Car qui aurait cru qu’un jour, le plus vieux trophée sportif du monde viendrait trôner à la Société Nautique de Genève, devenue le 2 mars 2003 l’un des clubs nautiques les plus prestigieux de la planète ? Avec la victoire d’Alinghi, le club s’est vu octroyer le titre de « Defending Yacht Club ». Formidable récompense pour la voile genevoise, l’aiguière d’argent est revenue en Europe après 152 années passées aux Etats-Unis, en Australie et en Nouvelle Zélande.
Fait paradoxal, c’est une terre sans mer qui accueille désormais la Coupe. De tous temps, le grand large et l’eau salée ont stimulé l’esprit de conquête qui a animé les marins genevois, depuis Ella Mailllard jusqu’à Dominique Wavre. Mais il existe également des raisons plus protocolaires d’aller naviguer en mer, dont la source n’est autre que la charte rédigée par Georges L. Schuyler le 24 octobre 1887. En 1851, ce dernier avait remporté la Coupe des 100 Guinées, à Cowes, à bord de la goélette America. Il en fit don au New York Yacht Club, non sans oublier un certain nombre de conditions aujourd’hui encore imposées aux participants de ce qui devint la fameuse Coupe de l’America (America’s Cup). Ces conditions sont retranscrites dans une charte portant le nom de « Deed of Gift ».
Pour le Deed of Gift
Grève d’Eole ?
Au programme : près de 85 milles au dédale des hauts lieux – l’Ile de Batz, les Abers, le Four… on en passe – qui donnent à la pointe de Bretagne toute sa saveur. Seule ombre au tableau : c’est encore avec un cruel et persistant manque de vent que les équipages vont composer cette partition tactique et à haut risque sur fond de courants survoltés. Voilà qui augure une nuit blanche et électrique à plusieurs titres. Le départ doit être donné en début de soirée – avant la tombée de la nuit – sur les coups de 19h40 … Loïc Ponceau, le président du Comité de Course, n’a pas fini de demander à tous ceux qu’il croise : « Tu ne vends pas du vent ? » Ras-le-bol d’Eole qui peine à accorder ses faveurs aux 38 duos en lice, condamnés à prier les dieux du ciel de leur accorder un peu d’air. En ce mardi après-midi, à Perros-Guirec, tous ont beau faire appel à tous les fichiers de la planète météo, ils sont unanimes et presque sans appel : le vent sera cette nuit dans les bras de Morphée. Endormi dans un profond sommeil. « 5 nœuds fichier tout au plus de sud-est qui peuvent être perturbés par le vent-courant. Il peut y avoir des rotations, comme plus de vent du tout par moment », commente fébrilement Erwan Tabarly. Son acolyte sur Thales, Nicolas Bérenger, renchérit : « ce n’est pas glorieux, le vent fera la girouette dans tous les sens ». Et ce n’est pas la couche nuageuse qui a pris ses quartiers dans le ciel breton qui va leur apporter l’espoir d’attraper un peu de brise de mer.
L’éventail portugais
Alors que le passage au large du cap Finisterre n’avait pas marqué de grandes différences en terme de route avec un écart en latéral inférieur à trente milles, après trois jours d’une course au rythme sacrément soutenu, la flotte est dispersée sur plus de 200 milles en latitude et près de 100 milles en longitude… Et la cadence est loin de mollir car le flux de secteur Nord semble bien installé, certainement mieux d’ailleurs au large. Mais ne nous leurrons pas : il faudra un moment ou l’autre se recaler vers le cap Saint Vincent pour aller chercher le plus de pression annoncé au large du détroit de Gibraltar et surtout se repositionner par rapport à la la flotte pour contrôler les deux derniers jours avant les Canaries.En tous cas, difficile de parler de rythme de croisière lorsque l’on s’élance dans une transatlantique en solitaire sur un bateau de 6,50 mètres et que l’on affiche 9 nœuds de moyenne ! Et pourtant, ils sont un certain nombre à imposer et à s’imposer un rythme de « mercenaire » depuis le départ, samedi 17 septembre. Car que les choses soient claires : afficher de telles moyennes signifie que l’on taquine les plus de 15 nœuds en vitesse de pointe et que le sommeil est calibré scrupuleusement. Et plus de 15 nœuds au portant sur un Mini en solitaire demande de sacrées conditions de concentration, de vigilance, de présence et de lucidité.
