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Figaro. Départ de la Solo Maître CoQ, 33 marins prêts à en découdre

Vincent Olivaud

La première des cinq épreuves comptant pour le Championnat de France Elite de Course au Large 2022 a débuté ce mardi. Pas moins de 33 Figaristes vont en découdre jusqu’à dimanche avec, au programme, une grande course de 327 milles entre Belle-Ile, Ré et Yeu, puis des parcours côtiers d’une trentaine de milles au large des Sables d’Olonne. Pour tous, anciens comme nouveaux venus sur le circuit, l’occasion s’annonce parfaite pour se (re)mettre doucement mais sûrement dans le bain, valider tout le travail réalisé ces derniers mois, se jauger puis jauger la concurrence. En bref, idéale pour prendre ou reprendre ses marques, d’autant que la météo s’annonce relativement clémente. A tout le moins nettement moins complexe que cela était annoncé encore ce week-end.

« Après avoir multiplié les entraînements ces derniers mois, à présent, on a hâte de rentrer dans le vif du sujet et d’aller régater ! On est là pour ça et on est impatient que ça commence ! », lâche, sans détours, Tom Laperche (Région Bretagne – CMB Performance), le tenant du titre de cette Solo Maître CoQ, résumant à lui seul l’état d’esprit général de la flotte. Se jauger, observer les forces en présence, poser les bases, évaluer les progrès réalisés cet hiver et ceux qu’il reste à faire, ou encore marquer des points d’entrée de jeu font partie des différents objectifs des 33 marins en lice. Trente-trois navigateurs parmi lesquels des habitués du circuit, mais aussi et surtout une foule de « petits nouveaux », parmi lesquels de nombreux étrangers tels que Piers Copham (Voile des Anges), Conor Fogerty (Raw) ou Sanni Beuke (The Race is Female), médaillée d’argent aux Jeux Olympiques de Tokyo 2021 en 49er FX. « Après 14 ans d’olympisme, je démarre cette année une nouvelle carrière au large. Je sais que j’ai beaucoup à apprendre mais je suis déterminée. J’ai découvert que la voile était pour moi plus qu’un simple sport. Un véritable mode de vie », explique l’Allemande qui fait partie de ceux dont l’objectif, cette semaine, est de prendre ses repères puis de progresser, tout comme Chloé Le Bars (Région Bretagne – CMB Océane), Romen Richard (Passion Santé – Trans-Forme), Laurent Givry (Cap Horn) ou encore Basile Bourgnon (Edenred).

Première confrontation en solitaire
« Ça va être la première fois que l’on va se confronter, à la fois aux autres bizuths, aux gros bras du circuit et à des skippers expérimentés. C’est un joli mélange et je pense que l’on peut s’attendre à des surprises », annonce Basile Bourgnon qui a, lui, troqué son Mini 6.50 pour un Figaro Bénéteau cette année. « Je ne me fixe pas d’objectif particulier sur cette première course en solitaire. L’idée, c’est vraiment de voir où je me situe par rapport aux autres. Je me suis énormément investi cet hiver dans ma préparation et dans celle du bateau. J’ai hâte de mettre en œuvre ce que j’ai appris. Je vais tâcher de faire le moins d’erreurs possible et de me concentrer sur l’essentiel », détaille le Morbihannais qui retrouvera, face à lui, des bizuths pas si bizuths, à l’image de Jorg Riechers (Alvar Yachts) qui s’est déjà illustré largement en Mini 6.50 puis en Class40, avec notamment deux podiums sur la Transat Jacques Vabre en 2013 puis 2019, mais aussi Laurent Bourguès (Unis pour l’Ukraine), ancien directeur technique de l’équipe LinkedOut de Thomas Ruyant. « Mon expérience en Figaro 2 lors d’une Transat AG2R m’avait laissé sur ma faim techniquement », souligne le Marseillais, un brin revanchard et, surtout, plus déterminé que jamais pour montrer ce dont il est capable. « Je sais que la classe est très compétitive, y compris dans son actuel renouvellement. Je connais mes forces et mes lacunes. On va voir ce que ça donne ».

De nouvelles têtes à surveiller
Son de cloche identique ou presque du côté de Guillaume Pirouelle (Région Normandie), qu’il conviendra de surveiller de près, lui aussi, même s’il fait ses premiers pas en solitaire sur le support. « Les entraînements se sont plutôt bien passés cet hiver. L’idée, sur cette première course du Championnat, c’est de faire le mieux possible, de voir ce qu’il reste à travailler d’ici à la Solitaire du Figaro », commente le Normand, 5e de la Transat en Double – Concarneau -St Barthélemy puis du Tour de Bretagne à la Voile l’an passé au côté d’Alexis Loison. « Ces expériences m’ont servi à débroussailler le terrain sur un certain nombre de points. J’ai énormément appris mais le double et le solitaire sont deux choses très différentes », note Guillaume, qui préfère rester humble, ne sachant pas vraiment à quoi s’attendre.

Une deuxième pour Laperche ?
« Le match promet d’être hyper intéressant et il va évidemment mettre certaines choses en perspective avant la suite de la saison. Pour ce qui me concerne, mon objectif est de gagner l’épreuve, et notamment de remporter la grande course de 327 milles dont le départ sera donné demain à 11h30. La Solo Maître CoQ est la première course que j’ai remporté en Figaro. Elle a donc une saveur particulière pour moi et j’espère, cette fois encore, qu’elle sera synonyme de bons souvenirs à l’arrivée », termine Tom Laperche qui sera assurément l’homme à battre ces prochains jours, même si, en plus des marins précédemment cités, Tom Dolan (Smurfit Kappa – Kingspan), Elodie Bonafous (Quéguiner – La Vie en Rose), Gaston Morvan (Région Bretagne – CMB Espoir), Achille Nebout (Amarris – Primeo Energie), Loïs Berrehar (Skipper Macif 2022), Erwan Le Draoulec (Skipper Macif 2020), Corentin Horeau (Mutuelle Bleue) ou encore Alan Roberts (SeaCat Services) vont assurément lui donner du fil à retordre !

Suivre la cartographie : https://www.solomaitrecoq.com/cartographie

LES INSCRITS 

Loïs BERREHAR / SKIPPER MACIF 2022
Sanni BEUCKE / THIS RACE IS FEMALE
Alberto BONA / IBSA
Elodie BONAFOUS / QUEGUINER – LA VIE EN ROSE
Basile BOURGNON / EDENRED
Laurent BOURGUES / UNIS POUR L’UKRAINE 56
Piers COPHAM / VOILE DES ANGES
Pep COSTA / TEAM PLAY TO B
Jules DELPECH / ORCOM
Tom DOLAN / SMURFIT KAPPA – KINGSPAN
Violette DORANGE / DEVENIR
Conor FOGERTY / RAW
Robin FOLLIN / LES COMMUNES DU GOLFE
Maël GARNIER / AGEAS – TEAM BAIE DE SAINT-BRIEUC
Laurent GIVRY / CAP HORN
Philippe HARTZ / MARINE NATIONALE – FONDATION DE LA MER
Corentin HOREAU / MUTUELLE BLEUE
Arthur HUBERT / MONATOUTENERGIE.FR
Tom LAPERCHE / REGION BRETAGNE CMB PERFORMANCE
Chloé LE BARS / REGION BRETAGNE CMB OCEANE
Erwan LE DRAOULEC / SKIPPER MACIF 2020
Robin MARAIS / MA CHANCE MOI AUSSI
Gaston MORVAN / REGION BRETAGNE CMB ESPOIR
Achille NEBOUT / AMARRIS – PRIMEO ENERGIE
Nils PALMIERI / TEAMWORK
David PAUL / YOUR NAME HERE
Guillaume PIROUELLE / REGION NORMANDIE
Romen RICHARD / PASSION SANTE / TRANS-FORME
Jörg RIECHERS / ALVA YACHTS
Alan ROBERTS / SEACAT SERVICES
Kenneth RUMBALL / OFFSHORE RACING ACADEMY
Alexis THOMAS / LA CHARENTE MARITIME
Charlotte YVEN / TEAM VENDEE FORMATION – BOTTE FONDATIONS

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La Race Around partira de La Rochelle

La course autour du monde en Classe40, The Race Around a officialisé sa ville de départ et d’arrivée de La Rochelle. Une course qui partira en 2023 et dont l’organisateur annonce 35 concurrents en solo et en double.

Sam Holliday co-fondateur de The Race Around, a déclaré : « Nous ne pouvions pas être plus enthousiastes à l’idée que The Race Around partira et se terminera à La Rochelle. Dans la ville, le département au sens large et la région, nous avons trouvé une communauté que nous serons fiers d’appeler chez nous pour notre première édition et au-delà.

