963 – Dynamips). A noter : cette dernière fait partie de la petite bande des 22 marins qui avait fait escale à Baiona. Un groupe qui, après avoir fait le choix collectif de marquer une escale, a tenu à maintenir une certaine équité sportive. Ainsi, les plus avancés par rapport à la distance au but avant l’annonce du BMS (bulletin météorologique spécial) ont été les premiers à partir, dans un ordre et avec des écarts parfaitement établis.

A qui la victoire en Proto demain à Santa Cruz de La Palma ?

Le match est donc relancé à tous les étages. Même chose chez les Proto, y compris pour Piers Copham (791 – Voiles des Anges). Le Britannique, qui a clairement essuyé le plus fort du vent, avec 43 nœuds de vent moyens et des rafales à 50, pointe actuellement en 5e position dans sa catégorie. Sa vitesse de progression, plutôt lente dans les conditions actuelles, laisse toutefois à penser qu’il a laissé quelques plumes dans la bataille. Aux avant-postes, la bagarre se poursuit entre Tanguy Bouroullec (969 – Tollec MP/Pogo) et Pierre Le Roy (1019 – TeamWork). Désormais à la latitude de l’archipel de Madère, les deux leaders se rendent coup pour coup mais depuis hier soir, l’avantage est redonné au skipper Finistérien. Après avoir compté jusqu’à 45 milles de retard sur son adversaire, ce dernier occupe actuellement les commandes avec une avance de 17 milles sur son dauphin. A moins de 24 heures de l’arrivée, cela lui suffira-t-il pour l’emporter ? Rien n’est moins sûr car aux abords de l’île de La Palma, le vent risque de tamponner. Les derniers milles pour rejoindre la ligne d’arrivée pourraient donc ne pas être si simples. Le verdict est attendu entre 11 heures et 15 heures demain et les paris sont ouverts !

Le bateau de Georges Kick drossé à la côte

Par ailleurs, ce que l’on retiendra de cette journée de dimanche, c’est la grosse mésaventure de Georges Kick. Le médecin anesthésiste à la retraite, doyen de cette 23e édition, s’est, en effet, fait drosser à la côté la nuit dernière, alors qu’il tentait de rejoindre le port de Ribadeo pour éviter le grabuge au cap Ortegal. Un port dont l’entrée est réputé dangereuse en cas de mauvais temps, et qui l’a donc confirmé, au grand désespoir du skipper de Black Mamba dont le bateau est échoué, et manifestement assez endommagé.

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Mini-Transat. L’Allemand Melwin Fink seul en tête en série

La quasi-totalité des concurrents a fait le choix de se mettre à l’abri à l’approche d’une forte dépression. Si en proto 4 concurrents ont réussi à continuer devant, à l’arrière un seul série a poursuivi sa route. Ce samedi, outre les quatre leaders en Proto qui poursuivent leur descente en direction des Canaries à belle vitesse, seuls Piers Copham (719 – Voiles des Anges), Georges Kick (529 – Black Mamba) et Melwin Fink (920 – SingForCom) ont fait le choix de ne pas mettre leur course entre parenthèses. Pour le dernier, le pari pourrait s’avérer gagnant, voire spectaculaire. Et pour cause, le jeune Allemand, qui va, certes, devoir affronter des conditions toniques la nuit prochaine, pourrait bien ainsi prendre une trentaine d’heures d’avance sur le reste de ses concurrents en bateaux de Série sur de cette première étape.

Les conditions annoncées pour la nuit prochaine dans le golfe de Gascogne puis au large du cap Finisterre, s’annoncent particulièrement copieuses, avec jusqu’à 50 nœuds dans les rafales sur une mer forte. La quasi-totalité de la flotte de la Mini Transat Eurochef a décidé de faire confiance à son sens marin et, par conséquent, de se mettre à l’abri. Les uns et les autres (82 skippers au total) ont ainsi rejoint différents ports galiciens et portugais : Baiona, Muxía, Portosín, Camariñas, Viana do Castelo et La Corogne. Tous espèrent décamper dans la matinée de demain, au plus vite après le passage du front froid. Et ils ne devront d’ailleurs pas trainer car ils vont repartir avec un flux de nord-ouest pour 20-25 nœuds qui est prévu de basculer à l’ouest puis au sud-ouest dans la journée de lundi. Dès lors, ils auront le vent dans le nez et devront tirer des bords, ce qui ne rendra évidemment pas leur progression vers l’archipel espagnol très rapide.