🔒 Gaastra, Sponsor Officiel des Voiles de Saint-Tropez 2005.
Du 1er au 9 octobre 2005 vous pourrez assister à la septième édition du célèbre événement « Les Voiles de Saint-Tropez » et admirer les plus beaux yachts au cours de régates passionnantes. Gaastra devient Sponsor Officiel des Voiles de Saint Tropez. En effet, la marque hollandaise, leader sur le marché de l’habillement technique de haute qualité et de sportswear Lifestyle, sera présente à travers de nombreuses activités tout au long de l’événement.
Les Danois visent le titre européen
Dans les conditions très musclées de ce début de Grand Prix (24 à 26 nœuds réguliers avec des claques à 30), l’équipage Danois a affiché d’emblée une belle maîtrise en remportant les deux premières manches et en assurant la troisième (3ème place), malgré la fatigue. « Notre force est sûrement d’avoir acquit avec les années une capacité à gérer nos courses avec une marge de sécurité, sans nous précipiter dans les manœuvres ou nous laisser déstabiliser quand nous commettons des erreurs », explique Flemming Clausen, le barreur.
Et de marge de sécurité, force est de constater que beaucoup de concurrents en ont manqué dans ce début de compétition puisque, dans la journée de vendredi, trois mâts ont été cassé, plusieurs collisions se sont produites – dont une fatale à Base 1 –. Heureusement, il n’y a pas eu de blessés malgré la fatigue. Victime du bris de petit mât dans la première manche, l’équipage anglais de Barron & Smithers, leader du classement européen provisoire, parvenait tout de même à s’octroyer une très belle quatrième place dans la dernière manche de cette journée, avec leur grand gréement. Le vent avait en effet franchement baissé en fin d’après-midi, aux alentours d’une quinzaine de nœuds. L’équipage de Radii, toujours aussi régulier aux avant postes, finissait respectivement 3ème et deux fois 2ème.
Richard, fer de lance
Malgré son excellente place de 4ème, Mathieu Richard avoue une petite déception. Les orages, puis le manque de vent l’ont privé d’une petite finale contre l’Italien Paolo Cian. Ces trois matchs supplémentaires auraient pu lui permettre de décrocher la médaille de bronze qui a finalement été attribuée à l’Italien en raison de sa très belle prestation pendant les rounds robins. De la même manière, le « combat des chefs » opposant James Spithill (Luna Rossa) à Ed Baird (Alinghi) n’a pas eu lieu. Le calcul des points a logiquement récompensé l’Australien au mépris du double champion du monde en titre, auteur de phases qualificatives peu brillantes.De son côté, Philippe Presti quitte l’Equipe de France avec les honneurs. Il termine sixième avec un équipage peu préparé pour une épreuve de cette envergure. Le Bordelais naviguera bientôt sous les couleurs de Luna Rossa et mettra entre parenthèses le match racing au profit de son investissement dans ce team. Pour compléter les allures de Coupe de l’América de ce mondial, il faut regarder le bon résultat de Sébastien Col. A la tête de son équipage K-Challenge, il termine septième. Le sudiste participait à son premier Championnat du monde et s’est offert le luxe de battre des caïds tels que Peter Gilmour ou Ed Baird. Sébastien, nouvellement installé à Valence, disait en début de Championnat être là « pour voir et se préparer pour l’année prochaine ». Sa motivation pour le mondial 2006 sera d’autant plus forte que la décision a été prise : la prochaine édition se déroulera en France et plus précisément à Pornichet !
Au large ou au ras ?
