Le 0° de latitude a été franchi par Vincent Riou (PRB) à 2 heures TU, soit 3 heures en France. Vincent a donc quitté cet hémisphère Sud dans lequel il a navigué plus de deux mois, soit 62 jours, et est le premier concurrent à naviguer dans les latitudes Nord soit sous celles de « la maison ». Et c’est de la plus belle des manières qu’il le fait puisque Vincent compte ce matin 127 milles d’avance sur Jean Le Cam (Bonduelle) et 242 milles sur Mike Golding (Ecover). L’écart en latéral avec Jean est toujours d’environ 100 milles et c’est une des données que Vincent doit garder à l’œil, ce dernier étant le concurrent le plus ouest des trois protagonistes. Mike est une fois de plus en position intermédiaire. Le skipper de PRB a donc plus que tenu la pression d’hier et a même accru son avance sur ses deux fidèles poissons-pilotes. Il compte 24 milles de plus sur Jean hier à la même heure et 5 milles sur Mike. Rien à dire, Vincent continue de naviguer sereinement et passera solidement installé en tête du classement la barre des – de 3 000 milles à parcourir vers l’arrivée en milieu de journée. Le prochain écueil à éviter est le Pot au Noir dont les premiers effets se feront sentir aujourd’hui. Est-ce que la vitesse de PRB va chuter permettant aux deux plus proches poursuivants de revenir au contact ? Est-ce que les monocoques 60 pieds vont passer d’un vent de sud-est puis est en enfin nord-est sans vraiment s’arrêter ? De l’avis de tous, ce Pot au Noir ne devrait pas être pénalisant et les fichiers météo tendraient à le prouver. Mais Vincent, en bon marin, le rappelait hier : « il faut toujours se méfier de cet endroit où l’on peut se faire manger à toutes les sauces ! ».
Fred Duthil confirme une deuxième saison sur le circuit Figaro-Bénéteau
« La saison 2005 repart avec les mêmes partenaires que l’an dernier » explique Fred Duthil en ce début d’année. « Il s’agit bien sûr de la société All Mer, mon partenaire principal, des sociétés PEG – Le réflexe Isolation – et PolyExpert, mes deux partenaires officiels, ainsi que de AAD Phénix et KM Zéro – Distinxion Automobiles, mes partenaires techniques. »
En cette période économiquement difficile pour le sponsoring voile, Fred est heureux de garder le soutien de ces entreprises. Depuis 2002, le fabriquant de vêtements basé au Havre lui permet de courir sous ses couleurs, en mini 650 d’abord, en Figaro-Bénéteau désormais. All Mer fournit à Fred Duthil un monotype ainsi qu’un budget de fonctionnement. Le reste du budget est réparti au sein de son club de partenaires. Pour le moment, le budget 2005 n’est pas clos. « À ce jour, nous sommes à la recherche d’un troisième partenaire officiel pour s’associer à PEG et PolyExpert à hauteur de 30 000 Euros » ajoute le skipper.
En 2004, Fred Duthil a mené son Figaro All Mer à la 22e place de la Solitaire Afflelou Le Figaro et terminé troisième de cette course chez les bizuths (classement de la première participation). Le jeune navigateur et son voilier se sont aussi classés 13e du championnat de France de course au large. Cette année d’apprentissage sur ce circuit professionnel fut intense en enseignements et en activités puisque Fred a mené de front son travail d’expert et ses compétitions. Pour 2005, il a trouvé un arrangement avec son employeur. « À partir du mois d’avril, je vais avoir du temps libre avec PolyExpert dans le cadre de notre partenariat. » Fred sera donc libéré pour participer aux entraînements du centre de Port-La-Forêt et pendant la saison estivale entre la Generali Solo et la Solitaire.
