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Le poids des chiffres, suite…

Luna Rossa Challenge contre Desafio Espanol
DR

En 2005, la 32e America’s Cup a voyagé plus de 9000 km pour disputer six Louis Vuitton Acts organisés sur trois sites différents. Les efforts déployés pour mener à bien cette tournée ont été considérables. Qu’il s’agisse de la logistique pour déplacer les hommes, les bateaux, le matériel des équipes et des organisateurs ou des opérations média et d’hospitalité permettant au public de prendre part à l’événement, les chiffres qui se cachent derrière cette saison sont impressionnants.

Le transport de cette tournée entre Valencia, Malmö-Skåne puis Trapani (et retour) a été un vrai défi logistique. Plus de 200 pièces ont été convoyées par cargo dont environ 70 containers et 100 bateaux (comprenant les Class America, les semi-rigides et autres bateaux d’assistance) : au total, plus de 2000 tonnes de matériel soit 30 000 m² (l’équivalent de 12 piscines olympiques). Sur les six Louis Vuitton Acts, le chargement et déchargement du cargo ont nécessité pratiquement 5000 grutages dont 720 pour la mise à l’eau et les manutentions des Class America.

Avant d’amener le public assister aux régates sur le plan d’eau, le Foredeck Club a accueilli 10 000 invités dont 7500 étaient conviés dans les espaces privés réservés aux équipes. Plus de 25 000 coupes de champagne Moët et Chandon ont été servies. Plus de 14 000 accréditations ont été délivrées, nécessitant 60 rouleaux de film, l’équivalent de 8 milles nautiques ou trois bords en régate.

Plus de 980 heures de tournage ont été réalisées en 2005, attirant pratiquement 900 millions de téléspectateurs dans le monde. Le site officiel de la 32e America’s Cup a accueilli plus de deux millions de visiteurs et expédié 150 000 newletters. Pendant les six Louis Vuitton Acts, les journées de plus forte affluence ont été le lundi et le mardi, le samedi étant le jour le plus calme. Juin, septembre et octobre -pendant les courses- ont été sans surprise les mois où le site a été le plus consulté. 14 kilomètres de câble en fibre optique et 90 kilomètres de câble classique ont été nécessaires pour les infrastructures réservées aux media. Le trafic internet sur et en dehors du site a dépassé les 130 gigabits d’information (sans compter les 30 kilobits utilisés pour cet article !).

Source ACM

Gildas Morvan et Erwan Tabarly sur la Transat AG2R

Gildas Morvan Cercle Vert
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Oubliée l´escale à Madère, le nouveau cru de la «Concarneau – Saint-Barth» s´annonce comme un sprint enflammé, un parcours tactique à souhait, une épreuve plus que jamais placée sous le signe du talent et du sens marin. Pour débuter leur 9ème saison commune, Gildas Morvan, ténor de la série monotype, et son partenaire Cercle Vert ont choisi d´accueillir à leur bord l´une des plus fines lames du circuit, Erwan Tabarly. Adversaires sur l´eau mais complices à terre, les deux marins feront équipe pour la toute première fois et pour leur plus grand plaisir…

Associé tour à tour à Roland Jourdain (1998), Bertrand de Broc (2000), Charles Caudrelier (2002) ou encore Dominic Vittet (2004), Gildas Morvan a donc choisi Erwan Tabarly pour disputer ce qui sera sa cinquième Transat AG2R. Régatiers autant que coureurs au large, les deux marins se connaissent, se respectent depuis plusieurs années et avouent l´un comme l´autre avoir le sentiment de former ensemble un duo d´une grande complémentarité. Pour le skipper de Cercle Vert, le choix d´Erwan s´est rapidement imposé comme une évidence : « Il m´avait fait savoir qu´il était intéressé par l´idée de disputer la prochaine Transat AG2R avec moi. Erwan est l´un des animateurs de la série depuis longtemps, il connaît bien le bateau et nous nous respectons beaucoup. Très vite il s´est imposé comme le co-skipper idéal, notamment parce qu´il a l´expérience de cette course, qu´il aime le large et qu´il est calme et posé à bord d´un bateau. Erwan est quelqu´un de très agréable et j´avais envie de partager cette aventure avec lui."