Vers une nuit très tonique

Pour ce qui les concerne, les trois Ministes qui ont fait le choix de continuer la course risquent d’engranger de précieux milles pour la suite, en particulier Melwin Fink. Le jeune Allemand, âgé de seulement 19 ans, pourrait, en effet, réaliser un véritable hold-up. Passé en 17e position au cap Finisterre dans sa catégorie des bateaux de Série, hier à la mi-journée, le skipper de SignForCom pourrait compter près de 150 milles d’avance sur l’ensemble de ses adversaires d’ici à 24 heures. Il lui faudra toutefois réussir à préserver au mieux son matériel lors du passage de front. Celui-ci sera moins violent sur sa zone de course (entre Vigo et Porto), que plus au nord où des rafales à 50 nœuds sont attendues sur une mer avec 4,5 mètres de vagues. Il n’empêche que sa nuit s’annonce musclée, avec des rafales jusqu’à 40 nœuds, entre 17 heures ce soir et 1 heure demain, au moment de la bascule du vent entre le sud-ouest et le nord-ouest.

Tanguy Bouroullec revient au score

Plus en avant, à la latitude de Gibraltar, les quatre premiers Proto de la flotte continuent, pour leur part, leur descente au portant. Toujours propulsés par un flux de secteur nord-est d’une quinzaine de nœuds assez instable, ils sont naturellement concentrés sur les réglages et la conduite de leurs montures. En tête, Pierre Le Roy (1019 – TeamWork) a vu son avance se réduire nettement ces dernières 12 heures. Pour preuve : lui qui comptait plus de 45 milles de bonus sur ses trois poursuivants hier après-midi, affiche désormais une avance de 8 milles sur Tanguy Bouroullec (969 – Tollec MP/Pogo). Décalé d’une trentaine de milles plus à l’est, ce dernier revient fort et exploite au mieux le potentiel de son Pogo Foiler. Derrière, Fabio Muzzolini (945 – Tartine sans Beurre) reste en embuscade à 37 milles, mais Irina Gravecha (800 – Path) est désormais un peu décrochée, la faute à un bateau plus vieux mais aussi et surtout moins puissant que ceux de ses concurrents. Leurs arrivées sont attendues à partir de lundi matin à La Palma et la bonne nouvelle, c’est que les alizés qui les accompagnent vont continuer de le faire jusque dans les derniers milles.

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Mini-Transat. Attaque d’orque sur un Mini 6.50

Gaël Ledoux a subi l’attaque d’une orque qui est venu percuter sa coque. Plus de peur que de mal mais le skipper s’est senti bien seul. Ce vendredi après-midi, alors qu’il occupait la tête de la flotte des bateaux de Série et évoluait au large des côtes galiciennes, entre Ribiera et Vigo, le skipper de Haltoflame-Ilots.site a ainsi vu le cétacé percuter son fond de coque puis ses safrans. Le navigateur Malouin s’est remis doucement de ses émotions, et a repris sa route.

Depuis l’été 2020, plus d’une centaine d’interactions entre des orques et des bateaux – principalement des voiliers -, ont été enregistrées le long de la péninsule ibérique, de Gibraltar à la Galice. Les cétacés venant au contact direct de ces navires en les poussant et donnant des chocs ont entraîné, dans certains cas, la rupture d’appendices.
« Les spécialistes indiquent que les orques approchent les bateaux et viennent percuter les safrans, et parfois les cassent ou les arrachent. C’est un phénomène étonnant, qui reste assez incompréhensible », explique Denis Hugues, Directeur de course de cette 23e édition de la Mini Transat EuroChef. A ce jour, les raisons de ces comportements demeurent en effet incertaines, mais quelques hypothèses sont toutefois avancées. Une réaction des animaux déclenchée suite à un incident aversif ponctuel, la combinaison de plusieurs facteurs tels que les pressions auxquelles ils sont confrontés (raréfaction des proies, perturbation par des bateaux, interaction avec les pêcheries) ou tout simplement leur curiosité naturelle sont ainsi des explications possibles. Les 90 Ministes devront donc faire preuve de vigilance au large des côtes portugaises. Depuis avril 2021 un protocole d’action a été mis en place pour les navigateurs en cas d’interaction. L’expérience indique qu’en suivant ce protocole les orques ont tendance à se désintéresser des bateaux. « Le premier conseil, c’est de stopper la machine, d’affaler les voiles et de laisser la barre libre pour éviter les dommages au niveau des safrans ou des foils. En adoptant ces règles, les orques finissent par partir », précise Denis Hugues.