“La ville ne fait qu’un avec la voile en son cœur, de l’époque d’Isabelle Autissier à celle du vainqueur du Vendée Globe Yannick Bestaven, nous sommes ravis d’ajouter à sa riche histoire et nos concurrents de classe mondiale ont hâte de commencer et de terminer la course de leur vie de cette partie du monde avant-gardiste, axée sur la durabilité et innovante.

«Avec la construction d’un ‘Race Village’ de classe mondiale autour du Bassin des Chalutiers, nous sommes ravis d’accueillir les Rochalais pour découvrir de première main le monde de la Class40 aux côtés de divertissements pour tous les âges. La ville nous offre tout ce dont nous pouvions rêver pour construire un événement pérenne aux côtés de nos nouveaux partenaires privés et institutionnels !
Jean-François Fountaine, Maire de La Rochelle et Président de l’Agglomération de La Rochelle, a déclaré :« Nous sommes très heureux d’accueillir la première édition de The Race Around en 2023 à La Rochelle. Notre rade et son plan d’eau exceptionnel se prêtent à merveille à ce type de grande course à la voile. Toute l’année, nous vivons au rythme de événements sportifs, qui positionne notre belle cité maritime « La Rochelle Force Océan » comme un haut lieu des compétitions internationales de voile.

« Notre Agglomération étant fortement engagée en faveur de l’environnement, The Race Around sera un événement éco-responsable avec pour objectif d’atteindre une empreinte carbone nulle. Cette course est une belle opportunité de promouvoir et d’animer notre territoire et de soutenir l’ensemble de notre filière nautique.”

Sylvie Marcilly, Présidente du Département de la Charente-Maritime, a déclaré :“Je me réjouis que la belle ville de La Rochelle ait été choisie pour accueillir un tout nouvel événement nautique international en 2023 en Charente-Maritime.

“De tels événements renforcent l’attractivité et le dynamisme de notre région, ils offrent aussi une formidable vitrine pour notre industrie nautique et contribuer ainsi à son développement économique et aux nombreux emplois qui en dépendent. Les valeurs de sport et d’aventure qu’une course au large laisse dans son sillage sont aussi une source de fierté et d’inspiration pour tous les Charentais. Pour toutes ces raisons, et parce qu’elle est innovante et éco-responsable, je suis ravie d’accueillir “The Race Around” en Charente-Maritime l’année prochaine !”

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Voiles de St. Barth. Une première journée tonique

Les Voiles de St Barth Richard Mille - Copyright Theo Questel

La première journée des Voiles de St-Barth s’est déroulée dans un régime d’alizé soufflant entre 20 et 25 nœuds, avec une première course pour le moins tactique sur le côté ouest de l’île (de 16 à 28 milles selon les classes), jouant à la fois avec les bascules de vent, les différences de pression et les effets de côte. A ce petit jeu, certains se sont évidemment montrés plus à l’aise que d’autres, mais l’action a bel et bien été au rendez-vous dans chacune des onze classes.

« Les conditions étaient fantastiques aujourd’hui ! Si, sur certaines portions du parcours, nous avons composé avec une très grosse houle, ce qui nous a fait atteindre des vitesses similaires à celles du vent au portant et procuré d’incroyables sensations, la grande majorité de la course s’est jouée sur une mer plate, ce qui a été parfait pour exploiter le potentiel de notre bateau », a commenté Niall Dowling, vainqueur du jour dans la classe des CSA 2, à bord d’Arabella, un Cape 31 mis à l’eau en décembre dernier. « Il est encore assez nouveau pour nous mais il a un joli potentiel. Nous nous sommes énormément amusés aujourd’hui. Les paysages ici à Saint-Barth sont très beaux et c’est assez remarquable d’avoir des îlets comme marques de parcours ! », a ajouté le navigateur Britannique qui devance ce soir au classement provisoire l’équipage de Lazy Dog mené par le Porto-Ricain Sergio Sagramoso, qui signe cette année sa neuvième participation à l’épreuve et n’est autre que le tenant du titre en CSA 3.

Également vainqueur de la dernière édition et malmené par la concurrence aujourd’hui, le team de Liquid est désormais fixé. S’il veut conserver sa couronne chez les CSA 4, il va devoir faire le minimum d’erreurs possibles. « La course dure cinq jours. C’est un marathon et si nous devons nous contenter de la troisième place aujourd’hui, les écarts ne se comptent qu’en secondes. Cela promet de la belle bagarre tout au long de la semaine », a commenté Pamala Baldwin. De fait, si elle s’incline pour moins d’une minute face à ses deux adversaires, Jokers on El Ocaso de John Maybury et Blitz de Peter Corr, force est de constater que dans la plupart des classes les écarts ont été infimes à l’issue de ce premier round. Chez les Maxi, le match a été particulièrement serré entre Vesper de Jim Swartz et Bella Mente de Hap Fauth. Si le premier, a finalement remporté la mise pour une poignée de secondes, le deuxième a cependant longtemps mené les débats avant de complètement rater un envoi de spi dans le dernier tiers du parcours, et ainsi de laisser passer son rival.

Privé lui aussi de la victoire après avoir occupé les commandes de la flotte des CSA 6 avec une confortable avance, l’équipage de Team Island Water World, a toutefois connu un épilogue un peu plus complexe, la faute à une rupture de son point d’étai. Une avarie qui l’a malheureusement contraint à l’abandon, laissant alors le champ libre à Blue Skies de Gérard Quénot pour la première place au classement provisoire. Une première place qu’occupent, ce soir, également Crybaby de Pierre Altier en Diam24 OD, Stark Raving Mad VII de Jim Madden chez les CSA 3, Caro de Maximilian Klink chez les CSA 1, Team Arawak de François Nel et Rodney Williams en Multi CSA, Mach Schnell de Kent Haeger chez les Offshore Multihull mais aussi Pata Negra de Bernard Girod chez les CSA 5. « C’est une belle entrée en matière pour nous, évidemment, d’autant qu’en plus du résultat, il y a eu le plaisir d’effectuer un très beau parcours, sans doute l’un des plus amusants sur lesquels j’ai eu l’occasion de courir. Je savais que ce serait bien mais cela dépasse toutes mes attentes. Je suis époustouflé ! », a relaté Rob Grant qui remplace cette semaine Girod au poste de barreur, ce dernier étant contrarié par une veille blessure ravivée lors de la phase d’entraînement il y a deux jours. Preuve que ce changement de dernière minute n’entache en rien les ambitions de l’équipage qui, après avoir terminé deuxième en 2019, ne vise rien d’autre que la gagne cette année !

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SNIM. Une 56e édition magique

Le très bon service de presse n’a pas eu de mal a trouvé son titre. La 56e Snim était magique cette année ! Certes comme au spi, le vent fut un peu léger au début avant de rentrer le dernier jour sous un soleil magnifique permettant de lancer un nombre record de courses. Après deux  années de crise sanitaire, le plaisir est intact pour les 1 200 équipiers (100 bateaux) qui ont répondu à l’invitation de la Société Nautique de Marseille, et les championnat IRC Méditerranée battent leur plein.


Adrenaline ne perd pas le nord !
Sur le rond nord, “Super journée, avec un vent de sud-est stable de 7/9 nœuds“ explique Georges Korhel qui a lancé deux manches. Adrenaline était le bateau à battre en IRC 2 en ce dernier jour de la 56e Snim. Avec 6 manches remportées (+1 manche disqualifiée non retirable) sur 7 courses retenues, Le Sydney 46 de Michel Gendron aura flirté avec le petit Chelem. Une victoire finale qui émeut son skipper. “La dernière fois que ça nous est arrivé sur la Snim, c’était en 1981, sur Nénu Farr, un quarter tonner…“ Quatre décennies plus tard, le sociétaire de la Nautique a de nouveau dominé de la tête et des épaules. “C’est une belle satisfaction“, explique celui qui a participé à sa première Snim à 16 ans en 1976. “On a fait un gros travail sur le bateau, depuis un an, en cherchant à optimiser le poids. On est reparti à zéro sur la carène, on a acheté un nouveau jeu de voiles et deux nouveaux spi en cherchant vraiment à s’améliorer sur des petits détails. On a un équipage qui navigue ensemble depuis quatre ans, avec à la tactique François Pailloux.“ Et comme les planètes sont définitivement alignées, cette Snim s’est déroulée uniquement dans du petit temps… conditions de prédilection d’Adrenaline.