Association de talents
Bien que n´ayant jamais navigué en course, sur le même bateau, Gildas Morvan et Erwan Tabarly font d´ores et déjà figure de sérieux clients sur cette nouvelle édition de la Transat AG2R. A l´origine de cette association de talents, Erwan se réjouit lui aussi de la perspective de défendre ensemble leurs chances : « Je voulais disputer cette Transat AG2R  avec quelqu´un avec qui je m´entende bien et avec qui je puisse envisager de faire un résultat. Gildas réunissait ces deux qualités importantes pour moi et c´est pour ces raisons que je lui ai demandé si je pouvais rejoindre son bord. Nous avons tout pour réussir ensemble. Gildas est l´un des meilleurs de la série depuis longtemps, et je crois n´être pas trop loin derrière ! Nous commençons à avoir une belle expérience de la course l´un comme l´autre puisque nous totalisons 7 participations. Nous avons une confiance totale l´un en l´autre et aucun doute sur la capacité de l´autre à faire avancer le bateau.  Nous savons que l´AG2R est course qui a besoin d´un petit coup de pouce de la réussite pour être gagnée. Pour le moment nous ne l´avons eu ni l´un ni l´autre, alors peut-être qu´à nous deux nous allons l´attirer !"

Deux marins dont les regards pointent déjà vers la performance, et deux hommes qui se réjouissent de partager cette expérience commune, il semble que le duo finistérien ait de quoi écrire l´équation parfaite entre Concarneau et Saint-Barthélemy.

Objectif : gagner !
L´un et l´autre ont approché, touché du doigt la victoire sur cette Transat AG2R sans jamais réussir à se l´approprier. En 2000, aux cotés de Bertrand de Broc et à la barre de Cercle Vert, Gildas accrochait la deuxième place au classement général final ; une belle satisfaction même si jusqu´au bout la lutte avec le duo vainqueur avait laissé le suspense planer. Pour Erwan Tabarly, c´est en 2002, en compagnie de Philippe Vicariot, que la plus haute marche lui avait échappé de peu après notamment la victoire dans la seconde et plus longue étape de la course. Alors à l´aube de cette nouvelle édition, l´objectif du duo finistérien est clair, très clair… Ces deux là veulent gagner et ne s´en cachent pas ! « Erwan a l´expérience de la victoire dans une étape et moi je l´ai approché de près. Le podium c´est bien, mais on ne se souvient que du vainqueur. Alors en 2006, je nous verrai  bien ajouter notre nom à la liste de ceux dont on se souvient… » .

Sous couvert de cet humour qu´il manie avec bonheur et comme un défi lancé à la concurrence, Gildas donne le ton…

Nouvelle monture pour Alinghi

Alinghi
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Grant Simmer, Directeur général et responsable du design : “Toute la problématique est évidemment d’être prêt pour l’America’s Cup match en juin 2007. Mais lorsque vous regardez un peu le type de météo rencontrée à cette saison à Valence, il ne nous reste plus que les mois d’avril et mai 2007 pour la préparation finale. Autrement dit, la plus grande partie de nos développements techniques doivent être réalisés l’année prochaine. Donc l’objectif réel pour 2006, c’est de finaliser ces développements techniques dans toutes les parties du bateau. Nous allons construire deux nouveaux bateaux. L’un d’eux sera prêt à naviguer en mai l’année prochaine, et avant le match, nous construirons notre second bateau. Ce que nous aurons ainsi appris avec le bateau mis à l’eau en mai pourra être appliqué sur le second ». Rolf Vrolijk est le principal designer, il prend donc les décisions sur la forme de la coque, Dirk Kramers, quant à lui, est en charge des détails techniques, “mais en tant que design team, nous travaillons toujours en équipe, une équipe assez élargie où les échanges avec les marins sont très importants, notamment avec des postes clés comme le barreur, mais aussi avec des équipiers comme Warwick (Fleury), Yann (Gouniot) et Murray (Jones), qui est responsable du programme gréement, et Simon (Daubney) et Lorenzo (Mazza) qui travaillent quant à eux sur les voiles. Toutes ces personnes ont une énorme influence sur les décisions prises en matière de design ».