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Guirec Soudée : l’incroyable récit d’une aventure hors du temps

Il conjugue l’aventure par tous les temps et sur la mer. Guirec Soudée est arrivé à Brest et à reçu un accueil triomphal. Retenez son nom si vous ne le connaissez pas encore Il devrait participé au prochain Vendée Globe après avoir racheté le bateau de Benjamin Dutreux.

107 jours après son départ de Chatham au Cap Cod (Nord Est des USA), le 15 juin dernier, Guirec Soudée a réussi son pari et bouclé la traversée de l’Atlantique Nord à la rame. En coupant la ligne d’arrivée fictive du parcours située sur la longitude du phare du Créac’h à Ouessant, il n’a certes pas battu le temps établi par Gérard d’Aboville 41 ans plus tôt, mais il a signé un véritable exploit : avaler plus de 5 000 kilomètres à la force des bras, privé d’informations météo, de moyens de communication et rationné en énergie presque de bout en bout. Dans quelques heures, le navigateur de Plougrescant dans les Côtes d’Armor, touchera terre et livrera l’incroyable récit d’une aventure humaine hors du temps.

Guirec Soudée : « Une aventure à l’état sauvage… »
Après avoir coupé la ligne d’arrivée du parcours théorique de la traversée de l’Atlantique Nord entre Ouessant et le cap Lizard, hier jeudi 30 septembre, à 10h49, Guirec Soudée a fait son entrée à la rame dans la Marina du Château à Brest, aujourd’hui vendredi, peu après 14h30. Heureux, soulagé et les traits à peine tirés, le navigateur de Plougrescant est allé au bout de lui-même et a livré le récit de son parcours mené quasiment de bout en bout sans moyen de communication et avec très peu d’énergie. Une aventure à l’état sauvage, coupée du monde. Extraits…
Une tempête tropicale d’entrée de jeu
« Je me suis battu du premier au dernier jour. Dès le début j’ai eu des courants qui étaient contre moi et quand j’ai réussi à m’écarter de la côte américaine, j’ai enfin réussi à attraper le Gulf Stream et à me retrouver dans des vents et des courants portants. J’ai pu vraiment profiter, être là où je devais être. A ce moment-là, une tempête tropicale m’est passée dessus. C’était prévu. Je me suis retourné et j’avais un petit hublot ouvert sur le pont du bateau pour faire un système de courant d’air. Je n’ai rien pu anticiper et je n’ai pas réussi à le fermer. Tout ce qui était à l’extérieur a été aspiré. Je sentais l’eau monter, monter… jusqu’à l’autre hublot qui me servait normalement d’endroit pour respirer. Je n’avais plus d’air dans mon bateau et plus d’autre choix que d’ouvrir la porte principale et l’eau a fini par remplir le bateau.

Redresser le bateau à tout prix
Je me suis dit : « là, l’aventure commence sérieusement ! ». Je savais que j’étais au début de cette tempête tropicale, que j’allais avoir plus de 60 nœuds, peut-être 7 mètres de creux, peut-être plus. Je me suis retrouvé sur la coque du bateau, à l’envers, et je voyais mes affaires partir, mes vestes, mes salopettes. J’essayais de redresser le bateau mais je ne pouvais pas parce qu’il était plein d’eau. Je ne pouvais pas accepter la défaite. Je me disais qu’il y avait une solution. Au bout d’un moment, j’ai vu mon ancre flottante partir au fond et je me suis dit mais bien-sûr ! J’ai plongé pour la récupérer, je l’ai amarrée à un bout qui trainait derrière le bateau qu’il soit vraiment en travers des lames. Au bout de deux trois heures il a fini par se redresser. J’étais complètement euphorique, je hurlais dans tous les sens. J’ai vidé mon bateau au seau. On était à moitié entrain de couler. J’ai fini par réussir à sortir toute l’eau. Malheureusement je n’avais plus d’électronique à bord, plus de moyen de communication.

Il fallait que je continue
C’est là que je me suis dit qu’il allait falloir que je trouve un moyen de prévenir mes proches à terre. Au bout d’une trentaine d’heures, j’ai eu la chance de trouver un cargo, que j’ai pu contacter pour rassurer tout le monde. Je ne savais pas où j’allais mais il fallait que je continue. Le bateau flottait, physiquement j’étais en forme, j’avais de la nourriture même si au bout de quelques jours je n’avais plus de gaz et j’ai dû manger froid. C’était vraiment l’aventure à l’état sauvage. J’ai continué ma route. J’ai fait des rencontres de fou ! J’ai des dorades qui sont restées des semaines dont une que j’ai apprivoisée et que j’ai appelé Paulette. J’ai eu un fou de bassan, Pédro, qui m’a suivi sur des centaines de kilomètres. J’ai eu des requins blancs à l’arrière de mon bateau, des orques, des baleines.