En IRC 0/1, les Tropéziens d’Arobas 2 arrachent la victoire finale lors de la dernière journée, en remportant les deux manches du jour, alors que Chenapan 4 recule d’une place au classement général et termine second.
En IRC 3, la Société Nautique de Marseille a rêvé du triplé, mais Week-end Millionnaire et l’équipage d’Yves Ginoux (3e au levé du soleil) ont coiffé les espoirs du club organisateur qui termine 2e, 3e et 4e. “On a eu une magnifique Snim de petit temps, ce qui est très rare“, explique le vice-président du CNTL et secrétaire général de l’UNCL. “Après une première journée difficile, on est bien revenu dans le match. L’IRC3 était la classe la plus représentée et le niveau était vraiment relevé sur la Snim, avec 7/8 bateaux pouvant jouer la gagne. On peut être satisfait de notre performance.“ Yves Ginoux fêtera sa 2000e ligne de départ lors de la prochaine régate à Saint-Mandrier, dans deux semaines. “Si on avait couru un peu plus sur la Massilia, je l’aurais célébré sur la Snim, conclut-il d’un clin d’œil.“ A noter la dégringolade de Jin Tonic Alice qui finit à la 4e  place.
Pour être complet sur le rond nord, Guy Claeys sur Expresso, termine à la première place des duos, sans trembler, avec six victoires et deux deuxièmes places. La rade de Marseille n’a plus beaucoup de secrets pour le sociétaire belge de la SNST, souvent gagnant dans la cité phocéenne.


Conditions magiques en rade sud !
“Magique“, s’enthousiasme Corinne Aubert, présidente du comité. “Toute la journée, on a eu un vent sud/sud ouest stable de 8 à 12 nœuds, ce qui nous a permis de lancer trois parcours banane pour les monotypes, et deux bananes et un côtier pour les IRC4.“
En J70, l’équipage de Sage Engineers Sevy a trusté les accessits avec six victoires et trois deuxièmes places, terminant loin devant tout le monde. “On a décidé de venir dans le sud, explique Jean-Yves Martin, car il y a une grosse saison de J70, avec les championnats de France, à Marseille, d’Europe à Hyères et du Monde à Monaco. On navigue ensemble depuis cinq saisons et ça commence à payer…“ Néophytes sur le plan d’eau des futurs Jeux Olympiques, les hommes de l’ouest ont bien géré un terrain de jeu réputé compliqué. “On regarde beaucoup le plan d’eau et on essaye d’observer ce que font les autres. Ça nous a beaucoup aidé de voir les séries qui partent avant.“ Le bateau basé à Rennes ira aussi à Miami, en 2023, pour défendre les couleurs de la France, à l’occasion du Championnat du Monde.
En Grand Surprise, l’ASAH Section Voile de Pierre Feyzeau s’impose au général, après deux belles victoires lors de cette journée de clôture.
En IRC4, après avoir remporté la catégorie en 2018 et 2021, Rostanbar 2 s’offre un triplé, devant Godzilla 2 de Julien Boucard. “On est doublement content, sourit Philippe Mazoyer le propriétaire de Rostanbar 2. “On fait le doublé après la Massilia Cup, et surtout, on a bien résisté dans le petit temps. Habituellement, le bateau est le plus performant dans 12 nœuds de vent…“


La phrase du jour : “Je connais les poissons par leur prénom, dans la rade…“ Yves Ginoux (Week-end Millionnaire 3 – CNTL), après sa 11e victoire en 41 participations à la Snim.

Le bilan de la 56e Snim

Pierre Sathal – vice-président de la SNM : “On est très heureux de retrouver la date de Pâques, après deux années perturbées par la crise sanitaire. On a eu un temps magnifique, nos comités ont lancé un maximum de courses et on a eu une météo formidable, durant ce long week-end. La chance que nous avons, c’est que nous fêtons aussi les 135 ans du club, à l’occasion du retour de la Snim sur nos dates fétiches. Nous travaillons sur ce magnifique pavillon flottant, qui fête, lui, ses 125 ans, qui est remarquablement entretenu. J’en profite aussi pour remercier nos équipes de permanents et de bénévoles, sans qui on ne pourrait pas organiser ces grandes régates. Leur implication est fondamentale. Je remercie aussi nos amis de  l’Union Nautique Marseillaise, qui ont accueilli nos deux soirées des équipages. Mais la Snim ne pourrait pas exister sans la présence de nos partenaires : les collectivités locales, toujours derrière nous, la Banque Populaire Méditerranée qui nous fait confiance depuis plusieurs années et EDF qui vient de nous rejoindre.

 
Ils ont navigué sur la Snim :

Philippe Bonavita, Benoit Briand, Laurent Camprubi, Noe Delpech, Dimitri Deruelle, Eric Drouglazet, Albane Dubois, Yves Ginoux, Alexis Le Pesteur, Jean-Paul Mouren, François Pailloux, Pierre Quiroga, Xavier Rohart, Richard Sautieux, Lili Sebesi, Philippe Serenon, Maxime Sorel, Romain Tellier, Dominique Tian, Jean-Marie Vidal.

Trophée des 135 ans
Pierre Quiroga reçoit le trophée des 135 ans du club, remis au parrain de la Snim.

Le pôle course de la SNM performe !
“On a des coureurs de haut niveau au Pôle course qui performent, comme Pierre Quiroga, vainqueur de la Solitaire du Figaro en 2021, Lili Sebesi, qui a terminé 9e au J.O. Et on vient juste de faire rentrer Nakamal, un Swan 55 qui va participer aux 50 ans de la Withbread… après avoir participé à la première édition, il y a un demi-siècle…“ Bernard Daurelle, responsable pôle course de la SNM.


Classements généraux

IRC 0/1 – 8 courses, 7 retenues
1/ Arobas 2 (Gérard Logel – SNST) 12pts
2/ Chenapan 4 (Gilles Caminade – CNTL) 16pts
3/ Alizée (Laurent Camprubi – CNTL) 20pts


IRC 2 – 8 courses, 7 retenues
1/ Adrenaline (Michel Gendron – SNM) 15pts
2/ Sloughi (Gilles Rivas – CN Palavas) 20pts
3/ Magic Express (Laurent Lavaysse – YC la Grande Motte) 21pts


IRC 3 – 8 courses, 7 retenues
1/ Week-end Millionnaire 3 (Yves Ginoux – CNTL) 18pts
2/ Checkmate (Jean-Yves Le Gall – SNMarseille) 19pts
3/ Les Minots de la Nautique (Victor Bordes Laridan – SNMarseille) 19,5pts


IRC4 – 9 courses, 8 retenues
1/ Rostanbar 2 (Philippe Mazoyer – ANS Mandrier) 16pts
2/ Godzilla 2 (Julien Boucard – SNMarseille) 19pts
3/ Akka (Guillaume Delmon – SN La Ciotat) 26pts


Duo – 8 courses, 7 retenues
1/ Expresso (Guy Claeys – SNST) 8pts
2/ Ilogan (Pierre Perdoux – CNTL) 16pts
3/ Jubilee (Jonathan Bordas – CNTL) 19pts


J/70 – 10 courses, 9 retenues
1/ Sage Engineers (Damian Michelier – CN Rennes) 12pts
2/ Confluence Tack (Thomas Couturier – SNMarseille) 26pts
3/ Black Board (Lionel Tissot – SRV Annecy) 29pts


Grand Surprise – 10 courses, 9 retenues
1/ ASAH Section Voile Gangster (Pierre Feyzeau – ASAH Section Voile) 20pts
2/ US Gazelec Paris IDF Transistor (Gérard Deloge – US Gazelec Paris IDF) 23pts
3/ Massilia Voile Delphy (François Sallerin – CMV Marseille) 30pts

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Spi.108 courses en baie de Quiberon dans des petits airs

La Trinité-sur-Mer . Morbihan . 44 ème édition du Spi Ouest-France Banque Populaire Grand Ouest 2022 à La Trinité-sur-Mer .

Le soleil a baigné la France ce week-end Pascal mais le vent aura été léger durant ces 4 jours de Spi. Les 380 équipages auront tout de même couru 108 courses pleines d’intensité et offert un beau spectacle.

Pour le dernier jour, la météo prévoyait un vent de nord-ouest pour 10 nœuds : en réalité, 7 nœuds balayaient le plan d’eau de la baie de Quiberon. Le comité de course envoyait sur leurs parcours respectifs les 18 catégories de bateaux répartis sur 5 zones de course dès 9h30 avant que le vent ne s’écroule complètement à 11h30. Tous ont pu courir une manche sauf les IRC C et Osiris A.