Quelques équipiers d’Alinghi se retrouveront sur les pistes de Villars en Suisse le 14 janvier pour participer au Grand Prix 24 heures de Villars, une épreuve de ski à but caritatif. Seront notamment présents : des membres de l’équipe navigante, comme le régleur Nils Frei ou le piano Yves Detrey, les designers Pierre-Yves Jorand (ancien skieur professionnel – ski de vitesse) et Luc Dubois, mais également Phil Schneuwly et Simon Davies.

Un mois plus tard, l’équipe navigante devra reprendre le travail et se retrouvera début mars dans un centre d’entraînement en Suisse où ils entameront le programme de fitness avant les entraînements sur les deux bateaux à Valence, mi-mars.

À la fois sur le circuit de match-racing – qui permettra au sailing team de garder la forme et de continuer la compétition en dehors de l’équipe – et à terre, avec une tournée Suisse, une tournée Européenne et d’autres épreuves UBS Alinghi Swiss tour dont les dates seront annoncées prochainement.

Les prochains Actes se dérouleront en mai 2006, avec l’Acte 10 du 10 au 16 mai, et l’Acte 11 du 19 au 21 mai, et enfin l’Acte 12 du 22 juin au 3 juillet.

Source Alinghi

Vous avez dit polarisant ?

Lunettes Kaenon
Lunettes Kaenon

La polarisation intervient sur deux notions primordiales dans le port d’une lunette solaire : la protection et le confort visuel. Une double valeur ajoutée de plus en plus appréciée des consommateurs pratiquant certains sports nécessitant le port de verres polarisants tels que les sports d’eau, sur neige et glace, sur sable ou encore sur asphalte.

Chez Kaenon, la polarisation est réalisée grâce à son filtre polarisant breveté : le GLARE 86.

Mais Kaenon ne s’arrête pas là, et en plus d’une technologie de polarisation complètement maîtrisée,

Kaenon propose un nouveau matériau de verre : le SR-91.

GLARE 86 et SR-91 : un duo explosif :

La technologie Kaenon révolutionnaire de verres polarisants est née de l’alliance unique de leur matériau de verre SR-91® et de l’élément polarisant exclusif GLARE 86®. GLARE 86, film de seulement 30 microns d’épaisseur, a été spécialement conçu pour SR-91. Grâce à un procédé complexe de fabrication de verres, le film GLARE 86 est encapsulé à l’intérieur du verre SR-91. L’élément GLARE 86 renferme également les teintes spécifiquement conçues à cet effet et les niveaux de transmission de lumière de chaque verre.

Les molécules de l’élément polarisant GLARE 86 se déplacent le long de lignes horizontales parallèles et font office de filtre pour bloquer les reflets et éblouissements particulièrement gênants. Ce procédé optimise l’acuité optique et élimine la distorsion – une très grande avancée dans le domaine des verres polarisants non fabriqués en verre et présentant une courbure extrêmement enveloppante. Contrairement à d’autres éléments polarisants, GLARE 86 offre une capacité de polarisation exceptionnelle, éliminant efficacement jusqu’à 99 % des reflets et éblouissements. Une technologie de polarisation exclusive à Kaenon, le GLARE 86 qui annule tout risque d’éblouissement, de réverbération ou de reflet lié à l’eau, la neige, la glace, le sable ou encore l’asphalte.

Le SR-91® de Kaenon Polarized est un matériau de verre révolutionnaire qui innove en matière de technologie de verres polarisants. SR-91 n’est pas fabriqué en verre, en polycarbonate ou en CR-39, mais dans un matériau de verre polarisant radicalement inédit, conçu par leurs ingénieurs.

Tout en filtrant la lumière bleue et les UV nocifs, SR-91 allie la plus grande qualité optique des meilleures lentilles en verre à l’ultra-légèreté et à la très grande résistance aux impacts des meilleures lentilles en polycarbonate. Les lentilles en verre présentent une acuité optique élevée, mais elles sont lourdes et peuvent se briser. Les lentilles en polycarbonate, se distinguent, quant à elles, par leur légèreté et leur résistance aux impacts, mais présentent une clarté optique relativement médiocre.

Plus d’infos : www.kaenon.com et www.akenao.com.

