Xavier Macaire - Groupe SNEF - Class40
Vincent Olivaud - RDR 202
Xavier Macaire l’un des favoris en Class40 a constaté deux fissures importantes à l’avant de son bateau Groupe SNEF, situées au niveau du bouchain et du fond de coque. Celles-ci entraînent une voie d’eau à l’intérieur du bateau. Le navigateur, qui n’est pas en danger, va tenter de réparer en faisant de la stratification avec la résine et les bandes de fibres de verre embarquées avant le départ.
Aux avant-postes depuis le départ de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe le 9 novembre dernier, Xavier Macaire a montré qu’il était un concurrent redoutable et un sérieux candidat à la victoire finale. Le Class40 Groupe SNEF a cependant beaucoup souffert lors des navigations au près durant la première partie course. Pour des raisons de sécurité, Xavier doit réduire la voilure.
Même s’il met sa course entre parenthèses, le skipper a la ferme intention de rejoindre la ligne d’arrivée à Pointe-à-Pitre et va s’en donner tous les moyens.
Victor Le Pape est le nouveau skipper Espoir de la Filière d’excellence de course au large Région Bretagne – CMB après avoir remporté cinq des huit courses disputées dans des conditions relativement variées. Quatrième du championnat d’Europe de planche à voile RS One en 2015, champion de France d’Open 5.70 en 2017 et par ailleurs enseignant d’EPS, le Fouesnantais âgé de 24 ans succède ainsi à Gaston Morvan.
Comme prévu, la finale du Challenge Espoir Région Bretagne – Crédit Mutuel de Bretagne s’est déroulée cette semaine, en baie de Port-la-Forêt. Les trois jeunes retenus à l’issue de la phase 2 le mois dernier se sont affrontés en solitaire à bord de Figaro Bénéteau 3 sur des manches de type « banane ».
Ils ont dit : Victor Le Pape, nouveau skipper Région Bretagne – CMB Espoir : « La troisième est donc la bonne ! On a bien enchaîné tout au long de la semaine et la fatigue a commencé à peser lourd à la fin. La bagarre a été serrée jusqu’au bout. J’ai réussi à gagner cinq manches sur les huit disputées. J’ai bien fini la régate mais j’avais eu un peu de mal à rentrer dans le match. Je pense que j’ai début en me mettant trop de pression sur les épaules mais ma première victoire de manche a été un déclic et ensuite, j’ai réussi à naviguer comme je sais le faire. Nos organismes ont été mis à rude épreuve car les conditions ont globalement été toniques. Il a par ailleurs fallu vraiment se gratter la tête sur le plan tactique. Ça a été très complet. A présent, c’est un rêve qui se réalise pour moi. J’étais venu il y a deux ans en outsider et ces deux dernières années, j’ai cherché à être le plus performant possible dans cette optique.. J’avais beaucoup misé sur ce formidable Challenge qui représente une opportunité unique de faire carrière dans le domaine de la course au large. Je suis ravi de la perspective de porter les couleurs de la Région Bretagne et du Crédit Mutuel de Bretagne dès la saison 2023. J’ai d’ores et déjà hâte d’y être. »
Anne Gallo, vice-Présidente de la Région Bretagne : « Grand bravo aux 3 skippers ! Manches serrées exigeantes avec des conditions météo qui ont mis en avant les compétences des 3 skippers. Merci à toutes les personnes qui ont contribué au succès de cette nouvelle sélection : la FFV, le comité de course, le jury, l’équipe du Pôle Finistère course au Large pour la qualité de leur travail et leur investissement dans l’ensemble des épreuves de sélection. Merci également à notre partenaire CMB d’être fidèle à ce dispositif de détection et d’être à nos côtés depuis désormais plus de 10 ans. Un dispositif de détection et de formation qui a démontré toute sa pertinence et vu naître de nombreux sportifs et sportives de haut niveau. Tous nos vœux de succès à Victor en souhaitant très sincèrement qu’il puisse trouver un plein épanouissement et le chemin des podiums à l’image de ses prédécesseurs. » Luc Moal, vice-Président de la Fédération du Crédit Mutuel de Bretagne : « Je félicite les trois finalistes, Victor Le Pape, Thomas André et Swann Pain, qui se sont livré une belle bataille tout au long de la