Fred Duthil pourra donc se concentrer pleinement sur sa saison 2005 : « Je commencerai par deux petites courses comme les 110 milles de Concarneau (qui sera allongée à 280 milles pour être qualificative pour la Solitaire) et la TransManche en double. Ensuite, ce sera la Generali Solo en juin, la Solitaire Afflelou Le Figaro en août, le Tour de Bretagne en double en septembre et pour finir la Route du Ponant en octobre. » En attendant le début des compétitions, « le bateau est en chantier chez Thierry Fagnen (AMCO). La date de remise à l’eau est prévue pour le 15 février, ce qui correspond au premier stage à Port-La-Forêt. »
La saison 2005 de Fred Duthil et All Mer s’annonce bien par rapport à 2004. « À la même époque l’an passé, je n’avais que le bateau ! » se souvient Fred. Cette année, il peut compter sur ses partenaires même si la recherche d’un budget complet a échoué. Avec du temps de travail mis à la disposition de son programme sportif et des finances bouclées aux trois-quarts, le skipper de St Brieuc revient très motivé !Source : All Mer
Ellen , sous la barre des trois jours …
Pour la première fois depuis deux semaines, lorsqu´elle a commencé à totaliser un avantage de trois, quatre puis cinq jours, l´avance d´Ellen sur le record de Francis Joyon retombe sous la barre des 1000 milles (ce qui représente 15,08% du temps restant). Castorama vient de passer 24 heures de plus à une vitesse désespérément lente en parcourant à peine plus de 200 milles, contre 450 milles par jour dans les Mers du Sud.
Castorama a passé la nuit à poursuivre un front insaisissable. Le trimaran est coincé dans la partie sud du front où les vents sont généralement très faibles. Cette nuit Ellen a enregistré 7,1 nœuds de vent avant minuit, 13,8 nœuds vers 2h00GMT, et 5,6 une heure plus tard ! La frustration ne cesse de grandir pour Ellen qui sait que de l´autre côté du front soufflent des vents plus forts et plus réguliers. Après la dorsale anticyclonique, il y a 48 heures, Castorama doit maintenant franchir ce deuxième obstacle météo qui semblent poser encore plus de problèmes. "L´Atlantique Sud ne nous est pas très favorable pour l´instant. Depuis le Cap Horn, ce n´est vraiment facile. Nous n´avons quasiment aucun moment de répit. Le bateau n´est jamais stable, même sans vent. On ne peut pas boire une tasse de thé sans en renverser partout. Ca tape dans tous les sens…". L´Atlantique Sud est fidèle à sa réputation. Il a déjà mis à genoux plus d´une tentative de record. Ce qui inquiète Ellen, malgré ses trois jours d´avance, c´est de rester coincée encore 6 à 12 heures à regarder fondre son avantage…
Le Cam à 100 milles de Riou
Jean Le Cam (Bonduelle) fait parler l’écume ! Jean a repris 33,3 milles sur Vincent Riou (PRB) depuis hier même heure. Plus rapide dans tous les compartiments du classement, Jean pousse sur sa machine et grappille d’importants milles avant le délicat passage du Pot au Noir. 353,7 milles parcourus en 24 heures pour Bonduelle contre 318,9 milles pour PRB, 17,9 nœuds de vitesse moyenne sur 4 heures contre 15 nœuds et 17 nœuds de vitesse moyenne sur une demi-heure contre 14,9 nœuds… Rien à dire Jean revient et cela doit « fumer » à bord du plan Lombard. Mais le chiffre important à noter est également le cap plus abattu de Jean qui ouvre plus les voiles que Vincent et que Mike. Ainsi, si Vincent ne bouge pas de son cap au nord, Jean taquine le nord-ouest depuis plus de 24 heures. Une allure indéniablement plus rapide pour le monocoque jaune dans cet alizé de 15 nœuds établis. De deux choses l’une pour le monocoque jaune qui perd heure après heure de son écart en latéral avec Vincent Riou : d’une part, il profite de son placement au vent de la flotte pour revenir au contact en ouvrant plus les voiles et d’autre part, il se peut que les opportunités de passage du Pot au Noir se réduisent à un seul et même endroit, endroit que Jean vise maintenant en se recalant dans le sillage de Vincent. Il se pourrait bien que l’on assiste à un nouveau regroupement à l’approche du Pot au Noir, ce fameux « territoire du vide » comme l’appelaient les marins de l’ancienne marine à voile, situé grosso modo à 500 milles ce matin dans les étraves des leaders. A titre de repère géographique, Vincent Riou, (PRB) est ce matin à 327 milles dans le travers de la ville de Natal (Brésil), soit de la corne brésilienne.