Exclusif – le carnet de bord de Sébastien Josse

ABN AMRO 2 Etape 2
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Apres 5 semaines d’escale au Cap, nous voilà repartis – 5 semaines qui au passage n’ont pas été de tout repos :
 
semaine 1 : sortie du bateau pour une revision complète (winches, gréement, système de quile, voiles, composite….)
semaine 2 : repos avec Magali, découverte du Cap et de sa region.
semaine 3 :  remise a l’eau du bateau, reprise des entraînement en vue du parcours inshore.
semaine 4 : analyse du plans d’eau, speed tests avec ABN AMRO 1,  puis régate inshore (place de 3eme).
semaine 5 : remise en configuration offshore du bateau, chargement des 14 voiles, matériel de sécurité, avitaillement 250 kgs – c’est qu’ils mangent, quand meme !!! – duvets , matelas, radar, la complète ………….
 
Le 02.01
Départ une fois de plus dans des conditions light, mais cette fois- ci ABN AMRO 2 s’en sort plutôt  bien, en grillant la politesse aux Pirates de Cayard à la bouée de degagement, c’est toujours bon pour le moral !
 
Du 03 au 04
Les deux premiers jours de course se passent au près, dans un vent de 20-30 nds avec une mer casse-bateau due au courant des aiguilles. L’équipage a pris le rythme très rapidement. C’est vraiment bien, car je sentais un peu d’appréhension avant le depart… tout le monde les avait harcelé de questions sur les mers du sud.

Après le près, la pétole de nouveau pour le passage de la dorsale !  Vraiment pénible pour les nerfs. Le vent oscille de 25 degrés et varie de 5 nds en intensité toute les 15-20 minutes, on doit être à notre 20ème changement de voiles. Dur pour toute l’équipe, qui garde comme d’habitude le sourire, mais malgré tout ça les portes du sud s’ouvrent à nous. On navigue de nouveau a vue avec ABN 1 et les Pirates,  tantdis que Movistar reste plus a l’est – on se croirait au Figaro, la moindre erreur ne pardonne pas.
 
Du 05.au 06
Ca y est, 25-30 nds etablis le spi de tête reprend du service et GV haute, le speedo flirte de nouveau avec les 20-24 nds (max 29,7nds). La temperature a chuté de 10 degrés en une journée, les polaires remplacent les shorts et les t shirts. Cayard et Mike attaquent comme des furieux, ils se mettent la pression mutuellement  – moi je préfère lever un peu le pied, la route et encore longue et perdre le spi de tête maintenant pourrait être pénalisant pour la fin de course. Peut-être un peu trop sage ?
 
Du 06 au 07
Toujours plus froid, pourtant pas beaucoup plus sud – 43 degrés – sommes au reaching dans un vent de 20nds, un bon brouillard… le tout bien humide. Les waypoints nous empêchent de plonger sud, on se retouve alors à l’extrême nord d’une dépression dont le centre se situe 500 milles plus bas, avec des vent avoisinant les 55 nds.

Sébastien

ABN AMRO 1 garde le contrôle

ABN AMRO 1 - Mike Sanderson
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Dans la nuit de samedi à dimanche, le passage d’un front a quelque peu maltraité les concurrents. Certains, comme Movistar ont perdu du terrain dans une mer difficile, avec le sentiment d’avoir été au mauvais endroit au mauvais moment. Contrairement à ABN AMRO ONE qui  confortait encore un peu plus ses acquis, avec une vitesse moyenne de 21.4 nœuds.

Le pire a été pour ING Real Estate Brunel qui a perdu 73 milles sur le leader, 73 milles pourtant chèrement payés les jours précédents quand le bateau australien avait enfin rencontré des conditions favorables qui lui avait permis de réduire sensiblement son retard sur le groupe de tête.

Dans une plus faible mesure, l’addition a aussi été un peu salée pour Pirates et ABN AMRO TWO puisqu’ils ont également concéder de précieux milles au leader de la flotte. Le passage des Kerguelen étant prévu pour lundi soir ou mardi, la guerre est ouverte entre ces deux concurrents qui naviguent presque bord à bord depuis plusieurs jours pour savoir qui des deux engrangera le plus de points au passage de cette première porte.

Dans ce contexte, pas de repos en perspective pour les marins qui enchaînent encore et toujours les changements de voiles afin de tirer le meilleur parti des conditions météo.