semaine. La décision s’est faite sur l’eau et c’est là l’une des grandes forces de ce Challenge Espoir. Je souhaite la bienvenue à Victor au sein du Team Région Bretagne-CMB. Aux côtés de Chloé Le Bars et Gaston Morvan, encadré par le Pôle Finistère Course au large, soutenu par le Crédit Mutuel de Bretagne et la Région Bretagne, notre nouveau skipper Espoir sera dans les meilleures conditions pour débuter la saison prochaine sur l’exigeant circuit Figaro. » Jeanne Grégoire, Directrice du Pôle Finistère Course au Large : « La compétition a été extrêmement serrée, aussi bien sur l’eau que dans les points au classement.. Nous sommes vraiment très fiers de la manière dont s’est déroulée cette finale. Un corps arbitral et un comité de course fédéral était présent lors de cette finale pour garantir vraie équité sportive. Cela participe indéniablement à la qualité de cette sélection. La semaine a été longue. Un total de huit manches a été validé dans des conditions assez variées et parfois très instables, avec entre 8 et 22 nœuds de vent. Cela a permis de mettre en évidence le niveau technique des uns et des autres mais aussi leur capacité à tenir la pression. Au final, nous avons un beau vainqueur, mais aussi un deuxième et un troisième, ce qui était important pour nous. »
Yves Le Blévec sur son ultime Actual a franchi en cinquième position la ligne d’arrivée à Pointe à Pitre. Son temps de course est de 08 jours, 15 heures, 49 minutes et 1 seconde.
“Dès le départ, j’étais un cran en-dessous. Je suis très admiratif des premiers. Il y a 3 jours, j’ai perdu mon genaker. En 2 heures de temps, j’ai eu 3 pannes d’un seul coup. J’au du ralentir et Francis est revenu à ce moment-là.“ « Je vais aller vite, je vais tenir une belle cadence, mais mon jeu n’est pas d’essayer de les suivre. Je me prépare psychologiquement à ça » nous confiait Yves Le Blévec avant le départ de Saint-Malo. Avec un bateau performant (l’ancien Macif) mais pas autant que les quatre autres trimarans volants, le skipper d’Actual Ultim 3 avait un plan de bataille bien en tête au départ de Saint-Malo. Mais Yves n’a jamais pu s’accrocher à la roue des leaders, sans doute surpris par le rythme imprimé par Charles Caudrelier et moins inspiré dans ses choix de trajectoire à travers le Golfe de Gascogne. Et tout va très vite en Ultim 32/23. Avec 250 milles de retard au passage du premier front, Actual Ultim 3 était condamné à vivre une autre course que celle du trio de tête qui creusait son avance à chaque nouvelle frontière météo. En arrivant au ponton, le trinitain rendait hommage au trio de tête et insistait “sur le stress énorme qu’engendre la vitesse sur ces machines”. Le duel qui a opposé le skipper à Francis Joyon aura néanmoins donné du sel à cette transat. Lorsque Actual Ultim 3 finit par doubler Idec Sport dans l’alizé, on pense que le plus dur est fait. Mais la perte du grand gennaker trois jours avant l’arrivée limite les performances du bateau et Yves Le Blévec termine finalement cinquième de sa première Route du Rhum – Destination Guadeloupe en Ultim 32/23. Un peu déçu de sa place au classement mais pas amer, il conserve la satisfaction d’avoir conduit son trimaran à bon port, ce qui sur ces machines, reste en soi une performance.
Yves Le Blevec, skipper Actual Ultim 3 : « Je ne peux pas commencer la conférence de presse sans parler de François (Naveilhan NDLR) et d’Alex (Picot NDLR) et dire à quel point je suis effondré. Tous les skippers de cette transat ont fait des stages de survie, on a disputé une course hyper engagée et le drame se passe et là, en baie. La sécurité est primordiale pour tous. C ’est très triste. Je suis effondré, comme tout le monde. »
Sa belle transat bouclée, le skipper Actual Ultim 3, accueilli par Francis Joyon et François Gabart, est heureux et fier de la mission accomplie, du travail d’équipe réalisé depuis des mois. Aucun souci technique n’a entravé la performance globale du bateau, mis à part un gennaker déchiré il y a trois jours qui lui coûte probablement sa 4e place. Mission accomplie. Il raconte ce qu’il ne dit pas en mer.