Rond Breizh Cola : flottes compactes et régates de haute voltige
Les flottes de J/80, J/70 et Open 5.70 sur ce rond situé à la sortie du chenal de la Trinité-sur-Mer ont démontré une grande homogénéité avec des équipages européens de qualité. Résultat : des régates de haut niveau très disputées et des lignes de départ au cordeau. En J/80, la série la plus représentée du Spi avec 58 concurrents, la victoire revient aux Nantais (PL Yachting & Armen Habitat) skippés par Simon Moriceau devant l’équipage de Patrick Bot (Ecole Navale Loca Ponto). Chez les J/70, les Espagnols (Noticia) venus de Santander ont cassé la baraque avec 7 victoires sur 9 courses ! Le reste du podium est serré : deux petits points séparent l’équipage d’Hervé Leduc (Pierre Oceane), deuxième, de celui de Philippe Guigné (Virtual Regatta 70), troisième. Les p’tits jeunes en Open 5.70 (27 participants) ont bataillé ferme malgré la suprématie du club de Saint-Aubin-Elbeuf. On notera la belle performance de l’équipage d’un certain Eliott Coville (SNT) qui termine deuxième. La relève est bien là…

Rond Banque Populaire Grand Ouest : amateurs et professionnels aux abois
Il fallait voir les passages de bouées des deux séries monotypes Open 7.50 et Mach 6.50 ! Du grand jeu tout en finesse dans les petits airs avec peu d’erreurs : du placement façon jeu d’échec… Nicolas Groleau et son équipage dont Arthur Le Vaillant sur Atchoum prennent la tête du classement devant 6 concurrents très incisifs. Chez les Mach 6.50, les stars de la course au large étaient bien présentes pour retrouver les joies de la régate au contact. Anthony Marchand et ses équipiers de choc s’adjugent la victoire devant l’équipage de Mer Concept skippé par Antoine Gautier. Dans l’imposante flotte des Grand Surprise (37 bateaux), il y a eu du match à tous les étages ! Le club de voile de Saint-Quentin s’est cependant montré intraitable. Très belles bagarres du côté de la catégorie des First 31.7 qui regroupait 16 équipages et beaucoup de Bretons désireux d’en découdre. C’est l’équipage de Christian Laube du club de la vallée des fous qui l’emporte largement. Enfin, les 9 First Seascape 24 ont réalisé 6 régates ultra serrées. La victoire revient aux Sablais sur le monocoque RC Marine Pornic barré par Emeric Dary.

Rond Département du Morbihan : serré sur les parcours courts, disputé sur les côtiers
34 concurrents en IRC double ont régaté sur 4 courses. C’est peu, vu les conditions météo très légères, mais c’est suffisant pour comprendre combien rien n’a jamais été gagné pour personne. Jugez plutôt : le J/120 (Hey Jude) de Philippe Jude de la SNT l’emporte à un point du JPK 10.80 (Racing Bee 2) du talentueux Figariste Alexis Loison ! Chez les Multi 2000, la flotte éclectique des multicoques fut un spectacle pour les yeux. Du trimaran Vintage Quicksilver aux bateaux de série Dragonfly 53 en passant par le tout dernier OCS 50 de Loic Escoffier, les départs valaient vraiment le coup d’œil. Dans la catégorie des Proto, le Seacart 30 de Philippe Laperche termine sur la première marche du podium, tandis que chez les Séries, c’est le Dragonfly 28 de Paul Chiron qui remporte la mise. Peu nombreux, les Mini 6,50 étaient 5 concurrents avec un équipage au top tout le temps : Martin Revol sur Martin en Mini.

Rond Saint James : 130 voiles dehors
Quel spectacle sur cette zone de course la plus au sud de la baie de Quiberon ! 130 équipages sur des départs successifs, des passages de bouées splendides, des manœuvres rondement menées, une des images du Spi qui fait toujours autant rêver. Du côté des IRC répartis en trois catégories, le 40.7 Pen Koent d’Emmanuel Le Men rafle pour la énième fois la victoire devant le JPK 11,80 de Richard Fromentin. Chez les IRC B, les trois premiers équipages se sont battus comme des chiffonniers : le J/99 de Maxime Mesnil devance d’un point l’A35 de Jean-Yves Le Goff et de deux points le J99 de Didier Le Moal. Trois grands habitués du Spi Ouest-France – Banque Populaire Grand Ouest qui n’ont pas fini d’user leur fonds de cirés en baie de Quiberon… On notera également la jolie victoire chez les IRC C de Ronan Treussart sur son Half Tonner Halfajet Delta Voile Bretagne devant le Shamrock Diablesse du très bon Nicolas Lunven.

78 bateaux ont bataillé ferme dans la catégorie des Osiris. Le J24 Jeronimo d’Aurélien Garcia devance l’Hélium 765 d’Erwan Gourdon en Osiris A, tandis que la palme revient au Contention 33 Black Magic d’Amaury Fourcadet largement devant ses 27 concurrents. Le X37 Mayero de Jean Passini termine un cheveu devant le J/109 Axilone Koke de Samuel Blevin en Osiris C. Il y avait du sport dans cette flotte conséquente sur le rond Saint James !

Rond Région Bretagne : 14 courses pour les ETF 26 !
Jean-Christophe Mourniac et son équipage sur Teampro récidivent : ils remportent encore une fois cette année le Spi Ouest-France – Banque Populaire Grand Ouest ! Leur avance est considérable sur la concurrence avec 19 points d’écart sur le deuxième : le Britannique Mark Rijkse sur Toroa Racing. On notera que les filles de l’APCC Nantes menées par Mathilde Geron terminent à la 8e place. Une première pour le Lady Team Pro, tout ne fait que commencer…

Ils ont dit
Gaël Desgrées du Loû, responsable du Spi Ouest-France – Banque Populaire Grand Ouest
« Cette 44e édition est un cru magnifique avec des conditions estivales. Des milliers de personnes sont venues voir les régates sur l’eau et sur le village où il y a eu 4 jours d’animations. Le Spi, c’est un mélange entre les meilleurs régatiers professionnels et amateurs, et d’année en année, nous essayons de dynamiser cet évènement avec beaucoup de passion. Cette année, pour un retour le week-end de Pâques, il y a eu beaucoup d’inscrits avec 380 bateaux, 2 000 régatiers. On retrouve le niveau des grands Spi. Rendez-vous l’année prochaine pour la 45e édition ! »

Didier Visbecq, président de la Société Nautique de La Trinité-sur-Mer
« Nous sommes très fiers à la SNT d’avoir 380 bateaux et 8 pays étrangers qui nous ont rejoint. Il y a un peu de déception au regard de la météo pour les régatiers mais c’est une chance pour la vie à terre. C’est vrai qu’il faut contenter tout le monde, les professionnels plus demandeurs et les amateurs toujours contents. On organise 52 jours de régate par an, c’est à chaque fois un engagement mais un pur plaisir. Heureusement que nombreuses personnes se mobilisent à la SNT avec 130 personnes sur l’eau sur 50 bateaux et des bénévoles volontaires qui reviennent chaque année. Nous avons beaucoup de chance d’organiser cela depuis 44 ans. »

Pablo Santurde, J/70, Noticia
« C’était un Spi Ouest-France génial avec peu de vent mais suffisamment pour faire 9 courses. C’est toujours super d’être ici, l’ambiance est incroyable. En J/70, le niveau est bon, mais je pense qu’avec le petit temps, c’est encore plus difficile car la flotte est compacte. Le plan d’eau était compliqué avec beaucoup d’instabilité de vent et de gros coefficients de marée et des algues. Aujourd’hui spécialement ! Nous repartons à Santander après la remise des prix, c’est à 900 km mais nous ne regrettons pas d’être venus. »

Eliott Coville, Open 5.70, Alambic
« Il y avait pas mal de niveau sur les 5 premières places, il y a eu de belles bagarres. Le comité a bien enchaîné les manches sur notre rond, il en a lancé 9, donc c’était super ! Nous étions trois copains et nous faisons 2e au général, nous sommes très satisfaits. C’est aujourd’hui que nous avons tout remonté. Il y avait peu de vent avec de grosses variations, des algues et énormément de courant. Compliqué mais intéressant… Le Spi, c’est un évènement génial, c’est le début de l’été, il y a du monde, La Trinité revit ! »