Des conditions météo, qui ces deux derniers jours s’étaient employées quelques instants à détricoter le mythe des 40èmes Rugissants. En effet, Si-FI, le navigateur de ABN AMRO TWO faisait passer ce message : “Alors que nous attendons la dépression, ici les choses ne pourraient pas être plus tropicales ! Ciel bleu, soleil éclatant, mer plate …A l’heure qu’il est nous risquons davantage le coup de soleil que les engelures. »  Mais depuis cette nuit les choses sont rentrées dans l’ordre ….

Des nouvelles de Brasil 1 et d’Ericsson

Après une inspection en profondeur des dommages de la coque, Brasil 1 a communiqué hier soir, son plan de bataille pour réparer le VO 70 endommagé. Le Directeur Technique du projet, Horácio Carabelli, a tout de suite rassuré le Team sur cette avarie de structure au niveau du pont et indiqué qu’elle était réparable en 5 ou 6 jours. Le bateau pourra alors reprendre la mer et reprendre le fil de cette deuxième manche de large, interrompu moins de 48h après le départ. Une décision importante pour le Skipper Torben Grael, qui juge indispensable de reprendre la mer dès que possible afin de garder la combativité de ses troupes intactes. Il faudra alors à l’équipage brésilien un moral d’acier pour continuer à naviguer dans ces mers du Sud, tout en sachant que ses adversaires, eux seront arrivés à Melbourne, dans une petite dizaine de jours. L’objectif pour Grael et ses hommes est d’arriver en Australie pour disputer la régate in-shore, prévue le 4 février. Un pari tout à fait jouable.

De son côté,  Ericsson a été chargé hier, dimanche 8 janvier, à Port Elizabeth sur un cargo en partance pour  Melboune, où les réparations majeures sur le système de quille endommagé seront effectuées.

Source ABN AMRO

Mike Golding champion FICO 2005.

Mike Golding
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« Je suis ravi de remporter le titre de Champion du Monde FICO. La liste de navigateurs talentueux qui ont remporté ce titre dans le passé est telle que c’est un honneur pour moi de me retrouver à leurs côtés dans le palmarès. C’est d’autant plus agréable que cela arrive à la fin d’une année de compétition relativement frustrante,» a commenté Mike Golding.
 
Avec sa victoire dans The Transat en 2004 suivie par une troisième place dans le Vendée Globe l’année dernière, Mike Golding était virtuellement certain de remporter le championnat avant le début de la saison. Sa quatrième place dans la dernière course inscrite au calendrier 2005, la Transat Jacques Vabre, a confirmé sa régularité dans le haut des classements. Son partenaire Ecover est également, et logiquement couronné du titre de Champion du Monde des marques FICO grâce à leur soutien sans failles au cours des quatre dernières années.
 
L’ironie du classement final cette année est que le plus proche rival de Mike n’était autre que le Suisse Dominique Wavre, son co-skipper dans la Transat Jacques Vabre qui avait terminé juste derrière lui dans le dernier Vendée Globe. Dominique termine l’année en troisième position alors que Vincent Riou, vainqueur du Vendée Globe 2004-2005, le coiffe au poteau.

En quatrième position se place Jean Le Cam, grand animateur du tour du monde en solitaire (second aux Sables d’Olonne) et de la Transat Jacques Vabre (troisième à Salvador de Bahia).
 Le Championnat du Monde FICO 2005 marque naturellement la domination des skippers de monocoques IMOCA (du fait du Vendée Globe qui attribue 200 points au vainqueur). Michel Desjoyeaux, vainqueur de The Transat et troisième de Québec-Saint Malo et de la Transat Jacques Vabre en multicoque Orma, termine cinquième devant deux autres solitaires du Vendée Globe, Sébastien Josse et Jean-Pierre Dick.
 
Le huitième n’est autre que le skipper du trimaran de 50 pieds Crêpes Whaou !, Franck-Yves Escoffier, qui cumule deux victoires dans sa classe lors de Québec-Saint Malo et de la Transat Jacques Vabre.
 
Le classement FICO pour les skippers prend en compte les courses océaniques des deux dernières saisons avec deux transatlantiques en 2004 (The Transat Plymouth-Boston en solitaire et la Québec-Saint Malo en équipage) et quatre courses majeures en 2005 (Vendée Globe, Faraday Mill Ostar, Route de l’Equateur, Transat Jacques Vabre). 