Incontestablement, la locomotive du moment, Corentin Douguet, a choisi de se décaler un peu au large du cap Finisterre, ce qui pourrait bien lui faire perdre le leadership dans la nuit puisque le classement est établi en fonction de la distance au but. Mais si tous les chemins mènent aux Canaries, le plus direct n’est pas forcément le plus judicieux. Cela dépend… de la météo. Or celle-ci semble indiquer un flux un peu plus soutenu à 20-30 milles au large des côtes espagnoles s’orientant progressivement du Nord Est au Nord. Il faudra donc jouer sur les empannages au gré des bascules. Yves Le Blévec a quant à lui opté pour la route la plus courte à raser le cap Finisterre, une trajectoire qui a son avantage de jour en provoquant un effet Venturi, mais qui a tendance à s’enferrer dans un vent plus mou quand la nuit tombe… Intéressant de savoir si les deux solitaires ne vont pas recroiser leur route pendant cette nuit de pleine lune ! Virage à la corde donc autour du cap Finisterre (pointe nord-ouest de l’Espagne) pour la tête de la flotte de la Transat 6,50 Charente Maritime/Bahia. Une tête de flotte qui a avalé le golfe de Gascogne en 48 heures soit quasi 400 milles à la vitesse moyenne de presque 9 nœuds. Autant dire que cela n’a pas chômé dans les cockpits et que les huit heures de sommeil par nuit sont au rayon des souvenirs. Car pour tenir 8/9 nœuds de vitesse moyenne sur 48 heures, autant dire qu’il a fallu être présent aux réglages, à la barre et le nez au vent pour sentir les risées et être attentifs aux petites bascules de vent.
Du mou, toujours du mou…
Tripon-Drouglazet mènent la danse devant Cercle Vert (Morvan-Berthet) et Thales (Tabarly-Bérenger). Alors que le vent tombait en fin d’après-midi, le Comité de Course s’est résigné à juger l’étape à partir du pointage officiel de 17h30 qui fait office de classement de la deuxième étape. Au classement général provisoire, les vainqueurs du jour prennent les devants. Au départ de Saint-Quay-Portrieux pour la deuxième étape du Tour de Bretagne, il fait de nouveau un temps à ne pas mettre un Figaro dehors : le vent se désiste encore à l’heure de donner le départ pour le parcours de 48 milles au programme jusqu’à Perros-Guirec. Comme le redoutaient beaucoup de concurrents, la course a donc débuté au moteur. « Il va falloir ne pas perdre de vue la renverse de courant qui nous attend vers 15 heures. Dans ces petits airs, il y a de fortes chances que nous n’ayons pas encore franchi les Héaux de Bréhat à ce moment-là. Le Comité de Course n’a pas intérêt à nous laisser traîner là. Je pense qu’il va falloir coûte que coûte avancer sur la route. » Lionel Péan (L’Esprit d’Equipe), fort de son flair marin, ne se fait pas beaucoup d’illusion : « Pas de vent, nous allons entamer la course au moteur », hausse des épaules le grand colosse de la course au large, qui dispute là son premier Tour de Bretagne.
Victoire sans partage
Sitôt la ligne d’arrivée franchie de la quatorzième et dernière manche disputée samedi après-midi dans le golfe de Valinco en Corse, c’est avec beaucoup de pudeur et une émotion palpable que Dimitri Deruelle a congratulé, un par un, les six équipiers de Défi Partagé-Marseille pour les remercier chaleureusement de lui offrir un troisième sacre consécutif au terme d’une Route des Îles 2005 passionnante. A la fois peu et beaucoup « il nous fallait assurer le coup lors des deux dernières régates pour rafler la mise. » Sixième à l’issue d’un premier parcours côtier de folie remporté par l’Australien Bruce Eddington (KATO) autour de l’imposant ferry Napoléon Bonaparte de la SNCM dans des conditions de vent apocalyptiques et sous des grains orageux. Un vent qui bascula de direction toutes les cinq minutes au gré du ciel et dont la force variait de zéro à deux sur l’échelle de Beaufort. Du délire avec de nombreux changements de leader.
Champion du Monde !
Un violent orage s´est abattu sur Calpe et a privé les spectateurs d´une finale qui devait opposer l´Américain Ed Baird à l´Australien James Spithill. Comme l´année dernière, c´est donc sur la base du classement des sélections qu´a été attribué le titre : une solution qui avait donné le titre à l´Américain Ed Baird en Russie mais qui a joué cette fois-ci en sa défaveur, l´empêchant de remporter un troisième titre consécutif.
Plus tôt dans la journée, le barreur du Luna Rossa et celui d´Alinghi étaient facilement venus à bout (3 à 0) de leur adversaire respectif, le Français Mathieu Richard pour le premier, l´Italien Paolo Cian pour le second. C´est à l´ancien skipper du Mascalzone Latino qu´est adjugé la troisième place, les deux battus des semi-finales étant départagés de la même façon que les deux leaders.


