Jacques Vapillon, Multi 2000, F40 Irvi
« C’était un beau Spi avec de super conditions estivales. Même si le vent faible n’était pas très favorable pour nous, nous nous sommes bien amusés. C’est un Spi positif pour la classe Multi 2000. Nous avons beaucoup retravaillé la jauge pour donner plus d’équité à chaque bateau cette année. Les écarts sont moindres maintenant et du coup, il y a plus de jeu sur le plan d’eau. Nous étions 21 Multi cette année, ce qui est un record. Les bateaux sont très disparates mais la jauge a le mérite de faire courir tous ces bateaux ensemble, et nous avons fait de belles bagarres. »

Stephane Ayrault, Tikocco, IRC Double
« Ce furent des conditions agréables. Nous sommes contents d’avoir fait 4 manches ! En IRC double, c’est une année de transition car il y a eu la Transquadra et la cap Martinique, mais il y aura sûrement plus de bateaux l’année prochaine. Le niveau de jeu est intéressant car il y a des équipages très forts, ce qui permet de progresser tout le temps. »

Pierre Moissonnier, Erwan Force, Osiris C
« C’est l’été à Pâques ! Nous avions des conditions de rêve avec du tout petit temps. Nous avons couru seulement 4 parcours mais les courses étaient variées donc nous avons eu beaucoup de plaisir. Il fallait composer avec du courant très fort et du vent très faible, c’était tactiquement très intéressant. Le plaisir a été là tout le temps. Le Spi et moi, c’est une vieille histoire ! Je ne manque jamais ce rendez-vous, il y a du niveau, donc je reviens l’an prochain… »

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Snim. Des courses dans le petit temps

Un temps magnifique et suffisamment de vent pour lancer des courses, la SNIM s’anime en rade de Marseille.

Les IRC en ordre de marche
A l’heure où ça grouille sur les pontons, en cette deuxième journée de la 56e Snim, le soleil cogne, les comités de course sont à la recherche d’un brin d’optimisme et d’air, lors du briefing, pour enfin lancer les premières courses. La centaine de bateaux présents se prépare à une journée, qui s’annonce calme, et par conséquent très tactique. A Rostanbar 2, la première erreur tactique du jour, avec l’oubli des sandwichs au restaurant. Groom service via le bateau presse, et l’équipage du JPK 10.10 de Philippe Mazoyer, boosté par cette aide bienvenue de remporter la première course en IRC4… et la troisième du jour .
Du haut de ses presque 80 ans, Jean-Marie Vidal, qui navigue en duo, avec son fils Romain sur un J99, aimerait bien, une bonne fois pour toute que le nom de son bateau Jason soit prononcé à la française… ou à la grecque : “c’est pas le prénom d’une star américaine, mais le nom d’un héros de la mythologie, sourit-il.

Copyright Guilain Grenier, Gilles Martin-Raget / SNIM


Au briefing, Georges Korhel, le président du rond nord (IRC 0,1, 2, 3) ne traîne pas en longueur ! “La grande course, on oublie. On sort tout de suite pour aller trouver de l’air. On commencera par des bananes assez courtes, et peut-être un côtier en fin de journée, si le sud nous le permet.“
La rade nord lance la 56e Snim, et Gilles Caminade sur son Ker 40 Chenapan 4, met tout le monde d’accord en IRC0/1 dès la première course. La présence à son bord de Dimitri Deruelle, fin tacticien et connaisseur de la rade, peut-être pas étrangère à ce résultat.
En IRC2, Michel Gendron sur Adrenaline pose les premiers jalons, au même titre que Bernard Daurelle et son Gin Tonic Alice, l’un des grands favoris en IRC3. Après une deuxième manche annulée, à cause d’une grosse molle de vent survenue après le départ des IRC 0/1/2, Georges Korhel envoie son monde sur un côtier de 11 milles nautiques.

Les J/70 en force
En rade sud, c’est plus poussif. “On a eu un tout petit filet de vent, 4/5 nœuds dont on a profité au maximum“, explique Corinne Aubert. “C’était light mais propre. On a lancé des petits parcours (0,7 mile), et à chaque fois, après l’arrivée du dernier, je lançais un pavillon orange dans les deux minutes.“ Les IRC4 et les Grand Surprise finissent par prendre la poudre d’escampette, les J/70, eux, sont rappelés au départ. Avec 11 embarcations présentes, la classe marque son territoire sur l’espace de navigation marseillais. “Ça fait quatre ans que l’on essaye d’implanter la classe sur Marseille“, explique Philippe Bonavita, propriétaire de Jump Around et président de la classe. Les deux années de crise sanitaire ont mis un frein à son développement, mais l’année 2022 pourrait marquer le nouveau départ. “Avec 11 bateaux, c’est notre contingent le plus important. Depuis peu, il y a neuf bateaux sur le pôle course à terre de l’UNM. La Snim qui compte pour la Coupe de France, est le premier grand rendez-vous des J/70, qui préparent le championnat de France, organisé par l’UNM – 40 bateaux attendus – le premier week-end de juin à Marseille, mais aussi le championnat d’Europe à Hyères et le Mondial à Monaco.“
Sur ces bateaux “transgénérationnels“ et facilement transportable, où l’on navigue à 4 ou 5, on trouve du beau monde, avec l’ancien médaillé olympique Xavier Rohart, qui entraine les jeunes du Pôle et aussi Albane Dubois, qui sort d’une belle olympiade avec sa partenaire Lili Sebesi, elle-même à la tactique en IRC1 sur Asap. Très développée en Italie, en Espagne ou encore en Allemagne, la classe J/70 espère monter en puissance en France, avec un objectif en 2024, le Championnat du Monde à Mallorca et la Copa del Rey. Plus de 1700 bateaux ont été construits dans le monde depuis 2012 d’une classe en plein développement. La première manche de cette Snim revient au Black Board de Lionel Tissot et son équipage savoyard du SRV Annecy. L’équipage rennais Sage Enfineers de Damian Michelier reporte les deux autres manches, et prend la tête du classement.

Du sang neuf chez les arbitres !
Celle qui a “rappelé“ les J/70, c’est Béatrice Benoit, née Van Overstraeten, viseur sur le rond sud sur la Snim. Sa tribu, du club de La Pelle, appartient au petit monde de l’arbitrage depuis plusieurs décennies. Un modèle familial. “On a commencé très tôt, avec mon papa dans les années 80, qui était arbitre. Et on a embrayé, avec ma maman, ma sœur… Aujourd’hui, ma fille Apolline fait la Snim avec nous, elle commence à faire les formalités pour devenir arbitre. L’objectif de sa présence ? “La FFV et la Ligue ont envie de rajeunir les troupes, et du coup, avec le dispositif jeunes arbitres proposé aux jeunes de 14 à 18 ans, on invite des jeunes à venir nous aider dans le corps arbitral. On leur montre ce qu’est une régate de l’intérieur, on leur montre tous les postes à terre et sur l’eau, jauge, jury, comité de course…“
Apolline (18 ans – régatière) est accompagnée de Johanne (14 ans – régatière en 420). La perspective des Jeux Olympiques 2024 est un excellent motivateur.

La phrase du jour : “D’habitude, j’arrive à trouver du vent, mais cette année, je suis un peu maudit. Soyez à l’heure pour le départ à 11h, car il y aura un petit peu d’air relativement stable.“ Henri Antoine, Monsieur météo sur la Snim, à l’heure du briefing.

Lebreton sur la Snim
Président de la Ligue de voile de Bretagne, Bruno Lebreton est venu “donner la main“ à Hélène Silve pour notamment la vérification des ratings, des numéros de voile.

Objectif Rhum en 2026 !
Romain Tellier qui sort d’une belle Mini Transat, à l’automne 2021, avec une dixième place toute catégorie sur plus de 80 bateaux, navigue sur Alizée. “Je vais travailler sur le Class40 de Laurent Camprubi, qui va participer à la prochaine Route du Rhum“, explique celui qui a déjà préparé le bateau de Clément Giraud pour le dernier Vendée Globe. Et sinon, l’avenir en mer ? “J’espère pouvoir faire la prochaine Route du Rhum, en 2026…“ Avis aux partenaires potentiels.