« C’est avec grand plaisir que je remets le trophée de Champion du Monde FICO à un compatriote anglo-saxon. Après avoir couru au plus haut niveau du circuit professionnel océanique pendant des années, Mike Golding a, avec une calme détermination et une ténacité considérable, prouvé son statut de meilleur marin de sa génération. Il mérite largement ce prix et la reconnaissance internationale qui l’accompagne,» a commenté John Lewis, le Président FICO.
 
Championnat FICO – Classement final des skippers 2004-2005
1-Mike Golding (GBR) Ecover: 282 points
2- Vincent Riou (FRA) PRB: 221 points
3- Dominique Wavre (SUI) Temenos: 221 points
4-Jean Le Cam (FRA) Bonduelle: 209 points
5-Michel Desjoyeaux (FRA) Géant: 191 points
6-Sébastien Josse (FRA) VMI: 190 points
7-Jean Pierre Dick (FRA) Virbac-Paprec: 150 points
8-Franck Yves Escoffier (FRA) Crêpes Whaou!: 130 points
9-Conrad Humphreys (GBR) Hellomoto: 120 points
10-Franck Cammas (FRA) Groupama: 118 points

Mike Golding (Ecover) :
4ème de la Transat Jacques Vabre 2005
2ème de Calais Round The Britain Race 2005
3ème du Vendée Globe 2004-2005
1er de The Transat 2004
2ème des 1000 milles de Calais 2004

Vincent Riou (PRB) :
1er du Vendée Globe 2004-2005
4ème des 1000 milles de Calais 2004

Dominique Wavre (Temenos) :
4ème de la Transat Jacques Vabre 2005
4ème du Vendée Globe 2004-2005
2ème de The Transat 2004

Les sudistes remportent la mise …

ABN ARMO 1 Mike Sanderson
DR

En navigant désormais sous spi, les conditions de navigation de ces trois concurrents s’en sont trouvées fortement améliorées, leurs moyennes de vitesse également, les allures portantes étant plus véloces et moins éprouvantes pour les hommes et le matériel.
Ces derniers jours, certains VO 70 ont en effet subi des dommages plus ou moins avoués (intox oblige), les plus sérieux étant ceux subis par Ericsson et Brasil 1, rentrés hier sains et saufs dans deux ports d’Afrique du Sud ;  Mossel Bay pour Ericsson et Port Elizabeth pour Brasil 1, tard hier soir. Un check up méticuleux des deux VO 70 permettra aux deux équipages de prendre une décision quant à la poursuite en course ou non de cette quatrième manche.
Avec cette redistribution des cartes, la bataille est à nouveau ouverte pour les quatre concurrents de tête. L’enjeu : savoir qui va engranger les premiers points au passage des Kerguelen, dans 5 ou 6 jours.

Sébastien Josse – à 11h 30 ce matin :
« Cela se passe plutôt bien. Nous n’avons rien cassé du tout à bord de ABN AMRO TWO. L’ambiance à bord est aussi super, comme depuis le début. Les anglo-saxons papotent toujours 24h sur 24h. C’est pas croyable. Mais je préfère cela, plutôt qu’ils se fassent la gueule ! Mon anglais progresse et leur français aussi. Ils me sortent un mot nouveau par jour. Depuis 48 heures, on est rentré dans les mers du sud… sur l’autoroute. On est au contact, à vue,  avec Paul Cayard (Pirates des Caraïbes) et ABN AMRO ONE. Le départ a été plutôt mou au large du Cap, mais là, c’est vrai, c’est parti. Ces deux derniers jours nous avions 30 nœuds de vent, une belle houle bien établie avec 3 à 4 m de creux. On avançait à 28-30 nœuds. Aujourd’hui, c’est un peu plus calme. Nous n’avançons qu’à 18-20 nœuds. Comme nous ne sommes pas très Sud (entre le 42° et le 43° Sud) les températures sont supportables, 18° et en plus nous avons la chance d’avoir du soleil aujourd’hui, ce qui n’était pas le cas ces derniers jours. Les nuits sont très courtes, 5 ou 6 heures. Demain, nous allons passer le première « Ice point » et dans trois le suivant. Ils représentent un segment horizontal sur le 42° sud qu’il nous faut couper une fois, comme pour le Vendée Globe et qui nous éloigne de la zone d’icebergs. Nous devrions passer les Kerguelen dans 5 ou 6 jours, largement au nord, environ à 400 milles au nord. Il y a donc peu de chance que nous croisions des icebergs cette fois, mais on ne sait jamais, il faut rester extrêmement vigilant. »