Heureux ? Yves Le Blevec : « Je suis vraiment super content d’être arrivé ! Boucler cette course était l’objectif n°1. Arriver ici… ce sont des sensations très intenses. »
T’es-tu fait plaisir en mer ? Yves Le Blevec : « Se faire plaisir n’est pas forcément l’objectif, mais réussir à piloter ces machines capables de traverser l’Atlantique en une semaine est sacrée satisfaction. En mer, on est entre plaisir et douleur. C’est très partagé. Ces Ultims sont hyper exigeants. Réussir à être à son niveau est un plaisir, mais c’est douloureux. »
Sans frein dans une grande descente Yves Le Blevec : « Quand le bateau s’emballe, à chaque vague, ça part à 40 nœuds : c’est peut-être le mode « normal », mais tu as quand même l’impression d’être dans un camion sans frein, engagé dans une grande descente avec des virages… Ces bateaux n’ont pas de limite. La limite, c’est ce que le skipper est capable d’endurer. Au-delà d’un certain niveau d’attaque, c’est hyper compliqué de débrancher le cerveau et de se dire ok je vais dormir. Ce n’est pas facile de trouver l’équilibre. »
Le match avec Francis Joyon était sympa Yves Le Blevec : « Il y a 3 jours, à peu près au même moment, j’ai eu trois soucis techniques, sans lien entre eux. Deux ont été résolus (électronique et rotation du mât), mais pas le troisième : la déchirure de mon grand gennaker. Le temps de le remplacer par mon J1 et de réparer, Francis était revenu sur moi et j’allais désormais moins vite que lui. Je n’ai donc pas réussi à conjurer le sort de 2018, mais le match était sympa ! »
Il y a vraiment des écarts de vitesse Yves Le Blevec : « Au près, il y a vraiment des écarts de vitesse avec les nouveaux bateaux. Et, dès le départ, je suis parti avec un ris alors que ça passait GV haute. J’ai renvoyé le ris dès le premier virement, mais j’étais un petit cran derrière et ils ont attaqué très fort. Je suis très impressionné par le niveau d’attaque qu’ils ont réussi à mettre avec ce que ça génère en stress et en fatigue. J’ai été super fatigué à un moment de la course. Heureusement que je me connais, parce que c’est là que tu peux faire de grosses bêtises : l’urgence était de gratter quelques minutes de sommeil. »
Nous réfléchissons à de nouveaux foils Yves Le Blevec : « Nous réfléchissons à de nouveaux foils, pour réduire ces écarts de performance au près avec les nouveaux bateaux. Et j’ai noté un certain nombre de petites choses perfectibles qui vont servir la performance globale du bateau. »
Francis Joyon et son trimaran Idec Sport termine 4è de cette Route du Rhum après 8 jours, 13 heures, 41 minutes et 40 secondes de course. Il devance Yves Le Blévec à l’issue d’une course engagée.
S’il ne réalise pas le doublé après son triomphe de 2018, Francis Joyon a certainement de nouveau déjoué tous les pronostiques, qui plaçaient les 5 maxi trimarans « volants » devant les étraves de son vénérable IDEC SPORT lancé en 2006. Il a une nouvelle fois devancé le foiler Actual d’Yves le Blévec au terme d’une magnifique empoignade transatlantique. Ce trimaran aux mains de François Gabart et sous le nom de Macif avait déjà été son implacable adversaire lors de l’édition 2018 de l’épreuve. Les maxi trimarans nouvelle génération, dessinés pour voler ont tenu toutes leurs promesses dans les conditions certes musclées mais maniables de la course.