Classements généraux avant jury

IRC 0/1 – 2 courses
1/ Chenapan 4 (Gilles Caminade – CNTL) 3pts
2/ Millenium Condor (Jean-François Feraud – SNMarseille) 4pts
3/ Arobas2 (Gérard Logel – SNST) 5pts

IRC 2 – 2 courses
1/ Adrenaline (Michel Gendron – SNM) 2pts
2/ Vito 2 (Jean-François Chevallier – SNST) 4pts
3/ Magic Express (Laurent Lavaysse – YC La Grande Motte) 7pts
3/ Sloughi (Gilles Rivas – CN Palavas) 7pts

IRC 3 – 2 courses
1/ Jin Tonic Alice (Bernard Daurelle – SNMarseille) 3pts
2/ Happy few (Jean-Paul Mouren – SNMarseille) 8pts
2/ Sagola (Brice Aque – CNTL) 8pts

IRC4 – 3 courses
1/ Rostanbar 2 (Philippe Mazoyer – ANS Mandrier) 7pts
2/ Godzilla 2 (Julien Boucard – SNMarseille) 7pts
3/ Akka (Guillaume Delmon – SN La Ciotat) 8pts

Duo – 2 courses
1/ Ilogan (Pierre Perdoux – CNTL) 2pts
2/ Expresso (Guy Claeys – SNST) 4pts
3/ Jubilee (Jonathan Bordas – CNTL) 8pts
3/ Telemaque 2 (Sébastien Henri – SNMarseille) 8 pts

J/70 – 3 courses
1/ Sage Enfineers (Damian Michelier – CN Rennes) 5pts
2/ Confluence Tack (Thomas Couturier – SNMarseille) 8pts
3/ Black Board (Lionel Tissot – SRV Annecy) 10pts

Grand Surprise – 3 courses
1/ ASAH Section Voile Gangster (Pierre Feyzeau – ASAH Section Voile) 8pts
1/ Massilia Voile Delphy (François Sallerin – CMV Marseille) 8pts
3/ Brigand (Jean-Marie Mechelany – CN DE Sciez) 11pts
3/ US Gazelec Paris IDF Transistor (Gérard Deloge – US Gazelec Paris IDF) 11pts

J/70 – 3 courses
1/ Sage Enfineers (Damian Michelier – CN Rennes) 5pts
2/ Confluence Tack (Thomas Couturier – SNMarseille) 8pts
3/ Black Board (Lionel Tissot – SRV Annecy) 10pts

Grand Surprise – 3 courses
1/ ASAH Section Voile Gangster (Pierre Feyzeau – ASAH Section Voile) 8pts
1/ Massilia Voile Delphy (François Sallerin – CMV Marseille) 8pts
3/ Brigand (Jean-Marie Mechelany – CN DE Sciez) 11pts
3/ US Gazelec Paris IDF Transistor (Gérard Deloge – US Gazelec Paris IDF) 11pts

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SNIM. Petit temps à Marseille

Après deux ans d’un triste vide lors du week-end de Pâques, la Société Nautique de Marseille renoue avec sa tradition. La Snim retrouve ses habitudes pour la 56e fois dans l’histoire de la dame aux 135 ans, et les caprices de la météo printanière. Si le vent, un peu boudeur, n’a permis de lancer ni la grande course, ni des parcours en rade, les régatiers sont fidèles à ce grand rassemblement et impatients d’en découdre.

“On a survécu, on a traversé cet orage, et aujourd’hui on a un plateau magnifique, avec des compétiteurs qui mettent un acharnement remarquable à préparer leur bateau. Quand on les voit plonger dans le Vieux-Port, pour gagner un dixième de nœud : ça m’impressionne ! A tous, je souhaite une belle régate.“ Henri Escojido, le président de la Société Nautique Marseille a enfin ouvert l’évènement attendu par l’ensemble des régatiers méditerranéens, rejoints par des marins de la côte Atlantique et quelques équipages étrangers, allemands et belges désireux de naviguer… avec des conditions printanières !

Dans du petit temps, le gain est non négligeable
En ce premier jour, pendant que les skippers participent au briefing, quelques équipiers enfilent la combinaison pour plonger dans les eaux du Vieux-Port. Etienne Fortin, régleur GV sur Jivaro (IRC2), doit s’y coller. Sans plaisir, mais avec conviction ! “Normalement, je devrais en avoir pour un quart d’heure maximum, car le bateau a été caréné il y a peu de temps. Dans du petit temps, comme aujourd’hui le gain est non négligeable…“ Le bateau hyèrois est fin prêt.
Pendant ce temps-là, au briefing, c’est plan B !“ On a décidé de repousser le lancement d’une grande course, car il n’y a pas assez de vent,“ explique Corinne Aubert, présidente comité de course rond sud. “On vise une petite fenêtre entre 15h et 17h, pour lancer au moins une banane…“
Depuis 2010, la grande course est le rendez-vous phare des IRC 0, 1, 2, 3, des duos et solos. L’objectif étant de lancer les concurrents en milieu d’après-midi, pour leur permettre une arrivée pas trop tardive entre 23h et 1h du matin, afin que le physique ne soit pas trop entamé pour les jours suivants. “On est un peu déçu si on ne fait pas la grande course“, sourit le Belge Xavier Broers, propriétaire et skipper d’Asap, un Grand Soleil 48 (IRC1), qui dispute sa première Snim. “Mais c’est pas perdu, on verra demain“, dit celui qui ambitionne un Top 5, pour sa première.

Solitaire esseulé
Eric Merlier, membre du Pôle course de la SNM, sur son JPK 10.30 Télémaque 3 est tout à coup envahi d’un profond sentiment de solitude. D’habitude, le marin la recherche. Cette fois, il se sent désespérément seul. “J’étais inscrit en solitaire. Nous étions trois, et les deux autres préinscrits se sont désistés au dernier moment. Je me suis retrouvé tout seul.“ Alors qu’en 2021, il y avait huit solos. “J’avais plusieurs solutions” relance-t-il “soit je ne cours pas, mais c’est dommage car c’est la Snim, la course de mon club. Soit, j’aurais pu trouver un équipier de dernière minute, mais c’est très compliqué. Quand on est solitaire, on a l’habitude de tout faire soi-même, on a envie d’aller vite, l’équipier nous ralentit… Pas simple à gérer. Finalement, on m’a proposé de me classer dans les duos. Mon plaisir, c’est, avant tout, de courir. Les mecs en duos sont des mecs bien et ont dit : on veut bien de toi. Je vais essayer de faire une bonne Snim. D’un côté, je gagne 75 kilos sur eux, mais en manœuvres, je dois perdre… La plus grande complication, c’est les enroulements de bouées, quand on a la tête dans le spi. En cas de situation un peu critique, je mettrai le pied sur le frein, plutôt que l’accélérateur. »

En lieu et place du frein, le sociétaire de la Nautique a mis la main sur le moteur, tout l’après-midi, comme la centaine de concurrents présents. A 16h40, le comité du rond sud décide de ne pas lancer, suivi par le comité du rond nord, dix minutes plus tard. La rade est transformée en un magnifique lac pour faire de l’aviron ou du paddle.
Les petites risées annoncées de sud-est ont fait long feu. Le gros combat tactique annoncé avec 5 petits nœuds de vent n’aura pas lieu. Enfin si. Demain…

Phrases du jour :
“Il y a autant de bénévoles que de bateaux inscrits ! Sans leur dévouement et leur présence constante, ça ne serait pas possible. La Snim, ça ne peut marcher que parce que tout le monde y met du cœur et que nos bénévoles ont une implication sans limite. C’est l’ADN du club de faire un évènement partagé.“ Henri Escojido (Président Société Nautique de Marseille)

Tonnerre d’Alizée !
“Laurent (Camprubi) m’a gentiment invité, et j’ai accepté car je n’ai pas ma monture, qui sera sur cargo, à Antigua, dans les heures à venir.“ Dominique Tian, membre de la SNM, l’un des grands animateur/vainqueur de la SNIM, depuis de nombreuses années en IRC2, puis en IRC1, ne naviguera pas sur son Tonnerre de Glen encore aux Antilles, après la série de régates hivernales réalisée par le Kerr 46. A savoir la RORC Transatlantic race, la RORC Caraïbes 600 et la Grenada Sailing Week.

Régate en vue ! Les tribunes sont de sortie, demain matin, dans la rade de Marseille. L’opération « Régate en Vue » menée par les équipes de l’Office de la Mer à partir du Vieux-Port, le samedi 16 avril de 11h15 à 13h environ. Tous les renseignements concernant la réservation et l’achat de places sont disponibles en ligne sur le site internet www.officedelamer.com, rubrique boutique. Embarquement en face de la Samaritaine.


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Spi. Pétole en Baie de Quiberon

Fred Olivier / Spi Ouest-France Banque Populaire Grand Ouest

Les 380 équipages ont patienté en vain près de 6 heures durant sous le soleil et sur une mer miroir attendant que le vent daigne pointer le bout de son nez. Ambiance potache et premiers bains de mer ont rythmé cette drôle de journée avant qu’un léger souffle permette à 16h30 de lancer des départs.