Source ABN AMRO

Londres – Shangaï via Brest n’aura pas lieu

Ecover - Mike Golding et Dominique Wavre
DR

Chinoiseries
 
Un petit retour en arrière s’impose pour comprendre quelques chinoiseries.  A l’origine, cette course avait été initiée par le conseil général du Finistère ,  la ville de Brest et le conseil Régional de Bretagne qui a tissé des liens étroits avec la province du Sandong. Après une annonce en grande pompe dès le salon 2004, la Bretagne avait bien avancé  sur ce projet de course Brest – Qingdao  jusqu’à  un sacré Coup de Trafalgar en Juillet. Par un vote à bulletins secrets,  les skippers et armateurs de la classe IMOCA choisissaient de confier la barre de cette nouvelle épreuve aux anglais qui avaient développé le même concept d’une course vers la Chine mais partant de Londres. Une pilule amère  pour les bretons. " On était parti sur l’idée d’une course en 2007 qui avait la préférence des chinois et parce qu’on était conscient de la difficulté à réunir un beau plateau en 2006. Ayant eu vent du projet anglais on avait accéléré pour répondre au cahier des charges de l’IMOCA. On avait réuni un financement minimum de 1, 5 million d’euros qui nous permettait d’offrir des primes intéressantes et de garantir aux coureurs le rapatriement des bateaux par cargo "  explique Jean Kerhoas patron de Nautisme en Finistère. Malgré ces arguments, la préférence avait été donnée au projet anglais " pour des raisons d’internationalisation de la classe."  Après des négociations serrées avec Mike Golding, il avait été obtenu que la course fasse escale à Brest une semaine avant de mettre le Cap sur la Chine.
 
Un maigre plateau
 
Pour donner naissance à  une course aussi séduisante soit – elle  sur le papier , il faut des bateaux et  des coureurs et  intéressés. Ces derniers étaient pourtant motivés si l’on se réfère à leur vote  sans ambiguité.  " Personnellement je ne pouvais pas m’engager car je suis en discussion avec les partenaires pour continuer en 2006. Mais c’est dommage que cette course vers l’Asie ne puisse pas voir le jour.  C’était un nouveau terrain de jeu très attirant " confie Bernard Stamm.  
Si la destination fait rêver, les coureurs de cette classe qui a le vent en poupe ne se bousculaient pas au portillon. Seuls trois bateaux dont celui de Mike Golding étaient engagés dans cette longue navigation au lieu des dix espérés.  Les raisons en sont multiples : calendrier trop chargé , financement 2006 non assuré pour des marins de premier plan comme Le Cam ou Stamm, nouveaux bateaux en construction pas assez avancés ( PRB, Delta Dore). A l’arrivée faute de combattants, cette première originale vers la Chine a avorté.
 
Une conjoncture défavorable
 
" Cette course se plaçait entre deux Vendée Globe. On est dans une période de transition. Il n’y avait pas assez de projets avec une assise  forte ou implantés sur le long terme  pour réagir. La situation conjoncturelle fait que nombre de marins qui étaient des candidats potentiels ne pouvaient  être au rendez vous de cette première. Mais il y a une réelle volonté des coureurs de voir cette course exister" explique Luc Talbourdet président de l’IMOCA. Ce renoncement est un revers pour Mike Golding et son équipe qui ont entretenu un certain flou artistique sur l’avancement du dossier. Jean Kerhoas porteur de ce projet pour la Bretagne  ne cache pas sa déception  " Ce qui est dommage c’est qu’il n’y pas de possibilité de récupérer l’histoire. Cette course était un projet  porteur pour le développement des relations avec la Chine. Ce qui lui donnait tout son sens. C’est un gâchis regrettable. " 
 
Gilbert Dréan  

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