“Je suis étonné qu’il y ait du monde pour un 4ème. Il y a eu beaucoup plus de manœuvres que d’habitude. C’était un peu l’enfer. Je suis vraiment fatigué avec Yves au contact. On a beaucoup régaté contre ce bateau. Pour les 3 premiers, on en pouvait pas faire grand chose. On a pris les front beaucoup plus durement que les premiers. J’ai encore appris plein de choses sur le bateau. C’est la première édition dont le départ a été retardé. “
Francis et IDEC SPORT auraient peut-être eu la possibilité de jouer une autre partition si le départ du dimanche 6 novembre avait été maintenu. Reporté pour cause de très gros temps, l’épreuve s’est déroulée sous un jour propice aux bateaux volants, ne laissant aucune chance réelle à Francis de l’emporter. C’est le jeu. Le skipper de Lochmariaquer peut légitimement se satisfaire d’avoir une nouvelle fois rempli ses objectifs, naviguer « propre », au mieux des capacités de son extraordinaire bateau, triple vainqueur de la Route du Rhum. Son temps de course est d’ailleurs meilleur de plus d’une journée que celui réalisé sur ce même bateau par Franck Cammas en 2010. Francis conclut sa course en prenant le meilleur sur Yves Le Blévec, grâce à d’excellents choix tactiques, notamment lors des dernières 48 heures, et en tirant la quintessence d’un voilier qu’il connait sur le bout des doigts. A 66 ans, son enthousiasme et sa fraicheur, sa capacité à maitriser un géant des mers et à performer continuent d’impressionner.
La 14e édition de la St.Barth Cata Cup s’est ouverte ce jeudi. Lors de cette première journée de compétition, les 57 équipages en lice ont disputé une première manche tonique entre l’île de Toc Vers et Roche de Bœuf avant d’en enchaîner une seconde dans l’après-midi entre la baie de Saint-Jean et le Pain de Sucre dans des conditions un poil plus légères, mais avec différentes zones de transition qui ont régulièrement rebattu les cartes au sein de la flotte.
Les favoris ont d’emblée tous répondu présents. Au classement général provisoire, Tim Mourniac et Pierre-Yves Durand (Segeco), auteurs d’un sans-faute avec deux victoires de manche, occupent la première place et remportent au passage le Prix « Design Affairs-001 ». Ils devancent Gurvan Bontemps et Benjamin Amiot (Pixail) et Patrick Demesmaeker et Olivier Gagliani (Les Perles de Saint-Barth – Bativrd), grands habitués de l’épreuve. Les tenants du titre, les Argentins Cruz Gonzalez Smith et Mariano Heuser (SBDE), ont eux aussi montré qu’ils étaient en forme mais ont toutefois d’ores et déjà grillé leur joker lors du premier round, la faute à une avarie d’écoute de foc.
« C’était une superbe première journée avec deux belles manches ni trop courtes, ni trop longues, mais une journée de costauds ! », a résumé Gurvan Bontemps. De fait, les conditions météo ont été plutôt toniques ce jeudi, avec un flux de secteur est soufflant entre 13 et 20 nœuds. Dans ce contexte, naturellement, les gros bras de la série et les spécialistes de petits catamarans de sport se sont montrés un cran au-dessus du lot. « Ceux qu’on attendait ont d’emblée confirmé qu’il fallait compter avec eux cette semaine. On a vu de la très belle bagarre aux avant-postes. De notre côté, on est super contents de notre entrée en matière. On est monté en puissance petit à petit. On a déjà un bon flying tuning, ce qui nous permet d’être assez rapides alors que l’on découvre encore nos nouvelles voiles », a commenté le Morbihannais qui, avec des manches de 2e et 3e, pointe à la deuxième place du classement provisoire à l’issue de cette première journée. Une première journée dominée de la tête et des épaules par le duo Tim Mourniac et Pierre-Yves Durand, auteurs d’un sans-faute avec deux premières places. « On a plutôt bien régaté. On est assez contents de notre vitesse. Ça a été dense et, comme on pouvait s’y attendre sur une épreuve de ce niveau, ça s’est joué sur des détails », a commenté le barreur de Segeco qui a donc, d’entrée de jeu, affirmé ses ambitions.