Vivre sans connexion : une chance
J’avais déjà vécu le faire de vivre sans connexion et c’est une chance. Qui aujourd’hui peut se permettre d’être coupé du monde pendant des semaines et des mois ? Ce qui m’embêtait c’était de ne pas pouvoir donner de nouvelles et de ne pas avoir de météo. La météo a été un réel problème. A la voile, c’est quand même plus simple qu’à la rame.

Des vents contraires aux Açores
Une fois aux Açores, j’ai commencé à avoir des vents contraires. J’arrivais quand même à progresser, jusqu’au moment où je me trouvais à 380 milles de Ouessant. Ça faisait deux mois et demi que j’étais en mer, et là je me suis dit : « Dans une semaine, c’est bon, je rentre à la maison, je rentre en Bretagne ». Mais j’ai mis 24 jours à revenir à mon point de départ. Au début, je suis parti plein Nord-Ouest, en direction de l’Islande et j’ai décidé de faire demi-tour en espérant avoir des vents portants. C’était la bonne option.

« J’y suis arrivé ! »
Il était temps d’arriver. Quand j’ai croisé mes premiers pêcheurs bretons, du Guilvinec, j’avais l’impression d’être à la maison. Je me suis fait un peu secouer en approchant mais je savais que je n’étais plus très loin. Je suis là et c’est un miracle d’être arrivé avec mon bateau, à l’endroit où je voulais. En ligne droite c’est 5000 km mais j’en ai peut-être fait 8000. J’ai mis 107 jours alors que j’avais prévu 70-80 jours. Tant que j’avais de l’eau, je me disais, ça le fait ! Je n’ai rien lâché, il fallait y croire ! Il fallait que j’y arrive… et j’y suis arrivé ! ».

Un premier chapitre sur l’Atlantique Sud

C’est par une traversée de l’Atlantique d’Est en Ouest, des Canaries à Saint-Barthélemy, lancée le 15 décembre et achevée le 26 février, qu’a débutée la nouvelle aventure de Guirec Soudée : 74 jours à la rame, à bord d’un monotype océanique de 8 m de long pour 1,6 m de large, en solitaire et donc sans sa désormais célèbre poule Monique. Son objectif dès qu’une fenêtre météo se présenterait, s’attaquer à l’Atlantique Nord et ramer dans le sillage de Gérard d’Aboville parti 41 ans plus tôt du même site pour rallier Brest en empruntant les courants du Gulf Stream.

Une entame marquée par une violente tempête

15 juin – départ
Une fenêtre météo s’ouvre enfin sur la face Nord de l’Atlantique et Guirec met le cap sur sa traversée retour. Mais la situation météo n’a finalement rien de favorable et très vite, le navigateur doit faire face à des courants sinueux et un vent de sud qui l’expédient vers le plateau continental canadien. Dix jours durant, il ramera contre le courant, faute de quoi il finira sa traversée en Nouvelle-Ecosse. Une entrée en matière épuisante. Fin juin, il peut enfin faire cap à l’Est et gagner le grand large.

3 juillet – 18e Jour
La situation se gâte sérieusement. Frappé par une violente tempête, des vents de 45 nœuds, rafales à 60, et des creux de 7 mètres, son équipe perd sa position et la possibilité définitive de le joindre par téléphone satellite. L’hypothèse d’un chavirage et de l’eau venue remplir l’habitacle de son bateau s’impose. La question de l’état du marin se pose : Est-il toujours en vie ? Demande-t-il assistance ? Le Cross Gris Nez est alerté.

3 juillet – 19e jour
Par la coordination du CROSS Gris Nez et du RCC Boston, un cargo panaméen le Tsukuba Maru naviguant proche de la dernière position connue de Guirec, est contacté et se déroute pour mener l’enquête sur zone. Malgré les 4 mètres de creux et les 25 nœuds de vent résiduels, l’équipage du cargo établit une liaison radio avec Guirec. Aucune assistance n’est demandée, Le bateau est redressé, il dit continuer à faire route vers la Bretagne et prie son équipe de ne « surtout pas s’inquiéter pour lui » !