Etrange ambiance tout de même : 380 bateaux à l’arrêt sur un lac gorgé de soleil, l’image est à la fois rare et magique. La Baie de Quiberon ressemblait à une huile sur toile doté de centaine de reflets colorés. Les marins bardés de crème solaire en couches épaisses, cachés sous les chapeaux et lunettes de soleil ont dû faire preuve d’une grande patience pour espérer enfin régater. Répartis sur les 5 ronds (Région Bretagne, Breizh Cola, Département du Morbihan, Banque Populaire Grand Ouest et Saint James), les flottes glissaient lentement au gré du fort courant balayant la baie avant qu’aux alentours de 16h30 le vent gonfle les voiles. Diablement efficace, le comité de course envoyait dans la foulée les premiers coups de canons.

Régates serrées dans un vent thermique tardif
Les ETF 26 se sont élancés les premiers dans le léger vent d’ouest et se sont même permis quelques envolées. Charles Dorange et son équipage sur Youth Foiling Team ont d’emblée dominé les débats devant le Team Pro de Jean-Christophe Mourniac et le bateau danois de Junker Thorkild. En J/70, les équipages ont frôlé le rappel général, tellement pressés d’en découdre. On notera de belles bagarres en IRC Double (35 bateaux), Grand Surprise (37 bateaux), et Osiris A, B et C qui totalisent 80 équipages !

Jeunes régatiers : la relève est bien là !
Les jeunes pousses se souviendront de ce premier jour de Spi plutôt inhabituel. Car la jeunesse est bien présente cette année notamment dans la catégorie des Open 5.70 qui compte 27 bateaux. Benoît Charon, excellent navigateur, venu en entraîneur de 4 équipages cette année explique : « Mes jeunes ont l’objectif de terminer dans les 5 premiers. Ils ont raison d’être ambitieux ! Nous nous sommes beaucoup entraînés depuis les clubs de Granville et de Cherbourg. Il y a 29 Open 5.70, ce qui est une très belle flotte avec un niveau de jeu cohérent. Quand je les regarde, je trouve qu’ils sont tous très appliqués. Pour eux, le Spi est un mythe, ils ouvrent grands les yeux. 400 bateaux qui sortent ensemble de la rivière, c’est extraordinaire. » La plus jeune concurrente de la catégorie a 14 ans. Clémentine Caudan navigue sur l’Open 5.70 Ambition Nautique Baie de Saint-Brieuc, et de l’ambition, elle en a : « J’ai encore beaucoup de marge de progression mais je vais tout donner sur ce Spi ! ». Les Malouins sont également venus en force avec 5 bateaux. Il va y avoir du sport sur le rond Breizh Cola !

Ils ont dit
Niels Mahé, Mahé Nautic (Super Arlequin), Osiris
« C’est un bateau qui date de 1974, mais il est toujours là. Il a fait plusieurs Spi et en a même gagné. On est trois à bord, trois copains. Quelle course mythique et incontournable ! Il y a de tous les niveaux donc c’est ce qui est intéressant. La météo est très aléatoire, le vent n’arrive pas. Je pense que ce sera comme ça tout le week-end. On croise les doigts ! »
Anthony Marchand, Actual, Mach 6,50
« Nous avons un bel équipage avec Quentin Ponroy et Quentin Delapierre à bord. Aujourd’hui, c’est crème solaire et conditions calmes. Il y a le vent thermique qui donne le ton et nous demandera d’être intelligents dans les choix tactiques. C’est chouette de se retrouver sur le Spi, car nous sortons tous de longs chantiers d’hiver et ça fait du bien de remettre les pieds sur un petit bateau, sur le petit joujou de l’équipe Actual. »
Nicolas Troussel, l’Ankou, Mach 6,50
« Je navigue avec des copains, il va y avoir une belle bagarre. La météo est calme, ce sera plutôt du petit temps tout le week-end. Il y a de la brise thermique et des forts coefficients de marée, donc ce ne sera pas simple. Depuis le dernier Vendée Globe, je n’avais pas mis les pieds sur le Mach 6,50. Il va falloir retrouver ses automatismes. Le Mach 6,50 est un bateau léger et fun, et c’est sympa de régater à haut niveau sur des parcours courts.»
Franck-Yves Escoffier, Lodi Group (ORC 50), Multi 2000 Proto
« Le Spi c’est toujours une régate familiale. Ce sera une première épreuve pour le bateau de Loïc, et nous avons une belle équipe, des gars avec lesquels on a beaucoup navigué. C’est un grand plaisir de revenir… J’ai dû faire une quinzaine de Spi Ouest-France, et j’avoue qu’en vieillissant, j’apprécie quand il fait beau ! On va faire avec ce petit temps, le bateau est un peu lourd, c’est un bateau de croisière boosté. Avec Kévin et Loïc, les manœuvres vont bien se passer, et un bon classement, ce sera la cerise sur le gâteau ! »
Marc Emig, Belauan (Elan 333), Osiris B
« Je viens depuis 2006 participer au Spi. Je n’en ai gagné aucun et c’est pour ça que je reviens car le jour où je gagne j’arrête ! Nous sommes vraiment gâtés par le temps, c’est une météo pour les Sudistes. Je navigue avec une bande de copains, on a un bon bateau. Il y a bien sûr la loi des rating et des handicaps, mais on va se faire plaisir avant tout. »
Camille Dechelotte, Poly, Grand Surprise
« J’ai toujours couru le Spi Ouest-France en Grand Surprise. Mon meilleur score, c’était 17e au classement général. Cette année, nous allons essayer de faire mieux, c’est notre objectif ! Les conditions météo sont très agréables, on va se concentrer sur les réglages fins. »
Yves Normand, Maire de La Trinité sur Mer
« Le Spi revient à Pâques, après deux années au mois d’octobre. Il revient dans la tradition. C’est reparti et dans des conditions météo magnifiques ! L’action de la mairie est essentielle, parce qu’au-delà du plaisir de recevoir cet évènement, la mairie met en place des moyens exceptionnels pour l’organisation. On mobilise toutes les forces vives de la ville, cela va des agents techniques, à la police, en passant par de nombreux bénévoles. On le fait avec plaisir et efficacité je pense ! Au fil des ans, Le Spi Ouest-France est devenu populaire. Un grand évènement qui profite aux régatiers mais également au grand public, avec un village attractif. »
Loïg Chesnais-Girard, Président de la Région Bretagne
« Le Spi est une belle fête, une fête populaire et sportive. Il y a des partenaires fidèles aux côtés de Ouest France et à chaque fois de nouveaux qui arrivent, qui enrichissent cette course. C’est si important ces régates en Bretagne, cela fait rêver les parents et les enfants. Nous avons en Bretagne la Sailing Valley, filière économique qui développe des milliers d’emplois au service de la course au large en Bretagne. La région Bretagne est partenaire du Spi parce que c’est un évènement phare et l’ouverture de la saison des régates en Bretagne. C’est aussi une course qui fait notre identité. »

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Imoca. Nicolas Lunven remplace Clarisse Crémer à bord de l’IMOCA Banque Populaire pour le début de saison.

Clarisse Crémer, qui attend un heureux événement pour la fin de l’année sera remplacée par Nicolas Lunven pour les deux premières courses de la saison prévues à bord de l’IMOCA Banque Populaire (ex Group Apicil). Il sera au départ de la Guyader Bermudes 1000 Race le 8 mai prochain et de la Vendée-Arctique-Les Sables le 12 juin.

Je suis heureuse que Banque Populaire me soutienne, m’accompagne dans ce que je vis et m’offre l’occasion de mener de front ma vie personnelle et professionnelle », explique Clarisse. La navigatrice se dit « actuellement comblée » même si elle confie « avoir déjà hâte de retrouver le large ». Clarisse assure « être contente, dans ce contexte particulier, que ‘Nico’ reprenne le bateau et participe aux courses de ce début de saison ».

Ronan Lucas, directeur du Team Banque Populaire, tient avant tout « à lui assurer tout son soutien et celui de l’équipe dans la parenthèse heureuse qu’elle débute ; le choix de Nicolas, qui devait participer à la prochaine Transat Jacques Vabre avec Clarisse en 2023, s’est imposé comme une évidence ».

Nicolas, une expérience précieuse

À 39 ans, le natif de Vannes est un d’expérience sur de nombreux supports. Double vainqueur de la Solitaire du Figaro (2009, 2017), participant à deux Volvo Ocean Race, Nicolas a connu plusieurs expériences en aux côtés de Morgan Lagravière, Kevin Escoffier et Samantha Davies.