Savoir faire preuve d’opportunisme
« La première course était une sorte de grande « banane ». Je n’ai donc pas été trop dépaysé par rapport à ce que j’ai l’habitude de faire. C’était vraiment de la tactique. Il fallait bien suivre le vent et exploiter au mieux les effets de site », a détaillé Tim, membre de l’équipe de France de Nacra 17, rompu à la régate au contact entre trois bouées. « On n’est pas super bien passés à la première marque au vent mais on s’est montrés très rapides au portant, ce qui nous a permis de revenir au contact de Gurvan et Benjamin, devant, puis de finalement l’emporter. Sur la deuxième course, il y a eu beaucoup de transitions à négocier du côté ouest de l’île. Ça a donné un raid un peu plus dur nerveusement à gérer, avec pas mal de coups d’élastiques. Le fait d’être bien partis nous a permis de creuser un peu l’écart au début mais lorsque c’est devenu délicat, en étant dans notre position, on a donné malgré nous des repères aux autres qui en profité pour revenir. Le passage de la pointe à Colombier a finalement été décisif. Les Argentins, qui avaient un temps pris la tête, ont commis une petite erreur en sortant de l’effet de pointe. On a su saisir l’opportunité pour s’imposer de nouveau », a poursuivi Tim Mourniac, logique vainqueur du Prix « Design Affairs-001 » ce soir, qui garde cependant la tête froide concernant la suite.
Pas le droit à l’erreur
« Aujourd’hui, c’est nous qui avons eu le bon feeling. Demain, ce sera peut-être les autres. On est quand même quelques-uns à pouvoir prétendre à la victoire finale », a terminé le co-équipier de Pierre-Yves Durand. « La bagarre aux avant-postes est serrée. Tellement que la moindre petite erreur se paie cash. Sur l’eau, tu clignes les yeux et paf, tu perds 150 mètres ! », a synthétisé Olivier Gagliani qui, après des places de 3e et 5e, complète le podium provisoire au côté de Patrick Demesmaeker et ne cache pas son admiration pour la paire Mourniac – Durand. « Pour nous, ce sont vraiment les gros clients de cette 14e édition », a glissé celui que l’on surnomme affectueusement Trois Pommes. Le match ne fait toutefois que commencer et à ce stade, tout reste à faire, y compris pour les nombreux concurrents ayant été confrontés à de la casse matérielle ou à des sorties de piste incontrôlées lors de cette première journée sportive. Parmi ces derniers, on peut notamment citer les tenants du titre, Cruz Gonzalez Smith et Mariano Heuser. Victimes d’un problème d’écoute de foc dans le premier acte, les deux sud-américains ont écopé d’une 17e place qui risque de leur couter cher pour la suite, même s’ils ont rapidement rectifié le tir dans la foulée en terminant deuxième de la seconde régate.
L’hégémonie de Charlie Dalin à bord de son Apivia sur la flotte IMOCA depuis le départ n’est plus une évidence. Thomas Ruyant a sonné la révolte et entend bien lui contester son leadership en entrainant avec lui Jérémie Beyou, Kevin Escoffier et Paul Meilhat. A 1200 nm de l’arrivée, le podium de cette Route du Rhum se joue maintenant.
L’alizé sourit à Thomas Ruyant. “Il y a de l’action avec une gestion des grains qui sont nombreux ! Charlie va vite mais moins au portant ” Un moment distancé de près de 80 milles, il a considérablement réduit, à la faveur d’une nuit expresse, son retard sur le leader Apivia et se trouve plus à l’ouest. Le leader incontesté en IMOCA sur son Apivia a souffert ces derniers jours en ouvrant la route d’une dorsale pour ses poursuivants. Des grains, des zones de « molles », des variations de direction du vent contraignent les marins à « être dessus » en permanence.
Francis Joyon sur Idec Sport et Yves le Blévec sur Actual se livrent un beau duel depuis le départ qui devraient trouver son épilogue cette nuit. Si Francis Joyon a pris un peu d’avance, l’écart entre les deux bateaux laisse entrevoir un finish qu’on espère haletant.