Acanthe Ingénierie aux côtés d´Anne Caseneuve
A l’instar de ce qui s’était produit avec Francis Joyon, la signature du partenariat entre l’équipe d’Anne Caseneuve et Patrice Lafargue, Président du Groupe Acanthe, procède du coup de cœur… « Tout s’est fait à Cadix, raconte Anne, après une discussion entre Mr Lafargue et Christophe Houdet (alter-ego de la navigatrice, et « second officieux » du trimaran IDEC). Ils se sont rencontrés alors que Francis allait partir pour sa tentative de record sur la Route de la Découverte, et 10 jours plus tard, le contrat était signé ! C’est une efficacité rare dans ce genre de tractations », note Anne, dont le 50 pieds porte désormais les couleurs de son nouveau partenaire. « L’arrivée du Groupe Acanthe à nos côtés signifie que nous pouvons passer un nouveau stade dans l’évolution du bateau, qui à l’heure actuelle est très certainement le 50 pieds multicoque le plus performant du circuit ». Ce trimaran, un savant « puzzle » conçu et construit par Jack Michal et Christophe Houdet, est en effet détenteur du record des 24 heures dans sa catégorie, en solo comme en équipage ! A son bord, Anne Caseneuve a remporté la Saguenay – Saint Pierre – Vendée en 2003, avec 48 heures d’avance sur le second. Une performance qui en dit long sur le potentiel de la machine.
Montée en puissance
Ces bateaux très impressionnants, immensément toilés et capables de déjauger à la moindre risée ont été historiquement conçus pour offrir des régates très spectaculaires et rythmées aux spectateurs massés dans la baie de Sydney. Loin des antipodes, ils s´affrontent aujourd´hui également en Europe où le circuit prend chaque année un peu plus d´envergure. Les équipages se réuniront d´abord au large de Carnac (du 6 u 8 mai) avant de s´affronter à nouveau du 5 au 10 juin, sur le magnifique plan d´eau de Palau, en Sardaigne. Intégré dans le championnat du monde (qui compte une épreuve sur chaque continent), ce deuxième Grand Prix sera le point d´orgue du circuit puisqu´il permettra aux concurrents européens de se frotter aux meilleurs spécialistes de la discipline (Australiens bien sûr, mais également Néo-zélandais, Américains…). Les compétitions se poursuivront ensuite du côté de Travenmünde, pour le Grand Prix d´Allemagne (27 au 30 juillet), et de Campione, pour le Grand Prix d´Italie (12 au 14 août), avant de se conclure à Weymouth, pour le Grand Prix d´Angleterre (16 au 18 septembre). A noter que les principales innovations concernent cette année la possibilité pour les équipages européens d´utiliser un petit gréement en carbone, ainsi que des échelles du même matériau.
(source : www.18footer.org)
ABN AMRO : premier VO70 baptisé
Le premier navire portant les couleurs de la banque ABN AMRO (qui engage deux bateaux dans la prochaine Volvo race) vient donc d’être dignement fêté à Portimao, non loin de Faro au Portugal. Le monocoque est arrivé le 6 janvier dernier dans ce port qui sera la base opérationnelle de l’équipe, avant son déménagement vers Sanxenxo en Espagne. Depuis, l’équipage a effectué ses premiers essais en mer afin de commencer à accumuler les données et l’expérience. Comme le rappelle le skipper néo-Z Mike Sanderson, « une victoire, c’est 70% de préparation »… Pour ces premiers test, le constructeur du VO70 (sur plans de Juan Kouyoumdjian), l’Irlandais Killian Bushe, était à bord. Il a semble-t-il trouvé que le navire « paraissait très puissant ».