C’est la première fois qu’il disputera une course en solitaire à bord de ces monocoques. « C’est un challenge qui s’annonce passionnant, confie-t-il. J’ai la chance de le relever au sein d’une équipe prestigieuse de la course au large et j’ai été touché par leur accueil ». Nicolas a une histoire commune avec Banque Populaire : il avait participé en 2000 à la Transat AG2R sous les couleurs du Team avec Jeanne Grégoire.

Avec humilité, il reconnaît que rien ne sera facile. « Ça va être une formation accélérée. Il faudra redoubler d’effort et d’efficacité mais je suis bien entouré pour y parvenir ». Habitué des défis avant les grandes compétitions, il connait la méthode. « L’important en pleine préparation, c’est d’y penser tout le temps, souligne Nicolas. On ne finit pas la journée à 18h, on y pense en se couchant, en conduisant… Il faut penser en permanence aux détails, à ce qu’on veut modifier, améliorer et aux retours à faire à l’équipe ». Une façon de démontrer que sa conscience professionnelle et son envie de bien faire correspondent aux valeurs promues par le Team Banque Populaire.

ILS ONT DIT

Clarisse Crémer, : « Dans ce contexte particulier, je suis contente que l’on ait réussi à trouver une solution aussi vite pour nous adapter et que ‘Nico’ reprenne le bateau. C’est un très bon marin, très expérimenté, qui a prouvé à de multiples reprises sa capacité à s’adapter et à tout donner. Me concernant, je suis heureuse que Banque Populaire me soutienne et m’accompagne dans ce que je vis et m’offre l’occasion de mener de front ma vie personnelle et professionnelle. Allier la maternité et le sport de haut niveau est un vrai défi et j’ai vraiment envie de concilier les deux avec le même enthousiasme. Je suis comblée actuellement mais j’ai déjà hâte de retrouver le large. »

Nicolas Lunven, : « Je suis très content de débuter cette aventure au sein du Team Banque Populaire. Ce sera la 1ère fois que je navigue en solo en et le challenge s’annonce passionnant. J’ai participé uniquement à des courses en double sur ce support mais quand c’est le cas, nous sommes souvent seuls sur le pont. L’objectif, ce sera avant tout de terminer les courses et de s’attacher à naviguer proprement, tout en prenant du plaisir. J’ai la chance de relever ce défi au sein d’une équipe prestigieuse de la course au large et j’ai été particulièrement touché par leur accueil. »

Ronan Lucas, directeur du Team Banque Populaire : « Le choix de Nicolas, qui devait participer à la prochaine Transat Jacques Vabre avec Clarisse en 2023, s’est imposé comme une évidence. Nous avions prévu qu’il nous accompagne jusqu’au Vendée Globe comme remplaçant et nous n’avons fait qu’anticiper son intégration. C’est un marin extrêmement compétent, très pointu techniquement. Il a pu le prouver en aux côtés de Samantha Davies l’an dernier et plus tôt avec Morgan Lagravière et Kevin Escoffier. Armel souhaitait d’ailleurs qu’il rejoigne l’équipage de l’ tant il est un formidable équipier et un fin météorologue. Je suis persuadé que Nicolas parviendra à mener à bien ces deux premières courses et à faire le mieux possible dans le temps qui nous est imparti. »

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1000 Milles des Sables. Douguet – Lipinski – Tréhin : le tiercé gagnant en Class40 !

Jusqu’au bout, le suspense aura duré dans cette 2e édition de la 1000 Milles des Sables ! Car si après le passage du way-point de La Corogne, lundi matin, Corentin Douguet (Quéguiner – Innoveo) s’est emparé du commandement de la flotte des Class40, creusant ensuite doucement mais sûrement son avance, le jeu a bien failli être rebattu en grand dans les 150 derniers milles du parcours. En cause, des petits airs erratiques et instables qui ont largement resserré les troupes, redonnant même un temps l’avantage à l’un de ses concurrents. L’ancien Figariste n’a toutefois jamais baissé la garde pour finalement l’emporter avec respectivement 16 et 30 petites minutes d’avance sur ses dauphins, Ian Lipinski (Crédit Mutuel) et Axel Tréhin (Project Rescue Ocean), au terme d’un peu plus de cinq jours de course.

« La fin a été compliquée à gérer. Ça a été dur d’imaginer que j’avais fait tout ce chemin en tête et que ça allait peut-être finir par partir en jus de boudin. Je ne me suis toutefois jamais trop affolé même si à un moment, je l’avoue, je me suis énervé contre moi-même quand Ian m’a doublé ce matin. J’ai malgré tout réussi à me reconcentrer directement et à trouver la solution pour lui repasser devant. Ensuite, je n’ai plus lâché le morceau », a commenté Corentin Douguet à son arrivée au ponton, ce jeudi soir, après un épilogue pour le moins épique, la faute à des conditions asthmatiques subies sur la presque totalité des 150 derniers milles du parcours. « C’était un coup à l’un, un coup à l’autre. Il a fallu réussir à exploiter la moindre risée mais ça n’a pas été facile. Simon Koster (Banque du Léman) était sur une autre route avec un vent différent. Axel n’était pas loin non plus et avec un décalage qui aurait pu devenir dangereux également. Dans ce type de situation, on ne sait jamais ce qui peut se passer. C’est forcément un peu stressant », a ajouté le Nantais qui a finalement réussi à conserver son leadership jusqu’à la fin, après avoir fait très forte impression du début jusqu’à la fin de cette 2e édition de la 1000 Milles des Sables, sa première épreuve sur le circuit à bord de Quéguiner – Innoveo après une quinzaine d’années passées sur le circuit exigeant des Figaro Bénéteau. « Je ne m’attendais pas à une entrée aussi tonitruante, mais évidemment ça fait plaisir. Ça n’a pas été simple car les jeunes sont bons et ils connaissent bien leur bateau. De mon côté, je savais que le mien (mis à l’eau le 5 janvier dernier, ndlr) avait du potentiel. J’ai pu valider un certain nombre de points techniques et tester la machine dans différents types de conditions en faisant les choses à mon rythme. Ça a bien fonctionné et je ne pouvais pas espérer mieux qu’une victoire pour commencer », a ajouté Corentin qui s’est donc imposé pour une poignée de minutes devant, dans l’ordre, Ian Lipinski et Axel Tréhin, deux ténors de la classe.

Une première riche d’enseignements pour tous
« Il y a eu un sacré jeu. Les dernières 36 heures ont été franchement aléatoires mais au bout du compte, le classement final reflète quand même bien la course. Ça a été cinq jours hyper riches. Il n’y a, assurément, pas meilleur entraînement que la confrontation. Cela permet d’avancer et de progresser. Je suis content, pour ma part, d’avoir révisé la navigation en solitaire. J’avais oublié à quel point c’est dur ! J’en ai vraiment bavé mentalement », a détaillé de son côté le skipper de Crédit Mutuel qui a parfaitement tenu la cadence imprimée par Corentin Douguet jusqu’à la marque virtuelle de La Corogne, avant de se laisser légèrement distancer puis de recoller au score dans la molle. « Je n’ai jamais rien lâché mais je suis clairement passé par beaucoup d’émotions, ce qui a été particulièrement énergivore », a assuré Ian. Un constat partagé par Axel Tréhin, lui aussi passé par un peu toutes les couleurs de l’arc-en-ciel lors de ce premier round de la saison. « Après le passage du way-point Ouest Gascogne, dans la nuit de mardi à mercredi, j’ai complètement perdu pied. Je me suis mis dans le rouge total. J’ai, heureusement, réussi à me reposer avant la fin et je me suis, tout compte fait, retrouvé dans la situation la moins stressante du groupe de tête, en ayant tout à gagner et rien à perdre », a relaté le skipper de Project Rescue Ocean qui termine finalement une demi-heure derrière le grand vainqueur et six minutes devant son camarade de jeu suisse, Simon Koster. « L’an dernier, j’avais débuté par une victoire, ce qui m’avait mis beaucoup de pression sur les épaules. Aujourd’hui, on sait sur qui elle est ! », a terminé Axel Tréhin dont la prochaine échéance sera, comme pour ses concurrents, la Normandy Channel Race dans un mois tout pile.

Classement Class 40 :

1-Corentin Douguet (Queguiner – Innoveo) arrivée jeudi 14/04 à 18h19’03’’
2- Ian Lipinski (Crédit Mutuel) à 16’49 du premier
3- Axel Trehin (Project Rescue Ocean) à 30’19 du premier

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