Actual, le maxi trimaran volant d’Yves le Blévec est en effet l’ancien Macif de François Gabard lancé en 2015. C’est lui qui en 2018 abordait en tête la dernière phase du parcours autour de l’île papillon. Francis Joyon et son vénérable IDEC SPORT construit en 2006, s’est, ces dernières 24 heures, mis en position de franchir cette fois devant son adversaire la marque de la tête à l’Anglais, au Nord de l’île. Son long bord au Sud Sud Ouest lui a offert l’opportunité d’empanner hier soir pour un dernier bord rapide, tribord amure, quelques 60 milles sous le vent de son adversaire, et en ligne presque directe vers la Guadeloupe. Les deux géants naviguent depuis quasiment à égalité en un long sprint de vitesse, à plus de 28 noeuds de moyenne. Francis et son Maxi “Archimédien», 4èmes ce matin, parviennent à contenir leur adversaire taillé pour voler. Les deux marins, liés par une solide admiration réciproque, vont, à n’en pas douter, se livrer une bataille sans merci autour de la Guadeloupe. Francis est attendu la nuit prochaine, entre minuit et deux heures du matin heure Française au rocher dit “la tête à l’Anglais», à cause de sa forme rappelant le casque colonial Britannique. Les deux bateaux devraient alors entamer ce pas de deux entrés lors de la dernière édition dans la légende de la course, de nuit, à vue, avec ces éprouvants rebondissement liés aux airs instables, voire évanescents si typiques des rivages Guadeloupéens.
Les mots de Francis ce matin… “Avec Bernard (Stamm) et Christian (Dumard), nous avions bien travaillé et envisagé ces deux empannages qui m’ont permis de glisser sous le vent de Actual. Je suis très heureux de l’avoir bien tenu en vitesse cette nuit. C’est curieux comme sur ce bord tribord amure je vais plus vite que sur l’autre bord, au point que je m’interroge sur sa capacité à faire marcher son bateau à 100% sur cette amure. En tous cas, on s’est bien tiré la bourre avec Yves depuis le début, mais aussi durant toute la saison. Ce serait une grande satisfaction de terminer devant lui à Pointe à Pitre, pour une belle 4ème place, en considérant que les trois foilers déjà arrivés ne jouent pas dans la même catégorie qu’IDEC SPORT. Je suis très excité par ce final et je me sens en très grande forme. Je crois que j’ai contourné la Guadeloupe de nuit à chacune de mes arrivées ici. Cela s’annonce de nouveau compliqué. Ma petite équipe est sur place, Bertrand (Delesne), Corentin (Joyon), Antoine (Blouet) et Valentin (Kapps). Je serai heureux de les retrouver.»
Victime d’un chavirage dimanche dernier, Brieuc Maisonneuve, le skipper du CMA-Ile-de-France – 60 000 rebonds, est arrivé mercredi midi à Punta Delgada à bord du voilier de Jean-Pierre Dick qui l’a secouru au large des Açores. Sain et sauf, mais fortement éprouvé, le navigateur breton et son épouse Anne se mobilisent désormais pour trouver une solution de remorquage du multicoque. Une cagnotte est organisée pour financer le sauvetage de « Addictive Sailing ».
Brieuc Maisonneuve fait le récit de son chavirage au large des Açores et du Portugal Malgré un début de course compliqué (Brieuc Maisonneuve a écopé d’une pénalité de 4 heures pour avoir franchi la ligne de départ ½ seconde trop tôt) le navigateur a pris les bonnes options de trajectoire et a pris la tête de la course dès le 2ème jour, avant d’être rattrapé par Jess (Gilles Buekenhout). Toujours en tête du classement, il affronte le samedi soir des conditions difficiles et passe le front en début de nuit prudemment en étant sous 3 ris J3 puis se déroute pour aller porter secours à une jeune navigatrice en class 40 (Amélie Grassi sur La Boulangère Bio) qui avait démâté dans des conditions météo très difficiles. Quelques heures après, le CMA-Ile-de France chavire au large des Açores. Brieuc Maisonneuve a pu être secouru par Jean-Pierre Dick sur JP54 Notre Méditerranée – Ville de Nice, qui a fait un détour pour venir en aide au skipper naufragé.
Quelques heures après le chavirage, Brieuc Maisonneuve a pu s’entretenir par téléphone avec son épouse Anne. Il explique les raisons et les conditions dans lesquelles son catamaran a chaviré.