Cap sur une aventure… à la Moitessier

Une autre aventure débute alors, celle d’une attente à terre du moindre message capté par un autre bateau par voie VHF. Ces échanges sont aussi pour Guirec l’occasion de récolter des informations météo dont il est désormais privé et d’adapter sa stratégie pour essayer d’éviter d’aller se frotter à de trop grosses conditions ou tout au moins les anticiper.
Blanche de tout message du navigateur, la première quinzaine d’août est l’objet de toutes les angoisses… avant une nouvelle aussi brève que rassurante : « Je vais bien, je continue ma route ».
Routeur de Guirec, Maurice Uguen accompagnait déjà Gérard d’Aboville 40 ans avant. Il témoigne alors que le bond dans le passé est bien plus important. Il faut en effet remonter à l’époque de Bernard Moitessier pour retrouver ce mode si restreint communication et un marin qui envoyait alors à la fronde des missives sur le pont des navires de commerce qu’il croisait.

Le 2 septembre – 80e Jour
Un petit miracle se produit. Par l’entremise des officiers d’un cargo, Guirec est mis en relation avec sa famille par le biais d’un téléphone collé à la VHF. L’occasion, au-delà de l’évidente émotion, de donner des nouvelles et une position : après 8 jours de marche arrière à cause des vents rencontrés à l’approche de la Bretagne, il se trouve alors à 500 milles dans l’Ouest – Nord Ouest de Brest. Il confirme également l’hypothèse du chavirage, une installation électronique très endommagée et surtout le fait qu’il lui reste assez de vivres pour tenir encore.

Le 24 Septembre – 103e jour
L’avion patrouilleur Atlantique 2 de la Marine Nationale survole Guirec et établit le contact avec Guirec. De ce dialogue mémorable, on comprend mieux ce qui s’est passé le 2 juillet. La tempête tropicale a chaviré l’esquif de Guirec, un hublot ouvert a permis à l’eau d’envahir la cellule de vie, contraignant Guirec à la quitter en pleine tempête. L’archétype du scénario catastrophe. S’en sont suivies de longues heures dehors à tenter de redresser son bateau empli d’eau. « C’était chaud ! » leur dira Guirec qui est alors privé de ses moyens de communication, en dehors d’une VHF et d’un GPS portables.

Un dernier coup de tabac avant les retrouvailles avec la terre

Depuis, à l’approche des côtes, les rencontres de Guirec Soudée avec d’autres navires, de pêche ou de commerce, ont pu gagner en fréquence, permettant ainsi à l’équipe à terre d’avoir plus de nouvelles et d’en transmettre au marin. Le week-end dernier, une première fenêtre semblait pouvoir s’ouvrir sur l’arrivée et les retrouvailles avec la terre. Mais c’était sans compter un premier coup de tabac automnal sur la pointe Bretagne et l’évidente impossibilité de laisser Guirec dériver à l’ancre flottante dans le rail d’Ouessant. Grâce à la solidarité de plusieurs bateaux de pêche, le bulletin météo lui était transmis afin qu’il laisse passer le gros temps. Presque une semaine plus tard, après 107 jours de solitude, le rameur est enfin de retour, à Brest, sur ses terres bretonnes. Une arrivée qui prendra des allures de récit hors du temps, tant seul Guirec Soudée sait ce qu’il a vécu pendant cette traversée de l’Atlantique Nord.

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Docu à voir: Solitaire(s), le figariste Achille Nebout avec le musicien Simon Henner

Se sentir vivant pour pouvoir créer. Entre un musicien qui a besoin d’aventure pour composer, un navigateur qui a besoin de musique pour naviguer, Solitaire(s) est un documentaire qui inspire à voir et à écouter.
Lorsque l’artiste Simon HENNER (aka French79) reçoit un message sur Instagram d’Achille NEBOUT fin 2019, il ne se doute pas qu’il se retrouvera quelques mois plus tard à la barre d’un voilier de course en pleine nuit au large des côtes bretonnes dans des conditions musclées.

Entre Lorient & Marseille, ce mini documentaire décrit l’amitié naissante entre deux solitaires, tous deux autant passionnés par leur univers que par celui qu’ils découvrent. L’un navigue en course au large sur un voilier ultra puissant et l’autre mène un projet musical sur les scènes internationales les plus pointues.
En 2020, alors que la crise sanitaire paralyse le monde, Achille Nebout, skipper professionnel en course au large et passionné de musique peint son bateau aux couleurs de French 79.
Simon Henner (Aka French 79) rencontre alors le skipper et ensemble ils larguent les amarres. Ces deux univers, qu’apparemment tout oppose, entrent alors en résonance. Deux trajectoires de vie dont les différences sont bien plus ténues que l’on ne pourrait croire.

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