Rallier au plus vite les alizés de Sud Est
Le vent et la vitesse de Castorama ont rarement dépassé les 5 nœuds au cours des 12 dernières heures. La première fois depuis le départ de la tentative de record. Hier soir encore, Ellen était coincée au sud de la dorsale anticyclonique : "je n´arrive pas à y croire. Neuf empannages en une heure et demi. Il y a environ une heure, le vent a commencé à tourner autour de 340, 350 puis à 060 donc je me suis préparée à virer et il est revenu en arrière… Tant que nous ne sommes pas sur l´autre bord dans 10 nœuds de vent, ça ne marchera pas. J´ai du mal à suivre un bon cap". Heureusement, Castorama est finalement parvenu à traverser la dorsale, mais cette transition météo a déjà coûté cher. L´avance d´Ellen sur le record est tombée à 3 jours et 18 heures et la distance parcourue ces dernières 24 heures n´est que de 245,3 milles. Ce matin, le vent est revenu à plus de 10 nœuds : "je vais bien, mais le vent n´est pas terrible ! Il est rentré par le nord-est donc c´est un peu moins stressant, mais notre vitesse est la même. On fait des pointes à 6 nœuds ! Je vais essayer de me reposer mais c´est un peu frustrant. Je suis vraiment fatiguée et ça ne va pas s´arranger avec la dépression"…
Statu quo en tête de course …
138 milles d’avance hier matin sur le second ; 138 milles d’avance 24 heures plus tard. Vincent Riou (PRB) continue de déjouer estimations, évaluations et pronostics. A armes égales dans un alizé paresseux, il affiche aujourd’hui des performances en tout point identiques à celles de son dauphin, Jean Le Cam (Bonduelle) : 281 milles parcourus en 24 heures à 11,7 noeuds de moyenne et 13,9 nœuds de vitesse moyenne sur les dernières heures, avec un cap à peine plus lofé que celui de son concurrent le plus direct. L’érosion annoncée n’est pas au rendez vous. A 680 milles de l’Equateur, c’est le statu quo en tête de course. Mike Golding, 3ème sur Ecover s’est remis dans le rythme, 232 milles dans le sillage de Vincent Riou. Il présente un bilan très similaire à celui de ses devanciers.
Le petit train de l’Equateur. Les trois leaders foncent plein nord, tout droit dans un vent d’est peu soutenu, d’une quinzaine de nœuds. Suffisamment soutenu en tout cas pour voir de nouveau les performances s’élever et les distances parcourues sur 24 heures tutoyer les 300 milles. Les écarts affectent une étonnante stabilité lors des dernières 24 heures. Le Cam n’a rien repris à Riou. Seul Golding a lâché une poignée de milles en chemin. La journée d’aujourd’hui ne devrait pas nous offrir un scénario très différent ; les trois hommes foncent au large de la pointe orientale du Brésil et la ville de Recife, dans un alizé bien calé à l’est et qui, seul changement notable, pourrait se renforcer dans le nord pour Riou. Priorité vitesse. Priorité réglages. Priorité trajectoire.
Anticyclone devant les étraves de Castorama
Castorama se rapproche rapidement du mur météo qui se dresse sur sa route. L´anticyclone s´étale actuellement au large des côtes l´Uruguayennes et génère des vents très faibles, entre 4 à 8 nœuds, qui vont inexorablement ralentir la progression du trimaran aujourd´hui et ce soir. Au cours des prochaines 24 heures, l´avance d´Ellen sur le record de Francis Joyon devrait donc de nouveau chuter, malgré les plus de 400 milles parcourus depuis hier à 20-25 nœuds sur une route NE très proche de la route directe. La vitesse VMG (vitesse de rapprochement par rapport à l´arrivée) nécessaire pour battre le record à partir d´aujourd´hui n´est que de 10 nœuds, mais elle pourrait augmenter dans les heures à venir. Ce matin à 7h10 GMT, Castorama avait parcouru environ 20969 milles depuis le départ à la vitesse moyenne de 17,5 nœuds, et depuis hier à 13h10, il a repris 6 heures d´avance sur le record. Une avance qui se porte à 3 jours, 22 heures et 33 minutes, soit 17% du temps qu´il reste à Ellen pour battre le record de Francis Joyon.
La Dorsale anticyclonique s´étale vers l´est au large de l´Urugay et barre la route d´Ellen. Castorama va devoir traverser cette zone sans vent. Il ne peut y échapper. Il n´a pas d´autre solution. D´ici ce soir, le vent pourrait chuter entre 4 et 8 nœuds et Ellen va une fois de plus devoir puiser toute l´énergie nécessaire pour continuer de faire avancer son trimaran le plus vite possible et l´emmener de l´autre côté de la dorsale, vers des vents plus forts.


