« Quand je suis reparti, j’étais un peu désorienté en milieu de nuit et le vent est re-rentré, ça tapait fort, je me suis un peu blessé au dos, j’étais pas en super forme et vers 6h30-7h, j’étais dans la bannette de veille donc 2 ris J2 assez choqué de chariot et d’écoute en mode plutôt assez safe et le pilote a décroché je n’ai pas eu le temps de bondir de la bannette que, instantanément, le bateau s’est retourné. C’était très rapide je n’ai pas eu le temps d’avoir peur. En fait c’est assez étrange comme sensation de se « dire bah voilà ça y est c’est fait ». A partir de là, c’est la survie avant tout. J’avais déjà un peu visualisé ce qu’il fallait faire dans ce moment-là mais quand c’est en pleine nuit vous ne voyez rien, le bateau est à l’envers, vous êtes complètement désorienté donc ça a été quand même une sacrée aventure de rassembler ses affaires et d’aller dans la coque de manière à se mettre en sécurité. J’ai attendu qu’il fasse jour avant de commencer à sortir dehors. J’ai eu un premier échange par VHF portable avec un cargo et ensuite très rapidement, j’ai aperçu le bateau de Jean-Pierre Dick et j’ai pu communiquer avec Jean-Pierre. Il est venu me récupérer. Cela n’a pas été simple parce qu’un moment il faut accepter de sauter à l’eau… mais Jean-Pierre a super bien géré : j’ai réussi à attraper un bout derrière son bateau. Je ne vous cache pas que j’étais pas en super forme pour remonter à bord donc ça a pris un peu de temps mais voilà bon déjà je suis safe. La suite maintenant il va falloir que je récupère ce bateau : c’est mon outil de travail auquel je tiens beaucoup, qui est vraiment ma vie donc c’est une autre aventure qui commence. »
Une cagnotte solidaire pour sauver « Addictive Sailing » Depuis dimanche, le catamaran de Brieuc Maisonneuve est toujours resté à flot à 500 km des côtes. Pour Brieuc Maisonneuve et son épouse Anne, l’objectif est désormais d’organiser le remorquage et le sauvetage du voilier. D’importants moyens techniques et une équipe spécialisée doivent être mobilisés pour assurer le succès de cette opération : recours à un plongeur pour dévisser le mat, pilote de drone pour localiser le bateau sur place, électronicien pour remettre le bateau en marche, spécialiste du bateau pour savoir comment le retourner, etc. Le coût du remorquage s’élève à 60.000 euros. Une cagnotte a été organisée pour aider le navigateur à financer cette vaste opération de sauvetage : les donateurs peuvent participer à cette cagnotte solidaire sur Leetchi : https://www.leetchi.com/fr/c/lW0KXZKN
Brieuc Maisonneuve et la CMA-IDF : porter au large des valeurs humaines communes Originaire de Granville, Brieuc Maisonneuve, 48 ans, a pris le départ de la 12ème Route du Rhum dans la catégorie multicoque (16 participants), soutenu par la Chambre de Métiers et de l’Artisanat d’Ile-de-France.
Ayant déjà concouru une fois à cette épreuve phare en 2014, le skipper professionnel a déjà beaucoup éprouvé son bateau, un catamaran de 15,50 mètres, qu’il exploite depuis plusieurs années. Marin chevronné et sportif expérimenté, Brieuc Maisonneuve est aussi un dirigeant d’entreprise qui porte des valeurs humaines et partage ainsi celles de l’Artisanat : courage, passion, orientation, adaptabilité, confiance en soi, travail d’équipe, humilité face aux éléments, esprit concurrentiel, précision du geste, polyvalence, souci écologique, etc.
Engagée dans la Route du Rhum 2022 aux côtés de Brieuc Maisonneuve depuis septembre, la CMA-IDF souhaite faire de ce partenariat un projet durable et fédérateur pour l’ensemble des équipes des CFA. L’objectif : mobiliser les 6 000 jeunes apprentis de ses 10 CFA d’Ile-de-France, mais aussi les enseignants, les collaborateurs, ainsi que les collégiens, les lycéens et les 238 000 artisans d’Ile-de-France autour d’une aventure humaine commune et des valeurs partagées.
Matthieu Perraut sur le Class40 Intervest a dû déclarer forfait sur la Route du Rhum 2022, à la suite d’un violent choc avec un OFNI. Il a pu rejoindre en toute sécurité Ponta Delgada aux Açores. Mais l’histoire de ne s’arrête pas là. Il met tout en œuvre pour permettre à Axel Trehin, skipper du Class40 Project Rescue Ocean, de repartir en course.
Il y a peu d’endroits où les mots “fraternité” et “solidarité” ont autant de sens qu’en mer. A Ponta Delgada, aux Açores, le skipper du Class40 Inter Invest, Matthieu Perraut, vient humblement de nous le rappeler de la plus belle des manières.
Contraint à l’abandon après avoir heurté un OFNI alors qu’il réalisait un magistral début de Route du Rhum, le marin breton a accepté de prêter son mât à Axel Trehin, skipper du Class40 Project Rescue Ocean. Ce dernier, victime cette nuit d’une casse du barreau de ses barres de flèche, était dans l’incapacité de réparer son gréement dans des délais lui permettant de rester en course.
Pour Matthieu, c’est un don de soi d’autant plus noble que lui a vu son rêve s’arrêter net dans un choc qui ne relève que de la malchance. Pour Axel, c’est une main tendue inespérée, qui va lui permettre de reprendre la mer et essayer de boucler cette incroyable aventure humaine qu’est la Route du Rhum.
« Il y a trois ans, je disputais la même Mini-Transat avec Axel, école de la course au large et berceau de cet esprit de famille qui unit chacun des coureurs qui s’y engagent. Il y a onze mois, nous devenions partenaires d’entraînement au sein du centre Orlabay de la Trinité-sur-Mer et apprenions ensemble à tirer le meilleur de notre bateau. Il y a sept jours, nous étions redoutables concurrents sur la même ligne de départ de cette course mythique. Aujourd’hui, nous ne sommes plus qu’un seul bateau, liés par un seul objectif : permettre à Axel de finir sa course. » précise Matthieu.
Les partenaires des deux skippers ne se connaissaient pas mutuellement voilà encore quelques heures. Aujourd’hui, ils sont liés par ces mêmes valeurs qui unissent Matthieu et Axel, et incarnent parfaitement les raisons de leurs engagements à leur côté. Ensemble, ils sont fiers de soutenir ces histoires qui nous rappellent ce que l’homme a de meilleur en lui.
Thomas Coville complète le podium de cette Route du Rhum en terminant 3e à bord de son Sodebo Ultim 3. Trop loin pour pouvoir jouer un final à trois, il est resté dans le match tout au long de la course.
Une place de troisième qu’il occupe pour la quatrième fois en multicoque (troisième en ORMA en 2006, troisième en Ultim en 2010 et 2018), lui qui a remporté l’épreuve en monocoque en 2002. Un peu moins rapide intrinsèquement que les deux leaders, Sodebo Ultim 3 a pu tout de même se mêler au match pour le plus grand plaisir de son skipper. Pas très à l’aise au près en début de course, il a su refaire une partie de son retard au portant avec quelques fulgurances mais sans doute moins de régularité que ses adversaires. Encore positionné à 180 milles de Charles Caudrelier lorsque le vainqueur arrivait au ponton ce matin, Sodebo Ultim 3 accrochait un filet dans l’Est de l’île et devait batailler plus de deux heures, bateau stoppé net pour se sortir de ce mauvais pas. La récompense d’une arrivée à plus de 30 noeuds cet après-midi dans le canal des Saintes n’en a sans doute que plus de saveur.
Il a coupé la ligne d’arrivée à Pointe-à-Pitre après 7 jours, 6 heures, 37 minutes et 25 secondes.
Thomas Coville – Sodebo Ultim 3 – Arrivée de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe 2022 – Pointe à Pitre le 16/11/2022Thomas Coville – Sodebo Ultim 3 – Arrivée de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe 2022 – Pointe à Pitre le 16/11/2022